vendredi 19 octobre 2018

Le PS est (encore une fois) sauvé par les communautés musulmanes...

..dans les communes du centre bruxellois.

Zeguendi Bruxellois non peut-etre

A quelques encablures des élections communales, comme pour lancer un SOS aux musulmans, Close prend la place de l'imam dans une mosquée de Laeken
Avant Close ce fut Moureaux qui, flanqué de son toutou Chahid,
prononça le discours du vendredi à la mosquée Al Khalil
Que ce soit à Molenbeek, Bruxelles Ville, Saint Josse et même koekelbergh, fief de la dynastie néo libérale Pivin, le PS réussit à se maintenir et même à progresser à certains endroits.
A Molenbeek, les troupes aguerries de l'islam politique qui n'ont jamais remis en cause l'allégeance et la soumission à Philippe Moureaux, ont travaillé de très près les imams des mosquées de la commune.
Les Chahid (grand khoubziste devant l'éternel et promeneur en son temps du chien de Moureaux), Daif et autre Ikazbane ont effectué à un  rythme endiablé, un travail soutenu auprès des comités de gestion des 20 mosquées molenbeekoises.
Depuis plus d'un an, ils n'ont raté aucune prière du vendredi.....notamment à la mosquée mastodonte Al Khalil. Mais pas que!
Les cafés marocains du Molenbeek dit historique, fréquentés en exclusivité par les hommes marocco-musulmans ont été pris d'assaut par les commandos du PS.
Les commerces de ces quartiers ont également fait l'objet de visites de la part des mousquetaires du vieux Mollah.
Resultat: Arrivée en tête de la fille de l'ami de Tarik Ramadan et l'échec cuisant de Schepmans.
Quant à El Khannouss, présenté par les musulmans du PS comme un traître au maître et un félon, son avenir politique à Molenbeek est désormais définitivement compromis.
A Saint Josse, Kir a remporté haut la main la compétition grâce à la mobilisation sans précédent de sa communauté turque et l'appui des associations religieuses inféodés à l'Etat turc. (Diyanet, loups gris, Suleymanji, et les autres)
Kir a recueilli plus de 3600 voix sur son nom. Ce qui veut dire en clair, que les sous marins de l'état turc en Belgique ont très bien fait leur travail
A Bruxelles Ville, les visites aux mosquées, de Close, El Ktibi et d'autres communautaristes PS ont permis à ce parti de résister face à la vague verte qui a déferlé sur la capitale.
A Saint Gilles et malgré un tassement bien visible, le PS a réussi à sauver les meubles.
Quand on s'éloigne du territoire situé à l'intérieur de la Couronne du 19 ème siècle, ghettoiseé à jamais, on est obligé d'admettre que le PS perd de son influence.
Comme à Etterbeek où Madrane, bien que ministre, n'a pas réussi à sauver la position du parti. Il ne devra sa présence au sein du Collège que grâce à la bienveillance du libéral De Wolf.
J'aurais été à la place de De Wolf, un coup de pied au c...de Madrane aurait été ma première réaction au vu du rejet du MR par le PS dans quasi toutes les municipalités de la Capitale
Il en va de même à Ixelles où le PS se tasse et perd toute prétention au maiorat qui échoit à Écolo.
A Forest, c'est la bérezina pour le PS.
A Jette, Berchem Ste Agathe et les autres communes nettement moins ghettoisées, c'est un profil plus que bas qu'affiche le parti de Moureaux.
Schaerbeek, très grande municipalité comptant un taux très élevé de Belges de souche, échappe au PS notamment pour des raisons liées à des problèmes internes au PS
Evere renvoie l'ascenseur à Vervoort pour la ligné du métro qui passera en dessous de Schaerbeek et ralliera le territoire Everois.
L'ERREUR STRATÉGIQUE DU MR À BRUXELLES.
Elle est le loin l'époque où les libéraux régnaient en maîtres sur
les communes bruxelloises.
Avant l'arrivée de Moureaux dans les terres molenbeekoises, cette municipalité constituait l'un des bastions du PRL (devenu MR par la suite).
Le libéral De Donnéa régna comme un baron sur la commune de Bruxelles Ville.
Puis Patatra!
Que s'est il passé?
Le PRL comme son successeur le MR ont oublié qu'ils sont des partis de droite......
Une droite qui a cessé de s'assumer depuis que Louis Michel inventa au début de ce siècle, un drôle de concept : le libéralisme social, brisant ainsi la ligne qu'imprima jadis Jean Gol au PRL.
Un libéralisme qui mima et continue à le faire tant à Bruxelles qu'en Wallonie, la politique misérabiliste et immigrationniste du PS.
Le décès de Jacques Simonet finira par décapiter la sensibilité droitière libérale.
A tel point qu'il est devenu difficile de distinguer entre Charles Picqué et Debouverie à Saint Gilles ou Schepmans et Ikazbane à Molenbeek, ou entre Jacques Pivin et Laouej à Koekelbergh ou entre Clerckx et Kir à Saint Josse.
Le Cdh, parti chrétien de centre droit est tombé dans le même travers.
Le MR a abandonné ses référents de droite....Il s'est complexé et a cessé de parler des thèmes qui lui sont devenus interdits par la dictature intellectualiste et "islamiste" du PS.
Des thèmes comme l'insécurité, la remise des religions à la place qui devrait être la leur: c'est à dire le domestique et le privé.
De temps à autre, des personnalités libérales, comme Miller ou Ducarme tentent de remettre les pendules à l'heure et de rendre au MR ce qui est à la droite.
Les libéraux oublient qu'au sein des communautés issues de l'immigration, il existe un grand potentiel de voix libérales et que des indépendants et des cadres émargeant à la classe moyenne ne s'identifient pas au discours PS, Ptbiste ou même Ecolo.
Nous sommes face à une droite complexée, terrorisée à Bruxelles par les chiens enragés de l'islam politique et de l'immigrationnisme réfractaire à toute volonté d'intégration.
Un débat idéologique et philosophique doit intervenir au sein de ce parti de droite à Bruxelles .
..une droite présentement constipée et craintive.

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
LE MR À LA CROISÉE DES CHEMINS?

Bravo Zeguendi (Bruxellois, non peut-être)!
Son analyse d'une belle pertinence devrait être décortiquée à la loupe par les têtes pensantes du MR en toute lucidité.
Olivier Mouton est  dur à l'égard de Reynders, très dur même mais c'est sans doute mérité. Il est tout de même révoltant que Reynders aussi bien qu' Onkelinx, tous les deux liégeois, soient en charge du destin de Bruxelles. On imagine difficilement Charles Picqué en charge de la fédération de Liège ou de Charleroi.
Constatons pourtant que le Bruxellois rebelle et rouspéteur par nature accepte sans sourciller ce genre de situation.
Mais cela ne saurait continuer rester durer longtemps.
Ceci dit, reste la question essentielle celle de la droitisation du MR (thèse de Destexhe) et/ou son éventuel virage à gauche (le libéralisme social de Louis Michel revu par  De Wolf).
C'est une question essentielle à l'aube des élections dramatiques de 2019.
Je rejoins totalement Zegendi quand il affirme: Les libéraux oublient qu'au sein des communautés issues de l'immigration, il existe un grand potentiel de voix libérales et que des indépendants et des cadres émargeant à la classe moyenne ne s'identifient pas au discours PS, Ptbiste ou même Ecolo.
Malheureusement, trop rares sont me libéraux à faire cette analyse qui pourtant s'impose.
J'avoue que j'opterais personnellement pour un libéralisme résolument interculturel et ni de droite ni de gauche et soucieux de l'environnement de surcroît. Mais voilà, ceci n'engage que moi.
MG

•ALAIN DESTEXHE
DESTEXHE APPELLE LE MR À SE "DROITISER"
Par: rédaction 7 sur 7

Quelques heures après l'invitation du député-bourgmestre d'Etterbeek Vincent De Wolf à réorienter le MR vers un libéralisme plus social, après l'échec de dimanche à Bruxelles, le député bruxellois Alain Destexhe a fait acte de candidature pour tirer la liste du MR aux prochaines régionales dans la capitale. Pour celui-ci, le Mouvement Réformateur doit, au contraire, virer plus à droite pour sortir de l'ornière.
"Si le MR ne se droitise pas, il deviendra non pertinent dans le débat politique et, comme d'autres, contribuera à la fin de la Belgique", a répliqué mercredi soir Alain Destexhe, à Vincent De Wolf, via l'agence Belga.
"D'élections communales aux enjeux locaux, certains s'empressent de tirer des conclusions pour les élections régionales, fédérales et européennes et revendiquent même fièrement une sensibilité de gauche. Alors que les défis européens, belges et bruxellois sont énormes, les mêmes les ramènent à des questions de proximité, voire de simple clientélisme politique... Oubliés les attentats du 22 mars, les Bruxellois partis en Syrie, le fondamentalisme islamiste et l'intégration ratée; le système Moureaux triomphe à Molenbeek... Faisons comme s'il suffisait de se mettre en position de faire des accords avec ce PS là", a clamé l'élu conservateur.
Avec un MR plus à gauche, "la fin de la Belgique en sera accélérée"
A ses yeux, dans toute l'Europe "de formidables questions" se posent sur la mondialisation, le commerce international, l'immigration, l'identité, l'avenir de la civilisation, le maintien de la prospérité, l'avenir du modèle social et de la planète. "Toute l'Europe est parcourue par de profondes lignes de fractures et les citoyens attendent des réponses: le débat autour de ces questions est inévitable en 2019", a-t-il ajouté.
M. Destexhe juge également que tous les indicateurs dans une Région bruxelloise en déclin sont au rouge alors que des défis sont considérables: "déclin économique relatif, chute du revenu par habitant, pauvreté, mauvaise gestion, pléthore de structures publiques, lenteur administrative, pollution, immobilité, immigration non régulée et communautarisme".
"Les réponses à ces questions ne sont certainement pas de gauche... Si le MR devient un parti de centre gauche de plus, il deviendra non pertinent dans le débat et ses électeurs, encore nombreux et dans l'attente d'une ligne claire, le fuiront... La fin de la Belgique en sera accélérée...". Alain Destexhe appelle par conséquent le MR à "ne pas se tromper de débat et de positionnement dans la perspective de 2019 et à suivre l'exemple de la N-VA qui, partie de rien, est devenue en quelques années le premier parti politique du royaume, en affirmant sans complexe ses idées", a-t-il conclu.
Olivier Mouton
Journaliste politique au Vif/L'Express
OPINION
"Didier Reynders n'aide pas son parti. Ni à Bruxelles, ni au fédéral"
La responsabilité du patron du MR bruxellois est énorme dans la débâcle libérale. Une certitude : le vice-Premier n'aide pas son parti. Ni à Bruxelles, ni au fédéral.
Didier Reynders © BELGA
Il suffit de lire, à peine entre les lignes, l'interview accordée au Soir ce mercredi matin par le bourgmestre d'Uccle, Boris Dilliès, qui n'hésite pas à parler de "gigantesque taule" pour le MR à Bruxelles, en regrettant que la régionale ne se réunisse jamais. Ou de décoder la sortie de Vincent De Wolf, bourgmestre d'Etterbeek, qui annonce dans La Libre une initiative pour repenser le programme du parti et ne pas reproduire les mêmes erreurs aux régionales et fédérales du 26 mai prochain. C'est une certitude : la responsabilité de Didier Reynders, président de la fédération bruxelloise du MR, est pointée du doigt dans la débâcle libérale dans la capitale aux communales du week-end passé. Pourtant, le MR avait un boulevard devant lui après les affaires qui ont secoué la ville, pour ne pas parler du manque de vision révélé par la négligence des tunnels.
En ne préservant que deux bourgmestres sur six, précisément à Uccle et à Etterbeek, et en n'étant plus que le troisième parti de la Région, le MR a atteint la cote d'alerte, à huit mois des élections régionales et fédérales. Et ce n'est pas en pointant du doigt la sociologie de la ville en mutation ou l'attitude agressive des partis de gauche que le parti sortira la tête de l'eau. C'est un travail sur le fond de la doctrine qu'il faut mener, une stratégie de renouvellement des cadres qui est nécessaire, sans oublier de cultiver les contacts avec les autres partis : autant de choses qui incombent au patron. Et qui, visiblement, ont été négligées par Didier Reynders.
Diider Reynders n'a clairement pas le temps de tout faire entre ses fonctions de vice-Premier, de ministre des Affaires étrangères en permanence aux quatre coins du monde et de président de régionale
C'est comme si le MR se retrouvait replongé, alors que l'on entame la campagne en vue de la "mère de toutes les élections", dans les affres du passé. Quand la guerre des clans déchirait le parti, au début de la décennie. Que reprochaient alors Charles Michel et les siens à Didier Reynders, président et vice-Premier ? De s'enfermer dans sa tour d'ivoire, de s'entourer d'un clan et de ne pas être performant en raison de son cumul. Que constate-t-on, sept ans après ? Les mêmes pratiques. Le numéro un libéral bruxellois n'a clairement pas le temps de tout faire entre ses fonctions de vice-Premier, de ministre des Affaires étrangères en permanence aux quatre coins du monde et de président de régionale. Nul doute que cette question-là va bientôt être mise sur le tapis. Et si elle ne viendra sans doute pas de Charles Michel directement, elle émanera, on le voit déjà, par les expressions d'autres cadres du parti. Fussent-elles téléguidées discrètement depuis le "Seize".
Il y a urgence, à vrai dire. Car l'attitude du vice-Premier ministre fédéral du MR est un des maillons faibles des libéraux francophones depuis le début de la législature, au fédéral également. Pas seulement en raison des attaques émanant de l'opposition pour son rôle potentiel - mais jamais démontré - dans le Kazakhgate. C'est surtout le manque de soutien explicite de Didier Reynders à Charles Michel qui est criante, a fortiori dans les moments difficiles, quand la Suédoise a été au bord de la crise. Lorsque Elio Di Rupo était Premier ministre, sa vice-Première Laurette Onkelinx était la première à se battre à grands cris lorsque le PS était malmené. Ici, rien. Quand Didier Reynders le fait, occasionnellement, c'est du bout des lèvres. Quand il n'est pas en visite officielle à l'étranger.
L'homme, affirment certains - sans que lui-même ne l'ait jamais affirmé - estime que la vengeance est un plat qui se mange froid. Evincé de la présidence par Charles Michel, précédé par son rival au Seize, privé de Commission européenne par la CD&V Marianne Thyssen, ce poids lourd de la politique belge a, c'est vrai, des raisons de cultiver certaines rancoeurs. On l'imaginait mener en coulisses une stratégie de reconquête. On le disait occuper à renouer des liens avec les socialistes pour récupérer le pouvoir, à Bruxelles puis, qui sait, au fédéral. Trop occupé par les fastes de ses fonctions, aveuglé par ses proches, il a raté la première étape de son plan, dimanche dernier. Et à ce rythme-là, cette stratégie du pourrissement risque bien de coûter cher au MR, le 26 mai prochain. À moins que Didier Reynders ne démente les pronostics en réussissant un score monstre dans la capitale, démontrant que l'on a plus que jamais besoin de lui. Avouons-le : ce serait du Machiavel au carré.
Mais là, en attendant, le président Olivier Chastel et le Premier Charles Michel ont bien des raisons d'être mécontents. Et de lui faire savoir.

mercredi 17 octobre 2018

Communales 2018: une victoire oui, et après?

PAR BÉATRICE DELVAUX (Le Soir)

A les entendre, ils ont tous gagné. La rengaine est agaçante car elle ne vaut vraiment à l’issue des élections communales que pour deux partis côté francophone : Ecolo et le PTB. Le tout n’est cependant pas de gagner, encore faut-il savoir que faire de cette victoire. Durant les dernières heures, c’est un procès en sorcellerie qui a été fait à ces deux partis, présentés pour le premier comme un caprice récurrent des électeurs et pour le second comme un repaire d’anarcho-communistes allergiques aux responsabilités.
Et donc ? Les deux partis disent vouloir faire de la politique autrement et amener d’autres priorités dans la gestion publique. Ils en ont la possibilité, surtout Ecolo qui exercera le pouvoir via neuf bourgmestres et la participation à des majorités de villes emblématiques dont Bruxelles. Les élections communales donnent de vraies clés d’influence. Depuis plusieurs années désormais, nombre d’économistes, d’urbanistes, de scientifiques ou de sociologues en conviennent : C’EST À PARTIR DES VILLES ET DES COMMUNES QU’ON PEUT FAIRE CHANGER LE RAPPORT À L’ENVIRONNEMENT, À LA MOBILITÉ ET À LA CITOYENNETÉ, EN IMPOSANT DES CHOIX DRASTIQUES SUR LA PLACE DE LA VOITURE, L’INTERDÉPENDANCE DES MOYENS DE TRANSPORT, LE RAPPORT AU VÉLO ET AUX PIÉTONS. Une enquête récente du Standaard montrait ainsi l’impact décisif sur la qualité de l’air, des mesures « pro-piétons » prises à Gand. En matière d’intégration également, de solidarité et de sécurité dans l’espace public, d’accès à la culture et de création de nouveaux leviers économiques, les bourgmestres ont énormément de possibles entre les mains. ON A AINSI VU À MALINES, VILLE MULTICULTURELLE, COMMENT BART SOMERS A RÉUSSI À DÉVELOPPER UN MODÈLE DE COHÉSION SOCIALE PLÉBISCITÉ
ET MAINTENANT ?
Les Ecolos sont au pied du mur. Ils vont devoir former de nouveaux édiles communaux, développer des plans de transformation de nouvelles villes, mais ils peuvent désormais s’appuyer, au niveau communal, sur des expériences de pouvoir « en vrai », comme à Ottignies-Louvain-la-Neuve et Amay : les patrons verts y ont été reconduits à leurs postes. Mais c’est clair : à l’heure où les enjeux climatiques s’imposent à nous, les Ecolos doivent faire plus que gérer le local, ils doivent en faire un levier vers les autres niveaux de pouvoir.
Pour le PTB, l’équation est schizophrénique, mais elle l’est aussi pour le PS qui veut négocier avec eux à Molenbeek, Charleroi ou Liège. Participer au pouvoir peut légitimer les ultra-rouges et faire mal au PS, comme cela peut les banaliser et faire du tort à leur popularité. Refuser d’aller dans les majorités « offertes » peut les faire passer pour des vendeurs de boniments, ou tout autant comme des gens avec des convictions qui ne veulent pas faire n’importe quoi. Chacun doit aujourd’hui prendre son risque.
Le plus insupportable pour l’électeur serait que ces négociations se perdent dans les calculs tactiques, tellement éloignés de ce que ces deux partis, vert et ultra-rouge, ont associé à leur identité. 

"PS - PTB - ECOLO : LA GAUCHE LA PLUS 'SEXY' DU MONDE ?"
Claude Demelenne
essayiste, auteur de plusieurs ouvrages sur la gauche

Un peu partout, les populistes percent électoralement. Sauf en Belgique francophone, où la gauche est toujours plus dominante. Le trio PS - PTB - ECOLO incarne-t-il vraiment la gauche la plus 'sexy' du monde ?
(...)En Wallonie et à Bruxelles, l'extrême droite est folklorique. Pathétique.
UN BON BULLETIN DE SANTÉ
Autre exception : un peu partout, la gauche est en crise. Pas en Belgique francophone. Les partis de gauche - PS, PTB, ECOLO - affichent un bon bulletin de santé. (...)Les scores cumulés du trio PS - PTB - ECOLO, lors du scrutin de ce 14 octobre, sont édifiants : autour de 60% à Bruxelles-Ville, Molenbeek, Liège, Charleroi, Mons, Tournai, La Louvière... Des scores variant entre 70 et 80% à Seraing, Flémalle, Saint-Nicolas. Et même 83% à Herstal, 81% à Saint-Gilles...
A l'heure où des pans entiers de la social-démocratie s'effondrent, le PS reste le premier parti francophone. Il gère les plupart des grandes villes. Malgré quelques pénibles "affaires", il n'a" pas été victime du "dégagisme" ambiant et garde son statut de parti dominant.
Survitaminés, les écologistes francophones s'imposent comme le parti vert le plus performant en Europe, avec les "Grünen" allemands. Quant au PTB, il constitue un OVNI politique. (...)
POURQUOI LE TRIO PS - PTB - ECOLO PLAÎT-IL À L'ÉLECTEUR ? Pourquoi est-il si "sexy" ? Pour cinq raisons, qui expliquent au moins en partie les succès des trois gauches francophones.
1. Des partis proches du peuple.
2. Des partis new look. (...)Le PTB a rompu avec ses références staliniennes. ECOLO a renoué avec la social-écologie, longtemps portée par feu Jacky Morael.
3.Finies, les bisbrouilles internes.
Le PS est un parti uni. C'est l'un des grands acquis de la présidence d'Elio Di Rupo Il en va de même à ECOLO, où les assemblées générales en forme de tribunal populaire pour élus - toutes les têtes qui dépassaient étaient "coupées" - appartiennent au passé. Quant au PTB, il a lui aussi réglé ses problèmes internes. La vieille garde, adepte d'une soi-disant pureté révolutionnaire, semble avoir définitivement perdu la partie.
4. A bas le sectarisme ! Il fut un temps où le PS ne voyait d'autre issue que dans un scénario de croissance pure et dure. Où Ecolo ne jurait que par les écotaxes. Et où le PTB ressassait le slogan de l'ouverture des frontières. Sur ces questions comme sur plusieurs autres, les trois partis de gauche ont ôté leurs oeillères, cassant leur image sectaire dans l'opinion.
5. Personnalisation (pas) piège à cons? Jadis réticent à personnaliser ses campagnes électorales, ECOLO a viré sa cuti. Il en va de même du PTB, passé maître dans l'art de capitaliser sur le charisme de son homme-orchestre, Raoul Hedebouw. Quant au PS, il semble disposer d'un stock inépuisable de personnalités labellisées "bêtes de scène" (et de médias), à l'instar de Paul Magnette et Philippe Close, sans doute les deux socialistes ayant réalisé, ce 14 octobre, les scores socialistes les plus significatifs, à Charleroi et à Bruxelles.
?
La gauche "la plus sexy du monde" aura-t-elle la lucidité d'unir ses forces ? 
 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY 

LE MR EST LA PLUS GRANDE PRÉOCCUPATION DU GOUVERNEMENT SUÉDOIS, écrit le professeur Herman Matthijs après les élections du 14 octobre.
Et de préciser que le SP.A est le grand perdant en Flandre et c'est la deuxième fois d'affilé. Groen gagne partout. Le PVDA PTB fait une percée dans un certain nombre de villes. Néanmoins, ces deux partis n'ont pas connu la percée massive d'Ecolo et de la PTB en Wallonie et à Bruxelles.
Selon Mathijs, le vainqueur de dimanche dernier en Flandre est incontestablement le Vlaams Belang ressuscité de sa mort politique.
Le MR est le grand souci du gouvernement (la  suédoise). Les libéraux francophones sont chaos après ces élections locales dans la Région de Bruxelles-Capitale. Ils passent de 13 à 6 postes d'échevin. La préférence du PS va clairement aux coalitions de gauche, en collaboration avec Défi, Ecolo et la PTB. Autrement dit un nouveau mariage politique entre MR et PS est hors de question.
Les libéraux francophones sont handicapés de par leur position de seul parti francophone au sein de la suédoise fédérale.
Un gouvernement flamand pourra vraisemblablement être facilement formé en 2019. Mais le scrutin du  14 octobre a une fois de plus mis en évidence le comportement de vote de centre-droit en Flandre par contraste avec le réflexe électoral de gauche des deux autres régions. La formation d'un gouvernement fédéral risque donc de vbattre le record de 541 jours de formation du gouvernement en 2010-2011.
Et Mathijs de conclure: "Le MR sera vraisemblablement mis sur les bancs de l'opposition à Bruxelles et en  Wallonie par  le PS à la fin mai 2019. Très affaibli par ces élections le MR est n'aura pas beaucoup de temps pour se re-profiler."

La longue campagne pour les élections du 26 mai 2019 a commencé. Record à battre : 541 jours sans gouvernement. La Belgique fédérale risque d’être ingouvernable au soir des élections générales du 26 mai 2019. Ce jour-là, il s’agira de renouveler les députés fédéraux, régionaux et européens. Autant dire que les enjeux seront énormes.

Boris Dilliès: "On s'est pris une gigantesque tole à Bruxelles"


Le Vif

"On s'est pris une gigantesque tole à Bruxelles", reconnaît dans les colonnes du Soir Boris Dilliès, l'un des deux "derniers" bourgmestres MR en Région bruxelloise. Dans La Libre, son confrère d'Etterbeek, Vincent De Wolf, veut monter un groupe de réflexion pour que le futur programme régional du MR ne reproduise plus les erreurs du passé.
"Quand on n'a pas gagné, on a perdu. On s'est mieux comportés en Wallonie, mais ce n'est pas un lot de consolation", estime Boris Dilliès, bourgmestre d'Uccle.
Le maïeur libéral souhaite que son parti tire les leçons des élections communales de dimanche et insiste sur la nécessité de mieux expliquer les mesures du fédéral.
Concernant Bruxelles, Boris Dilliès souligne: "On doit en tout cas construire un projet qui ne se résume pas à dire que l'autre est nul." Il pointe la section régionale bruxelloise du MR qui, dit-il au Soir, doit se "dynamiser". Quant à Didier Reynders (président du MR bruxellois, NDLR), sa popularité doit davantage être "exploitée". "Il doit donner le ton, il ne peut pas rester au balcon."
A Etterbeek, Vincent De Wolf rempile pour un mandat supplémentaire à l'hôtel de Ville. "Il va falloir remotiver les troupes, on a touché le fond de la piscine, là", constate-t-il dans La Libre.
Le chef de groupe MR au Parlement bruxellois a aussi ses solutions en vue des élections régionales de 2019. "Il s'agit de redéfinir un programme plus adapté aux réalités bruxelloises. J'irai voir bientôt Didier Reynders au sujet de la constitution (d'un) groupe de réflexion."
Pour Vincent De Wolf, le MR doit s'empreindre davantage de libéralisme social: "Il faut que le MR vienne en aide aux plus démunis, qu'il encourage les gens à progresser socialement. Si notre projet ne reflète pas ces préoccupations, ce sera sans moi pour 2019."


COMMENTAIRE DU SCHAERBEKOIS RECALCITRANT
VASSALITÉ À L'ÉGARD DE LA N-VA?

Ce groupe de réflexion existe: c'est la liste Verzin qui a développé une vision citoyenne cohérente, pragmatique à la fois ni de droite, ni de gauche. Le problème c'est que l'électeur n'en veut pas, par principe. Plusieurs bobos à qui j'ai proposé le livre "Schaerbeek vaut mieux que Schaerbeek" me l'ont rendu avec une moue dégoûtée, sans daigner même l'ouvrir.
MR est regardé comme un pestiféré à cause de son lien de vassalité à l'égard de la N-VA. C'est inscrit en lettres de feu dans l'inconscient collectif bruxellois. On lui préfère encore le PS malgré les affaires et le scandale du  samu social. A défaut on fait confiance à Ecolo pour se donner une bonne conscience écologique face au défi du réchauffement. On observera que le SP.A est le grand perdant en Flandre et c'est la deuxième fois d'affilée. On constatera également que la tentative de la N-VA de proposer des listes dans certaines communaes bruxelloise a lamentablement échoué. Tant mieux.
Avec de pareils résultats aux élections fédérales de 2019 le MR ne sera plus en mesure d'offrir une majorité de type suédoise à la N-VA.
Dans ce cas la N-VA exigera le confédéralisme et c'en sera fini de la Belgique pour de bon.
C'est très préoccupant.
La solution c'est une vision à la Verzin mais le rejet viscéral du MR s'est révélé plus fort que Georges Verzin. La solution c'est de promouvoir une dynamique interculturelle et intergénérationnelle et de réformer l'enseignement en profondeur.
Reste à savoir si cela est compatible avec l'ADN du MR version Chastel/Reynders.
MG

mardi 16 octobre 2018

Gueule de bois


Le Soir (extraits)

•lundi matin, au bureau de parti, l’ambiance était " mortuaire" chez les libéraux. Les Bruxellois du parti sont mal. Il faudra que Didier Reynders (président du MR bruxellois) remette en question notre positionnement. "Nous n’avons pas réussi à aller chercher le vote des bobos des villes."
• Le premier échevin libéral sortant de la Ville de Bruxelles, Alain Courtois, a mis la défaite de sa liste, l'Open MR, plus sur le compte du changement de la sociologie de la Ville que sur celui d'une participation du MR à la majorité fédérale avec la N-VA.
"Les quartiers ont été métamorphosés pour trente six raisons de manière telle que l'image et le message du néolibéralisme ne passe plus. Cette ville est passée très majoritairement à gauche", a-t-il dit.
•En Flandre aussi, les écologistes sortent grands vainqueurs. Groen devient le plus grand parti de la coalition au pouvoir dans certaines entités, notamment à Malines avec 13 sièges (contre 10 à l'Open Vld et 2 aux Indépendants) et à Gand avec 14 sièges (contre 7 au sp.a).
L'analyse d'Alain Courtois est irréfutable.
Elle est, à mon sens, également valable pour Schaerbeek.
Schaerbeek est non seulement un microcosme bruxellois, elle est carrément le prototype de toutes les villes mondes d'Europe: Marseille, Londres, Berlin, Barcelone etc.
La vision du Schaerbeek de demain de Georges Verzin est une balise pour affronter un monde qui se détraque.
On pense que les événements vont s’auto-résoudre.( Raphaël Glucksmann)
On se trompe bien évidemment. On le sait et plus encore on le sent pertinemment.
Notre incapacité à saisir la gravité des périls, c’est ce qui nous fait aller dans le mur. On a besoin d’un horizon de mobilisation".
Ce que je voudrais, c’est que tous les gens qui veulent s’engager dans une cause s’unissent et proposent un projet de société",.( Raphaël Glucksmann)
C'est le doute et c'est l'inquiétude qui sont les aiguillons du progrès.
Face à la montée des  périls et des événements extrêmes que nous impose un monde qui sous nos yeux se démonde, nous disposons de deux puissants outils: le cerveau collectif de notre liste (qui n'a pas donné toute sa mesure, qui n'a pas su assez interréagir) et notre méthode de pensée et d'agir: le libre examen.
Mes colistiers m'ont beaucoup appris mais il demeure de nombreuses zones d'ombre mal identifiées et insuffisamment comprises par nous tous. Schaerbeek n'a pas livré encore, loin s'en faut,  tous ses secrets.
Une phrase me hante, souvent citée par Edgar Morin dans presque tous ces livres: Wo aber Gefahr ist, wächst das Rettende auch (Hölderlin)
Les élections européennes et fédérales de mai prochain risquent de sonner le glas de la Belgique, voire de l'Europe; possiblement aussi celui de la démocratie à l'européenne.
La situation est immensément préoccupante, sans doute la plus périlleuse de l'après-guerre et peut être même du siècle.
Et surtout n'allez pas imaginer que les verts qui aujourd'hui savourent leur triomphe résoudront quoi que ce soit. Il traceront quelques pistes cyclables, imposeront partout le 30 à l'heure et feront éventuellement ramasser les sacs poubelles par des charrettes tirés par de lourds chevaux brabançons...
Georges commente:
"Le vote de dimanche avec ses 25 degrés a donné la mesure de l'urgence climatique  ; la tv a montré les torrents de boue en France et en Grèce! la prise de conscience du péril climatique a pris le pas sur toute autre considération! et ce d'autant plus que le gouvernement a donné des signes de non-maîtrise des centrales nucléaires ; le tout couplé au changement des régimes de pension et au contrôle de la sécurité sociale... sur fond de complicité avec la NVA.
Quant à Bruxelles, le chaos des embouteillages  et des travaux en panne voulu par le gouvernement Vervoort,  a généré chez les habitants une logique anti voitures; bref le bordel a largement profité aux intégristes écolo alors que ce n'est pas et de loin la réponse appropriée!..."
Il ne saurait donc être question de baisser les bras.
J'ai fait 88 huit voix de préférence. C'est vraiment très peu mais je persiste et signe.
J'avais prévenu que je ne militerais pas sur Face Book et que ne me montrerais pas sur les marchés, brocantes et autres braderies locales. J'ai pensé très naïvement que le site de la liste relayerait mes nombreux billets de blog signé par le Schaerbeekois récalcitrant. Il n'en fut rien. Récalcitrant je suis, récalcitrant je reste dans la fidélité à notre premier de cordée qui n'a pas fini de nous étonner.
Marc Guiot 








lundi 15 octobre 2018

La Belgique francophone a plébiscité les partis de gauche, et a sanctionné les partis traditionnels.Les Bruxellois ont choisi massivement les élus Écolos dans leurs communes, mettant en échec le MR."(Béatrice Delvaux)

LE PTB A FAIT LE DOUBLE DE VOIX DE NOTRE LISTE.
Cela est-il bien raisonnable?
L'électeur a voulu punir le MR de sa proximité avec la N-VA.
Voilà qui annonce sa défaite cuisante aux régionales et au fédéral.
Si c'était à refaire , cher lecteur, je recommencerais pourtant sans hésiter un instant et je confirmerais mon engagement de citoyen récalcitrant.

J'imagine l' état d'esprit de notre premier de cordée, je partage sa déception. Mais je ne sous estime pas sa formidable capacité de résilience et admire la force de son engagement enthousiaste.
Notre amitié s'en est trouvée renforcée.
Je n'ai pas eu le cran de rejoindre dimanche le bivouac de fin de campagne. Pas le coeur d'échanger sur le sujet, de communiquer sur quoi que ce soit.
Coup de maillet sur la caboche.
Mes péripéties de campagne m'ont fait redécouvrir Schaerbeek, moi qui la regarde désormais depuis mon rivage mosan où je passe le plus clair de mon temps.
Je la trouve plus belle que jamais dans la belle lumière d'automne. Mes textes le disent de façon très explicite: ils n'ont cependant persuadé personne ou presque. Je n'avais pas su convaincre non plus au temps de Duriau. C'est que sans doute que je vis sur une autre planète. J'y pratique ce point de vue de Sirius que je n'arrive pas à faire partager.
Et pourtant j'y crois avec plus de force encore aujourd'hui qu'hier.
Une journée passée à observer du coin de l'oeil  les Schaerbeekois en qualité de témoin de bureau de vote, rue Josaphat dans le bas de Schaerbeek m'a ouvert l'esprit et persuadé de l'urgence d'installer un dialogue interculturel et intergénérationnel.
Les Schaerbeekoises et les Schaerbeekois participent vraiment de la diversité: femmes voilées ou en cheveux, "dames finissantes" du Brusilia,  hommes en training de sport et barbe de deux jours, une poussette avec un marmot qui hurle, une jeune électrice coiffée d'un casque de cycliste, un vieillard au cheveu rare teint en roux plaqué sur un crâne luisant, une dame grisonnante à lunettes arborant un crucifix en or massif sur une veste Channel...
Je les ai vus, de mes yeux vus, et je les ai aimés dans leur différence, j'ai croisé leurs regards et senti vibrer leur coeur.
Mais bon sang qu'est ce qu'ils parlent mal le français! Il est précisément là, le drame. C'est là-dessus qu'il conviendra de travailler par priorité! L'école! Toujours l'école! C'est la toute première des priorités avant les problèmes de parking, de mobilité, de sécurité...
Le vaste complexe scolaire Josaphat  dessiné en 1906 par Henri Jacobs pour la Cité des Ecoles a pris ce dimanche des allures de ruche humaine qui s'active: "Democracy in Progress".
La démocratie est un exercice qui exige de la patience, de la bonne volonté et de la méthode. Tout a baigné ici, ce dimanche, hormis un bureau victime de panne  mais le programme informatique a bien fonctionné.   Mis au point par les informaticiens du ministère de l'intérieur, il est d'une bonne convivialité.
Démocrate je suis, démocrate je demeure.
Au diable tous les populismes, les votes sanctions  et les velléités autoritaristes de certains. Un petit supplément de pédagogie électorale ne ferait de tort à personne. 
Schaerbeek vaut mieux que Schaerbeek. Et plus que jamais il faudra "unir" pour la "réussir". 

Marc Guiot. 


  
 
Le blog du Schaerbeekois récalcitrant  redeviendra demain DiverCity le blog de l' interculturel et de l'intergénérationnel. Ce sont les deux faces de la même médaille.








dimanche 14 octobre 2018

LE JOUR DU SCRUTIN


7h45, les rues sont désertes  encore, une sirène mugit dans le lointain.
Un incident, déjà? Je  cherche un emplacement pour parquer mon véhicule. Une place se libère comme par enchantement. Le conducteur prend son temps, c'est sa place, il la savoure encore un instant. Belle lumière d'automne qui rend tout tellement beau et ce doux soleil matinal...J'avale un croissant  "côté gourmand" avec un espresso brûlant. Lentement je parcours l'avenue Louis Bertrand: pas une seule automobile ne circule encore, quelques vélos seulement. Un calme souverain règne sur la commune. Des piétons prennent la direction de la rue Josaphat. Monsieur Chaffaoui n'a pas encore levé le rideau de sa boucherie. J'aperçois deux policiers en faction devant la belle façade du gymnase de l'école numéro un. Je rejoins le bureau 26 où j'officie comme témoin.
Ca parle flamand et turc dans le bureau de vote mais cela cause un peu français quand même. Le président, un homme affable et prévoyant, a apporté des croissants pour son bureau qui, bon enfant,  doucement se constitue. Il sait y faire, n'impose rien, suggère, s'efface, s'active mais est partout quand même. Les témoins sourcillent pour la forme. La file déjà s'allonge devant la porte du bureau. Ceci n'est pas de nature à entamer son flegme.
Premier mini incident: un électeur d'origine turque à barbe blanche a oublié sa carte d'identité à la maison. Il fulmine, ne comprend pas. L'équipe ne se laisse pas démonter. La file s'allonge encore. Cela bloque un peu du côté du contrôle des trois registres. Perspicace, le président l'a remarqué et il inverse les rôle: très vite la fluidité s'installe. Un électrice me demande avec un sourire narquois si je suis observateur. Elle ne saurait mieux dire. Un électeur flamand en salopette verte s'indigne du temps d'attente. "Wat een slordige organisatie", le président le calme aussitôt dans sa langue. Je lève les yeux vers l'immense plafond, le mur de briques vernissées encombré de toutes sortes d'engins: bouquet de cordes, bomme, cadre à escalader comme quand j'avais huit ans, douze, quatorze. Je peinais à monter à la corde. Mon enfance schaerbeekoise me rattrape soudain.
Je quitte un instant le bureau 26 pour aller voter à mon tour au numéro 25 qui le jouxte. Peu de monde et beaucoup de bonne humeur: femmes voilées, une ou deux dames mûres du Brusilia, des hommes en training de sport barbe de deux jours, une poussette avec un marmot qui hurle, une jeune électrice coiffée d'un casque de cycliste, un vieillard au cheveu rare teint en roux, une dame grisonnante qui arbore un crucifix en or massif su une veste Channel. Le vaste gymnase dessiné en 1906 par Henri Jacobs prend des allures de ruche humaine qui s'active.
Je vote à mon tour  avant d'aller prendre un café à la terrasse ensoleillée de l'Espérance. La démocratie est un exercice qui exige de la patience, de la bonne volonté et de la méthode. Tout baigne ici ce matin hormis un bureau victime de panne  et le programme mis au point par les informaticiens du ministère de l'intérieur est d'une bonne convivialité.
Démocrate je suis, démocrate je demeure.
Au diable tous les populismes et les velléités autoritaristes de certains. Un petit supplément de pédagogie électorale ne ferait de tort à personne.
Le "vouloir mieux" demeure le pire ennemi du bien.
Et quant aux résultats, on verra cela calmement demain, à tête reposée. Je remercie celles et ceux qui m'ont suivi sur ce blog surtout s'ils m'on accordé leur confiance dans l'isoloir.
MG

samedi 13 octobre 2018

SCHAERBEEK, CITÉ DE TOUS LES POSSIBLES



SCHAERBEEK OU BIEN RIEN
en guise de conclusions d'une longue campagne 


Schaerbeek fascine par sa régénérescence, sa complexité et ses paradoxes.
Son évolution entre ville et campagne au dix-neuvième siècle, son essor urbain avant la première guerre mondiale, son déclin après 196O et son passage à l’extrême droite, 10 ans avant Toulon ou Orange n’aura pas été fatal à son évolution.  On l'a échappé belle.
Désormais, la Cité des ânes, des artistes et des écoles s'est régénérée grâce au retour des valeurs démocratiques (après l'épisode nolsiste), au volontarisme des Schaerbeekois et surtout au dynamisme d’une population jeune et pluriethnique.
Désormais, la partie se joue entre le bastion intégriste (islamistes et extrême droite) et le bastion humaniste  (les démocrates de toutes farines): comme l’Europe tout entière, Schaerbeek sera interculturelle ou ne sera pas !
Nous préconisons un surcroît d’audace. Soyons de bon compte, il n'y a pas que le trafic et le parking en rue qui posent problème à Schaerbeek comme nous le font croire les medias et la RTBF en particulier. 
Posons des actes forts et symboliques qui frappent les esprits, tels que  l'animation du mythique parc Josaphat magnifiquement rénové, assurons le retour tant attendu de la propreté dans les rues et les espaces publics mettons en place d'une politique de cohésion sociale fondée sur une priorité aux logements pour tous, à un enseignement de qualité adapté aux besoins de chacun, à un redéploiement des activités sportives et au dialogue interculturel et intergénérationnel  capable de jeter des ponts entre tous les citoyens. Ce n'est pas rien mais on en parle peu, trop peu selon nous. 
La cité des ânes a besoin d'un nouveau contrat citoyen, incarné par un Collège qui les rassure par son bon sens et son goût de l’innovation, par sa vision téméraire. Une vision ambitieuse pour les dix ans qui viennent, c'est exactement ce qui manque à Schaerbeek.
L’interculturel au sens large et l'intergénérationnel sont le dessein qui fera décoller Schaerbeek et l’élèvera au rang d’exemple pour toutes les cités d’Europe, y compris de l'Autriche, l'Italie ou la Hongrie radicalisées, la Bavière et  la Flandre profonde tétanisées par leurs démons identitaires.
Schaerbeek n’est pas encore à la mode comme Ixelles ou Saint-Gilles, quoi qu'en dise son bourgmestre actuel.  Cela ne saurait plus tarder. Le dialogue interculturel préconise la rencontre des multiples cultures qui bouillonnent dans le laboratoire de tous les possibles qu’est le Schaerbeek d’aujourd’hui. 
Nous entendons réunir pour réussir, réunir le haut et le bas de Schaerbeek, réunir les générations et les cultures, la droite et la gauche dans un programme inspiré d'une vision de salut public.

LE LABORATOIRE DE TOUS LES POSSIBLES
Il y a la culture des jeunes qui se cherchent dans les théâtres d’essai, les studios d’enregistrement ou plus simplement dans la rue,  ensuite la culture des anciens nourrie par leur vaste mémoire. Puis vient la culture rouge sociale et égalitaire et la verte culture de tous les défenseurs de la chlorophylle et la culture bleue pragmatique réaliste. Enfin, cerise sur le gâteau, la culture fraternelle arc-en-ciel, couleur de la nouvelle alliance citoyenne symbiose et synthèse des précédentes. Il ne faut pas oublier la culture économique innovante qui bouillonne ; dans le tissu des entreprises de communication et d’information qui font de la vallée du Maelbeek une silicone valley en devenir, la culture en mosaïque du tissu associatif, la culture audacieuse des Halles de Schaerbeek et des petits théâtres qui pullulent en silence, la culture des artistes photographes, peintres, graphistes, gens d’images, de son et des lettres qui recherchent la vallée du Josaphat pour son climat stimulant et enfin celle des laboratoires de nouvelles idées autour de Georges Verzin ? 
Les mélodies raï, rap, hip hop, nous habituent à des sonorités inouïes comme les rôtisseries grecques, turques, bosniaques et italiennes nous ont habitués à des saveurs nouvelles. Nous mangeons interculturel depuis des décennies, apprenons à penser, communiquer et agir de même. C'est un pas essentiel mais difficile à franchir.
Surtout commençons par communiquer interculturel tout en demeurant bien campés dans notre bonne langue française et notre identité de Schaerbeekois, arrimés au passé par la mémoire du folklore du temps des ânes, de celui des artistes du faubourg schaebeekois et de notre héritage européen.
A Schaerbeek, tout existe ou presque, côte à côte. Enfermés dans des ghettos étanches ethniques mais aussi sociaux, culturels, économiques,  idéologiques. Tout coexiste somme toutes assez pacifiquement.
Il nous manque un enchanteur Merlin ou une fée Morgane capable de faire communiquer tous ces mondes, toutes ces monades entre elles et de créer le mouvement, un mouvement d’engrenages de synergies, de symbioses interculturelles, inter sociales, inter ethniques, inter générationnelles, interconvictionnelles.
Imagine-t-on quelles formidables énergies vont libérer ces réactions en chaîne d’un genre nouveau ?
Demain, ce nouveau modèle schaerbeekois que nous proposons fera école et s’en ira nourrir d’autres cités, comme autrefois les produits de la terre schaerbeekoise transportés à dos d’ânes cheminaient vers le grand marché par les chemins sablonneux qui conduisaient à la capitale du pays, devenue depuis, capitale de l’Europe.
Pour affronter la complexité de la cité moderne, il faut de l’audace, de l’innovation et du courage politique. Etre audacieux c’est sortir de la politique stérile et dispendieuse du chaque échevinat pour soi, pour la remplacer par une politique globale et cohérente d’un collège d’échevins et bourgmestre soucieux de la gestion de la complexité et de la promotion de ce qui nous intéresse tous : le cadre et la qualité de la vie.
Le collège doit apprendre à fonctionner collégialement. Il doit cesser de se vivre comme une addition d’individualismes jaloux.
Il est temps et indispensable d'élaborer une stratégie globale, une véritable politique de la cité en dehors de laquelle on ne résoudra rien dans le long terme.
Tout se tient, tout est lié. L'insécurité se développe dans les zones les plus délabrées, les plus négligées, là où le décrochage scolaire, le chômage, la misère sont à leur comble.
Schaerbeek a besoin d’une politique volontariste, visant à la régénérer en améliorant globalement la qualité de la vie. Car la politique c’est d’abord penser aux autres, c’est promouvoir la qualité de la vie, les fraternités, les solidarités actives. Et c’est là le moyen le plus efficace de contrer tous les extrémismes. Reste à savoir comment s'y prendre...

VIVRE À SCHAERBEEK : CADRE DE VIE ET QUALITÉ DE LA VIE
Schaerbeek a besoin d’un contrat de citoyenneté, une forme de civisme actif et responsable qui lutte contre les nuisances et préconise une société plurielle, tolérante s’opposant à toute forme d’intégrisme de quelque nature qu'il soit aussi bien de caractère islamiste/ salafiste que de la droite extrême.
Nous suggérons que la commune prenne l’initiative de transformer la maison des Arts avec son charmant estaminet pour en faire une maison des cultures et accueillir régulièrement des créateurs de tous bords. Elle travaillera sinon en synergie avec les Halles de Schaerbeek et pourquoi pas le Botanique et le Kriekelaar, du moins en collaboration étroite avec la maison Autrique et le centre culturel de la rue de Locht, laboratoires potentiels de l’expression artistique d’avant-garde.
Les centres Pater Baudry, la cafétéria et les salons du Neptunium, s’efforceront de promouvoir les relations intergénérationnelles afin que nos juniors apprennent à apprécier nos aînés et cessent de les regarder comme des « petits vieux séniles », afin que les seniors appréhendent les jeunes autrement que comme les « crapuleux de leur stroche ».
L’église Royale Sainte-Marie, financée par tous et actuellement honteusement sous-utilisée, pourrait être transformée en centre culturel inter religieux ouvert à tous sans discrimination aucune. On y organiserait des expositions, débats, concerts, rencontres et autres évènements qui réuniront des chrétiens, musulmans, juifs, bouddhistes, libres penseurs qui autrement ne se seraient jamais rencontrés. Et la mobilité me direz-vous, et le parking, cette plaie majeure? Ce n'est pas la peine de rêver: personne a court terme  n'a la solution, ni le bourgmestre et ses alliés, ni l'opposition. En revanche sur le plan de la qualité de vie, il y a énormément à faire et la majorité, très sûre d'elle même s'endort sur ses lauriers

UN ÉTAT D'ESPRIT
Schaerbeek va mieux. C'est indéniable. Elle s’est rénovée en profondeur. Les habitants eux-mêmes s’y sont mis. Tous ces efforts contribuent à renforcer la sécurité.
Mais en matière de sécurité, rien ne se fera d'un coup de baguette magique.
Une politique globale (urbanisme, éclairage, lutte contre les chancres, enseignement, parcs publics) couplée à des synergies entre le monde associatif, le public et le privé peut contribuer à restaurer un climat de sécurité
Davantage de dialogue et de convivialité - entre les générations, classes sociales, cultures et groupes ethniques par exemple - contribuerait à combattre la peur et à réduire les tensions et l'isolement. Cela exige de chacune et de chacun un effort considérable.
Ainsi et seulement ainsi pourront se créer entre Schaerbeekois de tous âges et de tous horizons, les solidarités qui font si cruellement défaut dans notre société actuelle.
Nous sommes partisans d’une police de proximité et une police citoyenne respectueuse des droits de l’homme et qui s’efforcera de se mettre dans la peau du citoyen et d’analyser ses attentes. La police est la garante des droits et des libertés fondamentales de l’individu.

POPULATION- LOGEMENT – URBANISME
Si Schaerbeek m'était conté
Comme Saint-Gilles, Ixelles ou Saint-Josse, Schaerbeek fut jusqu’au milieu du dix neuvième siècle un village rural. Il comptait alors plus d’ânes que l’ancienne église Saint Servais ne comptait de paroissiens. Cela, c’était le Schaerbeek un.
Notre commune a connu ensuite une période d’urbanisation intensive et de splendeur, particulièrement entre 1893, début de l’Art nouveau, et 1950, époque au cours de laquelle la bourgeoisie bruxelloise a définitivement quitté le centre de la ville, pour s'installer au-delà des remparts, et singulièrement dans le "poumon vert schaerbeekois".
Notre commune était autrefois tellement verte, qu'elle devint le "faubourg des artistes". Elle attira au milieu du 19ème siècle des créateurs pionniers, surtout des peintres et quelques littérateurs séduits par la présence sur son sol de vastes jardins, de vergers, qu'on pouvait acheter ou louer à prix modéré.
Très rapidement, Schaerbeek fut ensuite l'objet d'une spéculation foncière effrénée, et les artistes, contraints de quitter leur cité, ont cédé la place à une population plus bourgeoise, laquelle a voulu rivaliser de fastes, singulièrement dans la conception des façades.
On considère que plus d’un tiers du budget total d’une maison était consacré à l’enjolivement de la façade, laquelle était l’objet de concours extrêmement célèbres auxquels participaient des architectes, tels que Victor Horta, Gustave Strauven ou Henri Jacobs. A cette époque, il s'édifia à Schaerbeek un patrimoine immobilier d'une qualité exceptionnelle et presque miraculeusement préservé, comme le sublime parc Josaphat.
C’est ce que nous appellerons le Schaerbeek deux.
Ce Schaerbeek-là a été pensé, dessiné et tracé en rase campagne par des urbanistes de génie commandités par des hommes politiques visionnaires. Cette cohérence urbanistique demeurée intacte fascine encore aujourd’hui par son esthétique, sa rigueur et sa franche beauté.
On n'a jamais tant rêvé de la ville et de sa poésie que depuis quelques années. Il n’y manque plus, somme toute, qu’un bon plan de circulation draconien avec quelques piétonniers bien situés par exemple le long du parc Josaphat. On peut rêver deux jours avant le scrutin.
Correctement reliée au réseau autoroutier, ferroviaire et aérien du pays, notre commune a toujours constitué un emplacement idéal aussi bien pour les Schaerbeekois que pour les nombreuses sociétés petites ou grandes qui s’y installent.
Vivre à Schaerbeek permet d’économiser un temps précieux habituellement dévolu aux traditionnelles navettes ; temps que l’on pourra consacrer à sa famille, à son travail, aux autres ou plus simplement au développement de soi.
Les jeunes se plaisent à Schaerbeek et rénovent avec amour et goût d'anciennes demeures, appartements, lofts, ateliers en espaces de vie confortables, séduisants et souvent originaux. Ils apprécient l'animation des marchés, les petits bouchers, boulangers, verduriers… qui leur permettent de se nourrir et de se vêtir à moindre frais et ce qui ne gâche rien, vivre à Schaerbeek permet de se déplacer à pied ou à vélo et rend totalement inutile l'achat d'un véhicule. Malheureusement, les petits commerçants ne sont guère chouchoutés par nos édiles. Au contraire, ils sont soumis à toutes sortes de tracasseries administratives qui leur pourrissent tellement  la vie que beaucoup désertent la commune pour aller s'installer notamment à Evere. C'est un vrai drame et la majorité semble s'y désintéresser avec  une arrogante superbe.
Les prix de l’immobilier explosent dans la Région bruxelloise et à Schaerbeek en particulier. Que doit faire un jeune ménage schaerbeekois s’il veut se loger de façon décente et le cas échéant acquérir un logement ?
Bruxelles souffre d'un manque chronique de logements moyens, de logements sociaux et de logements publics. Il est impératif de rattraper ce formidable handicap. Sur les 19 communes, on compte en moyenne 30 % de bureaux vides. Demain, il faudra convaincre les promoteurs à les transformer autant que faire se peut en logements pour  multiplier l’offre de logements sur Bruxelles qui manque de terrains à bâtir. Cette politique de logement et d’urbanisme est de nature à renforcer la cohésion sociale
Si vous vivez dans un quartier déstructuré sans convivialité  votre qualité de vie s’en ressent. « Construisez nous des logements où nos enfants puissent étudier »,  disent les familles. Pas si simple d’assurer ce type d’intimité face à la propagation du bruit : surtout, cela a un coût et même les moyens budgétaires de le Région bruxelloise ne sont pas illimités et il demeure une tranche de population précarisée qui a beaucoup de mal à se loger.
Pour retenir les habitants il conviendra également de mener des actions volontaires pour préserver notre cadre de vie.
Il est essentiel que la nature conserve sa place dans la ville. Il s’agira de préserver les jardins qui constituent les intérieurs d’îlots et faire respecter la réglementation urbanistique qui interdit de transformer les petits espaces verts devant les habitations en parkings privés.
L’urbanisme et la qualité de la vie sont les meilleurs atouts pour donner à Schaerbeek un rayonnement européen. 

CULTURE – INTERCULTUREL
Le maillon faible de notre commune, demeure l’absence d’une véritable vie culturelle nocturne telle que l’on peut l’observer dans les communes qui donnent le ton.
Tout le monde le dit, on s’ennuie comme un rat mort à Schaerbeek une fois le soir tombé.
Faire vivre culturellement Schaerbeek le soir, ranimer sa vie nocturne par une politique sportive, culturelle et de promotion de la formation permanente c’est restaurer un climat convivial, de sérénité donc de sécurité pour tous.
Investir dans une politique de loisirs actifs et valorisants  selon une dynamique intergénérationnelle permettra aux citoyens de se construire et de développer au maximum leur meilleur potentiel.
Il s'agit là d'un projet audacieux mais les acteurs, créateurs, animateurs et aussi les lieux propices à de telles initiatives (préaux d'écoles, maison des arts, maison communale, centres culturels, bibliothèques…) ne manquent pas.
Il conviendra, dans cette vaste entreprise, de ne surtout pas négliger l’interculturel c’est-à-dire les multiples visages des cultures maghrébines, turques, balkaniques bref méditerranéennes. Toutes ces cultures coexistent mais ne communiquent que trop rarement, voire pas du tout entre elles. C'est précisément cela qu'il convient de changer. Quel défi!
Schaerbeek se doit de jeter des ponts, d’établir des traits d’union entre ces foisonnements multiculturels en vue de promouvoir une véritable démarche humaniste suscitant le dialogue des cultures, bref d’initier enfin l’interculturel. Tous les éléments permettant de déployer cette politique culturelle sont en place. Il manque juste cette petite étincelle qui est la marque de fabrique de la liste Verzin.
Les lieux ne manquent pas mais ils ne vivent pas. Il faudra les animer afin d’entraîner une dynamique intergénérationnelle, interculturelle voire même inter religieuse. J'écris ceci devant une tasse de café dans un sofa confortable de la laiterie du parc Josaphat. Une subtile lumière d'automne éclaire le feuillage roussi des platanes mordorés du parc si bien dessiné par Gallopin en 1901 et qui est aujourd'hui à sa plénitude. Le personnel est, comme le public originaire de la diversité. La musique est cubaine, la carte est exotique mais pas assez à mon gré. Un nouvel incubateur interculturel serait-il en train de naître ici?
Construire une société plurielle, tolérante, interculturelle, c’est lutter contre tous les intégrismes. Fondamentalement, c’est le contraire de l’intégrisme. New York, Londres, Paris et surtout Berlin et Marseille nous montrent l’exemple. L’interculturel est un formidable gisement culturel.
A l’instar de la politique sportive, la politique culturelle constitue un véritable levier pour transformer notre commune et contribue largement à améliorer la qualité de la vie et l’art de vivre des Schaerbeekois. Cela, le Collège sortant ne l'a pas vraiment compris.
L’identité bruxelloise n'est-elle pas traversée depuis des siècles par le levain interculturel ? Pour qui vit Bruxelles au quotidien, ceci est devenu une évidence tant pour les ambiances urbaines, les couleurs musicales, les saveurs culinaires, esthétiques, et artistiques. Tout à Schaerbeek participe de cette  dynamique à laquelle les jeunes qui se rencontrent dans les écoles, sont particulièrement attachés. Chacun d’entre eux est entraîné par cette interaction permanente jusque dans ses plus petits gestes quotidiens.
Schaerbeek a beaucoup changé et c’est tant mieux, n’en déplaise à ses détracteurs nostalgiques du temps où la capitale brusselait.
Il s’est créé au cours des quinze dernières années un véritable bouillon des cultures. La culture ne va pas vraiment de soi, le dialogue entre les cultures encore moins. Il faut commencer jeune très jeune.
Fondamentalement, les jeunes ont envie d’être pris au sérieux, d’être écoutés lorsqu’ils expriment leurs envies, leurs craintes, leurs enthousiasmes. Ils demandent à participer à l’organisation de l’école, à la vie des quartiers et à la gestion de la cité.
Ils revendiquent le droit à la qualité des loisirs, le droit de s’éclater sur des terrains de sports dignes de ce nom, le droit de disposer de lieux de qualité où se réunir en toute sécurité. Certes ils y ont droit, mais ces droits impliquent des devoirs : le devoir de se comporter en citoyens responsables et respectueux des autres, de l’environnement et des lieux publics.
Qu'on le veuille ou non les choses ont changé : les parents sont moins disponibles, la rue est devenue moins sûre et les loisirs de plus en plus envahissants. Désormais beaucoup de jeunes, livrés à eux-mêmes sont confrontés aux pièges de la violence, de l'alcoolisme, de la drogue et du désœuvrement.
Lorsque la société, ses institutions et le secteur privé ne parviennent plus à inclure, un autre modèle sociétal prend le relais : la bande contrôlée par des petits chefs manipulés par des trafiquants de seconde zone eux-mêmes encadrés et récupérés par des structures bien organisées de caractères mafieux . Voilà qui constitue un terreau redoutable et je ne parle pas de la tentation radicale.
Beaucoup reste encore à faire en matière de rénovation et de création d’infrastructures sportives dignes de ce nom.
Il faut valoriser et faire connaître la « culture jeune ».
Nous préconisons les ateliers d’écriture, le théâtre pour et par les jeunes, nous préconisons  des mosquées, églises, temples, synagogues et autres maisons de la laïcité ouvertes au dialogue, à la communication interculturelle, interreligieuse, interethnique. Ouvertes à la musique, à la critique, aux débats, bref à l'échange.
Il ne s’agit pas de renvoyer les jeunes dos à dos mais bien de les réunir autour de projets qui les concernent et dans lesquels ils apprennent à respecter l’autre, sa culture, sa différence, sa religion. 
 
C’est cela le défi interculturel et le pari intergénérationnel.
C’est cela le pari schaerbeekois pour demain et non pas le discours exclusivement sécuritaire.
C’est en effet à la commune qu’il appartient de prendre des initiatives d’abord pour que les jeunes s’épanouissent sur son territoire, dans ses écoles, ses installations sportives, culturelles et de loisir, ensuite pour qu’enfin ils se rencontrent et sortent de leurs ghettos. 

ENSEIGNEMENT : RIGUEUR ET CRÉATIVITÉ
L'enseignement communal schaerbeekois fut de tout temps un enseignement de pointe visant l'excellence il doit s’efforcer de le redevenir.
Schaerbeek constitue le deuxième réseau communal le plus important du pays et assurément l'un des plus diversifiés.
En vue de rencontrer davantage les besoins de la société et de réduire le décalage entre l'enseignement et le monde économique et social, il conviendra de développer de manière créative et efficace de nouvelles synergies avec l'entreprise et le monde associatif et ce pour dynamiser notre enseignement technique et professionnel trop longtemps négligé.
Le seul souci de rigueur et d'exigence ne résoudra pas tout. Encore faudra-t-il que l’on crée pour les élèves en difficulté, des écoles de devoirs dignes de ce nom en collaboration avec les familles, les seniors qui ont du temps et de l'expérience et les enseignants.  Le soutien scolaire pourrait et devrait en effet  être organisé avec l'aide des séniors. C'est une de nos priorités.
Il est urgent aussi de réconcilier les parents, l’école et les enfants.
A l'avenir, il conviendra de mêler davantage les parents à la vie de l'école. Il est nécessaire qu’ils soient « dans le coup ». Les méthodes employées à l'école ne peuvent être efficaces que si elles sont comprises et acceptées de tous.
Sans cohérence entre l'éducation de la maison et l’instruction scolaire, on n’arrivera à rien.
Pour y arriver, nous entendons améliorer :
a. Les normes des classes maternelles et faire en sorte que celles-ci accueillent un maximum de vingt élèves surtout dans les premières années. Ceci exige un sacrifice financier important mais constitue à nos yeux un investissement éducatif prioritaire.
b. L'accueil des enfants dans les écoles pendant les congés scolaires. A l'avenir, les activités parascolaires doivent être largement développées pour assurer un meilleur épanouissement de la personnalité et du caractère des jeunes et lutter ainsi efficacement contre le décrochage scolaire et les pièges de la rue. Le déploiement des activités sportives et culturelles constitue, en parfaite symbiose avec l'enseignement, la meilleure forme d'intégration du jeune citoyen dans sa commune.
Il faudra également lutter et peut-être par priorité contre les garderies T.V.
c. La qualité des études dirigées tant dans le primaire que dans le secondaire. Il est essentiel à une époque où la plupart des mamans sont retenues par leurs obligations professionnelles de permettre aux élèves d'accomplir leurs tâches scolaires (devoirs et leçons) dans les classes en bénéficiant de l'aide d'enseignants qualifiés et disponibles.
Les études dirigées doivent être autre chose que des garderies ou des simples « parkings d'enfants ». Il faut en effet que, grâce à l'organisation de petits groupes assistés par des enseignants, les élèves puissent bénéficier de conditions de confort et d'assistance équivalentes à celles dont disposent les enfants qui ont la chance d'être aidés à domicile par leurs parents. Nous sommes persuadés que les  jeunes pensionnés pourraient venir efficacement apporter un soutien scolaire efficace aux enfants et aux adolescents en difficultés scolaires.    Dans l'enseignement secondaire nous prônons l'organisation de cercles de remédiation. Il s'agit de cellules de remédiation organisées par matière, animées par des formateurs de terrain. Véritables ateliers de gestion du temps et de méthode de travail, les élèves y apprennent à travailler en équipe, à se soutenir mutuellement, à surmonter leurs inhibitions, à développer leur potentiel et surtout leur méthode de travail, clef de la réussite.
Précisons que le tutorat, c'est-à-dire l'assistance apportée par un aîné doué à un élève plus jeune ou moins doué, peut jouer un rôle extrêmement efficace. En effet, la rémédiation n'est pas une démarche d'enseignement mais doit viser à faciliter l'apprentissage et l’intégration. Personne mieux qu'un jeune ne peut aider un autre jeune dans sa démarche d'apprentissage ne fût-ce que par l'exploitation des trucs, ficelles et tuyaux en tous genres. Pour le formateur chargé des ateliers de rémédiation, les tuteurs seniors peuvent toutefois se révéler  des alliés et des assistants privilégiés. Pour le tuteur c'est aussi une manière de se valoriser et de mieux ancrer, voire mieux exploiter ses propres acquis.
La création dans chaque école d'un centre de documentation informatisé connecté au monde par Internet et organisé en salle de ressources. Il serait en effet idéal que chaque école possède une salle de ce type si l'on veut que les élèves n'aient pas à se disperser en dehors de l'établissement pour quérir l'information nécessaire en toute autonomie.
d. L'utilisation et le développement des salles d'informatique existant dans certaines écoles. Nous pensons que tous nos élèves doivent recevoir une solide formation en informatique car il est bien établi que les analphabètes de demain sont ceux qui ne maîtriseront pas l’outil informatique.
e. La propreté dans nos écoles communales. Tout le monde sera d'accord pour dire qu'il convient d'engager du personnel supplémentaire afin que nos écoles redeviennent encore plus propres et plus accueillantes ; ceci pour améliorer le cadre de vie et par conséquent la qualité de la vie.
Il faut également permettre aux adultes, en organisant des cours de promotion sociale de qualité, de saisir une deuxième chance ou encore de se spécialiser pour mieux se défendre sur le marché du travail.
Les nouveaux emplois ne sont pas obtenus par les Bruxellois ; trois cent cinquante milles navetteurs débarquent quotidiennement à Bruxelles. Cette inadaptation de l'offre à la demande pose le problème de la formation et de la qualification de la main-d'œuvre. La formation bien ciblée au carrefour de l'offre et de la demande constitue donc bien le créneau que Schaerbeek doit développer si elle entend créer des emplois de proximité.
Il existait, il y a douze, un hiatus entre le relatif confort dont bénéficiaient les écoles du haut de Schaerbeek et celles du bas. Il a été largement comblé par une politique de travaux de restaurations lourdes qui a entraîné des investissements considérables. Le résultat est remarquable. Mais tout reste à faire sur le plan pédagogique.
Globalement il faut attirer toujours plus d’élèves dans le réseau communal et ce par une politique pédagogique audacieuse, efficace et créative.

La maîtrise de la langue et la communication orale.
La très grande majorité des enfants issus de la diversité - mais pas seulement eux - ont beaucoup de mal à se concentrer sur une tâche scolaire. Ils ont l’habitude de s’exprimer tous ensemble, sans se préoccuper de leurs camarades, de l’enseignant. Ils parlent souvent à tort et à travers et de façon chaotique.
Trop peu d’enfants comprennent les consignes des devoirs demandés par les enseignants qui prennent souvent la forme de photocopies d’exercices tirés de manuels scolaires et qui ne nous paraissent pas toujours adaptés au niveau des enfants.
Pourquoi ?  Simplement parce que les enfants sont incapables de comprendre, tantôt l’énoncé d’un problème, tantôt les formulations d’un questionnaire visant à vérifier la compréhension d’un petit texte vu en classe préalablement, tantôt un exercice de système métrique.
En 1905, la Cité des Ecoles était à la pointe du progrès, faisons en sorte que, par notre créativité, notre souci de qualité totale, d'innovation réaliste, il en soit toujours ainsi.

POLITIQUE DE LA CITÉ, POLITIQUE GLOBALE ET GESTION DE LA COMPLEXITÉ
On ne résoudra rien dans le long terme en dehors d'une stratégie globale ou si l’on préfère sans une véritable politique de la cité.

Gérer la complexité c’est dégager une vision.

DÉSORMAIS, LA PARTIE SE JOUE ENTRE LE BASTION INTÉGRISTE ET LE BASTION HUMANISTE. 

Il s’agit donc bien de faire front à l’islamisme, au fondamentalisme et à tous les intégrismes, de gauche, de droite et d’extrême droite.
Schaerbeek est un territoire contrasté où vivent des citoyens de tous âges, de toutes confessions, de toutes origines, de toutes conditions et de toutes convictions dans des quartiers populaires et bourgeois en bonne harmonie.
Tout existe à Schaerbeek et s’y côtoie. Le grand défi est d’organiser des synergies entre tous ces ghettos : le ghetto des riches et le ghetto des exclus, les ghettos chrétiens, musulmans, les ghettos jeunes et les ghettos vieux, le ghetto des conservateurs et celui des innovateurs. 
 
Le défi c'est de RÉUNIR POUR RÉUSSIR. 

Et si c'est est possible à Schaerbeek , ça doit l’être partout ailleurs en Europe.
Ce sera mon dernier mot de campagne. 

Merci de m'avoir lu et suivi dans mes rêves schaerbeekois les plus échevelés.
Je n'ai pas tout dit mais presque. J'ai beaucoup appris au cours de ces semaines de campagne, sur le climat qui règne à Schaerbeek, sur le profil de mes colistiers qui me bluffent par leur manière hardie de penser la Cité mais aussi sur la susceptibilité  à fleur de peau de certaines et certains. Une belle expérience. Pardon si je me suis répété plus d'une fois...
J'ai aussi pu mesurer la formidable combativité et la magnifique  capacité de résilience de Georges Verzin, notre premier de cordée.
La suite et la conclusion: dans l'isoloir.

MARC GUIOT 23ÈME. Récalcitrant je suis, récalcitrant je demeure. 
Et s'il faut m'obstinerai.