mardi 17 avril 2018

Macron face à Plenel et Bourdin : tout ça pour ça ?

EDITO. En l’absence d’alternative crédible à sa politique, le chef de l’Etat n’entend pas dévier de sa ligne et parie sur le temps long.
Par Carole Barjon
Obs

Deux heures quarante pour quoi faire ? Pour démontrer ses qualités de combattant, seul contre deux redoutables bretteurs ? Pour donner à voir à près de quatre millions de téléspectateurs sur BFMTV un spectacle de gladiateurs digne du décor mussolinien du palais de Chaillot ? Pour montrer qu’il sait descendre dans l’arène et castagner ?
On a vu, en effet, un président virtuose, manier à la fois la rhétorique, le latin, la technique et l’art de la guerre. En bon boxeur, Emmanuel Macron ne laisse rien passer. Ni les approximations d’Edwy Plenel – "fraude fiscale au lieu d'optimisation" –, ni les "insinuations" de Jean-Jacques Bourdin – "Votre ami Bernard Arnault". Il montre qu'il sait rendre coup pour coup, en rappelant que le fondateur de Mediapart s’est lui-même "affranchi des règles fiscales" il n’y a pas si longtemps…
Plenel face à Macron : au fait, c'est quoi le problème entre Mediapart et le fisc ?
Bref, pendant cet interminable "combat de coqs", comme l’a qualifié le patron de La République en Marche Christophe Castaner, Macron a assuré. Mais a-t-il pour autant rassuré ?
Un peu. On aura appris finalement que l’Etat reprendra "progressivement" la dette de la SNCF. On aura vu un président empathique, semblant sincèrement préoccupé par la situation des hôpitaux et des services d’urgence, promettre des annonces rapides sur ce dossier. Et esquisser la piste d’un jour férié travaillé pour financer le coût de la dépendance des personnes âgées, à l’horizon 2050.
Pour le reste, Macron aura laissé les Français sur leur faim à propos du fameux "verrou de Bercy" (qui empêche la Justice de se saisir à sa guise des dossiers fiscaux qui, selon elle, le mériteraient) et de l’exonération de l’impôt sur la fortune accordée aux détenteurs d’actifs mobiliers. Quelle garantie a-t-on que les heureux bénéficiaires de ce "cadeau" fiscal investiront bien dans les entreprises françaises ? Emmanuel Macron lui-même a reconnu ne pas en avoir.
De même, il aura eu du mal à convaincre sur la baisse de pouvoir d’achat des retraités qui ne verront la taxe d’habitation diminuer qu’à l’automne. Et il aura fallu attendre la dernière partie de l’émission pour entendre parler du conflit des cheminots, de l’islam et des femmes voilées dont la tenue n’est "pas conforme à la civilité telle que nous la connaissons", ou de l’immigration, à propos de laquelle il a évoqué "la bombe" que constituait, à terme, la démographie africaine.
Rassurer les Français modestes, casser l’image de "président des riches" que lui a accolé une bonne partie de la gauche : c’était l’objectif  de Macron qui veut "libérer et protéger". Pour le moment, son jeu de jambes à gauche reste à améliorer. Mais, en l’absence d’alternative crédible à sa politique, le chef de l’Etat n’entend pas dévier de sa ligne et parie sur le temps long. On le jugera "dans cinq ou dix ans", a-t-il glissé. Au bout de son deuxième quinquennat…


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
LOSE LOSE

Win win? Non lose, lose. Lose pour les deux journalistes vedette  perdants  qui se sont offert un numéro de claquettes et d'arrogance de lèse présidence; lose pour le président qui y a perdu son aura jupitérienne troquée contre une tenue de bretteur à qui on ne la fait pas. Les meilleurs commentateurs sont unanimes, la fonction présidentielle a été égratignée sans aucun bénéfice pour Emmanuel Macron. On le savait brillant et bon débatteur, il n'était vraiment pas utile de proposer un remake du débat télévisé du second tour avec Plénel dans le rôle de Marine et Bourdin dans celui de Le Pen.  Ils ont été très mauvais tous les deux mais  le wonderboy Emmanuel n'a pas transformé l'essai. Match très nul de catch médiatique à trois et sans arbitre dans un décor qui rappelle celui de la chancellerie d'Adolphe Hitler. Pourquoi ce lieu tellement mussolinien.?
On n'oubliera jamais les images montrant le Führer en képi et manteau de cuir accompagné de Speer son architecte et favori visitant le palais de Chaillot au petit matin en juin 40 après le Blitzkrieg qui mit la France à genoux.
MG

jeudi 12 avril 2018

Inventer une mobilité 2.0 à Bruxelles


Gilles Van Den Burre in Le Vif

La mobilité, voire l'immobilité, est certainement l'un des problèmes les plus criants, et visibles, de la gestion publique à Bruxelles. Pas un seul habitant, un seul navetteur ou un seul touriste de passage ne peut échapper à ce fléau quotidien des embouteillages qui paralysent notre capitale.

Avec toutes les conséquences néfastes que ceux-ci engendrent sur notre santé (pollution, qualité de l'air dégradée, bruit, stress ou agressivité) et sur notre qualité de vie. L'économie n'est, par ailleurs, pas épargnée puisque le coût des embouteillages à Bruxelles a été évalué à 100 millions d'euros par an selon une étude du cabinet du Ministre fédéral de l'Economie, Kris Peeters. Nous sortirions donc tous gagnants de la mise en place de solutions structurelles visant à augmenter drastiquement l'offre de transports publics, de véhicules partagés et d'espaces pour les piétons et cyclistes. En somme, une véritable transition écologique et numérique de la mobilité.
Mais au lieu de ça, les débats politiques récents se sont concentrés autour de deux sujets : les tunnels et le plan Taxi. Or, ils cachent des enjeux beaucoup plus fondamentaux. A propos de ces fameux tunnels, les discussions ont surtout concerné la manière et les moyens financiers pour les remettre à neuf (ou presque). Résultat : prolongation de ces lourdes infrastructures héritées de la société du "tout à la bagnole" des années '60 et '70. Autrement dit : absence de vision et de choix, conduisant in fine à un gaspillage de moyens et à un verrouillage du changement politique nécessaire. Quant au plan Taxi, il cristallise l'opposition frontale entre Uber et les compagnies de taxi traditionnelles. De ce duel à couteaux tirés, et probablement stérile, il semble évident qu'aucune vision claire des défis dignes d'une mobilité du 21e siècle ne pourra émerger. En effet, entre une multinationale californienne qui souhaite maximiser son profit à court terme, avant de le rapatrier, tout en poussant ses chauffeurs à travailler sans couverture sociale, et une corporation qui est restée en retrait, depuis des décennies, des innovations technologiques et des nouveaux besoins de nos concitoyens, il est compliqué d'entrevoir un futur désirable pour la mobilité et les déplacements collectifs à Bruxelles. Il est pourtant de notre devoir de responsable politique de l'imaginer, avec ambition et créativité, en s'inspirant des expériences positives à l'étranger.
La "mobilité rêvée" de demain, consiste, par exemple, en la création d'une application web publique, reliée à une flotte de véhicules partagés (style "Cambio"), et conduite par des travailleurs employés et correctement rémunérés. Concrètement, on pourrait imaginer une structure coopérative, avec la Région comme actionnaire majoritaire ou de référence, qui serait propriétaire de l'application, des "véhicules partagés 2.0" et qui emploierait l'ensemble des chauffeurs. Les citoyens utilisateurs du service et les travailleurs auraient la possibilité de devenir eux-mêmes coopérateurs, ce qui garantirait une redistribution juste, et ancrée localement, des bénéfices de l'entreprise. En d'autres termes, l'idée est de créer un concurrent direct, crédible et efficace à la technologie Uber, sous forme de coopérative, avec des capitaux publics, un algorithme transparent et accessible publiquement, ainsi que des travailleurs-coopérateurs qui pourraient bénéficier des profits générés.
Dans un deuxième temps, on pourrait imaginer d'autres flottes de véhicules (voitures, vélos, scooters,... toujours à partager), provenant de différentes entreprises, qui viendraient s'ajouter à l'offre de cette application coopérative. Enfin, cerise sur le gâteau, l'ensemble des entités publiques (administrations communales, régionales et fédérales) pourrait mettre leurs véhicules propres sur cette plateforme, afin que les citoyens puissent les utiliser (avec chauffeurs ou pas) durant les tranches horaires où ils ne circulent pas (le soir ou les week-ends).
Utopie me direz-vous ? Pas vraiment : d'autres villes se lancent déjà dans ce type de projet. Amsterdam, par exemple, travaille sur un projet-pilote, impliquant le partage de ses propres ressources: parc informatique, parc de véhicules, bureaux, ou encore flotte maritime. La ville a en outre déjà mis en partage une partie de sa propre flotte de véhicules. Chez nous, les communes de Schaerbeek et d'Ottignies-Louvain-la-Neuve ont conclu un partenariat avec une entreprise de voitures partagées afin d'y inclure leur flotte communale. Séoul ou San Francisco ont également déjà mis sur pied des initiatives de partage et d'applications numériques propres afin de se réapproprier les moyens technologiques en vue d'améliorer la qualité de service à leurs habitants sans se retrouver coincées entre les mains des GAFA (Google, Apple, Facebook et Amazon).
Aucune raison ne nous empêche de développer une vision moderne, efficace et durable de la mobilité à Bruxelles. Au contraire, il serait irresponsable de ne pas le faire à l'heure où les technologies se développent plus vite que jamais, où les géants de l'internet risquent de rafler la totalité de la mise, et où les voitures autonomes sont déjà à nos portes. Des réponses fortes et ambitieuses sont indispensables et nous avons donc besoin de politiques qui prennent leurs responsabilités !
Carte Blanche

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
"UNE ASSOCIATION ENTRE SOCIALISTES ET LIBÉRAUX NE SERAIT PAS À EXCLURE"
MAIS POUR FAIRE QUOI? "IL SEMBLE ÉVIDENT QU'AUCUNE VISION CLAIRE DES DÉFIS DIGNES D'UNE MOBILITÉ DU 21E SIÈCLE NE POURRA ÉMERGER"

Pascal Smet est un ministre heureux, quelles que soient le initiatives saugrenues qu'il s'avise de  prendre, jamais il n'est poussé à la démission par son gouvernement. Le formidable chaos provoqué par la grève des taximen induite par son souci de protéger Uber en est la dernière illustration.  Et on ne parle pas de sa gestion calamiteuse du réseau des tunnels et viaducs de la région Bruxelles capitale.
Il est vrai qu'on ne se bouscule pas pour prendre son poste ministériel , sans doute le plus inconfortable de les ministères belges, fédéral et régional confondus. Cinq mois avant les élections communales, on aimerait qu'au moins un mandataire politique sorte du bois avec des propositions originales et audacieuses susceptibles d'envisager un début de solution à ce qui provoque indéniablement l'agonie de la Région Bruxelles capitale et menace à moyen terme de lui faire perdre son statut de capitale de l'Europe. Si cela devait se produire,  la paupérisation de Bruxelles s'accélérerait de manière irréversible et rapide.  Mais non, personne ne s'y risque et on nous annonce sans rire qu'une association entre socialistes et libéraux ne serait pas à exclure. "Libéraux et socialistes ont rétabli de bonnes relations humaines et se revoient régulièrement. " J'ai toujours pensé que dans l'intérêt des Bruxellois, les hommes et les femmes de tous les partis démocratiques devaient pouvoir se parler", souligne la LiégeoiseLaurette Onkelinx qui erncontrerait régulièrement, dans l'intérêt de Bruxelles et des Bruxellois le Liégeois de Bruxelles Didier Reynders. Sowhat!   Certains espèrent une grande alliance en 2019 pour affronter les défis de la Wallonie et de Bruxelles. Il reste une opposition forte, mais les lignes bougent" (Le vif) Mais pour faire quoi, au juste? 
MG 


UN POSSIBLE MARIAGE MR-PS POUR 2019 ? 

Olivier MoutonJournaliste politique au Vif/L'Express 

Libéraux et socialistes ont rétabli de bonnes relations humaines et se revoient régulièrement. Certains espèrent une grande alliance en 2019 pour affronter les défis de la Wallonie et de Bruxelles. Il reste une opposition forte, mais les lignes bougent. Les ténors s'expliquent au Vif/L'Express.

Les sourires sont crispés lors de la passation de pouvoir au Seize entre Elio Di Rupo et Charles Michel, en octobre 2014. Trois ans et demi après, l'ancien et le nouveau se reparlent de façon plus sereine.

L'indice est lancé incidemment, en marge d'une interview sur un tout autre sujet. Soudain, ce ministre libéral francophone s'épanche : " L'idéal pour moi, après les élections de 2019, serait une coalition entre le MR et le PS. Pour se donner les moyens d'affronter les enjeux qui nous attendent sur le plan budgétaire et socio-économique. Et avec Ecolo en plus, pour apporter une touche de fraîcheur. " Le propos se répand officieusement, depuis quelques semaines, dans les coulisses du parlement de Wallonie. Où il suscite à la fois de l'incrédulité et de la curiosité.
Ce scénario réveille des aspirations similaires formulées, tant au MR qu'au PS, surtout à Liège et à Namur mais moins à Charleroi, avant les précédentes régionales et législatives de 2014 : il est urgent d'unir toutes les forces vives francophones, car l'heure est grave. On sait comment le vent a tourné après le scrutin : le mariage précipité entre le PS et le CDH en Wallonie et à Bruxelles, après des approches avortées entre libéraux et humanistes, le refus des mêmes humanistes de dépérir au sein d'une tripartite francophone à tous les niveaux de pouvoir, puis la folle aventure de Charles Michel, qui prend le risque de diriger un gouvernement fédéral avec trois partis flamands, dont la N-VA. Autant d'événements et manoeuvres qui ont durablement fracturé le camp francophone.
L'idée d'une grande coalition MR-PS élargie, sorte d'union sacrée francophone, peut paraître anachronique, à l'heure où le MR se gargarise de tout ce qu'il peut réaliser à la tête de ses majorités sans socialistes, fédérale et wallonne. Le PS, lui, radicalise son discours pour tenter de retrouver la confiance de citoyens outrés par les scandales et récupérer les parts de marché perdues au profit du PTB et d'Ecolo, en canonnant " le gouvernement MR/N-VA ". Pour autant, alors que la nervosité croît en vue des joutes de 2018 (communales) et de 2019 (législatives, régionales et européennes), les derniers sondages du printemps illustrent à quel point l'hypothèse d'une aventure bleue-rouge n'est pas si folle. Le MR et le PS perdent des plumes, mais les socialistes redressent la tête après leur chute libre de l'après-Publifin. Les deux forces structurent un paysage politique plus éclaté que jamais et se disputent férocement la première place du podium tant en Wallonie qu'à Bruxelles. Ecolo, dans l'état actuel des choses, est le grand vainqueur. Le PTB se tasse quelque peu, le CDH reste faible même s'il fait mine de survivre et DéFI progresse, tout en restant un cran au- dessous au sud du pays. Alors, MR-PS-Ecolo, pourquoi pas, finalement ?
Les ténors des deux partis que Le Vif/L'Express a longuement interrogés ne ferment pas la porte au mariage MR-PS après 2019, même s'ils jugent l'idée forcément prématurée. Tous confirment que leurs relations se sont normalisées, laissent entendre que les plaies de 2014 sont cicatrisées et évoquent même des échanges plus constructifs, par-delà les vociférations médiatiques. Ce qui sépare les deux partis reste bien sûr plus important que ce qui les unit, dans un contexte politique de polarisation exacerbée. Le MR avoue toujours privilégier la poursuite de coalitions de droites et le PS espère la mise en place de majorités progressistes et alternatives. Ce n'est pas encore l'amour fou, mais plusieurs dossiers stratégiques pourraient rapprocher les deux premiers partis francophones, en plus de l'arithmétique et de la volonté de stabiliser les institutions francophones.

Vincent De Wolf, chef de file MR au parlement bruxellois, snobe le ministre-président PS, Rudi Vervoort. Dans la capitale, les tensions entre les deux partis sont plus fortes.
DES RELATIONS NORMALISÉES
Sur fond de lutte pour le leadership francophone, la dégradation des relations entre socialistes et libéraux s'est jouée en trois temps, autour de la " mère de toutes les élections ", en 2014. Un : la campagne électorale, virulente, emmène les poids lourds des deux formations, Charles Michel (MR) et Paul Magnette (PS), à se regarder en chiens de faïence et à multiplier les attaques personnelles. Deux : juste après le scrutin, la mise en place de coalitions asymétriques du côté francophone provoque des rancoeurs inédites sur fond d'accusations de mensonges et de trahisons. En remettant à Michel les clés du 16, rue de la Loi, le Premier ministre sortant, Elio Di Rupo (PS), exprime une profonde amertume, persuadé que le MR mène le pays au bord du gouffre. Trois : dès ce moment, les règlements de compte s'enchaînent. Les différentes majorités peinent à travailler ensemble.
La " réconciliation " se fait, elle aussi, en trois temps. Un : fin avril 2015, deux " sages ", Louis Michel (MR) et Jean- Pascal Labille (PS), lancent un appel au calme. " Rien n'est cassé définitivement, dit le premier. C'est inscrit dans les astres que libéraux et socialistes seront amenés à retravailler ensemble. " Deux : quelques mois plus tard, c'est le chef de file bruxellois du MR, Didier Reynders, toujours meurtri par ses déboires face au clan Michel, qui se promet de renouer le dialogue avec les socialistes. Dans les déclarations médiatiques des uns et des autres, les liens restent à couteaux tirés. Mais on ne hurle plus autant au Parlement. Trois : paradoxalement, la " trahison " du CDH Benoît Lutgen, qui lâche le PS sans crier gare, en juin 2017, est le chaînon qui manquait pour... rapprocher libéraux et socialistes. Le MR se marie en jubilant avec le CDH à Namur, mais plusieurs de ses membres expriment des réserves au sujet de la volte-face humaniste.
J'accorde beaucoup de prix à des relations humaines de qualité " Elio Di Rupo
Aujourd'hui, donc, libéraux et socialistes se reparlent. " J'ai de bons contacts personnels avec mon homologue Olivier Chastel, souligne Elio Di Rupo. Il n'y a aucun ministre libéral avec lequel j'ai des tensions personnelles. Chaque fois que j'ai eu à discuter avec le Premier ministre, nous l'avons fait avec franchise. Chaque jeudi, nous sommes ensemble à la Chambre et les séances traînent au-delà du raisonnable, nous avons le temps de parler. J'accorde beaucoup de prix à des relations humaines de qualité, de respect et de confiance avec tous les partis démocratiques. C'est important de ne jamais mentir, de ne jamais jouer au roublard, parce qu'on le paie tôt ou tard. " " J'ai une excellente relation humaine avec Elio Di Rupo, acquiesce Olivier Chastel, j'ai la chance de lui parler souvent à la Chambre, sans agressivité, de politique générale voire, d'enjeux francophones. "
Didier Reynders (MR) et Laurette Onkelinx (PS), Liégeois de coeur et Bruxellois d'adoption, ont lancé un " lobby " pour défendre les intérêts de la capitale par-delà leurs divergences. Ils se voient régulièrement.
DANS L'INTÉRÊT DES BRUXELLOIS
Dans un entretien au Soir, fin février dernier, Didier Reynders, chef de file MR à Bruxelles et candidat ministre-président régional après 2019, ouvrait la porte à la N-VA pour un futur gouvernement bruxellois. Sans pour autant exclure le PS : " De la lutte des classes, il est passé depuis longtemps à la lutte des places. " Outre Bart De Wever, il affirmait avoir vu récemment Elio Di Rupo et Laurette Onkelinx, présidente de la Fédération bruxelloise du PS. Réplique de cette dernière, dans les colonnes du même quotidien : " Ce n'est pas étonnant de l'entendre dire qu'il est candidat à la ministre- présidence, car Didier Reynders est un éternel candidat [...]. Je dirais qu'il est sa propre ambition. " Ou encore : " Il faut pouvoir dire que si le MR était une plus-value pour Bruxelles, ça se saurait... " Ambiance.
Au Vif/L'Express, Laurette Onkelinx ne retire aucun de ses propos. Mais elle raconte aussi pourquoi PS et MR se retrouvent régulièrement au sein d'un " lobby " probruxellois qui regroupe des représentants de tous les partis démocratiques de la capitale, pour oeuvrer en faveur des intérêts stratégiques de la ville et lutter contre le " Brussels bashing ". Autour de la table, pour le PS : elle-même et Rudi Vervoort, le ministre-président régional. Pour le MR, Didier Reynders et Vincent De Wolf, chef de groupe au parlement bruxellois, dans l'opposition.
" J'ai toujours pensé que dans l'intérêt des Bruxellois, les hommes et les femmes de tous les partis démocratiques devaient pouvoir se parler, souligne Laurette Onkelinx. Et, malgré les différences, soutenir ensemble des projets. Nous avons décidé dernièrement tous ensemble - c'est un collectif, un peu à l'image d'E-change, le tout récent nouveau mouvement politique -, de transformer la caserne d'Etterbeek-Ixelles en kots d'étudiants. L'idée était née avec l'ULB, mais nous avons fait en sorte que ce projet soit accepté et soutenu à tous les niveaux de pouvoir, pour dépasser les contingences de partis et les majorités différentes. On a aussi accompli un travail pour prendre le pouls de le Région. Par l'intermédiaire du lobby, un contrat a été passé avec la Fondation Roi Baudouin pour lancer BruVoices, qui demande aux Bruxellois ce que leur ville représente pour eux. Il ressort déjà que trois quarts de la population de la capitale est très fière de son identité culturelle plurielle. On est loin de ce que raconte la N-VA. "
Le parti nationaliste flamand et le PTB, qui n'ont pas de Bruxellois dans des exécutifs, sont les deux seuls qui ne font pas partie de ce lobby.
Les ministres-présidents wallon, Willy Borsus (MR), et de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Rudy Demotte PS) : les majorités asymétriques ont posé trop de problèmes durant cette législature. © Christophe Licoppe/photo news
DES CONSIDÉRATIONS STRATÉGIQUES
Si l'on se parle dans l'intérêt des Bruxellois, on devrait davantage se parler, aussi, dans l'intérêt des Wallons alors qu'en 2024 débute la disparition progressive de la solidarité venue de Flandre, en vertu de la loi de financement adoptée lors de la sixième réforme de l'Etat. C'est dire combien la législature 2019-2024 sera décisive. " Nous devrons trouver au bas mot 600 millions d'euros, glisse notre ministre libéral favorable à une alliance MR-PS-Ecolo. Il sera indispensable d'unir nos forces. "
" Mon sentiment profond, c'est que l'intérêt des francophones, Bruxellois et Wallons, serait qu'à l'avenir, il puisse y avoir des correspondances en matière de formations gouvernementales, estime pour sa part Elio Di Rupo. On voit ce qu'a coûté l'asymétrie des compositions de gouvernements entre le fédéral et les Régions durant cette législature. " L'ancien Premier ministre n'aime pas pour autant l'idée d'une " union sacrée " et refuse de se prononcer a fortiori en faveur de l'une ou l'autre coalition. Tout dépendra du contenu. " Nous ne pourrons pas nous allier avec X ou Y s'il s'agit de mener la politique du gouvernement MR/N-VA telle qu'on la voit aujourd'hui. La coalition dépendra du contenu d'un programme qui devra être alternatif, radicalement différent. " Mais il insiste sur la " stabilité " des institutions francophones et leur " dynamisme ".
La répartition des cartes par les électeurs sera décisive. Forcément, et heureusement. " Les jeux seront sans doute plus ouverts qu'il y a cinq ans, relève Olivier Chastel. On voit, sondage après sondage, qu'on risque d'assister à grand morcellement de la gauche. " Une pique. Et un constat : il vaut peut-être mieux préparer le terrain d'une grande alliance, que de guérir face à l'urgence ? " Le morcellement des voix est une nouvelle donne, reconnaît Di Rupo. Le gouvernement que j'ai présidé était quand même le plus compliqué qu'on puisse imaginer : j'ai dû faire des réformes institutionnelles avec huit partis et un exécutif avec six. C'est l'art de la politique, avec cette condition que chaque formation politique doit accepter de comprendre l'autre et d'avancer. "

UNE COALITION DE DROITE OU PROGRESSISTE
Le mariage des " camarades " libéraux et socialistes est pourtant loin d'être l'option numéro un, de part et d'autre. Du moins officiellement, à l'heure d'entamer une rude année et demi de campagne électorale. Nos interlocuteurs avancent leurs pions pour se positionner.
" En Wallonie, nous avons dix-huit mois pour imprimer une ligne différente de celle de la coalition précédente PS-CDH, plaide Olivier Chastel. Le gouvernement de Willy Borsus le fait bien pour l'instant. Si les conditions le permettent, je suis prêt à repartir sur cette voie-là. " Le ministre-président wallon a lui aussi exprimé ce souhait. " Je n'ai pas caché non plus que la coalition fédérale actuelle traduit parfaitement le programme du MR. Certains ont beau affirmer que nous sommes à la remorque de la N-VA, en trente ans de politique, je n'ai jamais connu une coalition qui nous était aussi favorable. Nous avions dit dès le début qu'on verrait en fin de législature les résultats positifs des politiques socio-économiques que nous avions lancées. Et j'ai le sentiment que nous ne nous sommes pas trompés. Si on peut repartir dans une coalition qui traduit notre cap de la même façon, je signe à deux mains. " En clair, le MR est repartant pour des mariages à droite. Avec ces mots qui ont toute leur importance : " Si c'est possible... ".
Laurette Onkelinx, elle, est favorable à un mariage progressiste, pour lutter contre les populismes : " Il y a une grande peur de l'avenir, de la globalisation, de la paupérisation... Les électeurs n'acceptent plus les discours mous, de compromis, les "moi j'irais bien avec un tel, le MR pourquoi pas"... Je veux défendre des propositions radicales. Le monde a changé, il est normal qu'on fasse des propositions nouvelles sur l'emploi, le temps de travail, l'écosocialisme... Il faut faire rêver et on ne peut le faire qu'avec des idées fortes et crédibles, pour lesquelles on peut se battre. Envisager une alliance avec le MR ? Ce n'est ni l'heure, ni le moment et ça ne m'intéresse même pas. Mon choix prioritaire sera toujours en faveur d'une majorité progressiste, même si le MR n'est pas un parti anti-démocratique. "
" Le fond du fond que le PS ne pourrait jamais accepter, c'est la double destruction actuelle de la sécurité sociale et des services publics ", martèle pour sa part Elio Di Rupo. Qui multiplie les exemples des politiques sur lesquelles il compte revenir si le PS revient au pouvoir : la pension à 67 ans, la pension à points, les flexi-jobs, les coupes sombres dans les soins de santé... " Ce serait compliqué avec le partenaire libéral, mais la politique est l'art du possible. Il ne faut jamais dire jamais et ne pas désespérer. "
Le président du PS intègre aussi, dans ses calculs, la présence du PTB et sa probable difficulté à entrer dans une majorité, n'en déplaise à la FGTB wallonne qui plaide pour une coalition PS-Ecolo-PTB " si c'est possible ". " Cette gauche populiste reste au balcon, déclare Elio Di Rupo. Elle formule des propositions inapplicables qui tourneront à vide. Et prétendre ne monter au gouvernement que quand les traités européens seront modifiés, c'est lâche : certains responsables du PTB seront probablement pensionnés quand ça arrivera, si ça arrive un jour. " Il ne faut pas oublier la N-VA, non plus, qui pourrait imposer en 2019 un retour du communautaire, ajoute- t-il. Une fameuse équation est en vue.
LE LABORATOIRE DES COMMUNALES
" J'ai toujours connu, au MR, des partisans de la grande coalition avec le PS, sourit Olivier Chastel. Ils cultivent la philosophie d'une relation plus tranchée avec les socialistes, empreinte d'une franchise spontanée. Mais d'autres ont un sentiment antisocialiste plus marqué. Au PS, je ressens un peu la même ligne de partage. "
Outre l'urgence des réformes à mener en Wallonie et à Bruxelles, ou la nécessaire stabilité francophone, d'autres arguments favorables à un rapprochement sont apparus au fil de nos discussions. Les valeurs de l'Etat, par exemple. " Je suis heureuse que mon parti affirme clairement - et le MR aussi ! - que la laïcité ou l'égalité hommes/femmes sont des principes intangibles, qui doivent être inscrits dans un préambule de la Constitution, clame Laurette Onkelinx. Il ne faut pas avoir peur de dire que le communautarisme et l'enfermement communautaire sont inacceptables. " Un travail commun a d'ailleurs été entamé à la Chambre sur ce sujet symboliquement lourd. Parce que, sur ce terrain comme dans d'autres, il est possible de collaborer par-delà les majorités ?
Dans tous les cas, 2018 propose un scrutin local où les deux partis s'affronteront avec virulence, comme à Mons, où le bouillonnant George-Louis Bouchez (MR, Mons en mieux) veut briser la majorité absolue du PS. " Au niveau local, il y a pas mal d'endroits où les coalitions MR-PS se passent bien parce qu'il y a du respect mutuel et de la confiance, constate le bourgmestre Elio Di Rupo, qui devrait y céder sa place à Nicolas Martin. A Mons, après quinze ans d'un travail de grande qualité PS-MR, nous avons rompu en raison de la personnalité du chef de file MR. Si c'était un autre caractère, nous aurions peut-être pu continuer. Mons ne peut pas être pris comme exemple à généraliser. "
Une façon, donc, de garder la porte ouverte à l'une ou l'autre noce rouge et bleu


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
THE TIMES ARE ACHANGING

N'est-ce pas  la même Laurette Onkelinx qui dans une autre vie politique traitait l'association PS PR de mariage contre nature?

mercredi 11 avril 2018

Donald Trump laisse planer une menace sur le procureur spécial Mueller

Par   Le figaro.fr   AFP agence

La Maison-Blanche a communiqué sur le fait que le président avait «tout à fait le pouvoir» de limoger le procureur spécial en charge de l'affaire russe. Ce serait une escalade dans le bras de fer qui oppose Donald Trump à l'ancien directeur du FBI, reconnu par de nombreux élus, à la fois démocrates et républicains.
La Maison-Blanche a assuré mardi que Donald Trump avait le pouvoir de limoger Robert Mueller, faisant planer une menace sur le devenir de ce procureur spécial dont l'enquête se rapproche chaque jour un peu plus du Bureau ovale. Le limogeage de celui qui enquête sur une possible collusion entre l'équipe de campagne de Donald Trump et la Russie est considéré comme une ligne rouge par nombre d'élus des deux bords et provoquerait une déflagration politique.
Mais le sujet ne semble désormais plus complètement tabou au 1600 Pennsylvania avenue. «Nous avons été informés du fait que le président avait tout à fait le pouvoir de prendre cette décision», a déclaré Sarah Sanders, porte-parole de la Maison-Blanche, semblant indiquer qu'une telle hypothèse était au moins à l'étude au sein de l'équipe Trump. Interrogé lundi sur cette éventualité, le magnat de l'immobilier avait volontairement laissé planer le doute. «Nous verrons ce qui va se passer, avait-il répondu. Beaucoup de gens ont dit: ‘Vous devriez le limoger'». Si Donald Trump s'en est pris avec virulence à plusieurs reprises à l'intégrité de l'équipe de Robert Mueller, accusée d'avoir des motivations politiques, il s'est en revanche toujours gardé d'attaquer frontalement ce dernier, ancien patron du FBI et figure respectée à Washington.
Nommé à la tête du FBI en 2001 par le président républicain George W. Bush, Robert Mueller avait été reconduit à ce poste par le président démocrate Barack Obama. Lors de sa nomination en mai 2017 comme procureur spécial, il a été salué par nombre de poids lourds républicains pour sa rigueur et son intégrité.
PERQUISITION CHEZ L'AVOCAT DE DONALD TRUMP
Cette prise de position de la Maison-Blanche intervient au lendemain d'une perquisition spectaculaire de la police fédérale (FBI) dans les bureaux et au domicile de l'avocat personnel du président américain Trump, Michael Cohen, qui a provoqué la colère de son client. «C'est une honte! C'est une véritable honte! C'est une attaque contre notre pays», avait lancé le président septuagénaire, dans une colère froide telle qu'on n'en avait jamais vu depuis son arrivée au pouvoir. «Le président a été clair: il pense que cela va trop loin», a martelé mardi sa porte-parole.
Fidèle défenseur de Donald Trump, Michael Cohen a passé plusieurs années en tant qu'avocat principal de la Trump Organization, et c'est lui qui a payé une actrice de films X connue sous le nom de «Stormy Daniels» pour taire une liaison présumée avec le président. L'avocat a admis en janvier avoir versé 130.000 dollars à l'actrice dans le cadre d'un accord de confidentialité, quelques jours avant le scrutin présidentiel. Il a assuré que cette somme venait de ses fonds propres et non de l'argent de la campagne. Interrogé par CNN, l'avocat a souligné que cette perquisition était un développement qui le plaçait dans une position inconfortable, se gardant de réaffirmer sa loyauté à Donald Trump. «Je mentirais si je disais que je n'étais pas (inquiet). Ai-je besoin de cela dans ma vie? Non», a-t-il lancé, tout en refusant de s'exprimer sur le fond du dossier.
LE SOUVENIR DU WATERGATE
Au-delà du fond, les conditions dans lesquelles Robert Mueller pourrait être limogé sont loin de faire l'unanimité. Nombre de juristes estiment que seul l'Attorney général adjoint Rod Rosenstein, qui l'a nommé, a le pouvoir de le limoger. Dans ce contexte, certains observateurs s'interrogent sur la possibilité que Donald Trump décide d'abord de se séparer de ce dernier. Un tel scénario fait régulièrement resurgir le spectre du Watergate.
En octobre 1973, Richard Nixon avait ordonné à Elliot Richardson, alors Attorney general, de limoger Archibald Cox, procureur spécial chargé d'enquêter sur l'espionnage politique du Parti démocrate à l'intérieur de l'immeuble du Watergate à Washington. Ce dernier, tout comme son adjoint William Ruckelshaus, avait refusé et démissionné, avant qu'un autre responsable ne s'acquitte finalement de la tâche. Cet épisode, connu sous le nom du «Massacre du samedi soir» (»Saturday Night Massacre»), a coûté finalement son poste au président Nixon, contraint à la démission le 9 août 1974.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
LE COMMENCEMENT DE LA FIN

Ce n'est peut-être pas encore le commencement de la fin, c'est en tous cas la fin d'un commencement où le président Donald Trump se croyait tout permis et au dessus des lois.
"Mr. Trump now has real reason to be afraid" commente le NYT dans un éditorial incendiaire que nous publions en guise de commentaire.
Anyway, one might ask, if this is all a big witch hunt and Mr. Trump has nothing illegal or untoward to hide, why does he care about the privilege in the first place?
The answer, of course, is that he has a lot to hide.


THE LAW IS COMING, MR. TRUMP
CreditJon Han
By The Editorial Board NYT

The editorial board represents the opinions of the board, its editor and the publisher. It is separate from the newsroom and the Op-Ed section.
April 10, 2018
Why don’t we take a step back and contemplate what Americans, and the world, are witnessing?
Early Monday morning, F.B.I. agents raided the New York office, home and hotel room of the personal lawyer for the president of the United States. They seized evidence of possible federal crimes — including bank fraud, wire fraud and campaign finance violations related to payoffs made to women, including a porn actress, who say they had affairs with the president before he took office and were paid off and intimidated into silence.
That evening the president surrounded himself with the top American military officials and launched unbidden into a tirade against the top American law enforcement officials — officials of his own government — accusing them of “an attack on our country.”
Oh, also: The Times reported Monday evening that investigators were examining a $150,000 donation to the president’s personal foundation from a Ukrainian steel magnate, given during the American presidential campaign in exchange for a 20-minute video appearance.
Meanwhile, the president’s former campaign chairman is under indictment, and his former national security adviser has pleaded guilty to lying to investigators. His son-in-law and other associates are also under investigation.
This is your president, ladies and gentlemen. This is how Donald Trump does business, and these are the kinds of people he surrounds himself with.
Mr. Trump has spent his career in the company of developers and celebrities, and also of grifters, cons, sharks, goons and crooks. He cuts corners, he lies, he cheats, he brags about it, and for the most part, he’s gotten away with it, protected by threats of litigation, hush money and his own bravado. Those methods may be proving to have their limits when they are applied from the Oval Office. Though Republican leaders in Congress still keep a cowardly silence, Mr. Trump now has real reason to be afraid. A raid on a lawyer’s office doesn’t happen every day; it means that multiple government officials, and a federal judge, had reason to believe they’d find evidence of a crime there and that they didn’t trust the lawyer not to destroy that evidence.
On Monday, when he appeared with his national security team, Mr. Trump, whose motto could be, “The buck stops anywhere but here,” angrily blamed everyone he could think of for the “unfairness” of an investigation that has already consumed the first year of his presidency, yet is only now starting to heat up. He said Attorney General Jeff Sessions made “a very terrible mistake” by recusing himself from overseeing the investigation — the implication being that a more loyal attorney general would have obstructed justice and blocked the investigation. He complained about the “horrible things” that Hillary Clinton did “and all of the crimes that were committed.” He called the A-team of investigators from the office of the special counsel, Robert Mueller, “the most biased group of people.” As for Mr. Mueller himself, “we’ll see what happens,” Mr. Trump said. “Many people have said, ‘You should fire him.’”
In fact, the raids on the premises used by Mr. Trump’s lawyer, Michael Cohen, were conducted by the public corruption unit of the federal attorney’s office in Manhattan, and at the request not of the special counsel’s team, but under a search warrant that investigators in New York obtained following a referral by Mr. Mueller, who first consulted with the deputy attorney general, Rod Rosenstein. To sum up, a Republican-appointed former F.B.I. director consulted with a Republican-appointed deputy attorney general, who then authorized a referral to an F.B.I. field office not known for its anti-Trump bias. Deep state, indeed.
Mr. Trump also railed against the authorities who, he said, “broke into” Mr. Cohen’s office. “Attorney-client privilege is dead!” the president tweetedearly Tuesday morning, during what was presumably his executive time. He was wrong. The privilege is one of the most sacrosanct in the American legal system, but it does not protect communications in furtherance of a crime. Anyway, one might ask, if this is all a big witch hunt and Mr. Trump has nothing illegal or untoward to hide, why does he care about the privilege in the first place?
The answer, of course, is that he has a lot to hide.
This wasn’t even the first early-morning raid of a close Trump associate. That distinction goes to Paul Manafort, Mr. Trump’s former campaign chairman and Russian oligarch-whisperer, who now faces a slate of federal charges long enough to land him in prison for the rest of his life. And what of Mr. Cohen? He’s already been cut loose by his law firm, and when the charges start rolling in, he’ll likely get the same treatment from Mr. Trump.
Among the grotesqueries that faded into the background of Mr. Trump’s carnival of misgovernment during the past 24 hours was that Monday’s meeting was ostensibly called to discuss a matter of global significance: a reported chemical weapons attack on Syrian civilians. Mr. Trump instead made it about him, with his narcissistic and self-pitying claim that the investigation represented an attack on the country “in a true sense.”
No, Mr. Trump — a true attack on America is what happened on, say, Sept. 11, 2001. Remember that one? Thousands of people lost their lives. Your response was to point out that the fall of the twin towers meant your building was now the tallest in downtown Manhattan. Of course, that also wasn’t true.

mardi 10 avril 2018

On ne peut pas se dire de gauche et défendre l'idéologie islamo-salafiste


Le Vif
Accepterait-on, dans nos partis démocratiques respectant la neutralité de l'état, l'égalité de tous les citoyens et les libertés, des élus soutenant des mouvements catholiques intégristes ou chrétiens se revendiquant de l'Ancien Testament ? Non.
Pourtant, des élus et militants se présentant comme de gauche, actifs au sein de leurs partis, se prennent pour de nouveaux savants de l'islam et nous disent que le salafisme "quiétiste" - par opposition au salafisme djihadiste - ne représente aucun danger pour nos sociétés. Difficile alors de ne pas les qualifier d' "islamisto-gauchistes".
Je reprends les propos du Président Français tenus lors de l'hommage émouvant rendu au colonel Arnaud Beltrame assassiné dans l'attentat islamiste de Trèbes.
L'islam est une religion mais l'islamo-salafisme est une idéologie ennemie de nos démocraties.
Si on ne peut pas interdire une idée, comme le rappelle le premier ministre français, on peut combattre une idéologie totalitaire, sectaire, discriminatoire, neutraliser sa propagation et l'inféodation de franges de la population à celle-ci, comme on doit le faire face à l'idéologie néo-nazie.
Nous n'avons besoin ni d'un imam ni d'un islamologue pour rappeler à ces "démocrates de gauche" islamisto-compatibles que :
1- Le salafisme est une mouvance de la religion islamique qui a pour but de revenir aux sources d'un islam présenté comme originel.
2- Pour cette mouvance fondamentaliste, le texte coranique ne doit être interprété que sous le prisme de la sunna (ensemble de paroles, gestes et attitudes du prophète) et de la charia.
3- Cette forme de salafisme non djihadiste est présentée abusivement comme quiétiste et donc uniquement mystique ; elle refuserait, selon ses prosélytes et ses soutiens, de s'impliquer dans la vie politique. Il est pourtant connu que la diffusion de l'islamisme au sein des populations de culture musulmane a un impact politique puisqu'il vise à séparer celles-ci du reste de la population, des institutions publiques et des lois civiles.
4- Le salafisme "quiétiste" et le salafisme djihadiste (qui incite ses adeptes à prendre les armes sous le prétexte que ce serait pour eux une obligation religieuse pour combattre les démocraties et les régimes islamiques pas assez puristes) partagent la même matrice idéologique d'Ibn Taymiyya (1263-1367) - le premier à avoir appelé au djihad contre toutes formes d'interprétation - et d'Ibn Abdelwahb dans l'Arabie du XVIII siècle - fondateur du wahhabisme, il a élaboré la lutte contre toutes formes de croyances qui s'éloigneraient du Coran et de la sunna.
5- Les élus et militants islamisto-compatibles ignoreraient-ils la réalité de certains quartiers colonisés par les salafistes soi-disant quiétistes ? Bien loin de la méditation spirituelle, mystique chez eux ou dans des lieux de prière, on les rencontre dans les rues, les mosquées, des associations, lors de conférences et de colloques ; ils utilisent un langage violent, empreint de rejet, de haine, porteur de revendications spécifiques et de particularismes liés à leur vision religieuse et à l'application de la charia ; ils remettent en cause nos lois et nos valeurs, ils poussent parents et jeunes à refuser de suivre certains enseignements, rendant ainsi impossible l'intégration future dans la vie socio-économique ; ils considèrent les femmes comme inférieures aux hommes et méritant asservissement et une certaine violence de la part des hommes, justifient les agressions sexuelles. Ils abusent des libertés conquises chez nous contre le totalitarisme pour quémander toujours plus d'un religieux totalitaire dans la gestion de la cité.
Tous ces points et bien d'autres prouvent qu'on est loin de l'image du gentil islamiste ne dérangeant personne telle que défendue par des élus et militants au nom de la liberté de culte et de l'anti-racisme.
Ces islamistes, se présentant comme non violents, restent de fervents religieux fondamentalistes, opposants acharnés à la séparation de la religion et de l'état et à la séparation des pouvoirs, intransigeants sur la soumission de la femme, fervents adeptes de la limitation des libertés, prosélytes hyperactifs et champions des interdits.
Affirmer que les Salafs "quiétistes" ne basculent pas dans le djihadisme ou dans le terrorisme est soit un manque de connaissance de la réalité soit une la dangereuse conscience d'une contre-vérité. Les exemples ne manquent pas dans nos sociétés européennes et dans d'autres pays de la bascule dans la violence. En ce sens, sous le regard à la fois attentif et haineux d'autres ennemis extrémistes religieux de nos démocraties pluralistes et égalitaires, ils sont les premiers ennemis de notre société sécularisée.
J'imagine qu'il est très difficile pour un non-musulman de comprendre que les imams et prédicateurs salafistes s'affichant quiétistes puissent, sous l'image savamment cultivée de religieux respectables, propagent leurs messages intransigeants et porteurs de violence, inquiétant non seulement le monde arabo-musulman mais aussi les pays à forte densité de citoyens musulmans.
Sous prétexte da la liberté religieuse - pourtant limitée par des lois belges et européennes sur la liberté de conscience de chacun, l'égalité, la non discrimination, l'ordre public, les Droits de l'Homme,...-, nos responsables ont laissé faire n'importe quoi dans une majorité de lieux de culte en Belgique et de leurs succursales à savoir les écoles coraniques. Les autorités politiques informées par le sécuritaire savent que n'importe qui peut se déclarer Imam et ouvrir une mosquée avec quelques amis proches et entamer le travail de diffusion de cette idéologie.
Il faudrait que l'exécutif des musulmans de Belgique, les musulmans laïques, les musulmans progressistes et toutes autres personnes d'appartenance musulmane souhaitant vivre dans une société apaisée entre citoyens, se mobilisent pour combattre toutes les formes de salafisme, surtout le soi-disant quiétiste, tranquillement et d'une moindre visibilité que les aspirants terroristes, à l'oeuvre pour continuer à gangrener un très grand nombre de mosquées du royaume. Par son inlassable travail de recrutement sur le terrain, par son contrôle socio-religieux dans les rues, les quartiers, sur les commerçants, sur les entreprises, sur les associations, il prend en otage des pans entiers de citoyens de confession musulmane et aggrave la ghettoïsation de populations déjà socialement et culturellement marginalisées.
Cette idéologie importée sur notre territoire, colonisatrice, il est de notre devoir de la dénoncer et d'évincer ses propagandistes et recruteurs pour protéger autant les citoyens musulmans que le reste de la population Le salafisme dont le qualificatif de quiétiste est une véritable arnaque pour tromper les crédules, constitue une menace réelle, un fléau, pour la cohésion du pays.
Les autorités doivent prendre des mesures urgentes pour disqualifier et neutraliser par les moyens adéquats cette armada de salafistes, anciennes et nouvelles versions, qui endoctrinent des citoyens musulmans partout où ils peuvent sévir, grâce à des discours et des programmes religieux importés.
A charge pour les hommes et femmes politiques, élus et militants, de se débarrasser de toute attitude complaisante, voire complice , envers l'idéologie salafiste. Ni la paix sociale, ni l'anti-racisme ne peuvent servir de caution à des accommodements n'ayant rien de raisonnable. 

Hamid Bénichou, administrateur du centre citoyen belge musulman laïque


COMMENTAIRE DE DIVERCiTY
"IL FAUT LIBÉRER L’ESPRIT DES CITOYENS DE CONFESSION MUSULMANE." 

DiverCity ne cesse de rappeler qu'il faut  promouvoir à l'école et en dehors de l'école  le développement de l’esprit critique comme outil de déradicalisation mais aussi  de prévention. Ce dernier point, rappelons-le mérite quelques éclaircissements.
Dans l’esprit du grand public, raison, esprit critique et islam ne font pas bon ménage, ils seraient même carrément antinomiques. Certes, cette observation peut s’appliquer aux croyants fondamentalistes et ils sont nombreux à faire une lecture littéraliste, et aveugle du Coran. Poussée à l’extrême une telle lecture peut aboutir à une approche carrément intégriste du texte fondateur notamment dans les cas de radicalisation. Les radicaux ne font-ils pas une lecture de mauvaise foi à partir de versets isolés de leur contexte ?
Mais il est, une autre lecture possible et hautement souhaitable du Coran, une lecture de bonne foi. Une lecture structuraliste, c’est-à-dire inspirée par le grand islamologue  Jacques Berque et qui respecte l’architecture du texte en mettant en relation les versets les uns avec les autres et qui seule permet de saisir à la fois l’authenticité, l’originalité et la hardiesse du Coran, autrement dit sa nature propre qui est essentiellement éthique.
« Appréhende le Coran comme s’il t’était révélé à toi personnellement » dit un hadith célèbre. C’est-à-dire sans l’intermédiaire de quiconque, imam, recteur ou prédicateur auto proclamé qu’il soit lettré et/ou se prétende inspiré. Une lecture libre-exaministe du Coran comme celle que firent de la Bible les chrétiens réformés ou protestants, ceux qui protestaient notamment contre la lecture et le commentaire imposé des clercs catholiques.   
C’est cette lecture critique et personnelle qu'il convient de prôner et de promouvoir non pas une lecture et une interprétation biaisée, haineuse, réductrice et dogmatique. C’est que, à bien le lire,  le Coran en appelle à la raison aussi bien qu’à l’esprit critique.
« Nous l'avons fait descendre en forme de Coran arabe escomptant que vous raisonniez » (XII, 2).
Cet esprit critique est, à l'évidence, l'arme la plus redoutable contre la radicalisation et les dérives salafistes. Lui seul en effet peut déconstruire les conditionnements installés par les prédicateurs autoproclamés qui opèrent dans l’ombre des arrières mosquées, en rue et surtout sur la toile.
Il s’agit bien en effet de déconstruire par l’esprit critique et en se référant à des contre-arguments tirés du Coran lui-même : « Va dans la rectitude, ne suis pas leurs passions » (XLII, 15).
Expliquer le Coran rationnellement à des jeunes musulmans dans l’errance, telle  devrait être la méthode préconisée pour  ramener sur le droit chemin, « le chemin de Rectitude » (I, 6), les éléments qui ont été égarés par des dénégateurs islamistes, ces « instigateurs sournois » (CXIV, 4), ces « maîtres d’illusion » (XXXV, 5). C’est précisément  ainsi  que le Coran nomme les dénégateurs, c’est-à-dire de ceux qui pervertissent la parole coranique qui est en réalité une  guidance éthique, laquelle s'inspire largement des guidance (descentes) antérieures: la Thora et les évangiles..
« Il en est parmi eux un parti qui se tord la langue sur l'Ecriture, pour vous faire croire  que c'est l'Ecriture alors que ce n'en est pas.... » (III, 78).
Qui fut radicalisé par une lecture perverse et sectaire du Coran ne saurait être déradicalisé que par une lecture libératrice de ce même Coran.  Il s'agit d'un travail de reconstruction coranique après l'oeuvre de déconstruction.
Mais un tel travail libérateur, une telle reconstruction éthique, ne saurait être effectué que par quelqu’un qui sait son Coran et surtout qui a compris son sens profond, c’est-à-dire sa démarche pacificatrice. Qui est capable de cela? Voilà la vraie question. Il est donc urgent et on en vient au deuxième point  de former dans nos universités des théologiens critiques capables d'expliquer et de commenter l'éthique coranique laquelle doit être appréhendée comme un rappel des guidances éthiques (juive et chrétienne) qui l'ont précédé.  En attendant, des esprits originaux tels de Ali Daddy, auteur du "Coran contre l'intégrisme", peuvent ouvrir la voie et faire office de formateur des formateurs.
La meilleure arme contre le radicalisme intégriste ne saurait être, selon lui,  que le Coran lui-même, un texte appréhendé par une raison clairvoyante et critique capable de penser le texte fondateur en le questionnant sans relâche. Un Coran en accord avec les valeurs fondatrices de l’Europe : l’État de droit, les lumières et la laïcité. Telle est la méthode à préconiser pour ramener les égarés sur le chemin de rectitude. Car « qui bien se guide ne saurait être égaré par qui s’est fourvoyé » (V, 105). Ce verset d'une puissance inouïe mérite d'être longuement médité par tout musulman et également par tout non musulman. Larbi Kechat ou Rachid Benzine ne disent pas autre chose. Mais certains trouvent ces esprits novateurs peu représentatifs. Pourtant, ils répondent clairement à la question fondamentale de feu Mohammed Arkoun, le grand islamisant de la Sorbonne. Allons-nous assister à l'islamisation de la modernité ou à la modernisation de l'islam? Tous les trois plaident sans hésiter pour une modernisation de l'islam dans le respect des valeurs occidentales (droits de l'homme, égalité hommes femmes, séparation culte et politique, etc). 
La vocation du musulman est de lire ce Livre mais aussi et surtout de le comprendre afin d’en saisir la nature intrinsèquement éthique : une éthique universelle. Le nouveau ministre de l'intérieur allemand se trompe quand il affirme (et 77% des Allemands avec lui) que l'islam ne fait pas partie de la culture européenne.
Cette éthique, faut-il le rappeler est définie dans le Coran comme celle du Bel-Agir (ihsân)

« Bel-agir trouverait-il récompense autre que bel-agir ? » (LV, 60)
Autrement dit :Fais le bien bien pour le seul amour du bien!
Gandhi, qui lisait indifféremment la Bible, le Coran et la Bhagavadgita  affirmait : « L'erreur ne devient pas vérité parce qu'elle se propage et se multiplie ; la vérité ne devient pas erreur parce que nul ne la voit ».
Faire preuve de clairvoyance et de lucidité comme corollaires à l’esprit critique, c’est justement ce qu’il faut mettre dans la tête de nos jeunes !
« Il en est parmi eux un parti qui se tord la langue sur l’Ecriture, pour vous faire croire que c’est de l’Ecriture alors que ce n’en est pas, et qui disent que cela vient de Dieu alors que cela ne vient pas de Lui ; ils profèrent sur Dieu le mensonge, et ils le savent… » (III, 78)
En vérité, les jeunes égarés par une parole mensongère ignorent tout de cela  et c'est précisément  pour cela qu’il faut les aider  à faire travailler leurs «neurones» !
Le Coran bien compris est la meilleure arme contre l'intégrisme.
Karima Berger : "L'islam reste une terre à explorer" "Les tensions qui traversent le monde musulman indiquent que l'islam est en train d'accoucher de sa propre modernité. Nous sommes donc en pleine douleur de cet enfantement"
En effet et il est essentiel de dénoncer les dérives salafistes surtout quand celles-ci se manifestent par exemple par la velléité de créer un parti Islam d'inspiration salafiste. L'islam des Lumières et du Bel Agir, oui; l'islam de la STIB: non! « Il en est parmi eux un parti qui se tord la langue sur l’Ecriture, pour vous faire croire que c’est de l’Ecriture alors que ce n’en est pas, et qui disent que cela vient de Dieu alors que cela ne vient pas de Lui ; ils profèrent sur Dieu le mensonge, et ils le savent… » (III, 78)
MG

"L'ISLAM RESTE UNE TERRE À EXPLORER"

ENTRETIEN. Dans "hégires" (Actes Sud), l'écrivaine franco-algérienne fait se croiser l'exil du prophète Mohamed avec d'autres exils, dont les siens. Explications.
PROPOS RECUEILLIS PAR HASSINA MECHAÏ
| (...)
QUELLE DIFFÉRENCE FAITES-VOUS ENTRE L'EXIL ET LE VOYAGE ?
L'exil est un voyage, mais tout voyage n'est pas exil. L'exil est, physiquement, un départ d'un point vers un autre. Mais il est d'abord un voyage intérieur qui vous déporte. Qui vous sort de vous-même, qui vous questionne, qui vous déchire et vous réunit aussi. L'exil verticalise et est aussi vertical quand le voyage est un mouvement horizontal. L'exil va plus loin que découvrir une autre terre. On peut s'exiler vers le ciel, mais aussi en descente vers l'enfer, enfer dont on reviendra reconstitué. L'exil est aussi l'injonction faite à Abraham : « Va vers toi ! »
« Va vers toi, toi, en dignité humaine ». Tous les migrants disent : « Je pars pour mes enfants, pour leur avenir, pour les protéger. » Ils vont vers cette dignité précisément.
(...) C'est en France que j'ai redécouvert mon islam, mon histoire, l'émir Abdelkader. Ce fut un exil qui m'a ramenée à moi, ce décentrement m'a recentrée aussi. Ce départ m'a aussi réorientée, retrouver mon Orient, mon pôle propre. Car, oui, l'Algérie est en France, et les Français ne le savent pas ou ne veulent pas le savoir. Comme la France est en Algérie aussi.
(...) L'identité de l'islam même reste à penser. Jacques Berque disait : « Ce n'est pas l'islam qui est sous-développé, c'est l'étude de l'islam qui l'est. » L'acte de naissance de l'islam est de l'ordre de la promesse. Nous sommes encore devant quelque chose à venir. L'islam reste une terre à explorer.
VOUS ÉCRIVEZ « LIRE MON CORAN », VOUS DITES DE MOHAMED « MON PROPHÈTE » AUSSI. Y A-T-IL AUTANT DE CORAN QUE DE LECTEURS ?
Il est essentiel de s'approprier les textes. Lire le Coran comme qu'il « était adressé à moi seule » pour reprendre la formule du philosophe Sohrawardi. Mon islam est le fruit de ma façon à moi de le lire. C'est mon Coran, car je le lis avec ce que je suis et me féconde en même temps. Il ne me parle pas comme une parole théologique ou légale ou réglementaire, mais comme une parole intime. Ma lecture n'est pas historique non plus. L'injonction « Lis ! » faite au Prophète, chacun doit l'accueillir personnellement. Je le lis sans doute de façon non pas islamique mais musulmane. « Musulmane » signifie se mettre en état d'abandon pour recevoir cette parole intime, à bas bruit, se « soumettre » au sens noble du terme.
Je m'interrogeais sur mon identité lorsque je découvrais cet arabe « classique » étranger à ma famille et à mon enfance. Cette dualité fait partie de moi, je l'assume désormais et je lui trouve une force qui me ravit chaque jour. Je suis deux, je suis toujours entre-deux. Je ne sais pas s'il y a une synthèse. Je suis porteuse de plusieurs mondes. Je suis une sorte de bricolage, un être fait de plusieurs morceaux.

L'islam qui joue sur la scène aujourd'hui est bien trop voyant pour être vraiment de l'ordre du spirituel. Ce serait plutôt de l'idéologie. C'est comme si cette furie qui s'est emparée du monde musulman était une façon de brûler les scories pour enfin ne garder que l'essentiel. On observe un retour des musulmans à leur Livre. Ils vont, d'eux-mêmes, chercher la vérité de ce qu'on leur raconte. Moi-même, j'ai commencé ainsi, je suis allée vérifier les écrits. Cette phase critique dans laquelle nous sommes permet de brûler les dernières illusions d'une religion idéologique. Alors, ce qui en restera sera le meilleur, l'essence même, le cœur, le noyau de la Révélation. J'ai l'espoir d'un avenir qui réoriente chaque sujet de l'islam, chaque être dans son intimité, tout particulièrement lorsqu'il a connu l'épreuve de l'exil, du déplacement comme aujourd'hui, pour moi, cette source qui abreuve mon travail, écrivant non pas sur l'islam, mais dans l'islam.



AGENT DE POLICE, HAMID BENICHOU RACONTE L’ASCENSION DU COMMUNAUTARISME À BRUXELLES
CHRISTOPHE LAMFALUSSY Publié le dimanche 15 février 2015 à
BELGIQUE
LaLibre.be a décidé de rediffuser cet entretien publié le 15 février 2015.

Hamid Benichou serait considéré aujourd’hui comme un lanceur d’alerte, mais dans le temps, ce terme n’existait pas. Ce Belge d’origine algérienne a été l’un des premiers à attirer l’attention sur le radicalisme qui montait chez des jeunes de confession musulmane. C’est l’expérience de la terrible guerre civile algérienne, dans les années 90, qui fit de sa génération la plus avertie sur les risques de l’islamisme radical. Bien des hommes qui soutenaient à l’époque l’avènement d’un état islamique en Algérie sont aujourd’hui au cœur de l’actualité.
QUAND ÊTES-VOUS ARRIVÉ EN BELGIQUE ?
En 1974. J’ai travaillé au consulat d’Algérie. J’ai aussi côtoyé feu Guy Cudell (NdlR, ancien bourgmestre de Saint-Josse, décédé en 1999) qui dirigeait l’association Belgique Algérie. Un jour, il me dit qu’il avait besoin de quelqu’un dans sa commune de Saint-Josse. J’ai demandé ma nationalité. A l’époque, cela ne posait pas de problèmes. Je suis devenu le premier agent de quartier d’origine maghrébine de Belgique.
Ce travail m’ouvrait toutes les fenêtres. Je voyais exactement ce qui se passait au sein de toutes les communautés. J’étais dans mon élément. Je les voyais comme des citoyens à qui il fallait apporter une aide administrative. J’ai fait l’îlotier bien avant l’heure.
CUDELL VOUS APPELAIT "MON FILS"…
Oui, il me soutenait car j’avais des problèmes d’intégration; pas au sein de la population, mais au sein du corps de police. L’esprit de suspicion était fort, et il existe encore. J’ai entendu un jour un policier, un apostilleur, dire : "J’aimerais bien qu’il fasse moins 24 dehors comme cela tous les Arabes crèvent !" Cinq minutes après, il avait un Arabe en face de lui, pour une audition. Comment ce bonhomme aurait pu faire correctement son travail ? Il faut dire qu’il y avait aussi des policiers très corrects, très respectueux.
CETTE DISCRIMINATION EXISTE TOUJOURS ?
Oui, c’est pour cela que j’ai créé un mouvement citoyen interculturel. On ne peut pas rester dans un cadre culturel, d’appartenance ethnique. Ce n’est pas possible, sinon on va avoir des petits pays dans notre Belgitude. Quels seront les liens entre nous, à part l’Etat central ? Nous sommes des citoyens, nous ne venons pas de Mars.
LORS DES ÉMEUTES À SAINT-GILLES, MOLENBEEK DANS LES ANNÉES 90, CELA A ÉTÉ LE BRANLE-BAS GÉNÉRAL.
On a créé des institutions. On a créé des maisons de jeunes (j’ai entendu un jour une autorité locale dire : "Parquez-les pour qu’on ne les voit pas.") Des imams sont arrivés pour calmer ces jeunes. Les autorités communales étaient tout contentes de les avoir invités. Certains imams ne parlaient même pas français. Il leur fallait un traducteur.
Ils ont ligoté ces citoyens et ils les ont donnés à qui ? Aux mosquées. Ces imams, qui ne sont pas si bêtes, ont demandé aux communes de pouvoir ouvrir des mosquées et des écoles coraniques. Les maisons des jeunes pour les enfants ! Et la mosquée, pour les parents ! Et le problème est réglé…
L’ESSENTIEL ÉTAIT DONC DE RETROUVER LE CALME DANS LA COMMUNE ?
Oui. Certains services recevaient des subventions pour emmener les jeunes durant le week-end. C’était une solution à court terme. Il n’y avait pas de travail en profondeur pour s’occuper de ces citoyens de deuxième classe. Ils sont devenus communautaristes, mais qui les a poussés ?
COMMENT LES IMAMS SE SONT-ILS INTERPOSÉS ?
Je peux vous citer un exemple que j’ai vécu, à la mosquée Al-Azhar de la rue Saint-François à Saint-Josse. C’était une mosquée paisible, où les gens allaient prier et puis rentraient chez eux.
Tout d’un coup, un bonhomme, qui s’était recyclé chiite, est arrivé. Il lui fallait un pied-à-terre pour qu’il puisse progresser dans la hiérarchie des ayatollahs. Il était d’origine marocaine, de Tanger. Or, à Saint-Josse, dans le bas, il y avait beaucoup de Tangérois. Il a essayé de l’infiltrer. Ses disciples de tout Bruxelles venaient l’entendre. Un discours à hérisser les cheveux. Les fidèles cotisaient de plus en plus. Mais l’ancien conseil d’administration a vu venir le risque.
Le président de cette mosquée est venu voir Cudell, qui m’a demandé de régler le problème. Il m’a donné carte blanche. J’ai vu tous les protagonistes, un par un. Cela a pris des mois. Nous avons organisé des élections - et l’ancienne équipe a gagné. Les autres sont allés voir Cudell en criant : "Allah Akbar", ce à quoi Cudell a répondu que s’il avait appris le Coran, c’est lui qui serait devenu leur imam. Et tout est rentré dans l’ordre. Leur imam est parti à Anderlecht pour fonder la mosquée chiite de Rida (NdlR, incendiée en 2012).
PEUT-ON DIRE QU’IL Y A EU UNE INFLUENCE DE L’EXTÉRIEUR, DE L’ARABIE SAOUDITE, SUR L’ISLAM EN BELGIQUE ?
Oui ! J’y étais, dans les prêches. Subitement, l’immigré venu en Belgique dans les années 60, licencié dans les années 80 avec les fermetures d’usines et des charbonnages, entendait des imams dire qu’ils étaient au chômage, parce que Dieu les avait punis et qu’ils s’étaient éloignés de la voie. Ils étaient accusés d’avoir laissé leurs femmes travailler et leurs filles s’habiller en minijupes. Tous les vendredis pendant des années.
ET MAINTENANT ?
On a créé le communautarisme. On a créé un groupe qui brandit aujourd’hui l’étendard de la religion.
ILS GRAVITENT AUTOUR DES FRÈRES MUSULMANS ?
Un de mes amis les a qualifiés de "frérots communautaristes". Certains gravitent autour de l’Espace Poincaré, un centre islamique dénommé Dar Al Quran (la Maison du Coran).
QUELLE EST VOTRE CONCEPTION DU RELIGIEUX ?
Pour moi, la religion doit rester dans l’espace privé. Si la loi dit non, c’est non.
DONC POUR VOUS, LES REVENDICATIONS AUTOUR DU HALAL SONT EXCESSIVES ?
J’essaie de trouver le juste milieu. Si l’école décide de le faire, c’est sans problème. Je ne discute pas. Mais faire pression, constamment, sur les directions d’école pour obtenir le halal, cela, c’est excessif. Il n’y a pas de halal à la police. Si on ne veut pas manger, il n’y a qu’à prendre ses tartines.
Constamment revendiquer ne crée que des tensions. Il faut faciliter la relation. C’est une question de bons sens. Il faut créer des passerelles entre nous - et non des paravents.
VOUS-MÊMES, ÊTES-VOUS CROYANT ?
Je suis croyant et pratiquant. Je rentre chez moi et j’ai largement le temps de prier. Les cinq prières sont obligatoires, mais je les fais chez moi. Je les fais d’affilée. Nous ne sommes que des humains.
EST-CE L’ISLAM QUI DOIT S’ADAPTER À L’ENVIRONNEMENT, OU L’ENVIRONNEMENT À L’ISLAM ?
Je pars du principe que mon islam soft s’adapte à toutes les situations. Il y a un hadith qui dit que l’islam s’adapte à tous les temps. Si nous n’avons pas le temps de prier les cinq prières à heure et à temps, on peut le faire à la maison. Dieu est miséricordieux ! Vouloir prier devant une maison communale ou dans un bus revient à rabaisser l’islam et sa spiritualité. Je suis convaincu que ma conception est partagée, mais le problème est qu’une minorité crie plus fort. Allez, je vais le dire : elle est soutenue par ces gauchos, un peu bien pensants, qui veulent aider "les discriminés". Mais cela suffit ce paternalisme ! Nous sommes libres et indépendants. Quarante ans d’immigration pour s’entendre dire que d’autres vont penser à notre place. Il faut libérer l’esprit des citoyens de confession musulmane.
Christophe Lamfalussy


lundi 9 avril 2018

Communales 2018: Els Ampe (Open VLD) veut arrêter la création de logements sociaux à Bruxelles

Le Soir

Pour l’échevine, les habitations sociales attirent la pauvreté.
Dans un entretien accordé au quotidien De Standaard, l’échevine Open Vld Els Ampe, a affirmé que les libéraux de la Ville de Bruxelles plaideront dans leur programme électoral, pour un arrêt de la construction de logements sociaux.
Pour elle, une partie des logements publics du Pentagone, lesquels représentent un tiers de l’ensemble, sont des habitations du CPAS ou des habitations sociales, ce qui «  n’est pas sain  ».
Aux yeux d’Els Ampe, «  les habitations sociales attirent la pauvreté et c’est intenable dans la situation actuelle. En 1980, les Bruxellois étaient les habitants les plus riches du pays ; actuellement ils en sont les plus pauvres  ». Il importe à présent d’«  œuvrer à la progression sociale de ceux qui y sont déjà  ». D’après l’échevine, les libéraux plaident pour une meilleure répartition des logements sociaux dans l’ensemble des communes bruxelloises et pour un marché immobilier privé plus important, s’adressant à la classe moyenne.
BIANCA DEBAETS : « CELA NE RÉSOUT PAS LES PROBLÈMES »
Mettre fin à la construction de logements sociaux ne résoudra pas le problème de la pauvreté pas plus que celui de l’exode urbain, a affirmé mercredi après-midi la secrétaire d’Etat bruxelloise CD&V Bianca Debaets, qui siège au sein du groupe CDH à la Ville de Bruxelles.
Pour Bianca Debaets, une des figures de proue de la liste sociale-chrétienne bilingue de la Ville en vue des élections d’octobre, il faut que les pouvoirs publics continuent à fortement investir dans les logements sociaux, sachant qu’un enfant sur quatre grandit dans la pauvreté. Y mettre fin poussera davantage les familles fragilisées vers des logements non conformes aux normes ou appartenant à des marchands de sommeil.
«  Les pouvoirs publics doivent suffisamment investir dans des quartiers socialement diversifiés et prévoir une répartition réfléchie des logements sociaux dans la Région. C’est pourquoi, le CD&V veut continuer à miser sur des formes de logements qualitatifs et sur suffisamment d’incitants financiers et fiscaux afin de conserver et d’attirer la classe moyenne », a-t-elle tenu à dire.
La classe moyenne ne quitte pas Bruxelles parce que le nombre de logements sociaux augmente. Chaque Bruxellois souhaite avant tout avoir une maison dans un quartier attrayant, en sécurité et où il fait bon vivre. Cela passe par un enseignement de qualité, des espaces verts où les enfants peuvent jouer, des trajets vers l’école en toute sécurité, etc., a-t-elle insisté.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
EXODE DE LA CLASSE MOYENNE BRUXELLOISE?

"La classe moyenne ne quitte pas Bruxelles parce que le nombre de logements sociaux augmente. Chaque Bruxellois souhaite avant tout avoir une maison dans un quartier attrayant, en sécurité et où il fait bon vivre. Cela passe par un enseignement de qualité, des espaces verts où les enfants peuvent jouer, des trajets vers l’école en toute sécurité"
On ne saurait mieux dire. C'est autour ce cette problématique finement synthétisée que se déroulera la bataille  des communales en octobre. Selon M. Ahrouch du parti Islam,  un tiers de la population bruxelloise est musulmane. "Avec ce nom (Islam), nous représentons ce groupe", a ajouté le conseiller communal anderlechtois. Les deux tiers restants  vieillissent rapidement et leurs enfants et petits enfants choisissent de plus en plus de migrer vers la périphérie.
L'insécurité, la médiocrité de l'enseignement, la paralysie de la mobilité et le prix de l'immobilier les y poussent de plus en plus.
Les candidats municipalistes devront faire preuve de beaucoup de créativité et de force de persuasion pour inciter les jeunes ménages à ne pas fuir la région Bruxelles capitale. Bruxelles est carrément à la croisée des chemins.
MG

Richard Miller (MR) veut interdire le parti Islam


BELGA


Le député fédéral Richard Miller (MR) souhaite l'interdiction du parti Islam, a-t-il rappelé samedi à l'agence Belga en réaction à la diffusion du programme de la formation islamiste. Il affirme craindre une percée d'Islam lors du prochain scrutin communal, qui verra le parti se présenter dans 28 communes bruxelloises et wallonnes.
Redouane Ahrouch, l'un des cofondateurs d'Islam, a rappelé cette semaine que son parti prônait notamment l'établissement d'un Etat islamique en Belgique et l'instauration de la charia sur son territoire. Des propos que M. Miller qualifie d'"inacceptables".
"Ce projet va à l'encontre de nos libertés et droits fondamentaux inscrits dans la Constitution", estime M. Miller, qui soulève notamment les problèmes posés par ces propositions en termes d'égalité devant la Justice. Le député fédéral rappelle qu'il s'était prononcé dès 2012 pour l'interdiction de ce parti, qui, selon lui, fait de l'abus de droit pour promouvoir ses idées.
Le parlementaire libéral affirme craindre une percée du parti Islam lors des prochaines élections communales grâce à son "appel au religieux". Il n'exclut pas que d'autres formations "aux tendances communautaristes" soient tentées de former des majorités communales avec celui-ci.
Pour parer à cette éventualité, M. Miller a déjà introduit deux propositions de modification de la Constitution. L'une d'elles vise notamment l'inscription de la laïcité et de la neutralité de l'Etat.
Un groupe de travail parlementaire, auquel M. Miller participe, s'est déjà penché sur la question, mais ses travaux avaient été interrompus par les attentats de Bruxelles. "Nous devrions reprendre cette tâche, car nous avons là une occasion d'avancer", déclare M. Miller, qui estime que ses positions sont partagées au sein du MR. 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
L'ISLAM DE LA STIB? 

"Redouane Ahrouch, l'un des cofondateurs du parti Islam, a rappelé cette semaine que son parti prônait notamment l'établissement d'un Etat islamique en Belgique et l'instauration de la charia sur son territoire. Des propos que M. Miller qualifie à raison d'"inacceptables"."
Redouane Ahrouch veut remplacer la démocratie par la charia, il est normal que la démocratie riposte de la manière la plus sèche.
La position de Miller a le mérite d'être claire et sans  "accommodement" possible. Miller plaide pour la séparation entre religion et Etat selon le prescrit de la constitution. Le parti Islam n'a d'islam que le nom, il s'agit en réalité d'une formation islamiste de caractère salafiste. On aimerait que les socialistes s'expriment dans le même sens et aussi, et surtout les mandataires musulmans qui occupent une position de pouvoir au niveau législatif, exécutif et judiciaire.
Leur silence serait-il synonyme d'acquiescement complice?
Olivier Maingain lui aussi est partisan d'une interdiction pure et simple: "Il faut avoir le courage d'interdire un parti comme Islam qui a un projet théocratique contraire à la démocratie. Pour cela, il faut un fondement juridique. A cette fin, votons ma proposition d'inscrire la laïcité dans la Constitution. A la majorité de prendre enfin attitude."
L'un des cofondateurs du parti, Redouane Ahrouch par ailleurs chauffeur de bus à la STIB. est conseiller communal à Anderlecht
Il souhaite notamment séparer les hommes et les femmes dans les transports publics. "Durant les heures de pointe, certaines personnes, surtout d'origine étrangère, profitent du fait que les véhicules sont pleins à craquer pour se coller aux femmes. Ce ne sont pas seulement les femmes musulmanes qui se sentent ainsi humiliées. C'est pourquoi je plaide pour les hommes montent à l'avant et les femmes à l'arrière", a-t-il précisé.
Selon M. Ahrouch, un tiers de la population bruxelloise est musulmane. "Avec ce nom (Islam), nous représentons ce groupe", a ajouté le conseiller communal anderlechtois. Ah oui vraiment?
Est-ce à dire que la majorité des musulmans sont séduits par cette approche là de l'islam: l'islam de la STIB?
"D'ici douze ans, en 2030, Bruxelles sera principalement composée de musulmans. Et que souhaitez-vous: un médiateur ou un extrémiste?
On ne saurait être plus clair. On sait que de manière générale, les citoyens d'origine turque votent par préférence pour un candidat turc, quelles que soit sa couleur politique.   Est ce à dire que les Bruxellois musulmans vont être enclins à donner leur voix au parti Islam? C'est une vrai question et elle semble préoccuper sérieusement le landerneau politique.  
Le parti Islam compte  actuellement deux conseillers communaux, l'un à Anderlecht, l'autre à Molenbeek. C'est dérisoire mais il semblerait qu'il pourrait faire un tabac aux élections communales d'octobre, ce qui provoquerait un électro choc politique à Bruxelles et dans le pays tout entier: en Wallonie comme en Flandre.
Les réactions ont été vives en Flandre après la révélation d'éléments du programme électoral du parti Islam.
"Un parti politique nommé Islam grandit en Belgique. Ils appellent sans complexe à l'introduction de la charia. La charia est en violation avec les droits de l'homme. Les partis pour la charia sont donc antidémocratiques. De vrais loups déguisés en agneaux! a affirmé - en français - le secrétaire d'Etat à l'Asile et à la Migration, Theo Francken (N-VA), sur Twitter.
"Dans leur monde régi par la charia, les femmes n'ont pas de droits. Et cela commence avec une ségrégation dans le transport public. Ce parti Islam me révolte. C'est pour cette raison que Safai Darya (la militante des droits de l'homme belgo-iranienne Darya Safai, qui a rejoint la N-VA, ndlr) et des milliers d'autres femmes ont dû fuir l'Iran. C'est cracher sur l'Europe", a-t-il ajouté.
Deux partis membres de la coalition gouvernementale au pouvoir en Flandre et au fédéral, la N-VA et l'Open Vld, ont annoncé leur volonté d'élaborer une base légale pour interdire les partis extrémistes tels que le parti Islam - ce qui n'est actuellement pas possible en Belgique, contrairement à l'Allemagne.
De toute évidence, ceci exigerait une modification de la Constitution après les élections de mai 2019.
Les propos de l'un des cofondateurs du parti Islam, Redouane Ahrouch, sur la proposition de séparer les hommes et les femmes dans les transports publics ont aussi provoqué une vive réaction de la secrétaire d'Etat bruxelloise à l'Égalité des Chances, Bianca Debaets (CD&V), qui les a qualifiés de "choquants" et d"anticonstitutionnels" dans un communiqué.
"Ces propos constituent une menace pour notre démocratie et notre vivre ensemble. Prôner une séparation entre les femmes et les hommes dans les transports en commun va totalement à l'encontre de nos valeurs fondamentales et de nos libertés. Je vais demander à l'Institut pour l'égalité des femmes et des hommes d'analyser ces propos et de voir dans quelle mesure ils incitent à la discrimination sur base du sexe. S'il est prouvé juridiquement qu'ils constituent une incitation à la discrimination, je ferai en sorte que des mesures adéquates puissent être prises", a ajouté Mme Debaets, rejointe par son président de parti, Wouter Beke, sur Twitter.
C'est dire si le landerneau politique est en émoi.
Les musulmans seraient bien inspirés de lire attentivement leur texte fondateur. Ils comprendraient alors que celui-ci est avant tout une guidance éthique, un rappel synthétique des messages éthiques juifs et chrétien qui l'ont précédé.  Réduire l'islam à la charia et à une orthopraxie c'est comme réduire le catholicisme à l'inquisition. Mais c'est évidemment de bonne guerre, la guerre des civilisations qui fait rage partout dans le monde et singulièrement en Europe.
Pourtant c'est bien cela que tente propose M. Ahrouch à ses coreligionnaires. Avez cous remarqué combien sont rares les femmes musulmanes qui conduisent des bus de la Stib? Est ce un pur hasard ou l'expression d' une volonté communautariste, celle de la tendance qui fait la loi ai sein de cette institution dont se réclament les deux portes paroles de ce parti appelé Islam? 
MG
  

mardi 3 avril 2018

Liaison Meeuws – Homans: «Knack» défend son article, dont «la pertinence politique est évidente»

Le Soir/ Belga 

Bart De Wever a traité le magazine de « presse de caniveau ».
Durement attaqué notamment par le président de la N-VA Bart De Wever, l’hebdomadaire flamand Knack a publié dimanche sur son site internet une longue tribune dans laquelle son rédacteur en chef défend l’article qui a provoqué une onde de choc en Flandre. Ses journalistes ont choisi de révéler la relation extraconjugale passée entre la ministre Liesbeth Homans (N-VA) et le président anversois du SP.A Tom Meeuws car cette information permet de comprendre «  la véhémence de la bataille électorale à Anvers  », y écrit Bert Bultinck.
D’après le rédacteur en chef, les journalistes du Knack ont appris de sources socialistes mais aussi d’un éminent membre de la N-VA que les attaques particulièrement dures dont Tom Meeuws fait l’objet ne s’expliquent pas uniquement par des motifs politiques. Plusieurs sources ont confirmé que la relation passée entre Liesbeth Homans et Toms Meeuws est à l’un des éléments à l’origine de l’animosité des nationalistes flamands d’Anvers envers le socialiste.
La source N-VA s’est livrée à deux journalistes du Knack en pointant les conséquences politiques de cette liaison avortée. «  La pertinence politique est donc manifeste  », juge Bert Bultinck. « Cela aurait été une faute de ne rien en dire. »
DE WEVER ? « ACCUSATIONS CURIEUSES »
M. Bultinck assure que la décision de publier l’information a été mûrement réfléchie. « Ce magazine n’a pas pour habitude d’ébruiter des histoires privées », souligne-t-il lors que Bart De Wever a dénoncé des informations « sous la ceinture ». Il fait exception à la règle quand il y a un intérêt politique, comme quand il a révélé la relation entre les anciennes figures de proue du Vlaams Belang Frank Vanhecke et Marie-Rose Morel, défend-il.
Les critiques violentes de Bart De Wever après la publication de l’article sont « d’autant plus curieuses » que c’est le témoignage d’un membre de la N-VA qui a été décisif dans le choix de divulguer la romance passée entre Liesbeth Homans et Tom Meeuws, ajoute le rédacteur en chef. Qui juge également « très curieux » que Bart De Wever qualifie Knack de « presse de caniveau »alors que, l’an dernier, il a donné plus d’interviews à Dag Allemaal et Storyqu’au quotidien de référence De Standaard. 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
DALLAS ET DYNASTY, VERSION ANVERSOISE. 

On avait quelque raison de penser que la stratégie de collusion SPa-groen au sein du binôme Samen était pliée. Elle visait à former une sorte de cartel des gauches pour tenter de  chasser Bart De Wever de son siège de bourgmestre. Le cartel Samen a éclaté. Bart De Wever respirait mieux et retrouvait des couleurs. Mais voici  que Knack annonce à grand bruit la romance "passée" entre Liesbeth Homans, la passionaria de la NVA  et Tom Meeuws, le chef de file de la SPa anversoise.
Les liens de proximité entre Bart et Liesbeth sont  de notoriété publique. Aussi l’article a-t-il "provoqué une onde de choc en Flandre".
Surtout, la réaction très brutale de Bart De Wever sous forme d'attaque en règle de Knack, le magazine par lequel le scandale a été révélé,  surprend. “Artikel over affaire was nodig om heftigheid Antwerpse kiesstrijd te begrijpen” (Knack)
La bataille d'Anvers semble reprendre force et vigueur au moment où  le vice premier ministre Kris Peeters annonce qu'il rêve de devenir le prochain bourgmestre de la métropole.  “Het is burgemeester worden of niets” "2018 wordt cruciaal voor wat volgt in 2019.”
Rien de  plus imprévisible que la politique, même en Flandre.
MG 


KRIS PEETERS, DE ANTWERPSE LIJSTTREKKER VAN CD&V VOOR DE GEMEENTERAADSVERKIEZINGEN IN 2018, maakt zijn ambities in de koekenstad nog eens duidelijk in een interview met Het Laatste Nieuws. “Ik speel in Antwerpen alles of niets. Het is burgemeester worden of niets.” (Gazet van Antwerpen)
Peeters sluit met die uitspraak uit dat hij voor de positie van Havenschepen gaat in Antwerpen. “Hoe belangrijk die functie ook is.”
De vicepremier beseft dat hij daarmee wel zijn politieke toekomst op het spel zet. “Ik ben me ervan bewust dat ik straks alles of niets speel. Ik ga daar niet flauw over doen: 2018 wordt cruciaal voor wat volgt in 2019.”
“Er staat in Antwerpen veel op het spel, voor de partij en voor mij, maar ik zie 2018 niet per definitie als een afscheid van het nationale niveau”, gaat Peeters verder. “Is de uitslag goed maar word ik geen burgemeester, dan zal ik allicht mijn rol spelen bij de verkiezingen van 2019. Ik weet: ik neem een risico. Maar was er een alternatief? Antwerpen is belangrijk voor CD&V.” 

“ARTIKEL OVER AFFAIRE WAS NODIG OM HEFTIGHEID ANTWERPSE KIESSTRIJD TE BEGRIJPEN”
De Standaard
Het weekblad Knack reageert zondagavond op de commotie die is ontstaan rond het artikel “Waarom de N-VA Tom Meeuws kapot wil” en waarin diens buitenechtelijke relatie met Liesbeth Homans werd aangehaald. N-VA-voorzitter Bart De Wever noemde Knack zondagochtend nog een boulevardblad. Maar hoofdredacteur Bert Bultinck verdedigt de publicatie. “Zonder informatie van ons artikel valt de heftigheid van de Antwerpse kiesstrijd niet te begrijpen”, klinkt het.
De hoofdredacteur wijst erop dat zijn blad van zowel een zeer prominente N-VA-bron, als uit sp.a-hoek, te horen kreeg dat de uitzonderlijke heftigheid van de aanvallen op de Antwerpse sp.a-voorzitter Tom Meeuws niet louter politiek gemotiveerd is. “De bittere strijd vindt voor een belangrijk deel haar oorsprong in een afgesprongen liefdesaffaire tussen N-VA-politica Liesbeth Homans en Meeuws”, zo bevestigden verschillende bronnen ons. Niet alleen het verhaal van de affaire zelf werd ons vanuit meerdere hoeken bevestigd, ook de politieke geladenheid, klinkt het. “De politieke relevantie is dus overduidelijk.”
Niet één, maar twee Knack-redacteurs waren aanwezig toen de N-VA-bron zijn verhaal deed. Zij hadden vooraf duidelijk gemaakt dat ze over de kwestie zouden berichten op voorwaarde dat het politiek relevant bleek. “Wie met die wetenschap, en op dat moment, als lid van de ‘inner circle’ van de N-VA-top, niet alleen het verhaal over Meeuws en Homans bevestigt, maar -en dat is cruciaal- eraan toevoegt dat die kwestie een belangrijke reden is voor de politieke animositeit tegenover Meeuws, die zou heel goed moeten weten wat hij aan het doen is”, meent Bultinck. “De uitspraak van de N-VA-bron ‘bij ons wordt gezegd: Meeuws moet kapot’ was dan ook cruciaal in de beslissing om het verhaal te brengen (...) Het zou fout geweest zijn daar niet over te berichten”.
Volgens Bultinck heeft Knack de beslissing goed overwogen. “Dit blad heeft niet de gewoonte om privéverhalen naar buiten te brengen. Ook in de toekomst zullen we geen verhalen over affaires publiceren. Maar er is één belangrijke uitzondering op die regel: wanneer het persoonlijke politiek wordt. Dat is geen nieuwe regel. Het is een richtlijn die vroeger ook werd gevolgd, bijvoorbeeld bij de bekendmaking van de relatie van voormalig voorzitter van het Vlaams Blok (VB) Frank Vanhecke met VB-kopstuk Marie-Rose Morel. De geschiedenis van het huidige Vlaams Belang is niet te begrijpen zonder die affaire.”
Omdat de N-VA-bron bepalend was in het verhaal, noemt Knack de aanval van De Wever op het blad “des te curieuzer”. “Heeft iemand uit zijn inner circle zijn mond voorbijgepraat? Schat hij het effect van zijn woorden fout in? Of was het nu net de bedoeling om het verhaal in de markt te zetten? Antwoorden op die vragen blijven hoogst speculatief. Knack kent de antwoorden niet en voor onze beslissing deden ze er ook niet toe. Alleen de politieke relevantie van het verhaal was van tel om het te brengen.”