mardi 21 janvier 2020

Le FMI a dépisté des signes de l’approche d’une nouvelle Grande dépression


Natalia Seliverstova

Les inégalités et l’instabilité du secteur financier risquent de plonger l’économie mondiale dans une nouvelle Grande dépression, selon la directrice générale du FMI. Cet avertissement est basé sur les études de chercheurs du FMI qui ont comparé l’économie actuelle à la période des années folles ayant abouti à la crise boursière de 1929.
La directrice générale du Fonds monétaire international (FMI) Kristalina Gueorguieva voit dans les inégalités et l’instabilité du secteur financier le risque du retour d’une Grande dépression, rapporte le Guardian.
S'exprimant au Peterson Institute of International Economics à Washington, Mme Gueorguieva a déclaré qu’une nouvelle recherche du FMI, qui a consisté à comparer l'économie actuelle aux «années folles» ayant abouti au krach boursier de 1929, ont révélé qu'une tendance similaire était en cours. 
LE ROYAUME-UNI, UN EXEMPLE D’INEGALITES
Elle a signalé qu’alors que l'écart des inégalités entre les pays s'était résorbé au cours des deux dernières décennies, il avait augmenté au sein même des pays, citant en exemple le Royaume-Uni.
«Au Royaume-Uni, par exemple, les 10% les plus riches contrôlent désormais presque autant de richesse que les 50% les plus pauvres. Cette situation se retrouve dans la plupart des pays de l'OCDE [Organisation de coopération et de développement économiques, ndlr], où les inégalités de revenus et de richesse ont atteint, ou sont proches, des records », a-t-elle indiqué.
UNE TENDANCE QUI RAPPELLE LE DEBUT DU XXE SIECLE
La cheffe du FMI a estimé que ces fortes inégalités empêchent la croissance économique et alimentent le populisme et l’instabilité politique.
«À certains égards, cette tendance troublante rappelle le début du XXe siècle, lorsque l’essor technologique et l'intégration ont conduit à l’âge doré, aux années folles et, finalement, au désastre financier», a-t-elle détaillé.

Mme Gueorguieva a averti que la situation s’aggravait actuellement suite à l'urgence climatique et au protectionnisme commercial accru. Il s’ensuit que ces 10 prochaines années seraient caractérisées par des troubles sociaux et la volatilité des marchés financiers.
LA GRANDE DEPRESSION
L’âge doré est une période de prospérité et de croissance aux États-Unis allant de la fin de la guerre de Sécession jusqu’au début du XX siècle. Les années folles désignent une période d’intense activité sociale, culturelle et artistique entre 1920 et 1929 qui a commencé après la fin de la Première Guerre mondiale. Cette période a abouti au krach boursier de 1929 qui a engendré la Grande dépression, l’une des plus graves crises économiques de l’Histoire.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
UNE NOUVELLE DEPRESSION AVEC UN GOUVERNEMENT EN AFFAIRES COURANTES ?

Difficile d’imaginer la catastrophe que provoquerait une nouvelle crise économique majeure sans gouvernement de plein exercice. 
« Alors que l'écart des inégalités entre les pays s'était résorbé au cours des deux dernières décennies, il avait augmenté au sein même des pays, citant en exemple le Royaume-Uni. »
Il semble bien que le système capitaliste longtemps dopé par une cure de néo libéralisme soucieux de briser les reins à la sociale démocratie soit sur le point de subir une crise majeure.
On ne voit pas comment cette fois nos démocraties exsangues et lourdement endettées pourraient renflouer les banques comme elles le firent en 2008. Les efforts d’Emmanuel Macron de réformer la France dans le dessein d’assainir ses financesi se sont heurtés à la révolte des gilets jaunes- les malmenés du système- et à la grogne des salariés et des retraités bien encadrés par les syndicats.
MG

lundi 20 janvier 2020

Près de 500 horaires complets vacants dans les écoles de Wallonie-Bruxelles

Enseignement
Monique Baus 

En tête de la liste publiée par le nouveau réseau au "Moniteur" : 72 instituteurs primaires.
Étalée sur pas moins de 115 pages, la liste des emplois vacants et disponibles dans le réseau d’enseignement Wallonie-Bruxelles Enseignement (WBE) est impressionnante ! Comme le veut la loi, elle vient d’être publiée au Moniteur après les opérations de réaffectation de cette année. L’enseignement fondamental et secondaire, les internats et les homes d’accueil sont concernés.
Les postes se partagent en quatre groupes. Les emplois vacants (emplois inoccupés à ce jour) à temps plein et partiel, et les emplois disponibles (leur titulaire doit être remplacé tout en restant nommé, aucune nomination statutaire définitive ne peut donc être envisagée) à temps plein ou non.
"WANTED" : EDUCATEURS, PROFS ET LOGOPEDES
On dit souvent que le manque d’attrait pour l’enseignement est lié à la difficulté de constituer un horaire complet. Ici, la colonne des emplois vacants à temps plein est bien fournie. Loin devant les autres, les instituteurs primaires sont les plus recherchés (pas moins de 72 horaires complets vacants !). Il y a du travail aussi pour les éducateurs (20 emplois vacants en internats et 35 ailleurs). C’est connu, les matières linguistiques peinent à trouver des enseignants (WBE cherche 16 instituteurs en immersion en anglais et néerlandais, 24 profs d’anglais et 37 maîtres et profs de néerlandais). Les cours généraux ne sont pas loin (30 profs de math, 19 profs de français, 23 maîtres et profs d’éducation physique et 10 profs d’éducation technologique sont attendus). Enfin, 24 horaires complets de logopèdes sont aussi vacants.
Les emplois vacants à horaires incomplets constituent la colonne la plus remplie. Elle reflète partiellement les profils précédents, mais un tas d’autres fonctions s’y ajoutent, dont un paquet dans les matières techniques. Entre une et vingt-sept heures de cours cherchent preneurs dans un même athénée, dans des domaines aussi divers qu’électricité, mécanique, peinture, bois, service en salle ou encore chinois, équitation, soins animaliers ou grimpeur-élagueur.
Histoire de mettre ce qui précède en perspective, on peut rappeler que le réseau WBE représente environ 15 % des élèves. On sait que la pénurie touche aussi les autres réseaux. C’est dire si ce problème reste préoccupant.
Infos : recrutement.enseignement@cfwb.be


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
ET SI ON SE DEMANDAIT POURQUOI PLUS PERSONNE NE VEUT FAIRE CE METIER ?

J’ai enseigné de 1969 à 2001 avec des interruptions pour assurer des directions d’école et j’ai adoré ces deux métiers mais sachant ce que je sais aujourd’hui, jamais je ne voudrais commencer une carrière dans l’enseignement. En revanche, si j’étais Finlandais je n’hésiterais pas à me lancer. Pourquoi ? La réponse est donnée dans La Libre par un enseignant qui désire conserver l’anonymat.
MG


Opinions
"MADAME LA DIRECTRICE, J’AI 50 ANS ET JE SUIS EN DECROCHAGE SCOLAIRE"
La Libre Belgique
Un témoignage d'un professeur qui préfère garde l'anonymat.

Je ne m’épanouis plus dans ce système d’enseignement, et je n’ai plus aucune ressource, aucun levier devant la réalité effarante à laquelle nous sommes confrontés. Je préfère déserter.


Madame la Directrice,
Mon absence à la journée pédagogique mercredi matin, mon demi-jour de congé, est injustifiée. Je n’ai jamais manqué aucune de mes obligations jusqu’à ce jour-ci mais au regard des règlements que vous me rappelez, je n’ai ni certificat médical, ni rendez-vous authentifié, ni excuse fallacieuse. Rien. Je n’ai rien.
À 8 h 30, je retrouve depuis des années la classe de 3e Cuisine et Salle durant 50 minutes avant leur journée de Techno Salle (trois sur huit inscrits avaient réussi les examens de Noël).
Ce lundi de rentrée, en janvier, sept étaient présents, dont deux avec leur cours complet, c’est-à-dire le livre et le cahier d’une maison d’édition. Des deux, un recommence l’année et vient en classe avec le cahier déjà complété de l’année antérieure. Pour "marquer" le coup, j’ai exceptionnellement exclu ceux qui n’avaient pas le matériel de base, certains depuis septembre. Le restant de la semaine, je les ai gardés en classe quoiqu’ils ne soient pas davantage en ordre.
Une semaine plus tard, tous étaient présents. De corps. Quatre dormaient, dont trois affalés sur leur table… de travail. Sur les quatre autres, un seul disposait du matériel requis. J’ai donné cours un quart d’heure, faute d’élèves en état de fonctionnement. Alors que je leur disais mon désarroi, ils ont ri. Dois-je me soumettre au photocopillage pour qu’ils aient un cours ? Quel canal utiliser pour leur faire comprendre qu’ils perdent leur temps de cette sorte ? Quel levier puis-je utiliser ? Rien. Je n’ai rien.
Dans cette classe de 1re Commune, deux filles en perdition ont cessé de saboter le cours de français aux 6 heures hebdomadaires ; dorénavant, elles se couchent sur leur banc dans le fond du local. Elles ont 13 ans… Le climat s’apaise peu à peu, les suiveurs ont renoncé à chambarder, les "faibles" peuvent profiter et évoluer. Enfin.
Quelle représentation mentale s’imprime dans l’esprit de ces parents auxquels leurs enfants content leur quotidien à l’école ? J’en ai rencontré plusieurs lors des réunions de 17 h à 21 h : ils ne sont ni sourds ni aveugles. Puis, il y a ceux qui ne sont pas venus chercher le bulletin…
Comment les intéresser à leur progéniture qui part en vrille ? Quel instrument utiliser pour attirer leur attention ? Rien. Je n’ai rien.
Je suis en décrochage scolaire et j’ai 50 ans. 24 ans d’enseignement. Un passé de sous-officier instructeur. Des valeurs que je ne retrouve plus. Rien. Je n’ai rien. Plus rien à faire dans ce système d’enseignement où je ne m’épanouis plus, bridé entre les chiffres du Pacte d’excellence qui réclament la performance et la réalité effarante à laquelle nous sommes confrontés.
Vous comprendrez que je réoriente ma vie professionnelle dans ces conditions que les jeunes, fringants, fuient. La vie est ailleurs, autrement.
Je vous présente mes excuses pour cette désertion mais je ne dispose plus des ressources suffisantes malgré un rapport d’inspection très favorable l’année dernière.

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
« POUR DES RAISONS EVIDENTES, L’AUTEUR PREFERE GARDER L’ANONYMAT. IL EST CEPENDANT CONNU DE LA REDACTION. »
C’est sans doute ce commentaire lapidaire de La Libre qui résume le mieux le drame des enseignants en Burn Out rongés par la honte. Non le Burn Out, maladie professionnelle chronique et extrêmement contagieuse,  ne touche pas le sujets les plus fainéants et les grand profiteurs du système. En vérité  il touche les meilleurs sujets, les plus acharnés, les plus perfectionnistes et les plus enthousiastes qui n’en peuvent plus de ce qu’ils vivent et que décrit tellement bien cet enseignant épuisé. Mais que les politiques prennent garde s’ils ne se décident pas à sauver notre enseignement autrement que par la mise en place d’un pacte d’excellence qui ne résout rien, c’est carrément notre avenir qu’ils hypothèquent. Qu’on se le dise !
MG



dimanche 19 janvier 2020

Salon de l'auto: la police interpelle 185 activistes d'Extinction Rebellion


Le Vif
La police a interpellé 185 activistes du mouvement Extinction Rebellion samedi au Salon de l'auto à Bruxelles. Les militants ont mené des dizaines d'actions dans différents stands de marques automobiles pour réclamer un "autre modèle de mobilité" face à l'urgence climatique. La Fédération belge de l'automobile et du cycle (Febiac) déplore ces actions.
Malgré l'important dispositif policier déployé au Salon de l'auto, les activistes d'Extinction Rebellion ont attiré tous les regards samedi après-midi. Certains ont grimpé sur une plate-forme de l'entrée principale afin de remplacer la publicité automobile par une bannière d'Extinction Rebellion sur laquelle on pouvait lire: "Stop aux émissions de CO2".
D'autres actions ont ensuite été organisées dans les palais de Brussels Expo. Des militants se sont notamment enchaînés au volant des voitures exposées et d'autres ont "tagué" des véhicules. Chez Peugeot, quelques modèles ont été aspergés de faux sang.
De fausses amendes ont par ailleurs été placées sur les pare-brises des voitures stationnées sur le parking C.
Puis, les activistes se sont allongés sur le sol en se faisant passer pour morts.
La police a systématiquement interpellé tous les militants.
La Febiac insiste sur les efforts entrepris par le secteur automobile
La Fédération belge de l'automobile et du cycle (Febiac) a déploré les actions menées samedi par les activistes du mouvement Extinction Rebellion au Salon de l'auto, à Bruxelles. "Les efforts du secteur automobile pour évoluer vers une mobilité à émissions faibles ou nulles n'ont jamais été aussi visibles, aussi tangibles et aussi accessibles aux consommateurs qu'au cours de l'actuel Salon de l'auto", a-t-elle fait valoir.
Samedi après-midi, des dizaines de militants d'Extinction Rebellion ont semé la pagaille sur plusieurs stands de marques automobiles pour réclamer "une autre mobilité" face à l'urgence climatique. La police a procédé à l'interpellation de 185 d'entre eux.
"Jamais par le passé, autant de véhicules hybrides et électriques n'ont été exposés et mis en vente dans le cadre du Salon de l'auto. Il s'agit là du résultat des investissements massifs et de l'innovation permanente poursuivie par le secteur automobile", a assuré la Febiac, selon qui le public montre un intérêt croissant pour ce type de véhicules.
D'après la Fédération, qui organise le Salon de l'auto, quelque 450.000 personnes ont arpenté les allées des palais du Heysel depuis l'ouverture.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY⅞
MOMENT DE VERITE ? CHANGEMENT DE PARADIGME ?

« le choc du futur est le stress et la désorientation provoqués chez les individus auxquels on fait vivre trop de changements dans un trop petit intervalle de temps. » (Alvin Toffler)
Soyons lucides : nous vivons un moment de métamorphose global de nos société hyper technologiques d’une ampleur comparable  à l’invention de l’écriture, à celle de l’imprimerie ou à la l’ère de la vapeur/ électricité/pétrole. Nous sommes dans l’ère de la l’information/comminication numérique annoncée par le couple Toffler : la troisième vague, le choc du futur…« Le choc du futur est le stress et la désorientation provoqués chez les individus auxquels on fait vivre trop de changements dans un trop petit intervalle de temps. »
Ceci est le combat de David ( les mutants de Extinction Rebellion) contre Goliath (Febiac et les lobbies automobiles). Il est clair que c’est David qui aura le dernier mot mais le géant Goliath et les millions de visiteurs de ce salon ne le savent pax encore. Leur réveil sera terrible. Comme il est difficile d’être lucide quand on conduit, comme moi,  sa bagnole depuis ses dix huit ans et qu’on a déjà crevé bien des chevaux vapeurs sur ce vaste champ de bataille. 
MG

ALVIN TOFFLER
Alvin Toffler (né le 4 octobre 1928 à New York et mort le 27 juin 2016 à Los Angeles) est l'un des futurologues les plus célèbres de son temps. Il était marié à Heidi Toffler, également écrivain et futurologue et qui participe étroitement à l'écriture de ses livres, dont beaucoup sont devenus des best-sellers mondiaux.
Ses livres, le Choc du futur (1970) et La Troisième Vague (1980), comptent parmi ceux qui ont le plus influencé notre époque. Vendus à plus de dix millions d'exemplaires dans de nombreux pays, ils ont contribué à modifier nos idées sur les grands changements de la fin du XXe siècle et à modeler notre vision de l'avenir.
Alvin Toffler et son épouse sont les premiers à imaginer les conséquences du changement de paradigme associé à l’avènement de l’ère de l’information dans tous les domaines des activités humaines. 
En 1970 dans Le Choc du futur, il écrit : « le choc du futur est le stress et la désorientation provoqués chez les individus auxquels on fait vivre trop de changements dans un trop petit intervalle de temps. » Ces changements qui nous dépassent sont de trois types :
• LA BRIEVETE DES CHOSES (transience) : nous jetons nos possessions pour en acquérir de nouvelles. La brièveté des endroits : nous quittons les endroits qui nous ont vu naître pour de nouveaux. La brièveté des gens : nous perdons le contact avec nos anciens amis et connaissance et nous avons du mal à créer un contact avec de nouveaux. La brièveté des organisations : les sociétés gouvernementales et les sociétés commerciales créent de nouvelles positions seulement pour mieux les reformer et les changer. La brièveté de l'information : les connaissances scientifiques et populaires ne sont pas figées et s'accroissent de façon rapide et permanente ;
• LA « NOUVEAUTE ». La nouveauté des sciences, qui progresse et qui changera peut-être l'espèce humaine ou la combinera avec des machines. La nouveauté des relations sociales, dans des structures familiales en remaniement permanent ;
• LA « DIVERSITE ». La diversité des choix, la diversité des sous-cultures et des spécialités, la diversité des modes de vie. Cette diversité permet aux individus de se trouver, de s'individualiser au sein d'une société dans laquelle ils ne se sont jamais reconnus.
Il y a trois vagues de développement de l'humanité selon Alvin et Heidi Toffler. En 1980, dans La Troisième Vague, il décrit trois types de sociétés et le concept de vagues. Chaque nouvelle vague pousse l'ancienne société et établit la nouvelle. La société de la 3e vague est la société dite post-industrielle (post années 1950) et est caractérisée par l'information, la technologie et la très grande diversité des sous-cultures.
En 2006, dans Revolutionary Wealth, les auteurs effectuent une analyse détaillée de notre société actuelle dans laquelle la clé de la prospérité est la connaissance et non plus l'argent. Ce livre a été traduit en français en 2007 sous le titre La Richesse révolutionnaire.


Emir Kir exclu du PS: "Une décision qui restaure l'honneur des socialistes"


Belga Dh, La Libre

La commission de vigilance du PS bruxellois a décidé l'exclusion du député-bourgmestre de Saint-Josse Emir Kir, a-t-on appris samedi à la Fédération du Parti Socialiste sur le coup d'une heure du matin. L'information a peu de temps après été confirmée par le président et les deux vice-présidents du Parti socialiste bruxellois dans un communiqué.
"Le PS bruxellois prend acte de la décision rendue par sa Commission de vigilance ce vendredi 17 janvier, d'exclure Emir Kir. Saisie d'une plainte introduite par un militant pour rupture du cordon sanitaire - accueil et rencontre avec deux maires du MHP, parti d'extrême droite - la Commission de vigilance a pris sa décision conformément aux statuts du Parti Socialiste", ont indiqué le président Ahmed Laaouej, et les vice-présidents Isabelle Emmery et Martin Casier. Selon ceux-ci, la Commission de vigilance du PS bruxellois a statué après avoir pris connaissance du rapport de deux rapporteurs chargés d'analyser le dossier, et après avoir procédé à plusieurs auditions des parties concernées par la procédure. 
"En conclusion de ses travaux, la Commission de vigilance fédérale a conclu que la rupture du cordon sanitaire avec un parti d'extrême droite était incompatible avec la qualité de membre du PS. Elle juge qu'il y a eu rupture du cordon sanitaire et qu'il y a eu un manquement de vigilance aux conséquences graves, de la part de ce mandataire expérimenté, dans la connaissance et dans l'enquête préalable et préparatoire portant sur les appartenances politiques des membres de la délégation de l'Association des Villes et des Communes de Turquie (TBB) qu'il a reçue le 04 décembre 2019 alors qu'elle était présente à Bruxelles du 2 au 5 décembre", souligne le communiqué. 
Il y est enfin précisé que conformément à l'article 79 § 2 des statuts du PS, la décision est susceptible d'appel dans un délai de 30 jours à dater de la notification, auprès de la Commission de vigilance nationale du PS. A défaut d'appel dans le délai prescrit, la décision devient définitive. 
La commission de vigilance qui s'est réunie durant plusieurs heures avait à prendre position sur plainte de Jeremie Tojerow, un militant saint-gillois du parti au sujet de la rencontre du député-bourgmestre de Saint-Josse-Ten Noode avec deux maires turcs d'extrême droite, aux côtés de quatre autres maires turcs en marge d'une réunion à laquelle ceux-ci avaient pris part au niveau européen en décembre. 
Jusqu'à présent, sans nier les avoir rencontrés, M. Kir a toujours démenti avoir invité ces bourgmestres d'extrême droite. Mardi dernier, après avoir été entendu par les rapporteurs de la commission de vigilance de la fédération bruxelloise du PS, il avait redit son "attachement aux valeurs du PS et rappelé avec force" sa "condamnation de l'extrême droite", reconnaissant "une erreur d'appréciation" de sa part.
"Une décision qui restaure l'honneur des socialistes"
Jeremie Tojerow, le militant socialiste à la base de la plainte à l'encontre d'Emir Kir, a tenu à saluer une "une décision difficile, mais qui restaure l'honneur des socialistes".
Sur son compte Facebook, il a estimé qu'"en prenant une sanction aussi ferme contre une personne qui occupe des fonctions politiques de premier plan, et a obtenu des scores électoraux importants", le PS bruxellois rappelait que "personne n'est au-dessus de ses principes et combats fondamentaux, simple militant ou mandataire important". "Elle rappelle aussi combien la logique "ethnico-nationaliste" est en contradiction avec les valeurs universelles du parti socialiste. L'extrême droite, le racisme, les libertés individuelles ne sont pas des concepts relatifs, à géométrie variable, ou de simples éléments de langage, mais bien les principes directeurs de notre action" a-t-il ajouté. 
M. Tojerow a par ailleurs tenu à s'adresser aux militants ou citoyens à qui certains ont voulu, selon lui faire croire que sa démarche participait à un lynchage raciste ou turcophobe. "Chacun(e) a le droit fondamental, qui est au coeur des valeurs du PS et de mon engagement politique de toujours, d'être attaché(e) à ses identités multiples, sa culture d'origine, au pays de ses parents, de pratiquer un peu, beaucoup ou pas du tout la confession religieuse héritée de ses parents. C'est pour assurer et garantir ce droit que nous avons besoin de la force d'une organisation collective et de mandataires capables de rassembler travailleur(se)s et citoyen(ne)s de toutes origines autour de valeurs et principes universels. Plus que jamais dans le contexte actuel, nous ne pouvons pas nous permettre des dirigeants qui invoquent les libertés individuelles et le droit des minorités selon le contexte national ou les groupes de la population concernés: ils sont, au mieux, les alliés objectifs des forces d'extrême droite et anti-lumières, et ne servent pas du tout les intérêts des groupes qu'ils prétendent défendre et représenter. Ils rendent impossible la défense de ces principes et le rassemblement le plus large autour d'eux", a-t-il expliqué.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
10 QUESTIONS SANS REPONSES

Cette affaire Kir soulève un certain nombre de questions dont la presse ne donne point jusqu’ici  de réponse :
1. Qui est Jérémy Tojerow, le militant socialiste de Saint Gilles qui a déposé la plainte contre Kir ? Quelles sont ses motivations ? On sait qu’il est docteur en droit de l’ULB, ancien président du cercle du Libre Examen, « cabinetard » du PS repéré par Elio Di Rupo.
2. Emir Kir a-t-il l’intention de faire appel de la décision ?
3. Pourquoi la soudaine démission de député bruxellois Oskara qui se veut solidaire de Kir et dont la réputation de communautariste engagé n’est plus à faire ?
4. Y aura-t-il d’autres démissions ?Si d’autres députés PS bruxellois devaient faire défection quid de la majorité du PS à la Région bruxelloise où il ne devance plus Ecolo que d’un siège.
5. La détermination du nouveau président du PS, (lui aussi issu de l’ULB où il enseigne en qualité de professeur ordinaire) de mettre au pas les brebis galeuses du PS  va-t-elle créer un séisme au sein du premier parti wallon ?
6. La décision de défénestrer Kir prise par le nouveau patron de la fédération socialiste bruxelloise Ahmed Laaouej a-t-elle fait l’unanimité au sein de l’ancienne fédération de Laurette Onkelinx et avant elle Philippe Moureau?
7. Quelle sera l’attitude des élus de la communauté turque ?
Allons-nous assister à la création d’un ou de plusieurs partis de type communautariste à Bruxelles ?
8. Le Parti Socialiste sortira-t-il renforcé (moralement oui mais politiquement ?) ou affaibli par le départ de Kir ?
9. Cette affaire majeure aura-t-elle un quelconque impact sur la formation d’un gouvernement fédéral ?
10. Ou sur la décision du PS de recourir à des nouvelles élections ?
MG

EMIN OZKARA DEMISSIONNE: UN ELU DE MOINS POUR LE PS AU PARLEMENT BRUXELLOIS
Emin Ozkara annonce sur sa page Facebook sa décision de siéger comme indépendant. Le groupe PS comptera donc 16 élus au lieu de 17, à peine 1 de plus qu’Ecolo.
par Véronique Lamquin

Pierre-Yves Thienpont
Quinze heures après l’exclusion d’Emir Kir, Emin Ozkara, député socialiste au Parlement bruxellois a annoncé sur Facebook sa décision de siéger comme indépendant. Tant comme député régional que comme conseiller communal à Schaerbeek. Nous n’avons pas réussi à joindre Emin Ozkara pour qu’il motive sa décision.
Pour rappel, le député fait, lui aussi l’objet d’une plainte devant la commission de vigilance de son parti. En avril dernier, juste avant les élections, il s’était désolidarisé de la position de son groupe lors d’un vote sur les règles de transparence. Un acte de « rébellion » politique qui faisait suite à des incidents, plus graves, l’ayant opposé, ainsi que des représentants de Cumuleo et Transparencia à certains élus de son groupe. Le ton était nettement monté et s’était fait menaçant envers plusieurs élus et collaborateurs socialistes.
Les accusant à son tour d’intimidation à son égard, Emin Ozkara avait déposé plainte pour intrusion et vandalisme de son bureau, la police judiciaire était descendue sur place. La rupture avec le PS était, pensait-on, consommée… Sauf qu’il était trop tard pour biffer son nom d’une liste électorale à qui il a apporté 4.385 voix et donc un siège. Au lendemain du scrutin, Caroline Désir avait déposé plainte devant la commission de viligance du PS. Un dossier dépassé, dans les urgences, par celui d’Emir Kir…
Si Emin Ozkara siège bel et bien comme indépendant dès ce lundi, le PS ne disposera plus que de 16 sièges, un seul de plus qu’Ecolo… Et ce alors que, suite à l’affaire Kir, d’aucuns s’interrogent sur l’attitude des trois autres élus de la communauté turque au Parlement

vendredi 17 janvier 2020

Emir Kir exclu du PS


Belga Le Soir

La commission de vigilance du PS a décidé l'exclusion du député-bourgmestre de Saint-Josse Emir Kir, a-t-on appris samedi à la Fédération du Parti Socialiste sur le coup d'une heure du matin.
Selon cette source, la Fédération se prépare à diffuser un communiqué à ce sujet.
La commission de vigilance qui s'est réunie durant plusieurs heures avait à prendre position sur plainte de Jeremie Tojerow, un militant saint-gillois du parti au sujet de la rencontre du député-bourgmestre de Saint-Josse-Ten Noode, avec avec deux maires turcs d'extrême droite, aux côtés de quatre autres maires turcs en marge d'une réunion à laquelle ceux-ci avaient pris part au niveau européen en décembre.
Jusqu'à présent, sans nier les avoir rencontrés, M. Kir a toujours démenti avoir invité ces bourgmestres d'extrême droite.
Mardi dernier, après avoir été entendu par les rapporteurs de la commission de vigilance de la fédération bruxelloise du PS, il avait redit son "attachement aux valeurs du PS et rappellé avec force" sa "condamnation de l'extrême droite".
Il avait "réaffirmé sans ambiguïté" qu'il s'agissait d'"une erreur d'appréciation" de sa part et qu'à l'avenir, il ferait "preuve de plus de vigilance".


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
CHAPEAU BAS !

Il s’agit, si la nouvelle se confirme, d’un geste fort qui annonce sous la férule de Paul Magnette, président du parti et  de
Ahmed  Laaouej, nouveau patron de la section bruxelloise  une régénération nécessaire du parti socialiste abîmé par les  scandales Mayeur et Moreau. Une ère nouvelle s’ouvrirait-elle après l’ère Moureau/ Onkelinx/Di Rupo ?
Reste à savoir ce qu’Emir Kir élu démocratiquement fera de ses 18.000 voix ?
Mais ça , c’est un autre histoire qui s’écrira demain dans la grande saga des Bruxellois. 
Paul Magnette prend un risque majeur mais c’est la seule voix qui s’ouvre à lui pour laver l’honneur de son parti : celle de l’éthique !
MG

MG

La carte blanche du philosophe André Comte-Sponville


La carte blanche du philosophe André Comte-Sponville
par France Inter publié le 13 janvier 2020 à 11h29


Le penseur français André Comte-Sponville était l'invité de "Boomerang". Au micro d'Augustin Trapenard, il a choisi de lire aux auditeurs un texte inédit, "L'anti-utopie", à retrouver ici.
Le philosophe André Comte-Sponville, décembre 2019 © Maxppp / OUEST FRANCE
Le texte inédit de André Comte-Sponville
Boomerang - La Carte blanche d'André Comte-Sponville
Par André Comte-Sponville
"Prenant un peu de recul, mais prospectif. Imaginons le monde dans 200 ans. 
Il n'est pas impossible qu'aucune démocratie dans deux siècles n'existe plus nulle part, qu'il n'y ait plus dans le monde entier que des dictatures, des États totalitaires, militaires ou mafieux qui auraient supprimé toute liberté d'expression, toute élection, toute manifestation, toute grève, enfin, qui renierait indéfiniment par la violence, le bourrage de crâne, la terreur.
Songeons alors aux quelques démocrates qui subsisteraient clandestinement, ici ou là, qui se réuniraient peut-être parfois en secret. Lorsqu'ils penseraient au début du XXIe siècle, par exemple en France. Ils y verraient une époque merveilleuse où la presse était libre, où des débats contradictoires se multipliaient sur les chaînes d'information, où les réseaux sociaux pullulaient hors de tout contrôle ou peu s'en faut, où l'on pouvait voter contre le pouvoir en place, le renverser tous les cinq ans, manifester et faire grève pendant des semaines, se moquer du chef de l'État, appeler même à l'insurrection.
Cette époque qui leur paraîtrait rétrospectivement tellement enviable. L'une des plus libres que l'humanité ait jamais connue, c'est la nôtre. 
Cela n'empêche pas les souffrances, les difficultés et les inquiétudes, qu'elles soient écologiques ou sociales. Mais celles-ci, à l'inverse, ne doivent pas masquer la chance qui est la nôtre de vivre en paix dans une démocratie. 
Bref, ce que je veux suggérer par cette espèce d'anti-utopie, c'est que ce n'était pas mieux avant. On vivait moins bien et la parole était moins libre sous de Gaulle que sous Macron et que ça pourrait être bien pire demain ou après demain. 
Raison de plus pour veiller sur la démocratie comme sur la prunelle de nos yeux. Elle est notre bien commun et plus précieuse pour tout démocrate que ce qui nous oppose. 
Je me méfie des utopies qui font mépriser le présent. Puisse cette anti-utopie nous réconcilier avec lui et les uns avec les autres, non en supprimant les conflits qui font partie de la démocratie, mais en réduisant un peu la haine".


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
CHANGER DE MESSAGE

Ma fille que mon pessimisme exaspère m’écrit  suite à la lecture du post d’hier : « Papa, Ce genre de massage ne fait pas du bien, il faut profiter de ce que la vie nous offre et ne pas tout voir en noir. Les médias se chargent déjà assez bien de nous culpabiliser alors qu’on n’ a aucune emprise sur ce qui se passe. » 
Elle pense « message » mais  écrit « massage ». Marshall Mac Luhan avait dit dans sa grande sagesse : « the medium is the message ».
Un de mes amis corrigea la formule en « the medium is the massage .» Et voici que ma fille reprend ce slogan à son compte.
Il n’y a pas de hasard commenterait Karl Gustav Jung , seulement des synchronicités. Je réagis en publiant la très belle carte blanche de Comte Sponville que je soumets à votre méditation.
MG

SYNCHRONICITE
Dans la psychologie analytique développée par le psychiatre suisse Carl Gustav Jung, la synchronicité est l'occurrence simultanée d'au moins deux événements qui ne présentent pas de lien de causalité, mais dont l'association prend un sens pour la personne qui les perçoit. Cette notion s'articule avec d'autres notions de la psychologie jungienne, comme celles d'archétype et d'inconscient collectif.
Ce concept est considéré comme pseudo-scientifique par de nombreux scientifiques.
Jung la définit ainsi :
« J’entends par synchronicité les coïncidences, qui ne sont pas rares, d’états de fait subjectifs et objectifs qui ne peuvent être expliquées de façon causale, tout au moins à l’aide de nos moyens actuels »
 « Cette hypothèse de synchronicité, Jung l'a formulée avec une prudence extrême. Basée sur son expérience clinique, elle n'est pas une théorie métaphysique et, en nous la proposant, Jung n'a fait que nous donner à penser ».
NO COMMENT

jeudi 16 janvier 2020

Pour le Coran, le meilleur vêtement est celui de l’éthique

 La Libre 
Opinions
Une opinion d'Ali Daddy, journaliste et auteur du livre "Le Coran contre l'intégrisme".


Ce que révèlent les débats sans fin sur le "voile" (hijâb) en tant que "signe religieux", c’est avant tout l’ignorance, aussi bien de ses adversaires que de ses partisans. Une petite mise au point s’impose.


Alors que l’on vient de friser l’écœurement du fait de l’actualité française de ces dernières semaines sur le sujet, nous apprenons que les parlementaires bruxellois(1) se sont à leur tour récemment écharpés sur la question du sempiternel "voile islamique". Petite mise au point.
L’habit ne fait pas le moine
Pour le Coran, texte fondateur de l’islam, l’habit ne fait pas plus la musulmane qu’il ne fait le moine ! Pas plus d’ailleurs que la barbe ou le prénom Mohammed ne fait le musulman !
Le terme arabe hijâb vient de la racine h.j.b. qui a donné le verbe hajaba qui signifie "cacher, masquer, occulter". Dans le Coran, il est fait une mention très précise du terme hijâb qui n’est pas celle d’un vêtement mais d’un rideau. On trouve ce même rideau dans les tentes bédouines pour séparer la partie privée de la tente de l’espace d’accueil.
"Quand tu psalmodies le Coran, Nous posons entre toi-même et ceux qui ne croient pas à la vie dernière un rideau caché." (XVII, 45)
Aujourd’hui, le hijâb est devenu, en raison de l’évolution de la langue arabe, le nom d’un vêtement dont la fonction première est de "cacher, occulter, masquer" le corps. Ceux qui font la promotion de ce hijâb revendiquent explicitement l’idée, au contraire du Coran, que l’habit fait le moine ou que le hijâb fait la musulmane !
Le champ sémantique du terme hijâb s’est également étendu aux fichus et autres foulards dont la fonction est de "cacher, occulter, masquer" les cheveux.
Rappelons que nulle part dans le Coran, il est fait mention du hijâb en tant que vêtement et encore moins de celui-ci comme une prescription religieuse !
Quant aux adversaires de ce fameux hijâb, qu’ils considèrent comme un signe "religieux" ou "convictionnel", non seulement ils veulent également nous faire croire que l’habit fait le moine, mais s’érigent par là en "nouveaux théologiens" d’un islam qui n’existe que dans leur imagination. Ce sont souvent les mêmes qui nous disent à l’occasion que le Coran appelle à tuer les juifs et les chrétiens !
En fin de compte, ce que révèle le débat sans fin sur ce "voile" (hijâb) en tant que "signe religieux", c’est avant tout l’ignorance, aussi bien de ses adversaires que de ses partisans, de la réalité bien plus subtile de l’islam et surtout de son texte fondateur, le Coran.
La preuve par l’absurde
Si on veut aller au fond des choses, on admettra aisément que la manière de s’habiller d’une population donnée est liée aux conditions socio-culturelles de cette population à un moment donné de son histoire. La preuve en est que les pires ennemis de Muhammad, en tête desquels Amr ibn Hishâm, surnommé Abou Jahl (le père de l’ignorance), s’habillaient de la même manière que lui.
La tenue vestimentaire du Prophète était avant tout caractéristique de celle d’un Arabe ou d’un Mecquois vivant au VIIe siècle de l’ère chrétienne. Si Muhammad avait vécu en Chine, il se serait habillé comme un Chinois et s’il avait vécu en Europe, il se serait habillé comme les Européens de son temps !
Une réalité éminemment politique
C’est également le cas pour les noms qui sont liés à la culture et non pas à la foi de ceux qui les portent : il y a des Mohammed parfaitement athées, des musulmans qui s’appellent Jésus, Jacob ou Moïse et des chrétiens qui répondent au nom d’Amine ou Bachir !
Rappelons-nous aussi qu’avant 1979, date de la révolution iranienne, notre société n’était pas agitée par des débats sur les signes religieux qualifiés improprement "d’islamiques". Or, n’oublions pas que la révolution iranienne est avant tout un processus essentiellement politique et non pas religieux. Même si c’est aussi à partir de ce moment-là qu’un phénomène d’exportation de masse de l’idéologie d’un islam politique a commencé à se répandre à travers le monde. On ne sait que trop bien où nous en sommes arrivés aujourd’hui !
UNE LAÏCITE DE BON SENS
Fort heureusement, il y a toujours eu des êtres de bon sens. Écoutons la réponse d’Aristide Briand, rapporteur de la loi de 1905, au député de la Drôme Chabert, lors de la séance du 26 juin 1905 à la Chambre : "Messieurs, au risque d’étonner l’honorable M. Chabert, je lui dirai que le silence du projet de loi au sujet du costume ecclésiastique, qui paraît le préoccuper si fort n’a pas été le résultat d’une omission mais bien au contraire d’une délibération mûrement réfléchie. Il a paru à la commission que ce serait encourir, pour un résultat problématique, le reproche d’intolérance et même s’exposer à un danger plus grave encore, le ridicule que de vouloir, par une loi qui se donne pour but d’instaurer dans ce pays un régime de liberté au point de vue confessionnel, imposer aux ministres des cultes l’obligation de modifier la coupe de leurs vêtements…
Votre commission a pensé qu’en régime de séparation la question du costume ecclésiastique ne pouvait pas se poser. Ce costume n’existe plus pour nous avec son caractère officiel, c’est-à-dire en tant qu’uniforme protégé par l’article 259 du Code pénal. La soutane devient, dès le lendemain de la séparation, un vêtement comme un autre, accessible à tous les citoyens, prêtres ou non. C’est la seule solution qui nous ait paru conforme au principe même de la séparation, et c’est celle que je prie la Chambre de vouloir bien adopter."
EN FINIR AVEC LE "VOILE ISLAMIQUE"
Pour le Coran, le seul vêtement qui vaille est celui de la foi qui est un acte de nature exclusivement éthique à l’image de Dieu qui S’assigne à Lui-même l’éthique (cf., VI, 54).
"Ô Humains, Nous avons fait descendre sur vous une vêture pour cacher votre honte, et comme plumage, mais la vêture de se prémunir vaut davantage." (VII, 26)
(1) Lors d’une interpellation concernant l’interdiction du port de signes convictionnels à la Haute École Lucia de Brouckère.

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
EN FINIR AVEC LE "VOILE ISLAMIQUE"

C’est à l’évidence un pas dans la bonne direction. Mais qui dans les communautés islamiques entend la voix d’Ali Daddy ; qui écoute sa parole que je qualifierai, en provoquant un peu,  de prophétique.
Non, on préfère écouter le prêche et le prescrit des imams importés, ces « maîtres d’illusion », « ces instigateurs sournois » qui dispensent une version coranique salafiste.  Un politicien très haut placé lui rétorqua un jour qu’il n’était pas représentatif avec son coranisme et son interculturel, préférant subsidier des asbl de quartier  orthopraxistes (qui prônent un prescrit alimentaire hallal et un code vestimentaire strict)  afin d’engranger le plus possible de voix plutôt que de diffuser une conception plus spiritualiste et surtout plus éthique de l’islam.
En en revient toujours à la grande question de feu Mohammed Arkoun le grand islamologue de la Sorbonne : assisterons-nous à la modernisation de l’islam (tendance Daddy) ou à l’islamisation de la modernité (tendance salafiste). C’est clair, actuellement c’est l’islamistion de la modernité que prônent les imams mercenaires subventionnés par les pays d’origine et l’Arabie Saoudite. 
Pour Daddy, le Coran (ce troisième testament comme il l’appelle est largement inspiré par les deux premiers que jamais il ne renie mais sur lesquels il s’arqueboute franchement) avant d’être un texte de loi est un traité d’éthique à l’usage et à l’adresse des Bel Agissants, ceux qui bellement se comportent sur la voie de rectitude et n’ont que mépris pour les égarés et autres dénégateurs, instigateurs sournois  qui cherchent à les égarer.  « Qui bien se guide ne saurait être égaré par qui s’égare. »
Ali Daddy plaide avec fougue pour un islam de Belgique dispensé par des imams formés dans nos universités et non pas pour un islam exporté en Belgique par les pays dits d’origine. Il semblerait qu’on y vienne timidement après des décennies de matraquage des communautés par la propagande islamiste. Non seulement il convient d’en finir avec ce voile islamique/ste mais il serait bon d’en finir une fois pour toute avec la mise sous tutelle de la diaspora musulmane par les autorités religieuses et politiques des pays d’origine.
Les dégâts provoqués par le courant salafiste sont considérables.
Je songe notamment aux cas extrêmes d’embrigadements en faveur de Daech de gamins islamisés sommairement sur internet ou dans des impasses obscures à l’aide de versets coraniques isolés, sortis de leur contexte et jamais analysés en profondeur. Comment faire pour déradicaliser ces fanatisés ? La suggestion de Daddy est elle aussi radicale : en déconstruisant le discours salafiste. Et comment faire ? C’est assez simple : en confrontant ces gamins « égarés » à la guidance morale qu’est  la parole coranique éthique. Qui est capable de réussir cela ? Des dé-radicalisateurs qui soient des « Corans qui marchent » comme disait Fatima de son père. Y en-a-t il beaucoup ? Sans doute pas, mais Daddy est un de ceux-là il sait son Coran comme jadis les curés de campagne leur bréviaire. Il s’agit donc bien de former des gens non pas à son image mais dans l’esprit de la pensée et de la parole coranique qu’il dispense au service non pas d’un islam hallal et basique mais au service d’une spiritualité et d’un éthique coranique qui est d’une rare subtilité. 
« Le grand-père des Lumières était musulman : Averroès déclencha en Europe un séisme intellectuel. Sa thèse était qu’il n’y a qu’une vérité mais qu’il y a deux manières pour trouver cette vérité : par la foi mais aussi par la philosophie. Si ces deux se contredisent il faut interpréter les textes sacrés de manière allégorique. Autrement dit, dans la recherche de la vérité, la philosophie (ou la science) est plus importante que la foi. 
En outre, il ne croyait pas en l’immortalité de l’âme ni en la création de l’univers. » «Averroes dut attendre plus de 400 ans après sa mort pour rencontrer son plus grand succès. Baruch Spinoza, un des pères des Lumières, venait d’une famille qui avait pris la fuite de l’Espagne et du Portugal et s’était installée à Amsterdam après la Reconquête. Via la tradition intellectuelle juive, il entra en contact avec les idées d’Aristote, Maimonide, del Medigo et Averroes » (Le Monde)
Le moment est venu de regarder l’islam avec d’autre yeux que ceux de la méfiance, de la haine et du mépris. Comme dit encore Daddy : il faut bien voir qu’il fait désormais partie des meubles en Europe et singulièrement dans sa capitale.
MG

LE GRAND-PERE DES LUMIERES ETAIT MUSULMAN
Le Monde

L’apport arabo-musulman dans la transmission de textes philosophiques et scientifiques fondateurs remonte à plus de mille ans. La pensée européenne en a été profondément influencée par Koert Debeuf, historien et directeur du Tahrir Institute for Middle East Policy Europe.
Quelle est la crédibilité de l’Europe ? Aujourd’hui, tout le monde nous met en garde contre la propagande, la « post-vérité » et la falsification de l’histoire par la Russie et par Daesh. Et pour cause. Mais, en même temps, notre propre enseignement de l’histoire est myope et eurocentriste depuis beaucoup trop longtemps. Nous avons tous appris que la Renaissance, l’Humanisme et les Lumières constituent des succès purement européens. Des humanistes comme Pétrarque auraient retrouvé dans des vieux monastères des manuscrits grecs et romains perdus. Cela nous aurait menés à une valorisation de l’homme par rapport à l’Eglise et de la pensée critique par rapport aux dogmes et donc à la fin du Moyen Âge.
Cette version de l’histoire est simplement fausse. S’il est vrai que beaucoup de livres romains ont effectivement été retrouvés par les humanistes, cela ne vaut pas pour les textes grecs. Les écrits des auteurs et scientifiques grecs les plus importants sont arrivés en Europe grâce au fait qu’ils ont été traduits en arabe. Ce mouvement de traduction fut initié par les califes de Bagdad au VIIIe siècle. Les œuvres centrales furent l’astronomie de Ptolémée, la géometrie d’Euclide et la médecine de Galen. En même temps, des textes scientifiques indiens et perses furent traduits en arabe. Des scientifiques musulmans portèrent chacune de ces sciences à un niveau supérieur. Leurs calculs ont constitué les fondements des travaux de Copernic et de Newton.
L’APPORT D’IBN RUSHD : UN SEISME INTELLECTUEL
La philosophie était non moins importante à la cour de Bagdad. Platon et Aristote y étaient les plus populaires, leurs textes étaient étudiés et discutés en profondeur. Les philosophes islamiques étudiaient la même question que leurs collègues chrétiens quelques siècles plus tôt et quelques siècles plus tard : comment concilier la philosophie avec la théologie des textes sacrés ? En Europe Saint-Augustin (mort en 430) avait arrêté ce débat et interdit la pensée critique. Tous ceux qui essayaient de raisonner de manière critique furent empêchés de s’exprimer ou même excommuniés. Cela n’était pas le cas dans le monde arabe, du moins jusqu’à la fin du XIIe siècle.
Le dernier grand philosophe musulman fut Ibn Rushd, mieux connu par son nom latin Averroès. Il naquit en 1126 à Cordoue, la capitale d’Al Andalus (l’Andalousie) qui était devenu, avec le Caire, le centre intellectuel du monde islamique après le déclin de Bagdad. En Europe on appelait Averroès « le Commentateur » parce qu’il commenta Aristote plus que n’importe qui. En plus, c’est par la traduction de ses commentaires qu’Aristote a été introduit en Europe.
Averroès déclencha en Europe un séisme intellectuel. Sa thèse était qu’il n’y a qu’une vérité mais qu’il y a deux manières pour trouver cette vérité : par la foi mais aussi par la philosophie. Si ces deux se contredisent il faut interpréter les textes sacrés de manière allégorique. Autrement dit, dans la recherche de la vérité, la philosophie (ou la science) est plus importante que la foi. 
En outre, il ne croyait pas en l’immortalité de l’âme ni en la création de l’univers.
Les thèses d’Averroès furent rapidement adoptées et apprises dans les premières universités européennes : Paris, Bologne, Padoue et Oxford. L’Eglise était en état de panique. La force de ses arguments et la langue philosophique d’Aristote étaient trop fortes. En 1277, l’évêque de Paris condamna et interdit les idées d’Averroès. Pour ce faire, il ne développa pas ses propres arguments mais il copia ceux d’un opposant islamique de la philosophie : Al Ghazali. Ce fut Thomas d’Aquin qui, finalement, remporta le débat contre Averroès avec ses livres Contre Averroes et Summa Theologica, dans lesquels il utilisa la logique d’Aristote (et ironiquement aussi d’Averroès) pour remettre la théologie au-dessus de la philosophie.
LES DETOURS ISLAMIQUES DE LA TRADITION JUDEO-CHRETIENNE
Néanmoins, cela n’a pas arrêté la libre-pensée d’Averroès. Jusqu’au XVIIe siècle, des savants catholiques écrivirent des livres pour défendre l’immortalité de l’âme. Même Descartes se sentit obligé d’écrire contre Averroès. Malgré tout, les idées d’Averroès se glissèrent dans la philosophie européenne par la pensée juive. Pour expliquer cela, nous devons remonter dans le temps, notamment à Maimonide. Ce penseur juif important (et médecin de Saladin) était un contemporain d’Averroès. Après avoir lu ses livres, il adopta sa philosophie presque intégralement. Pendant des siècles, les livres de Maimonides furent lus et suivis comme des œuvres classiques dans le monde juif.
Un des plus grands penseurs juifs du XVe siècle fut Elie del Medigo, professeur à l’université de Padoue. Il s’autoproclama « disciple de Maimonide ». Padoue était connue comme un bouillon de culture de l’Averroisme. Del Medigo enseigna Averroes à – entre autres – l’humaniste Jean Pic della Mirandole, qui écrivit l’œuvre importante Discours de la dignité de l’homme (1486), par certains appelée le Manifeste de la Renaissance. Encouragé par Erasme, Thomas More traduisit la biographie de Pic en anglais. Voilà comment la tradition judéo-chrétienne connut quelques détours islamiques au cours des siècles.
Averroes dut attendre plus de 400 ans après sa mort pour rencontrer son plus grand succès. Baruch Spinoza, un des pères des Lumières, venait d’une famille qui avait pris la fuite de l’Espagne et du Portugal et s’était installée à Amsterdam après la Reconquête. Via la tradition intellectuelle juive, il entra en contact avec les idées d’Aristote, Maimonide, del Medigo et Averroes. Spinoza aussi se vit reprocher de nier l’immortalité de l’âme et même l’existence de Dieu et il fut exilé de sa communauté à Amsterdam. Son discours pour la pensée critique et indépendante eut une influence profonde sur les Lumières.
Sans aucun doute, les scientifiques et les philosophes islamiques exercèrent une influence significative sur la pensée européenne. C’est néanmoins également une réalité que le monde arabe est plongé dans une crise intellectuelle depuis des siècles. Des dictatures et l’intégrisme religieux ont détruit la pensée arabe tandis que l’Europe a pris une avance spectaculaire. Mais prétendre que la culture musulmane n’a rien produit constitue une contre-vérité historique. Si l’Europe veut s’opposer à la falsification de l’histoire commise par autrui, elle doit tout d’abord s’en abstenir elle-même et redonner à la vérité la place qu’elle mérite dans notre enseignement de l’histoire.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
C’EST NEANMOINS EGALEMENT UNE REALITE QUE LE MONDE ARABE EST PLONGE DANS UNE CRISE INTELLECTUELLE DEPUIS DES SIECLES. DES DICTATURES ET L’INTEGRISME RELIGIEUX ONT DETRUIT LA PENSEE ARABE TANDIS QUE L’EUROPE A PRIS UNE AVANCE SPECTACULAIRE. Mais n’est elle pas en train de la perdre tandis que l’islamisme dans sa version salafiste ou le discours des frères musulmans gangrène toute velléité de renaissance de la pensée coranique. Il convient de reconnaître à Ali Daddy  le très grand mérite d’exhumer la dimension éthique du texte fondateur de l’islam. En cela, il n’est pas représentatif. C’est son drame mais sans doute aussi sa chance et son superbe challange.
MGG