mercredi 13 novembre 2019




La victoire du MR N-VA compatible
Olivier Mouton
Journaliste politique au Vif/L'Express

La pantalonnade Bouchez-Ducarme est peut-être révélatrice du malaise du parti, mais ses militants ont pourtant bien choisi de le placer à droite.

Il était croquignolesque d'assister à la passe d'armes à distance, ce mercredi matin, entre les deux vainqueurs de l'élection interne du MR au micro de Thomas Gadisseux, sur la Première. Denis Ducarme, arrivé second avec 25% des voix mais en poussant le favori Georges-Louis Bouchez au second tour, a donc refusé le débat afin de pouvoir se livrer à une analyse : les militants ont choisi de défier l'appareil (entendez : la mainmise de Charles Michel et des ténors du mouvement) et de lancer un signal fort contre les consignes de vote émanant de pratiquement tous les ministres du MR. En réponse, et après avoir croisé son rival dans le studio, Georges-Louis Bouchez a estimé "risible" ce refus de débattre et critiqué du populisme de la part d'un Denis Ducarme qui joue la base contre les élites.
Le second tour, avant le résultat final à la fin du mois, promet d'être chaud entre ces deux coqs à couteaux tirés. Le MR a offert un vrai débat démocratique, avec cinq candidats à la présidence, là où les autres partis (PS, Ecolo et CDH) ont cadenassé la succession. Le risque n'est pas négligeable que l'après-Charles Michel tourne au vinaigre et que le parti revive des moments de profonde déchirure interne, comme ce fut le cas lors de l'épisode de Renaissance entre les clans Michel et Reynders. Après une législature compliquée, après le départ de ses ténors à l'Europe, suite à la rébellion d'Alain Destexhe, le MR n'est pas à l'abri d'une implosion.
Pour autant, on peut lire aussi cette élection comme étant révélatrice... de la victoire absolue de la ligne "droitière" du parti - ou "authentiquement libérale" si l'on veut. Georges-Louis Bouchez adopte un ton nouveau, décomplexé, il vient de l'écurie Reynders et a su s'adapter fort opportunément à l'écurie Michel : il porte un libéralisme authentique, retournant aux sources de la doctrine, mais en étant N-VA compatible. Denis Ducarme veut aller du centre à la droite du spectre politique, "au centre sur le plan social, au centre-droit sur le plan économique et à droite sur le plan sécuritaire". Là encore, c'est parfaitement N-VA compatible.
A bien lire les résultats du scrutin, on doit bien constater que les grands perdants, ce sont les "libéraux sociaux" qui ne qualifient personne pour le second tour. Certes, Christine Defraigne et Philippe Goffin, qui se revendiquent tous les deux de cette ligne, récoltent à eux deux un quart des voix : les deux élus pour le second tour devront forcément en tenir compte. Mais si le pari michélien, de faire élire Georges-Louis Bouchez au premier tour a échoué, il est bel et bien gagné sur un autre point, central : il n'y a pas eu de remise en question fondamentale de la ligne qui a prévalu au sein du "gouvernement MR-NVA", dont Denis Ducarme fait d'ailleurs partie. Le MR reste au centre-droit, tendance droite.
Si le parti se déchire, ce sera sur un mode de fonctionnement interne, sur le rapport à la base. C'est ce qui était d'ailleurs déjà le cas lors de la guerre des clans Michel-Reynders. Mais pas sur la ligne. Sauf si les tenants d'un libéralisme social tirent les leçons de leur défaite pour s'en aller voir ailleurs, ce qui est peu probable


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
SAUF SI LES TENANTS D'UN LIBERALISME SOCIAL TIRENT LES LEÇONS DE LEUR DEFAITE POUR S'EN ALLER VOIR AILLEURS, CE QUI EST PEU PROBABLE

« L'après-Charles Michel tourne au vinaigre » ; le MR n'est pas à l'abri d'une implosion. » Bouchez- Ducarme c’est carrément Laurel et Hardy dans Fra Diavolo. Autrefois cela faisait rire, ici on a plutôt envie de gerber. Lequel de ces  deux histrions pathétique sera-t-il le plus Théo et lequel le plus  Francken compatible ? Les paris sont ouverts. La MR ressemble de plus en plus aux Républicains français avec leurs batailles d’ego, leurs exercices de musculation et totale absence d’idées, de projets ; surtout de débats. Je ne partage absolument pas les conclusions d’Olivier Mouton et suis persuadé, bien au contraire, qu’il ya de la dissidence dans l’air et que la colère ne tardera pas à prendre une forme très concrète. Il serait temps que quelque chose bouge enfin  dans les provinces francophones quand la tension entre les communautés monte, monte…
MG

Christine Defraigne: "Le résultat du premier tour prouve qu'il existe un courant social et progressiste fort au MR"



Frédéric Chardon La Libre Belgique

La Liégeoise Christine Defraigne se classe troisième avec 1.899 voix (soit 14,01 % des votes exprimés). Elle est donc éliminée. Place à un second tour Bouchez-Ducarme (les résultats sont attendus pour le 29 novembre).
Contactée ce mardi soir, Christine Defraigne livre son analyse. " Les résultats sont une surprise : je ne m'attendais pas à une si faible participation électorale. Seulement 13.000 votes sur plus de 24.000 membres du parti alors que ces élections ont reçu toute l'attention des médias et que le MR est à la croisée des chemins... Par ailleurs, si l'on additionne mes résultats à ceux de Philippe Goffin et de Clémentine Barzin (également éliminés), cela prouve l'existence d'un réel courant social et progressiste au sein du MR. Ce courant est authentiquement libéral et non composé d'une bande de gauchistes comme certains l'ont affirmé durant la campagne..."
Christine Defraigne refuse d'appeler à voter pour Denis Ducarme ou pour Georges-Louis Bouchez à ce stade. " Je félicite les deux candidats qui passent au second tour et je me tiens à leur disposition s'ils veulent me rencontrer."
A titre personnel, l'ancienne présidente du Sénat se dit satisfaite par son score : " Je visais 15% et la troisième place. J'ai rempli ma mission dans des conditions humaines parfois difficiles... Je remercie du fond du coeur tous ceux qui m'ont soutenue."


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
ET QUID DU TROISIEME TOUR ?

Les jeux sont faits ; rien ne va plus ; Bouchez remportera le deuxième tour haut la main. Et quid du troisième tour ? Quel troisième tour ? 
Si je compte bien il y aurait donc 30% de voix en faveur du courant dit social et progressiste au MR (100% -45% Bouchez-25% Ducarme = 30%).
Autrement dit, de quoi imaginer la création, au troisième tour, celui que personne n’attend, d’un mouvement dissident qui se démarquerait de la présidence à la Francken du probable vainqueur, le sémillant mais très inexpérimenté Bouchez.
Soyons de bon compte, Chistine Dufraigne l’a dit clairement : » le MR est à la croisée des chemins... Par ailleurs, si l'on additionne mes résultats à ceux de Philippe Goffin et de Clémentine Barzin (également éliminés), cela prouve l'existence d'un réel courant social et progressiste au sein du MR. Ce courant est authentiquement libéral et non composé d'une bande de gauchistes comme certains l'ont affirmé durant la campagne..." »
Ces dissidents situés « à la croisée des  chemins »  pourraient en toute hypothèse séduire d’autres centristes à velléités sociales par exemple chez Défi, ou au CDH voire même au PS. Christine Defraigne la téméraire n’a-t-elle pas eu le front de s’unir au PS liégeois dans la cité principautère ? Ce ne serait pas un fin de partie triomphante d’un jeune ambitieux qui veut faire bouger les lignes mais la naissance fr quelque chose de très nouveau à Wallobrux…
Suspense donc. 
MG

mardi 12 novembre 2019

Six arrestations pour financement du terrorisme en Belgique et aux Pays-Bas


Plus de 130.000 euros en auraient été retirés en espèces et apportés en Syrie par les suspects.

Six hommes ont été arrêtés en Belgique et aux Pays-Bas dans le cadre d’une enquête internationale pour financement du terrorisme. D’après le parquet néerlandais, en 2013 et 2014, ces individus auraient transmis de l’argent à des combattants de l’organisation terroriste Etat islamique ou à des personnes qui leur étaient liées en Turquie ou en Syrie.
L’argent aurait été collecté par une fondation dans le but de «fournir une assistance aux victimes de la guerre». La justice soupçonne qu’au moins 200.000 euros ont été réunis de la sorte aux Pays-Bas. Plus de 130.000 euros en auraient été retirés en espèces et apportés en Syrie par les suspects.
Le reste de l’argent aurait servi à financer les voyages et l’un des individus aurait versé une partie de l’argent à une autre de ses fondations. Il est dès lors également soupçonné de détournement de fonds.
Mardi dernier, trois hommes ont été arrêtés dans le centre des Pays-Bas et deux autres l’ont été en Belgique. Un sixième suspect a été appréhendé mercredi, toujours dans la région centrale des Pays-Bas. Le parquet néerlandais ne précise pas d’où viennent les suspects.
Des disques durs et divers documents et archives ont été saisis lors de perquisitions en onze endroits du centre des Pays-Bas et en Belgique.
Cette enquête a débuté à la suite de la publication d’un rapport officiel des services secrets néerlandais AIVD au printemps 2018.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
ET VOICI QU’ON RECLAME LE RETOUR DES COMBATTANTS AU PAYS

Voilà qui est bien singulier. Ils sont partis, financés par des coreligionnaires -j’ai failli écrire « co-légionnaires »- belges et hollandais, ils ont été vaincus et voici qu’il convient, aux yeux de certains,  de les rapatrier impérativement ainsi que leurs compagnes et leur progéniture. La belle affaire.
Il serait temps qu’on comprenne que l’islamisme-je n’ai pas dit l’islam-est l’ennemi juré et radicalisé de la démocratie et de la laïcité.
Reste à déterminer quelle est la différence entre l’islamisme- volontiers de caractère salafiste, çad intégriste- et l’islam. Vaste question aurait dit le général. Aussi vaste que la différence entre le socialisme et le national socialisme ou entre le marxisme et le stalinisme et j’ajouterais volontiers entre les défenseurs acharnés de la nature et les partis écologistes.
L’islamisme est, à n’en point douter, le troisième totalitarisme après le nazisme et le stalinisme.  Les islamistes rêvent d’un califat totalitaire d’au moins  mille ans où règnerait la sharia en maîtresse absolue. Dit autrement, ils veulent la guerre totale contre le système politique qui régit le monde libre depuis près de deux siècles. L’islamisme est une instrumentalisation politique et totalitaire de l’islam et de son texte fondateur le Coran. Beaucoup s’y réfèrent, peu nombreux sont ceux qui l’ont lu et moins encore ceux qui en saisissent le sens profond qui est de nature profondément éthique comme les deux premiers testaments dont il s’inspire du reste très largement puisqu’il se regarde comme « le rappel ». Allez expliquer à un Eichmann qu’il était au service d’une idéologie national-socialiste donc au fond socialiste. Eichmann, disait Hannah Arendt, était un bouffon pathétique. Pourquoi ? Parce qu’il était incapable de penser par lui-même et par conséquent d’exercer le moindre jugement critique. 
C’est pareil pour les islamistes radicalisés que seule, selon nous,  une lecture éthique et critique du Coran serait capable de dé radicaliser.
La tâche est  aussi difficile que de tenter de « dénazifier » un fanatique hitlérien.
Feu Mohammed Arkoun, le grand islamologue qui enseigna longtemps à la Sorbonne posa la question essentielle.
« ASSISTERONS-NOUS A LA MODERNISATION DE L’ISLAM OU A L’ISLAMISATION DE LA MODERNITE ? » C’est clair les islamistes djihadistes ou simples militants ne vivent que pour islamiser la modernité. Qui donc, à part quelques illuminés de DiverCity et d’ailleurs rêve encore de moderniser l’islam, c'est-à-dire de remplacer l’islam en Europe par un islam d’Europe dispensé par des imams formés au libre examen des écritures (un invention protestante) dans nos universités belges.
Visiblement le politique refuse, à tort, de soutenir et de financer une telle démarche. Le monde politique fait l’autruche et refuse de s’intéresser à qui prêche dans nos mosquées européennes, à savoir le plus souvent des imams importés de pays où domine soit le salafisme soit la pensée des frères musulmans, ces crypto islamistes à la Taricq Ramadan. 
Ils étaient 13. 500 à défiler dans les rues de Paris contre l’islamophobie. Qu’est-ce à dire ? 
MG


 PLUS DE 13 000 PERSONNES MARCHENT A PARIS CONTRE LA STIGMATISATION DES FRANÇAIS DE CONFESSION MUSULMANE
La manifestation de dimanche a dénoncé les actes antimusulmans, après avoir divisé la gauche et suscité les critiques du Rassemblement national.
Par Cécile Chambraud  Le Monde

 « L’islamophobie n’est pas une opinion, c’est un délit », pouvait-on lire sur l’une des pancartes de tête. Après avoir divisé la gauche et suscité de vives critiques de la part du Rassemblement national (RN) toute la semaine, un défilé contre l’islamophobie visant à dénoncer les actes antimusulmans a rassemblé dimanche 10 novembre quelque 13 500 personnes à Paris, selon les calculs du cabinet d’études indépendant Occurrence.
 « Vivre ensemble, c’est urgent », a clamé le cortège. « Oui à la critique de la religion, non à la haine du croyant », « stop à l’islamophobie », était-il inscrit sur des pancartes de manifestants réunis devant la gare du Nord, où de nombreux drapeaux français étaient brandis. « Solidarité avec les femmes voilées », ont scandé des participants.
 « STIGMATISEE AU QUOTIDIEN »
SONIA (son prénom a été changé à sa demande) a 26 ans et prépare le concours du barreau. Cette jeune femme élégante témoigne que, durant toute sa scolarité et ses études, elle n’a jamais été confrontée à des actes ou des remarques antimusulmans. En revanche, elle a commencé à en rencontrer depuis qu’elle est dans le monde du travail. Elle a perçu des réactions dictées, analyse-t-elle, par la « peur de l’islam » et s’est sentie « réduite à ça ». « On m’a aussi critiquée lors de dîners parce que je ne buvais pas d’alcool », dit cette future avocate venue sans voile.
FATOUMA, 21 ans, est venue de région parisienne avec deux copines, Nina, 17 ans, et Amina, 22 ans. Deux sont voilées, pas la troisième. Fatouma se sent « stigmatisée au quotidien par les regards » au travail, dans le métro, dans la rue. « C’est fatigant, on ne sait pas si c’est des interrogations ou de la peur. Quand il y a des attentats, les collègues ne veulent pas en parler devant nous, alors qu’on est aussi peinés que les autres. » Elle se sent aussi stigmatisée par « les journalistes ». « Ils parlent de nous et ne nous invitent même pas sur les plateaux pour nous donner la parole », accuse cette chargée de clientèle dans une entreprise de courses. Elle en veut aux médias d’avoir, assure-t-elle, « beaucoup moins parlé » de l’attaque de la mosquée de Bayonne que d’autres actes du même ordre.
HENRIETTE ZOUGHEBI arbore quant à elle un badge du Parti communiste français. Cette femme, dont la famille est juive, est venue manifester car elle ne « supporte pas qu’on puisse tirer sur des musulmans parce que musulmans ». « Il faut être intransigeant contre la haine raciste, car il y a un danger. De par l’histoire de ma famille, je sais où ça mène », affirme cette femme qui a adhéré au PCF « au moment de la guerre d’Algérie ». « Je ne cautionne pas certains mots d’ordre, mais il fallait qu’il y ait de la diversité » dans cette manifestation, ajoute cette fondatrice du salon du livre de jeunesse de Montreuil, ancienne conseillère régionale.
Le message initial de cette manifestation était de dire « STOP à l’islamophobie », à la « stigmatisation grandissante » des musulmans, victimes de « discriminations » et d’« agressions » dont « l’attentat contre la mosquée de Bayonne (…) est la manifestation la plus récente ». Mais depuis l’appel à manifester lancé le 1er novembre dans le quotidien Libération, quatre jours après l’attaque de Bayonne et sur fond de débat ravivé sur le port du voile et la laïcité, la classe politique se déchire autour de la participation à ce rassemblement, notamment en raison de l’identité de certains signataires de l’appel comme le Collectif contre l’islamophobie (CCIF), accusé de liens avec les Frères musulmans.
LAURENT QUENACH : « Le climat islamophobe est insupportable en France. Chacun a le droit de croire ou pas. Chaque individu a les mêmes droits. » 
FRANCE KEYSER POUR « LE MONDE »
En approche de la place de la République, Marwan Muhammad prend la parole, debout sur une camionnette. « Salam aleikoum. Ça veut dire que la paix soit sur vous, pas la peine d’envoyer la brigade antiradicalisation », explique-t-il, déclenchant les rires de la foule. Puis il fait répéter à plusieurs reprises aux manifestants « Allahou Akbar », car « on en a marre que les médias fassent passer cette expression pour une déclaration de guerre » – elle est notamment prononcée par les terroristes passant à l’action. « Nous sommes fiers d’être musulmans et fiers d’être citoyens français », lance-t-il encore.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
EVITER LES AMALGAMES !

Attention nous dit-on à ne pas amalgamer islam et islamisme.
Et si c’était l’inverse, si c’étaient les islamistes qui tentent l’impossible pour se faire passer pour les seuls musulmans dignes de ce nom.  On le dit depuis des décennies, l’islam d’Europe aurait besoin d’un « aggiurnamento » comme celui qu’a été le protestantisme çad la réforme du christianisme et après lui  la réforme de la  religion catholique avec Vatican II. Mais on ne voit rien venir. Surtout on a de plus en plus l’impression que le salafisme contamine toujours plus de musulmans modérés dans nos banlieues, de même que l’évangélisme fanatique gangrène de plus en plus de chrétiens en Afrique et en Amérique latine.  Ce qui est certain c’est que bien plus que l’islam c’est ce salafisme intégriste qui génère l’islamophobie. « De par son double sens, son étymologie trompeuse et son instrumentalisation, le terme i »slamophobie » piège nos débats et l'on s'épuise à tenter de lever les malentendus que son emploi - abusif ou naïf - génère. » (Caroline Forest). Voyons cela de plus près.
MG


LE MOT "ISLAMOPHOBIE" TEND A FAIRE PASSER TOUTE CRITIQUE DE LA RELIGION POUR DU RACISME
Caroline Fourest in Marianne

Après chaque attentat, partout où il passe, un mot sème la confusion et la discorde. Celui d'« islamophobie ».
C'est un combat de chaque jour que de « bien nommer les choses » afin de ne pas ajouter « au malheur du monde », prophétisait Camus. La précision sémantique est devenue vitale depuis le 11 septembre 2001. Depuis que l'islamisme tue et que le racisme récolte. Après chaque attentat, partout où il passe, un mot sème la confusion et la discorde. Celui d'« islamophobie ».
A l'heure où nous entrons dans une phase d'attaques anti-musulmanes, après des années d'attentats islamistes, ce mot va pouvoir achever son œuvre de division. Nous aurions le plus grand besoin de nous ressouder et voilà qu'il surgit pour transformer chacune de nos brûlures en censure. De par son double sens, son étymologie trompeuse et son instrumentalisation, il piège nos débats et l'on s'épuise à tenter de lever les malentendus que son emploi - abusif ou naïf - génère.
Car les deux coexistent. Un usage abusif tend à faire passer toute critique de la religion ou de l'intégrisme pour du racisme. Un usage naïf pense sincèrement viser le racisme anti-musulman. Il est vite submergé par l'interprétation extensive et abusive. Car littéralement, étymologiquement, le mot « islamophobie » désigne ceux qui ont « peur de l'islam », et non ceux qui haïssent les musulmans.
L'IRAN ET LA FRANCE
Depuis des décennies, depuis les mollahs en Iran, depuis l'affaire Rushdie en Angleterre, le mot permet ainsi de mettre dans le même sac les haineux et les vigilants, même lorsqu'ils sont musulmans ou ex-musulmans. Le procès en « islamophobie », bien plus efficace que celui en apostasie, sert à les faire taire.
Pour éviter cette dérive, il suffirait d'être précis et de lancer des appels contre le racisme antimusulman ou la « musulmanophobie ». Ces deux expressions, plus précises, évitent l'amalgame et le fait de porter atteinte à la liberté d'expression. Mais, à notre époque, le plus bref gagne toujours. Or le mot « islamophobie » est plus court. Sa confusion mortelle gagne forcément. La précision, fédératrice, salvatrice, n'est d'ailleurs pas l'objectif des professionnels de la lutte contre l'« islamophobie ». Ceux-là veulent nous fractionner, nous intimider et nous censurer.
On ne les voit jamais à nos côtés pour enquêter sur l'extrême droite et la dénoncer. On les entend rarement manifester sous ce terme contre le sort, réellement raciste, subis par les Rohingyas ou les Ouïgours. Toute leur énergie tend à disqualifier les laïques, et plus encore les musulmans laïques. Entre leurs mains, sur leurs lèvres, le mot « islamophobie » ne souhaite pas protéger les victimes de racisme, mais bien la religion de la critique.
C'est au nom d'une vision abusive du mot « islamophobie » que toutes les campagnes d'intimidation visant à brider la critique de l'intégrisme ont été menées ces dernières années, justement celles au cours desquelles l'intégrisme frappait et tuait. Charb l'a écrit avant de mourir dans sa Lettre aux escrocs de l'islamophobie qui font le jeu des racistes.
ANOBLIR LA HAINE
Quand son livre posthume est paru, j'alertais depuis plus de douze ans, dans Tirs croisés (coécrit avec Fiammetta Venner), dans des tribunes et dans Charlie. Qui entendra ces nuances désormais ? Qui voudra bien croire que ces alertes ne sont en rien destinées à minimiser le danger du racisme antimusulman, mais à refuser le piège qu'il nous tend ? Menacer la liberté d'expression en l'amalgamant à de la haine. Anoblir la haine déguisée en liberté d'expression.
La valse des attentats islamistes et racistes nous précipite vers ce monde sans nuances. Il deviendra de plus en plus difficile d'exprimer un point de vue qui refuse à la fois le racisme et l'intégrisme. On va nous demander de choisir un camp. Résister aux attaques racistes en cédant au mot « islamophobie ». Ou passer pour des collabos du racisme qui tue.
Nous pouvons encore déjouer ce piège. En nous mobilisant sous les bons slogans et en bonne compagnie. En lançant des appels contre le « racisme antimusulman » ou la « musulmanophobie » aux côtés d'organisations antiracistes, et non intégristes. Manifester contre l'« islamophobie » aux côtés d'organisations de l'extrême droite musulmane revient à manifester contre la « christianophobie » aux côtés de l'extrême droite chrétienne. Personne n'y a songé, même lorsque des djihadistes égorgeaient des prêtres. Pourquoi alors le faire quand des racistes attaquent des mosquées ? Quel exotisme empêche de voir ce danger ? On peut manifester contre tout, mais pas avec n'importe qui.

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
C'EST UN COMBAT DE CHAQUE JOUR QUE DE « BIEN NOMMER LES CHOSES »

Il est vrai qu’au siècle des malheurs des chrétiens se sont fait la guerre entre catholiques et protestants se référant aux mêmes évangiles. Il est vrai que shiites et sunnites  s’entredéchirent volontiers. Il est vrai que des nazis le plus souvent  d’ascendance chrétienne ont voulu exterminer le peuple biblique par excellence.
Faut-il désespérer de l’humanité ? 
Il est tout de même sidérant que les hommes parviennent à se haïr en se fondant sur les trois grands textes du monothéisme qui en réalité se répondent,  se prolongent l’un l’autre et constituent une sorte de rappel de testament à testament. Le Nouveau Testament s’arqueboute sur la Thora tandis que le testament coranique puise abondamment dans les deux premiers –surtout dans la bible- dont il se prétend un rappel sublimé.  Chaque « descente » (révélation) y est  considérée comme un rappel de la précédente. Il est vrai que l’école n’enseigne pas ce genre d’évidence.  Dans l’enseignement de la Communauté française, on envisage de plus en plus sereinement de remplacer les deux heures de religion librement choisie (ou de morale) par un cours de citoyenneté avec une approche et un questionnement philosophique. Très bien mais ne faudra-t-il pas y ajouter une initiation aux trois religions monothéistes qui d’une certaine manière procèdent de la même démarche éthique  et au fond n’en font qu’une seule.  Cela est bel est beau mais qui sera capable de donner un tel cours et comment entend-on former les merles blancs chargés de le dispenser ?
MG


lundi 11 novembre 2019

Coalition fédérale: «Un gouvernement arc-en-ciel, l’alternative au chaos», selon Rudy Demotte


Belga Le Soir

Rudy Demotte « un gouvernement arc-en-ciel, c’est l’alternative au chaos » alors que le parti nationaliste a déposé des propositions institutionnelles imbuvables, confie-t-il. Quant à l’ancien Premier ministre Charles Michel (MR), « il a savonné la planche des négociations ».
 « Dans le contexte actuel, avec les propositions que la N-VA a mises sur la table, il n’y a pas de conciliation possible », 
Le parti nationaliste demandait des réformes qui modifient le « paradigme belge », explique Rudy Demotte. « Cela consistait à sortir la Belgique telle qu’elle est organisée sur base d’un État fédéral.  La N-VA mettait des éléments qui, pour nous, conduisaient inexorablement à une mise à zéro des mécanismes de solidarité en matière de sécurité sociale, qui conduisaient aussi l’État vers une forme plus ou moins aiguë de confédéralisme. »
En matière de soins de santé, la N-VA proposait de « prendre tous les mécanismes qui existent aujourd’hui au niveau de la solidarité interindividuelle pour en faire des mécanismes de solidarité interrégionale. C’est très différent. Cela impacte les recettes », détaille encore le socialiste.
 « On était dans le poste de pilotage, Geert et moi, et on avait l’impression que dans la salle des machines, on mettait de la substance explosive plutôt que du charbon dans la chaudière… », illustre-t-il.
Le génie de ceux qui arriveront à nouer les derniers fils, ce sera d’être capable de faire cohabiter des modèles de société très différents. Les verts, le PS, les libéraux n’ont pas la même vision de la société sur l’approche fiscale, sociale, économique, environnementale. Le socialiste a également déploré l’amertume que l’ancien Premier ministre semble avoir gardée à l’encontre de la N-VA après l’épisode du pacte de Marrakech et du PS pour son opposition


FORMATION FEDERALE : LA N-VA NE CROIT PLUS EN UNE COALITION AVEC LE PS
Le Vif

La N-VA ne croit plus en une coalition fédérale l'associant au PS. Entre les deux partis, sur le "plan socio-économique, il y a un grand canyon", admet ainsi Geert Bourgeois, dont la mission royale de préformation avec le socialiste Rudy Demotte a pris fin en début de semaine.
Pour illustrer le grand écart séparant les socialistes des nationalistes, Geert Bourgeois cite la façon d'atteindre l'objectif d'un taux d'emploi à 80%. "Le PS préfère doper l'emploi public et réduire le temps de travail avec maintien de salaire. Il ne veut pas d'une flexibilisation du marché du travail, ni d'une limitation dans le temps des allocations de chômage, ni de la suppression des prépensions. (...) Le PS veut augmenter les dépenses de 8 milliards d'euros et compenser cela par des augmentations d'impôts."
"Ça ne va pas. Nous soutenons le relèvement des pensions les plus basses, mais nous n'allons pas relever massivement toutes les allocations et faire payer la facture par le Flamand, qui assume déjà 70% des impôts dans ce pays", prétend l'ancien ministre-président flamand devenu député européen.
La Belgique existera-t-elle toujours dans cinq ans? "En 2024, je pense que oui", répond-il. Et après? "Nous verrons bien..."
La N-VA ne croit plus en une coalition avec le PS, affirme l’ex-préformateur Geert Bourgeois.

Geert Bourgeois cite la façon d’atteindre l’objectif d’un taux d’emploi à 80 %. « Le PS préfère doper l’emploi public et réduire le temps de travail avec maintien de salaire. Il ne veut pas d’une flexibilisation du marché du travail, ni d’une limitation dans le temps des allocations de chômage, ni de la suppression des prépensions. (…) Le PS veut augmenter les dépenses de 8 milliards d’euros et compenser cela par des augmentations d’impôts. »
 « Ça ne va pas. Nous soutenons le relèvement des pensions les plus basses, mais nous n’allons pas relever massivement toutes les allocations et faire payer la facture par le Flamand, qui assume déjà 70 % des impôts dans ce pays », prétend l’ancien ministre-président flamand devenu député européen.
A ses yeux, il n’y a pas qu’entre les socialistes et la N-VA que le fossé est profond. 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
BELGIQUE-ALLEMAGNE : DES  DESTINS CROISES ET LE GRAND ECART
« NUN WACHSE ZUSAMMEN, WAS ZUSAMMENGEHÖRE ». 
" QUE GRANDISSE MAINTENANT ENSEMBLE CE QUI EST FAIT POUR ÊTRE ENSEMBLE ". Aurait dit Willy Brandt quand le mur de Berlin tomba.
Le destin politique de l’Allemagne est l’exact contraire de celui de la Belgique. L’Allemagne traverse une phase de réunification lente et contrariée ; la Belgique est en voie d’évaporation accélérée.  Existera-t-elle toujours dans cinq ans ? « En 2024, je pense que oui », répond Bourgeois NVA ex co formateur et ancien ministre président de la future république des Flandres Unies . Et après ? « Nous verrons bien… »
L'image d'Épinal attachée à la réunification allemande a fait long feu : alors que, 30 ans après, le pays continue d'être divisé par les disparités économiques et sociales entre l'Est et l'Ouest, la percée fulgurante du parti d'extrême-droite Alternative für Deutschland (AfD) dans l'ex-RDA retentit comme un signal d'alarme. Le canari démocratique a succombé dans la mine asphyxié par les gaz dégagés par l’extrême droite renaissante. 

L’Allemagne fut très longtemps divisée, par une frontière idéologique et matérielle (1945-1989). Trente ans après la chute du mur et la réunification elle demeure séparée par de profondes différences de mentalités. Les nouveaux Länder issus de l’ancienne République Démocratique allemande votent massivement pour les partis de la droite extrême. Le troisième Reich devait durer  mille ans, il n’en a tenu que 12 avant d’être écrasé sous les bombes des alliés et voici que son spectre ressurgit dans les nouveaux Länder reconstruits.
La RDA a subi 66 années de totalitarisme entre 1933 et 1989 : 12 de nazisme ensuite 46 de stalinisme pur et dur.
  « NUN WACHSE ZUSAMMEN, WAS ZUSAMMENGEHÖRE » pensait Willy Brandt en 89 ; on n’est pas du tout qu’il l’ait vraiment dit. En rous cas, il se trompait…Les dizaines de milliards injectés par les Wessis (RFA) au bénéfice des Ossis (ancienne RDA) n’on t pas suffi à rapprocher durablement les mentalités. Nous les Belges on appelle ça des transferts. Ils n’ont servis à rien en Allemagne, ils ne tarderont pas à disparaître en Belgique, la NVA et le Belang en on fait la promesse à leur électorat. Y déroger serait perdre les prochaines élections qui risquent d’être anticipées, même très anticipées. 
Le royaume des Belges, à défaut d’être vraiment « uni » fut « unitaire » de 1830 à 1970. Elle accéda à l'indépendance en 1830 après diverses occupations : la romaine avec César, la germanique avec Charlemagne, la bourguignonne avec les Ducs installés à Bruges et Gand, l’espagnole avec Charles Quint et PhilippeII, l’autrichienne avec Marie Thérèse et Joseph II, la  française avec la Révolution et Napoléon et la hollandaise avec le bon roi Guillaume d’Orange.
Entre 1970 et 1993, le Royaume de Belgique a évolué vers une structure fédérale. Cinq réformes de l'État ont été nécessaires (en 1970, 1980, 1988-89, 1993 et 2001 pour y parvenir non sans peine et à la faveur d’une plomberie institutionnelle lourde dont très peu de citoyens belges comprennent le fonctionnement compliqué.  
Désormais l'article premier de la Constitution belge déclare : "La Belgique est un État fédéral qui se compose des communautés et des régions".
La sixième réforme donne à l’unité perdue le coup de grâce, le septième se prépare à disloquer le Royaume et à l réduire à l’état de confédération.
Aujourd’hui, le pouvoir de décision n'appartient déjà plus exclusivement au Gouvernement fédéral et au Parlement fédéral. L'administration du pays est maintenant assurée par diverses instances qui exercent de manière autonome leurs compétences dans les matières qui leur sont propres.
LES COMMUNAUTES
La répartition des compétences au travers des réformes successives de l'État a évolué selon deux axes principaux. Le premier se rattache à la langue et, de manière plus large, à la culture. Les Communautés en sont issues. Le concept de "Communauté" renvoie aux personnes qui la composent et aux liens qui les réunissent, à savoir la langue et la culture. Notre pays reconnaît trois langues officielles: le néerlandais, le français et l'allemand. La Belgique actuelle est donc composée de trois Communautés: la Communauté flamande, la Communauté française et la Communauté germanophone. Elles correspondent à des groupes de population que tout différencie et que pas mal de choses désormais opposent: des partis et des medias séparés et « séparants », l’enseignement, la culture et le parler quotidien. Une minorité de Belges est bilingue et une infime minorité ’s’avère trilingue, voire polyglotte et volontiers cosmopolite. 
 LES REGIONS
Le deuxième axe de la réforme de l'État trouve ses fondements dans l'histoire et, plus particulièrement, dans l'aspiration de certains à plus d'autonomie économique. Les Wallons ne furent pas les derniers à y aspirer, tandis que les Flamands visaient davantage l’indépendance culturelle. Les Régions sont le fruit de ces aspirations. La création de trois Régions en a été la conséquence: la Région flamande, la Région de Bruxelles-Capitale et la Région wallonne. Les Régions belges sont comparables, jusqu'à un certain point, aux États américains et surtout aux "Länder" allemands. Les Républiques américaine et allemandes forment une fédération et non pas une confédération d’Etats de plus en plus autonomes. L’Union européenne demeure une confédération avec des velléités centrifuges et nationalistes de plus en plus marquées et franchement affirmées, le brexit en étant la plus radicale.
Notre petit pays est également subdivisé en 10 provinces et 589 communes.
Ce que les politiciens indépendantistes refusent de voir c’est combien sont complexes et imbriqués les liens économiques et sociétaux résultant de myriades d’interactions quotidiennes.
L'ÉTAT FEDERAL, UNE COQUILLE QUI SE VIDE
L'État fédéral conserve des compétences résiduaires dans divers  domaines tels que les affaires étrangères, la défense nationale, la justice, les finances, la sécurité sociale, ainsi qu'une partie importante de la santé publique (la fameuse sécurité sociale) et des affaires intérieures, ... Les Communautés et les Régions sont cependant compétentes pour établir des relations avec l'étranger dans le cadre des matières qu'elles gèrent.
La NVA rêve d’autodétermination dans les domaines des finances (c’est chose faite et elle répugne de plus en plus à concéder plus longtemps des transferts vers la Wallonie et Bruxelles) de la la justice (La NVA exige une justice flamande), ainsi qu'une partie importante de la santé publique (la sécurité sociale est l’énorme pierre d’achoppement sur laquelle buttent tous les négociateurs,  la ligne rouge que le Parti socialiste wallon refusera obstinément de franchir, c’est le tabou auquel jamais il ne renoncera), et des affaires intérieures. Il ya déjà un ministre des affaires intérieures flamandes. C’est dire que les négociations ne sont pas du tout près d’aboutir. Geert Bourgois : «  Le PS veut augmenter les dépenses de 8 milliards d'euros et compenser cela par des augmentations d'impôts." "Ça ne va pas. Nous soutenons le relèvement des pensions les plus basses, mais nous n'allons pas relever massivement toutes les allocations et faire payer la facture par le Flamand, qui assume déjà 70% des impôts dans ce pays", a déclaré l'ancien ministre-président flamand devenu député européen.
La Belgique existera-t-elle toujours dans cinq ans? "En 2024, je pense que oui", répond-il. Et après? "Nous verrons bien..."
La N-VA ne croit plus en une coalition avec le PS, affirme l’ex-préformateur Geert Bourgeois ministre président de la Communauté flamande et fondateur de la NVA. C’est la raison pour laquelle Magnette se tourne désespérément vers un autre formule avec un pronostioque de réussite de 20%. « Le génie de ceux qui arriveront à nouer les derniers fils, ce sera d’être capable de faire cohabiter des modèles de société très différents. » Rudy Demotte
 C’est dire que nous allons tout droit vers des élections fédérales anticipées qui renforceront immanquablement le camp des autonomistes.
MG

BRUXELLES ET WALLONIE DEPENDENT FINANCIEREMENT DE LA FLANDRE ? C'EST UN PEU PLUS COMPLIQUE QUE ÇA
Eric Dor in La Libre Belgique (extraits)

Au cours de cet été, nous avons réalisé et publié de nouvelles estimations des flux de solidarité interpersonnelle entre les habitants des différentes régions de Belgique. Ces flux de solidarité interpersonnelle résultent essentiellement de la redistribution des revenus opérée par la fiscalité et la sécurité sociale. 
En moyenne, les habitants de Flandre sont contributeurs nets, à raison de 972 euros par personne et par an, en faveur des autres régions du pays. Les régions bénéficiaires sont la Wallonie et Bruxelles, avec des gains de 1437 euros et 953 euros par personne et par an, respectivement.
 Certains mouvements politiques autonomistes ont interprété ces résultats comme une nouvelle confirmation d’une dépendance excessive de la Wallonie au financement par la Flandre, qui nécessiterait une scission de la sécurité sociale et des avancées confédérales. 
Si les flux globaux de solidarité interpersonnelle vont de la Flandre vers les autres régions, c’est tout simplement parce que le revenu moyen y est supérieur à celui de la Wallonie et de Bruxelles. Heureusement, en Flandre, nombreux sont ceux qui sont conscients de tout cela, et s’opposent à l’exploitation politique des flux interrégionaux de solidarité interpersonnelle.
Pour être légitime, un mécanisme de solidarité de type assurantiel doit en effet être perçu comme potentiellement symétrique. Les contributeurs nets d’aujourd’hui doivent penser qu’il est possible que la situation se retourne un jour à leur avantage. Or, il y a une idée très répandue en Flandre d’après laquelle les habitants de Wallonie n’auraient jamais apporté de contribution nette à ceux de la Flandre. L’idée exactement inverse prédomine chez les francophones, prompts à affirmer que pendant longtemps, la prospérité industrielle de la Wallonie alimentait des flux vers la Flandre. Qui dit vrai ? Les travaux de Olivier Meunier, Michel Mignolet et Marie-Eve Leurquin, de l’Université de Namur, ont éclairé cette question. Ils montrent qu’entre 1830 et 1914, il n’y a que Bruxelles, avec l’ensemble du Brabant, qui fut structurellement contributeur net en faveur de la Flandre et de la Wallonie, sans mouvements financiers significatif entre celles-ci. Ils montrent aussi qu’entre 1918 et 1962, la fiscalité a dû induire une redistribution interpersonnelle de la part des habitants de Bruxelles, et dans une moindre mesure de Wallonie, en faveur de ceux de la Flandre. Entre 1955 et 1975, l’effet redistributif de l’assurance chômage a joué en faveur de la Flandre et fut financé surtout par Bruxelles, un peu par la Wallonie en début de période. On voit bien que la réalité scientifique diffère fortement des idées reçues.
Il convient en effet de se prémunir contre le danger que la solidarité interpersonnelle au niveau national soit remise en cause sous l’effet d’une propagande politique basée sur une argumentation irrationnelle et émotionnelle. Mais surtout, ces flux reflètent une moindre production moyenne de richesse par leurs habitants, qu’il convient de corriger dans leur intérêt.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
ET QUID DE L’EUROPE DESORMAIS A LA CROISEE DES CHEMINS  ?

L’Europe qui se réunifia à l’exemple de l’Allemagne dans les années nonante du siècle écoulé est traversée par une crise profonde centrifuge (qui tend à éloigner du centre) de caractère économique- la récession menace même l’Allemagne et socio culturelle, la crainte de l’immigration de masse symbolisée par le fameux « das schaffen wir » collé aux tailleurs d’Angela comme le Sparadrap à la barbe du capitaine Haddock. 
De même que  la Belgique, qui longtemps fur regardée comme son prototype et son modèle, la confédération européenne est en pleine crise. A l’occasion des célébrations du 30e anniversaire de la chute du Mur de Berlin, Angela Merkel a exhorté samedi l’Europe à défendre «la liberté» et «la démocratie» de plus en plus « contestées ».
Donald Tusk sur la migration: «Pour sauver la démocratie libérale, il faut renoncer à l’approche naïve d’un humanitarisme total»
Mais qu’on n’aie crainte, Charles Michel  le super « spiderman » belge qui prend la place de Donald Task va y mettre très bientôt bon ordre.
Olivier Maingain a dénoncé le rôle « ambigu », selon lui, de l’ex-Premier ministre.« Charles Michel doit en finir avec cette idée de se préparer à une fonction européenne et continuer en même temps à jouer un rôle en politique intérieure, estime-t-il. Qu’il cesse de jouer dans les coulisses. »
Pour Olivier Maingain, Charles Michel « a placé sa garde rapprochée avec Sophie Wilmès pour continuer depuis le Conseil européen à jouer un rôle en Belgique. C’est ambigu, il doit choisir. Cet entre-deux qu’entretient Charles Michel est indigne de ses fonctions européennes. »
Pour le président de Défi les chances de Paul Magnette sont très faibles si certains partis continuent à considérer que la N-VA doit rester le maître du jeu. « La plupart des partis de pouvoir ont perdu, certes, mais cela ne justifie pas qu’on laisse à la N-VA les clés de la Belgique. »
Sale temps sur la Belgique, sur l’Allemagne et aussi sur l’ Europe.
MG

ANGELA MERKEL APPELLE L’EUROPE A DEFENDRE LA DEMOCRATIE
Le Soir
Samedi d’importantes célébrations ont eu lieu en Allemagne pour le 30e anniversaire de la chute du Mur de Berlin.
La chancelière allemande Angela Merkel a exhorté samedi l’Europe à défendre «la liberté» et «la démocratie» de plus en plus contestées, à l’occasion des célébrations du 30e anniversaire de la chute du Mur de Berlin. «Les valeurs qui fondent l’Europe, la liberté, la démocratie, l’égalité, l’Etat de droit et la préservation des droits de l’Homme ne vont de soi» et «doivent toujours être défendues», a-t-elle assuré dans la chapelle de la Réconciliation, un des lieux de mémoire de la division de la ville du temps du Rideau de fer.
 «A l’avenir il convient de s’engager pour défendre les valeurs de l’Europe », a ajouté la chancelière.
«Le Mur de Berlin appartient à l’Histoire et nous enseigne qu’aucun mur qui exclut les gens et restreint la liberté n’est assez haut ou long qu’il ne puisse être franchi», a aussi souligné Angela Merkel, originaire elle-même de l’ancienne Allemagne de l’Est communiste, la RDA, et qui a entamé sa carrière politique dans le sillage de la chute du Mur de Berlin.
«Cela vaut pour nous tous, à l’Est comme à l’Ouest», a-t-elle jugé.
Merkel était accompagnée notamment des présidents de Hongrie, Pologne, République tchèque et Slovaquie, des pays qui ont largement préparé le terrain à la chute du Mur le 9 novembre 1989 mais qui sont aujourd’hui aussi sous le feu de la critique, souvent accusés de ne pas pleinement respecter les règles de l’Etat de droit.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
LES MENACES QUI PLANENT ACTUELLEMENT SUR  NOS DEMOCRATIES.

A cette occasion solennelle, le président de la République Frank-Walter Steinmeier, a lui aussi ? insisté sur les menaces qui planent actuellement sur nos démocraties.
«La démocratie libérale est contestée et remise en question» trente ans après cet événement historique qui avait signé la fin de la Guerre froide, a-t-il déclaré. Il a prononcé un important discours en fin de journée à la Porte de Brandebourg, symbole de la division de la capitale allemande durant la Guerre froide dans lequel il il a exhorté les Etats-Unis de Donald Trump à faire preuve de "respect" à l'égard de leurs alliés et à tourner le dos à "l'égoïsme national".
Frank-Walter Steinmeier, dont le rôle est honorifique mais qui est considéré comme l'autorité morale du pays, a mis les pieds dans le plat en soulignant à cette occasion la dégradation des relations translantiques ces dernières années.
"Nous, les Allemands, nous devons beaucoup à cette Amérique. A cette Amérique en tant que partenaire dans le respect mutuel, en tant que partenaire pour la démocratie et la liberté, contre l'égoïsme national. C'est ce que j'espère aussi à l'avenir", a asséné M. Steinmeier. Une allusion voilée, mais limpide, à l'administration actuelle à Washington.
Mais du contentieux au sujet des dépenses militaires à celui concernant le commerce, les relations entre l'Allemagne et les Etats-Unis n'ont jamais été aussi tendues dans la période d'après-guerre que depuis l'élection de Donald Trump. Au-delà, l'actuel chef de l'Etat américain a critiqué à plusieurs reprise l'Union européenne.
Le président français Emmanuel Macron s'est ainsi lui aussi cette semaine inquiété que "pour la première fois, nous avons un président américain (Donald Trump) qui ne partage pas l'idée du projet européen".
Steinmeier a déploré que "de nouveaux murs (aient) été construits dans tout le pays: des murs de frustration, des murs de colère et de haine".
L'Allemagne est en effet loin d'afficher le même optimisme qu'il y a 30 ans. La fracture politique et économique entre l'Est et l'Ouest du pays, plus riche, reste d'une brûlante actualité, en particulier avec le succès de l'extrême droite de l'Alternative pour l'Allemagne (AfD) dans l'ex-RDA communiste, où de nombreux habitants se sentent traités comme des citoyens de seconde classe.
De son côté le Président de la république française, Emmanuel Macron franchit le Rubicon…
MG


EMMANUEL MACRON JUGE L’EUROPE AU « BORD DU PRECIPICE » ET L’OTAN EN ETAT DE « MORT CEREBRALE »
Le Monde

Le chef de l’Etat français  s’alarme de son côté de la fragilité de l’Europe entre le désalignement de la politique américaine et l’émergence de la puissance chinoise, dans un entretien à « The Economist ». 
 Le Monde rapporte que le président français s’inquiète de la « fragilité extraordinaire de l’Europe », qui « disparaîtra » si elle ne « se pense pas comme puissance dans ce monde », 
 « Je ne crois pas dramatiser les choses, j’essaye d’être lucide », souligne Emmanuel Macron qui voit trois grands risques pour l’Europe : qu’elle ait « oublié qu’elle était une communauté , le « désalignement » de la politique américaine du projet européen, et l’émergence de la puissance chinoise « qui marginalise clairement l’Europe ».
« Depuis soixante-dix ans, on a réussi un petit miracle géopolitique, historique, civilisationnel : une équation politique sans hégémonie qui permet la paix. (...) Mais il y a aujourd’hui une série de phénomènes qui nous mettent dans une situation de bord du précipice », insiste M. Macron, qui voit aussi l’Union européenne « s’épuiser sur le Brexit ».
 « L’EUROPE A OUBLIE QU’ELLE ETAIT UNE COMMUNAUTE »
Le président français estime d’abord que « l’Europe a oublié qu’elle était une communauté, en se pensant progressivement comme un marché, avec une téléologie qui était l’expansion ». Selon le chef de l’Etat, il s’agit là d’une « faute profonde parce qu’elle a réduit la portée politique de son projet, à partir des années 1990 ».
Deuxième danger : les Etats-Unis qui restent « notre grand allié » mais « regardent ailleurs » vers « la Chine et le continent américain ». Ce basculement a été amorcé sous Barack Obama, estime le chef de l’Etat. « Mais pour la première fois, nous avons un président américain [Donald Trump] qui ne partage pas l’idée du projet européen, et la politique américaine se désaligne de ce projet », estime-t-il.
Citant la Turquie et la Russie,  il estime que si les Européens n’ont « pas un réveil, une prise de conscience de cette situation et une décision de s’en saisir, le risque est grand, à terme, que géopolitiquement nous disparaissions, ou en tous cas que nous ne soyons plus les maîtres de notre destin. Je le crois très profondément ».
Le président français a également estimé lors de ce même entretien que « ce qu’on est en train de vivre, c’est la mort cérébrale de l’OTAN », l’expliquant par le désengagement américain vis-à-vis de ses alliés et de l’attitude d’Ankara, membre de l’Alliance. Il faut « clarifier maintenant quelles sont les finalités stratégique de l’OTAN », a affirmé le chef de l’Etat, en plaidant à nouveau pour « muscler » l’Europe de la défense, alors qu’un sommet de l’OTAN aura lieu à Londres début décembre.
« Vous n’avez aucune coordination de la décision stratégique des Etats-Unis avec les partenaires de l’OTAN et nous assistons à une agression menée par un autre partenaire de l’OTAN, la Turquie, dans une zone où nos intérêts sont en jeu, sans coordination », a-t-il souligné. « Ce qui s’est passé est un énorme problème pour l’OTAN. »


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
TRIOMPHE DE LA DESUNION ?

La Belgique se désunit subrepticement sous nos yeux ébahis, l’Allemagne peine à s’unifier, l’Irlande  et l’Ecosse menacent de quitter le Royaume britannique bientôt désuni, l’Espagne redoute de perdre la Catalogne qui s’autonomise de plus en plus. L’Europe entière est en crise, Contestée par le groupe de Visgrad et travaillée par la montée des force centrifuges (le Rassemblement national (RN), la ligue de Salvini, l’Alternativ für Deutschalnd (AFD) ) Trente ans après la chuter du rideau de fer et les promesses de réunification et de fédération des Etats  l’’Europe peine à s’unifier, à se fédérer dans un monde de plus en plus brutal et de plus en plus incertain où elle ne parvient plus à faire entendre sa voix. Le trentième anniversaire de la chute du mur ne fut pas vraiment un jour de joie comme le sera demain le 11 novembre qui célébrera le presque centenaire de la fin de la pire des boucheries que connut l’humanité.  
MG 

SO UNTERSCHIEDLICH ENTWICKELT SICH DIE WIRTSCHAFT IN OST UND WEST
DER OSTEN HAT DEN WESTEN WIRTSCHAFTLICH NOCH LANGE NICHT EINGEHOLT. KANN ER AUCH GAR NICHT, SAGEN EXPERTEN. EIN ÜBERBLICK. 
CARLA NEUHAUS Tagesspiegel
Die Ambitionen waren groß: „Durch eine gemeinsame Anstrengung wird es uns gelingen, Mecklenburg-Vorpommern und Sachsen-Anhalt, Brandenburg, Sachsen und Thüringen schon bald wieder in blühende Landschaften zu verwandeln, in denen es sich zu leben und zu arbeiten lohnt.“
Das sagte der damalige Bundeskanzler Helmut Kohl (CDU) 1990 – und schürte damit Erwartungen, die er nie würde erfüllen können. Denn trotz jährlicher Milliarden aus dem Bund ist auch 30 Jahre nach dem Mauerfall die Kluft zwischen Ost und West noch immer groß.
Zwar haben sich die Regionen angenähert, wie der Blick auf die Zahlen zeigt. Trotzdem liegt Ostdeutschland auch 30 Jahre nach dem Mauerfall bei der Wirtschaftskraft lediglich auf 75 Prozent des Westniveaus. Mit anderen Worten: Auf den einzelnen Bürger heruntergebrochen erschaffen die Unternehmen im Westen weiterhin sehr viel mehr Waren und Dienstleistungen als im Osten.
Noch deutlich macht die Lage dieser Vergleich: Die ostdeutschen Bundesländer liegen bei der Wirtschaftskraft heute etwa dort, wo Westdeutschland in den 1980er Jahren stand. Beim verfügbaren Einkommen erreichen die Ostdeutschen den Stand, auf dem die Westdeutschen 1989 waren. Auch beim Geldvermögen sieht man noch eine Zweiteilung:
Doch so krass diese Zahlen klingen, so darf man daraus doch keine allgemeine Schwäche des Ostens ableiten. Das meint zumindest Joachim Ragnitz, stellvertretender Geschäftsführer der Niederlassung Dresden des Ifo Instituts. Womöglich, schreibt er, seien 30 Jahre doch „ein zu kurzer Zeitraum, um regionale Wirtschaftskraftunterschiede abzubauen.“
Zum einen lag die ostdeutsche Wirtschaft nach der Wende am Boden. Zum anderen hat Westdeutschland sich in den letzten 30 Jahren sich wirtschaftlich kräftig entwickelt. Um aufzuholen, hätte die Wirtschaft im Osten also sehr viel stärker wachsen müssen als im Westen. Ragnitz schreibt deshalb: „Es ist eher bemerkenswert, dass Ostdeutschland in den letzten Jahren überhaupt mit der Wirtschaftsentwicklung in Westdeutschland hat mithalten können und nicht weiter zurückgefallen ist.“
Zumal die ostdeutschen Bundesländer nach dem Mauerfall erst einmal den Umstieg von der Planwirtschaft auf die Marktwirtschaft stemmen mussten. Viele der volkseigenen DDR-Betriebe sind nach der Wende pleite gegangen oder zerschlagen worden. Allein die Treuhand hat bis 1994 rund 3500 Firmen abgewickelt. Entsprechend viele Menschen haben dadurch ihren Job verloren.
Arbeiteten vor dem Mauerfall noch über vier Millionen Menschen in den DDR-Betrieben, waren es bei der Auflösung der Treuhand 1994 nur noch 1,5 Millionen Menschen. Zwar sind im Osten durchaus auch neue Jobs entstanden, aber häufig in ganz anderen Bereichen. So sind zum Beispiel in der ostdeutschen Industrie lediglich 20 bis 25 Prozent der Arbeitsplätze in den 1990er Jahren erhalten geblieben. Und ausgleichen konnte das der wachsende Dienstleistungssektor kaum.
Erst in den letzten Jahren hat sich die Arbeitslosenquote in Ost und West angenähert:
Auch aufgrund des schwachen Arbeitsmarkts sind viele Menschen abgewandert. Allein 1989 und 1990 haben 800000 den Osten verlassen. Aber auch Anfang der 2000er Jahre gab es eine weitere Welle, als vor allem junge Menschen auf der Suche nach Jobs in westliche Bundesländer umzogen. Mittlerweile hat sich der Trend umgekehrt: 2017 sind erstmals mehr Menschen von West nach Ost gezogen als andersherum:
Ein Grund dafür ist das Studium, das in Städten wie Leipzig, Jena und Dresden beliebter geworden ist. Den über Jahrzehnte anhaltenden Bevölkerungsschwung kann das aber noch lange nicht ausgleichen. Dazu kommt, dass Prognosen zufolge aufgrund der Altersstruktur die Zahl der Erwerbsfähigen im Osten sehr viel stärker zurückgehen wird wie im Westen.
Deshalb glauben auch 30 Jahre nach dem Mauerfall viele Ökonomen nicht, dass Ostdeutschland den Westen wirtschaftlich so schnell wird einholen können. Einer Umfrage des Ifo-Instituts zufolge rechnen 69 Prozent der Experten damit, dass der Osten über Jahre, wenn nicht gar Jahrzehnte abgehängt bleibt. 
Par conséquent, même 30 ans après la chute du mur de Berlin, de nombreux économistes ne croient pas que l'Allemagne de l'Est pourra rattraper l'Ouest aussi rapidement sur le plan économique. Selon une enquête de l'Ifo Institute, 69 pour cent des experts s'attendent à ce que l'Est reste dépendant pendant des années, voire des décennies.
Ein Grund dafür ist die Wirtschaftsstruktur im Land. Denn die ist seit der Deindustrialisierung vor allem von kleinen Betrieben geprägt. So schafft es aktuell zum Beispiel kein ostdeutsches Unternehmen unter die 30 wichtigsten Börsenkonzerne, die im deutschen Leitindex Dax vertreten sind. Ein Nachteil ist das nicht nur, weil Großkonzerne viele Jobs schaffen. Sondern weil sich um sie herum auch meist eine Zulieferindustrie ansiedelt.
Dass das im Osten fehlt, liegt nach Ansicht des Institut für Wirtschaftsforschung in Halle auch an der Politik. So sind viele der Subventionen für Unternehmen im Osten an Arbeitsplätze geknüpft: Geld fließt nur, wenn dafür Jobs erhalten oder gar neue geschaffen werden. Was sozial sinnvoll klingt, kann nach Ansicht der Forscher dazu führen, dass Jobs entstehen, die es unter normalen Bedingungen gar nicht geben würde. Dem Osten hilft das nur kurzfristig. Langfristig verlieren die Unternehmen auf diese Weise Wettbewerbsfähigkeit. Blühende Landschaften entstehen so kaum.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
 LES LIMITES DE LA DYNAMIQUE DES TRANSFERTS

Selon l'Institut de recherche économique de Halle, cette situation est de la responsabilité du politique. « Une grande partie des subventions accordées aux entreprises de l'est (nous appelons cela  chez nous des transferts) sont liées à l'emploi : L'argent ne circule que lorsque des emplois sont créés ou même de nouveaux emplois sont créés artificiellment. Selon ces chercheurs, ce qui semble socialement raisonnable peut conduire à la création d'emplois qui n'existeraient pas dans des conditions normales. Cela n'aide l'Est qu'à court terme. À long terme, les entreprises perdent ainsi leur compétitivité. Les paysages florissants ne surgissent jamais de cette manière. » 
Il est clair que les seuls transferts ne permettront pas plus  à la Wallonie qu’à l’ancienne Allemagne de l’Est de rattraper de sitôt l’immense retard qu’elles accusent l’une par rapport à l’ancienne RFA , l’autre par rapport à la Flandre. Mais sans transferts (après 2025 ce sera terminé) cela risque d’être encore plus difficile. On imagine difficilement que, même en cas de succès des négociations arc en ciel (même Magnette n’y croit pas) , une coalition de ce type soit capable de relever un tel défi. C’est dire que la Belgique cette fois est à la croisée des chemins. Confédéralisme ? Rattachisme à la France ? Formation d’une Belgique résiduaire (La Wallonie plus Bruxelles ? 
Il se pourrait que des élections anticipées que beaucoup redoutent (mais pas le Belang et à mon sens pas la NVA) nous apportent un nouvel éclairage. En politique disait André Cools c’est presque toujours le pire qui se produit !
MG

samedi 9 novembre 2019

Magnette suscite la "suspicion", mais il ne faut pas le "sous-estimer" : revue de presse des journaux flamands


Jonas Legge La Libre Belgique

Les annonces faites, ce jeudi, par l'informateur royal Paul Magnette ont été scrutées et commentées dans les journaux flamands. Voici une revue de presse du nord du pays.

Même si Paul Magnette a évalué ses chances de réussite à deux sur dix, l'éditorialiste du Laatste Nieuws enjoint ses lecteurs à ne pas "sous-estimer" le socialiste. "Avec une présence et une aisance dont tout autre politicien belge est secrètement jaloux, il s'est lancé hier comme informateur", écrit Jan Segers, qui vante le "néerlandais excellent" du Carolo.
L’éditorialiste prévient tout de même : "Il devra se débarrasser de sa peau de président polarisant et polémique du Parti socialiste au profit de celle d'informateur. Ce n'est pas facile, car Paul Magnette suscite surtout la suspicion en Flandre, pas la confiance (...) Il va maintenant devoir charmer les partis flamands, pas les alarmer."
Dans le Nieuwsblad, Pieter Lesaffer estime que la tentative de former une coalition alliant PS et N-VA était "une voie sans issue". "Dans une telle situation, la seule solution est d'essayer une autre rue, même si cela s'avère temporaire."
Lui aussi insiste sur l'aspect personnel : "Du côté flamand, Magnette est beaucoup mieux perçu qu'Elio Di Rupo, même s'il est au moins aussi à gauche et encore plus dogmatique que son prédécesseur". Pieter Lesaffer prévient qu'il y a encore "beaucoup d'embûches".
Bart Haeck, dans De Tijd, souligne que, même si le socialiste a annoncé un changement d'approche (d'abord discuter du contenu d'un accord avant d'envisager quels partis formeront une majorité), il n'en est rien, ou presque. "Tout cela sonne bien, mais si vous lisez les mots, vous verrez à quel point peu de choses ont changé."
"Au début de cette semaine, on s'attendait à ce que le roi gagne du temps en recevant tous les présidents de parti. La surprise qu'il ait nommé Magnette à titre d'informateur n'en est pas une, à bien y réfléchir. Le roi gagne simplement du temps, d'une manière différente", estime le quotidien économique.
Dans un article intitulé "Magnette invite à nouveau dix personnes au café", De Standaard juge lui aussi que "la méthode que Magnette préconise est la même que celle des informateurs précédents, Johan Vande Lanotte (SP.A) et Didier Reynders (MR)". Le quotidien ajoute toutefois que "contrairement à Vande Lanotte, Magnette n'est pas une éminence grise sans intérêts majeurs dans la formation ; c'est un président de parti qui peut jouer une partie de poker avec engagement. Il fait la même chose avec un style et une urgence différents"


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
UNE ENTREE EN FAFANRE : LE MAGNETISME DE MAGNETTE

La conférence de presse de Paul Magnette fut un grand moment théâtral.  Monsieur le professeur Magnette a montré qu’il savait y faire dans les deux langues et même s’il n’a en aucune manière changé le cap, il a réussi l’exploit de s’imposer d’emblée comme l’homme fort wallon, l’anti Michel mais aussi l’anti Di Rupo face à un Bart De Wever qui doucement chancelle de son piédestal. Sur le fond ce n’est pas une révolution, sur la forme c’est un coup de tonnerre dans le landerneau politique belge. Cet homme coiffé d’une double casquette d’informateur et de président du PS a montré d’emblée qu’il avait du style et mieux encore du caractère. 
Koen  Geens (CD&V) qui se rêve premier ministre et il en a la statutre-  continue à préférer l’option violet-jaune (PS-NVA). Il redoute en effet de devoir faire le grand écart entre un gouvernement flamand très à droite auquel il participe et une coalition fédérale très à gauche. 
Le veto de principe contre pourpre-vert n’ a donc pas  été levé  car le parti de Geens continue à  privilégier l’ association  avec la  N-VA et PS comme axe central.
Geens : "Nous allons écouter M. Magnette demain, parce que nous sommes ouverts au dialogue. Nous lui dirons nous-mêmes ce que nous avons toujours dit : « jaune pourpre est à nos yeux la seule option".
Pourtant vendredi en début de journée, Mathias De Clercq, bourgmestre VLD de Gand a lancé un ballon d’essai en faveur de la coalition arc en ciel préconisée par Magnette avec un pronostic de succès de 20%.
En politique, disait André Cools, c’est souvent l’imprévisible qui se produit. Le prévisible c’est de nouvelles élections mais personne n'en veut rien entendre sauf le PTB et le Belang et possiblement Bart De Wever…
MG



jeudi 7 novembre 2019

Bruxelles: la tolérance zéro sera appliquée dans la zone 30, généralisée en 2021


La ministre de la Mobilité veut faire de la sécurité routière une priorité. La zone 30 est au centre du dispositif. Elle sera davantage contrôlée.

Automobilistes qui avez l’habitude de circuler dans la Région bruxelloise, gare ! Elke Van den Brandt (Groen), la nouvelle ministre en charge de la mobilité, des travaux publics et de la sécurité routière, a décidé d’ériger cette dernière en grande priorité. Cela en réaction au nombre encore trop élevé d’accidents corporels sur les routes de la capitale. En particulier ceux qui touchent les cyclistes (+ 16 % au premier semestre 2019).
Concrètement, à partir du 1er janvier 2021, le 30 km/heure deviendra la règle sur tout le territoire de la Région, à l’exception de grands axes structurants où le 50 km/h s’appliquera (et même quelques tronçons à 70 km/h). Des aménagements de voiries inciteront le conducteur ou la conductrice à ralentir.
L’autre grande nouveauté, c’est que cette zone 30 sera davantage contrôlée et que les automobilistes qui ne la respecteront pas seront donc aussi davantage sanctionnés. Pour ce faire, de nouveaux radars viendront prochainement moderniser et s’ajouter au parc existant. Tandis que le centre régional de traitement des amendes verra son personnel quasiment doubler. De 200.000, la capacité de traitement passera à 350.000 amendes par an. Un automobiliste averti...


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
LA DICTATURE VERTE ?
         
Awel merci. Madame Elke Van den Brandt (Groen) pour qui quelques Flamands de Bruxelles ont voté est devenue ministre de la mobilité (le ministère que personne ne veut) par la grâce d’une plomberie institutionnelle dont Zean Luc De Haene avait le secret. Et klette Mariette, pardon klette Elke,  tout le monde en trottinette et à bicyclette et les automobilistes, ces galleux, tous à trente à l’heure : kak of giene kak de pot op ! Awel merci ! Et les tunnels dans quel état sont-ils ? Les tunnels on s’en fout le gros du budget ira au tram et aux pistes cyclables. Kzegamoda !
MG



mardi 5 novembre 2019

Les jeunes socialistes interpellent le préformateur Rudy Demotte


La Libre Belgique
La jeunesse socialiste s'inquiète. À quelques jours de la fin de la mission royale de Rudy Demotte (PS) et de Geert Bourgeois (N-VA), elle a décidé de faire connaître ses préoccupations quant à son avenir. Dans une lettre ouverte au socialiste chargé d'une mission de préformation, les jeunes PS l'appellent à agir "face à la vague brune flamande et au repli sur soi toujours plus prononcé".

"D'abord, cher Rudy, nous espérons que le fruit de ton travail et les positionnements pris par le parti socialiste garantissent que notre 'Mère Chérie' survive face aux aspirations indépendantistes flamandes", commencent les JS. Leurs trois plus grandes préoccupations? L'emploi, la sécurité sociale et l'urgence climatique.
Surtout, les JS exposent leurs craintes environnementales, faisant écho à celles des milliers de jeunes Belges ayant défilé dans les rues ces derniers mois. "Face à, et malgré les propos climatosceptiques ou dignes d’une autruche que certains tiennent, nous espérons que l'urgence climatique cette question occupera une place centrale dans le rapport,"  de Demotter et Bourgeois.
. "Nier ou reléguer cet enjeu fondamental au second plan ne serait pas une erreur, mais un véritable crime !"
"SI LES PARTIS SONT INCAPABLES DE FORMER UN GOUVERNEMENT, LAISSONS CETTE TACHE A DES EXPERTS"
Le Vif
"Ca a assez duré. Si les partis politiques sont incapables de former un gouvernement, laissons cette tâche à d'autres, à des experts", a défendu Joachim Coens, candidat à la présidence du CD&V, samedi dans les colonnes de Het Laatste Nieuws.
Joachim Coens plaide donc pour un changement de cap.
"Le gouvernement précédent envisageait un déficit budgétaire d'un milliard en 2020. Ce pourrait toutefois être 12 milliards. Ce n'est pas sérieux. Quel citoyen, quelle entreprise veut encore placer son destin entre les mains de personnes qui refusent de décider, de travailler ensemble? Ce pays a besoin d'un gouvernement. Et d'un budget digne de ce nom. Si les partis ne réussissent plus, d'autres doivent s'en charger", estime M. Coens.
Si aucun gouvernement n'est formé d'ici le 1er janvier 2020, un gouvernement technique d'une dizaine d'experts, issus du monde académique, administratif et de l'entreprise, doit être composé, selon le bourgmestre de Damme

PAUL MAGNETTE SUR LA FORMATION FEDERALE: «NOUS N’ALLONS PAS DISCUTER AVEC LA N-VA»
Le Soir
Le président du PS Paul Magnette était invité sur le plateau du journal de la RTBF. Il a exprimé son souhait de ne pas travailler avec la N-VA.

Une marge de négociation avec la NVA ? Pour Paul Magnette, cela n’a jamais été possible : « le Roi a demandé que les préformateurs prennent contact avec tous les partis. Bien sûr, nous répondons aux invitations. (…) On a constaté que la N-VA ne veut pas parler de social et revient avec l’institutionnel, ils veulent scinder toutes les fonctions fédérales. Nous n’allons pas discuter avec la N-VA sur ces sujets. »
Le président du parti socialiste francophone a rappelé que la N-VA n’était pas «incontournable».
« Il y a d’autres formules possibles, la N-VA n’est pas incontournable, on reste du côté des solutions, de la construction, avec d’autres coalitions. Certains partis ont à cœur la justice sociale et l’avenir climatique. Si la N-VA pense que l’institutionnel est la priorité, qu’ils essayent de former majorité.
La situation est compliquée, l’héritage du gouvernement Michel est difficile, 14 milliards de dette, mais nous devons prendre nos responsabilités. Le roi a la situation en main. »
M. Magnette n’envisage pas des élections anticipées si le blocage devait persister. «Nous ne ferons rien pour aller aux élections», a-t-il assuré.
LE PS ET LA N-VA REPONDENT A CHARLES MICHEL: "C'EST L'ESSENCE MEME DE LA DEMOCRATIE"
Belga
Il est temps que les partis impliqués dans les pourparlers en vue de la formation d'un gouvernement fédéral disent clairement s'ils souhaitent mener une politique socio-économique de gauche ou s'ils préfèrent une politique de centre-droit associée à des avancées communautaires, a commenté lundi le ministre flamand Ben Weyts (N-VA) sur Radio 1. "La N-VA joue cartes sur table. Nous sommes prêts à toutes les discussions aussi longtemps que les Flamands puissent obtenir la politique pour laquelle ils ont voté, c'est à dire une approche socio-économique de centre-droit soit via un gouvernement fédéral, soit via des avancées institutionnelles de manière à ce que nous puissions décider seuls de ce qui doit être fait avec notre argent", a déclaré M. Weyts. Le nationaliste flamand a appelé les autres partis à se positionner clairement sur ces questions.
Interrogé sur La Première, l'ancien Premier ministre Charles Michel (MR) a quant à lui demandé au PS et à la N-VA de prendre leurs responsabilités. "S'accrocher à son programme électoral en Belgique, c'est facile mais c'est faire preuve d'un manque de courage, d'une faiblesse, voire d'une lâcheté. Le courage, c'est d'être créatif, innovant, de faire des compromis pour gouverner ce pays avec une majorité parlementaire", a lancé celui qui prendra prochainement la tête du Conseil européen.
"Défendre son programme, respecter les engagements pris face aux électeurs, c'est l'essence même de la démocratie. Ceux qui ont causé la crise sociale et politique dans laquelle nous nous trouvons devraient être les mieux placés pour s'en souvenir", lui a rétorqué le président du PS, Paul Magnette, via Twitter.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
« CE COUP CI S’EST GRAVE » Kroll
NON , ON N’EST PAS SORTI DE L’AUBERGE


Il semble même qu’on montre beaucoup de répugnance à y entrer, dans l’auberge.
Ce qui est sûr c’est que tous redoutent les prochaines élections fédérales, qu’elles soient anticipées –Magnette n’en veut à aucun prix, il redoute une montée du PTB  ; la NVA redoute leur issue qui devrait  profiter au  Belang.
Charles Michel a perdu une bonne occasion de se taire. Il porte une responsabilité majeure dans la détérioration du climat politique et il se tire vite fait vers le Conseil de l’Europe où il devra montrer ce qu’il a vraiment dans le ventre. Il risque très vite de rabaisser le ton de plusieurs octaves.
 Mais voici que soudain, face à l’impasse au niveau fédéral qui persiste depuis près de six mois, le chef de groupe PS à la Chambre, Ahmed Laaouej, n’exclut pas des élections anticipées. Invité sur la Première, le socialiste a affirmé ce mardi que cette option n’était « pas impossible » même si « pas souhaitable. »
Le chef de groupe PS à la Chambre appelle également l’Open VLD et le CD&V à « faire preuve de lucidité et de clairvoyance » : « Qu’ils arrêtent de se scotcher à la N-VA », a-t-il lancé, assurant qu’il existe d’autres coalitions possibles.
Malheureusement ceci est une pure vue de l’esprit : jamais les Flamands n’accepteront de former une coalition asymétrique  dans laquelle la Flandre soit minoritaire comme les Francophones furent minoritaires au sein du gouvernement de Charles  Michel.
Il y aura donc bel et bien des élections anticipées au niveau fédéral avec le risque que le Belang et le PTB ne crèvent leur plafond électoral de mai 2018.
MG


POURQUOI TOUS LES CHEMINS MENENT AUX ELECTIONS ANTICIPEES

La Libre Belgique 
Les préformateurs Rudy Demotte et Geert Bourgeois n’ont pas réussi à réconcilier le PS et la N-VA. Il est encore trop tôt pour lancer la piste d’un gouvernement fédéral sans les nationalistes flamands. Quel que soit le scénario vers lequel on se dirige, la piste d’élections anticipées ne peut être écartée
Mai 2024. Le prochain rendez-vous électoral est censé avoir lieu dans un peu moins de cinq ans, à nouveau pour un méga-scrutin fédéral, régional et européen, comme le 26 mai dernier. Mais l’hypothèse d’élections fédérales anticipées devient de plus en plus plausible, à mesure que le surplace dans les négociations pour la formation du prochain gouvernement se prolonge. À vrai dire, des élections anticipées, qui auraient donc lieu avant le terme normal de la législature, sont même une issue probable, si pas inévitable, dans tous les cas de figure.