mercredi 8 juillet 2020

MYSTÈRE MACRON


Il y a un mystère Macron : pourquoi choisit-il les membres de son personnel politique avec un instinct aussi sûr pour leur médiocrité ou leur capacité de nuisance ? Quand on énumère les noms d'Alexandre Benalla, de Nathalie Loiseau, de Benjamin Griveaux, d'Agnès Buzyn, de Franck Riester, de Sibeth Ndiaye, de Christophe Castaner (série en cours), cela ne peut être, de la part d'un homme intelligent, un pur effet du hasard. Il y a là-dedans quelque chose qui nous échappe. (Jacques Julliard,  Marianne)


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
CQFD  CE QUI FAIT DEBAT

A l’évidence, ni les magistrats ne trépignent de joie, ni les policiers ne voient d’un bon œil l’arrivée de Dupond Moretti et de Darmalin à leur tête. Macron, obsédé par sa réélection, aurait-il le mauvais œil? On aura donc une Roselyne pas vraiment rose, -ni très fraîche ni très de gôche-, à la culture, un Sarko bis à l’intérieur -sortez les Kärcher- et un super  braconnier dans les chasses gardées de la justice française. Ambiance et cotillons. Les gilets jaunes se frottent les mains.
Le casting de Castex est vraiment très sarkozien, à croire que Macron se prépare à siphonner la droite après avoir asséché la gauche.
Restera à surfer sur la vague verte, ce qui ne semble vouloir se faire que très timidement. Marine se tait sur toutes les chaînes ; le temps et Macron sont ses meilleurs alliés.
MG


"JE SUIS SUR QUE JE NE VEUX PAS FAIRE DE POLITIQUE" : DEPUIS 2018, ERIC DUPOND-MORETTI SEMBLE AVOIR CHANGE D'AVIS
Par Louis Nadau

"Non ! Que voulez-vous que j'aille faire là-bas ?", répondait le futur garde des Sceaux à "Marianne" lorsqu'on l'interrogeait, en avril 2018, sur une possible entrée au gouvernement.
Ne jamais dire : "Fontaine, je ne boirai pas de ton eau." A la surprise générale, le ténor du barreau Eric Dupond-Moretti est entré au gouvernement ce lundi 6 juillet en tant que garde des Sceaux. Le même Dupond-Moretti assurait pourtant à Marianne, dans un entretien d'avril 2018, "être sûr" de ne pas vouloir faire de politique.
L'idée le faisait même rire : "Non ! Que voulez-vous que j'aille faire là-bas ?", répondait-il lorsqu'on lui demandait s'il avait des vues sur la Chancellerie. "Je suis sûr que je ne veux pas faire de politique. On m'a fait quelques propositions déjà…", expliquait-il, sans préciser l'identité de ses courtisans.
Toutefois, le futur ministre de la Justice ne cachait pas sa sympathie pour le président de la République : "J'aime bien ce Macron. Il est jeune. Il arrive de nulle part. Il a fracassé de vieux concepts et clivages qui méritaient de l'être." "Acquitator" ne cachait pas son enthousiasme : "Il a choisi un opposant politique comme Premier ministre, ça a beaucoup d'allure : si les gens intelligents peuvent se réunir, je trouve que c'est pas mal." Et quoi de mieux qu'entrer au gouvernement pour éprouver cette belle conviction ?


"J’ai l’impression de vivre un cauchemar éveillé" : des magistrats réagissent à la nomination de Dupond-Moretti à la Justice
Par Laurent Valdiguié

La nomination du célèbre avocat, connu pour ses critiques régulières à l'encontre des magistrats, interpelle la profession.
Mais quelle mouche a piqué Macron ? La demi-douzaine d’avocats et de magistrats consultés depuis 19h sont sans voix. Interloqués. Médusés. Sous le choc. Aucun magistrat en poste évidemment ne souhaite être cité pour réagir officiellement à la nomination dans le fauteuil du Garde des Sceaux du « bouffeur de juges » qu’est Eric Dupond-Moretti. « Sa vie durant, ce pénaliste a plaidé en disant qu’il ne pourrait lui même jamais être magistrat et le plus souvent en traitant de nuls de la pire espèce les juges d’instruction qui avaient mené l’enquête et les procureurs qui portaient l’accusation ! Alors forcément, pour tous les juges de ce pays, cette nomination ne pas va être facile à digérer », s’époumone un ancien bâtonnier. 
« Que Dupond soit le Badinter du nouveau monde, cela en dit long sur ce qu’est le nouveau monde », réagit un autre avocat. 
Est-ce via Bernard Tapie, qui l’admire, reçu récemment à l’Elysée, où via Nicolas Sarkozy, dont il est si proche ? « Ce sera injouable pour les magistrats d’être représentés par quelqu’un qui est à ce point en porte à faux avec eux, à leur antipodes », s’énerve un pénaliste parisien, persuadé « que Dupond démissionnera d’ici la fin de l’année. »
Il est incontrôlable, n’a jamais supporté la moindre parcelle d’autorité et il est surtout très susceptible. Des défauts a priori éliminatoires pour occuper son nouveau poste ! « On verra, il va être très surveillé, et il n’est pas dit qu’une fois passé de l’autre coté du miroir, il ne devienne pas demain le plus farouche défenseur… des magistrats », espère l’un d’eux.
"Le nommer à la Justice est une marque de mépris totale pour les juges."


GERALD DARMANIN A L’INTERIEUR, LE HOLD-UP D’UN SARKOZYSTE
Par Soazig Quéméner (Marianne )

Après la nomination de Jean Castex à Matignon, Gérald Darmanin, proche de l'ex-président, entre à l’Intérieur par la grande porte.
Il voulait « peser », il a été entendu. A 37 ans, Gérald Darmanin marche dans les pas de l’un de ses mentors, Nicolas Sarkozy. Emmanuel Macron lui offre Beauvau, son rêve. « Grand honneur pour le petit-fils d’immigré que je suis, d’être nommé ministre de l’Intérieur de notre beau pays », a tweeté lundi 6 juillet celui qui se décrit comme « sociologiquement de gauche et culturellement de droite », difficile de mieux coller au « et en même temps » présidentiel.
En à peine trois ans passés en Macronie, celui à qui son sens politique a valu le surnom de « Darmalin », est donc propulsé à l’un des postes les plus exposés de la République. 
Emmanuel Macron a opté, dans la perspective de la présidentielle 2022, pour ce ministre très politique, et cela malgré la reprise des investigations à son sujet, concernant une accusation de viol qui date de 2009. "Espérons que la décision de la cour d'appel de Paris ne vienne pas entraver son action au ministère de l'Intérieur", a souligné Yves Lefebvre, de l'Unité-SGP-FO.
Ami avec Nicolas Sarkozy, Darmanin est également, tout comme Jean Castex, un proche de Xavier Bertrand. 
La feuille de route de Darmanin est déjà écrite : restaurer l’autorité de l’Etat et pour commencer, l’autorité du ministre sur les forces de l’ordre après la désastreuse séquence Castaner. "Le malaise est grand dans les rangs de la police et nous le jugerons sur les actes", a mis en garde Fabien Vanhemelryck d'Alliance. Darmanin avait été pressenti pour reprendre un grand ministère des Affaires sociales et ouvrir les discussions sur la réforme des retraites. Sa mission pourrait être d’en cadrer les conséquences... dans la rue.


"C'EST UN CAUCHEMAR": ROSELYNE BACHELOT AFFIRMAIT NE PLUS JAMAIS VOULOIR ETRE MINISTRE, QU'EST-CE QUI L'A FAIT CHANGER D'AVIS?
La Libre Belgique

AqAprès une pause de huit ans, la femme politique a accepté lundi de devenir ministre de la Culture au sein du gouvernement de Jean Castex. Une proposition qu'elle n'a pas pu refuser, selon son propre aveu.
Roselyne Bachelot fait en tout cas partie des grandes surprises de ce nouveau gouvernement. Non seulement parce qu'elle avait l'air de s'épanouir en tant que chroniqueuse et éditorialiste mais, en plus, car elle avait déclaré à plusieurs reprises ne plus vouloir faire de politique.
"Jamais, jamais"
En mai dernier, alors qu'elle était sur son téléphone en plein milieu des "Grosses Têtes" sur les ondes de RTL, elle s'était fait taquiner par son équipe qui lui avait demandé si quelqu'un était en train de lui demander de devenir ministre. "Mon Dieu, non. Attendez, mais c'est un cauchemar", avait directement répondu Roselyne Bachelot à Laurent Ruquier.
En 2017, toujours devant Laurent Ruquier, elle affirmait encore ne "jamais jamais" revenir en politique. "Je respecte mes engagements", soulignait-elle.
Mais, comme l'affirme l'adage, il ne faut jamais dire jamais.
Après avoir occupé le poste de ministre de la Santé et des Sports, puis celui de ministre des Solidarités et de la Cohésion sociale, sous Sarkozy, Roselyne Bachelot a fait son grand retour à la Culture, un domaine qui lui tient particulièrement à coeur.
 "Je connais Jean Castex depuis longtemps. Il me demande si je souhaite rejoindre l'équipe gouvernementale. Je réponds d'abord non. Et il me dit que c'est pour être ministre de la Culture. Là je lui réponds, 'tu me fais craquer'."
"Je me dis qu'il y a une opportunité incroyable à saisir, dans les circonstances actuelles sur cette politique culturelle. Les gens ont besoin de choses fortes et la culture, c'est vraiment quelque chose qui peut nous réunir et qui peut donner du sens dans une société qui cherche sa route. Je me suis dit que je ne pouvais pas me défiler".


REMANIEMENT: MACRON DESARÇONNE LES MACRONISTES
Les députés reprochent au président d’avoir opéré un virage à droite, rompant ainsi avec l’engagement fondateur de sa campagne de 2017: le dépassement des clivages traditionnels.
Par François-Xavier Bourmaud et Mathilde Siraud
Figaro

Ils ont défilé devant les caméras et le crépitement des appareils photo, sous le regard circonspect des macronistes de la première heure. Pour le premier Conseil des ministres du gouvernement Castex, le virage à droite d’Emmanuel Macron s’est physiquement incarné sur les marches de l’Élysée.

D’abord Jean Castex, puis Gérald Darmanin, puis Bruno Le Maire, puis Jean-Michel Blanquer, puis Roselyne Bachelot, puis Sébastien Lecornu… En face, les ministres issus de la gauche faisaient pâle figure. D’ailleurs, Emmanuel Macron a réussi à «réunir quasiment tous les courants de la droite» dans le gouvernement, a estimé l’ancien conseiller de Nicolas Sarkozy Camille Pascal.
Richard Ferrand absent
Du pain bénit pour Jean-Luc Mélenchon, chef de file des Insoumis, qui n’a pas manqué de qualifier le chef de l’État de «chef de la droite». Le patron du PS, Olivier Faure, lui a emboîté le pas en dénonçant «un gouvernement plus à droite que jamais». Forcément, chez Les Républicains, on a plutôt mal pris la chose. Toute la journée, les ténors de la droite se sont relayés pour réfuter l’idée qu’ils n’auraient pas renié ce gouvernement. Mais les réactions qui en disent le plus long sur la couleur politique du nouvel exécutif viennent de la macronie historique. À commencer par celle du groupe LREM à l’Assemblée nationale, qui a fraîchement accueilli le premier ministre. Lors de cette rencontre, mardi matin, une absence a été particulièrement remarquée, celle de Richard Ferrand, le président de l’Assemblée nationale, ancien socialiste et fidèle de la première heure. «On est beaucoup à être encore dans la digestion des annonces», confie un fidèle d’Emmanuel Macron.
On est beaucoup à être encore dans la digestion des annonces.
Un fidèle d’Emmanuel Macron
Beaucoup regrettent de ne pas avoir vu Emmanuel Macron suffisamment puiser dans le vivier de sa majorité pour son remaniement. Et, ce faisant, d’avoir rompu avec l’engagement fondateur de sa campagne de 2017: le dépassement des clivages traditionnels. C’est le groupe LREM à l’Assemblée qui était censé le porter. «Dans les institutions de la Ve République, il y a une logique qui part du parti, qui passe par le groupe majoritaire et qui aboutit au gouvernement. Emmanuel Macron est en train de casser ce continuum institutionnel, s’inquiète ainsi un macroniste historique. Le président a tendu au maximum de ce qu’il était possible de tendre le principe de l’attirail hétéroclite.»
Forcément, au sein du nouvel exécutif, on réfute tout déséquilibre dans le casting gouvernemental. Le nouveau porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, s’y est employé lors de son premier compte rendu du Conseil des ministres. Le jeune élu a ainsi rappelé la promesse originelle du macronisme, censée «permettre à des personnes issues d’horizons différents de travailler ensemble à un socle commun». Mais, autour du chef de l’État, certains redoutent une fronde à venir des députés macronistes. D’autant plus s’ils seront peu nombreux à être promus secrétaires d’État, lors de la seconde vague de nominations au gouvernement, attendue pour la semaine prochaine.
La bronca des féministes
Au-delà de la question de l’équilibre politique, Jean Castex, le nouveau premier ministre, devra aussi composer avec l’arrivée de fortes personnalités, comme Éric Dupond-Moretti à la Justice et Roselyne Bachelot à la Culture. Il devra aussi surveiller la bronca des féministes qui ont manifesté aux abords des lieux de pouvoir mardi pour dénoncer la nomination de Gérald Darmanin à l’Intérieur. L’ancien ministre des Comptes publics fait l’objet d’une plainte pour viol, qu’il réfute.
À l’issue de ce premier Conseil des ministres, la nouvelle équipe gouvernementale se retrouvera samedi matin pour un séminaire de travail. Pour tracer son «nouveau chemin», Emmanuel Macron a fixé «quatre grands axes», a annoncé Gabriel Attal, à savoir la «reconstruction du pays», le «patriotisme républicain», «davantage de libertés et d’associations dans notre pays», et enfin «l’Europe».
Le chef de l’État donne «600 jours» à son nouvel exécutif pour obtenir des résultats, soit le temps qui le sépare désormais de l’élection présidentielle de 2022. Emmanuel Macron s’en défend, mais il est possible qu’il y pense en remaniant.



La peste bubonique, maladie qui a causé la peste noire, de retour en Chine

La Libre Belgique

Selon l'agence de presse chinoise Xinhua, un cas de peste bubonique aurait été découvert dans une ville située ou nord-ouest de Pékin, en Mongolie-Intérieure.
Après ce cas présumé signalé dimanche, les autorités locales ont émis une alerte afin de prévenir une possible contamination au sein de la ville. Celle-ci devrait rester en vigueur jusqu'à la fin de l'année selon Xinhua. Les autorités locales ont demandé aux habitants de la ville de Bayannur de rester sur leurs gardes et ont mis en place plusieurs mesures de précaution afin de minimiser le risque de transmission interhumaine et d'éviter de chasser ou de manger des animaux qui pourraient causer l'infection.
Selon CNN, les autorités locales auraient déclaré au journal China Daily qu'il existait bel et bien "un risque d'épidémie de peste humaine qui se propage dans la ville". Les autorités ont également insisté sur le fait que "le public devrait améliorer sa capacité d'autoprotection, et signaler rapidement les conditions sanitaires anormales".
Le quotidien russe Moskovski Komsomolets rapporte également qu'une région du nord-ouest de la Mongolie a également été placée en quarantaine pour cause de présence de peste bubonique, selon les découvertes du Centre national d'étude des infections zoonotiques de Mongolie.
Une maladie du Moyen-Âge ?
La peste, causée par des bactéries, se transmet par le biais de morsures de puces ou d'animaux infectés. C'est l'une des infections bactériennes les plus mortelles : au Moyen-Âge, elle aurait tué environ 50 millions de personnes en Europe. La peste bubonique, qui est l'une des trois formes connues de la peste, peut provoquer plusieurs symptômes comme de la toux, de la fièvre ainsi que des gonflements et des douleurs aux ganglions lymphatiques.
Cette fois, l'animal en cause ne serait autre que la marmotte, parfois chassée pour sa fourrure mais dont la viande est également consommée dans la région. En 1911, la marmotte aurait déjà causé une épidémie de peste pneumonique tuant 63 000 personnes dans le nord-est de la Chine.
Selon l'OMS, 3248 cas de peste ont été enregistrés dans le monde entre 2010 et 2015, dont 584 mortels. Lorsque la maladie est diagnostiquée à temps, les antibiotiques et le traitement symptomatique sont efficaces pour la guérir.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
LA PESTE SOIT DE TOUS CES VIRUS

On croyait en être débarrassé à jamais. La Peste soit de tous ces virus qui nous assaillent. Camus avait donc raison et pourtant d’aucuns suggèrent que son propos était allégorique et qu’il avait métaphoriquement dénoncé la menace d’un autre fléau, non pas la peste noire mais sa version brune plus insidieuse encore, qui avait infecté l’Allemagne et l’Italie et terrassé ses voisins. Cette variante pernicieuse de la peste n’est pas non plus éradiquée, loin s’en faut. Elle gangrène les esprits faibles partout en Europe et progresse tout près de chez nous dans la Flandre profonde dont elle pollue l’inconscient trouble.  
MG

mardi 7 juillet 2020

Bouchez "clivant", Rousseau et son "image de jeune, intelligent", De Wever et ses "petites déclarations choc": nos politiciens décryptés par un prof de psychologie


Stéphanie Demoulin, prof de psychologie et spécialiste de la négociation politique, préconise de faire intervenir des médiateurs. La Libre Belgique

Voici 605 jours que notre pays fonctionne sans coalition majoritaire. Le record mondial des 541 jours est en quelque sorte battu. Beaucoup a été écrit sur l’incapacité de Paul Magnette, Georges-Louis Bouchez, Bart De Wever et cie à trouver un compromis auquel leurs prédécesseurs parvenaient encore. L’aspect psychologique des discussions n’a que peu été abordé. "Lors de la crise des 541 jours, le sujet était dans toutes les conversations. Aujourd’hui, si vous allez à un souper, les gens n’en parlent plus. Ils sont dans une forme d’impuissance acquise, dans le ‘ça ne sert à rien’. Cela ne les affecte plus, il n’y a plus d’attente. Les politiciens en sont forcément impactés ", pointe Stéphanie Demoulin, professeure à l’UCL et spécialiste en négociations politiques. " Les négociateurs et présidents de partis présentent des profils différents, des positions opposées. Le souci principal : ils considèrent les négociations sous l’angle de la compétitivité. On est face à un biais de somme nulle : tout ce que je vais gagner, l’autre va le perdre", ajoute cette professeure en sciences psychologiques. "Or, dans une négociation, on peut aussi potentiellement faire de la négociation coopérative, où il n’y a pas forcément deux perdants. Mais les négociateurs ne voient pas ces possibilités de gagner ensemble.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
ET SI ON PSYCHANALISAIT BELGICA ?

Psychanaliser nos présidents de partis pour détecter les ressorts profonds qui les animent. Pourquoi pas ? Et si on couchait plutôt dame Belgique sur le divan, cela donnerait quoi ? Sans doute dirait-elle, sous hypnose, comme le Faust de Goethe
« Zwei Seelen wohnen, ach! in meiner Brust,
die eine will sich von der andern trennen »

Deux âmes habitent ma poitrine, la première aspire à se séparer de l’autre.
 Mais attention, paradoxe des paradoxes : tel est certes le fantasme de nos politiciens mais il est contredit par les aspirations  profondes des Belges. Diagnostic : schizophrénie.
La schizophrénie se caractérise par des distorsions de la pensée, des perceptions, des émotions, du langage, du sentiment de soi et du comportement.  Le mot schizophrénie signifie « maladie de la scission de l’esprit »
Les patients souffrant de schizophrénie ont une espérance de vie réduite de 10 ans par rapport à la population générale.
Environ la moitié des malades fait au moins une tentative de suicide dans sa vie et 10 % en meurent.
Seuls de rares cas donnent lieu à des accès de violence au cours d’une crise, et cette agressivité est le plus souvent tournée vers le patient lui-même. Put that in your pipe and smoke it.
MG



lundi 6 juillet 2020

Nouveau blocage dans les négociations fédérales: Conner Rousseau et Maxime Prévot refusent l'invitation de Bouchez, Coens et Lachaert


La Libre Belgique

Le président du SP.A, Conner Rousseau, a décliné une invitation de Georges-Louis Bouchez (MR), Joachim Coens (CD&V) et Egbert Lachaert (Open Vld) à se rendre à une réunion avec les 6 partis ( MR, Open Vld, CD&V, CdH, N-VA et sp.a). La coalition Arizon a du plomb dans l'aile.
"Une note de base équilibrée sur la politique de relance est prête. Cet après-midi, 6 partis ont été invités à en débattre en vue de négocier. Malheureusement le sp.a a refusé l'invitation. Si nous voulons des solutions, il faut au moins avoir le courage d’écouter", a tweeté Georges-Louis Bouchez, président du MR.

Il s'agissait d'expliquer aux partenaires le contenu de la note rédigée par les trois informateurs en présence des 6 partis de la potentielle coalition. La réunion a été annulée suite au refuse de Conner Rousseau puis de Maxime Prévot d'y participer. Pour le SP.A, cette réunion à 6 n'est pas ce qui a été convenu ce week-end. Pour rappel, la semaine dernière, le président du SP.A a remis une note au trio fixant ses conditions ( soins de santé renforcé, plus grande contribution fiscale des grandes fortunes et des multinationales). pour entamer les négociations pour la formation d'un gouvernement. L'enthousiasme des socialistes flamands apparaît à tout le moins très limité... " Ce n'est pas une tentative sérieuse de donner suite à ce qui a été convenu ce week-end, à savoir qu'il y aurait une réunion à 3 + 1 (MR, Open Vld, CD&V et SP.A) où nous recevrions des garanties substantielles", a déclaré Conner Rousseau depuis le siège du SP.A sur la VRT. "Ils ont maintenant choisi une voie différente." Les socialistes flamands se disent toujours prêts à poursuivre des discussions de fond. Mais ils souhaitent d'abord des clarifications sur le fait que leurs propres demande ont bien été incluses dans une note du trio. "Nous n'allons pas participer à un achat à l'aveugle", a-t-il encore ajouté.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
LA BELGIQUE N’EST PLUS VRAIMENT UNE DEMOCRATIE

Le citoyen lambda que je suis est franchement lassé par le cirque politique belge que nous imposent des présidents de partis aux égos surdimensionnés et aux dents tellement longues qu’elles raclent le parquet. La Belgique, on le sait, on l’a dit et répété, n’est plus vraiment une démocratie mais une particratie devenue ingérable et incarnée par une génération de jeunes présidents sans expérience qui font de la charpie de la vertu politique belge par excellence : le sens et le goût du compromis. 
Les présidents de parti disposent d’un pouvoir exorbitant qu’ils galvaudent impunément quand le pays est entré dans la crise la plus
compliquée de l’après guère sinon de son histoire. 
« À l’heure où les décideurs politiques se cassent les dents sur la formation d’un gouvernement fédéral majoritaire de plein exercice, il semble - a priori - illusoire qu’ils s’entendent sur l’idée de céder une partie de leur pouvoir aux citoyens »
Et que font-ils donc de tout ce pouvoir, on se le demande.
Plus on se rapprochera de 2024 date du prochain scrutin et plus les partis extrêmes Belang et PTB attireront les voix des mécontents, « les foertstemmen » comme les appela un commentateur flamand, les voix de tous ceux qui n’en peuvent plus. Entre le PS et le PTB, comme entre le Belang et la NVA s’opère un effet de vases communicants du parti traditionnel vers le parti extrémiste.
Je crois deviner que la stratégie de pourrissement de Paul Magnette vise à exaspérer les esprits en Flandre pour discréditer la NVA au profit d’une grenouille Vlaams Belang qui se fera, s’est déjà le cas dans les sondages, aussi grosse, si pas plus grosse que le boeuf NVA.
Il deviendrait alors « aisé » de mettre le Belang hors jeu (cordon sanitaire obligeant) et de négocier avec une NVA considérablement affaiblie. C’est à peu près le raisonnement que suivit autrefois François Mitterrand : gonfler le FN pour affaiblir la droite et remporter la mise ensuite. C’est un jeu machiavélique  extrêmement dangereux qui risque de provoquer une alliance de fait entre le NVA et le Belang se soldant par une prise d’indépendance de la Flandre. Gwendolyn Rutten a révélé que telle aurait déjà été l’intention et l’ambition de Bart De Wever lors de la formation du gouvernement flamand.
Où que l’on regarde en Europe ou aux Etats Unis, partout la démocratie en crise est menacée par des formes de populisme illibéral prêt à troquer le pluralisme démocratique contre un système plus autoritaire à l’exemple de la Hongrie, de la Turquie, de la Russie voire même de la Chine. Cette évolution semble irréversible sur fond de crise du Covid qui risque de se transformer à la rentrée en une crise économique et donc sociale d’ampleur apocalyptique.
MG 


LE POLITIQUE BELGE N’EST PAS PRET A CEDER UNE PARTIE DE SON POUVOIR AU CITOYEN

La Libre Belgique 

Certes, il existe en Belgique une série d’initiatives à l’échelon local. Certes des expérimentations, notables, frémissent en Communauté germanophone et en Région bruxelloise. Mais à quand une véritable démocratie participative à l’échelon national ?
À en croire les spécialistes, les mentalités politiques dans notre pays ne sont pas - encore - mûres pour l’exercice. Le cap serait même plus difficile à franchir chez nous que dans la majorité des démocraties voisines, où les systèmes sont moins rigides.
La faute à la prédominance de la particratie ? Assurément, estime Dave Sinardet, politologue à la VUB et à l’Université Saint-Louis Bruxelles. "La démocratie délibérative va à l’encontre de beaucoup de logiques qui sont inhérentes à notre système, observe-t-il. La Belgique est une démocratie consociative, ce qui implique que beaucoup de pouvoir réside chez les élites qui sont supposées être mieux placées pour représenter les différents intérêts dans la société et qui sont supposées pacifier les conflits. C’est aussi lié à la logique particratique. On reste donc frileux à l’idée d’impliquer le citoyen dans la prise de décision. C’est regrettable. Je reste convaincu qu’il faut diminuer le poids de la particratie dans notre pays et renforcer celui des experts et des citoyens."
La N-VA, premier parti du pays, n’y est pas favorable
Ce n’est pas un secret : les partis belges ne sont pas unanimes à l’idée de renoncer à une partie de leur pouvoir au profit des citoyens-électeurs. Ce sont les libéraux et les verts qui sont grosso modo les plus ouverts à cette petite révolution. On notera aussi la récente impulsion donnée en la matière par le CDH dans le contexte de sa refondation.
Le premier parti du pays, la N-VA, n’y est, lui, pas favorable. Forcément, cela complique d’emblée les choses. Les partenaires sociaux, non plus, ne manifestent pas un enthousiasme débordant dès lors que la participation citoyenne en Belgique a souvent été organisée au travers des syndicats et organisations patronales ou autres associations. Dans l’histoire du pays, l’intervention directe ou semi-directe du citoyen dans la prise de décision a ainsi toujours été mineure, voire inexistante.
"Dans beaucoup de pays, lorsque l’on mène des réformes constitutionnelles, on organise généralement des référendums pour valider ou non le résultat, expose Dave Sinardet. Par exemple, un premier projet de Parlement écossais avait été rejeté par les Écossais en 1979. En Belgique, on a fait six réformes de l’État depuis 1970 et il n’y a eu absolument aucun impact des citoyens sauf à travers la logique de démocratie représentative : les gens votent pour tel ou tel parti pour beaucoup de raisons différentes, puis les élus utilisent leur mandat pour réformer complètement la Constitution et la Belgique. Il serait bénéfique d’avoir enfin un peu d’air frais dans les discussions, notamment au sujet du système institutionnel belge."
L’Irlande, source d’inspiration
L’Irlande constitue un modèle inspirant de démocratie délibérative. Trois assemblées citoyennes tirées au sort ont fait de ce pays un laboratoire en la matière, entraînant des révisions constitutionnelles majeures : les légalisations sur le mariage homosexuel et sur l’avortement (IVG). Ces assemblées sont nées dans le contexte de la crise financière et bancaire de 2008. À l’époque, la perte de confiance dans les institutions est notable. C’est en réaction à cela que des assemblées de citoyens tirés au sort ont été constituées. En 2014, trois de leurs propositions ont été soumises à référendum. Le pays a ainsi approuvé le mariage homosexuel à 62 %. Très catholique, la nation irlandaise est également parvenue à se positionner sur un dossier aussi délicat que celui du droit à l’avortement. Le recours au processus délibératif dans ce cadre-là a permis de dépolariser les discussions, jusque-là exclusivement politiques.
"Les questions éthiques sont des dossiers sur lesquels nous pourrions également instaurer chez nous davantage de participation citoyenne, suggère M. Sinardet. Cela touche au quotidien des gens." À l’ère du coronavirus, la problématique des soins de santé en Belgique pourrait aussi être soumise à l’appréciation d’un panel de citoyens tirés au sort. "Le CD&V veut scinder encore davantage les soins de santé parce que tout le secteur, en Flandre, est entre les mains du pilier chrétien. En défédéralisant, il renforce son pouvoir là-dessus. D’autres sont contre pour la même raison… Si on laissait réfléchir les citoyens sur cette question, les positions seraient peut-être plus indépendantes des logiques de piliers ou de lobbies qui dominent souvent la décision politique en Belgique."
Des panels de citoyens qui comptent
Pratiquement toutes les problématiques éthiques, sociales, économiques ou environnementales pourraient faire l’objet d’une telle participation citoyenne. En France, le président Emmanuel Macron a proposé, lors du grand débat qui a suivi la crise des "gilets jaunes" à l’hiver 2018-2019, de constituer une assemblée citoyenne de 150 Français tirés au sort et chargés de proposer des mesures pour la sauvegarde du climat. Certaines mesures défendues par cette dénommée "Convention citoyenne pour le Climat" pourraient forcer la main au gouvernement en matière d’écologie, si l’on en croit les récentes déclarations de M. Macron. En Belgique, on pourrait imaginer qu’un tel panel soit constitué dans le cadre des discussions sur la relance économique post-Covid.
"C’est une question de volonté politique. Et à ce propos, je suis beaucoup plus pessimiste en ce qui concerne la Belgique, dit Dave Sinardet. Je crois qu’il sera vraiment difficile de convaincre tous les présidents de parti d’aller dans cette logique, à moins d’avoir une majorité gouvernementale qui soit plus enthousiaste à cette idée de la démocratie délibérative."
À l’heure où les décideurs politiques se cassent les dents sur la formation d’un gouvernement fédéral majoritaire de plein exercice, il semble - a priori - illusoire qu’ils s’entendent sur l’idée de céder une partie de leur pouvoir aux citoyens. La note rédigée en novembre 2019 par le président du PS, Paul Magnette, alors chargé d’une mission d’information royale, atteste toutefois d’un certain volontarisme en la matière. Le texte suggérait de réformer le Sénat pour en faire une "Assemblée mixte composée de citoyens tirés au sort". Cette nouvelle assemblée serait chargée de délibérer sur des enjeux de long terme et des questions éthiques. De quoi entreprendre un travail de fond et de réflexion visant à dégager une nouvelle vision de la Belgique à l’horizon 2025.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
« ENTREPRENDRE UN TRAVAIL DE FOND ET DE REFLEXION VISANT A DEGAGER UNE NOUVELLE VISION DE LA BELGIQUE A L’HORIZON 2025 ».

Je fais partie de ceux qui sont encore plus anxieux du déconfinement que du confinement, vécu par tous comme une véritable plongée dans l’inconnu ? J’ai bien peur que la véritable épreuve qui nous attend ne soit pas tant le confinement et l’isolement que le moment où nos sociétés vont se remettre en ordre de marche. Je crains que pour assurer la relance « on » nous pousse à produire toujours plus d’objets nouveaux, de futures monticules de déchets inutiles, de voitures et d’ordinateurs jetés demain au rebut. 
Je doute qu’un retour au bon vieux système vaut vraiment la peine. Il est relativement aisé de supporter le confinement tant qu’on sait qu’il est temporaire. Les problèmes surgissent dès lors que nous devons inventer un nouveau mode d’existence, quand il n’y aura pas de « retour à la normale » Nos chers présidents de partis belges n’ont, à l’évidence,  pas de plan de sortie à long terme à nous proposer. 
C’est dire que les vraies difficultés vont commencer maintenant.
Comment réorganiser notre économie de telle manière qu’elle ne contrecarre pas out élan de solidarité  Sans compter la menace d’un effondrement psychologique en cas de seconde vague. Les signes d’une telle menace semblent se multiplier partout en Europe et dans le monde. Les contours familiers de nos vies quotidiennes sont en train de se transformer. Selon Bruno Latour, l’épidémie de Covid-19 ne serait qu’ une  « répétition générale de ce qui nous attend. Même si nous parvenons à contenir celle-ci, d’autres épidémies et d’autres catastrophes écologiques se produiront de façon certaine. » 
Cette pandémie annonce une nouvelle ère qui nous obligera à tout repenser, y compris la signification de ce qu’est un être humain libre.
   Une authentique révolution démocratique s’impose à l’évidence mais rien ne bouge dans le landerneau politique de ce pays.
La pandémie débouchera immanquablement sur un conflit de fond opposant diverses visions globales de la société. Sommes-nous des utilitaristes prêts à sacrifier des milliers de vies au nom du bien-être économique de la majorité ? Sommes-nous partisans d’un « certain autoritarisme » convaincus que seuls un contrôle et une régulation étatiques sévères sont à même de nous sauver ? Beaucoup redoutent que des mesures comme la quarantaine et la distanciation sociale posent les jalons d’un contrôle autoritaire sournois.
Ce qui m’angoisse, c’est l’incapacité de nos gouvernants à maîtriser la situation et toutes leurs incohérences. 
Par quelle forme sociale remplacer l’ordre mondial néolibéral ? 
Le système capitaliste mondial est sur le point de générer une tempête majeure : combinaison rarissime de facteurs météorologiques qui libère une énergie incomparablement plus grande que leur simple addition et qui mêlera crise économique, crise écologique, crise migratoire, conflits internationaux et soulèvements antiracistes (ils sont loin de se cantonner à l’Amérique). 
L’imprévisible a décidément des allures d’apocalypse.
MG


L’INSOUTENABLE LEGERETE DU CAPITALISME VIS-A-VIS DE NOTRE SANTE, PAR EVA ILLOUZ
Obs (extraits)

TRIBUNE. Dans ce texte brillant, qui souligne le lien étroit entre santé et économie, la grande sociologue franco-israélienne analyse la crise planétaire du coronavirus. Elle dénonce « l’imposture » du néolibéralisme qui, privant l’Etat de ses ressources, a sacrifié le monde dont il se nourrit.
(…)Le coronavirus est un événement planétaire d’une magnitude que nous peinons à saisir, non seulement en raison de son échelle mondiale, non seulement en raison de la rapidité de la contamination, mais aussi parce que les institutions dont nous n’avions jamais questionné le colossal pouvoir ont été mises à genoux en l’espace de quelques semaines. L’univers archaïque des épidémies dévastatrices a brutalement fait irruption dans le monde aseptisé et avancé de la puissance nucléaire, de la chirurgie laser et de la technologie virtuelle. (…) Comme l’écrivit Albert Camus dans « la Peste », « tous ces changements, dans un sens, étaient si extraordinaires et s’étaient accomplis si rapidement, qu’il n’était pas facile de les considérer comme normaux et durables. »
La liberté, la valeur cardinale de la modernité, a été mise entre parenthèses, non pas à cause d’un nouveau tyran mais en raison de la peur, cette émotion qui domine toutes les autres. Du jour au lendemain, le monde est devenu unheimlich, étrangement inquiétant, vidé de sa familiarité. Les gestes les plus réconfortants – se serrer la main, s’embrasser, s’étreindre, manger ensemble – sont devenus sources de danger et d’angoisse. En l’espace de quelques jours, de nouvelles notions ont fait leur apparition pour donner sens à une réalité nouvelle. 
RUPTURE DU CONTRAT DE L’ETAT
Les crises révèlent les structures mentales et politiques et, dans le même temps, elles mettent au défi les structures conventionnelles et la routine. Une structure est habituellement dissimulée au regard, mais les crises n’ont pas leur pareil pour exposer à l’œil nu les structures mentales et sociales tacites.
(…)Cette crise met en lumière deux choses opposées : d’abord le fait que ce contrat, dans de nombreuses parties du monde, a progressivement été rompu par l’Etat, qui a changé de vocation en devenant un acteur économique entièrement préoccupé de réduire les coûts du travail, d’autoriser ou encourager la délocalisation de la production (et, entre autres, celle de médicaments clés), de déréguler les activités bancaires et financières et de subvenir aux besoins des entreprises. Le résultat, intentionnel ou non, a été une érosion extraordinaire du secteur public. Et la deuxième chose, c’est le fait, évident aux yeux de tous, que seul l’Etat peut gérer et surmonter une crise d’une telle ampleur. Même le mammouth Amazon ne peut faire plus qu’expédier des colis postaux, et encore, avec de grandes difficultés.
 « RETOMBEES ZOONOTIQUES »
Pour Dennis Carroll, expert mondial de premier plan en maladies infectieuses, travaillant aux Etats-Unis pour le CDC (Centers for Disease Control and Prevention), l’agence nationale de protection de la santé, nous devons nous attendre à voir ce type de pandémies se répéter plus souvent à l’avenir. Et cela en raison de ce qu’il appelle les « retombées zoonotiques », c’est-à-dire les conséquences d’un contact de plus en plus fréquent entre des agents pathogènes d’origine animale et les hommes – un contact lui-même causé par la présence toujours plus importante des humains dans des écozones qui, jusqu’ici, étaient hors de notre portée. Ces incursions dans les écozones s’expliquent par la surpopulation et par l’exploitation intensive de la terre (en Afrique, par exemple, l’extraction pétrolière ou minière s’est considérablement développée dans des régions qui étaient d’ordinaire peu habitées par les hommes).
Cela fait au moins une décennie que Caroll et de nombreux autres (dont, par exemple, Bill Gates et l’épidémiologiste Larry Brilliant, directeur de la fondation Google.org) nous avertissent que des virus inconnus menaceront toujours plus à l’avenir les êtres humains. Mais personne n’y a prêté attention. La crise actuelle est le prix que nous payons tous pour le manque d’attention de nos politiciens : nos sociétés étaient bien trop occupées à réaliser des bénéfices, sans relâche, et à exploiter la terre et la main d’œuvre, en tout temps et en tous lieux. 
La peur du public met toujours les institutions en danger (les monstres politiques du XXème siècle ont tous utilisé la peur pour dépouiller la démocratie de ses institutions). Mais l’inédit de cette crise, c’est à quel point elle se montre hantée par l’« économisme ». 
 (…)Le capitalisme tel que nous l’avons connu doit changer. La pandémie va causer des dommages économiques incommensurables, un chômage massif, une croissance en berne ou négative, et elle affectera le monde entier – les économies asiatiques ayant des chances d’en ressortir les plus fortes. Les banques, les entreprises et les sociétés financières devront supporter la charge, aux côtés de l’Etat, de trouver une issue à cette crise et devenir des partenaires pour la santé collective des citoyens. Elles devront contribuer à la recherche, aux plans de préparation aux urgences nationales, et à l’embauche massive, une fois cette crise terminée. Elles devront porter le fardeau de la reconstruction économique, quand bien même cet effort collectif ne générerait que peu de profits.
Les capitalistes ont pris pour acquises les ressources fournies par l’Etat – l’éducation, la santé, les infrastructures – sans jamais réaliser que les ressources dont ils spoliaient l’Etat les priveraient, au bout du compte, du monde qui rend l’économie possible. Cela doit cesser. Pour que l’économie ait un sens, elle a besoin d’un monde. Et ce monde ne peut être construit que collectivement, grâce à la contribution du secteur privé au bien commun. Si seuls les Etats peuvent gérer une crise d’une telle ampleur, ils ne seront pas suffisamment forts pour nous faire sortir à eux seuls de cette crise : il faudra que les entreprises contribuent au maintien des biens publics, dont elles ont tant bénéficié.

samedi 4 juillet 2020

Jean Castex, le nouveau Premier ministre français: «Les priorités devront évoluer, les méthodes aussi»


Le président français Emmanuel Macron a nommé Jean Castex au poste de Premier ministre, en remplacement d’Edouard Philippe.
Le Soir

Le nouveau Premier ministre Jean Castex a affirmé vendredi vouloir « plus que jamais réunir la Nation » face à la crise économique et sociale qui est « déjà là » avec le coronavirus.
« La crise sanitaire, vous l’avez dit, n’est malheureusement pas terminée. Les regards que nous pouvons porter à cet égard sur les pays qui nous entourent le démontrent. La crise économique et sociale, elle est déjà là. Les priorités devront donc évoluer. Les méthodes aussi et il nous faudra plus que jamais réunir la nation pour lutter contre cette crise qui s’installe et surtout dans la continuité des réformes que vous avez entreprises pour faire en sorte que nous en sortirons plus forts et plus solidaires », a déclaré Jean Castex lors de la passation de pouvoir avec son prédécesseur Edouard Philippe, ajoutant qu’une « nouvelle étape du quinquennat s’ouvre ».
Edouard Philippe à Castex : « Soyez bon ! »
« Connaissant votre sens politique comme votre rigueur intellectuelle, je n’ai aucun doute sur le fait que vous saurez (…) prendre les bonnes décisions » : Edouard Philippe s’est montré laudateur envers son successeur Jean Castex, vendredi, lors de leur passation de pouvoir à Matignon.
Après un entretien entre les deux hommes, le désormais ex-Premier ministre a d’abord salué « l’intelligence », la « connaissance fine du pays », le « sincère attachement à l’État » du nouveau locataire de Matignon, dont il avait fait il y a trois mois le « Monsieur déconfinement » du gouvernement.
En retour, Jean Castex a loué chez son prédécesseur un « style Edouard Philippe » mêlant « clairvoyance », « hauteur de vues » et enfin « l’élégance dans tous les sens de ce terme ».


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
« TOUT CHANGER POUR QUE TOUT DEMEURE COMME AVANT »

C’est ce que lance Tancrède à Fabrice le Guépard dans le beau film de Visconti.  Edouard Philippe sort côté cour de Matignon, Jean Castex fait son entrée côté jardin. L’un et l’autre sont énarques, de droite et maires élus. Cherchez la différence ! Edouard serait plus parisien, plus jacobin, moins rond que son successeur mais surtout il ferait trop d’ombre à Macron, ne lui permettant pas, comme il dit, « de se réinventer. » Se réinventer comment ? En devenant « en même temps » premier ministre et Président et en lançant dès à présent sa campagne électorale pour2022. Le pari est risqué et semble déplaire aux Français :57% plébiscitent E. Philippe et le regrettent déjà.   Reste à savoir comment sera constitué le nouveau gouvernement. Un badigeon vert sans Europe écologie, évidemment et un ou deux super ministères. Pour le reste on reprend le même cap en espérant qu’un nouvel équipage rendra possible un second quinquennat. Marine Le Pen se tait dans toutes les langues : le temps travaille en sa faveur. 
La Cinquième République est « en marche » vers l’inconnu.
MG

LE NOUVEAU PREMIER MINISTRE A EGALEMENT INDIQUE VOULOIR « OUVRIR DES CONCERTATIONS » AFIN D'ELABORER « UN NOUVEAU PACTE SOCIAL », LORS DE SA PREMIERE INTERVIEW.
Le Point
C'était le premier grand oral de Jean Castex. Le nouveau Premier ministre était invité au 20 heures de TF1, à peine quelques heures après la passation de pouvoir qui a eu lieu à Matignon avec Edouard Philippe. Celui qui était connu jusqu'alors comme le Monsieur déconfinement a commencé à détailler son plan d'attaque pour les prochaines semaines. Jean Castex a indiqué vouloir « ouvrir des concertations » afin d'élaborer « un nouveau pacte social », dessinant ainsi une méthode qu'il précisera lors de sa déclaration de politique générale attendue « en milieu de semaine prochaine ». Le nouveau Premier ministre a affirmé vouloir « aller vite pour désigner le gouvernement le plus vite possible ». Interrogé sur TF1 pour savoir si ce pourrait être avant lundi, il a répondu : « nous ferons tout pour ».
 « Avant de donner les solutions, je souhaite ouvrir des concertations, que l'on en discute avec la Nation, avec les partenaires sociaux, dans les territoires, avec tous les acteurs pour associer le plus possible à la recherche de solutions », a assuré Jean Castex. « Tout ne peut pas se décider depuis Paris. Je crois aux territoires, je crois à la confiance et aux valeurs de responsabilité », a-t-il insisté.
 « Je souhaite prononcer mon discours de politique générale au milieu de la semaine prochaine, l'objectif c'est d'être à pied d'oeuvre le plus vite possible », a-t-il encore martelé, alors que les travaux parlementaires sont suspendus dans l'attente du nouveau gouvernement. Les débats sur le troisième budget de crise n'ont pu se terminer vendredi et lundi devait démarrer à l'Assemblée la deuxième lecture du projet de loi de bioéthique, qui ouvre la PMA à toutes les femmes.
« L'ECOLOGIE N'EST PAS UNE OPTION »
Interrogé sur ses priorités, Jean Castex a assuré que « l'écologie n'est pas une option », alors que les Verts lui reprochent d'être « un homme de droite, qu'on n'a jamais entendu sur l'écologie ». « Je crois qu'elle est désormais entrée dans toutes les têtes, elle transcende la classe politique », a-t-il souligné, alors que les dernières élections municipales ont été marquées par une percée verte dans les grandes villes.
Concernant le plan de relance économique, celui-ci « est en cours de préparation » et sera « présenté très rapidement ». Il reposera sur « des choix orientés qui permettent de reconstruire, de gagner en souveraineté économique, d'avoir une France plus économe du point de vue du respect de l'environnement », a affirmé Jean Castex.
Confiant avoir « ressenti une forte émotion » à l'annonce de sa nomination, Jean Castex a observé qu'on ne pouvait « pas se dérober quand il s'agit de servir son pays, particulièrement dans les circonstances actuelles ». Interrogé sur ses valeurs, Jean Castex a notamment insisté sur la « laïcité ». « Je ne peux pas admettre certains comportements, certaines déviances, certains replis sur soi, certains communautarismes », a-t-il fait valoir.

vendredi 3 juillet 2020

L’affaissement de la démocratie française


Par Laurent Joffrin, directeur de «Libération» et Alain Duhamel — 1 juillet 2020 

Les municipales le confirment : notre système représentatif est bel et bien malade, entre perte de légitimité des dirigeants et recul de la participation.
Certes, il y a eu le surgissement théâtral des écologistes dans les métropoles ; certes, il y a eu la débâcle annoncée de la majorité, à l’exception intéressante d’Edouard Philippe ; certes, il y a eu la bonne résistance des socialistes, l’éternel effacement des communistes, la piètre absence des insoumis, le net reflux du Rassemblement national, estompé par l’émergence de Louis Aliot, la solidité locale confirmée de la droite classique malgré Marseille et Bordeaux. Tout cela pèse cependant bien peu à côté du phénomène massif et menaçant que constitue l’affaissement continu de la démocratie française. Car le 28 juin a marqué d’une pierre noire ce qui finit par ressembler à une désagrégation : 59 % d’abstention pour le second tour des élections municipales, les plus proches cependant des préoccupations quotidiennes des Français. Bien entendu, on dira que la pandémie a accentué le mouvement, que la campagne n’a pas vraiment eu lieu, que la distance entre les deux tours était dissuasive. Tout cela est vrai mais n’efface pas ce fait têtu, la participation électorale ne cesse de reculer implacablement. Au second tour de l’élection présidentielle, le quart des électeurs s’est abstenu, et plus de 10 % des Français ont voté blanc ou nul. Le président élu ne rassemble pas la moitié des électeurs inscrits. Aux élections législatives qui ont suivi, plus de la moitié des citoyens s’est abstenue. Le déclin de la participation ne cesse de s’accentuer. La démocratie représentative apparaît donc sérieusement malade, d’autant plus que la légitimité des dirigeants recule au même rythme que la participation électorale.
D’ailleurs, on le sait bien, l’image des gouvernants, quelle que soit leur étiquette politique, ne cesse de se dégrader. Les élus, les partis, les médias, les syndicats tous ont perdu prestige et reconnaissance. Le nombre des militants a fondu, le nombre des électeurs s’abaisse sans cesse et personne ne trouve grâce aux yeux des Français hormis quelques chanteurs, quelques acteurs, et quelques champions sportifs. Les citoyens sont persuadés que ceux qui cherchent ou exercent le pouvoir sont corrompus, incompétents et parfaitement indifférents au sort de leurs électeurs. Tout cela est parfaitement absurde mais n’incite pas les hommes et les femmes de talent à s’engager en politique. C’est un cercle vicieux. Les Français aiment de moins en moins leurs dirigeants et les plus aptes se détournent donc des affaires publiques. Plus les citoyens sont cruels, plus les élites s’éloignent de la politique. Dans ce pays si politique depuis si longtemps, les électeurs se montrent de plus en plus insatisfaits et les élus apparaissent de plus en plus fragiles. Visiblement, les alternances ne satisfont plus les désirs de changement ou de renouvellement. Les vagues se succèdent cependant en emportant les majorités et en décimant les sortants. Chaque élection ressemble aujourd’hui à une expiation.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
« LA DEMOCRATIE VERITABLE EST REVOLUTIONNAIRE. »

Nous sommes, de toute évidence, parvenus à la croisée des chemins. « Rien ne va plus ! » La démocratie républicaine, à la française étouffe dans ses contradictions. Alain Duhamel et Natacha Poliny (Marianne)  nous expliquent pourquoi et leurs arguments méritent d’être médités par tous les démocrates.
La démocratie belge est bloquée : le leader du PS Rudy Demotte ne voit plus de solution pour la formation fédérale. "A moins de nouvelles élections" Que se passera-t-il si le Belang sort grand vainqueur du prochain  scrutin et premier parti de l’échiquier belge ? La démocratie italienne semble fragile et la démocratie allemande tient à un fil nommé Angela Merkel qui tire ses dernières cartouches avant de livrer la RFA à l’incertitude démocratique et de possibles Alternative für Deutschland. La démocratie britannique est devenue incertaine avec des leaders improbables qui ne savent pas où ils mènent un Royaume de moins en moins Uni. Peut-on encore vraiment parler de démocratie pour qualifier les pays de Vizgrad de l’est européen, de plus en plus séduits par l’illibéralime à la Viktor Orban. La démocratie à l’européenne semble à bout de souffle. Quant à la démocratie américaine, elle risque de ne pas survivre à un second mandat de Donald Fuck.
Mais c’est quoi, au fond une « démocratie véritable » ?
N’est ce pas la question essentielle qu’il nous fait nous poser dans sa déclinaison politique, sociale, économique, écologique, éducative, sanitaire et surtout éthique. Il convient d’imaginer les démocrates  heureux au pied du mur comme Sisyphe roulant sa pierre.
« l’affaissement continu de la démocratie est un phénomène massif et menaçant. » « Plus les citoyens sont cruels, plus les élites s’éloignent de la politique. »
« La démocratie représentative apparaît sérieusement malade, d’autant plus que la légitimité des dirigeants recule au même rythme que la participation électorale. L’image des gouvernants, quelle que soit leur étiquette politique, ne cesse de se dégrader. »
« La logique est une reprise en main par les citoyens, face à un système qui industrialise chaque processus et favorise des multinationales déterrito-rialisées et irresponsables. »
« la démocratie véritable est révolutionnaire. » 
L’heure est grave et il est sans doute plus tard qu’on imagine sur la pendule du déclin.
MG


CONVENTION CLIMAT : LA DEMOCRATIE EST REVOLUTIONNAIRE

Natacha Polony (Marianne)
"Prenons un pari : les propositions de cette convention finiront pour leur très grande majorité dans un classeur, après quelques discours lyriques visant à remercier les 150 auteurs pour ce merveilleux travail qui honore la démocratie. Il y a pourtant beaucoup plus dans ces propositions."
Tout cela finira-t-il encore en eau de boudin ? Encore une bonne idée abîmée par les instrumentalisations politiciennes ? Une chose est sûre : les réactions outrées de certains économistes bon teint aux propositions de la convention citoyenne sur le climat laissent penser que, malgré tout, mettre des citoyens tirés au sort autour d'une table peut être révolutionnaire. Reste à savoir ce qu'Emmanuel Macron tirera d'un objet politique non identifié qu'il a lui même sorti du chapeau pour contrer les revendications démocratiques nées avec les « gilets jaunes ».
Prenons un pari : les propositions de cette convention finiront pour leur très grande majorité dans un classeur, après quelques discours lyriques visant à remercier les 150 auteurs pour ce merveilleux travail qui honore la démocratie. Comme l'a déjà esquissé la secrétaire d'État auprès du ministre de l'Économie, Agnès Pannier-Runacher, on retiendra quelques éléments anecdotiques qui - heureux hasard - correspondent à des décisions déjà engagées par le gouvernement. On interdira la publicité pour les véhicules les plus polluants. On incitera à la rénovation thermique des bâtiments (sans la rendre obligatoire : beaucoup trop volontariste). Au mieux verra-t-on fleurir un référendum sur quelques éléments symboliques destinés à montrer que le pouvoir se soucie du climat et croit en la démocratie.
REPRISE EN MAIN PAR LES CITOYENS
Il y a pourtant beaucoup plus dans ces propositions, qui dépassent, et c'est tant mieux, la question du climat, pour s'intéresser à la préservation des sols, à la souveraineté alimentaire, à la fin de la logique consumériste. Les boucliers qui se lèvent dessinent d'ailleurs le portrait de l'immobilisme drapé des atours de la raison. D'un côté, ceux qui crient à l'aberration économique. Limiter la production d'objets inutiles et réparer ceux qui servent ? Quelle horreur ! « Décroissantisme », lancent quelques parfaits spécimens de l'aristocratie administrative qui gouverne la France depuis le Conseil d'État. De l'autre, ceux qui s'insurgent contre le fait que ces vaillants citoyens aient évacué toute idée de taxe carbone. Ceux-là sont les représentants de cette social-démocratie qui accepte toutes les règles du marché mais tente de l'infléchir par la fiscalité. Taxer ce qui est néfaste pour orienter vers ce qui est vertueux. Ces 149 propositions ne sont pas exemptes de ce type de logique mais avec l'idée que l'État prévaut sur le marché. Écologie punitive ! entend-on. Les mêmes qui font preuve d'un mépris de classe effarant face à la demande de démocratie exprimée par nombre de citoyens jouent aux défenseurs des libertés outrés qu'on puisse interdire au peuple de manger ces aliments « ultratransformés » qui sont des concentrés de gras, de sucre, de sel et d'arômes artificiels.
Il en est aussi, bien sûr, pour se frotter les mains : cette convention tirée au sort - quelle horreur (bis) - pour répondre à la révolte des « gilets jaunes » formule des propositions qui, nous assurent-ils, les feraient immédiatement redescendre dans la rue. Est-ce si sûr ? Si l'on veut bien regarder plus loin que ces 110 km/h sur autoroute qui servent d'étendard pour commentateur paresseux, ces propositions ne sont pas en contradiction flagrante avec celles publiées par les premiers « gilets jaunes », qui réclamaient plus de justice fiscale et de protection des filières françaises. La logique est une reprise en main par les citoyens, face à un système qui industrialise chaque processus et favorise des multinationales déterrito-rialisées et irresponsables.
BESOIN D'UN ARSENAL JURIDIQUE PRÉCIS
C'est le sens de ce crime d'écocide, concept largement contestable mais qui se veut un symbole, comme tous ces mots en « cide » dont on abuse aujourd'hui. Pas sûr que le débat y gagne grand-chose. Les atteintes graves à l'environnement doivent être punies à leur juste mesure, mais il y faut un arsenal juridique précis plutôt qu'un slogan.
Enfin, certains se gaussent : le nucléaire est absent, c'est bien la preuve qu'on se moque du monde. On peut au contraire en conclure que cette convention n'est en rien radicale, et qu'elle a préféré le consensus plutôt que d'aborder un domaine où se mêlent écologie, industrie, recherche, filières d'excellence et indépendance stratégique. Peut-être certains de ses membres ont-ils considéré que le nucléaire nous permettait d'obtenir une énergie non carbonée à un prix abordable, malgré les problèmes incommensurables qu'il pose. De même, cette convention a préféré prôner l'agroécologie plutôt qu'un passage brutal au bio. Aucun maximalisme. On est loin de la figure du méchant décroissant qui veut ruiner notre belle économie.
Que conclure de cette expérience démocratique ? D'abord ceci : quiconque fait l'effort de s'intéresser à l'état des sols, détruits par l'agriculture intensive et le béton des zones commerciales, à la biodiversité, à la pollution des eaux… en conclut qu'il faut agir. De manière massive et globale. Pourquoi ne pas laisser les représentants élus en juger ? Parce que, visiblement, ils sont enfermés dans des préjugés et des idéologies qui leur interdisent toute action. Tout sera fait, bien sûr, pour vider ce travail de sa substance et n'en garder que l'écume inoffensive. La démocratie véritable est révolutionnaire.

mercredi 1 juillet 2020

Formation fédérale : "Je ne vois pas de solution", se confie Rudy Demotte

La Libre Belgique

Le leader du PS Rudy Demotte ne voit plus de solution pour la formation fédérale. "A moins de nouvelles élections", dit-il dans une interview accordée à De Zondag.
Demotte doute fortement des chances de succès d'un gouvernement majoritaire sans le PS, comme ce serait le cas actuellement. "Je ne vois aucun signe dans cette direction. Mais si cela devait réussir, nous jouerons notre rôle dans l'opposition. Cela signifierait que le sp.a se séparerait du PS. Je n'y crois pas. Paul Magnette et Conner Rousseau partagent la même vision de la société. De plus, ce gouvernement ne compterait guère de francophones. Seul le MR. Et peut-être le CDH, bien que je n'entende pas grand-chose de ce côté-là. Ce serait une sacrée minorité francophone", dit Demotte.
"Le puzzle est difficile. (...) Les positions sont tellement opposées. Un gouvernement minoritaire était une solution. Nous avons mis cela sur la table. Mais alors les libéraux disent non. Et le CD&V ne veut pas se passer de la N-VA. Non, je ne vois pas de solution".


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
ILS VEULENT DES ELECTIONS  ET ILS EN PLEURERONT DES LARMES DE SANG

On dirait que le roi a jeté l’éponge. Il semble qu’il ne consulte plus. On l’a aperçu dans les Ardennes en famille après avoir fait un tour des Flandres. On le voit à Ixelles demandant pardon pour les exactions de son aïeul le roi bâtisseur (avec l’argent du Congo).
On le voit partout, sauf en train de consulter dans son cabinet du palais royal. Oui nous aurons des élections car la situation politique est devenue inextricable. Ce scrutin donnera des ailes au PTB en Wallonie et au Belang en Flandre. La classe politique « procrastine » joyeusement avant que les Belges ne partent en vacances. Vous avez dit « vacances », elles riment avec vacance du pouvoir. Le leader du PS Rudy Demotte ne voit plus de solution pour la formation fédérale. "A moins de nouvelles élections"…
 Que se passera-t-il si le Belang sort grand vainqueur du prochain  scrutin et premier parti de l’échiquier belge ? 
MG