lundi 22 juillet 2019

Le bras de fer Gatz/Rutten est la marque d’une tendance lourde: l’émancipation bruxelloise

La Libre Belgique

Il n’est quand même pas fréquent qu’un parti qui accède au pouvoir après une campagne électorale à l’issue incertaine se déchire. C’est pourtant ce qui s’est passé à l’Open VLD. Gwendolyn Rutten, présidente des libéraux flamands, avait demandé à Sven Gatz et à Guy Vanhengel, les représentants de son parti dans la négociation à Bruxelles, de manœuvrer pour embarquer également le MR.
Au fédéral, l'Open VLD ne se voit pas gouverner avec les écologistes: "Un gouvernement vert-violet est presque impossible"

L'OPEN VLD NE SE VOIT PAS GOUVERNER AU NIVEAU FÉDÉRAL AVEC LES ÉCOLOGISTES.
"On ne peut jamais rien exclure mais, en termes de contenu, un gouvernement vert-violet est presque impossible", a ainsi déclaré le chef de file des libéraux flamands Patrick Dewael samedi dans Het Belang van Limburg. "Je ne vois pas comment nous pourrions mettre en œuvre notre propre programme avec uniquement des partis de gauche." Un gouvernement fédéral libéral avec des socialistes et des verts n'est donc pas viable pour l'actuel président de la Chambre. "Comment l'Open Vld pourrait-il mettre en œuvre son programme avec des verts qui se sont précipités au premier plan de toutes les manifestations syndicales de ces dernières années pour attirer à eux toutes les personnes de gauche? ", s'interroge-t-il.
"Avec des verts qui veulent aller bien plus loin que les objectifs climatiques ambitieux de l'Europe? Avec des verts qui veulent assouplir notre politique d'asile sévère mais juste? ", se demande-t-il encore.
La coalition bourguignonne (socialistes, libéraux et N-VA) n'a pas non plus les faveurs de Patrick Dewael. "Si nous devons continuer à travailler avec le PS, il faudra aussi prendre des décisions difficiles", prévient-il.
•À ses yeux, la N-VA et le PS - en tant que plus grands partis du pays - devront en tous les cas s'asseoir à la table des négociations.
•‘VERGIS U NIET: DE MEESTEN IN DE PARTIJ ZIEN MIJ HEEL GRAAG’
Sven Gatz (Open VLD) verkiest de Brusselse belangen boven de liberale. Het maakte hem deze week tot de paria van de partij. Is het dat waard? ‘Als puntje bij paaltje komt, laat iedere politicus de lokale belangen primeren. Of het nu gaat om de Brusselse, Gentse, Oostendse of zelfs Aarschotse belangen.’

LE DÉPUTÉ OPEN VLD VINCENT VAN QUICKENBORNE ENVISAGE DE SE PORTER CANDIDAT À LA PRÉSIDENCE DES LIBÉRAUX FLAMANDS, A-T-IL ANNONCÉ DIMANCHE MIDI SUR VTM NIEUWS.
La Libre Belgique
Il considère qu'un changement serait en tous les cas le bienvenu, le parti ayant trop viré à gauche selon lui. Les libéraux flamands choisiront leur nouveau président en mars 2020, alors que le parti a souffert durant les élections régionales, fédérales et européennes du 26 mai dernier. Pour plusieurs barons de l'Open Vld, il est donc temps que Gwendolyn Rutten cède sa place.
"Notre parti perd des voix depuis 2004 et nous ne pouvons nous satisfaire du résultat de cette année", a commenté dimanche Vincent Van Quickenborne sur VTM. "J'envisage de me porter moi-même candidat à la présidence. Nombreux sont ceux qui me font des appels du pied", a-t-il ainsi affirmé.
Le bourgmestre de Courtrai déplore un virage à gauche opéré sous la houlette de l'actuelle présidente. "Le parti doit revenir à des idées de droite, c'est la seule façon de retrouver notre fierté en tant que libéraux", estime-t-il. Vincent Van Quickenborne considère en outre qu'il est quasiment exclu que l'Open Vld entre au fédéral au sein d'une coalition arc-en-ciel, alors que les partis francophones majoritaires PS, Ecolo et MR y semblent enclins.
Les verts, surtout, exaspèrent le libéral flamand. "Monter au gouvernement avec Groen et Ecolo n'est pas une bonne option, selon moi. L'emploi, la prospérité et le progrès sont nos fers de lance, tandis que Groen et Ecolo divergent sur ces points."
L'Open Vld espère à présent que le président de la N-VA Bart De Wever et du PS Elio Di Rupo vont rapidement s'asseoir à la table des négociations pour lancer la formation d'un gouvernement fédéral. Le parti pourrait soutenir une réforme de l'État si nécessaire, mais en bonne concertation, indique encore M. Van Quickenborne. "Ce ne sera pas tout ou rien, le confédéralisme ou rien", conclut-il.
Belga


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
CRISE DE CROISSANCE/DE SURVIE AU VLD ET AU MR?

Certes, Charles Michel fait une carrière éclair spectaculaire: chapeau bas, on applaudit même si les présidents de partis le battent manifestement  la tête froid.
Le parti qu'il préside traverse une crise existentielle profonde qui pourrait, à terme, et plus vite qu'on imagine, déboucher sur une fronde, voire une dissidence des libéraux sociaux par rapport à l'aile plus conservatrice du parti.
Il fut un temps, pas si lointain, où le PRL, le FDF et les dissidents du PSC militaient ensemble dans une fédération nommée MR: le mouvement réformateur. Cette conjoncture rendait le MR incontournable en Région bruxelloise. Le bras de fer Michel-Reynders a induit le divorce avec Reynders et le départ de Défi. Quelle erreur tactique!
Désormais et après l'expérience de la coalition suédoise qui s'est soldée par un désastre électoral pour le MR, le libéraux sont dans la tourmente et en pleine crise identitaire. Quel rôle va jouer Reynders dans cette zizanie. Quelle est l'avenir du libéral liégeois parachuté à Bruxelles?  C'est difficile à imaginer.
Les élus bruxellois  VLD Sven Gatz et Guy Vanhengel ont rejoint le nouveau gouvernement bruxellois sans le parti frère francophone MR à l'encontre de la volonté de Gwendolyn Rutten, présidente du VLD. Selon Lorenzo Terriere, il est urgent que Rutten  renforce son leadership menacé. Sinon, l'Open VLD menace de perdre des plumes aux négociations flamandes et fédérales. Le sprint final des négociations bruxelloises a fait resurgir des tensions internes vives au sein du VLD. Le bourgmestre de Courtrai , le VLD Van Quickenborne à tendance très droitière,  envisage de se porter candidat à la présidence. Il  déplore "un virage à gauche" opéré par l'actuelle présidente. "Van Quickenborne considère en outre qu'il est quasiment exclu que l'Open Vld entre au fédéral au sein d'une coalition arc-en-ciel, alors que les partis francophones majoritaires PS, Ecolo et MR y semblent enclins." Van Quickenborne espère que Bart De Wever et du PS Elio Di Rupo vont rapidement s'asseoir à la table des négociations pour lancer la formation d'un gouvernement fédéral. Il y donnerait volontiers son aval. Mme Rutten,  semble carrément mise sur la touche . Ces dernières semaines, elle a déjà été confrontée à un manque de soutien interne, mais le désaveu est en train de se renforcer . L'aile  droite et l'aile gauche se chamaillent et plus  personne n'arbitre. Sans une ligne de parti claire, le VLD part à la dérive un peu comme le MR son pendant francophone.
Aux élections de mai, l'Open VLD a perdu deux de ses cinq sièges au Parlement bruxellois. Néanmoins, Gatz et Vanhengel on tenu à être dans le gouvernement. Rutten craint que dans négociateurs libéraux bruxellois  aient négligé de peser suffisamment sur le contenu de l'accord de coalition.
Les libéraux bruxellois flamands ont fait en vain quelques tentatives prudentes pour amener le MR à la table de négociation régionale bruxelloise .... La tentative plus hardie  du président du parti, M. Rutten, de forcer la manoeuvre s'est heurtée au véto de Laurette Onkelinx..
Les libéraux flamands se disputent depuis un certain temps déjà au sujet de leur ligne générale.
Les autres partis  et les observateurs politique ont remarqué les dissensions  internes tant au VLD qu'au MR.
Le pilote Rutten risque la défénestration. Qui lui succédera Van Quickenborne ? Et qui coiffera la casquette de président de Charles Michel quand il montera au Berlaimont  Willy Borsus , Jean-Luc Crucke ?
Les libéraux francophone sont dans la tourmente; le cdh l'est également.
Est ce à dire qu'ils pourraient décider d'unir leurs forces ou plus exactement la somme de leurs faiblesses? Mais on ne voit pas qui est l'homme ou la femme providentielle capable de mener une telle opération à bien. C'est exactement pareil pour la Flandre. Verhofstadt au secours, ton parti court comme une poule sans tête.
MG


Des leaders du MR veulent le départ rapide de Michel: «Arrêtons les petits jeux de Zorro masqué», dit Laruelle 
Le Soir
La nouvelle présidente du Senat et ex-ministre libérale estime que « le MR a vraiment besoin d’autres choses que ces personnes masquées. »

Un groupe de six ministres, anciens ministres et parlementaires, qui souhaitent conserver l’anonymat « pour l’instant », nous a contacté ce week-end. Ces six libéraux veulent notamment le départ de Charles Michel du parti dès la rentrée et « la fin de la guerre des clans. » Au micro de La Première, Sabine Laruelle condamne fermement cet anonymat : « Il faut arrêter ces petits jeux de Zorro masqué. »
« Je suis déçue », a partagé Sabine Laruelle ce vendredi sur la RTBF. « Autant, je trouve que dans un parti, on peut être très franc, très clash en interne autant, j’en ai un peu marre de ce sorties en off », a lancé l’ex-ministre libérale. La nouvelle présidente de la Chambre estime que « le MR a vraiment besoin d’autres choses que ces personnes masquées. »
« Arrêtons, négocions de manière positive, essayons de former un gouvernement, ne remettons pas en cause le chef, écoutons le signal de l’électeur », a-t-elle fustigé tout en soulignant que « le parti libéral est le deuxième parti et doit se faire respecter en tant que tel. » Une tentative d'accord avec la gauche?
Le Vif
Le Premier ministre Charles Michel a démenti mercredi, par la voix d'un porte-parole, toute tentative de relancer le gouvernement démissionnaire avec l'appui de l'opposition de gauche.
M. Michel "dément avec force les affirmations du Tijd", qui assurait mercredi que le chef du gouvernement d'affaires courantes tentait un accord avec l'opposition de gauche afin de boucler plusieurs grands dossiers comme le budget 2020, la succession au 16 rue de la Loi - M. Michel est appelé à présider le Conseil européen dès le 1er décembre - et la désignation du commissaire européen attribué à la Belgique.
"Le Premier ministre se concentre entièrement sur les affaires courantes. Le gouvernement démissionnaire ne peut compter que sur 38 sièges à la Chambre. Cette histoire est un non-sens complet", selon ce porte-parole.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
CETTE HISTOIRE EST UN NON-SENS COMPLET" 

Il est plus que temps que Charles Michel se débarrasse de sa double casquette celle de Nomero Uno, celle de président du MR pour ne conserver que la troisième: celle du Conseil européen.
Franchement on en vient à souhaiter une fronde au MR dirigée par deux femmes de tête et de caractère: l'ancienne présidente du Sénat Christine Defraigne et la nouvelle, la très brillante Sabine Laruelle.
Di Rupo et De Wever se parleront , c'est sûr. Il se pourrait même qu'ils négocient ensemble pour éviter à tout prix de nouvelles élections,  quitte à mettre au frigo le concept de confédéralisme contesté par les francophones et flou.
Il se pourrait que les choses bougent enfin deux mois après le dépôt des bulletins de vote dans l'urne. L'électeur a parlé fort. Il est temps qu'il soit entendu.
Elio di Rupo finira par nous convaincre qu'il est un homme d'Etat.
MG


DI RUPO N'EXCLUT PAS DE S'ASSEOIR À LA TABLE DES NÉGOCIATIONS AVEC LA N-VA
Le Vif

Le président du PS n'exclut pas de s'asseoir à la table des négociations avec la N-VA si les informateurs royaux en formulent la demande, a indiqué dimanche Elio Di Rupo au micro la RTBF après le défilé de la Fête nationale.

"Le Roi souhaite que les femmes et les hommes politiques qui ont des responsabilités se parlent", a commenté le président du parti socialiste concernant le discours royal prononcé samedi, qui plaidait pour un "dialogue ouvert et vrai". Si Elio Di Rupo reconnaît ne pas discuter avec les nationalistes flamands "en l'état actuel des choses", il considère toutefois qu'un dialogue relève "certainement du domaine du possible". "Les informateurs royaux semblent vouloir organiser des tables de discussion. Si tel est le cas, nous irons discuter", a prudemment avancé le socialiste. "Les résultats électoraux sont ce qu'ils sont. Il y a différents partis qui aujourd'hui peuvent jouer un rôle premier, mais dont les sensibilités et les objectifs sont différents", a-t-il poursuivi pour expliquer les lenteurs des négociations aux différents niveaux de pouvoir.
Le président s'est ainsi voulu rassurant, affirmant n'être "pas inquiet du tout".

dimanche 21 juillet 2019

Traditionnel Te Deum pour la famille royale, à Bruxelles pour Philippe, à Bruges pour Laurent, à Namur pour Astrid

 Source : Belga
Le Vif
Plus de 1.000 personnes, selon la police sur place, se sont rassemblées dimanche dès 09h30 autour de la cathédrale des Saints-Michel-et-Gudule à Bruxelles pour voir le couple royal et ses quatre enfants au traditionnel Te Deum de la fête nationale.
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L'archevêque Jozef De Kesel a célébré la cérémonie, qui a débuté à 10H00. Il a appelé à prier pour les gouvernants afin "qu'ils oeuvrent pour le bien de tout le monde et au service de toutes les communautés et citoyens de ce pays". Il a également déclaré espérer que les citoyens tous ensemble puissent "s'engager pour une société plus humaine et fraternelle, une société bâtie sur le respect de l'autre et la solidarité".

L'assemblée à l'intérieur de l'église comptait, comme chaque année, au moins 800 personnes, parmi lesquelles des corps constitués, de nombreux ambassadeurs et représentants politiques, à commencer par le Premier ministre Charles Michel et les ministres fédéraux Didier Reynders, Pieter De Crem, Marie-Christine Marghem et le président de la Chambre Patrick Dewael.
A l'issue de la cérémonie, le couple royal et ses enfants Elisabeth, Eléonore, Gabriel et Emmanuel ont pris un bain de foule d'une trentaine de minutes. Ils ont été accueillis sous des applaudissements et des "Vive le roi", "Vive la reine" et "Vive la Belgique" dès la descente des marches de la cathédrale.
Le prince Laurent à Bruges
Le prince Laurent a assisté dimanche, à 11h00, au Te Deum en la cathédrale Saint-Sauveur à Bruges, aux côtés de l'évêque local, Monseigneur Lode Aerts.
prince Laurent à Bruges pour le Te Deum, le 21 juillet 2019
LA PRINCESSE ASTRID À NAMUR
Plusieurs centaines de personnes étaient présentes pour assister à la venue du couple princier dans la capitale wallonne. La soeur du roi Philippe et son mari sont arrivés vers 11h00, accueillis par le gouverneur de la province, Denis Mathen, et le bourgmestre de Namur, Maxime Prévot. 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
ON A  CRIÉ UNE DERNIÈRE FOIS PEUT ÊTRE: "VIVE LE ROI", "VIVE LA REINE" ET "VIVE LA BELGIQUE"
 
Il y a toujours une poignée d'irréductibles Belgicains pour accueillir la famille royale au Te Deum, un rituel convenu et complètement démodé qui célèbre la vieille union du sabre (le roi en uniforme) et du goupillon (le chef de l'église qui officie).
Le royaume dont le royale famille pénètre dans la cathédrale est en crise profonde. Et voilà que tout se passe de manière immuable, comme il y a cent ans. A 16 heures s'élancera un défilé militaire devant un public clairsemé et les vieux f16 feront vibrer le ciel. Dieu qu'ils sont démodés nos souverains avec leur charmante petite famille, les garçons en costard cravate et pochette blanche à trois pointes, comme papa et les filles en tenue Vermeulen, comme maman.
On fait comme si tout allait pour le mieux dans le plus uni des royaumes. Ce soir on dansera à la place du jeu de balle. Laurent viendra peut-être avec sa Claire et on tirera le plus beau feu d'artifice de l'année.
"Feu d'artifices" artifices au pluriel! C'est le mot que je cherchais pour définir cette débauche de clichés complètement  décalés par rapport à la gravité de l'heure que le discours royal, prononcé mollement  sur un ton monotone que les medias se plaisent à qualifier de très politique.
On a  crié, pour la  dernière fois peut être: "vive le roi", "vive la reine" et "vive la Belgique"
Il n'est pas du tout impossible que l'an prochain, au même moment on n'ait toujours pas de gouvernement fédéral mais les nouveaux F35  sillonneront le ciel bruxellois comme les vieux F16 aujourd'hui.
Pauvre Belgique, on t'aimait bien, tu sais.
MG

samedi 20 juillet 2019

Le message post-électoral du Roi: «Il faut relever les défis sans tarder»


Le Roi Philippe a pris la parole à l’occasion de la Fête nationale, soulignant la nécessité d’une « intense coopération à tous les niveaux de pouvoir. »
Reuters

Le Roi Philippe s’est adressé ce samedi 20 juillet aux Belges à l’occasion de la Fête nationale. Impossible pour le souverain de faire l’impasse sur les élections du 26 mai et les tractations politiques toujours en cours à différents niveaux de pouvoir, dont le fédéral.
« Il y a deux mois, vous avez accordé votre confiance à des hommes et des femmes dont vous attendez qu’ils apportent des réponses à vos préoccupations », commence le souverain belge. « Votre voix s’est exprimée de façon diverse (…) Il s’agit maintenant de faire la synthèse et de s’accorder sur des solutions. »
Alors que les négociations fédérales et régionales (à l’exception de celles à Bruxelles) sont toujours en cours, le Roi dit se « rendre compte des contraintes dans lesquelles nos dirigeants politiques doivent travailler ». « Mais les défis sont tels qu’il faut les relever sans tarder, avec courage et détermination. Et ils sont à ce point liés entre eux qu’ils nécessitent une intense coopération à tous les niveaux. »
Pour l’historien Vincent Dujardin, ce discours est le plus politique du Roi depuis sa prestation de serment. 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
POLITIQUE MAIS CONVENU 

Qui a écrit cela. Le premier ministre Michel? les deux informateurs? ou la plume royale, à savoir son chef de cabinet?
Le roi lui-même?
L'exercice est raide et sans créativité.
A qui ce discours s'adresse-t-il? Aux Belges? Ils sont partis en vacances. Aux présidents de partis? L'un d'eux a-t-il tenu le porte-plume royal, je veux parler de Charles Michel qui a déjà un pied à l'Europe tandis qu'il traine sa vieille casquette de premier ministre sans vrai majorité depuis le départ de la NVA.
Pourquoi ne pas y avoir associé la jeune Elisabeth?
Dommage, cela aurait  donné une note d'espoir et de fraicheur à cette raideur toute protocolaire. Une grande occasion manquée.
Dommage. Je lance l'idée, en toute candeur.
MG


LE ROI PHILIPPE PLAIDE EN FAVEUR D'UN "DIALOGUE OUVERT ET VRAI"
Le Vif
Le roi Philippe est conscient des "contraintes" dans lesquelles les dirigeants politiques doivent travailler mais "les défis sont tels qu'il faut les relever sans tarder, avec courage et détermination", a-t-il déclaré samedi dans son discours à l'occasion de la Fête nationale. Ces défis sont de surcroît "à ce point liés entre eux qu'ils nécessitent une intense coopération à tous les niveaux", a poursuivi le Roi, plaidant pour un "dialogue ouvert et vrai" pour aboutir.
Le roi Philippe lors de son allocution du 20 juillet 2019
D'après le souverain, "la voix des citoyens s'est exprimée de façon diverse" lors des élections le 26 mai dernier mais elle demande "une attention particulière pour les mêmes sujets: l'emploi, le climat, la précarité, la migration". Alors que les négociations fédérales et régionales (à l'exception de celles à Bruxelles) sont toujours en cours, le Roi appelle à trouver des solutions "sans tarder" pour faire face aux nombreux défis. La coopération et un dialogue "ouvert et vrai" seront indispensables pour y parvenir, estime-t-il.
"Dialoguer dans l'ouverture, c'est vouloir comprendre l'autre dans ses convictions et ses choix, même si on ne les partage pas. C'est faire sentir à l'autre qu'il est indispensable à la recherche de solutions, sans exclusive. C'est éviter le mensonge et le mot qui blesse", développe le souverain. Un dialogue vrai implique aussi de "faire face à la complexité en cultivant la nuance et en recherchant la complémentarité", précise-t-il. "Dans des domaines comme le climat et l'emploi, mais aussi la mobilité, l'énergie, l'enseignement et la formation, seule une action coordonnée dans un dialogue ouvert et vrai peut rendre l'action plus efficace", insiste le Roi. "Notre diversité et notre complémentarité sont notre force. C'est comme cela que le monde nous connaît et c'est là qu'on nous attend. Peut-être que nous n'en avons pas suffisamment conscience. C'est pourtant notre nature profonde. Cela doit être notre fierté. De tout ceci peut naître une ambition nouvelle pour notre pays", affirme-t-il encore.



vendredi 19 juillet 2019

Nos forêts se meurent silencieusement


OPINIONS
Une opinion de Frédéric Petit, président de la Fédération nationale des experts forestiers (FNEF), ingénieur des eaux et forêts, expert forestier, s'exprimant à titre personnel.


Nos bois souffrent des aléas du climat. Les forestiers désespèrent et sont oubliés. Les politiques semblent sourds.

À l’heure où nos gouvernements tardent à se former, nos forêts lentement et silencieusement se meurent.

La catastrophe sans précédent provoquée par les attaques en masse de scolytes sur nos épicéas wallons depuis l’été dernier est la conséquence d’un stress auquel sont soumis nos arbres depuis la sécheresse de 2018, et des épisodes climatiques particulièrement contrastés que nous connaissons depuis maintenant quelques années (tempêtes, excès de pluie ou de temps sec). Alors que des centaines de milliers de mètres cubes de bois sont obligatoirement mis sur le marché à des prix dérisoires, les exploitants forestiers sont débordés, et les usines sont saturées de bois venant de chez nous, mais aussi de pays voisins (France, Allemagne) confrontés aux mêmes problèmes. Elles n’en veulent plus, ou à des prix ridicules, la loi de l’offre et de la demande s’imposant.
D’autres essences souffrent de maladies nouvelles, telle la chalarose du frêne qui décime cette essence, lentement mais sûrement. Les vieux chênes, et surtout les hêtres, souffrent également très fort de ces aléas et excès du climat. Un cortège de nouveaux pathogènes s’attaquent à nos jeunes plantations de résineux qui ont bien du mal à se développer.
Les propriétaires se découragent et ne savent plus à quel saint se vouer. Une série de questions restent sans réponse, même de la part des professionnels de la gestion et des scientifiques qui sont pris de court.
Que restera-t-il de notre belle forêt wallonne dans quelques années ? Celle-ci couvre actuellement plus de 30 % du territoire régional, et a toujours été amoureusement suivie et entretenue par ses gestionnaires et propriétaires, tant publics que privés, à la grande satisfaction du grand public qui ne manque pas d’en profiter pour s’y ressourcer, s’y promener et y respirer un air pur. Elle représente aussi l’élément de base de toute une filière de transformation du bois avec des milliers d’emplois à la clé.
À l’heure où notre forêt, dont on sait qu’elle contribue à fixer 27 % des émissions de carbone atmosphérique, est menacée de changement profond de structure et de physionomie, il est temps de repenser la sylviculture, de développer la recherche, et de veiller à ce que cette sylviculture soit résiliente et productive, seul gage de sa pérennité.
Mesdames, Messieurs les Politiques de tous partis, avez-vous pensé qu’il était temps de redonner du courage aux propriétaires tant publics que privés afin de mener une sylviculture nouvelle et audacieuse ? Avez-vous conscience qu’il convient, comme le prévoit l’article 1er du Code forestier, de garantir le développement durable des bois et forêts en assurant la coexistence harmonieuse de leurs fonctions économique, écologique et sociale ?
Il est temps de réactiver l’article 30 du Code forestier qui prévoit d’allouer des subventions aux propriétaires en vue de réhabiliter ces fonctions par tous les types de travaux nécessaires à cette fin : boisement, reboisement, conversion, transformation…
Les produits de la fiscalité environnementale visant à taxer les plus gros pollueurs ne devraient-ils pas contribuer à soutenir ceux qui participent à dépolluer notre environnement, ce que font en première ligne les propriétaires forestiers ?
Le monde forestier très discret, et trop souvent silencieux, n’a pas été convié comme représentant de la "société civile", alors que composé de dizaines de milliers de propriétaires de bois et forêts de toutes tailles représentant un tiers de la surface de notre territoire wallon, et je m’en étonne, tant les enjeux sont importants et cruciaux pour nos enfants et pour notre société de demain.
Nous avons besoin de nos forêts et nos forêts ont besoin de forestiers ambitieux qui reprennent courage face aux calamités actuelles, et face au défi du changement climatique et de toutes ses conséquences.
Titre et chapô sont de la rédaction. Titre original : "Lettre ouverte au monde politique". 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
FIN DE PARTIE? 

Fin de partie est la deuxième pièce de Samuel Beckett à avoir été représentée. Créée en 1957, elle a d'abord été écrite en français puis traduite en anglais par Beckett lui-même sous le titre d'Endgame. Elle met en scène quatre personnages handicapés physiquement dont les deux principaux sont Clov, qui est le seul à pouvoir se déplacer à sa guise ou presque et Hamm qui est son maître. Tous vivent dans une maison qui est, selon les dires des personnages, située dans un monde désert, dévasté et apocalyptique. La pièce parodie les conventions théâtrales classiques : rien ne se produit au cours de la pièce, la fin est annoncée dès les premiers mots et est même présente dans le titre, et les personnages s'adressent parfois au public pour déclarer qu'ils s'ennuient à mourir. Le genre de Fin de partie fait toujours l'objet de débats critiques. La pièce a été rapprochée du théâtre de l'absurde, selon la définition de Martin Esslin.
Plus d'un demi siècle après sa création, la pièce de Becket révèle son sens énigmatique. La "fin de partie" c'est ce qui désormais se joue sur cette terre qui donne des signes de détresse de plus en plus nombreux et de plus en plus alarmants. La planète se meurt, la nature se détériore, l'humanité se déshumanise. Nous vivons un moment tragique de l'histoire de l'humanité. La mort annoncée des forêts participe de cette tragédie dont on commence seulement à deviner et à mesurer l'ampleur. "Nous avons besoin de nos forêts et nos forêts ont besoin de forestiers ambitieux qui reprennent courage face aux calamités actuelles, et face au défi du changement climatique et de toutes ses conséquences."
La lucidité est la blessure la plus proche du soleil. (René Char)
Il appartient à chacune et à chacun de prendre conscience dans quelle mesure il fait "dégât sur terre" et d'en tirer pour soi et pour l'humanité toutes les conséquences éthiques.

MG



jeudi 18 juillet 2019

Bruxelles, drôle de phare dans la nuit belge


Le Vif

Olivier Mouton
Journaliste politique au Vif/L'Express 

Le gouvernement bruxellois voit le jour alors que l'on patine dans les autres Régions et que le flou reste total au fédéral. Un laboratoire de cohabitation. Qui oublie son rôle de capitale.

Dans les prochaines heures, la Région bruxelloise sera la deuxième entité du pays, après la Communauté germanophone, à composer officiellement son gouvernement, un bon mois et demi après les élections du 26 mai dernier. Socialistes, écologistes, DéFi et libéraux flamands composent un attelage asymétrique, au sein duquel les verts ont tout simplement pris la place occupée par les humanistes lors de la précédente législature. Leur projet renforce celui des cinq années écoulées, avec la volonté affirmée d'approfondir l'identité bruxelloise et de mettre la priorité sur les habitants face aux navetteurs. Cet idéal urbain et écologique veut continuer à panser les vieilles plaies d'une ville trop longtemps laissée entre les mains des promoteurs et de responsables qui ne l'aimaient pas.
Cette démonstration d'autonomie est évidemment légitime. Rudi Vervoort (PS) peut être fier de présider son gouvernement troisième du nom. Tous ses partenaires, Bernard Clerfayt (DéFi) en tête, s'accordent sur l'importance de défendre la spécificité bruxelloise dans cette Belgique de plus en plus complexe. La Région est un laboratoire de cohabitation entre communautés, qui montre la capacité à s'entendre au sein d'une Belgique trop souvent paralysée. Délaissée, devenue Région à part entière en 1989, près de dix ans après les autres, Bruxelles est devenue une entité politiquement mâture et montre désormais l'exemple aux autres entités fédérées. Chapeau bas. Pendant ce temps, ailleurs, on patine. En Flandre, la N-VA prend trop de temps à mettre fin à la parenthèse - très contestable, bien que rendue incontournable par les résultats électoraux - des discussions avec le Vlaams Belang. En Wallonie, socialistes et écologistes entament à reculons leur pré-dialogue avec le MR. Au fédéral, rien de neuf sous le soleil : les informateurs Didier Reynders (MR) et Johan Vande Lanotte (SP.A) occupent le terrain jusqu'au 29 juillet en attendant l'improbable moment où N-VA et PS se mettront à table. A Bruxelles, au moins, on se prépare à gouverner - c'est ce que l'on attend des politiques !
Il y a finalement quelque chose d'éminemment symbolique à ce que les deux niveaux de pouvoir les plus menacés par une éventuelle évolution confédérale façon N-VA, au sein de laquelle germanophones et Bruxellois seraient marginalisés, soient les deux premiers à disposer d'un nouvel exécutif. Ces deux petits Poucets confirment que l'évolution institutionnelle du pays devra tenir compte de ce fait majeur : ces deux entités sont celles qui ont le plus progressé, dans l'adversité, sur la nécessité de mettre en place un projet fort et autonome. En Flandre, on perd du terrain. En Wallonie, on ne cesse de tergiverser alors que les urgences sont pourtant gigantesques. A contrario, Bruxelles semble revivre.
Champagne dans la capitale, donc. La Région est devenue un phare dans la nuit belge. Mais un drôle de phare, tout de même, révélateur du malaise belge. Et tend à négliger son rôle de capitale.
Laurette Onkelinx (PS), négociatrice en chef du PS dans la capitale, a certes raison de rappeler que la Région est autonome et qu'elle ne doit pas subir les diktats venus de l'extérieur. Mais cette ville doit aussi songer à sa responsabilité pour le pays. Ce laboratoire de cohabitation doit être un moteur pour les deux principales communautés du pays. Or, par moments, on a l'impression que ses responsables politiques l'oublient, obnubilés par leur combat pour défendre leur citadelle assiégée et/ou par leur volonté idéologique d'exclure les libéraux francophones - le fruit d'une législature marquée par une polarisation exacerbée, sans doute, mais ce fut déjà le cas en 2014. Bien sûr, la logique de majorités asymétriques d'un niveau de pouvoir à l'autre est inévitable et saine dans un Etat pleinement fédéral. Mais des voix se sont élevées ces derniers jours en Wallonie, en faveur de la recherche d'un large consensus et d'une vision à long terme - y compris au sein d'Ecolo et du PS : au vu de la complexité de la situation actuelle, cela eut été opportun de les prendre en considération.
Dans la dernière ligne droite, Charles Michel et Didier Reynders ont exercé une forte pression sur leurs homologues flamands de l'Open VLD pour tenter de rentrer quand bien même dans la majorité, retardant l'avènement du gouvernement. Baroud d'honneur, logique partisane ou raison d'Etat ? Cela démontre en tout état de cause que la dynamique asymétrique génère des effets pervers.
Lorsque l'on évoque les futures politiques régionales, il convient de la même manière de saluer les efforts entrepris pour améliorer la qualité de vie en ville. La généralisation de la zone 30 sur le territoire régional va dans ce sens. Bruxelles veut progressivement s'imposer comme une cité modèle en matière environnementale, c'est une priorité incontestable au vu du retard accumulé et les autres villes européennes ayant le vent en poupe ont toutes fait un choix similaire. Mais là encore, si la mobilité est bien l'urgence numéro un, les négociateurs semblent oublier l'indispensable coopération avec les autres Régions pour résoudre cette question.
On ne peut s'empêcher de cultiver le sentiment que Bruxelles reste une capitale mal aimée qui a tendance à se replier sur elle-même. La faute initiale revient à la Flandre, à la Wallonie et au fédéral, qui ne sont parvenus à percevoir pleinement cette ville pour ce qu'elle est, un poumon économique et un aimant d'attractivité. Mais la capitale, blessée dans son orgueil, est aussi devenu l'instrument de sa propre marginalisation- la triste saga du Stade national l'a démontré ces dernières années.
Il n'est pas trop tard pour que les choses changent. La démonstration de maturité de la Région bruxelloise, en se dotant d'un gouvernement avant les deux autres Régions, est - aussi - un appel à se faire respecter par les deux autres Régions. Peut-être suffirait-il d'une déclaration d'amour en retour pour que Bruxelles redevienne le phare belge qu'elle devrait être, sans réserve. Le risque est toutefois réel que la naissance d'un Vervoort III soit - malheureusement - une nouvelle pierre dans un jardin belge devenu, plus souvent qu'à son tour, une zone d'affrontements et de blocages


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
BRUXELLES CAPITALE MAL AIMÉE ET REPLIÉE SUR ELLE-MÊME

Excellente analyse certes mais commentaire aigre -doux sur une forme de mal être bruxellois: "Bruxelles, drôle de phare, révélateur du malaise belge. Bruxelles tend à négliger son rôle de capitale veut progressivement s'imposer comme une cité modèle en matière environnementale." C'est dire que les automobilistes, condamnés au 30 à l'heure ne seront pas à la fête. Tous en trottinette ou à bicyclette!
Fumée blanche, arc en ciel avec un gros panache rouge, du vert , de l'amarante mais point de bleu, à la grande colère de Gwendolyn Rutten, patronne du VLD qui a boudé son ministre Zven Gatz.
Bernard Clerfayt sera nommé ministre, laissant Schaerbeek à un(e) bourgmestre faisant fonction, en bonne logique,? Cécile Jodogne. Celle-ci cédera son siège de député régional à un échevin Défi lequel devra être remplacé par...
MG

  

QUI SERA MINISTRE? AVEC QUELLES COMPÉTENCES? DÉCOUVREZ LE CASTING COMPLET DU NOUVEAU GOUVERNEMENT BRUXELLOIS
La Libre Belgique

Le nouveau gouvernement bruxellois se renouvelle fortement : six nouvelles têtes.
Mercredi soir, les six partis de la nouvelle coalition bruxelloise ont voté en faveur de la déclaration de politique générale présentée plus tôt dans l’après-midi. Place désormais au casting et la répartition des matières pour chaque parti.
On le sait depuis le début : le socialiste Rudi Vervoort sera ministre-Président. C’est son troisième mandat, dont un repris à mi-mandat. Il prêtera serment ce jeudi à 13 h 30 devant le Roi. Ses compétences : la prévention et la sécurité, le tourisme, les institutions biculturelles, le logement, la rénovation urbaine, le développement territorial, le transport rémunéré de personnes, la politique en faveur des personnes handicapées et les transports scolaires.
L’autre heureuse élue socialiste francophone se nomme Nawal Ben Hamou. C’est la surprise de ce nouveau gouvernement. Fadila Laanan mise au ban suite aux critiques relatives à sa gestion de l’Agence Bruxelles-Propreté, les paris grimpaient sur le nom de Caroline Désir, placée depuis des années, toujours pas gagnante. C’est Nawal Ben Hamou, non élue au Parlement fédéral, qui sera secrétaire d’État. Elle s’occupera de l’égalité des chances et des cultes. Elle sera aussi ministre francophone de la cohésion sociale, de l’enseignement, de la culture et des sports au sein de l’exécutif de la Cocof.
Rachid Madrane devient quant à lui président du parlement bruxellois.
Numéro 2 du gouvernement, Elke Van den Brandt (Groen) s’occuperait quant à elle de la mobilité et des travaux publics.
Chez Écolo, Alain Maron est nommé ministre de l'environnement. Le parti hérite également de l'économie, de la propreté et de l’énergie. Barbara Trachte a été désignée secrétaire d'Etat à la transition économique et ministre présidente de la Cocof, et Magali Plovie présidente de la Cocof.
Bernard Clerfayt (Défi) sera lui aussi ministre. Il a hérité des matières portées, entre autres, par son prédécesseur au gouvernement bruxellois Didier Gosuin : l’emploi, la formation mais aussi le bien-être animal, la transition numérique et les pouvoirs locaux. À la Cocom, il aura le budget, les allocations familiales et la fonction publique. À la Cocof, il s’occupera de la formation et des relations internationales. À Schaerbeek, il sera remplacé par Cécile Jodogne.
Sven Gatz (Open-VLD) récupère le portefeuille de Guy Vanhengel, à savoir le budget et les finances.
Quant à Pascal Smet (SP.A), il devrait recevoir le commerce extérieur, l’urbanisme et le Siamu.
Rédaction (avec M.L.)


DE BAND TUSSEN OPEN VLD BRUSSEL EN DE PARTIJTOP IS DOORGEKNIPT, NU DE EIGENGEREIDE AFDELING DEELNEEMT AAN EEN ‘LINKSE’ REGERING ZÓNDER DE MR.
Rutten trekt handen af van Brusselse liberalen
De Standaard
BRUSSELOpen VLD-voorzitster Gwendolyn Rutten zal Sven Gatz op het partijbestuur niet voordragen als nieuwe Brusselse Open VLD-minister. Gisteravond stuurde ze ook haar kat naar het congres over het Brusselse regeerakkoord, waar Gatz de 120 pagina’s tellende tekst verdedigde – al deelde hij de tekst zelf niet uit, tot ongenoegen van verschillende aanwezigen. Na een lange discussie werd het regeer¬akkoord rond 22.15 uur toch goedgekeurd door de Brusselse liberalen. Binnen de afdeling genieten Gatz en zijn voorganger Guy Vanhengel immers veel steun. 


BRUSSELSE REGERING VULT POSTEN IN, NA WAT LAAT DRAMA BIJ ECOLO
Knack
Nadat de partijen hun fiat gegeven hadden aan het regeerakkoord, werden de ministerposten ingevuld. Op het laatste moment bleek Ecolo problemen te hebben.
Die vertraging van Ecolo was de voornaamste verrassing. Nadat Open VLD tijdens de formatie voor oponthoud zorgde met de herhaalde vraag om MR mee in de Brusselse regering op te nemen, zorgt Ecolo voor vertraging wegens problemen bij het aanduiden van een staatssecretaris waarop de Franstalige groenen recht hebben.
De Algemene Vergadering van de Brusselse Ecolo verwierp rond 1 uur donderdagochtend de kandidatuur van Isabelle Pauthier, die meer dan 20 jaar directrice was van de Brusselse Franstalige stadsbeweging Arau en wier kandidatuur werd ondersteund door de co-voorzitters van Ecolo. Maar de leden van de Algemene Vergadering hadden problemen met haar visie op de ontwikkkeling van Brussel, of vonden dat ze als nieuwverkozene over de hoofden sprong van kandidaten met grotere ancienniteit. In het holst van de nacht, en tijdens een klaarblijkelijk emotionele zitting, kwam men op een vervanger uit: Barbara Trachte, die bevoegd wordt voor Economische Transitie en Onderzoek. Trachte zetelt al 10 jaar als verkozene van Ecolo.


mercredi 17 juillet 2019

"Ces migrants qui gâchent nos vacances": l'indécence à son comble

Carte blanche Le Vif 

"Vous n'avez pas encore réservé vos vacances ? Quoi de mieux que les côtes de la Méditerranée pour vous dorer la pilule ? Un seul conseil : n'allez pas à Djerba ; vous risqueriez de tomber nez à nez avec des cadavres. Ce serait fâcheux et risquerait de gâcher vos vacances."
© reuters
"Vendredi dernier (12 juillet), RTL-TVI a diffusé, au journal télévisé, une séquence intitulée "Une touriste belge découvre des cadavres sur une plage de Djerba" et présentée de la façon suivante : "Un début de vacances raté pour Charlotte. La Liégeoise venait d'arriver à Zarzis, en Tunisie, et elle a découvert un cadavre sur la plage". Au cours du reportage, on comprend que ce sont des corps de migrants échoués sur la plage qui sont en cause : ils viennent gâcher les vacances d'une touriste belge, qui demande à changer d'hôtel.
Les garde-côtes tunisiens dénombrent près d'une centaine de migrants morts suite au naufrage d'un canot parti de Libye. Leur destin tragique n'est abordé à aucun moment. Seules apparaissent les réactions des touristes et du voyagiste lié à leur séjour. Le traitement médiatique de cet événement nous a profondément choqués.
UNE DÉSHUMANISATION À SON PAROXYSME
Dans cette séquence, l'indécence et l'inhumanité prédominent. Plutôt que de s'attarder sur l'essentiel - des vies humaines ont été arrachées au cours d'une tragédie en mer -, tout est pensé pour focaliser l'attention des téléspectateurs sur la réaction d'une touriste belge parce que les corps ont échoué précisément sur la plage où elle passait ses vacances. Cette profonde dérive du sens éthique -- qui amène à voir les vacances de nos compatriotes comme plus importantes que le droit inaliénable de tous à une vie digne -- rend ce traitement de l'information inacceptable et contraire au code de déontologie journalistique.
La "loi de proximité" a été appliquée : les informations paraissent d'autant plus importantes qu'elles sont proches de leur cible. Pour maximiser l'audience, il a semblé opportun de parler du désarroi de touristes "bien de chez nous" plutôt que de la mort tragique de migrants.
LA MÉDITERRANÉE : LIEU DE VILLÉGIATURE POUR LES UNS, CIMETIÈRE POUR LES AUTRES
L'absence de repères éthiques dans ce "reportage" présente néanmoins le mérite de mettre involontairement en relief les inégalités criantes entre les habitants du "Nord" et d'un certain "Sud".
Les uns peuvent se ressourcer ; les autres sont contraints de risquer leur vie pour subvenir à leurs besoins fondamentaux. Les uns sont libres de parcourir le monde à leur guise ; les autres ne peuvent le faire qu'au prix de leur vie. Les uns peuvent changer d'hôtel pour éloigner de leur vue ou de leur conscience ce qui les dérange ; les autres seront enterrés loin des leurs. Les uns se voient offrir un soutien psychologique ; les autres peinent à recevoir -- en Belgique -- l'accompagnement psychologique ou psychiatrique que les traumatismes successifs endurés nécessiteraient.
Notons que c'est d'ailleurs cette dissymétrie révoltante entre le "Nord" et le "Sud" qui est responsable d'une partie significative des migrations actuelles.
La représentation des migrants véhiculée par certains médias dominants ne cesse de se détériorer. Présentés, selon les cas, comme des menaces, des victimes, des fardeaux ou des intrus -- et, systématiquement comme des "autres" si différents de nous -- (Mazzocchetti & Yzerbyt, 2019), les migrants ne sont plus reconnus comme des êtres humains à part entière : ils sont infrahumanisés, voire déshumanisés. Chez nous, ils sont perçus comme indésirables, corvéables à merci. Ici comme ailleurs, nous sommes indifférents à leur souffrance, voire même incommodés si elle vient à s'afficher sur la plage de nos vacances ! La séquence de vendredi va ainsi jusqu'à légitimer l'indifférence : n'est-il pas normal de vouloir changer d'hôtel pour pouvoir se soustraire à toute prise de conscience ?
La responsabilité des médias dominants dans la construction de nos représentations sur les migrants est énorme. En alimentant des représentations erronées, largement formulées par l'extrême-droite, les médias "altérisent" les migrants, rendent toute forme d'identification impossible et participent au déni de solidarité. En exacerbant cette logique, RTL-TVI a contribué -- une fois de plus -- à remplacer notre humanité par l'égocentrisme le plus désinhibé.
Mazzocchetti, J., & Yzerbyt, V. (2019). Crise migratoire: le discours médiatique alimente-t-il la peur des migrants ? Sociétés en changement, 7.
Primo-signataires (8)
Jean-Baptiste Dayez - Psychologue social et militant
Sarah Degée - Enseignante et collaboratrice de l'Institut de recherche, formation et action sur les migrations (IRFAM)
Martine Demillequand - Collaboratrice pédagogique à l'UCLouvain et professeure de français
William Donni - Militant associatif et politique, activiste et membre du Mouvement Demain
Jessy Doulette - Citoyenne militante antispéciste, féministe et antiraciste
Mohamed El Hendouz - Militant associatif et politique
Seyma Gelen - Enseignante, féministe décoloniale, membre et cofondatrice du Collectif féministe Kahina
Eva Maria Jiménez Lamas - Syndicaliste féministe antiraciste
Signataires (816) 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
LA RESPONSABILITÉ DES MÉDIAS DOMINANTS DANS LA CONSTRUCTION DE NOS REPRÉSENTATIONS SUR LES MIGRANTS EST ÉNORME. 

Voilà qui résume joliment l'attitude des touristes belges en villégiature. Ôtez-moi ces cadavres de ma plage, ils me gâchent mes vacances. On ne saurait mieux synthétiser le problème. " Pour maximiser l'audience, il a semblé opportun de parler du désarroi de touristes "bien de chez nous" plutôt que de la mort tragique de migrants. " Cette profonde dérive du sens éthique -- qui amène à voir les vacances de nos compatriotes comme plus importantes que le droit inaliénable de tous à une vie digne -- rend ce traitement de l'information inacceptable et contraire au code de déontologie journalistique."
Il est indispensable d'adapter l'éducation et la formation des jeunes aux réalités d'aujourd'hui. Il est primordial d'offrir aux jeunes générations un cadre de vie et de relations nettement plus en phase avec les réalités actuelles . Ces réalités sont largement de caractère démographique et écologique.
"Si les multiples religions ont pu, dans l'Histoire passée, remédier à des situations posant question, les réponses qu'elles ont données ont été sources d'ostracisme, de conflits, de barbaries, de tueries, ... Ceci est d'autant plus inexcusable Aujourd'hui, si on reconnait, après mûre réflexion, que l'essentiel, pour un locataire sur cette planète, est de vivre collectivement en bonne harmonie avec ses contemporains, surtout ceux qui lui sont proches.  Le devoir de chacun est de contribuer au bien-être et au progrès collectifs selon ses capacités, son expérience et sa santé."
On est franchement très loin du compte. La responsabilité des medias  et de l'enseignement est de fait considérable.
Fondamentalement, c'est à chacun de nous de revoir en conscience notre logiciel de valeurs et de comportements. Et  ça, ce n'est franchement pas rien.
MG


DE L'URGENCE DE LA MISE EN PLACE D'UNE POLITIQUE DÉMOGRAPHIQUE À L'ÉCHELLE MONDIALE EN VUE D'UNE CITOYENNETÉ ET D'UNE PARENTALITÉ RESPONSABLES

Carte blanche
La mondialisation et la globalisation que les progrès technologiques de ces dernières décades ont rendues possibles, font qu'il est désormais indispensable de réfléchir et d'agir en termes de politique globale pour la planète "terre" arrivée à saturation.

POUR UNE CITOYENNETÉ RESPONSABLE
Chaque année, actuellement en août, la presse nous informe que nous avons consommé toutes les ressources nécessaires à un fonctionnement et une alimentation normale de l'année en cours et que nous devrons terminer l'année "à crédit", soit en prenant sur la part des êtres humains qui nous suivront !
Il est étonnant qu'une telle déclaration qui, chaque année, survient de plus en plus tôt, ne soulève pas dans nos pays "dits développés" des réactions aussi alarmistes que celles entourant les changements climatiques, liés aux débordements des activités humaines, modifiant notamment lourdement l'équilibre de notre "échosystème".
Il y a plus de 3000 ans, la ville "POLIS" des grecs, constituait le lieu principal de vie collective à organiser et à gérer. Le terme "politique" en est issu. Les temps ont bien changé : la mondialisation et la globalisation que les progrès technologiques de ces dernières décades ont rendues possibles, font qu'il est désormais indispensable de réfléchir et d'agir en termes de politique globale pour la planète "terre" arrivée à saturation. Vis-à-vis des générations qui nous suivront, il n'est ni responsable, ni moral, ni éthique de consommer à crédit. L'éthique, même à contre-courant de la pensée "progressiste", doit s'imposer là où les développements économiques et financiers à court et moyen termes, imposent sans vergogne, des objectifs contraires aux capacités de la planète "terre" et de ses habitants. L'activité humaine a déjà des conséquences climatiques désastreuses, mais, sans politique de décroissance démographique, réfléchie et planifiée au niveau de la planète, on court à une catastrophe encore plus sévère pour les "homo sapiens", devenus trop nombreux sur la planète. L'ONU a une responsabilité incontournable dans la mise en place d'une politique à l'échelle mondiale en ce domaine. Cela ne peut plus attendre !
Y a-t-il besoin d'envisager qu'en absence de toute politique adéquate, en 2050, on compterait plus de 10 milliards d'êtres humains sur notre planète, inégalement dispersés ! Relevons aussi que les plus gros accroissements de population, d'ici 2050, sont attendus en Afrique qui passerait de 1,7 milliard d'habitants actuellement, à environ 4,4 milliards. L'Asie et l'Amérique du Sud et Centrale connaîtraient également une croissance démographique importante.
Il est urgent de conscientiser nos contemporains, où qu'ils se trouvent sur notre planète, de l'énormité de ce problème démographique et de mettre en place des mesures conduisant à une réduction de la natalité, puisqu'avec près de 7 milliards d'habitants, aujourd'hui, nous arrivons déjà "trop court" dès le mois d'août. Dès lors, définir, comme objectif sur 4 à 6 générations, avec l'aide de démographes chevronnés, de revenir en dessous de la barre des 4 milliards d'êtres humains sur terre, constituerait, pour notre génération, un acte responsable et respectueux des générations qui nous suivront et un objectif salutaire indispensable pour leur bien-être, voire même leur survie paisible ! Il ne faut pas perdre de vue, avec humilité et sagesse, que, sur notre planète, chaque être humain n'est qu'un maillon de la transmission d'une vie qui est lentement et constamment en évolution. Chaque individu, durant quelques dizaines d'années, aura eu la chance ou la malchance d'être "locataire sur la terre", dans des lieux et avec des moyens répartis de manière très inégale.
POUR UNE PARENTALITÉ RESPONSABLE
On connait, à présent, les limites des ressources planétaires. On connait aussi les conséquences dramatiques des activités économiques et industrielles débridées. Des traditions et des us et coutumes imposent des tabous culturels et sociaux de plus en plus surannés. L'enracinement dans des traditions séculaires, avec des diktats religieux dogmatiques, archaïques et anachroniques, constituent un obstacle à franchir par la voie de la raison et de la sagesse. En outre, les politiques locales, régionales ou même continentales "du chacun pour soi" , là même où la solidarité à l'échelle de la planète doit s'imposer dans l'urgence climatique ET démographique, il est devenu indispensable de mener une politique programmée de décroissance démographique qui permette d'assurer aux nouveau-nés une qualité de vie plus conforme à la Charte Universelle des Droits de l'Homme. Pour y arriver, il faut briser ces interdits culturels ou religieux, en visant à déculpabiliser la recherche du plaisir sexuel sans lien avec la procréation : les progrès scientifiques des 60 dernières années et les moyens techniques qui en ont découlés, (contraception tant hormonale que physique) permettent d'atteindre cet objectif, ...mais encore faut-il le vouloir ...sans tabous !
En parallèle, il faudra aussi éduquer et former les futurs parents, à une "parentalité responsable : "faire un enfant" est, le plus souvent, facile. Sans ignorer "l'instinct de maternité ou de paternité, ces parents ont-ils les moyens tant humains que matériels, de le nourrir, de l'héberger dignement, de l'éduquer, de lui offrir une scolarité adéquate et des soins de santé appropriés, de l'orienter vers un métier valorisant, pour que cet enfant devenu jeune adulte, puisse, à son tour, jouer son rôle actif dans la société et bénéficier en retour, de ses avancées technologiques et sociétales, qui agrémentent et facilitent la vie sur terre, à la recherche d'une meilleure qualité de contacts sociaux riches en émotions. A cet égard, il est indispensable d'adapter l'endoctrinement et l'éducation des jeunes aux réalités des découvertes scientifiques et à faire preuve d'esprit critique. Sans mépris pour l'Histoire de nos civilisations, à présent, Il est primordial d'offrir aux jeunes générations un cadre de vie et de relations nettement plus en phase avec les progrès scientifiques et technologiques dont tous devraient profiter.
Si les multiples religions ont pu, dans l'Histoire passée, remédier à des situations posant question, les réponses qu'elles ont données ont été sources d'ostracisme, de conflits, de barbaries, de tueries, ... Ceci est d'autant plus inexcusable aujourd'hui, si on reconnait, après mûre réflexion, que l'essentiel, pour un locataire sur cette planète, est de vivre collectivement en bonne harmonie avec ses contemporains, surtout ceux qui lui sont proches. Le devoir de chacun est de contribuer au bien-être et au progrès collectifs selon ses capacités, son expérience et sa santé.
Si la Chine a été sévèrement critiquée pour sa politique "un enfant par couple", il s'avère aujourd'hui, malgré les imperfections de sa mise en place (notamment le déséquilibre des genres par la "disparition" de nouveaux nés de sexe féminin), que cette politique fut inéluctable pour amorcer de manière responsable, la décroissance démographique en Chine.
C'est une politique équivalente qui doit être abordée à présent au niveau mondialpour que les ressources disponibles sur la "planète terre", soient équitablement partagées ente un nombre d'habitants en décroissance programmée vu la capacité limitée de notre planète. En ce domaine, l'intérêt collectif doit s'imposer sur la liberté individuelle : il y va de la survie de l'espèce humaine !
Michel Lesne, Docteur en Sciences Pharmaceutiques et Professeur à la Faculté de médecine de l'UCL







dimanche 14 juillet 2019

La mort de Richard Herlin, correcteur au « Monde »


Doux et provocateur, toujours exigeant, il était entré en 2005 au « Monde », où il donnait la chasse aux coquilles, anacoluthes et amphibologies. Il est mort le 10 juillet, à l’âge de 59 ans.
Richard Herlin était le seul à pouvoir emporter un millier de personnes en parlant de subjonctif imparfait, d’anglicisme et de féminisation des noms comme lors de sa prestation pour le Live Magazine, le 25 septembre 2017 au Casino de Paris. Lucas Barioulet pour Le Monde
Il ne faut pas pleurer pour ce qui n’est plus, mais être heureux pour ce qui a été. C’est sans doute ce que nous rappellerait « Richie » s’il voyait nos yeux rougis et nos mines inconsolables. Richard Herlin, correcteur au Monde, est mort mercredi 10 juillet d’une leucémie. Il était notre collègue, notre ami, notre irremplaçable.
Né le 30 novembre 1959 à Neuf-Mesnil, petite commune proche de Maubeuge (Nord), il parlait parfois de son enfance de peu de choses, comme on conte son pays où l’on ne retournera pas. Issu d’une famille de cinq enfants, fils d’un contremaître d’usine mort durant son adolescence et d’une mère devenue gravement malade par la suite, il gardera toute sa vie un profond respect pour les « petites gens ».
Après un bac littéraire, il est le premier de sa famille à entrer à l’université, où il obtient en 1983 une licence d’anglais. Les petits boulots accompagnent sa vingtaine. Il travaille un peu à l’usine, un peu au théâtre : technicien de plateau, comédien ou simple figurant. Il est amoureux aussi, depuis le lycée, de Christine, qui deviendra sa « compagne de vie ». Avec elle, il ébauche un projet communautaire en Ardèche et s’initie à la lutte contre les discriminations, en particulier celles que subissent les femmes.
En 1990, il s’engage dans une formation de bibliothécaire et auprès de l’Ecole supérieure de journalisme de Lille (ESJ), où il occupera le poste de bibliothécaire documentaliste pendant treize ans. Soizic Bouju, directrice des études entre 1998 et 2003, devenue ensuite une de ses plus proches amies, se souvient d’avoir rencontré un garçon aux « cheveux longs jusqu’aux fesses et qui a tout de suite été un point de surprise, de fraîcheur, tendre et loufoque ». A l’écoute des étudiants, « il était le refuge, l’homme qui prenait du temps, qui transmettait, sans jamais donner de leçon ». Se décrivant lui-même comme « fondamentalement humaniste », il considérait que « ce que l’on appelle des fautes ne sont finalement que des erreurs, et que l’erreur est humaine, donc pardonnable, à condition toutefois de ne pas (trop) persévérer ».
RELATION MONOGAME AVEC « LE MONDE »
En 2005, il quitte son Nord pour intégrer l’école des correcteurs Formacom, à Pantin (Seine-Saint-Denis), et se consacrer enfin entièrement à ce qui lui plaît vraiment : les anacoluthes et les amphibologies. Diplômé, il collabore avec Le Monde, Le Point, Livres Hebdo, La Revue dessinée, corrige les questions SMS de l’émission C’est dans l’air. Qu’importe le flacon, pourvu qu’on ait l’ivresse : il aimait cette vie libre de pigiste, avant de finir par se ranger, en 2011, dans une relation monogame avec le « journal vespéral de référence ».
Richard n’était pas correcteur, il était rédacteur-réviseur-correcteur. « Un obsédé textuel du genre voyeur [qui] a fait de son vice un métier honnête », c’est lui qui le disait. Drôle, volubile, provocateur, doux, il attirait la lumière sans jamais la prendre. Au Monde, où il était devenu l’un des plus estimés membres de la rédaction numérique, il posait toujours un regard bienveillant – mais pas dupe – sur les nouveaux arrivants. Ses anciens élèves de Formacom gardent le souvenir d’« heures de formation drôles, insolentes, mais toujours passionnantes ».
D’un abord direct, il pouvait assez vite vous proposer d’aller « danser avec la lune jusqu’au bout de la nuit ». Ses gestes, ses mots, tout était empreint de légèreté et de délicatesse. Même ses courriels compendieux pour signaler qu’un papier était corrigé sonnaient comme un pas de Fred Astaire : « Et hop ! »
MILITANT D’UNE LANGUE MODERNE, ÉVOLUTIVE
Son regard clair et malicieux vous accrochait quand il s’escrimait à raconter si mal (et donc si bien) ses blagues et autres contrepèteries. Tous ceux qui ont eu la chance de partager seul avec lui une permanence de soirée, jusqu’à 23 heures, au desk numérique du Monde ont pu apprécier son professionnalisme serein, certes, mais surtout ses incomparables talents en matière de feu d’artifice de jeux de mots risqués, ses concours de « Monsieur et Madame ont un fils » et ses interprétations de Johnny Hallyday aussi fières que dissonantes, surtout si elles étaient arrosées d’une bière belge. Inoubliable dégaine de grand adolescent, portant beau, pantalon slim, bretelles, chapeau de cuir élimé, cigarette roulée et boucle à l’oreille.
Ce qu’il y a de merveilleux dans son métier, disait-il, c’est le doute, qui « permet chaque jour d’apprendre quelque chose de nouveau ». Pour nous, il n’y en avait pas, de doute, on avait la chance d’avoir le meilleur correcteur de sa catégorie, et on le savait. Vaillant, joyeux, il ne désarmait jamais dans la chasse aux « députés-maires », à la construction de logements « neufs », aux lettres capitales non justifiées et à tout ce qui pouvait être « typographiquement contrevenant ». Il voyait une coquille, il se jetait dessus et signait son crime auprès du rédacteur : « J’ai retiré le chapeau au “u” dont tu as couvert ton verbe, il n’en a pas besoin pour sortir. »
Sous les mots, les idées. Richard militait pour une langue moderne, évolutive et n’aimait rien tant que redorer des locutions méprisées, faire briller les autrices et les patronnes. Certains sujets ne souffraient guère pour lui de débat – comme la laïcité, l’égalité ou la place des femmes dans la société et dans notre langue, en défenseur avisé qu’il était de l’écriture inclusive.
AMOUREUX DU PRÉSENT
C’était un amoureux du présent, du réel et du maintenant, des choses qui sont et ont été. Passionné de documentaires, membre régulier du Festival audiovisuel régional de l’Acharnière, à Lille, il avait contribué à mettre en place à l’ESJ un atelier de documentaire, persuadé que c’était justement en étudiant le contrepoint du journalisme que les élèves apprendraient le mieux leur métier. Il s’épanouissait tout autant dans la fiction, le jeu, la mise en scène, au théâtre, qu’il a pratiqué toute sa vie en amateur, ou en contribuant à des fictions radiophoniques dont la dernière s’appelait singulièrement « Vivre ma mort ». Riche de mille vies, il était curieux, cultivé, souvent paré de sombre comme de mystère ; il écoutait les artistes islandais Björk et Sigur Rós, lisait Marguerite Duras et regardait des films de Jean-Luc Godard, dans lesquels il appréciait les discrètes références aux subtilités de la langue française.
Il était heureux de travailler au Monde et le disait. D’ailleurs, il était heureux de tout et souvent de rien. Adepte de la lenteur, toujours soucieux de prendre le temps nécessaire, Richard haïssait la précipitation et n’était pas particulièrement friand du mouvement d’une manière générale. Il détestait l’avion et avait horreur de se déplacer, sauf pour rejoindre son paradis du Lot, qu’il a choisi comme dernière demeure. Dans son petit appartement parisien, il voyageait intérieurement, avec ses livres, France Culture, ses sorties au resto entre amis, son chapeau et son vélo. C’est tout ce qu’il lui fallait.
Personne ne peut dire avoir entendu une seule fois Richard se plaindre – et le sale diagnostic, tombé en octobre 2018, n’y a rien changé. Ces derniers temps, sa plus grande douleur était de provoquer du chagrin chez les autres. Pour lui, il ne s’en faisait pas : « Quelle chance j’ai eu d’en être arrivé là », disait-il encore à ses proches. Il se trompait. La chance, c’est nous qui l’avons eue. Merci Richie.
A Paris.
[Correcteur au Monde.fr depuis 2005, Richard Herlin était unanimement apprécié pour son amour rigoureux de la langue, son humour et son goût pour la transmission. Le Monde adresse ses pensées à sa famille, ses proches, et à toutes celles et ceux, au site et au journal, qui ont aimé sa personnalité profondément libre. Jérôme Fenoglio]
Dates
30 novembre 1959 Naissance à Neuf-Mesnil (Nord)
1983 Licencié en anglais, option linguistique et sémiologie
1986-1989 Intermittent du spectacle, comédien, technicien de plateau
1990 Certificat d’aptitude aux fonctions de bibliothécaire
1990-2003 Bibliothécaire-documentaliste à l’Ecole supérieure de journalisme (ESJ) de Lille
2005 Diplôme national de lecteur-correcteur-réviseur et entrée au Monde
10 juillet 2019 Mort à Martel (Lot)
Hélène Bekmezian


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
UN HEROS ANONYME DE NOTRE TEMPS

Cet article m'a profondément touché. Il nous parle d'un sans grade au coeur d'or, "un Mensch" , un homme vrai, engagé dans sa mission de correcteur supérieur. « J’ai retiré le chapeau au “u” dont tu as couvert ton verbe, il n’en a pas besoin pour sortir. »
Quelle grandeur et quelle sobriété par rapport à ces quelques ministres dispendieux qui font le buzz au frais de la Communauté comme ce président du Parlement flamand acculé à la démission et son homologue l'ancien président de l'Assemblée nationale française. Il y a a d'autres qui méritent l'opprobre publique et le mépris quelle que soit leur couleur.
« il était le refuge, l’homme qui prenait du temps, qui transmettait, sans jamais donner de leçon." « fondamentalement humaniste », il considérait que « ce que l’on appelle des fautes ne sont finalement que des erreurs, et que l’erreur est humaine, donc pardonnable, à condition toutefois de ne pas (trop) persévérer ».
Vive la sobriété heureuse à vélo et en chapeau de cuir bouilli.
MG