mardi 31 janvier 2012

Appel à la délation à Grimbergen : «un exemple positif»

Les points de contact linguistiques d’Overijse et Grimbergen ne constituent pas une atteinte à la liberté d’emploi des langues consacrée par la Constitution, selon le ministre flamand Geert Bourgeois (N-VA).

Les points de contact communaux d’Overijse et Grimbergen, où les citoyens peuvent dénoncer les commerçants qui n’usent pas systématiquement du néerlandais avec leurs clients ou affichent des pancartes dans une langue autre que le néerlandais, ne constituent pas une atteinte à la liberté d’emploi des langues consacrée par la Constitution, selon le ministre flamand Geert Bourgeois (N-VA).

Ces points de contact controversés constituent même des « exemples positifs », a ajouté le ministre flamand des Affaires intérieures, en réponse à une question écrite du député régional Erik Van Rompuy (CD&V). « Ils s’intègrent dans notre politique pour la périphérie flamande (de Bruxelles), qui permet aux administrations communales une certaine assertivité et de pousser les acteurs privés au changement, tout en restant courtoises dans leurs réactions », a commenté Geert Bourgeois.
(Belga)

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
LA FIN DU JAMBON
Le principe de la dénonciation est sordide et rappelle singulièrement les pratiques du IIIème Reich.
C’es types de la N-VA sont décidément inquiétants. Le plus cocasse c’est qu’ils portent des noms à consonance française : Bourgeois, Jambon…On leur conseille de demander à l'état civil un changement en Burger et Ham ou Hesp s'il préfèrent le dialecte régional ce dont nous ne doutons pas un seul instant. Ce sera alors pour de bon la fin du jambon.
Un cafetier liégeois commente cela avec humour et un beau détachement :
« Je ne vendrai plus de Grimbergen ; Grimbergen possède une excellente bière mais unetrès mauvaise bourgmestre. La Grimbergen chez moi c’est terminé ! », a déclaré Francis Probst, patron de plusieurs établissements horeca à Liège, dans les journaux du groupe Sud Presse. Le patron liégeois a réagi à la demande de la bourgmestre de dénoncer des commerçants de Grimbergen qui s’exprimait en français. Francis Probst a appelé la brasserie et a indiqué qu’il ne voulait plus de Grimbergen qu’il a remplacé par une bière wallonne, la Ciney. On aimerait que d’autres patrons suivent son exemple.
Franchement entre une Grimbergen et une Leffe on ne peut pas dire qu’il y ait une grande différence. Tant qu'à faire, autant passer tout de suite à la Rochefort ou à l’Orval.
MG

Le Roi rend hommage au courage de Di Rupo

Le Roi renoue ce mardi avec la tradition : il reçoit les autorités du pays. Di Rupo y a été très largement applaudi.

«La grande majorité des Belges veulent stabilité et changement », a annoncé le Premier ministre qui plaide pour « un nouvel art de vivre entre Flamands et francophones ».

Elio Di Rupo a appelé au sens des responsabilités de tous, y compris des syndicalistes présents. Son discours a été très chaleureusement applaudi par l'assemblée. Tout comme celui du Roi, qui a évoqué le risque du populisme et l'importance de « ceux qui ont privilégié l'intérêt général », certains voyant là une attaque à peine voilée à la N-VA. Le Roi et Di Rupo ont finalement émis le même message : la Belgique doit évoluer, mais ça n'empêche pas que le pays continue d'exister.
(Béatrice Delvaux)

«VOUS AVEZ JOUE UN ROLE DETERMINAN »
« Un pays avec tant de talents ne peut qu'aller de l’avant. La Belgique change mais les habitants restent les mêmes, solidaires». Avant de conclure : « Vous avez joué un rôle déterminant dans la crise. Mes collègues et moi vous en sommes reconnaissants».

Albert II a salué « de tout cœur », son courage et sa patience. « « Notre pays a besoin de bruggenbouwers (constructeurs de ponts) », a déclaré le Roi estimant que la crise était l'occasion de réagir. « « On a failli échouer, parfois, mais heureusement, on a réussi à faire des compromis ».

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
OU SONT LES «BRUGGENBOUWERS» ?
Oui, c’est d’eux que nous avons le plus besoin : des constructeurs de ponts, de lanceurs de passerelle et pas des gestionnaires de barrage (nationalistes, populistes, intégristes, fondamentalistes…).
C’est bien là aussi la vocation de DiverCity : construire des ponts, si nécessaire avec les briques des barrages ; lancer des passerelles vers ceux et celles qui parlent, pensent, aiment travaillent et vivent autrement. Non les identités ne sont pas seulement ce qui nous relie à nos racines. Les racines nous ancrent au sol, à la terre natale. Nos identités se sont aussi et surtout nos chemins de vie qui nous conduisent de nos identités singulières à nos identités plurielles forgées à travers nos rencontres avec d’autres homme, d’autres femmes (nous sommes le fruit de nos rencontres), d’autre pays et régions, d’autres religions, d’autres idées et valeurs qui nous font grandir sans renier jamais ce que nous sommes, en nous aidant à découvrir que « Plus est en nous ! »
MG

La petite reine de Bruxelles

Par Alain Berenboom

Vélocipédistes, méfiez-vous ! Madame Grouwels veut votre mort !
On s’explique : le projet funeste de supprimer tous les cyclistes de Bruxelles est l’œuvre du prédécesseur de la petite reine de Brussel, le très fourbe mais socialiste Pascal Smet. C’est lui qui a imaginé de faucher les deux-roues comme on attrape les souris. Son piège : dessiner des petits vélos sur le macadam des pires rues de la capitale, les plus étroites, de préférence à contresens, pour que les cyclistes, leurrés, se croient en sécurité et filent droit sur le capot des automobilistes lancés dans une rue qu’ils pensaient à sens unique.

Mais les efforts de Pascal Smet n’ont pas été totalement couronnés de succès. Le nombre de blessés graves à vélo n’a augmenté que de 100 % en trois ans (de 2008 à 2010) alors qu’il y a de plus en plus de cyclistes au milieu du trafic.

Un esprit simple dira que pour favoriser la circulation sans risque des deux-roues, il suffit de créer des pistes cyclables isolées de la route. C’est d’ailleurs ce que prétend avoir fait M. Smet : «J’ai fait construire 82 km de pistes cyclables», a annoncé l’ancien secrétaire d’Etat bruxellois. «Vilain menteur !», s’est écriée sa blonde successeur. Pascal Pinocchio Smet n’a créé que 9 km de parcours protégé ! Tout le reste de ses flatteuses statistiques comptabilise les fameux pièges à vélos, rues peintes ou passages de bus, de vrais couloirs de la mort!

Brigitte Grouwels n’a pas renoncé à poursuivre les ambitions de son prédécesseur. Avec la complicité de son collègue, Bruno de Lille, le Groen de la mobilité. Bonne façon en passant d’éliminer le trop-plein de francophones de la capitale flamande.

Profitant d’une modification surréaliste du code de la route, elle se propose d’autoriser les amateurs de petite reine à foncer allégrement vers le crash : désormais, les cyclistes ne devront respecter ni feux rouges ni sens uniques. Pour le vélo, fini le code de la route – ce qu’avaient déjà compris quelques casse-cou sans attendre la nouvelle loi.

Grâce à cette mesure, les desseins de P. Smet seront accomplis : on doute qu’un seul cycliste survive à l’aventure.

Dans la foulée, on se débarrassera aussi des piétons, ces mammifères candides mais un peu encombrants, qui pensent avoir le droit de traverser quand le feu est vert alors qu’ils ont tout juste le droit de se faire faucher par les cyclistes. Ce n’est que justice : Alfred Jarry, grand vélocipédiste devant l’Éternel, écrivait il y a un siècle déjà : « Les piétons sont de véritables dangers publics car on les autorise à circuler librement sans permis, ni frein ni grelot. »

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
MORT AUX CYCLISTES
C’est vrai qu’on ne les aime pas les cyclistes.
On leur reproche un comportement sectaire et un mépris total des règles du code de la route. Pas besoin d’expliquer, tout le monde comprend. « Désormais, les cyclistes ne devront respecter ni feux rouges ni sens uniques » Il y a belle lurette qu’ils ne respectent plus rien ces sauvages qui savent que l’avenir leur appartient et que les jours de l’automobile sont comptés, même à Bruxelles où la bagnole envahit tout, y compris les trottoirs et les passages zébrés.

Et pourtant qu’on aille voir à Berlin, à Amsterdam ou tout simplement à Gand ce qui se passe quand « Prospère, Youp là, Boum » : la bicyclette est vraiment la reine du macadam et pas seulement la vedette de l’enfer du nord.

Mort aux cyclistes ? Menon ! Mort à la ferraille qui encombre l’asphalte des villes, surtout à Bruxelles où elle nous pourrit la vie à tous, même aux automobilistes ; surtout aux automobilistes.

Quand il était ministre bruxellois de la mobilité, Pascal Smet a fait autrefois le malin en déclarant urbi et orbi que pendant un mois il ne se déplacerait qu’à vélo.

Chiche ! Il l’a fait, mais oui !

Qui s’en souvient ? Peut-être lui-même l’a oublié tant il a brassé de projets et à su se faire mousser, depuis.

La politique est devenue l’art de faire parler de soi et non celui du possible comme on a longtemps feint de le croire. Gouverner c’est prévoir. A Bruxelles on ne prévoit rien, hormis l’imprévisible ! Et croyez-moi, il se vengera.
MG

dimanche 29 janvier 2012

Une synagogue dans une mosquée

Dans le Bronx à New York, chaque vendredi soir pour le service du Shabat, des juifs du quartier se rendent à leur synagogue. Petit détail, la synagogue se trouve au sein même d’une mosquée.

La communauté musulmane a mis à la disposition des juifs une partie de la mosquée qu’ils s’utilisent comme synagogue.

Cette entraide est le fruit d’une relation ancienne de plusieurs années. La communauté juive, qui possédait une synagogue sur Virginia Avenue, collectait des vêtements pour les familles nécessiteuses dont une partie allait au Cheikh Moussa Drammeh et sa communauté musulmane. Depuis, les liens d’amitiés entre les deux lieux de cultes se sont créés.

En 2003, suite à une baisse démographique de juifs, les cadres de la communauté ont été forcées de vendre la synagogue. Selon le « Jewish Community Relation Chair », il y avait jadis 630 000 juifs dans le Bronx et en 2002 ce chiffre avait chuté à 45100. Suite à cela, un local a été loué jusqu’en 2007. Un espace qu’ils ont dû abandonner par manque d’argent. La communauté est composée en grande partie de personnes âgées dont les revenus sont très limités.

Dès 2066, le Cheikh Moussa Drammeh, au courant de cette situation, s’est immédiatement porté volontaire pour accueillir la communauté juive au centre islamique, gratuitement. Selon le Cheikh, c’était à son tour d’aider le peuple qui l’avait aidé autrefois, lui et sa communauté.

Au départ, les fidèles juifs tenaient les services du shabbat dans le bureau de l’imam. Après six mois, la pièce est devenue exiguë, de plus en plus de personnes assistaient aux offices bien qu’elles aient eu lieu dans une mosquée. L’imam leur proposa une salle, suffisamment grande pour que les juifs l’aménagent convenablement pour leur culte.

La cohabitation dure depuis 2007. Une fidèle juive raconte à Tabletmag qu’elle apprécie le centre accueillant la synagogue « Ce sont des gens très doux »

Dès lors qu’on parle de musulmans et de juifs, on est souvent amené à penser au conflit Israélo-palestinienne. Cette incroyable histoire pourra être partagée par les deux communautés afin de prouver qu’elles ne sont pas enfermées dans cette conflagration.
(crédit photo et source : TabletMag)

samedi 28 janvier 2012

«INSURRECTION DES CONSIENCES»

Je suis allé écouter Jean Ziegler hier soir, non pas au Janson, mais à l’auditoire «K», comme Kafka, bourré jusqu’à la gueule comme on disait autrefois d’un canon de marine. Et Eddy Caekelberghs, journaliste vedette de notre radio RTBF et nouveau président de l’UAE (Union des Anciens Etudiants) d’allumer la mèche en présence du recteur, pro recteur et président de l’ULB. Bref notre vieille université bruxelloise « op haar best ». Eddy Caekelberghs est un ancien de Fernand Blum, bientôt centenaire et il en incarne superbement l’esprit.

«Ce sera un coup de gueule, sinon ça sert à quoi l’UAE ? » C’est par ce premier coup de canon qu’Eddy a ouvert le feu avant de tirer une salve d’honneur en faveur de Vaclav Havel la grande voix qui s’est éteinte à qui l’UAE ouvre une chaire, inaugurée par Jean Ziegler. «Faut que l’ULB soit une université dans la cité ouverte sur l’universel».
Peut-on éradiquer la faim? Oh yes we can but we won’t.

Un milliard de terriens sont sous alimentés et 35 millions meurent de faim chaque année, une mort atroce dira Jean Ziegler avec diarrhées sanglantes et effondrement douloureux de la masse musculaire. Chaque enfant qui meurt de faim est assassiné par les financiers qui spéculent «en toute légalité » sur la hausse des matières premières et des denrées alimentaires ; on veut même privatiser l’eau, la plus précieuse des matières premières. Ziegler a plaidé sous les applaudissements pour une « insurrection des consciences ». Et de tirer à boulets rouge sur tous ceux qui affament les enfants du tiers monde et qui devraient être trainés devant le tribunal de Nürnberg pour crime contre l’humanité. Violence structurelle ? Et comment donc. Merkel et Sarko ne sont là que pour remettre en marche des économies anémiées, à n’importe quel prix. Mais ils sont impuissants, comme l’ensemble du monde politique, face au capitalisme mondialisé, dominateur et peu scrupuleux. Et de paraphraser Kant « l’inhumanité infligée à autrui est la destruction de l’humanité en l’homme ». Il est temps que la « fraternité de la nuit » se constitue autour de la société civile. « We are the people of the United Nations ! ». Nous sommes le peuple souverain, disait Jean Jacques Rousseau citoyen Suisse, comme Ziegler, renié par les Suisses qui ne voulurent même pas de son cadavre.
«Le grand scandale n’est pas la mort mais c’est la naissance qui me rend inégal, moi qui suis né en Suisse, par rapport à mon frère humain né en Somalie. Je pourrais être lui !» et de condamner « les vautours de l’or vert.» Et de proclamer «un droit humain à l’alimentation». Et de plaider pur un «Nouveau Contrat social». Mais attention, Eddy C., gardien de Libre Examen, est vigilent. «Et quid, Jean Ziegler, de votre pas de deux avec Kadhafi, Cuba et Lulla ? »
Embarrassé mais honnête Ziegler répond franchement : Mes dialogues avec Kadhafi ce fut une erreur, Cuba je maintiens mon admiration face à ce pays qui nonobstant le pire des blocus a réussi à éradiquer la faim, non je n’approuve pas le système politique à la Castro. Mais comme disait Brecht : «un bulletin de vote ne nourrit pas une famille». Quant à Lula j’ai condamné son recours insensé aux bios carburants. » Et de conclure laconiquement en citant Sartre : « la réalité est toujours impure .»
Et si vous trouvez mon résumé trop succinct je vous renvoie au livre de Jean Ziegler : «destruction massive»
MG

JEAN ZIEGLER : “BRUXELLES EST D’UNE HYPOCRISIE SANS NOM”
Vice-président du comité consultatif du conseil des droits de l'homme des Nations unies, Jean Ziegler vient de publier Destruction massive. Géopolitique de la faim (éditions du Seuil). Dans cet essai, le sociologue suisse fait part de son expérience en tant que Rapporteur spécial de l’ONU pour le droit à l’alimentation (2000 à 2008) et analyse les raisons qui provoquent chaque année la mort de 36 millions de personnes à cause de la malnutrition.

POURQUOI MEURT-T-ON ENCORE DE FAIM DE NOS JOURS ?
Il y a cinq grandes raisons : premièrement, la spéculation financière sur les matières premières alimentaires qui a fait flamber leurs prix ces dernières années et rendu quasiment impossible aux agences d’aide, comme le Programme alimentaire mondial (PAM) de subvenir aux besoins des populations victimes de sous-alimentation. Il y a ensuite les agrocarburants, qui soustraient des terres fertiles et des plantes nourricières à l’alimentation humaine. Troisièmement, il y a la dette extérieure, qui étrangle les pays les plus pauvres et les empêche d’investir dans l’agriculture de subsistance. Après, il y a le dumping agricole, qui fait que, sur les marchés de Dakar ou de Cotonou, les fruits, les légumes et les poulets français, grecs, portugais, allemands etc. sont vendus au tiers ou à la moitié du prix du produit africain équivalent. Enfin, il a l’accaparement des terres par les fonds d’investissement ou les grandes multinationales, qui en chassent les paysans locaux pour y cultiver des produits destinés exclusivement aux marchés occidentaux.

L'UE A-T-ELLE UNE RESPONSABILITE ?
Elle a une responsabilité totale dans le dumping agricole. A commencer par la France : en 2005, lors des négociations de Hong Kong au sein de l'OMC, le secrétaire général de l'organisation, Pascal Lamy, avait proposé de baisser progressivement les aides à l'exportation jusqu'à les faire disparaître en cinq ans. Et la France s'y est farouchement opposée, car elle veut maintenir ses subsides à l'exportation, notamment à cause du poids des chambres de commerce agricoles. Et donc le dumping continue, alors que l'Afrique est sous-peuplée, qu'elle a une classe paysanne extraordinaire…et massacrée, car les paysans ne parviennent pas à écouler leur production.

A-T-ELLE UN ROLE A JOUER DANS LA LUTTE CONTRE LA FAIM DANS LE MONDE ?
La Commission européenne actuelle est formée de purs mercenaires au service des pieuvres du commerce agro-alimentaire. C'est incroyable la puissance des lobbies sur Bruxelles. S'ils le voulaient, ils pourraient arrêter demain le dumping agricole.

Bruxelles est aussi d'une hypocrisie sans nom : alors que l'Europe parle de justice planétaire et de développement, les 87 pays ACP [Afrique-Caraïbe-Pacifique, essentiellement des anciennes colonies européennes] sont maintenus dans des conditions d'infériorité inacceptables. Imaginez qu'on les a obligés à accepter des accords d'investissement qui les obligent à mettre sur le même plan les entreprises locales et les multinationales occidentales.

La Commission européenne dit à ces pays : "vous contestez notre politique de subventions agricoles et à l'exportation ? ok, mais nous devrons reconsidérer nos opérations d'aide au développement". C'est pire que du colonialisme : c'est du fascisme extérieur. Les droits de l'homme s'arrêtent à la frontière de l'Europe ; au-delà, c'est la loi de la jungle, de la violence, de l'ordre cannibale.

A QUOI PEUT-ON ATTRIBUER LA CRISE QUI FRAPPE L’EUROPE ?
Elle est le fait d'une énorme dette qui s'est accumulée, parce que les gouvernements ont sauvé à deux reprises les banques. Une première fois en 2008, puis à présent, en les recapitalisant avec de l'argent public qu'ils n'ont pas et pour obtenir lequel ils sont obligés de s'endetter et de couper dans leurs budgets. Résultat : le pouvoir d'achat des travailleurs diminue, de même que les prestations sociales. Et ces mêmes Etats sont incapables d'imposer une norme de risque à leurs banques ! Rien n'a changé dans ce domaine depuis 2008.

QUELLES SONT LES SOLUTIONS ?
Il faut faire deux choses : premièrement désosser les banques, en séparant la branche "investissements" de la branche "dépôts". Une banque ne devrait pas pouvoir faire les deux activités. Ensuite, il faut les nationaliser. Ce n'est pas une question idéologique – De Gaulle a bien nationalisé le crédit dans l'après-guerre. Aujourd'hui, l'incapacité des dirigeants occidentaux d'imposer des décisions et des règles aux oligarchies bancaires au nom du bien public est invraisemblable.

QUE PENSEZ-VOUS DU MOUVEMENT DES “INDIGNES” ?
On est proche de l'insurrection des consciences. Les indignés du monde entier vont manifester. Difficile toutefois de dire où cela peut nous mener. Les processus révolutionnaires dans l'histoire sont archi-mystérieux. On ne peut pas les anticiper : "Caminante no hay camino, se hace camino al andar", disait le poète espagnol Antonio Machado. La conscience collective sait ce qu'elle ne veut pas : on ne veut pas cet ordre cannibale du monde, où des hommes sont directement responsables du massacre par la faim de 35 millions de personnes par an. Et il ne faut pas avoir peur de ne pas faire le poids : il n'y a pas d'impuissance en démocratie et dans la diplomatie multilatérale.

Les droits de l'homme, la presse libre, la mobilisation populaire, les élections, la grève générale…on a les outils pour battre les mécanismes de la faim. La bourse est soumise à la loi : on peut interdire du jour au lendemain toute spéculation sur les denrées alimentaires. On peut imposer des tarifs prohibitifs à l'importation de bioéthanol. Les ministres de l'Agriculture européens peuvent exiger la fin du dumping agricole. Les ministres des finances des pays membres du FMI pourraient voter l'effacement de la dette des pays les plus endettés.
(Propos recueillis par et photo de Gian Paolo Accardo)

Wallonman est arrivé

Jusqu’ici, les Flamands avaient leurs BV et les francophones leur Fédération WB. C’était trop simple. D’où cette nouveauté, sortie d’une nuit d’insomnie de J.-C. Marcourt, le plan W.
Pourquoi l’idée que des BV wallons réfléchissent à l’avenir de leur région provoque-t-elle une telle tempête dans un verre de pékèt ou plutôt de faro ? Ça fait longtemps qu’ils auraient dû y penser ! De là, à mettre les Bruxellois à la porte de leur toute fraîche Fédération, voilà qui ne plaît pas vraiment dans les chaumières de la capitale.

« Si c’est comme ça, je vais devenir flamand ! », a menacé Philippe Moureaux, jamais en retard d’une réflexion politique longuement mûrie. Mais l’ancien boss socialiste bruxellois est tellement tordu que, s’il faut croire certaines rumeurs, cette annonce n’est qu’un prétexte pour changer de sexe linguistique. Atteint par la limite d’âge, il envisagerait de recommencer à zéro une carrière dans le Nord. Nul doute qu’il y sera à l’aise. Son goût du sarcasme grinçant, de préférence méchant et injuste, n’a rien à envier à celui de Bart De Wever. Et, comme tous deux sont historiens, on se réjouit déjà de les voir s’affronter au jeu à la mode à la télé flamande « De Slimste Mens Ter Wereld ».

« Qui a gagné la bataille des éperons d’or ? M. De Wever lève la main ? »

« Et la Seconde Guerre mondiale ? Tiens ? M. De Wever reste muet. M. Moureaux peut-être ? »

Depuis qu’Elio Di Rupo ne s’exprime plus que dans un néerlandais compréhensible seulement à Amsterdam, ça grenouille dans le marigot wallon. Tout le monde se bat pour devenir calife à la place du calife.

Privé de l’ombre de son président de parti qui le rendait tellement plus grand, Rudy Demotte semble avoir fondu comme neige au soleil. Les deux belles casquettes qui trônaient sur sa tête lui tombent sur le nez. Tandis que son cher camarade, J.-C. Marcourt se découvre une vocation de flambeur wallon, lui dont on ne connaissait que les qualités et la prudence de technicien de l’économie. Marcourt en réincarnation d’André Renard ? En clone de Kris Peeters namurois ? Yes ! Wallonman est arrivé !

Comme les hommes politiques n’ont rien à nous offrir, vu l’état des finances publiques, on peut s’attendre à une surenchère dans la gesticulation autour du W vu que ça ne coûte pas cher. Sauf au Scrabble où décrocher cette lettre magique est une véritable mine d’or.

Creuse, Marcourt, creuse !

PS : dans notre série « le bon plan cinoche du week-end », courez voir Miss Mouche, de Bernard Halut, une tragédie qui a les apparences d’une comédie, le film le plus inventif tourné en Fédération WB depuis La Fée !

CPOMMENTAIRE DE DIVERCITY
DU KROLL SANS LE DESSIN
Alain Berenboom se surpasse. C’est du Kroll sans le dessin, mais quelle plume, acérée comme un sabre de hussard ! C’est écrit à l’encre sympathique avec un zest d’ « arse nique ». Quant à Béatrice Delvaux, qu’on a quelquefois encensée ici, elle sort désormais carrément de son rôle en cherchant à créer l’événement ou plus exactement le non événement.

Il n’appartient pas, aux journalistes, si talentueux soient ils/elles, de mettre en scène la pièce qui se joue sous le landerneau politique. Les éditorialistes flamands ont longtemps donné dans ce travers. Béatrice feint de leur emboiter le pas. Visiblement Spitaels hier, Marcourt et Moureaux désormais sont tombés dans le panneau, royalement. En quoi tout ce cirque favorise-t-il le vivre ensemble belgo belge ? En rien, que du contraire et en cela c’est du masochisme éditorial. Pire c’est donner un début d’accomplissement à la prophétie Maddens, laquelle prévoit que ce sont les francophones eux-mêmes qui un jour déclencheront la fin de la Belgique. « La doctrine Maddens est une stratégie politique flamande développée par le politicologue Bart Maddens de la KULeuven, visant à rendre la partie opposée (les francophones de Belgique) demandeurs.»(Wikipedia)
Ajoutons que Maddens est un le maître à penser de Bart De Wever, qui n’est en quelque sorte que la voix de son maître, nous l’avons écrit ici plus d’une fois et persistons en signant : MG.

PLAN W, OUH LA LA !
Petit rappel il y a quinze jours, paraissait une chronique intitulée « Plan W », selon laquelle des hommes et femmes de milieux divers réfléchissaient à un plan pour « booster » la Wallonie, avec ou sans Bruxelles. Le Standaard la place ensuite longuement à a une de son site et voilà le feu ainsi mis au baril francophone !

Depuis quinze jours, cela n'arrête pas, tout le monde éructe, commente, s'insurge, revendique. En premier lieu Jean –Claude Marcourt, ministre de l'économie wallonne et vice présent de la Région Wallonne qui fait exploser la boutique, à répétition. Il y a quinze jours, il déclare à la Libre Belgique que la Fédération Wallonie Bruxelles (ex-Communauté française) doit être déconstruite (et reconstruite). Ce mardi dans Le Soir, il se dit favorable à la régionalisation de l'enseignement, aujourd'hui géré par la Fédération Wallonie-Bruxelles pour tous les francophones qu'ils soient bruxellois ou walllons.

Vous suivez toujours? Voici de quoi (je l'espère) vous retrouver dans ce maquis.

1. LE PLAN W ET LE GROUPE W EXISTENT. Jean Claude Marcourt reconnaissait mardi au Soir, l'existence de groupes de gens qui dialoguent informellement pour le moment « sans chambre secrète » , comprenant des patrons, des syndicalistes et hommes politiques. Ces gens deviendront un groupe officiel d'ici fin juin.

2. IL FAUT UN PLAN W. C'est la seule chose sur laquelle tout le monde est d'accord. La nouvelle loi de financement qui prévoit la dégressivité des transferts vers la Wallonie dans les dix ans, le transfert de nouvelles compétences actuel et à venir (personne ne doute d'une prochaine réforme de l'Etat) et la situation économique créent le besoin urgent d'un nouveau plan d'action wallon. Des idées circulent, des études sont réalisées dans des think tanks de partis, d'universités au sud du pays pour donner une suite aux Plan Marshall initial et au Plan Marshall « 2.vert ». Les Bruxellois eux mêmes dans la foulée, se disent depuis quinze jours qu'eux aussi doivent réfléchir à « booster » - c'est le terme du moment - leur région, qui a reçu l'autonomie constitutive, des moyens financiers supplémentaires et des compétences nouvelles.

3. BRUXELLES ! Ah ça, c'est le gros souci. Car il n'y a pas en Belgique, contrairement à ce qu’on croit souvent, au nord, des Flamands et des Wallons mais il y a des Flamands et des Francophones, et dans les Francophones, il y a des Bruxellois et des Wallons. La fédération Wallonie-Bruxelles sert en gros à organiser les liens entre les deux. Alors imaginez ce qui se produit lorsqu'un ministre wallon et francophone, membre important du PS, parle de les « déconstruire » (et puis de les reconstruire). Il a beau citer une méthode à la Derrida – célèbre psychanalyste français-, on assiste depuis lors à une belle foire d'empoigne entre les communautaristes et les régionalistes francophones, tous partis confondus. Avec cette question qui hante le monde politique depuis toujours: comment organiser l'espace francophone ? Tous sont d'accord, Marcourt compris: il est suicidaire pour la Wallonie de se couper de Bruxelles. Mais ils divergent, c'est peu de le dire, sur la manière d'être « reliés ».

4. PLAN M COMME MARCOURT ? Ca, c'est l'autre gros souci. Cette fois au sein du parti socialiste. Le top du parti s'est réuni secrètement sous la « présidence » de Di Rupo après la première sortie de Marcourt. Ils se re-réunissent (hier soir, aujourd'hui ?) après la deuxième sortie. Siffler la fin de la récréation, vérifier les ambitions de Marcourt (le bien de la Wallonie ? la présidence de la Région wallonne ?, celle de son parti ?) : il faut faire vite car ce jeudi, Thierry Giet, nouveau « président » du PS doit se faire un nom. Sinon…

5. PLAN PTB. Alors là, troisième et big souci. Alors que les gens craignent pour leurs pensions, les candidats acheteurs pour leurs emprunts hypothécaires, alors qu'une grève massive s'annonce pour lundi, les socialistes s'étripent sur la Fédération Wallonie Bruxelles ! Un boulevard dès lors notamment pour ce petit parti, le PTB (Parti des Travailleurs de Belgique), extrême gauche, et son charismatique porte parole, Raoul Hedebouw, ultra présent sur le terrain wallon, qui s'est « banalisé » pour mieux séduire et risque, de l'avis d'un important homme politique wallon, de faire des dégâts dans l'électorat PS de Liège et des alentours notamment. Attirant les votes protestataires et les petites gens. Le plan W est fondamental pour le futur de la région, mais il est urgent de prouver et de trouver les mots pour démontrer qu'il est utile aux citoyens. Et que ce n'est pas juste un machin ou un plan de carrière. Ce qui serait suicidaire.

Durant verrait bien les verts continuer avec Clerfayt

Sous réserve des résultats électoraux, la vice-présidente du Parlement européen verrait bien les verts poursuivre dans une majorité avec la liste de l'actuel bourgmestre FDF de la commune, Bernard Clerfayt.

La chef de file des verts dans la «Cité des ânes» a affirmé qu'elle pensait qu'elle serait tête de liste dans cette commune du Nord de Bruxelles (NDLR : la liste écologiste doit encore y être constituée).

Selon elle, il est vraisemblable que les principaux protagonistes de la campagne de 2006 se retrouvent dans la bataille électorale pour les élections d'octobre prochain.

«On a plutôt envie de continuer avec la liste du bourgmestre avec laquelle on travaille depuis 12 ans », a-t-elle affirmé. L'ex-secrétaire fédérale d'Ecolo a par ailleurs refusé de se prononcer sur le duo qu'elle verrait bien succéder à Jean-Michel Javaux et à Sarah Turine à la tête de son parti, du moins pas avant que les débats internes n'aient permis à chacun des candidats de défendre ses idées pied de nez à Onkelinx
(D'après Belga)