mercredi 13 juin 2018

Daesh recrute des personnalités «borderline» dans nos prisons


En Belgique, Daesh recrute désormais des individus en situation de faiblesse et susceptibles d’adhérer rapidement à son idéologie, selon notre enquête.
 Le Soir. 

On a changé de paradigme dans le mode de recrutement des djihadistes », analyse un ex-gardien de prison interrogé par Le Soir. Car Daesh, on a pu le constater ces derniers mois, ne mise plus vraiment sur des attaques complexes et organisées dont l’exécution nécessite des compétences techniques. L’organisation terroriste ne recrute donc plus des cerveaux mais des personnalités « borderline », en situation de faiblesse (sociale, émotionnelle ou intellectuelle), en marge de la société et susceptibles d’adhérer rapidement à son idéologie polarisante teintée de religiosité. «  Ce sont des désespérés qui n’ont rien à perdre et qui sont un peu plus fragiles  », confirme la visiteuse de prison Claire Capron qui, en 25 ans, a croisé des centaines de détenus. «  Ils me disent souvent : on n’a rien à faire de nos journées à part “glander” dans nos cellules à deux ou trois  ».
«  À ces individus moins forts, moins instruits pour certains, on va donc proposer d’exister mais aussi de meubler leur temps  », poursuit l’ex-gardien. «  C’est un public qui est quelque part préformé, puisque déjà extrême par rapport à la société. Il n’y a plus qu’à en rajouter une couche… Cette islamisation de la violence lui permet d’exister.  »
L’étiquette de radicalisé, nous apprend encore l’ex-gardien, peut d’ailleurs s’avérer contre-productive. En considérant injustement comme radicalisé un musulman qui ne fait que pratiquer sa religion avec ferveur, on le stigmatise et on facilite sa radicalisation. A contrario, en sous-estimant la volonté de certains détenus de magnifier leur violence en la teintant de religion, on passe à côté d’une réalité. 


COMMENTAIRE
SURSAUT ÉTHIQUE ET CITOYEN? 

Daesh a compris tout le profit qu'il peut tirer de grande misère de notre système pénitencier.
Nos prisons sont devenues des machines à décerveler où les détenus meurent d'ennui quand ils ne sont pas tentés par l'une ou l'autre forme de radicalisation. Il y a des décennies qu'on le sait mais on s'en inquiète désormais parce que la prison devient une pépinière de radicalisés islamistes.  Si la prison rendait meilleur, cela se saurait. Jadis on quittait le service militaire obligatoire en ayant appris, le cas échéant, à lire et à écrire, un métier quelquefois, une force de caractère si on était passé par les paras.
Mais quelle est la petite frappe qui sort de prison bon lecteur ou porteur d'un certificat d'études acquis dans l'enceinte de ses murs?
Il y a de rares exceptions qui y parviennent mais ils sont minoritaires.
Nos écoles sont des usines à cancres, nos homes de seniors sont des mouroirs et nos prisons sont des éteignoirs. Triste bilan pour une société qui se veut progressiste et sociale.  A quand le grand sursaut éthique et citoyen?
MG


mardi 12 juin 2018

Débordés de travail, les directeurs d’école crient au secours


BOSCO D'OTREPPE  La Libre Belgique

C’est un "cri d’alarme" d’une ampleur inédite que lancent ce lundi dans "La Libre" plus de 400 directeurs de l’enseignement libre catholique de Bruxelles et de toutes les provinces.
Tous, ils dénoncent dans une lettre ouverte la "charge administrative titanesque et en expansion" qui grève leur métier, les empêche de gérer convenablement leur école, et cela au détriment direct des élèves.
Une situation dramatique
Dans leur lettre, les directeurs rappellent au préalable que tous "les faits et analyses convergent : l’école gagnera en efficacité si une plus grande autonomie est laissée aux établissements".
Or, si une telle autonomie fait bien partie des objectifs de la réforme du "Pacte d’excellence", la succession actuelle de réformes et de nouveaux décrets "produit l’effet contraire" et conduit à "une situation dramatique", soulignent les directeurs.
LE FLOU DES RÉFORMES
Au premier rang de leurs regrets se trouvent les plans de pilotage. Ces plans devront être, à terme, rédigés par toutes les écoles. Elles y décriront des stratégies et des objectifs qu’elles se seront fixés pour améliorer en leur sein la pédagogie ou l’accompagnement des élèves par exemple. Elles les soumettront à des inspecteurs new-look, appelés délégués aux contrats d’objectifs (DCO). Ces délégués, en collaboration avec les écoles, veilleront à ce qu’elles puissent atteindre leurs objectifs.
Cependant, regrettent les directeurs, alors que "les premières vagues [des plans de pilotage] devront être élaborées pour la fin de cette année civile", "le profil et la formation [des DCO] n’ont pas encore été déterminés. On nous demande [donc] de mettre une réforme en place sans structure bien définie".
Pour les directeurs, "l’incertitude la plus complète" qui caractérise cette réforme des plans de pilotage est à l’image de la plupart des réformes et des décrets "dont le nombre et la fréquence n’ont cessé de croître ces dernières années, et qui présentent le double défaut de ne pas être finalisés dans leur préparation avant d’être mis en œuvre, et de ne pas être évalués avant d’être pérennisés".
BURN OUT ET RISQUE DE PÉNURIE
De manière générale, écrit Patrick Carlier, le directeur de l’institut Sainte-Croix et Notre-Dame de Hannut qui a prêté sa plume pour rédiger la lettre au nom de ses confrères, le rythme des réformes à implémenter sur le terrain "n’est plus soutenable".
"Nombre de nos collègues tombent en burn out, et le turnover des équipes de direction n’a jamais été aussi inquiétant ! Certaines écoles doivent lancer un deuxième voire un troisième appel à candidatures pour espérer pourvoir les postes ! De plus, ajoutons que, la fonction n’étant pas sécable, il est impossible actuellement d’alléger une fin de carrière sans savoir si, dans la mouvance actuelle, un critère de pénibilité quelconque sera accordé à notre métier."
Parmi les autres obligations qui mettent à mal la vie de leur école, les directeurs évoquent "les réformes incessantes du 1er degré, l’aménagement des grilles horaires des sections quali fiantes, la mise en place de la Certification par Unités (CPU) pour un nombre croissant d’options qualifiantes, l’application des programmes d’Education à la Philosophie et à la Citoyenneté (EPC), les dispositions en matière de protection de données à mettre en œuvre (le RGPD) et, enfin, et non le moindre, le décret Titres et fonctions (qui fixe les titres requis pour enseigner un cours NdlR) dont les mesures, certes louables dans un monde idéal, produisent et produiront des effets dévastateurs dans la conjoncture de pénurie grandissante qui perdurera dans les prochaines années dans l’enseignement."
"Dès janvier 2017, précisent les directeurs à propos de Titres et fonctions, nous avons dénoncé et nous dénonçons encore l’inapplicabilité, comme tel, de ce décret, dont nous ne contestons pas le bien-fondé. Si nous avons obtenu finalement un nombre appréciable d’assouplissements du texte de départ, nous continuons à en constater et à en déplorer les effets négatifs sur le terrain. D’aucuns continuent à contester notre demande répétée, dans ce dossier, d’un maximum d’autonomie et de confiance dans l’expertise et le bon sens des chefs d’établissement. […] Nous nous sommes toujours fait un point d’honneur à réduire à la portion congrue les heures d’étude ou de licenciement des élèves faute de pouvoir remplacer les enseignants absents. Le décret ‘Titres et fonctions’ rend nos efforts en ce sens de plus en plus vains d’autant plus dans le contexte de pénurie qui s’aggrave. Le 1er mars 2018, 3 165 périodes étaient non attribuées dans les écoles libres secondaires. Les classes terminant cette année scolaire sans professeur dans certains cours vont grandissant. Voilà un vrai problème, prévisible depuis des années, conséquence d’une incurie politique à s’y atteler : gouverner n’est-ce pas prévoir ?"
"Le Pacte pour un enseignement d’excellence sort progressivement ses effets, continuent les directeurs. Un des premiers sera certainement la mise en place d’un tronc commun, de la 3e maternelle à la 3e secondaire. Nous n’alimenterons pas ici le débat politique sur sa durée; nous ferons confiance aux spécialistes pour trancher cette question. Nous revendiquons, par contre, une expertise certaine dans la mise en œuvre concrète de cette réforme et nous espérons faire entendre notre voix sur les questions très pratiques du contenu des grilles horaires et de l’organisation des horaires hebdomadaires."
PLUS D’AUTONOMIE ET PLUS DE MOYENS
Toujours dans le cadre du Pacte, les directeurs se réjouissent de la promotion qui est donnée au travail collaboratif des enseignants. "Mais là aussi, nous formulons le vœu que la mission qui nous sera confiée relèvera plus de l’interprétation libre et créative de cette intention (pas neuve pour beaucoup d’entre nous) que du contrôle de son application mécanique et bureaucratique."
"Enfin, évoquent encore les directeurs, nous tenons à rappeler qu’il n’y a pas d’autonomie sans moyens et sans souplesse dans l’utilisation de ceux-ci. […] Nous déplorons qu’en matière de ressources, les moyens alloués soient inversement proportionnels aux promesses sans cesse renouvelées."
"Puisse cette intervention être comprise, non pas comme une expression corporatiste de chefs d’établissement pourtant totalement malmenés dans leur fonction", concluent les signataires. Mais bien plutôt "comme un cri d’alarme des premiers responsables de la progression de nos établissements qui vivent une énorme frustration de se voir dépossédés des moyens d’offrir un service de qualité dans la noble mission qui consiste à accompagner chaque jeune dans la construction de son projet de vie".
Bosco D'Otreppe

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
CRISE DE CIVILISATION? 

Le pouvoir politique qui  est aussi le pouvoir subsidiant n'a qu'une obsession: tout contrôler.  A tout vouloir régenter et piloter,  il finit par ne plus rien contrôler du tout, comme cette pauvre Marie-Martine Schyns qui a l'air de courir après son ombre et l'ombre d'un pacte qui n'a d'excellence que le nom. Notre enseignement de Communauté française prend l'eau de partout et il n'attire plus guère les vocations. Les écoles normales se vident comme les séminaires catholiques. Les métiers à vocations se tarissent, seuls les imams font recette dans leur communautés respectives.
Il faut être masochiste ou inconscient pour vouloir devenir directeur d'école aujourd'hui. Les responsabilités juridiques sont considérables et la charge administrative écrasante.
Le projet éducatif, le décret mission préconisent l'apprentissage à l'autonomie et l'exécutif infantilise les fonctionnaires scolaires en les asservissant à une législation complexe et tracassière. Qui voudrait encore de ces métiers serviles: directeur, professeur, instituteur dont on disait jadis qu'ils étaient les plus beaux du monde. Par exemple du temps des hussards de la République chargés d'alphabétiser une France agraire et affamée de savoir. L'instituteur était alors le rival du curé, celui qui dispensait un savoir émancipateur de la servitude dogmatique d'une religion catholique volontiers dominatrice. Désormais les enseignant.e.s doivent lutter pied à pied contre l'influence des imams auto proclamés ou des prédicateurs de rue qui y tiennent le haut du pavé.
"Les étudiant.e.s rechignent à embrasser le métier de prof en raison des conditions de travail dans l'enseignement, et de l'image plutôt dévalorisée du métier dans l'opinion publique. Si les gouvernements souhaitent avoir demain de meilleurs profs, c'est donc sur ces leviers qu'il leur faut agir, insiste l'étude 'Effective Teacher Policies"
On se demande vraiment comment font les Finlandais pour attirer dans les métiers scolaires les jeunes les plus doués et les plus dynamiques. On a quelquefois l'impression que nous faisons exactement l'inverse en Communauté française.
Si rien ne change et que l'école entre vraiment en crise, il en résultera la pire des crises de civilisation.
MG 


FACE À LA PÉNURIE DE PROFS, AUGMENTER LES SALAIRES N'EST PAS LA PANACÉE
Le Vif 

Alors que la Fédération Wallonie-Bruxelles, tout comme la Flandre et nombre de pays développés, font face à un phénomène croissant de pénurie d'enseignants, l'OCDE publie opportunément lundi une vaste étude sur les meilleurs moyens d'attirer les jeunes talentueux vers cette profession, et de les y maintenir.

L'étude balaie notamment l'idée qu'une revalorisation salariale généralisée du métier constituerait une quelconque panacée. Cette mesure aurait même un effet plutôt négatif car elle n'aurait pour effet que d'attirer des étudiants de niveau faible ou moyen vers le métier, et pas les étudiants les plus performants ou motivés.
Si ces derniers rechignent à embrasser le métier de prof, c'est en raison des conditions de travail dans l'enseignement, et de l'image plutôt dévalorisée du métier dans l'opinion publique. Si les gouvernements souhaitent avoir demain de meilleurs profs, c'est donc sur ces leviers qu'il leur faut agir, insiste l'étude 'Effective Teacher Policies'.
Pour améliorer ces conditions de travail, l'OCDE plaide notamment pour que les enseignants aient moins d'élèves par classe, qu'ils jouissent d'une plus grande autonomie professionnelle et qu'ils aient aussi de meilleures opportunités d'évolution de carrière. Sur base des résultats de l'étude PISA 2015, l'étude essaie aussi d'identifier les changements qui ont permis à certains systèmes éducatifs nationaux d'augmenter leurs performances globales, notamment dans la gestion du corps enseignant, la ressource considérée comme la plus déterminante pour améliorer le niveau éducatif.
Ici aussi, relever le salaire des profs n'a pas eu de réels impacts qualitatifs, ni le fait de recourir à des enseignants plus jeunes. En revanche, une mesure s'est montrée particulièrement efficace, à savoir assurer une plus grande autonomie aux directeurs d'école pour engager (ou licencier) les enseignants en fonction des besoins propres identifiés dans son établissement, conclut l'étude.
Belga


Le 10 juin 1954, les chiffres secrets du recensement linguistique


Vincent Delcorps
Du Le Vif/L'Express du 07/06/18 

C'est un secret d'Etat à la belge. Une information que tout le monde devine, mais que l'on s'efforce de garder secrète. Une bombe que l'on conserve au frigo avec le ridicule espoir que le temps seul finira par la désamorcer. En ce beau mois de juin, enfin, le gouvernement passe à l'action. Il dévoile les chiffres du dernier recensement linguistique. Mais comment expliquer que pour ce faire, pas moins de sept années aient été nécessaires ?

Retour en arrière. Dès 1878, une loi crée trois régions administratives. Cette séparation se voit confirmée en 1921. Dorénavant, la Belgique compte une région de langue française, une région de langue néerlandaise et une région bilingue. Le législateur n'emploie pas le terme " frontière ". Le mot, pourtant, entre rapidement dans l'usage terminologique national.
Particularité : la " frontière " est mobile, susceptible de se mouvoir au gré des recensements. Mais au fil des décennies, la Flandre se met à craindre ces derniers. La raison est simple : toujours un peu plus, les données confirment la francisation de Bruxelles et de ses alentours. Le risque est donc grand de voir se réduire la taille de la région de langue néerlandaise... Révélateur : au milieu du xviiie siècle, près de 90 % des Bruxellois déclarent parler le flamand. Un siècle plus tard, à la suite du rattachement de nos provinces à la France et à la révolution industrielle wallonne, seuls 40 % des Bruxellois se considèrent encore comme flamands. Le processus est lancé : en 1930, ils ne sont plus que 34 %.
En 1940, la guerre empêche l'organisation d'un recensement en bonne et due forme. Il faut attendre 1947 pour que les Belges soient à nouveau sondés. En 1949, des résultats préliminaires sont dévoilés. Cela suffit à mettre le feu aux poudres : plusieurs communes situées le long de la frontière linguistique et autour de Bruxelles se sont largement francophonisées. Sans attendre, de nombreux Flamands introduisent des recours. En invoquant le fait que les résultats auraient été falsifiés.
Le temps passe et les ministres, lâchement, le laissent s'écouler. Publier les résultats ? Modifier le tracé de la frontière linguistique ? Trop touchy ! Personne ne s'y risque. Avant 1954. En s'alliant au pouvoir, libéraux et socialistes affichent enfin leur intention de diffuser les chiffres de 1947. Le 10 juin 1954, Piet Vermeylen, ministre de l'Intérieur, s'y risque. Mais au même moment, il fait voter une loi étonnante, qui tempère les conséquences du recensement en traitant du cas individuel de certaines communes. Un bon compromis ? Peut-être. A moins qu'il s'agisse d'un manque de cohérence. Le ver est dans le fruit : la question de la crédibilité du recensement est clairement posée. La machine de guerre flamande n'a plus qu'à se mettre en branle. Objectif : supprimer le recensement. Sous prétexte que c'est aux hommes à s'adapter à leur lieu de vie, et non pas l'inverse. En 1963, le Nord aura gain de cause. Une fois pour toutes, la frontière linguistique sera gravée dans le marbre. Et plus jamais il n'y aura de recensement linguistique en Belgique.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
FIN DES QUERELLES LINGUISTIQUES? 

La N-VA a changé de logiciel. Elle ne milite plus prioritairement pour défendre sa plateforme linguistique et communautaire. Elle privilégie un autre terrain, celui de la quête identitaire face au déferlement des réfugiés politiques et économiques, bientôt climatiques, ces nouveaux damnés de la terre qui déferlent sur l'Europe par millions.  Théo Francken a volé la vedette à son maître à penser  Bart De Wever.  Elio Di Rupo: «  l’attitude de Francken est inacceptable  ». «  On va noyer les migrants, les femmes et les enfants ? Quand il dit qu’on va renvoyer les bateaux, c’est clair. C’est ça que ça veut dire. »
Roger Nols, ancien homme fort du Front des Francophones s'en prit d'abord à l'outrance flamingante avant de faire feu de toutes ses bouches contre la présence immigrée dans sa commune. Il n'est plus qu'un vague souvenir dans la mémoire des plus anciens.
La N-VA a chuté de 5% dans les derniers sondages et il se dit de plus en plus que De Wever pourrait fort bien perdre son maïorat anversois aux élections d'octobre prochain. On lui reproche une gouvernance trop molle face à l'insécurité et l'arrogance des mafias de la cocaïne qui font la loi dans sa ville. Sic transit gloria bartensis.
Wait and see.
MG


vendredi 8 juin 2018

La Belgique est devenue une plaque tournante du trafic de cocaïne


ANNICK HOVINE  La Libre Belgique

La Belgique est devenue une plaque tournante du trafic de la cocaïne en Europe, la drogue illicite excitante la plus en vogue. Ainsi, quelque 2,3 millions de jeunes adultes âgés de 15 à 34 ans en consomment, ressort-il du Rapport européen sur les drogues 2018 que vient de publier l’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies. Il y a une résurgence de la cocaïne sur un marché de la drogue très dynamique, pointe ce rapport.
En 2016, le nombre de saisies de coke a grimpé à 98 000 dans les pays de l’Union (contre 90 000 en 2015). Au total, on a mis la main sur 70,9 tonnes de poudre blanche, dont 30 tonnes en Belgique, ce qui représente 43 % de la quantité totale saisie au niveau européen!
Les routes du trafic semblent avoir changé, note l'Observatoire européen des drogues. La péninsule ibérique, qui était historiquement la porte d’entrée principale pour les bateaux qui transportent de la cocaïne à destination de l’Europe, a cédé un peu de terrain. Si le trafic via l’Espagne et le Portugal reste important dans les chiffres de 2016, de fortes saisies ont été opérées dans les ports cargos plus au nord de l’Europe, dont Anvers et Zeebruges.
RÉSIDUS DANS LES EAUX USÉES
Les résultats d’une récente étude sur les traces de drogues dans les eaux usées des villes européennes pointent aussi la Belgique. Ces prélèvements, effectués entre 2015 et 2017, montrent une augmentation des résidus de cocaïne dans 26 des 31 villes qui ont fait l’objet de l’étude. Les plus hautes traces ont été relevées dans les villes belges, néerlandaises, espagnoles et britanniques . A l’inverse, les taux rapportés étaient plus bas dans l’est de l’Europe. 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
UN GROS SOUCI POUR LE BOURGMESTRE D'ANVERS 

Bart De Wever ne supporte pas  qu'on lui rappelle ce genre de chose. L'homme a beau user et abuser-non sans talent- de la communication médiatique, son bilan de gestion, sa gouvernance de la métropole laisse fort à désirer. 'De criminaliteit zal hier tegen de verkiezingen allicht met 30 procent gedaald zijn', affirma De Wever avec un bel aplomb devant une brochette de maires et élus comunaux de la NVA
Ceci dit, la montée en puissance des mafias internationales qui gèrent le trafic des stupéfiants ets plus que préoccupante.
La mafia n'est pas seulement italienne mais tend à se "mondialiser" et à gangréner plusieurs pays européens, a affirmé mardi le patron de la Direction italienne anti-mafia (DIA), le général Giuseppe Governale.
"La criminalité organisée est en train de se déplacer à l'étranger, de se mondialiser", a-t-il expliqué lors d'une rencontre avec la presse étrangère à Rome.
Cosa Nostra, la mafia sicilienne, a "toujours été présente aux Etats-Unis, au Canada ou en Australie", mais la 'Ndrangheta, la mafia calabraise, "l'est davantage, et sa présence est sous-évaluée alors que c'est une organisation extraordinairement puissante", a indiqué cet ancien général des carabiniers et ex-patron de son groupe d'élite, le Ros fait savoir le site informatique de la RTBF
Les organisations mafieuses ont des référents partout dans le monde où elles agissent, dans certains ports par exemple, mais la 'Ndrangheta "tend à répliquer à l'étranger les structures implantées en Calabre", a encore dit ce général arrivé à la tête de la DIA en octobre 2017.
Cosa Nostra a été affaibli, mais "malheureusement, les conditions liées à son environnement et qui permettent son développement existent encore", a-t-il reconnu.
"La mafia sera vaincue par une armée d'instituteurs", a-t-il conclu, reprenant une phrase du poète et écrivain italien Gesualdo Bufalino, mort en 1996.
Que ce soit la question de la montée de la radicalisation ou celle de la radicalité, un seul remède: plus d'instituteurs et d'inestitutrices compétents. Vous avez dit compétents? C'est évidemment toute la question. Celle qu'on n'ose pas poser mais qu'on pose quand même!
Quid de de la formation de nos instituteurs et institutrices sur les épaules desquels repose l'avenir de nos sociétés déclinantes.
MG 


Bart De Wever: 'Een veiligheidsbeleid is niet noodzakelijk vechten tegen de bierkaai'

Bron: Belga
N-VA-burgemeesters staken de koppen bij elkaar in Antwerpen.
De ambitie voor N-VA op 14 oktober wordt om overal in Vlaanderen mee in het lokale bestuur te geraken en daar een "duidelijk en krachtig beleid" te voeren dat onder meer draait rond identiteit, veiligheid en weerbaarheid. Dat heeft partijvoorzitter en Antwerps burgemeester Bart De Wever woensdag verklaard tijdens een speech voor zijn collega-N-VA-burgemeesters en de N-VA-lijsttrekkers in enkele centrumsteden. Momenteel telt N-VA 45 burgemeesters.
De Wever speelde woensdag gastheer op een netwerkmoment voor N-VA-burgemeesters en lijsttrekkers in de Royal Yacht Club van België op de Antwerpse Linkeroever. Hij pakte er uit met een lijstje verwezenlijkingen van het huidige Antwerpse stadsbestuur, zoals het Toekomstverbond rond de Oosterweelverbinding, het plan voor de metamorfose van de Scheldekaaien en verschillende grote projecten waarmee het stadsbestuur volgens De Wever 'de markt wil satureren met kwaliteitsvolle woningen voor gezinnen'.
De burgemeester-partijvoorzitter reikte zijn collega's een aantal mogelijke lokale campagnespeerpunten aan en instrumenten om een goed lokaal beleid te voeren. 'De criminaliteit zal hier tegen de verkiezingen allicht met 30 procent gedaald zijn', zei hij. 'Een veiligheidsbeleid is niet noodzakelijk vechten tegen de bierkaai: met bepaalde maatregelen en hulpmiddelen kan je echt wel voor een kentering zorgen.'
De Wever gaf onder meer het voorbeeld van de erotische massagesalons die lang een doorn in het oog van politie en buurtbewoners in Antwerpen waren, maar nu lijken weg te trekken omdat ze een vestigingsvergunning moeten verkrijgen. 'Je kan dat soort wantoestanden aanpakken op een administratieve manier, zonder dat er tussenkomst van het parket nodig is', stelde Bart De Wever.





mardi 5 juin 2018

Richard Miller veut interdire le parti Islam

Le Vif
Source: Belga

Le député fédéral Richard Miller (MR) souhaite l'interdiction du parti Islam, a-t-il rappelé samedi à l'agence Belga en réaction à la diffusion du programme de la formation islamiste.
Il affirme craindre une percée d'Islam lors du prochain scrutin communal, qui verra le parti se présenter dans 28 communes bruxelloises et wallonnes.
Redouane Ahrouch, l'un des cofondateurs d'Islam, a rappelé cette semaine que son parti prônait notamment l'établissement d'un Etat islamique en Belgique et l'instauration de la charia sur son territoire. Des propos que M. Miller qualifie d'"inacceptables".
"Ce projet va à l'encontre de nos libertés et droits fondamentaux inscrits dans la Constitution", estime M. Miller, qui soulève notamment les problèmes posés par ces propositions en termes d'égalité devant la Justice. Le député fédéral rappelle qu'il s'était prononcé dès 2012 pour l'interdiction de ce parti, qui, selon lui, fait de l'abus de droit pour promouvoir ses idées.
Le parlementaire libéral affirme craindre une percée du parti Islam lors des prochaines élections communales grâce à son "appel au religieux". Il n'exclut pas que d'autres formations "aux tendances communautaristes" soient tentées de former des majorités communales avec celui-ci.
Pour parer à cette éventualité, M. Miller a déjà introduit deux propositions de modification de la Constitution. L'une d'elles vise notamment l'inscription de la laïcité et de la neutralité de l'Etat.
Un groupe de travail parlementaire, auquel M. Miller participe, s'est déjà penché sur la question, mais ses travaux avaient été interrompus par les attentats de Bruxelles. "Nous devrions reprendre cette tâche, car nous avons là une occasion d'avancer", déclare M. Miller, qui estime que ses positions sont partagées au sein du MR.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
SEPARATION RELIGION/POLITIQUE?

Il est tout simplement sidérant de constater que Richard Miller soit l'un des  seuls politiciens belges à flairer le danger que représente l'initiative de créer un parti nommé "islam" qui inscrit dans sa charte le refus des valeurs fondamentales de notre démocratie belge: inégalité hommes-femmes, confusion du politique et du religieux au bénéfice de la sharia. "Il est interdit d'interdire" proclamait le slogan soixante huitard. "Pas de liberté pour les ennemis de la liberté" disait Saint-Just. A cela d'aucuns relèveront que la N-VA milite dans ses statuts pour l'évaporation de l'Etat belge et en faveur de l'indépendance de la Flandre. On aurait grand tort de l'oublier!
D'autres objecteront: "Qu'on leur laisse la liberté car en voulant agir de la sorte, les démocrates rentrent dans leur jeu et passent eux-mêmes pour des ennemis de la liberté" C'est précisément le problème de cette phrase de Saint-Just, on ne peut défendre la liberté en la refusant à certains. Chacun conclura en conscience.
En tout état de cause, il n'est pas déraisonnable d'imaginer que face à la confusion des esprits qui règne actuellement et au regard de la mode anti système et anti élite qui déferle sur l'occident, un parti comme "Islam" puisse rafler dans certaines communes 20% des voix. Les partis qui se veulent et s'affirment progressistes ont depuis plusieurs décennies  joué la carte communautariste et recruté largement au sein de la diversité musulmane.
Il semble bien que cette stratégie ait atteint ses limites. Il se pourrait fort bien qu'en 2018, comme le pense Richard Miller, le musulman lambda offre massivement ses suffrages à une formation politique qui proclame son allégeance sans nuance à une conception salafiste de l'islam: "l'islam de la STIB".   J'invite les lecteurs de ce blog à lire où à relire "Soumission" le formidable roman pamphlet de Houellebecq. Il montre avec talent que lorsqu'il se met au service de la politique, l'islam dérive rapidement vers l'islamisme et tous ses débordement.  Il est vraiment désolant de constater qu'en dehors de Richard Miller seulement une infime minorité d'hommes et de femmes politiques prennent la mesure de cette formidable bombe à retardement qu'est la dynamique du parti "islam"
MG

vendredi 1 juin 2018

Lettre ouverte de Bart De Wever : "Cher Elio, vous n’êtes pas la solution au problème. Vous êtes le problème"


Bart De Wever, président de la N-VA, publie dans "La Libre" une lettre ouverte qui attaque le PS. Il répond à un texte d’Elio Di Rupo sorti mardi dans la presse flamande après la mort tragique de la petite Mawda.

Cher Elio,
Nous avons beau être des adversaires politiques, je vous ai toujours respecté en tant qu’homme. Vous semblez quant à vous considérer mon parti et moi-même comme pervers et inhumains. Le décès de Mawda est une immense tragédie. Aucun homme, en Flandre, en Wallonie ou à Bruxelles, ne peut rester insensible. Il n’y a rien de pire que la perte d’un enfant. Je ne souhaite déshumaniser personne. Ni les parents, qui subissent l’épreuve la plus douloureuse qu’un père et une mère puissent avoir à endurer, ni le policier qui va devoir continuer de vivre avec ce lourd fardeau. Un policier que vos partisans qualifient d’assassin, de meurtrier.
Mais au-delà de la caricature morale que vous tentez de faire de moi, pensez-vous vraiment être bien placé pour me critiquer sur ce point ? La loi d’accélération de la procédure d’octroi de la nationalité belge du PS a permis à des centaines de milliers de personnes d’obtenir la nationalité sans le moindre effort. Pas besoin de s’intégrer, pas besoin de parler une langue nationale, pas même besoin d’avoir mis le pied sur notre territoire.
"UN REGROUPEMENT FAMILIAL SANS LIMITE"
En 2000-2001, le gouvernement Verhofstadt I a créé une crise de l’asile sans précédent en promettant une aide de 1 000 euros à chaque demandeur d’asile. Les campagnes de régularisation collective organisées sous vos auspices ont créé un véritable effet d’aspiration. Le résultat ? Des familles avec enfants dans la rue, des astreintes et des demandeurs d’asile hébergés dans des hôtels. Et depuis, l’afflux passif reste élevé en raison d’un regroupement familial pratiquement sans limite. Autant de personnes qui, grâce au droit de vote des étrangers, ont directement obtenu tous les droits civils et ont ainsi pu servir de réservoir de voix pour votre parti.
Ce n’est qu’en matière de retours que vous avez freiné les choses. Rien qu’au cours de votre mandat de Premier ministre, la capacité des centres fermés a été réduite de 18 %. Pendant des années, le PS a mené de facto une politique d’ouverture des frontières, et le résultat se voit aujourd’hui dans les grandes villes, où une sous-classe s’est formée, constituée de nouveaux arrivants paupérisés qui ne connaissent ni notre langue, ni notre culture, et ne parviennent pas à intégrer notre marché du travail de haute technologie. Les services judiciaires et de sécurité en subissent les conséquences. Des services de sécurité qui, lorsque vous étiez au pouvoir, ont vécu restrictions budgétaires sur restrictions budgétaires. Avec pour conséquence que l’opération antiterroriste de Verviers a dû être menée avec des armes empruntées et de seconde main.
Comment aurait-il pu en être autrement ? Les fusillades à la kalachnikov dans Bruxelles ont été qualifiées de "faits divers" par votre propre bourgmestre. Et ce, alors que l’assaillant a ensuite commis un attentat meurtrier à l’aéroport. Mais il est vrai que pour votre cher ami Philippe Moureaux, des jeunes criminels ne sont que des "foufous" (sic). Et vous refusez encore de voir la désastreuse réalité de votre politique.
Le congrès de la FGTB à Liège a pour slogan : "No Borders - Pas de Frontières". Le 1er mai, vous avez fait la fête avec "BXL Refugees", qui milite pour la suppression des règles de Dublin et de Frontex, des régularisations collectives et la fermeture des centres fermés.
"Cher Elio, vous êtes le problème"…
En tant que décideurs politiques, nous avons la responsabilité d’éviter des tragédies comme celle qui a coûté la vie à Mawda. Et nous ne pourrons le faire qu’en reprenant le contrôle de nos frontières. Notre politique d’asile et d’immigration ne peut être laissée au hasard. Plus personne ne doit pouvoir entrer en Europe illégalement. L’accueil des réfugiés doit se faire dans des centres situés aux frontières extérieures de l’Europe. Et c’est là qu’il faut faire la distinction entre ceux qui pourraient être reconnus comme réfugiés et ceux qui sont des migrants économiques. C’est la seule solution humaine et durable.
Cher Elio, vous n’êtes pas la solution au problème. Vous êtes le problème.
Bart De Wever


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
C'EST QUI LE PROBLÈME?

La réponse du Berger Bart à la bergère Elio est cinglante et augure de la violence des campagnes électorales qui nous attendent.
Il faudra suivre de près le résultat des élections dans la métropole anversoise. Après tout, la N-VA n'y dispose que de 35 % des voix dans une ville traditionnellement socialiste depuis plus de cinquante ans. La ville est moins bien gérée que du temps de Janssens: la drogue fait des ravages, la criminalité fleurit et les rues sont sales. On ne réussit pas une élection à seul coup de slogans. L'Anversois est pragmatique, il veut que sa ville soit bien gérée. On a cru un moment que Samen, le cartel Groen et SPa éjecterait De Wever de la maison communale. Le cartel n'a pas tenu. Il n'en demeure pas moins qu'une coalition de tous contre De Wever n'est pas à exclure après les communales d'octobre 2018.  Chasser De Wever de son trône anversois serait la manière la plus efficace, la plus radicale de lui couper les ailes pour 2019. La bataille d'Anvers sera décisive à cet égard.
Cela dit, la lettrre ouverte de Bart à Elio est d'une habileté diabolique pu plus exactement machiavélique.
À la phrase assassine de De Wever qui prétend que Di Rupo est "le problème", celui-ci rétorque: "Ce n'est pas "Di Rupo" qui crée la guerre en Syrie, ce n'est pas "Di Rupo" qui crée les problèmes au Kurdistan. Si ces gens viennent aujourd'hui, c'est parce qu'il y a la guerre chez eux. Et ils sont protégés par des conventions internationales. Est-ce que Monsieur Bart De Wever va se retirer des conventions internationales ? La politique migratoire doit être sérieuse et humaine, et européenne."
"Il drague l'extrême droite"
MG


DI RUPO RÉPOND À BART DE WEVER: "J'EN AI ASSEZ DE SES ATTITUDES GROSSIÈRES "
A.M. La Libre
"Il perd son sang-froid. Tous les membres du gouvernement perdent leur sang-froid. Bart De Wever a une attitude inhumaine." commence d'entrée de jeu Elio Di Rupo, avant d'ajouter, à propos du décès de la petite Mawda, "normalement, dans notre pays, on soutient les parents qui perdent leur enfant. Ici, Bart De Wever a accusé les parents d'être responsables. Je trouve ça indigne."
"J'en ai assez des attitudes grossières de Bart De Wever. Les francophones doivent ouvrir les yeux. Bart De Wever méprise les Bruxellois et les francophones." a ajouté l'ancien Premier ministre.
À la phrase assassine de De Wever qui prétend que Di Rupo est "le problème", celui-ci rétorque: "Ce n'est pas "Di Rupo" qui crée la guerre en Syrie, ce n'est pas "Di Rupo" qui crée les problèmes au Kurdistan. Si ces gens viennent aujourd'hui, c'est parce qu'il y a la guerre chez eux. Et ils sont protégés par des conventions internationales. Est-ce que Monsieur Bart De Wever va se retirer des conventions internationales ? La politique migratoire doit être sérieuse et humaine, et européenne."
"Il drague l'extrême droite"
Et à propos du laxisme dénoncé par De Wever, Di Rupo s'énerve: "C'est là que c'est scandaleux. Ça fait 40 ans qu'il n'y a plus eu de ministre de l'intérieur socialiste. Et ce que dit Monsieur De Wever, c'est simplement du mépris à l'égard des francophones. Il flatte juste l'opinion publique. Il drague les voix des personnes qui votent à l'extrême droite (...). Avec lui, on a une politique uniquement pour les riches et les super riches."
Par rapport aux attaques à Liège du début de semaine, Di Rupo dénonce qu'un rapport indique que Herman - l'auteur des attaques - était sur la voix de la radicalisation  Avec deux co-détenus très radicalisés. Ce rapport aurait été remis au ministère. "Quand le congé pénitentiaire a été accordé à Herman, là aussi, le rapport a été remis à la direction générale des détenus", ajoute Di Rupo. "Tout se concentre au ministère, qui relève de la compétence du ministre de la Justice. On sent un malaise. C'est regrettable que le Parlement n'ait pas pu avoir des explications claires."
Di Rupo demande-t-il une démission du ministre de la Justice? Non. "Je n'ai jamais demandé des démissions. Je n'accable personne. Je demande simplement la clarté. Les familles ont le droit de savoir".
Pour ce qui est de la radicalisation en prison, Di Rupo conclut par ces mots: "Dans les prisons, ce qu'on doit faire, c'est de la pédagogie, du travail, pour les prisonniers qui sortent après 5 ans ou 10 ans de prison. Car actuellement, ce sont des bombes humaines. La récidive est à près de 40 %. Il faut changer les méthodes d'accompagnement à l'intérieur des prisons."
A.M.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
MATCH REMIS

Comme aurait dit Flupke dans sa rédaction sur un match de foot: Match remis, terrain impraticable!

Fusillade à Liège: et si on sortait enfin la prison du ghetto?

BÉATRICE DELVAUX 
LE SOIR
FUSILLADE À LIÈGE 

Beaucoup de voix s’élèvent pour dénoncer les congés pénitentiaires accordés à Benjamin Herman, l’auteur de la fusillade à Liège. Le problème n’est pas tant ce congé pénitentiaire. Le vrai souci, c’est la prison.
La colère et l’indignation du papa de Cyril, tué à 22 ans de plusieurs balles, sans raison, font mal tant elles sont légitimes. Comment accepter qu’un déséquilibré vienne ôter la vie de votre enfant, soi-disant au nom d’Allah, durant les 36 heures de liberté accordées par un Etat censé protéger les êtres que vous aimez des criminels récidivistes ?
Ces indignations sont par contre nettement moins audibles dans la bouche des politiques qui, primo, ne connaissent pas à ce stade l’ensemble du dossier « Herman » et, s ecundo, caricaturent une problématique bien plus confrontante pour eux.
Comme le dénonçait hier l’avocat Sven Mary, le problème n’est pas tant ce congé pénitentiaire, faillible certes car géré par des êtres humains, mais qui reste, dans son principe, le meilleur qui existe dans un univers carcéral sans issue.
Le vrai souci, c’est la prison. Personne ne veut savoir ou voir ce que nombre d’avocats ou de juges ne cessent de marteler : pour la plupart des délits, au-delà de six mois, le séjour en prison ne sert pas à grand-chose, si ce n’est à amplifier les faiblesses de ceux qui y sont confinés. «  La prison est une oubliette physique et intellectuelle, qui crée plus de vices qu’elle n’accumule de vertus  », tranche ainsi l’avocat Bruno Dhayez dans un livre qui ne parle pas que de Marc Dutroux.
Il ne s’agit pas ici de trouver des circonstances atténuantes aux actes horrifiques de Benjamin Herman, qui restent à documenter. Mais on ne trouvera aucune solution à la radicalisation islamique des détenus (comme à leur consommation de drogues), si on n’offre pas aux jeunes notamment – «  qu’ils s’appellent Benjamin, Luigi ou Saïd  », comme le précise Sven Mary – une perspective alternative à celle que l’islam leur donne aujourd’hui.
Leur conversion n’a le plus souvent absolument rien de religieux : elle comble le vide de la « tôle », leur donne un sentiment d’appartenance et la possibilité de jouer un rôle reconnu qui, dans leur nouvel imaginaire, peut même être celui de « héros ».
Les hommes politiques chargés de l’« après-Liège » doivent rester modestes : les solutions à trouver sont plus complexes et plus courageuses que la suppression du congé pénitentiaire ou la sanction d’un fonctionnaire, voire d’un ministre, « fautif ».
Après la fusillade à Liège, l’opposition pointe les «responsabilités politiques» du fédéral
Il s’agit de faire du temps passé en prison un temps utile pour le condamné, histoire qu’il se construise un avenir « dehors » via du travail et des occupations qui font sens, et qu’il se reconstruise lui, via l’aide psychologique. On en est loin. Le plus souvent en fait, on ne sait même pas très bien où on en est.
De l’argent gâché pour des individus qui ont meurtri la société ? «  En prison, ce qui est bon pour le condamné est bon pour la victime et la société  », écrit Bruno Dhayez. Un slogan guère populaire qui ne peut être porté que par des responsables pédagogues, et non démagogues. 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY

"Il s’agit de faire du temps passé en prison un temps utile pour le condamné, histoire qu’il se construise un avenir « dehors » via du travail et des occupations qui font sens, et qu’il se reconstruise lui, via l’aide psychologique. On en est loin. Le plus souvent en fait, on ne sait même pas très bien où on en est."
Notre société belge et plus largement notre société européenne souffre d'un double mal: une crise de l'enseignement, lequel produit l'échec, le redoublement ensuite  décrochage scolaire et  social et d'autre part une crise profonde de l'éthique.
On attend de l'école qu'elle inculque les savoirs de base: lire écrire et calculer. Mais aussi qu'elle transmette les valeurs de base du pays d'accueil à côté de la maîtrise de la langue. Malheureusement, l'école faillit largement à sa mission, singulièrement en  Communauté français et particulièrement à Bruxelles.
Il semble qu'à bien des égards l'école et son éthique soient largement concurrencée et dévaluée à la faveur de l'argent facile que procure à l'"école de la rue" l'organisation de petits trafics illicites. Qui dit "école de la rue" renvoie à l'"islamisme des rues", lequel ne partage avec l'islam  que le nom mais ni l'éthique ni la spiritualité. 
Comme la plupart des terroristes improvisés et auto proclamé, l'auteur des attentats  de Liège a un passé scolaire" extrêmement médiocre". Sa conversion islamiste est un prétexte, une sorte d'alibi facile pour se disculper et se donner du cran pour éructer sur la société. Il s'agit d'une conversion à la radicalité laquelle s'autorise les pires excès.  Ce qu'il faut faire entrer dans l'école, dans les prisons et partout dans cette société corrompue par l'argent et l'hyperconsommation c'est évidemment l'éthique. "Il s’agit de faire du temps passé en prison un temps utile pour le condamné". Qu'on enseigne donc l'éthique aux détenus. C'est la mission première des aumôniers et des conseillers laïques. Mais sont-ils suffisamment formés pour assumer cette responsabilité majeure? "On en est loin. Le plus souvent en fait, on ne sait même pas très bien où on en est."
MG