mardi 29 avril 2008

Cosmopolitisme à la libanaise


Pour Tarek Mitri, ministre de la Culture libanais, qui a pris la parole à Bruxelles, à l’invitation de la Fondation Boghossian , le Liban, blanc comme la montagne enneigée est un projet, une terre de passeurs de cultures entre Arabie et Phénicie, déchirée par les conflits identitaires, écartelée entre un Occident matérialiste et hédoniste et un Orient fanatique et traditionaliste.

Le Liban cherche à jeter des passerelles en gérant, plutôt mal, son pluralisme qui pourtant est sa principale richesse. C’est un pays carrefour ou on se croise, on se rencontre, où on se sépare parfois.
Le Liban est un état multiconfessionnel et la gestion de ce pluralisme religieux est infiniment complexe car il n’existe pas pour l’organiser d’équation magique. Bien au contraire une communautarisation excessive de la politique le taraude ainsi qu’une « politisation » des rapports entre communautés.
La solution ne peut venir que de l’émergence d’élites politiques capables de travailler dans une logique trans confessionnelle. Seul le dialogue interreligieux peut nous aider à sortir de l’impasse affirme cet orthodoxe de tendance universaliste.

Globalement il constate avec une pointe d’optimisme que même entre Occident et Orient le scénario de la confrontation au nom de deux imaginaires antinomiques ne se réalise pas. Il est persuadé qu’il existe dans le monde occidental et musulman un antidote à la guerre des civilisations.

En effet, il y a une masse critique de croyants qui puisent dans le meilleur de leurs ressources spirituelles pour s’ouvrir à autrui et pensent que c’est une nécessité éthique. Le dialogue n’est pas un luxe, c’est un besoin vital.

Beyrouth sa capitale en ruine fut un havre cosmopolite sans équivalent. Elle demeure la ville aux 500 éditeurs où on lit, écrit et publie en trois langues (arabe, français et anglais). A ce titre, elle croit très fort en sa nouvelle vocation de capitale mondiale du livre et elle accueillera l’an prochain, au festival du livre, tous les libraires du monde pendant des mois, dans ce climat de tolérance et de pluralisme qui fait son charme.

La paix n’est pas pour demain au Moyen Orient

Pour Leyla Chaid, elle aussi invitée à s’exprimer à Flagey, si l’événement tant attendu dans le Proche Orient c’est de rendre possible l’impossible, cet avènement de la paix n’est pas vraiment proche, pas plus au Liban, qu’en Palestine au demeurant. Et d’en rendre responsable l’Europe qui ne veut pas être à la hauteur de son ambition, et des ses responsabilités historiques. Une Europe pas très courageuse et si peu présente en Méditerranée et en Orient. Pourtant il ne manque pas de forces vives en Palestine, au Liban et en Irak.

A ses yeux, les Palestiniens ne sont pas des immigrés mais des expulsés qui ne se battent pas contre Israël essentiellement mais contre l’indifférence européenne. Seul un discours de caractère culturel peut désamorcer les passions : les voix de la musique de la littérature et des arts sur une terre qui produit de magnifiques créateurs. Régis Debray croit entendre plus de « je » chez les Israéliens, plus de « nous » chez les Palestiniens, Leyla Chaid ne partage pas cette analyse car c’est à travers l’expression des artistes que s’exprime le « je » palestinien. Ils ne font en cela que suivre l’exemple brillant de la culture arménienne. Il existe d’ailleurs en Palestine une communauté arménienne qui participe d’un pôle d’excellence.

"LaTerre sainte rend fêlé"(extraits de la Libre Belgique )

Régis Debray a sillonné le Moyen-Orient en refaisant les voyages de Jésus. Mais aujourd'hui, la région n'est à ses yeux que frontières, barrages, cloisons, murs, visas.

Une bien riche idée ! Refaire les voyages de Jésus aujourd'hui. Il y a 2 000 ans, il pouvait passer de Cana au lac de Tibériade, traverser le Jourdain ou aller du désert à Jérusalem sans visa, ni carte d'identité. Aujourd'hui, ces lieux des Evangiles sont en Israël, en Palestine, au Liban, en Syrie, a Gaza, en Egypte. Et partout, il n'y a plus que frontières, haines et conflits.

Refaire les itinéraires de Jésus au Moyen-Orient est le pari que Régis Debray a réalisé pour en ramener "Un candide en Terre sainte", un livre qui se lit comme une série de reportages passionnants sur les Juifs, Chrétiens et Musulmans qu'il a rencontrés et les "surprenantes et parfois rebutantes vérités" qu'il a croisées. Il est allé à Gaza comme à Sdérot, il a vu les barrages israéliens, il a rencontré des chrétiens arabes menacés de disparition.

L'écrivain philosophe participa lui aussi aux trois journées de dialogue entre l'Occident et l'Orient organisées par la Fondation Boghossian au Flagey.
Régis Debray se définit lui-même comme chrétien athée, c'est-à-dire quelqu'un qui ne croit pas à l'existence de Dieu mais qui est fidèle aux valeurs de la civilisation chrétienne.
Que dirait Jésus s'il revenait là ?

Il réfléchirait au retour du refoulé paganiste. Il dirait : vous ne m'avez pas compris, vous avez recréé des clans et des tribus, des territoires. Je voulais être universel et vous m'avez submergé de particularismes nationaux. Aujourd'hui, les moines arméniens et orthodoxes s'échangent des coups de crosse au Saint-Sépulcre, et, à Nazareth, les Latins et les Russes ont encore échangé des coups de poing il y seulement huit jours. Abraham aussi dirait que ces querelles de familles sont les pires et que les jalousies entre consanguins sont pires que les batailles pour des intérêts car on peut transiger sur les intérêts mais pas sur les valeurs.

Du temps de Jésus, avec l'empire romain, il n'y avait pas de barrières (les empires avaient au moins ça de bon). Mais l'arrivée des États nations et les conflits religieux en ont créés. Jésus pouvait aller de Haute Galilée à Tyr et Sidon au Liban en quelques heures, aujourd'hui, il faut passer par Chypre ! Cette frontière, il faut maintenant l'affronter, la comprendre, pour créer des passages. C'est mieux que de s'appeler "sans frontières" de manière présomptueuse. Les trois monothéismes sont sans doute trop proches pour pouvoir s'entendre. Le caveau des patriarches à Hébron est devenu un lieu ensanglanté. Et si les chrétiens ont la chance de ne pas devoir partager leurs lieux saints, ils en font encore des lieux de bagarres entre Coptes ou franciscains.
Freud disait déjà que la religion est une névrose de répétition. Une religion est une manière d'arrêter le temps et de le scander, de faire revivre éternellement les mêmes choses. Mais la mondialisation a amené la balkanisation culturelle et le retour des archaïsmes religieux qu'on pensait avoir combattu par la science.
Gardez-vous un espoir pour cette région ?
Scott Fitzgerald disait : "Il faut comprendre que les choses sont sans espoir et cependant être décidés à les changer". Il disait cela dans un livre intitulé " La Fêlure ", Et on est toujours un peu fêlé quand on rentre de Terre sainte.

dimanche 27 avril 2008

KunstenFESTIVALdesArts


Kris Verdonck
© Stilllab
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KunstenFESTIVALdesArts
Beursschouwburg
Brussel-Stad - We zijn twee weken verwijderd van Brussels grootste, mooiste, interessantste en meest internationale podiumkunstenfestival. Tijd voor je tickets voor het KunstenFESTIVALdesArts te bestellen! !
Van India en Berlijn over naar een Brussels onderonsje. Kris Verdonck werkt in zijn nieuwe creatie End (9, 10, 11 & 13/5, Kaaitheater) onder meer samen met de mediakunstenares Anouk De Clercq en de muzikant-componist Stefaan Quix, beiden ook uit de hoofdstad.
Van de andere kant van de wereld, uit Auckland, komt Lemi Ponifasio met zijn gezelschap MAU. Deze Samoaanse theatermaker en choreograaf laat zich inspireren door de geschiedenis van zijn performers, afkomstig van verschillende eilanden in de Stille Oceaan. Tempest II (15, 16 & 17/5, KVS_BOL) verweeft getuigenissen en bedenkingen over de verhouding tussen burger en staat van de filosoof Giorgio Agamben met elementen uit The tempest van Shakespeare.

Aydin Teker is een vast begrip in de Turkse dansscene. Ze werkt voortdurend rond extremen: in haar voorstellingen tast ze af in hoeverre haar lichaam zich adapteert aan buitengewone situaties. Hars (10, 11, 13, 14 & 15/5, Les Brigittines) .
Uit Rio de Janeiro stammen Bruno Beltrão/Grupo de Rua de Niterói. De choreograaf voedt zichzelf vormelijk aan hiphop en straatdansen terwijl hij ook filosofie en hedendaagse dans stu-deerde. H3 (Temporary title) (12, 13, 15, 16, 17 & 18/5, La Raffinerie) volgt na het drie jaar oude H2. Terwijl de bewegingen op scène from scratch ontstonden, kregen de dansers gedurende één jaar – de wordingstijd van Bruno Beltrão’s voorstellingen – ook theoretische opleiding. Hiphop als een vorm van educatie en emancipatie.

Tot slot eentje voor de echte avontuurlijken – zo wij Brusselaars zelf het liefst hebben. Rehaan Engineer uit Mumbai brouwt Engels, Frans en Nederlands (zonder ondertitels!) door elkaar in Doctrine (How to survive under siege) (20-26/5, Beursschouwburg). Hij werkt op locatie een voorstelling uit waar onder meer een traktaat over de bescherming van de stadstaat van Aeneas Tacticus aan de basis ligt, een Griekse strijdheer uit de 4e eeuw.
:: KunstenFESTIVALdesArts
wanneer: 9 > 31.5.2008
waar: Verschillende locaties
info: festivalcentrum: BEURSSCHOUWBURG, A. Ortsstraat 20-28, Brussel, 02-70.22.21.99
tickets: Festivalpass = €125
Brussel Deze Week

samedi 26 avril 2008

Nederland: “de eerste Koran ter wereld die zal worden gelezen”


Vandaag verschijnt bij uitgeverij De Geus het tweeluik De boodschapper / De Koran van de Nederlandse schrijver Kader Abdolah. Het wordt volgens Abdolah zelf 'de eerste Koran ter wereld die zal worden gelezen.
De befaamde Nederlandse schrijver van Perzische afkomst werkte drie jaar aan het tweeluik, dat vandaag in een eerste druk van 75.000 exemplaren in de boekhandel arriveert. De schrijver en zijn uitgever hopen met de uitgave een positieve bijdrage te leveren in het debat over de islam in de westerse cultuur.
Verwacht wordt dat de publicatie Nederland opnieuw, na Theo Van Gogh en Geert Wilders, in het midden van een explosief islamdebat zal plaatsen
"Ultrarechts wil de Koran verbieden. Tegen hen zegt Abdohla : Ik verdedig de Koran niet, ik draag hem alleen voor", zei Abdolah vorige week. "De fanatici zullen kwaad zijn dat ik me heb bemoeid met de heilige tekst. Tegen hen zeg ik: Vriend, wees niet boos op mij, ik heb het uit liefde gedaan."
Kader Abdolah, geboren in Iran als Hossein Sadjadi Ghaemmaghami Farahani, is niet gelovig, maar zag een mooi verhaal in de heilige schrift van de islam. Net zoals hij dat in de Bijbel en de Thora ziet, boeken die hij de "juwelen van de literatuur" noemt.

Het tweede luik, getiteld De Koran, is wellicht het controversieelste. Abdolah maakte een literaire bewerking van het heilige boek. Het doel van het werk, zo preciseerde de auteur, is de Koran toegankelijk te maken voor alle Nederlanders, die nieuwsgierig zijn over wat er nu allemaal in staat. Het wordt "de eerste Koran ter wereld die zal worden gelezen", beloofde de schrijver, wiens vorige werken naar het Engels, Italiaans, Spaans, Deens, Noors, Hebreeuws en Turks werden vertaald.

Abdolah groeide op met de Koran. Hij werd geboren in de Iraanse streek Farahani, waar de leer van de islam streng wordt gevolgd.
Eind jaren tachtig moest hij vluchten uit Iran, en kwam in een asielzoekerscentrum in het Nederlandse Apeldoorn terecht. Hij begon als een gek Nederlandse literatuur te lezen, en publiceerde in 1993 zijn debuut: de verhalenbundel De adelaars.

ABDOLAH, Kader
photo Roy Tee
(Iran, 1952— ). Pseudonyme de Hossein Sadjadi Ghaemmaghami Farahani. Physicien de formation, journaliste dans un journal d’opposition en Iran, il est arrivé aux Pays-Bas en 1988 après avoir pris la fuite trois ans auparavant pour des raisons politiques. Auteur de deux récits en persan restés inédits, il a publié plusieurs livres écrits directement en néerlandais, qui évoquent son pays d'origine, l'Iran, tout comme son pays d'adoption, les Pays-Bas. Son écriture lui servant de trait d'union entre ces deux pôles. « Je trempe mes mots et thèmes néerlandais dans mes pensées persanes. Je donne à mes textes hollandais le goût, la couleur et l'odeur de l'ancienne littérature persane. »
ANTHOLOGIES / REVUES : extrait du recueil de nouvelles Les Jeunes filles et les partisans, traduit du néerlandais par Anne-Marie de Both-Diez, dans Septentrion XXIX-2, 2000.
— Les Jeunes filles et les partisans (De meisjes en de partizanen, 1995), nouvelles traduites du néerlandais par Anne-Marie de Both-Diez. [Paris], Éditions Gallimard, « Du monde entier », 1999, 176 p., 13 €.
— Le Voyage des bouteilles vides, (De reis van de lege flessen, 1997), roman traduit du néerlandais par Anne-Marie de Both-Diez. [Paris], Éditions Gallimard, « Du monde entier », 2001, 192 p., 14.48 €.
— Cunéiforme. Notes d’Aga Akbar (Sipjkerschift, notities van Aga Akbar, 2001), roman traduit du néerlandais par Isabelle Rosselin. [Paris], Éditions Gallimard, « Du monde entier », 2003, 360 p., 22,50 €.



Interview: Kader Abdolah over
De boodschapper en De Koran
‘Ik kon deze boeken alleen in Nederland schrijven’, stelt Kader Abdolah over zijn vertaling van De Koran en zijn levensbeschrijving van Mohammad in het boek De boodschapper. ‘Door de Nederlandse samenleving van nu moest ik mijn wortels onderzoeken.’ En daarmee voegt Kader Abdolah aan zijn oeuvre twee boeken toe die van grote politieke, sociale en literaire invloed zullen zijn, nu en in de komende jaren.
‘Alles wat ik heb geschreven, heeft hiernaartoe geleid’
(door Ad van den Kieboom uitreksel uit de website van De Geus)
‘De Koran is het boek van mijn vader, van mijn oom, van mijn jeugd. De Koran raakte mij niet, ook niet als literair boek. Pas door Nederland en de Nederlanders ging ik het weer lezen. Na Het huis van de moskee werd ik door de ontwikkelingen in de Nederlandse samenleving rond de islam gedwongen mijn wortels te onderzoeken. In eerste instantie wilde ik de Koran voor de westerse lezer beschikbaar maken met een vertaling die zicht zou geven op wat de Koran te zeggen heeft. Ik wilde ook laten zien dat de taal een belangrijke factor is in de Koran. Terwijl ik bezig was, werd me iets belangrijks duidelijk. Je kunt de Koran niet begrijpen als je het leven van Mohammad niet begrijpt. Daarom besloot ik tot het schrijven van een nieuw boek, een vertelling naast de vertaling: De boodschapper. Als je De boodschapper leest, kun je de teksten van de Koran in de historische samenhang plaatsen waarin ze ontstaan zijn. Mohammad was een profeet, maar ook een religieus en politiek leider. Hij wilde de misstanden in Mekka op allerlei gebieden aanpakken. Naar onze begrippen gaat hij daarin misschien niet ver genoeg. Maar bijvoorbeeld de verhouding tussen mannen en vrouwen toen en nu zijn niet te vergelijken. Mohammad zorgde voor nieuwe omgangsregels en paste het erfrecht aan. Voor zijn tijd nam Mohammad grote stappen, met gevaar voor eigen leven.’
Ik las dat Koranvertaler Fred Leemhuis in zijn oratie als hoogleraar koranwetenschappen in Leiden heeft gezegd: ‘Zoals de uitvoering van een muziekstuk van Bach emoties kan losmaken, zo kan het reciteren van de Koran dat ook.’
‘Dat ben ik met hem eens. De magie zit voor een moslim ook in het ritme en de klank van de tekst. Daarom is een gelijkwaardige vertaling onmogelijk. De Koran was bedoeld voor mensen die niet konden lezen of schrijven. Mede daarom zit het vol herhalingen en worden verhalen fragmentarisch verteld. Een boek dat bedoeld is om in de tegenwoordige tijd in Nederland gelezen te worden stelt andere eisen. In een Arabisch land zou ik die boeken niet zo hoeven en kunnen schrijven. Kijk, als ik in Iran was gebleven, was het ook nooit nodig geweest om Het huis van de moskee te schrijven. Daarom zeg ik dat De boodschapper en De Koran Nederlandse boeken zijn.’
Hoe ben je te werk gegaan met de vertaling van de Koran?
‘Ik heb het boek rechtstreeks uit de oorspronkelijke Arabische Koran van mijn vader vertaald, en vier Perzische vertalingen en vijf Nederlandse vertalingen geraadpleegd. De vijfdelige middeleeuwse uitleg van de grote Korankenner Tabari had ik steeds bij de hand. Als ik er dan nog niet uit kwam, pakte ik de telefoon en vroeg ik mijn bejaarde oom Aga Djan om advies. Aga Djan is nu 94 jaar oud. Hij heeft de Koran minstens zevenhonderd keer gelezen. Wij lezen kranten ’s morgens en ’s avonds, hij leest in zijn Koran. Wij kijken tv, hij leest in zijn Koran. Zo kwam ik stap voor stap tot een versie waarin herhalingen zo veel mogelijk zijn geschrapt. Een versie die het de Nederlandse lezer mogelijk maakt de Koran te lezen.
Ik heb ook een ingreep gedaan in de volgorde. Sommige soera’s in de Koran zijn geopenbaard in Mekka, andere in Medina. In de algemeen gebruikte versie van de Koran staan die soera’s door elkaar. Die ordening is niet gebaseerd op een vast
Is je vertaling van de Koran echt een vertaling of is het ook een bewerking?
‘Het is een vertaling, waarbij ik de vrijheid heb genomen om hier en daar weg te laten wat de lezer daarvoor al gelezen heeft. Zoals een verstandige tuinman het overbodige hout snoeit, waardoor een struik de ruimte krijgt om in alle schoonheid te bloeien.
Bij een bewerking zet je de betekenis van een tekst naar je eigen hand. Dat heb ik niet gedaan.’

Je vertelde dat De boodschapper en De Koran Nederlandse boeken zijn. Kun je dat toelichten?
‘Zoals ik al heb gezegd, kon ik deze boeken alleen hier, in Nederland, schrijven. Alles wat ik tot nog toe in mijn twintig jaar als auteur heb geschreven, heeft hiernaartoe geleid. In deze tijd zijn ze noodzakelijk. Ze vormen de bodem voor het begrip van de islam en de Koran. Als je ze gelezen hebt, weet je waarover het gaat. Daarom zouden de boeken in elke Hollandse huiskamer moeten staan. Ze openen een deur naar de oosterse wereld. En het gaat verder.
Deze twee boeken zorgen ervoor dat straks de derde generatie immigranten er voor het eerst kennis van kan nemen en trots met hun boek, de Koran, onder de arm naar buiten kan lopen.
Voor deze boeken ga ik door het vuur, deze boeken zullen de Nederlandse literatuur en cultuur veranderen.
De Koran is in de afgelopen veertienhonderd jaar de inspiratiebron geweest van de grote oosterse dichters, schrijvers en architecten. De wortels van de gehele Arabische en oosterse literatuur liggen diep in dit boek. De Nederlandse vertaling van de Koran kan een bijdrage leveren aan de Nederlandse literatuur. Tot nu toe hebben Nederlandse schrijvers, dichters en kunstenaars hun inspiratie in de Bijbel gezocht, nu mogen ze de Koran erbij pakken. Het is een oud en geheimzinnig oord voor hen.’

Plaidoyer pour le cosmopolitisme


Le magnifique article de Robert Solé qui suit fait le point (en renvoyant à des ouvrages à lire d’urgence) sur une question qui est au centre de toute la réflexion sur le débat autour de notions telles que « interculturel » et « cosmopolitisme » pour lesquelles plaide ce blog avec énergie et engagement. En témoigne notre enquête sur les lieux d’interculturalité à Bruxelles.

L’interculturalisme est un volontarisme, avons-nous dit et écrit plus d’une fois dans Reflets sans avoir jamais été contredit sur ce point. Quand au cosmopolitisme, il est l’expression d’une élite nomade souvent issue de la diaspora, juive, arménienne, kurde, palestinienne. Elle concerne le plus souvent l’attitude , la « Weltanschaung »de citoyens du monde descendants d’ anciens immigrés, d’ « apatrides » ou d’ « hypernomades »(Attali) qui pratiquent naturellement et avec une élégance nonchalante ce cosmopolitisme dont Erasme, le prince de Ligne, Goethe, Stéphane Zweig, Paul Morand, Thomas Mann, James Joyce ou Gorges Steiner et plus près de nous Jean Boghossian furent et sont de magnifiques représentants.

On ne naît pas interculturel, on le devient. Puisse ce site contribuer à faire de Bruxelles de plus en plus multiculturelle une capitale de plus en plus cosmopolite d’une Europe toujours plus interculturelle. Mais que voilà un plaidoyer paradoxal dans une Belgique rongée par le cancer communautariste.
Comme l’écrit joliment Solé " le cosmopolitisme ne va pas de soi ".
MG

La curiosité cosmopolite
LE MONDE DES LIVRES
Si le choc des cultures a pris une telle ampleur, c'est pour deux raisons évidentes : la fin du conflit Est-Ouest, qui a ravivé d'autres affrontements, ethniques, religieux ou culturels, et les mouvements migratoires, qui amènent des populations très différentes à partager les mêmes espaces urbains. Identité nationale et identité culturelle ne se confondent plus.

Mais la nouveauté ne s'arrête pas là. Désormais, chacun de nous gère plusieurs identités. Un Français qui n'a jamais quitté sa province peut manger libanais, adorer la musique anglo-saxonne, pratiquer l'aïkido ou le kung-fu... La pureté culturelle n'a jamais été aussi illusoire. Peu ou prou, nous sommes tous devenus pluriels.
Comment les politiques culturelles des Etats s'adaptent-elles à cette diversité ? C'est le thème d'un livre collectif, qui a le mérite de réunir d'excellents spécialistes et de confronter diverses expériences nationales. Lluis Bonet et Emmanuel Négrier, qui l'ont dirigé, analysent les trois concepts autour desquels tournent les débats.
L'exception culturelle, d'abord : elle consiste à exclure les biens culturels des logiques du marché, pour échapper à la standardisation. En clair, pour lutter contre l'hégémonie anglo-saxonne. Avec l'idée que "le libre-échange tue l'échange".
Deuxième concept : le multiculturalisme. Né dans les années 1970 en Amérique du Nord, il prend le contrepied des politiques assimilationnistes. C'est la volonté de respecter les différentes cultures qui coexistent au sein d'un territoire donné, en leur accordant une valeur égale. Mais comment éviter de basculer dans le communautarisme ?
La troisième notion, la plus récente, est celle de diversité culturelle. Selon la manière dont on l'apprécie, elle est très proche de l'exception culturelle... ou son exact opposé. Très proche, si on y voit une résistance à la standardisation ; mais très opposée si c'est une défense des minorités. Le concept a été adopté par l'Unesco et le Conseil de l'Europe, tout en inspirant le projet de Constitution européenne. Son ambivalence explique en partie son succès, remarquent Lluis Bonet et Emmanuel Négrier.
Comment vivre ensemble à l'ère de la mondialisation ? Par une attitude et une curiosité cosmopolites. En Grèce antique, on désignait ainsi le "citoyen du cosmos", par opposition à l'idée selon laquelle toute personne civilisée appartenait à une polis donnée, une communauté particulière, différente des autres.
Le cosmopolitisme repose sur deux axiomes : l'universalisme et le respect de la différence, étant entendu qu'ils peuvent entrer en conflit. Hitler comme Staline vomissaient les cosmopolites, ces gens sans feu ni lieu, qui ne pouvaient être assimilés ni à une race ni à une classe. Il existe aujourd'hui des "contre-cosmopolites" - par exemple des intégristes religieux - qui ne laissent aucune place au doute et pratiquent un universalisme négatif, sans tolérance. Rejoignez-nous, disent-ils, et nous serons tous frères et soeurs...



Si les sociétés humaines ont fini par beaucoup se ressembler, elles divergent sur certaines valeurs ou ne leur accordent pas la même importance, constate Kwame Appiah. Mais "nous pouvons vivre ensemble sans être d'accord sur les valeurs". A l'inverse, nous pouvons nous entretuer, tout en partageant les mêmes principes. Les conflits les plus véhéments - sur l'avortement, par exemple - ne se nouent-ils pas autour de la signification qu'il faut attribuer à des valeurs identiques ?
"C'est mon peuple - le peuple des êtres humains - qui a construit la Grande Muraille de Chine, la tour Chrysler, la chapelle Sixtine", affirme Kwame Appiah, ajoutant : "Ce sont les pratiques et non les principes qui nous permettent de vivre ensemble en paix. (...) La communication transculturelle n'est immensément difficile qu'en théorie."



"Transculturel" est justement le maître-mot de Claude Grunitzky. Noir, togolais, titulaire d'un passeport français, il porte le nom de son arrière-grand-père polonais. Après avoir lancé à Londres le magazine Trace, qui avait pour vocation de "promouvoir les valeurs du cosmopolitisme urbain", il a lancé la chaîne Trace TV et s'est installé à New York, "véritable centre du monde". Le transculturalisme, affirme-t-il, permet d'explorer les identités des autres, sans pour autant perdre les spécificités de sa culture natale. C'est "échapper joyeusement aux barrières de l'identité fixe, être à la fois soi-même et un autre.



Dans la pratique, ce n'est pas aussi simple, comme l'illustre un témoignage saisissant de Linda Bator Lo, une métisse nomade qui n'a pu se sentir chez elle dans aucun pays : "Toute ma vie, j'ai regretté de ne pouvoir me reconnaître, à la fois culturellement, physiquement et mentalement, dans une nation à part entière." Elle a fini par trouver une certaine sérénité à New York : "Dans cette ville où chacun est immigré, je n'ai plus à dissimuler ou à atténuer mes différences, mais plutôt à les mettre en valeur pour mieux m'affirmer et me faire reconnaître." Mais quel calvaire pour arriver jusque-là ! Quoi qu'on dise, le cosmopolitisme ne va pas de soi.


La fin des cultures nationales, sous la direction de Lluis Bonet et Emmanuel Négrier
La Découverte , 230 p., 22 €.
Pour un nouveau cosmopolitisme, de Kwame Appiah
Ed. Odile Jacob, 262 p., 25,50 €.
Transculturalismes, sous la direction de Claude Grunitzky
Grasset, 210 p. illustrées, 21 €.
Robert Solé

Sahshi Tharoor présente le modèle cosmopolite indien à la fondation Boghosian


L’histoire indienne se lit comme une fable dans laquelle un éléphant lourd, pataud et somnolent se déplaçant avec lenteur et majesté se métamorphose quelques décennies après la conquête de son indépendance en un tigre agile dangereux à chevaucher. Quant au téléphone cellulaire c’est une métaphore qui à ses yeux symbolise la recréation contemporaine de l’Inde. Dans les années 80 encore le téléphone était en Inde un luxe extravagant et peu fiable réservé aux seules élite politiques et économiques. Aujourd’hui il s’en achète près de huit million par an. C’est dire si ce vaste pays est en mutation On y fabrique les GSM et les automobiles les moins chères au monde. Et ce sont les pauvres qui les achètent. Le téléphone cellulaire a transformé le quotidien des pêcheurs et des fermiers et les aide à prospérer plus vite et plus efficacement que 45 années de politique socialiste.

Il reste des défis gigantesques à relever. Des milliers de villages sont encore privés d’électricité. Mais c’est nous qui avons le plus de millionnaires au kilomètre carré. Et le plus grand réservoir mondial de savants et d’ingénieurs, d’informaticiens tandis que 260 millions d’Indiens vivent avec moins de trente cent par jour et nous avons trop d’illettrés.
L’histoire indienne est inachevée mais mérite d’être prise en considération.
Pour Shashi Tharoor , le pluralisme, valeur fondamentale de l’Inde ne peut être garantie que par une indépendance économique.

Le potentiel indien est fabuleux, même si l’Inde est le pays de tous les paradoxes, le soft power inspiré de la non violence de Gandhi en est le moteur.
L’antisémitisme n’a jamais existé en Inde et dans sa longue histoire, jamais elle n’a envahi personne.
Les religions coexistent dans un dialogue interreligieux permanent, Gandhi disait « Nous laissons les portes et les fenêtres de notre pays ouvertes »Lui-même était issu d’une petite ville portuaire où se côtoyaient dans un esprit très cosmopolite quatre à cinq religions.
Le secret de ce grand pays c’est la gouvernance réussie de la diversité dans la tolérance. Une recette cosmopolite pour le monde de demain.



Mon espoir c’est que survive le pluralisme démocratique à l’indienne et le respect de la diversité. L’Inde est dans le passé(le temps long) , l'Inde est dans le présent (le temps court et fragmenté des nouvelles technologies) ;le pluralisme est l’essence de son esprit comme en témoigne la cuisine indienne. Le thali indien, et non pas le melting pot à l’américaine est la métaphore qui le résume le mieux. Quand un indien émigre vers les Etats-Unis, il est rapidement assimilé et converti au rêve américain et il s’habille, mange, consomme comme un Yankee.

Le thali c’est l’exact contraire du melting pot. C’est un peu comme une rijstafel avec des tas de petits plats différents et savoureux servis sur un grand plateau en acier inoxydable. Chaque plat est radicalement différent des autres mais ce qui rend le repas exquis, c’est la complémentarité des saveurs qui se renforcent pour le bonheur de celui qui se régale. Pour moi ce plat succulent est une métaphore du pluralisme indien dans ses dimensions ethnique, culturelle et religieuse, un peu comme les multiples et diverses identités indiennes prospérant sous l’ombre de l’identité indienne commune. Un modèle pour le monde, un modèle pour demain.

vendredi 25 avril 2008

Rudi Visker over een kleine metafysica van de multiculturaliteit


Lezingen | DI 29.04.08 | 20.00 > 21.30
deBuren, Leopoldstraat 6, 1000 Brussel

Hoe kan een multiculturele samenleving omgaan met de verschillen tussen mensen? Heeft het verschil van de ander niet ook te maken met een verschil aan mij? En is er niet een andere publieke ruimte dan degene die we nu hebben waarin we op een of andere manier die twee soorten verschillen zouden kunnen begraven?
Prof.dr. Rudi Visker is hoogleraar filosofie aan de KULeuven. In 2005 publiceerde hij Vreemd gaan en vreemd blijven. Een kleine metafysica van de multiculturaliteit. Twee jaar later verscheen Lof der zichtbaarheid. Een uitleiding in de hedendaagse filosofie.

Régis Debray - Élie Barnavi : le Proche-Orient, l'islam et nous


Crédits photo : Le Figaro
Le philosophe Régis Debray et l'ancien ambassadeur d'Israël en France Élie Barnavi, débattent de la situation en Israël, des religions et du rôel de l'Europe.

LE FIGARO. Régis Debray, vous évoquez dans la préface de votre livre un «voyage au bout de la haine» . Faut-il penser que vous êtes revenu de Terre sainte encore plus désabusé sur les capacitésde tolérance des religions ?
Régis DEBRAY. Disons plus lucide, et encore plus inquiet. Le drame réside en ceci que les religions révélées sont autant meurtrières que vivifiantes. La cohésion collective qu'elles assurent implique une démarcation par rapport à l'identité voisine. Autrement dit les religions, et plus largement les cultures, construisent des murs en même temps que des rassemblements. Et je ne vois pas comment on peut unir sans séparer. Cette dimension tragique est inhérente non au spirituel mais au fait collectif du religieux.

Vous évoquez longuement vos rencontres avec les chrétiens d'Orient. Le moins qu'on puisse dire est que vous êtes pessimiste quant à leur avenir.

R. D. J'ai trouvé des minorités chrétiennes assaillies par la violence, par l'exode, la dénatalité, le chômage. Entre l'étau israélien et l'hostilité islamique, ils sont suspects pour tout le monde. L'Occident les lâche : trop arabes pour la droite et trop chrétiens pour la gauche. Ce sont pourtant eux qui ont modernisé le monde arabe. Au Xe siècle, ils ont traduit en arabe la culture grecque et au XXe, ils ont été à la pointe de la laïcisation. Ils ont joué un peu le même rôle que les Juifs en Occident au XIXe et subissent un antichristianisme qui rappelle l'antisémitisme d'antan. Et l'invasion américaine en Irak a empiré la donne, en provoquant l'exode massif des chrétiens assimilés à une cinquième colonne. M. Bush a pour ainsi dire islamisé à mort toute la région.

E. B. D'accord pour le constat. J'ajouterais que vu d'Israël le dialogue est d'autant plus difficile que les chrétiens se veulent encore plus arabes que les autres Arabes. . Finalement, c'est en Israël que les Églises se portent le mieux puisque la liberté de conscience y est garantie et qu'elles ont moins à y subir qu'ailleurs la pression islamiste.
Au fil de vos rencontres, on a parfois l'impression que vous faites preuve de compréhension à l'égard des islamistes, notamment ceux du Hezbollah…

R. D. Attention, oui, fascination, non. Il est grotesque et contre-productif de couper les ponts avec ces forces-là. Nous entretenons leur expansion. Les Américains bien sûr, mais aussi les Européens qui se cachent derrière eux. La religion prend la relève d'une faillite des mouvements laïcs, à laquelle nous avons contribué.

E. B. Régis Debray sous-estime les responsabilités du monde musulman dans ses propres déboires. Il y a une crise de l'islam comme civilisation. Tous les ismes, socialisme, nationalisme etc. que la modernité occidentale a proposés au monde arabe se sont écroulés. Et il ne reste plus en lice que l'islam politique. On nous invite à distinguer différents types d'islamisme, entre d'une part celui qui accepterait la règle du jeu et d'autre part un fondamentalisme de type al-Qaida. Il y a des nuances entre eux, mais tous les islamistes, il suffit de voir leurs 6 000 sites sur Internet, partagent une même lecture dogmatique de l'islam qui constitue un danger non seulement pour nous Occidentaux, mais aussi pour les musulmans qui en sont les premières victimes.

Régis Debray, votre évocation d'Israël, qualifié de «démocratie ethnique», est équivoque. On sent que vous êtes déchiré entre admiration et réprobation…

R. D. Je reconnais mon ambivalence. Israël de 1948 n'est pas celui de 2008. Je suis partagé entre mon admiration éthico-intellectuelle pour un formidable exploit de modernité laïque et suis rebuté par la remontée d'un nationalisme théologique qui fait revenir au premier plan l'archaïque et le tribal. Quand je vois des colons, francophones ou américains, arborer devant le mur des Lamentations I am a superjew et faire les fiers-à-bras en tee-shirt devant les Arabes, je suis consterné.
Dans La Révolution européenne,Elie Barnavi et Krzysztof Pomianfont l'éloge de l'Europe comme la meilleure du monde possible. Que peut-elle faire pour cette régiondu monde ?

R. D. L'Europe paie largement l'Autorité palestinienne et ses 150 000 fonctionnaires. Elle finance aussi les infrastructures des Territoires, routes, écoles, hôpitaux. Israël les démolit régulièrement. L'Europe paie et se tait ! Elle aurait pu conditionner son aide à l'Autorité, qui soulage l'occupant, au respect des accords et du calendrier en Cisjordanie, où la colonisation continue de plus belle. L'Europe s'offre une bonne conscience avec de l'humanitaire. Pourtant, sortir de sa passivité serait servir les intérêts à long terme d'Israël. Mais l'Europe ne peut pas se distinguer de l'Amérique pour des raisons historiques : elle craint de se faire taxer d'antisémitisme.
Extraits du figaro.

Les divagations de Raphaël Sorin


Des histoires belges

Je me suis toujours amusé avec les Belges, morts ou vifs.
A Bruxelles surtout, j’ai bu, ri et bavardé avec des contemporains qui valaient le voyage. Marcel Mariën me donnait rendez-vous dans la brasserie de la Mort Subite pour boire une gueuze. Noël Godin me faisait part de ses futurs entartages. Pouvait-on entarter en une seule fois toute l’Académie française ? Marcel Broodthaers ignorait encore qu’à sa première exposition parisienne, devant moi, Ileana Sonnabend (elle défendait Warhol ou Rosenquist) allait acheter plusieurs de ses pièces, dont un buffet hérissé de moules. Jean-Jacques Abrahams, «l’homme au magnétophone», racontait comment il avait embarqué dans sa voiture le cadavre de sa mère. Louis Scutenaire faisait l’éloge de Staline et des Pieds Nickelés. Suzanne Lilar me recevait place du Sablon pour me donner les clés de son roman, La confession anonyme.
Libération

jeudi 24 avril 2008

La fondation Boghossian amorce à Flagey un dialogue Orient-Occident



Jean Boghossian est d'origine arménienne. Sa famille a dû fuir en 1915 pour échapper au génocide et s'installa d'abord à Alep, en Syrie, puis au Liban. Lui-même a quitté le Liban en ruine il y a trente ans lors de la guerre. Il a construit sa fortune dans la tradition familiale de la joaillerie, comme son frère à Genève, et, plus récemment dans l'immobilier.

La Fondation Boghossian a vocation humanitaire a été constituée en 1992 Sa vocation essentiellement humanitaire et pédagogique. Son objectif est de partager la chance que nous avons connue dans nos affaires et de souligner nos racines arméniennes et de garantir un héritage aux générations futures et associer notre nom à une démarche généreuse, tournée vers l'avenir.



Inspiré par l'exemple prestigieux de la Fondation Gulbenkian , au Portugal, Jean Boghossian souhaite pérenniser son action en installant le siège de sa Fondation dans la capitale de l'Europe.
C’est dans le cadre somptueux de la belle salle de concerts de Flagey qu’il inaugura devant le gratin cosmopolite bruxellois trois journées consacrées au dialogue des cultures.
Jean Boghossian après avoir évoqué son enfance heureuse dans un Liban hier idyllique, désormais en ruine termina son adresse inaugurale en lançant :
Que pouvons nous espérer malgré et grâce à nos différences ?

Après que Fadila Laanan eut expliqué à ce très distingué parterre combien, fille de l’immigration et de l’enseignement public belge, elle se sent désormais à l’aise dans sa culture double belgo marocaine, Regis Debray haussa le ton et hissa le débat d’emblée très haut : Il y a urgence à briser les murs, à lancer des passerelles et à forcer les portes.

Deux choses menacent la civilisation : le temps court de l’Occident prisonnier de l’éphémère, de la fragmentation de l’instant, de l’accélération de l’accélération et le temps long de l’Orient captif du mythe de l’éternité. Le dialogue ne peut se nouer qu’entre ces deux pôles.
Quel dialogue ? Le dialogue n’a de sens et d’intérêt que s’il met en relation des gens qui pensent et sentent différemment les uns des autres.
S’il s’agit de papoter entre soi, au sein d’une élite mondialisée d’humanistes et de libéraux à la mode occidentale pour s’auto congratuler sur la démocratie et les droits de l’homme, les peuples seraient en droit de hausser les épaules.

Pour dialoguer il faut donner et recevoir. Avoir quelque chose à donner à l’autre, c’est-à-dire savoir d’où l’on vient soi-même, avoir à la fois conscience et orgueil de ce que notre histoire et notre géographie ont fait de nous. Des gens déculturés sans colonne vertébrale, même animés de bons sentiments, sont inaptes à l’exercice.
Mais on doit aussi avoir l’humilité de recevoir, sans croire qu’on occupe un point surplombant l’Histoire et qu’on est là pour faire rentrer l’interlocuteur dans le droit chemin.



Ne peut dialoguer, celui qui estime avoir un droit d’aînesse ou des droits divins sur le vrai, le bon et le beau.
Qui tient que l’autre est par définition dans l’erreur n’a évidemment pas intérêt à écouter un point de vue opposé au sien. Un dialogue devient sérieux quand le respect mutuel va au-delà de la simple civilité, et quand, comme disait Paul Tillich « le dialogue avec l’autre est en même temps un dialogue avec soi »
Quand on est assez généreux ou lucide pour comprendre que les éléments qui sont en l’autre, pourraient ou auraient pu être en nous-mêmes.



Parallèlement au réchauffement climatique en cours, et peut-être par son rapport avec lui, le climat entre les groupes humains se détériore sérieusement. D’où vient qu’il y a urgence à briser les murs, à lancer des passerelles, à forcer les portes.
Car la modernité ne chasse pas les archaïsmes, au contraire, elle à tendance à les réveiller.

Les déplacements massifs et le brassage des populations multiplient avec les surfaces de contact, les occasions de friction, les irritations mutuelles, et les fondamentalismes. Une planète ville où la ville cosmique n’est pas un gage de cosmopolitisme. Bien au contraire. Une planète ville n’est pas non plus gage d’harmonie.
Car l’intégrisme peut se définir comme la culture des déculturés ou le retour à la terre des déterritorialisés.


Qu’il s’agisse des loubavitch, des charismatiques ou des « barbus », l’effervescence messianique ou le prurit orthodoxe touchent d’abord les immigrants en situation précaire, les ruraux transplantés des bidonvilles et des camps de réfugiés en bordure des métropoles, et les délocalisés de fraîche date, dès lors qu’on ne leur fait pas une place.



Curieusement, l’urbanisation s’est traduite par une sorte de ruralisation des esprits, un retour à des terroirs de substitution, des religions ou des fondamentalismes. On assiste à un double mouvement dialectique entre une mondialisation technico-économique et son corollaire, une balkanisation politique et culturelle. Autrement dit, plus le monde s’unifie dans ses objets nomades (téléphones cellulaires, ordinateurs portables, etc…) plus il se fragmente dans ses subjectivités. Si l’on déstabilise quelqu’un en le délocalisant d’une campagne traditionaliste à une ville, une banlieue, une métropole déstructurées, il perd son enracinement, ses repères familiaux rituels. Il échappe à cette dépersonnalisation en réinventant des traditions, souvent sous une forme outrancière. En cela le phénomène intégriste est un phénomène de métropole et pas d’arrière-pays.
Ce processus n’était prévu ni par les religions séculières, laïques, celles du progrès et de la raison, ni par les théories du capitalisme heureux .Les crises intégristes sont comme des dermatoses. Plus ça frotte, plus ça s’irrite et s’enkyste.


L’idée d’un futur fluide, cosmopolite et fait d’échanges harmonieux est sans doute une utopie.

mercredi 23 avril 2008

Immigrant levert staat 23.000 euro per jaar op


Minister van Migratie- en asielbeleid Annemie Turtelboom.
Slimme immigratie kost niet, maar brengt op voor de economie. Voor de Schatkist brengt een immigrerend gezin zelfs tot 23.000 euro per jaar op, zo staat in een nota van de minister van Migratie- en asielbeleid, Annemie Turtelboom.

Economische immigratie
Een gezin met twee kinderen dat via economische immigratie binnenkomt en dus twee werkenden telt, brengt de overheden ongeveer 23.000 euro netto op: 44.000 euro inkomsten voor de Schatkist en de sociale zekerheid, en 21.000 euro uitgaven voor sociale uitkeringen, kinderbijslag en onderwijs. Winst: 23.000 euro. Die berekening staat in een nota van de minister van Migratie- en asielbeleid, Annemie Turtelboom (Open Vld).

(belga/tdb

mardi 22 avril 2008

JOSAPHAT : UN PARC POUR TOUTES LES CULTURES EN TOUTES SAISONS


Voici que s’installe désormais, petit à petit à Schaerbeek le mythe d’un parc Josaphat oasis interculturelle, véritable métaphore de la Cité Cosmopolite de demain.

Nous sommes en 1574, en plein orage historique, un zélé pèlerin catholique, s’en revenait, anonyme, d’un long périple à Jérusalem
Soudain, il aperçoit avec la joie que l’on devinera, dans les lointains brumeux, les premiers contours de sa cité natale. Frappé de stupeur à la vue d’un paysage extraordinaire, il lâcha un cri de joie dont l’écho roula dans la vallée : « JOSAPHAT, JOSAPHAT ! » A ses pieds s’étendait au loin une vallée qui lui parut présenter une similitude miraculeuse avec la vallée du Josaphat qu’il avait parcourue maintes fois au cours de ses pérégrinations en terre sainte.


Ainsi donc, pour la première fois, le mythe prenait possession de la belle vallée du Rodebeek. Le phénomène se reproduira. Sous Léopold II le grand roi bâtisseur, aujourd’hui très contesté, on assista à la naissance d’un nouveau mythe, celui d’un parc sauvé par l’intervention du Roi.


Le mythe de la vallée rustique, sylvestre transformée en parc, véritable sanctuaire paysagé prit le relais, Josaphat devenait une sorte de Central Park bruxellois, un poumon vert au sein de la « ville tentaculaire »(E Verhaeren).

Après le mythe de Schaerbeek Plage, le mythe du parc illuminé (1952-56) le mythe dévastateur du parc fou mis en scène par Jo Dekmine , le mythe passéiste de la grande fête des ânes au Josaphat, du temps de Francis Duriau, voici que s’installe désormais, petit à petit celui du parc oasis interculturel, véritable métaphore de la Cité Cosmopolite de demain.

Le parc Josaphat est dans l’imaginaire des Schaerbeekois la métaphore qui résume tout le folklore local, de la Cité des ânes au faubourg des artistes, Demain, si on le veut, le Josaphat deviendra la métaphore du dialogue entre les cultures et les civilisations, à l’instar des jardins du Generalife à Grenade ou mieux, de Central Park à New-York.

Avez-vous remarqué que les trois religions monothéistes se côtoient symboliquement dans l’ancienne vallée du Rodebeek , la religion hébraïque avec Josaphat, la statue d’Eve et moins connu, Ahasverus, le Juif errant juché sur la façade du café le Central Park symbole de l’errance de la diaspora , de tous les nomadismes ; la religion chrétienne avec le pèlerin errant de Jérusalem et l’antique confrérie des archers de saint Sébastien martyr, l’islam avec la grande prière de deuil sur la pelouse.

Enfin, la laïcité avec Ulenspiegel, Thyl l’Espiègle sorti tout droit du cerveau libre penseur de Charles Decoster mais vandalisé par des iconoclastes : tout un symbole.


Le parc n’est donc pas seulement un lieu pour toutes les saisons de l’année, et de la vie mais aussi un havre en quelque sorte symbolique pour toutes les générations, toutes les convictions, toutes les langues, toutes les croyances.

N’y a-t-on pas organisé un immense rassemblement sur la grande pelouse du Tir à l’Arc à l’occasion des funérailles de la famille marocaine décimée par un forcené raciste ? Les représentants des trois religions monothéistes et aussi ceux des partis démocratiques et de la société civile avaient tenu à assister à cet hommage dont les images ont été retransmises dans le monde entier.

Le parc Josaphat est dans un bien triste état

Si vous n’êtes plus allé au parc depuis longtemps, une simple promenade vous en convaincra : le parc Josaphat est dans un état de délabrement épouvantable. La situation est grave mais l’ouverture d’un chantier d’un demi milliard de francs par la région et le fédéral est une bonne nouvelle.

Il y a superposition de l’image du parc d’autrefois (celle d’une vallée du Josaphat pittoresque, un vrai faubourg pour artistes en mal d’inspiration) et l’image du parc aujourd’hui ( poumon vert rendu nécessaire par la progression menaçante de la ville tentaculaire) annonçant l’image du parc de demain, décontracté, mieux sécurisé, espace de détente mais aussi de rencontres, d’échanges, de dialogue.

Avec des pelouses accessibles aux enfants, aux amoureux et aux piques niques familiaux à la méditerranéenne avec barbecue, méchouis et autres happenings qui auraient provoqué un coup de sang chez le flic en civil d’autrefois, armé de son seul feutre et de son sifflet à roulette, une sorte de bobby sans uniforme.


Il y a du pain sur la planche si on veut que le parc Josaphat redevienne un Parc pour toutes les saisons c’est à dire un lieu de détente intergénérationnel où comme autrefois, les anciens côtoient les enfants et les ados ; interculturel où se consomment les musiques du monde sur le kiosque, les saveurs du monde sur une terrasse esplanade et dans une laiterie complètement repensée, mise au goût du jour et exploitée dans l’esprit de Bruxelles- Plage qui fait un tabac l’été.

Peut-être à ce moment là reverrons-nous nos échevins et échevines, nos conseillers et conseillères en famille dans le parc et pas seulement à l’occasion du barnum médiatique du 21 juillet.

Tant que les autorités communales, que le Collège tout entier ne prendra pas ce problème à bras le corps, le beau Parc Josaphat ne redeviendra pas, malgré le demi milliard d’investissement de la Région et du Fédéral réunis, un Josaphat pour toutes les saisons, toutes les cultures, toutes les générations.
Marc Guiot

L'enfermement des enfants en Belgique

Des associations de défense des droits de l'Homme et de l'Enfant ont affiché leur désaccord avec la nouvelle ministre de la politique de migration et d'asile, Annemie Turtelboom, selon laquelle l'enfermement de mineurs ne viole pas la Convention des droits de l'Enfant.

« Enfermer des enfants n’est à mon sens pas contraire à la Convention internationale des droits de l’Enfant et encore moins à la Convention européenne des droits de l’Homme et des libertés fondamentales », a indiqué la ministre le 17 avril au Sénat en réponse à une question de Freya Piryns (Groen !).Dans la foulée de la sénatrice Piryns, les associations ont fait part lundi de leur désaccord. « En Belgique, l’enfermement des enfants n’est pas une mesure de dernier ressort, elle est pratiquée de manière systématique », ont-elles dénoncé. « la pratique actuelle d’enfermer les enfants à cause du statut de séjour de leurs parents viole clairement la Convention internationale des droits de l’Enfants », rappelant d’ailleurs que « l’Office des étrangers reconnaît lui-même que la détention des familles avec enfants fait partie de la politique d’expulsion ».
D’après Belga

lundi 21 avril 2008

INTERCULTUREL KESAKO ?



Table ronde organisée par le think tank
européen Pour la solidarité
Mardi le 16 avril
Rue Coenraets 66
Maison de la Solidarité

Pour Christine Kolakowski, Présidente de Centre Belge interculturel, l’interculturalité est un concept assez neuf qui nous vient du Canada. Il se fonde sur trois aspects
1. Un phénomène de caractère sociologique, auquel s’est intéressé assez tôt le conseil de l’Europe face à la présence de migrants sur un terreau d’accueil.
2. Une dimension politique, sous la forme d’un objectif visant à combattre, le racisme, la xénophobie, les discriminations et les ségrégations ainsi que toutes les formes du communautarisme au nom de l’universalisme et face à toute velléité assimilassionniste
3. Une démarche de caractère pédagogique. En effet on ne naît pas interculturel, on apprend à le devenir. C’est un élan vers l’autre, on fait un pas vers lui selon un cheminement de caractère volontariste.

L’interculturel c’est unir sans confondre et distinguer sans séparer
Quant au dialogue, c’est une notion qui n’exclut pas le confit mais le surmonte et le dépasse. Ce dialogue est entravé par diverses lignes de fractures qui le rendent malaisé.

· La diversité des migrations avec d’un côté des jeunes de la quatrième génération et de l’autre des primo arrivants, bref des nouveaux et des anciens nouveaux.
· Les différences de statut au sein d’une économie mondialisée et dérégulée, il y a des immigrés régularisés et des sans papiers.
· Il y a une abysse entre un immigré légalisé et un cosmopolite fonctionnaire à l’Union Européenne.
· De qui parlons-nous, qui sont les uns et qui sont les autres. ? Les autres sont venus d’ailleurs et les uns c’est nous. Nous nous croisons au quotidien et cette fréquentation ne nous laisse ni indifférent ni indemnes, elle nous transforme, au contraire. Ainsi que le montre l’excellent rapport de la Commission Interculturelle. Nos identités sont multiples et plurielles au sein d’une société inégalitaire où s’affrontent hommes et femmes, jeunes et vieux, croyants et non croyants. La difficulté c’est de construire un nous commun et de prendre conscience de tous ces conflits qu’on préfèrerait ignorer.


Denis Stokkink insiste sur les différences spatiales (le canada, n’est pas l’Europe, la ville diffère de la campagne) et temporelles (primo arrivants et 4ème génération.).
Pas de dialogue sans volonté de dialoguer, sans souci de se remettre en question face aux chocs culturels que nous affrontons depuis des décennies, sans remettre en question nos propres repères pour nous ouvrir à l’autre, sans une prise de conscience des nos propres préjugés, ce qui peut déstabiliser. Le dialogue s’amorce par la parole mais doit se poursuivre avec des actes. Les personnalités cosmopolites ont intégré tout cela depuis belle lurette. Les personnalités cosmopolites, spontanément interculturelles, ont dépassé, presque instinctivement le stade des tensions et font leur miel des différences entre cultures. Mais elles représentent une infime minorité souvent issue de générations de diaspora ou de la nouvelle classe des hyper nomades dont parle Attali . Pour les autres, c’est beaucoup plus difficile.

Françoise Pissart directrice de la Fondation roi Baudouin relève que dans la pratique de terrain, le dialogue interculturel entre néerlandophones et francophones constitue un exercice quelquefois périlleux, un obstacle à vaincre au quotidien. A fortiori, entre Turcs et marocains, cet exercice peut se révéler difficile. A cette fin, sa fondation a réalisé diverses études sur le profil de comportement des Turcs et des Marocains en tentant de détecter et d’identifier des acteurs de dialogue capable de faciliter l’interface entre ces communautés et les autochtones..


La fondation Roi Baudouin entend soutenir et valoriser toutes les initiatives positives allant dans ce sens. Si les cosmopolites excellent dans cet exercice en revanche il pose pas mal de problèmes au citoyen lambda. Quelle est sa démarche ? Sans accompagnement il aura du mal à dépasser ses préjugés et sera enclin au repli. En cela est utile de faire appel à des outils de médiation (art, culture et sport) en vue de définir des objectifs communs de préférence dans le cadre de projets intergénérationnels. Ils viseront l’amélioration des relations de quartier entre voisins qui spontanément préfèrent s’ignorer.


Christiane Kolakowski insiste sur la nécessité de disposer : d’un cadre d’action ( :une fête de quartier, une pièce à monter, une rue à décorer) ;d’un élément médian (un animateur interculturel, nous les formons) ; d’un désir commun à faire émerger pour tendre vers un objectif à atteindre ensemble en enclenchant une dynamique inter culturelle.

Jacques Berque : une immense contribution


Le talent ne s'improvise pas et la qualité mérite
toujours d'être mise à l'honneur. Rendons dès lors
hommage à Jacques Berque et à son "Essai de traduction
du Coran" auquel il a consacré une vingtaine d'années
d'une vie bien remplie. Si le Coran mérite bien le
raffinement de la langue française, il a été
admirablement servi en la matière par Jacques Berque
qui pousse ce raffinement jusq'à proposer des
néologismes (bel-agir, dénégateurs, ...), lesquels se
sont imposés tant ils étaient adéquats!

En plus du courage de compulser l'oeuvre monumentale
de l'exégèse traditionnelle, l'auteur fait preuve
d'une grande rigueur teintée d'une géniale hardiesse
dans ses commentaires et ses choix grammaticaux.

Le recueil se termine par une double étude exégétique :
classique tout d'abord, plus moderne ensuite, ce qui
permet à notre auteur de donner libre cours à son
talent afin de servir une parole coranique qui postule
des approches à la fois plus hardies et mieux
agumentées.

Un véritable ouvrage de référence à mettre entre
toutes les mains et à consommer sans modération, n'en
déplaise à tous les Geert Wilders et à leurs
laudateurs intolérants et ignares.

Ali Daddy

samedi 19 avril 2008

Anciaux: "Spirit heeft nood aan nieuwe start"


"Hoe verknocht ik ook ben aan onze partijnaam. Spirit heeft bij vele mensen geen al te positieve bijklank. En we hebben vandaag meer dan ooit een nieuwe start nodig. Een nieuw vertrekpunt, een nieuwe krachtige boost", aldus Spirit-topman Bert Anciaux op zijn website over het feit dat zijn partij morgen tijdens een partijcongres een naamsverandering zal aankondigen. Ook Anciaux laat niets los over de nieuwe naam.

Anciaux stelt altijd geloofd te hebben in de kracht van de naam Spirit. "Sociaal, Progressief, Internationaal, Regionalistisch, Integraal-democratisch en Toekomstgericht. Met deze 6 letterwoorden kan je heel ons programma samenvatten. Stilstaan is echter achteruitgaan". De nieuwe naam moet volgens Anciaux nog meer duidelijk maken "wie we echt zijn". "En die duidelijkheid, daar is het ons om te doen. Mensen moeten weten waar we voor staan. Het is essentieel voor onze geloofwaardigheid".
(belga/tdb)

Aimé Césaire, le Nègre fondamental


Aimé Césaire, « le nègre fondamental »
Enfant caraïbe de Shakespeare et Brecht, né le 26 juin 1913 à Basse-Pointe (Martinique), proche de De Gaulle et de Mitterrand, Aimé Césaire, hospitalisé mercredi 8 avril 2008, est mort le 17 avril à Fort-de-France.
Son grand-père fut le premier enseignant nègre, on reviendra sur ce mot, de l'île. Sa grand-mère Eugénie, "Maman Ninie", rare femme lettrée pour l'époque. Le père est contrôleur des contributions, la mère, couturière.
Quand Césaire entre au lycée Louis-le-Grand, le premier camarade qu'il rencontre dans les couloirs est un Nègre comme lui. Il s'appelle Léopold Senghor. Ils intégreront ensemble l'Ecole normale supérieure avec Georges Pompidou. Ensemble, sans Pompidou toutefois, ils fréquentent les surréalistes et fondent l'idée de "négritude" : "Mais c'est normal. Il était nègre, moi aussi, nous comparions nos expériences. C'est un Africain, je suis un Martiniquais, nous avions des points de rencontre, mais nous avions aussi des interrogations. (…) On s'enseignait l'un l'autre. La réponse était africaine."
"Ce qui m'intéressait, c'était l'identité nègre. Toi le Sénégalais, toi le Guyanais, qu'est-ce que nous avons en commun ? Pas la question de la langue, mais la question nègre. (…) Je n'ai jamais voulu faire du français une doctrine. Il y avait surtout des anglophones et des Américains, avec une littérature nègre, Langston Hughes, Richard Wright, and so on, c'était pour nous, Nègres et francophones, une révélation. Les premiers qui ont posé les bases, pour nous, c'étaient les Nègres américains."
Max-Pol Fouchet baptisera Césaire le"Nègre fondamental".
"Peut-être fallait-il être antillais, c'est-à-dire si dénué, si dépersonnalisé, pour partir avec une telle fougue à la conquête de soi et de la plénitude."
"Accommodez-vous de moi. Je ne m'accommode pas de vous.
A travers son combat, au fil de ses poèmes, le chantre de la négritude incarnait, au-delà de ses origines revendiquées, un appel proprement universel à la dignité humaine.
"La "négritude", c'est la situation particulière par laquelle et dans laquelle "l'homme noir" peut atteindre l'universel. Mais chacun peut l'atteindre par un accès particulier, et pour un autre Africain, ce ne sera pas la "négritude", mais une autre situation ressentie comme plus marquante. L'universalité n'est pas ennemie de la particularité qui peut y conduire, et chacun peut l'atteindre par sa richesse particulière et enrichit ainsi d'un accès et d'une vision de plus l'universalité de l'homme."

Concours d'écriture interculturel




LE CHAMEAU DANS LA NEIGE
160 pages, 2007, ISBN 978-2-8290-341-7
Coéd. Éditions d’en bas et Pour-cent culturel Migros
« Si cette image drôle et juste – un animal des pays chauds désorienté dans l’hiver helvétique – a donné son titre à ce recueil, c’est qu’elle reflète un sentiment d’étrangeté et d’inadéquation bien partagé par les auteurs de ces seize textes et, probablement, par tous les immigrants. On a quitté sa famille, ses amis, sa maison, sa langue, son pays. On fuit la guerre, la répression, la torture, les boulots minables, la précarité. Et on arrive dans le froid d’une langue inconnue, de codes indéchiffrables, dans l’hostilité bien ancrée déjà, dans la méfiance. Mais aussi dans le soulagement d’avoir sauvé sa peau, dans le bonheur de rejoindre les siens, dans l’élan d’une vie nouvelle, dans la chaleur d’un accueil parfois. Ces sentiments contradictoires, ces espoirs, ces rêves, les statistiques les taisent.
Le concours d’écriture interculturel Encrages a souhaité les faire exister : par le biais des communautés d’immigrés, il a sollicité des histoires. Récits de vie, souvenirs, réels ou inventés, mais reflets d’un vécu, d’un ‹ ancrage ›, dans le nouvel environnement ou dans la nostalgie de l’ancien. Ou dans le balancement entre les deux. »

Isabelle Rüf (tiré de la préface)

Ces textes – issus du concours d’écriture interculturel Encrages organisé par le Pour-cent culturel Migros, l’Académie Suisse pour le Développement et les Éditions d’en bas – sont l’oeuvre de seize auteur-e-s : Arbër Ahmetaj, Reneta Czaka, Magdalena Dafflon, Eliza Dutoit, John Ebong Koko, Lydia Gabor, Paola Gallo Jarre, Pierre-Alain Gautschi, Edouard Höllmüller, Gian Kaiser, Roger Macumi, Cornélia Mühlberger de Preux, Déo Negamiyimana, Galliano Perut, Catherine Raetz-Biancolin, Chueng-Soun Tai & Julie Tai. La postface sur migrations, langues et intégration est signée par Spomenka Alvir.
Commandes :
Éditions d’en bas
Rue du Tunnel 12
1005 Lausanne
Tél. 021 323 39 18
Fax 021 312 32 40
enbas@bluewin.ch
www.enbas.ch

Koerdische schrijvers uit verschillende landen



Op vrijdag 18 april ontving Bert Anciaux op zijn kabinet een delegatie van Koerdische schrijvers. Hun verblijf in Brussel kadert binnen de tweedaagse ‘Focus op Koerdische literatuur’
De minister geeft hiermee uiting aan zijn solidariteit met het Koerdische volk. “Mijn steun aan de Koerden past binnen mijn visie over de “Vlaamse gemeenschappen”. In Vlaanderen moet élke gemeenschap alle kansen krijgen om haar culturele identiteit te beleven. Het spreekt voor zich dat ik extra aandacht heb voor culturen die daarbij verhinderd worden. Dit geldt voor de Koerden maar evenzeer voor de Tibetanen of voor Afrikaanse culturen die dreigen te verdwijnen,” aldus de minister.
De auteurs, Şahînê Bekirê Soreklî, Ibrahim Selman, Helîm Yûsiv, Konê Res, Hêvi Berwarî, Abdal Nouri, Khari Bozani en Hasan Silevani, ondertekenden hun gezamenlijke “Brief aan Europa uit Koerdistan”, gericht aan Ján Figel’, Europees commissaris bevoegd voor Cultuur. Met deze brief vragen de auteurs aan de Europese Unie en de verschillende regeringen om erop toe te zien dat de Koerdische taal en cultuur in het Midden-Oosten worden gerespecteerd.

vendredi 18 avril 2008

Schoolboeken bevestigen clichés(uit De Morgen)



Ondanks alle goede bedoelingen bevestigen schoolboeken nog heel vaak de bestaande stereotypen. Leerlingen die 'anders zijn' krijgen daardoor nog meer het gevoel dat ze afwijken van de norm.


Ondanks alle goede bedoelingen bevestigen schoolboeken nog heel vaak de bestaande stereotypen. Leerlingen die 'anders zijn' krijgen daardoor nog meer het gevoel dat ze afwijken van de norm.

Handboeken
Wanneer leerlingen op school over het gezin leren, krijgen ze als voorbeeld meestal een vader en moeder met een of twee kinderen. Wanneer ze over het Zuiden leren, gaat het meestal om arme mensen in hutjes. Dat blijkt uit een screening door het steunpunt Diversiteit en Leren (Universiteit Gent) van twaalf recente handboeken die in het lager en secundair onderwijs vaak worden gebruikt.




Stereotypering
Voor kinderen in een nieuw samengesteld of holebi-gezin is dat een signaal dat zij niet normaal zijn, zo concludeert het steunpunt. En de stereotypering gaat nog een stap verder, maar dan op een sluipende manier. Zo worden bijvoorbeeld in het taalhandboek Taalsignaal bijna uitsluitend Vlaamse namen gebruikt, tot er een verhaal wordt verteld over een lastige leerling; die heet Hassan.

(belga/tdb)
18/04/08 06u27