lundi 21 juillet 2008

Albert II : inventer de nouvelles formes de vivre ensemble


«Les divisions dans les esprits n'est pas une fatalité» a affirmé le roi Albert II
«Nous devons inventer de nouvelles formes de vivre ensemble dans notre pays». Le roi Albert II de Belgique a appelé dimanche les Flamands et les Wallons à rester unis pour résoudre la crise politique qui menace la cohésion du pays.
Beaucoup de Belges, francophones et flamands se réjouiront de cette exhortation royale.
Beaucoup de Bruxellois, dont la rédaction de Reflets regretteront qu’Albert II n’ait pas profité de cette crise pour faire un plaidoyer vibrant en faveur du dialogue entre les cultures, toutes les cultures.
N’est-ce pas la meilleure et la seule façon d’apprendre à vivre ensemble, à Bruxelles en Belgique et en Europe ? " L’Europe sera interculturelle ou ne sera pas ". C’est le cri de ralliement de Reflets et de ce blog.
Albert II se contentera d’une allusion discrète à "2008 année du dialogue interculturel".
S'exprimant à la veille de la fête nationale, le roi a assuré en revanche que les divergences entre les deux communautés -les Flamands réclament une autonomie accrue pour leur région, alors que les Francophones craignent une baisse des fonds accordés à la leur-.
Si l’on va jusqu’au bout d’un tel raisonnement de caractère communautariste, il faudra apprendre à regarder les Turcs, les Marocains, les Italiens qui vivent ici comme des communautés à part entière en droit de réclamer une autonomie culturelle équivalente à celle des francophones, néerlandophones ou germanophones. On se souviendra qu’AlbertII et son épouse furent accueillis par la communauté turque de la Petite Anatolie (Schaerbeek Saint Josse) par une marée de drapeaux turcs. N’était-ce pas une manière officielle de regarder cette communauté comme une entité à part entière ?
C’est le contraire de la dynamique interculturelle qui tend à renforcer la cohésion sociale par delà les communautés.
«Les divisions dans les esprits n'est pas une fatalité. C'est l'union et la tolérance dans le respect de l'identité de chaque entité fédérée qui représentent la seule voie possible dans notre société démocratique», souligne le roi dans son discours.
Non sire, dans votre royaume tétanisé par la crise communautaire ce n’est plus l’union mais la « diversité qui fait la force ».
A quoi bon sire solliciter une fois encore, comme Hamlet, le spectre du roi défunt votre frère. Vous chercherez en vain dans ses discours de circonstance ce plaidoyer vibrant que la Belgique et l’Europe attendent en faveur de la diversité et du dialogue des cultures et des civilisations dont se gargarise le pantin Sarkozy en en détournant le sens.
"L'intégration européenne a un effet désintégrateur sur les Etats"
Affirme Philippe Moreau-Defarges, spécialiste des questions européennes dans le Monde ..
Les Etats sont à l’agonie mais le nationalisme est bien vivant. Moins que le régions, ce sont les grandes villes qui incarnent désormais le dynamisme des peuples. Qui connaît la Belgique , La Flandre au Togo, en Ouzbékistan ou en Thaïlande. En revanche le monde entier connaît Bruxelles, Frankfort, Amsterdam, New York qui sans être forcément des capitales sont devenues des villes monde, autrement dit des centres cosmopolites, des creusets du dialogue interculturel.
Cela le spectre de Baudouin ne semble pas l’avoir compris. On peut rêver en imaginant que le futur roi des Belges prendra conscience que la ville où il est né est le laboratoire interculturel dont l’Europe a besoin pour sortir de la crise qui la mine. Seul l’imprévisible peut encore nous sauver. C’est Edgar Morin ce jeune homme de plus de quatre vingt ans qui l’affirme. Feignons de le prendre au mot et inventons sans tarder de nouvelles formes du vivre ensemble. « Les divisions dans les esprits ne sont pas une fatalité. »

Marc Guiot

Aucun commentaire: