dimanche 20 juillet 2008

INTERCULTUREL BELGO BELGE

Pour un secrétaire d’Etat à la Coopération belge

Le Wallon habite Charleroi, plus attiré par la bière, les pots-de-vin et la malversation que par le travail. D’ailleurs, un travail, il n’en a pas. C’est normal, le Wallon est incompétent. Le Wallon porte un nœud papillon et ne porte d’intérêt à la Flandre que pour le paiement de son allocation de chômage et les vacances à la mer durant lesquelles il parlera français.
Le Flamand est entreprenant et habite à Anvers. Le Flamand est réservé, distant, va dormir tôt et se lève tôt car le Flamand travaille. Le Flamand est flamingant, va le dimanche à la messe et brandit son drapeau à la tour de l’Yser et est, faut-il le rappeler, raciste. Le Flamand est courageux mais terne, froid, sans humour et obsédé par les chiffres. Le Flamand parle parfaitement français mais refuse de le faire à Bruxelles. Ces images sont véhiculées constamment à l’égard de l’autre communauté dans les médias, à l’école, dans les conversations… Mais qui a des connaissances de l’autre côté de la frontière linguistique ? Le constat est simple : on ne se connaît pas. Comment prendre une décision sensée dans laquelle interviendrait le jugement envers l’autre communauté sur base d’une réalité méconnue ? Comment peut-on affirmer que l’efficacité même de nos institutions ne s’en retrouve pas influencée ?
Dans le souci d’améliorer l’efficacité de la gouvernance et de se concentrer sur les défis de la société, il s’agit d’assurer une plus grande cohésion au sein de la population. (…) La nomination d’un secrétaire d’Etat chargé de la Coopération belge, attaché au Premier ministre, semble primordiale. Il devra promouvoir, favoriser et construire des ponts entre les communautés, d’une part au niveau politique dans la prise de décisions, et d’autre part au cœur même de la société par le biais de ses citoyens et de ses acteurs économiques, culturels, sportifs…
Sa première mission est de veiller à favoriser les accords de coopération5(…)Son rôle consiste à stimuler la coopération intercommunautaire en invitant les ministres régionaux et communautaires à s’entretenir régulièrement. Le dessein est d’automatiser la réflexion quant à la plus-value ou non d’une coopération avec l’autre Communauté ou Région à propos d’un projet déterminé.
La deuxième mission du secrétaire d’Etat est de promouvoir des événements où francophones, germanophones et néerlandophones se rencontreraient, échangeraient, s’ouvriraient à la culture des autres communautés. Il s’agit par exemple de renforcer, pour ne pas dire reconstruire, les coopérations culturelles qui peuvent favoriser les échanges musicaux, entre musées, scolaires…(…)La nomination d’un secrétaire d’Etat chargé de la coopération belge n’engendrera pas « plus de Belgique » ou « moins de Belgique » mais augmentera l’efficacité et la cohérence de nos politiques, permettra de tirer profit des spécificités propres de chaque communauté et d’adoucir le climat intercommunautaire.
(Le Soir)

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