jeudi 21 août 2008

Confidences de Rothman Salazar


DEPUIS LE CENTRE 127 BIS, LE JEUNE EQUATORIEN MENACÉ D’EXPULSION SE CONFIE AU « SOIR ». IL ÉVOQUE SA DÉTENTION, SA MAMAN, SA RENTRÉE SCOLAIRE. ENTRE COLÈRE ET CHAGRIN.
La nuit, je ne dors pas, j’ai peur. Quand je regarde ma montre, j’ai l’impression qu’une minute dure une heure. Ici, c’est la prison. Insupportable. Il n’y a rien à faire. On attend, on marche dans tous les sens, on regarde la télé. Qu’est-ce qu’on va devenir ? Chacun se pose la question. Personne ne sait. »
Il est 18 heures, mardi. Depuis le centre 127 bis, à Steenokkerzeel, où il a été incarcéré voici une semaine, Rothman Salazar nous accorde un entretien téléphonique. Il a une voix basse et vibrante. Quelques mots qui tremblent. Beaucoup de mal à cacher le brouhaha carcéral : un chant en arabe, des conversations agitées entre hommes…
«Je ne pourrai par rester ici longtemps, c’est trop dur », nous confie le jeune Equatorien de 19 ans, arrêté le 14 août dernier à Saint-Gilles, et menacé d’expulsion. Une semaine éprouvante pour sa mère Nuria, et pour ses trois sœurs. Qui s’est soldé, mardi soir, par un avis négatif du Conseil d’Etat confirmant le refus de l’Office des étrangers de lui octroyer une régularisation (2006).
Le 25 août, la chambre du conseil de Bruxelles examinera la requête de mise en liberté déposée par son avocat. Un ultime espoir pour Rothman et les siens. Pour éviter un rapatriement forcé. « Je ne le supporterais pas, clame le jeune homme, très ému. Ma vie, c’est ici…»

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