mercredi 13 août 2008

Loustal à l'Expo de Kid Congo


LE STYLE ATOME (5/7). Jacques de Loustal confronte le modernisme de l'Expo 58 aux arts primitifs.
Etudiant en architecture, le jeune Jacques de Loustal s'encanaille en participant au fanzine Cyclone et s'illustre dans Rock & Folk, dont le rédacteur en chef devient son complice de scénario sur Clichés d'amour, Cœurs de sable ou New York Miami. Deux albums miraculeux jailliront plus tard de cette collaboration : Barney et la note bleue et Kid Congo. A contre-courant des petits reporters héroïques ou des gros nez comiques, Loustal s'intéresse à l'état d'âme des personnages. Musique, peinture, cinéma libèrent son trait des stéréotypes de la case. Il traverse les pages de Metal Hurlant, A Suivre, L'Echo des savanes pour s'imposer parmi les maîtres de la bande dessinée contemporaine.

Dans chacun de ses dessins, il se produit quelque chose au fond de l'œil. Loustal travaille énormément sur le rapport entre l'image et le texte. Il collabore avec les romanciers Tito Topin, Jerome Charyn, Jean-Luc Coatalem… illustre des auteurs comme Mac Orlan, Simenon, Bram Stoker ou Boris Vian. Dans ses carnets de voyage, il redécouvre le crayon et l'aquarelle, une technique qu'il transpose à la bande dessinée à la lumière de sa table à dessin encombrée, au cœur d'un îlot parisien, dans le ciel d'un vieux cimetière juif oublié. Sur les berges du canal qui aère le quartier, il tutoie le couscous au restaurant Entre Amis. Au patron inquiet de ne plus le voir sortir de son atelier, il explique comment il dessine à l'envers en commençant par les idées. Pour cette sérigraphie Atomium, il a cherché la confrontation entre la radicalité moderniste de l'Atomium et les arts primitifs africains de la section coloniale triomphante de l'Expo 58.
(Le Soir)

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