vendredi 31 octobre 2008

BARACK OBAMA FACE À LUI-MÊME

Dépasser l'origine raciale et s'intéresser au candidat, c'est ce que font les Américains pendant cette campagne. Si Obama est élu le 4 novembre, il le devra à ses qualités propres, son programme, sa campagne et non à sa couleur de peau. Si il perd il en sera de même. Il s'est toujours positionné en candidat "post-racial". Le public américain ne s'y est pas trompé, qui indique à une immense majorité (85 %) que son origine raciale n'entrera pas en ligne de compte dans leur vote. Même exagérée, cette réponse est significative. Barack Obama a des raisons de gagner qui résident dans les valeurs qu'il représente, dans sa volonté d'unifier le pays, dans la volonté d'une plus grande régulation par l'Etat, dans une aura de leader qu'il a su imposer pendant la gestion de la crise. Il possède également quelques faiblesses qui pourraient le faire perdre qui n'ont rien à voir avec le fait qu'il soit noir. Pour les Américains, il est plus un démocrate libéral que conservateur, plus radical que modéré. Sa position en faveur de plus d'intervention de l'Etat va à l'encontre d'une culture politique américaine dominante qui voit en sa limitation, le fondement de la liberté économique. C'est pourquoi les attaques de John McCain de fin de campagne sont opérantes.

In fine, si Obama devait perdre, cela pourrait être pour beaucoup d'autres raisons que la couleur de sa peau. Dans son livre "L'Audace d'espérer", Obama écrit : "J'agis en fonction de la couleur de ma peau, mais pas seulement en fonction de cela". L'explication réductrice d'une défaite liée à sa seule couleur de peau, renvoyant à une Amérique raciste, conforterait un certain anti-américanisme qu'une éventuelle victoire d'Obama mettrait en difficulté. À l'inverse, faire de la victoire d'Obama la résultante de ses origines serait faire insulte à ses qualités politiques et personnelles.
Philippe Chriqui Analyste politique Directeur du site expression-publique.com Auteur du blog "Circonvolutions"

"L'Année où j'ai vécu selon la Bible, je suis devenu un agnostique respectueux"


Prendre la Bible au pied de la lettre pendant un an : la mission pouvait sembler absurde, loufoque, impossible. Le résultat est drôle, profond, troublant. Rien ne prédisposait pourtant l'Américain A.J. Jacobs à se lancer dans l'aventure. "Officiellement juif", ce journaliste new-yorkais de 35 ans a grandi dans une famille laïque. Il a même, dit-il, été agnostique "avant même de savoir ce que ce mot signifiait". Alors, pourquoi ? "L'influence de la Bible - et de la religion en général - reste très grande, peut-être est-elle même plus grande qu'à l'époque de mon enfance, explique-t-il. Ces dernières années, la religion est donc devenue pour moi une idée fixe. La moitié de la population mondiale est-elle victime d'une illusion monumentale ? Ou ma cécité spirituelle est-elle un défaut majeur de ma personnalité ?"
Tout a commencé quand il en a eu fini avec son précédent projet : lire - de A à Z -, puis résumer et commenter l'Encyclopedia britannica. Une idée héritée de son père .A.J. Jacobs a donc relevé le défi. Il s'est coltiné 33 000 pages, 75 000 articles, 32 volumes : au total 44 millions de mots. L'exploration de la Bible devenait donc "la seule aventure intellectuelle digne de succéder à celle-ci". Comme l'Encyclopedia britannica, la Bible est un océan d'informations, d'histoires. Et, en fin de compte, une quête de sens, qui exige, aussi, que l'on accepte de s'y perdre.
A.J. Jacobs commence par se procurer plusieurs versions. Les lit. Met à plat tous les règlements à observer : plus de sept cents. Prend conscience qu'il ne peut rien faire sans craindre de transgresser une loi biblique. Il est tellement obsédé par les règles qu'il n'a plus une minute pour penser. Certaines lui font du bien - ne pas mentir, ne pas convoiter, aimer son prochain, etc. - mais d'autres lui compliquent la vie, comme l'interdiction de toucher sa femme pendant les sept jours qui suivent le début de son cycle... Sans compter que nombre de lois semblent pour le moins opaques. Pourquoi est-il interdit de porter des vêtements tissés de laine et de lin ? La réponse, note-t-il, "est, comme bien souvent : c'est une loi que Dieu nous a donnée. Il faut Lui faire confiance".
Plus sérieusement, ce projet devait lui permettre de "creuser l'immense et fascinante question du littéralisme biblique". Explication : "Des millions d'Américains déclarent prendre la Bible au pied de la lettre. Une interprétation littérale de la Bible - à la fois juive et chrétienne - oriente la politique américaine aussi bien au Moyen-Orient qu'en matière d'homosexualité, de recherche sur les cellules souches, d'avortement - et jusqu'à la régulation de la vente de bière le dimanche. Mais je soupçonnais presque tout le monde d'avoir une conception sélective de la littéralité. Les gens exhumaient les passages qui correspondaient le mieux à leurs convictions." C'est ce qu'il appelle la "religion de cafétéria". Une religion que tout le monde pratique, comme le prouveront ses voyages en pays amish ou dans la communauté juive. "Et pas seulement les modérés. Les fondamentalistes aussi. Tout ne tient pas sur leur plateau."


Quand A.J. Jacobs expose son projet, ses amis lui font part de leur angoisse : qu'il n'en revienne pas. Dans un sens, ils n'avaient pas tort de s'inquiéter. On ne peut pas passer douze mois immergé dans la religion sans en être affecté. Et s'il en est revenu, c'est profondément changé, même s'il avoue ne pas avoir trouvé "la clé du paradis" : "J'ai commencé l'année en agnostique, et je l'ai terminée en agnostique. Mais je suis devenu un agnostique respectueux. Je crois désormais au sacré. Que la prière peut être sacrée, que le shabbat peut être sacré, etc.
A force de réprimer ses pensées négatives, il dit en concevoir moins. Il est plus honnête aussi, même si cela est parfois inconfortable : non, ce n'est pas parce que la télé est cassée qu'on ne la regarde pas, doit-il expliquer à ses enfants. Il est d'ailleurs fier de pouvoir désormais leur donner "un goût de religion", afin de leur permettre de choisir en connaissance de cause. Et puis, "je vois désormais un peu plus loin que mon nombril. Je ne suis pas certain que ce soit le but recherché par la Bible , mais je me dis que c'est déjà un pas en avant. Je suis devenu plus tolérant, surtout envers les religions. D'autre part, on parle beaucoup de nos jours de liberté de choix ; mais il y a aussi quelque chose d'attrayant dans le fait d'être délivré de choix. Doit-on donner l'aumône au sans-abri ? La réponse ne fait pas de doute."
Une question pourtant s'impose : pourquoi ne pas s'être contenté d'étudier la Bible , pourquoi avoir voulu la vivre ? "Il fallait que je m'immerge complètement. En anglais, on dit : "Don't judge a person till you've walked a mile in his shoes" (Ne juge pas quelqu'un avant d'avoir marché 1 kilomètre dans ses chaussures). Et puis, comme jamais je ne gravirai l'Everest - je hais le froid et j'ai besoin d'oxygène -, mon projet avec l'Encyclopedia britannica et la Bible furent un peu mes Everest intellectuels."
Son prochainrojet ? "Je me suis attaqué à l'intelligence avec l'Encyclopedia britannica. A l'esprit avec la Bible. Je pense qu'il est temps maintenant de m'attaquer au corps. De devenir l'homme le plus sain du monde." C'est avec impatience que l'on attend le récit de cette nouvelle aventure...

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
LA RELIGION CAFETERIA

Lire et résumer Encyclopedia britannica, et s’immerger un an dans la bible, pour vivre selon le teste fondateur : un défi digne du Pic de la Mirandole.
A.J. Jacobs, serait-il un nouveau Pic de la Mirandole ? Son nom semble résumer la judéité. Louis de Funès appela Jacob son célèbre rabbi. A.J Jacobs est un personnage hors norme qui non seulement pose de bonnes questions mais qui de surcroît fournit quelques réponses et observations intéressantes qui doivent tous nous interpeller.

Pointons par exemple, sa conception de la "religion de cafétéria". Une religion que tout le monde pratique, "Et pas seulement les modérés. Les fondamentalistes aussi. Tout ne tient pas sur leur plateau", comme le prouveront ses explorations de la communauté juive. « Les gens », dit-il, « exhument les passages qui correspondent le mieux à leurs convictions. » N’est ce pas exactement l’attitude qu’adoptent également une majorité de catholiques, de musulmans et de protestants et aussi de militants laïques par rapport à leurs textes de référence ? C’est surtout le cas des islamistes qui réduisent le Coran à quelques prescriptions et interdits à l’emporte pièce qui conviennent à leur fanatisme, à leur fatalisme aussi. Le député hollandais Wim Wilders fait exactement pareil mais à l’envers dans son film Fitna une entreprise de dénégation du texte fondateur des musulmans dont on a beaucoup parlé sur ce blog.

Deuxième observation tout à fait intéressante : après une année de cette exercice original il est devenu plus tolérant, surtout envers les religions. Autrement dit c’est surtout l’approfondissement des textes qui peut rendre tolérant, leur comparaison également, leur confrontation. Camus répétait inlassablement : « jugeons les religions sur ce qu’elles ont de grand, non pas sur leurs divers travers » Une lecture attentive et comparée de la Thora des Evangiles et du Coran révèle plus de convergences que de contradictions et incite au respect réciproque. Une lecture de l’Ethique de Spinoza, de l’éthique transcendantale de Kant peut aider à comprendre que l’éthique de laquelle participent les religions du livre se situe au dessus de ces livres ?
« Dieu s’assigne à lui-même la miséricorde , dit l Coran. « Soyez miséricordieux avec vos proches comme le Père est miséricordieux » dit l’évangéliste.
Troisième observation
Jacobs est fier de pouvoir désormais donner à ses enfants "un goût de religion", afin de leur permettre de choisir en connaissance de cause.
Comment ne pas repenser en lisant ceci à la proposition de Hervé Hasquin de supprimer les cours de religions et de morale laïque et de les remplacer par un cours d’histoire des religions et philosophie comparées pour tout le monde qui ferait faire de solides économies sur le plan budgétaire. « Je suis devenu plus tolérant, surtout envers les religions », constate Jacobs après son expérience stimulante. Il y a fort à parier que ce serai le cas des élèves qui bénéficieraient d’un enseignement pluraliste, critique et sérieux des religions et des philosophies : bref éclairé par la méthode du libre examen qui, peu s’en souviennent fut inventée par les Protestants pour éclairer leur lectures bibliques.

Mais l’observation qui nous interpelle le plus c’est que, agnostique au départ, Jacobs l’est resté à l’issue de son pèlerinage d’un ans à la rencontre de lui-même.
Marc Guiot

PETITE RECHERCHE
Une définition d'agnostique et d'agnosticisme
Etymologie : du grec agnôstos (ignorant), gnosis étant la connaissance.
Le mot agnosticisme a été créé en 1869 par Thomas Huxley, naturaliste anglais (1825-1895) qui s'est inspiré des idées de David Hume et d'Emmanuel Kant. L'agnosticisme est une philosophie qui déclare l'absolu, le divin, la métaphysique, et plus généralement ce qui ne peut être appréhendé par l'expérience, inaccessible à l'esprit humain et à la perception. En conséquence, l'existence de Dieu ne peut être prouvée. L'agnosticisme professe une complète ignorance touchant la nature intime, l'origine et la destinée des choses. C'est une forme de scepticisme appliquée à la métaphysique et à la théologie.

Déjà présent dans la Grèce Antique , l'agnosticisme s'est beaucoup développé aux XVIIIe et XIXe siècles en raison des progrès de la science qui ont fourni des résultats expérimentaux contredisant les dogmes religieux et les textes "sacrés" comme la Bible.

Dieu étant inconnaissable, l'agnostique ne peut se prononcer sur son existence et considère donc qu'il est inutile de lui rendre un culte ou de se soumettre à une morale révélée qu'il aurait dictée aux hommes.

La bouddhisme et le jaïnisme sont des religions agnostiques. Protagoras, Démocrite Emmanuel Kant, Auguste Comte (et sa doctrine philosophique, le positivisme), William James, Herbert Spencer, les frères Goncourt, Albert Einstein étaient agnostiques.

L'agnosticisme comme refus de choisir son camp.


Cette forme d'agnosticisme est revendiquée comme étant un refus, par principe. C'est le refus de "penser Dieu", de "cocher une case" (croyant / incroyant), d'opter pour l'un des deux camps considérés comme absolutistes... De ce fait, l'agnostique ne se considère pas comme indécis et a conscience du risque de se sentir isolé.
Cette position ne conduit-elle pas à considérer à tort qu'on ne peut être croyant ou non croyant sans être absolutiste ? En outre, refuser un choix, c'est déjà faire un choix.

Pour compléter cette vision, voici un extrait du texte de Jean Bricmont, publié dans vos contributions : Science et religion, l'irréductible antagonisme.
"En réalité, il y a deux sortes d'agnostiques : d'une part, ceux qui constatent qu'il n'y a aucune raison valable de croire en une divinité quelconque et qui utilisent ce mot pour désigner leur position, laquelle n'est pas réellement différente de l'athéisme. Aucun athée ne pense avoir des arguments prouvant l'inexistence des divinités. Ils constatent simplement, face à la multiplicité des croyances et des opinions, qu'il faut bien faire un tri (à moins d'accepter le pluralisme ontologique des subjectivistes) et que dire qu'il n'y a aucune raison de croire en l'existence d'un être revient à nier son existence. Mais d'autres personnes qui se déclarent agnostiques pensent que les arguments en faveur du déisme ne sont pas totalement convaincants mais sont peut-être valides, ou font une distinction entre les religions de l'antiquité et une religion contemporaine, et cette attitude est effectivement très différente de l'athéisme."

Souvent perçu, à tort, comme un compromis, comme de l'indécision ou du confort, l'agnosticisme est une position philosophique à part entière qui mériterait d'être davantage reconnue. L'agnosticisme est cependant relativement proche de l'athéisme dans la mesure où les arguments sont souvent les mêmes, seules les conclusions changent, question de choix personnel.


Jean Pic de la Mirandole (Giovanni Pico della Mirandola) (24 février 1463 -17 novembre 1494) ,nous apprend Wikypédia, était un humaniste italien, troisième fils d'une vieille famille comtale.
Jeune héritier d'une fortune considérable, il eut le loisir d'étudier et de voyager à sa guise, et consacra sa vie au savoir. voulut effectuer une synthèse d'Aristote et de Platon, ou encore concilier arts libéraux, philosophie morale et théologie, ce qui lui valut d'être considéré comme hérétique par le pape Innocent VIII. Il est aussi l'un des fondateurs de la kabbale chrétienne (ou cabale philosophique de la Renaissance ). Lorsqu'il écrit l'Oratio de hominis dignitate, (De la dignité de l'homme), Pic de la Mirandole a vingt-quatre ans quand il propose à ses aînés une philosophie nouvelle, ouverte, accueillant tout ce qui, depuis les Mystères antiques jusqu'aux religions révélées, émane de ce que l'on pourrait appeler la « volonté de vérité.»
L'homme est au centre de cette philosophie, en ce que le divin a déposé en lui ce « vouloir », cette volonté dont il use à sa guise, le créant « créateur de lui-même».

"Kosmopolis" célèbre l'universalité de la littérature en terre catalane


Lou Reed, chanteur américain, lisant des poèmes catalans traduits en anglais, devant une salle pleine d'Espagnols - le tout en duplex, depuis les Etats-Unis, avec Laurie Anderson, envoûtante "performeuse", comme on dit dans un jargon sans frontières. Ou Gao Xingjian, Nobel d'origine chinoise, parlant en français devant près de cinq cents Catalans dont au moins deux tiers l'écoutent sans passer par la traduction simultanée - presque pas d'écouteurs en vue. Et encore un débat entre des écrivains de trois nationalités, animé, en catalan, par une essayiste slovène : il est des endroits où le monde semble plus vaste, plus libre, plus stimulant. C'est en tout cas l'objectif des organisateurs de Kosmopolis, la Fête internationale de la littérature, organisée tous les deux ans à Barcelone. Cette année, du 22 au 26 octobre, la quatrième édition a rassemblé plus de cent invités autour d'un même désir de s'extirper des carcans identitaires.
"Kosmopolis est un festival littéraire explicitement et volontairement conçu comme une manifestation cosmopolite", explique Josep Ramoneda, directeur général du CCCB, l'institution culturelle qui organise l'événement. Dans une ville comme Barcelone, capitale de la Communauté autonome de Catalogne où les revendications des "catalanistes" sont très fortes, le parti pris ne relève pas de la simple rhétorique ou de l'astuce marketing. "Nous cherchons à aller au-delà des tendances endogames de la culture catalane", explique M. Ramoneda. D'ailleurs, ajoute-t-il, "les deux premières années, le festival a été en butte aux critiques des nationalistes et des catalanistes". Jusqu'à ce qu'ils comprennent que la culture catalane avait sa place dans les réjouissances "au même titre que les autres", explique Josep Ramoneda - et même si les auteurs catalans restent nombreux parmi les invités.
Reste que l'ensemble des tables rondes et des rencontres, centrées cette année sur le thème des "Ecrivains pour le changement", ont proposé des croisements intéressants. L'idée que la littérature ne peut se laisser enfermer dans des cadres conventionnels (frontières, identités trop restreintes, militantismes politiques, etc.) produit des points de vue forts. Dans les locaux du CCCB, une ancienne maison de charité située le long d'une ruelle sinueuse de la vieille ville, le public (10 000 visiteurs pour la précédente édition, en 2006) a pu entendre le romancier californien Dave Eggers parler de ses surprenants ateliers d'écriture pour enfants d'immigrés, dans les coulisses d'un magasin de "fournitures pour pirates", à San Francisco. Ou le Libanais Elias Khoury marteler que le rôle d'un écrivain ne consiste pas à tracer les contours de l'Histoire, mais ceux de la "contre-Histoire", en donnant le point de vue des dominés, des marginaux.
Surtout, l'écrivain Gao Xingjian s'est fermement désolidarisé de tout engagement politique, dans sa conférence inaugurale du 22 octobre. "Un écrivain est avant tout un individu, a-t-il souligné. En tant que tel, il ne peut manipuler le politique. S'il met sa littérature au service de la politique, il en devient l'outil, l'agent de propagande. Il perd alors sa vérité, sa voix." Romancier, peintre, homme de théâtre, l'auteur de La Montagne de l'âme s'est présenté comme le défenseur d'une "littérature froide, non engagée politiquement".
Pour avoir connu le pouvoir totalitaire, quand il vivait en Chine, et l'omnipotence du "marché", depuis qu'il est en Occident, le Prix Nobel a découvert que l'écrivain doit "s'appuyer sur ses propres expériences et se montrer fidèle à ses sensations", tout en observant le monde extérieur. Et se souvenir que la conception dialectique de l'Histoire, héritée d'Hegel, n'est pas forcément aussi universelle qu'on le croit : "La modernité, a affirmé Gao Xingjian, est fondée sur une idéologie de la négation. Moi je pense qu'on peut innover sans passer par la remise en cause systématique de ce qui précède. Je ne suis pas révolutionnaire ni provocateur, je respecte et j'apprécie la tradition, ce qui ne veut pas dire qu'il faille la reproduire. Simplement accepter de la réexaminer." C'est de cette liberté que naît le pouvoir de la littérature, a soutenu l'écrivain. Avant de rappeler que du temps de la Mao et de la pensée unique, la "grande littérature" fut pour lui source d'éveil, et donc de salut.
(Le Monde des Livres, extraits)

Le festival de littérature interdisciplinaire "Kosmopolis"

"Que n'existe-t-il à Berlin un lieu où l'on pourrait avoir une réflexion interdisciplinaire sur la littérature !", déplore Brigitte Preissler à l'occasion du festival 'Kosmopolis' de Barcelone, un événement culturel moderne et novateur. "On y rencontre une clientèle jeune, belle et soucieuse de la mode, un peu comme au Popkomm (salon de l'industrie musicale) en Allemagne. A Barcelone, les visiteurs sont des stagiaires. Pour le directeur du festival, Juan Insua, il s'agit "'de donner lieu à un discours libéral, sans frontières'. Pour ce natif d'Argentine, le livre n'est pas passé de mode. Simplement, il faut rapprocher les formats traditionnels des formats novateurs. Ce concept de littérature ouverte trouve visiblement un puissant écho à Barcelone.

Amerikanen achten Palin niet klaar voor vice-presidentschap


Een grote meerderheid van de Amerikanen denkt dat Sarah Palin, de running mate van Republikein John McCain, niet klaar is om de taken van het vice-presidentschap over te nemen. Dat blijkt uit een enquête die donderdagavond gepubliceerd werd.

De peiling werd gerealiseerd door The New York Times en de televisiezender CBS. Uit de enquête blijkt dat 41 procent van de ondervraagden ongunstig oordeelt over Palin, 36 procent voordelig en 24 procent heeft geen mening.

Maar liefst 59 procent van de ondervraagden oordeelt dat de gouverneur van Alaska niet klaar is om vice-presidente van de Verenigde Staten te worden. Het percentage van de mensen die er zo over denken, is de laatste maand met negen punten gestegen. 35 procent denkt dat Palin wel klaar is om in functie te treden.

Palin, die voor de verkiezingen praktisch onbekend was, heeft het aantal stemmen in het voordeel van de Republikeinen geen goed gedaan. Volgens de kiezers is zij zeker geen geschikte mogelijke opvolgster voor John McCain. Na zeven maanden campagne hebben haar ondoordachte verklaringen de geloofwaardigheid van McCain zware schade toegebracht.
(standaard)

Bill Clinton : Obama est « l'avenir des USA »


L'ancien président américain Bill Clinton a fait l'éloge du candidat démocrate à la Maison Blanche, estimant qu'il représente « l'avenir des Etats-Unis », lors de leur première apparition dans un meeting commun près d'Orlando, en Floride.
L'élection d'Obama éloignerait le spectre d'une 3e guerre mondiale

« Si vous devez choisir la personne qui peut le mieux nous sortir de l'ornière… Je pense qu'il est clair que le prochain président doit être Barack Obama, et le sera avec votre soutien », a déclaré le dernier président démocrate des Etats-Unis en date.

Bill Clinton a loué la manière dont M. Obama avait abordé la crise financière, soulignant au passage que le candidat démocrate avait fait appel à des hommes qui étaient ses conseillers lorsqu'il était président, entre 1992 et 2000. « C'est ce qu'un président fait en temps de crise : ce qui est bon pour l'Amérique », a ajouté M. Clinton, en dénonçant les attaques du camp du candidat républicain John McCain, qui a taxé M. Obama de « socialiste ». « Ce que le sénateur Obama propose est un plan qui part de la base pour aller jusqu'au sommet. Nous (les démocrates) avons fabriqué plus de millionnaires et milliardaires qu'eux » parce qu'à l'époque « les revenus de la classe moyenne augmentaient, et c'est ce que Barack Obama va faire de nouveau », a ajouté M. Clinton.

jeudi 30 octobre 2008

Quentin Dujardin: soundtrack van een reiziger


Na zijn jazzavontuur met Ivan Paduart verrast muzikant-globetrotter Quentin Dujardin ons met een dubbelproject onder de naam Veloma. Het is niet alleen de titel van zijn nieuwe cd maar ook de soundtrack van een film over zijn muzikale avonturen die hem deze keer van Marokko naar New York leidden, via Madagaskar.

'Veloma' betekent 'tot ziens' in een van de lokale Malagasitalen op Madagaskar. Bij iemand als Dujardin zouden we eerder een 'hallo' verwachten en niet een afscheidsgroet. Quentin Dujardin: (glimlacht) "De film (Sur le chemin, gtb) weerspiegelt een bepaald aspect van mijn recente reizen. Doordat ik steeds met heel wat mensen in contact kom, moet ik ook dikwijls afscheid nemen."

De keuze van Madagaskar als reisbestemming lag al een tijdje vast. "Ik heb al jaren contact met de groep Njava. Hun debuut, Vetse, is nog steeds een mijlpaal. Op een bepaald moment vroeg ik hen waar ik mijn tocht in hun land het best begon. Het verwonderde hen dat iemand die stap wilde zetten. Tegenwoordig worden wereldmuziekartiesten weggeplukt uit hun land en komen ze terecht in een uitgekiend toercircuit. Sommigen verhuizen dan ook naar de grote westerse steden. Omgekeerd gebeurt zo goed als nooit. Een muziekbusiness bestaat er niet. Alles is nog puur en spontaan. De ritmen en de grooves zijn daar ook totaal anders dan in de rest van Afrika, waar alles nogal expliciet en rechtuit is. In Madagaskar benaderen ze hun muziek en ook hun instrumenten op een veel zachtere manier, soms sluipend als een slang. Daarenboven zijn er zowat achttien etnische volkeren met elk hun eigen ritmen, zangstijlen en instrumenten. Op dat gebied is het dus een hallucinant land om te ontdekken."

Quentin Dujardin
wanneer: 1 november om 20.30 uur
waar: CC Sint-Pieters-Woluwe, Charles Thielemanslaan 93, Sint-Pieters-Woluwe - 02-773.05.80
inkom: 11,7 / 14,7 euros

LA PENSEE DU JOUR

ENTRE LES DEUX

Tout l'après-midi, Nasrouddin s'était promené en compagnie de deux notables de la ville : l'imam et le juge (Qadi), lorsque le religieux fit remarquer : "Tu es vraiment un homme surprenant. Parfois on dirait que tu es un filou capable de voler et de duper n'importe qui, et puis, quelques instants après, on croirait avoir affaire à un imbécile."

"Allons, Nasrouddin, soit franc pour une fois", poursuivit le magistrat, "dis-nous donc qui tu es en réalité : un escroc, un idiot" ?

"Cela dépend", répondit Nasrouddin, "mais ce que je peux vous dire tout de même, chers amis, c'est qu'en ce moment je suis juste entre les deux" !

Manuel de savoir-vivre en cas d’invasion islamique


La démarche de Corinne Maier et Frank Martin n’est pas très éloignée de celle de Jean Yanne. Leur Manuel de savoir-vivre en cas d’invasion islamique (Michalon, 185 pages, 15 €) part, lui aussi, d’une invasion fictive annoncée dès l’introduction :
« Mais c’est surtout une fable qui, en une succession de vignettes volontiers déjantées, pousse la porte d’une France ripolinée en République française islamique. Une France voilée ? Non, une France dévoilée, mise à nu par ses essayistes, même – on ne voit jamais mieux la réalité qu’à travers le prisme de l’imaginaire. »
Ce clin d’œil à l’œuvre de Marcel Duchamp fait mieux comprendre le caractère provocateur du titre du livre, présenté sous couverture verte, comme on pouvait s’y attendre.
Car le contenu de cet essai se lit au second, voire au troisième degré ; il ne fera encourir aucune fatwa aux auteurs (ils ne sont pas musulmans) ni aucune menace ; ils ne risqueront pas davantage de tomber sous le coup des lois antiracistes en dépit du chromosome toujours chatouilleux des professionnels de l’indignation ; il s’agit d’un manuel de savoir-vivre, non d’un guide de survie. C’est la France qui, au fil des pages, se trouve surtout épinglée à travers la crise identitaire qui la traverse, la remise en question de son modèle d’intégration et, parmi ses représentants (entre autres), « quelques intellos [qui] ont été saisis depuis les années 1990 d’un amour immodéré pour l’Islam », ainsi que « tous ceux qui n’aiment pas les Juifs, les féministes, les Américains. »
Ils se montrent beaucoup plus à l’aise pour dénoncer certains traits de notre société : « autre pilier de l’Islam : l’aumône. Le musulman donne aux pauvres, car il est obligatoire de céder un pourcentage de ce que l’on possède à la communauté. La France , dont la fiscalité figure parmi les plus lourdes du monde, est quelque part déjà musulmane par le cœur et par le porte-monnaie. »

Tous les sujets, des plus quotidiens aux plus insolites, font l’objet de développements. Les religions sont renvoyées dos à dos sur plusieurs de leurs aspects : « la Bible a pu servir à justifier autant l’Inquisition que François d’Assise. Aussi, quand le pape Benoit XVI sous-entend que l’Islam est violent, c’est vraiment l’hôpital qui se fout de la charité ; et les croisades, la Saint-Barthélemy , les Indiens d’Amérique sacrifiés sur l’autel d’un bon Dieu peu amène ? », « Avant de porter un jugement rapide, rappelez-vous que toutes les grandes religions monothéistes ont théorisé la soumission des femmes. » Le port du voile s’en trouve relativisé : « N’oubliez pas que les femmes juives pratiquantes sont, elle aussi, invitées à dissimuler leurs cheveux, à l’extérieur de chez elles. »
Les intellectuels bien pensants n’échappent pas à l’œil impitoyable des auteurs : « Certains [imams] vulgarisent même un Islam tendance Télérama, donc parsemé de leçons de morale et de déclarations de principe creuses. » Non plus que la vision sécuritaire et hygiéniste de la société : « Jadis, le pouvoir s’incarnait dans le droit de punir et de donner la mort ; aujourd’hui, il est la norme qui contrôle notre existence depuis la naissance jusqu’à la mort. L’objectif du pouvoir est de nous faire vivre à tout prix, de vouloir notre “bien” au point de nous étouffer, de nous pister partout où nous allons. »
La censure fait l’objet d’une intéressante section (l’écriture, la peinture, les caricatures) où l’on retrouve une curieuse phrase de Jean Clair, tirée de son essai Malaise dans les musées, dont le conservatisme en surprendra plus d’un. Autre sujet d’étonnement pour le lecteur qui ne serait pas familier de l’Islam, le chapitre traitant de la sexualité :
« Dans le Coran, le sexe est lié au plaisir ; même s’il est interdit d’avoir des rapports sexuels hors mariage, beaucoup de choses sont permises dans le cadre de l’union maritale. Un progrès notable par rapport à la Bible , dans laquelle le sexe est strictement synonyme de procréation. »
Certes, le livre aborde, non sans humour, certains changements qui pourraient intervenir en France dans cette circonstance loufoque « d’invasion », concernant les habitudes alimentaires, vestimentaires, la décoration intérieure, les sujets de thèse des étudiants. Un chapitre traitant des « distractions et plaisirs licites » offrent une belle satire de quelques émissions de télévision (La chasse à l’impiété…) ou quelques films (Tchao Passy) qu’on reconnaitra facilement à leur description au vitriol. Pour autant, la démonstration des auteurs se veut, entre les lignes, plus subversive : elle laisse entendre qu’à bien des égards, rien ne serait modifié, notamment au sujet du néoconservatisme moral ambiant ou de la place des femmes au sein de la société politique et économique. Ces dernières sont en revanche présentées – nouvelle preuve de second degré – comme un tremplin social pour leur mari, grâce au réseautage accru que permettrait… la polygamie.
Certaines réflexions invitent à s’interroger, comme lorsque les auteurs se demandent si l’Islam ne serait pas « le salut spirituel des petits hommes nietzschéens sans vérité et sans valeurs, dont l’horizon se résume à un frigo neuf, à l’arrosage du pot de géranium et à une petite bière devant un match de foot. » Une manière de nous rappeler, sans doute, qu’il faut toujours se méfier des horizons à courte vue et des jeux du cirque.
(Le Monde des livres, extraits)

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ALI DADDY
C’est le moment de faire un bref arrêt sur image ou sur blog comme vous préférez.

Profitons aussi de l'occasion pour vous remercier de votre fidélité et de votre assiduité et pour vous encourager à nous faire part de vos réactions, de vos remarques, commentaires et suggestions car notre ambition est de créer un véritable forum interculturel.

Le temps aussi pour réfléchir à ce que cherche à communiquer ce blog qui s’efforce de vous informer sur l’état du cosmopolitisme et du dialogue interculturel et interreligieux surtout à Bruxelles mais aussi en Belgique, en Europe et au-delà.

Par exemple en sondant pour l’instant l'actualité américaine face au racisme dans la campagne qui oppose Mc Caine à Obama.
ALI DADDY



POURQUOI JE BLOGUE...
Andrew Sullivan, le prince des blogueurs américains, vient d’écrire pour Atlantic Monthly un long article sous le titre «Pourquoi je blogue». C’est une pièce indispensable à toute réflexion sur l’état et l’évolution de la blogalaxie.
«For bloggers, the deadline is always now.» Le deadline est l’heure de bouclage mais la métaphore anglophone est intraduisible deadline = ligne de mort. C’est l’instant qui commande et nous sommes toujours en retard par rappport à l’actualité en temps réel. Bloguer est comme un sport extrême: plus libre et plus exposé aux accidents.
La liberté - face à ses supérieurs hiérarchiques - gagnée par le journaliste-blogueur s’accompagne d’une «insurrection» venue du dessous, celle des lecteurs qui commentent, critiquent, corrigent, contribuent. Et cette confrontation avec le public contribue à plus de professionnalisme et non le contraire.
Un billet est à la fois superficiel en ce qu’il peut être court et vite écrit, mais il gagne en profondeur quand il fournit des liens à ses sources qui permettent à tout lecteur de juger sur pièce. Cette rapidité nous fait aussi mieux apprécier les articles plus pensés et nous invite à passer constamment d’une forme à l’autre.
C’est chez Montaigne, dit-il non sans ironie,que nous trouvons la quintessence de l’art de bloguer, dans sa façon de revenir sur ce qu’il écrit, de modifier, d’être sceptique face à soi-même, constamment.

"Blogging is, less formal, more alive. It is, in many ways, writing out loud.
But a blog, unlike a diary, is instantly public. It transforms this most personal and retrospective of forms into a painfully public and immediate one. It combines the confessional genre with the log form and exposes the author in a manner no author has ever been exposed before.
The blogosphere is, at its best, a conversation, rather than a production.
Alone in front of a computer, at any moment, are two people: a blogger and a reader. The proximity is palpable, the moment human -- Whatever authority a blogger has is derived not from the institution he works for but from the humanness he conveys. This is writing with emotion not just under but always breaking through the surface. It renders a writer and a reader not just connected but linked in a visceral, personal way. The only term that really describes this is friendship. And it is a relatively new thing to write for thousands and thousands of friends.
A good blog is your own private Wikipedia.
People have a voice for radio and a face for television. For blogging, they have a sensibility.
And it is a relatively new thing to write for thousands and thousands of friends.

Andrew Sullivan

Andrew Michael Sullivan, né le 10 août 1963 à South Godstone (Grande-Bretagne), est un auteur britannique conservateur libertaire et un commentateur de la vie politique américaine. Il se distingue par un style souvent très personnel dans ses analyses. Son blog politique est l'un des plus lus aux États-Unis.
Sullivan est né à South Godstone dans le Surrey, dans une famille catholique d'origine irlandaise. Il obtient un bachelor of Arts d'histoire moderne à l'université d'Oxford (Magdalen College), où il est élu dès la seconde année, président de l'Oxford Union, l'union des étudiants. Il part ensuite étudier l'administration publique à l'université d'Harvard.
Sullivan a vécu plus longtemps aux États-Unis qu'en Angleterre et a déclaré souhaiter obtenir la nationalité américaine.

Et les Bourses ce matin ? Ça va bien, merci !


Les marchés asiatiques ont poursuivi leur envolée jeudi. Hier soir, Le CAC 40 finissait en hausse à 9,23%.

PETIT COMMENTAIRE
Les riches sont des gens qui offrent peu d'intérêt...

Veiligheidsraad veroordeelt rebellen in Congo


NEW YORK - De VN - Veiligheidsraad heeft woensdag de vooruitgang van de rebellen van Laurent Nkunda in Goma veroordeeld. De raad drukte ook zijn ongerustheid uit nadat het berichten te horen kreeg dat er aan de grens met Rwanda geschoten is.

De situatie verslechtert elke dag. De gewapende groepen hebben woensdag Goma, de hoofdstad van Noord-Kivu, bereikt. De rebellenleider heeft nadien een staakt-het-vuren afgekondigd. De escalatie van het geweld in Noord-Kivu heeft duizenden vluchtelingen op de vlucht doen slaan.
De secretaris-generaal van de VN waarschuwde ook dat 'het oplopende conflict een humanitaire crisis veroorzaakt met rampzalige gevolgen.

Qui sème la haine…
Au Kivu comme ailleurs au Congo, la population avait voté pour la paix et elle espérait bénéficier bientôt des dividendes de cette démocratie retrouvée. La tragédie de l’Est, le Kivu mais aussi l’Ituri, où tous les brasiers se sont rallumés, rend plus cuisante encore la déception quotidienne : les promesses n’ont pas été tenues, la corruption n’a pas été vaincue, le redressement, qui n’est pas assez soutenu par l’aide internationale, est trop lent pour répondre aux espérances et aux besoins.

Sur ce fonds de mécontentement latent, la colère suscitée par les évènements de Goma pourrait faire exploser le chaudron social et contribuer à la stratégie de la déstabilisation. La rancœur populaire visera peut-être le pouvoir en place, et elle réussira peut-être à l’ébranler sinon pire.

Mais elle fera d’autres victimes encore, à court et à long terme : Laurent Nkunda, ses compagnons de bataille et ses protecteurs rwandais assurent qu’ils se battent pour défendre les Tutsis congolais, une minorité qu’ils disent menacée, alors que depuis des années des efforts notoires ont été déployés pour leur faire place dans les institutions de la république, au même titre que tous les autres citoyens et effacer le souvenir des années de guerre.
En réalité, les rebelles, des militaires en rupture de ban, des tueurs recherchés par la justice internationale, des « soldats sans frontières » dont on connaîtra un jour les origines et les commanditaires, risquent de provoquer ce qu’ils prétendent vouloir éviter : une rancœur durable à l’égard des Tutsis congolais pris comme prétexte à leurs aventures guerrières. Dans les camps de déplacés déjà, on signale des tensions, des regroupements en fonction des différentes ethnies…(Le blog de Colette Braeckman)

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
Le recours à la violence demeure le pire moyen de résoudre un conflit entre personnes, communautés et/ou ethnies. La violence génère la « rancœur » et (r)éveille toutes les haines selon un schéma archaïque. Après des siècles de violences réciproques et deux conflits mondiaux qui l’ont épuisée, l’Europe a enfin opté pour le non recours à la violence, la coexistence pacifique faite de détente, entente et coopération, ce qui nous a valu six décennies de paix et de prospérité. Toutes les plaies ne sont pas guéries et il demeure des blessures béantes dans l’inconscient des peuples entre Polonais et Allemands, entre le peuple juif et le peuple germain, entre ex colonisateurs et ex colonisés, mais aussi entre francistes et républicains, entre Flamands et Wallons, entre catholiques et protestants irlandais, entre Kurdes et Turcs, entre Tutsis et Hutus et surtout et de plus en plus entre inclus et exclus… Sans verser dans l’angélisme nous sommes de plus en plus persuadés que le dialogue entre communautés, religions, cultures, ethnies qui refuse le recours à la violence est infiniment plus fécond que son contraire. Le dialogue par la parole qui libère, l’échange par le débat qui neutralise les crispations exigent l’écoute et le respect mais surtout nécessitent une grande maîtrise de soi et une volonté de surmonter les tensions, fût-ce au prix de concessions. La paix comme la démocratie sont fragiles et exigent une vigilance et un engagement de tous les jours. La paix, la démocratie, comme la liberté se conquièrent (Malraux) se construisent d’abord dans les cerveaux et les consciences dès le jardin d’enfant et sur les bancs de l’école. C’est une des raisons pour lesquelles il est essentiel que dans une ville comme Bruxelles on évite l’apartheid scolaire et que l’on installe une plus grande mixité sociale dans l’enseignement. Refuser de le comprendre c’est entrer dans une spirale de frustrations de haines et de violence dans laquelle à terme il n’y a que des perdants. Qui sème la haine...
Marc Guiot

SUBPRIMES : ENFIN UNE EXPLICATION POUR LES NULS

Crise des subprimes : une explication simple pour ceux qui essayent encore de comprendre.

Alors voilà, Mme. Ginette possède une buvette à Bertincourt, dans le Pas de Calais.
Pour augmenter ses ventes, elle décide de faire crédit à ses fidèles clients, tous alcooliques, presque tous au chômage de longue durée.
Vu qu'elle vend à crédit, Mme. Ginette voit augmenter sa fréquentation et, en plus, peut augmenter un peu les prix de base du "calva" et du ballon de rouge.

Le jeune et dynamique directeur de l'agence bancaire locale, quant à lui, pense que les "ardoises" du troquet constituent, après tout, des actifs recouvrables, et commence à faire crédit à Mme. Ginette, ayant les dettes des ivrognes comme garantie.
Au siège de la banque, des traders avisés transforment ces actifs recouvrables en CDO, CMO, SICAV, SAMU, OVNI, SOS et autres sigles financiers que nul n'est capable de comprendre.

Ces instruments financiers servent ensuite de levier au marché actionnaire et conduisent, au NYSE, à la City de Londres, au Bourses de Francfort et de Paris, etc., à des opérations de dérivés dont les garanties sont totalement inconnues de tous (c.à.d., les ardoises des ivrognes de Mme. Ginette).

Ces "dérivés" sont alors négociés pendant des années comme s'il s'agissait de titres très solides et sérieux sur les marchés financiers de 80 pays jusqu'au jour où quelqu'un se rend compte que les alcoolos du troquet de Bertincourt n'ont pas un rond pour payer leurs dettes.
La buvette de Mme. Ginette fait faillite. Et le monde entier l'a dans le baba.

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
Les subprimes sont comme une TVA sur le vide.

Le dalai-lama lassé du dialogue avec la Chine



Le chef spirituel des Tibétains envisage de réviser sa stratégie devant l'impasse des pourparlers avec Pékin.

mercredi 29 octobre 2008

Angoulême aura l'accent flamand

Après la chine, la Finlande ou la Corée, la Flandre est l'invitée d'honneur de l'édition 2009 du grand festival de BD.

L'exposition s'appelle Ceci n'est pas la BD flamande. Avec raison : c'est avant tout de la BD belge. Mais que les francophones se consolent. Peut-être faut-il penser que la BD belge est si riche que l'exposition n'aurait pas suffi à la résumer dans son ensemble. Et sûrement, faut-il signaler que l'invité d'honneur doit financer lui-même son exposition, d'où le concours du Fonds flamand des Lettres.

Cela dit, le talent des nouveaux créateurs flamands est indéniable. Si une série d'entre eux sont déjà connus en francophonie, comme Nix (Kinky & Cosy), Luc Cromheecke (Tom Carbone), Olivier Schrauwen (Mon fiston) ou Randall Caesar (Les somnambules), d'autres sont à découvrir absolument, à l'instar de Jeroen Janssen ou Maarten Vande Wiele pour ne citer qu'eux.

Des lignes claires et colorées aux crayonnages sombres, ces œuvres flamandes n'offrent pas d'unité de style autre qu'un désir commun de faire de la BD autrement.

Outre une galerie de personnalités clefs comme Willy Vandersteen (Bob et Bobette), l'exposition présentera un documentaire pour explorer la BD flamande au travers de six personnalités particulières : Pieter De Poortere, Kim Duchateau, Brecht Evens, Ilah, Philip Paquet et Judith Vanistendael.
(Le Soir, extraits)

Chinese monniken tonen hun gevechtskunst in De Munt


De verbluffende voorstelling 'Sutra' van de Vlaams-Marokkaanse choreograaf Sidi Larbi Cherkaoui is nu ook in Brussel te zien. Cherkaoui werkte hiervoor samen met achttien Chinese Shaolinmonniken. Die zijn beroemd om hun kungfutraditie.

Achttien Chinese monniken zijn de sterren van Sutra. Zij wonen in het boeddhistische Shaolinklooster dat beroemd is voor zijn kungfutraditie. De kungfuvariaties van de monniken zijn het uitgangspunt voor de choreografie. Het is de eerste keer dat ze met hun krijgskunst naar buiten treden.

Cherkaoui trok naar het Shaolinklooster om even op adem te komen van zijn jachtige leven. Hij raakte geinspireerd door de monniken. "Ik heb een deel van mezelf opnieuw gevonden. Het was tof om te kunnen communiceren met mensen die zo gedisciplineerd bezig zijn. Discipline is een negatief woord in Europa, men denkt dan aan hard werken. Maar daar is discpline heel positief, iets dat je zelf kan ontwikkelen," zegt Cherkaoui.

De monniken halen op toneel allerlei toeren uit met kisten. Ze duiken erin en erop, leggen ze neer of stapelen ze op. De kisten staan voor het collectieve kloosterleven. De muziek van de Poolse componist Szymon Brzoska volgt de bewegingen van de monniken en maakt van hun kungfuvariaties een choreografie.

'Sutra' is tot en met vrijdag 31 oktober te zien in De Munt.

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
Nouveau projet d'envergure pour Sidi Larbi Cherkaoui, qui signe Sutra, en référence aux textes fondateurs de l'Hindouisme et du Boudhisme et qui témoigne dans ce somptueux spectacle de son intérêt inaltérable pour la spiritualité et l'altérité culturelle. Cette fois, c'est le Shaolin, cet art martial associé à la méditation religieuse pratiqué par des moines, qui l'ont inspiré. Performance physique et stylistique servie sur scène par des moines Shaolin en chair et en os, Sutra tentera de capter ce qui peut nous questionner dans cette pratique. Le jeune compositeur anversois Szymon Brzoska signe une partition pour percussions, violons, violoncelle et piano jouée live naturellement et le sculpteur londonien Antony Gomley, connu pour ses immenses sculptures et installations, signe la scénographie. Première le 28 octobre à la Monnaie, après Pékin et Avignon.
Il s'agit d'un spectacle de toute beauté de caractère résolument intercultrel qui se situe dans le cadre d'une programmation volontairement cosmopolite, Divercity se plaît à le souligner.

PERSONNALITES COSMOPOLITES : Sidi Larbi Cherkaoui

Né à Anvers en 1976, danseur et chorégraphe belge de danse contemporaine, il fait partie de la nouvelle génération émergente des chorégraphes flamands. Sidi Larbi Cherkaoui est d'origine marocaine par son père, arrivé de Tanger dans la vague de l'immigration des années 1960 et flamande par sa mère. Enfant, il va à l'école coranique, pratique le dessin et reproduit les toiles maîtres flamands1. Ouvert à toutes les formes d'expression chorégraphique, il ne débute la danse qu'à l'âge de 16 ans, alors que la plupart des danseurs de son talent ont déjà plusieurs années de pratique derrière eux. Difficile d'être plus cosmopolite !

Après des débuts de danseur de spectacle de variété à la télévision belge, il décide d'entamer une formation professionnelle de danse contemporaine dans la célèbre École P.A.R.T.S., fondée par la chorégraphe Anne Teresa De Keersmaeker. Parallèlement à sa formation contemporaine, il travaille avec des compagnies de hip-hop et de modern jazz en Belgique. Son style reste marqué par cette époque, notamment en raison ses capacités peu ordinaires de souplesse voire de réel contorsionniste. Il est donc à cheval entre les cultures et les genres. Hybride et métissage riment quelquefois ensemble pour former des chefs d'œuvres.

Sidi Larbi Cherkaoui fait partie de cette jeune génération d'artistes flamands et wallons qui représente une nouvelle vague dans le milieu de l'art chorégraphique belge et européen. Membre de Les Ballets C de la B (les Ballets Contemporains de la Belgique), compagnie de danse située à Gand en Belgique, Cherkaoui y participe en tant que danseur mais également en tant que chorégraphe. Il se révèlera au grand public en 2000, avec un pièce d'envergure, Rien de rien, qui l'imposera immédiatement sur la scène de la danse contemporaine1,2. Dès lors son travail s'attache aux notions de transculturalité, de diversité et de différence.

Adulé par la critique internationale, surtout européenne, Sidi Larbi Cherkaoui travaille avec les plus grandes compagnies et les plus grands théâtres qui lui commandent des chorégraphies. On peut citer le Grand Théâtre de Genève ou encore les Ballets de Monte-Carlo.

Deux néonazis arrêtés pour avoir menacé de tuer Obama

Ils comptaient également tuer 102 Noirs en préambule

Daniel Gregory Cowart, 20 ans, et Paul Michael Schlesselman, 18 ans attêtés le 22 octobre en possession d'armes à feu. (REUTERS)

Voici de quoi raviver la crainte d'un attentat contre Obama. Deux jeunes néonazis ont été arrêtés dans le Tennessee (sud) pour avoir proféré des menaces de mort contre le candidat démocrate à la Maison Blanche.

Selon une copie du procès-verbal dont l’AFP s’est procuré copie lundi, les deux jeunes, envisageaient de tuer 102 Noirs, avec pour but ultime de tenter d’«assassiner le candidat à la présidentielle Barack Obama», qui serait le premier premier président noir américain s’il était élu le 4 novembre.

Déjà menacé, le candidat bénéficie depuis le début de sa campagne début 2007 de la protection des agents du Secret Service (USSS), l’agence fédérale chargée de la sécurité du président des Etats-Unis et des hautes personnalités.

Daniel Cowart, 20 ans, et Paul Schlesselman, 18 ans, originaires du Tennessee et de l’Arkansas (sud), ont été arrêtés à Alamo (Tennessee) mercredi pour «menaces contre un candidat à la présidence», «possession illégale d’arme à feu» et «complot pour vol d’arme», selon le département américain de la Justice. Les deux suspects comptaient dévaliser une armurerie, puis tuer par balles 88 Noirs et en décapiter 14 autres, «en visant notamment une école majoritairement afro-américaine», selon l’agent Brian Weaks, du Bureau fédéral américain de l’alcool, du tabac et des armes à feu (ATF), qui a mené l’enquête et dont les propos sont rapportés dans le procès-verbal.

«Les allégations qui ont été faites dans cette affaire sont graves et seront traitées comme telles», a déclaré dans un communiqué Lawrence Laurenzi, qui occupe temporairement le poste de procureur général à Memphis (Tennessee). Le chiffre 14 fait référence aux 14 mots du slogan raciste: «Nous devons protéger la survie de notre race et l’avenir des enfants blancs». Le chiffre 88, signifie “HH”, huitième lettre de l’alphabet, et veut dire “Heil Hitler”, le salut hitlérien.

Ils ont également dit que leur acte de violence final serait de tenter de tuer le candidat à la présidentielle Barack Obama», témoigne l’agent. D’après le procès-verbal, «les accusés ont assuré qu’ils étaient prêts à mourir durant cette tentative d’assassinat». Les deux jeunes prévoyaient de foncer en voiture sur Barack Obama et de lui tirer dessus depuis la fenêtre de leur véhicule. Ils comptaient tous deux porter pour l’occasion un smoking blanc et un haut-de-forme.

«Si ce nègre est élu, je l’assassinerai moi-même», avait-il publiquement déclaré selon des documents de la police.

NO COMMENT !

mardi 28 octobre 2008

LA PENSEE DU JOUR


"Les vérités les plus vraies deviennent mensonges lorsque l'on s'en contente"


ALAIN

Là où il y a péril croît aussi ce qui sauve

Nous vivons une crise de civilisation - un mal-vivre dans l’abondance - prélude à une grande renaissance spirituelle. L’homme occidental post-colonial n’est pas le seul civilisé.

Il y a péril en la demeure-terre. D’année en année, la planète monte d’un cran sur l’échelle de Richter des catastrophes. Chacun le sent, quelque chose va se passer. Tous les voyants sont allumés. Mais là où il y a péril croît aussi ce qui sauve: tel est le pari majeur en notre époque charnière. Il y faudra une mutation des mentalités. Le changement ne dépendra pas uniquement de structures nouvelles ni de lois plus contraignantes ou de procédés techniques encore plus astucieux. Sur le plan économique, par exemple, on aura beau réguler le capitalisme et rassurer le bon peuple que demain les superprofits redeviendront possibles: ce qui doit changer, c’est l’hyper-compétitivité et la cupidité liées à la maximisation obsessionnelle du profit. Au point que l’économiste Christian Ansperger, professeur à l’UCL, s’écrie: "Le capitalisme du bon père de famille est une profonde illusion". Il en appelle à "une conversion et un changement de vision du monde". Nous ne pouvons plus continuer notre mode d’être rapace en niant nos limites, conclut-il (1). Une conception devenue aveugle du progrès doit céder la place à des attitudes citoyennes novatrices. L’inégalité croissante entre les riches et les pauvres et la destruction de la biodiversité sont là pour nous rappeler que notre système n’est pas durable. On s’aperçoit avec recul qu’à l’idéologie communiste s’est substituée, au lendemain de la chute de l’empire soviétique, une pensée également dogmatique qui nous a conduits, non sans orgueil, à l’impasse économique "globalisée". Nous avons avalé tout cru le savoir soi-disant scientifique asséné par des "experts" et par des écoles de business, conforté hélas par une Commission européenne oublieuse des fondements (personnalistes et non pas économistes!) de notre civilisation européenne.

Le pire n’est jamais sûr
Notre autodestruction est de l’ordre du possible. Mais le pire n’est jamais sûr. L’improbable arrive, et plus souvent qu’on ne le pense. Il est utile de se rappeler que les bouleversements importants dans l’histoire n’ont jamais été anticipés et encore moins programmés. Ils ont été accomplis par des femmes et des hommes qui ne se sont pas soumis au discours dominant de leur époque. Les grandes mutations de l’histoire se font d’abord à la marge. Dans un premier temps, elles passent inaperçues. La fin de l’esclavage, la Renaissance, la révolution française, la fin de l’apartheid, la chute du mur de Berlin et l’écroulement stupéfiant de l’URSS ont été largement l’œuvre de personnes mal vues par les pouvoirs en place, souvent incomprises de leur entourage, et qui elles-mêmes n’avaient pas pleinement conscience de ce qu’elles accomplissaient. C’est seulement avec recul que l’on constate combien une période fut riche en bouleversements. Nous avons le choix entre la catastrophe ou la métastrophe, une mutation profonde de notre culture, de nos attitudes et de nos comportements concrets (*). Partout - au Sud comme au Nord de la planète - des gens, inconnus et innombrables, mettent en place une manière simplement plus sensée et plus conviviale de se comporter. Une nouvelle histoire couve: dans les pays industrialisés, sous le chatoiement et les cendres d’une modernité en crise; et dans certains pays du Sud, derrière un sous-développement dégradant ou derrière l’emballement des taux de croissance mirobolants.

Une croissance en humanité
"Nous sommes sans doute à la veille d’une grande renaissance spirituelle", c’est ce que pensait le saint Staretz Sophrony décédé récemment. Cette croissance en humanité est favorisée par plusieurs facteurs. D’abord le constat de notre propre mal-vivre dans l’abondance, une certaine crispation existentielle. La crise de civilisation que chacun pressent incite à l’interrogation sur le sens de notre vie. Ensuite la remarquable croissance des échanges internationaux favorise l’observation dans les pays du Sud de la résilience, la vitalité et la joie de vivre dont font preuve des gens que nous qualifions de "sous-développés" mais qui ont bien des choses à nous apprendre. Force est de constater qu’il est des Cités de la Joie là où nos indices matérialistes ne voient que misère (qu’il faut combattre, alors que notre système ne fait bien souvent que l’accroître). Les cultures métissées du Sud sont pleines d’enseignements par leurs aspects positifs comme par leurs errements. L’avenir est à l’enrichissement réciproque des cultures du monde. Un phénomène nouveau apparaît: l’homme occidental postcolonial prend conscience qu’il n’est plus le seul "civilisé". Les religions et sagesses non occidentales renferment des antidotes au désenchantement qu’entraînent les excès de la modernité. Le yoga, le chamanisme, la sagesse africaine, la méditation bouddhiste, la mystique hindoue, le Qi Gong chinois entrent subtilement dans nos vies. Nous pouvons nous ressourcer à ce qu’il y a de moins moderne en nous, non pour un retour illusoire à quelque passé béatement idéalisé, mais pour dépasser une modernité devenue mortifère car trop exclusivement axée sur la raison close, la volonté de maîtrise, le gain, et l’efficacité à court terme. Beaucoup d’êtres en recherche, au sein des Eglises ou à la marge de celles-ci, redécouvrent la nature cosmique et mystique, joyeuse et non culpabilisante, de la tradition chrétienne. Richesse souvent oubliée voire occultée par des appareils ecclésiastiques semblant plus soucieux d’ordre et de normes que de sacré et de transformation personnelle.

Mais la crise religieuse actuelle remet l’Essentiel au centre. Si les églises se vident, les caves et les greniers se rem- plissent.

Nous vivons l’avènement de petites communautés ferventes et fraternelles, ouvertes et au besoin impertinentes. La métastrophe vers laquelle nous nous dirigeons ne sera dictée ni par des experts, ni par des appareils qui s’appellent Eglise, loge ou université, mais sera inventée au jour le jour par des femmes et des hommes responsables, solidaires - agnostiques ou croyants - ouverts à ce qui dépasse la raison calculatrice, et acteurs de changement structurel et culturel dans leur société et dans le monde.

"Changer de lunettes et changer d’assiette" est le sous-titre de l’épilogue du livre de Thierry Verhelst, "Des racines pour l’avenir. Cultures et spiritualités dans un monde en feu", L’Harmattan, 2008. Ce livre esquisse à l’aide d’exemples concrets les contours du changement de civilisation qui est en gestation. Il met en regard des traits saillants de la modernité occidentale (trop "yang"), et des cultures issues de la tradition (trop "yin"). L’auteur plaide pour une fécondation réciproque, un "Tao des cultures". Le métissage culturel entre le Sud et le Nord, et un sens de la solidarité à l’échelle planétaire renferment la promesse qu’"un autre monde est possible", où s’opposent au fondamentalisme du marché et à celui des religions et des ghettos pseudo-identitaires la quête de sens et d’un vivre ensemble "soutenable" et plus équitable. Très vivant et fourmillant d’anecdotes, ce livre fait le pari que des sociétés civiles responsables engendrent des modes nouveaux de penser et de vivre.
(Thierry VERHELST, la Libre, extraits)


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
Encore une prise de position qui annonce un changement profond en faveur de nouvelles manières d’envisager le vivre ensemble, d’appréhender la diversité et de promouvoir le métissage culturel. Bref voici un nouveau plaidoyer pour le dialogue interculturel et interreligieux et le cosmopolitisme. On regrettera que l’auteur de ce beau texte omette de citer sa source d’inspiration principale à savoir Edgar Morin, « prophète » de la complexité, de l’improbable et de l’imprévisible qui termine la plupart de ses articles et de ses livres par une citation de Hölderlin : « là où il y a péril croît aussi ce qui sauve ».

Désormais plus personne ne nie que nous sommes les témoins d’une nouvelle montée des périls. Notre monde, tel que nous l’avons connu depuis l’enfance se « démonde » rapidement et nous assistons au surgissement de phénomènes morbides tels que la résurgence du racisme anti noir aux Etats-Unis, le retour au conservatisme d’une église post conciliaire, le déclin du politique et des valeurs démocratiques avec le retour des populismes, des intégrismes, la crise de l’école partout en Europe et le goût de la violence chez les jeunes en rupture.

« L’ancien se meurt, le nouveau n’arrive pas à voir le jour. Dans l’entre-deux surgit une diversité de phénomènes morbide » écrivait Gramsci depuis sa prison mussolinienne.

Alvin Toffler nous annonça il y a longtemps déjà que le « choc du futur» serait suivi d’une « troisième vague. » Il n’est peut-être pas inutile de relire ses livres ! Car nous le comprenons tous nous allons devoir apprendre très vite à vivre autrement.

Au pessimisme d’humeur radical qui nous accable devra succéder, très rapidement « l’optimisme de la volonté »(Alain). Et ce volontarisme là ne peut être que de caractère éthique et politique.
MG

Van klassieke Arabisch tot Arabjazz


De Tunesische oed-speler Moufadhel Adhoum schuwt genres noch cross-overs: met zijn eigen ensemble maakt hij klassiek-Arabische en Arabisch-Andalusische muziek, en met Ghalia Benali hedendaags Arabische. Met Hijaz flirt hij met de jazz, op woensdag 29 oktober te ontdekken in het JazzStation.

Moufadhel Adhoum is in 1965 geboren in een volksbuurt van de medina van Tunis, een artiestenwijk die beschouwd wordt als de bakermat van de Tunesische muziek.

"Als kind van vijf fabriceerde ik mijn eigen snaarinstrumenten. Mijn moeder zag dat ik een muzikale roeping had en stuurde me op mijn twaalfde naar de oed-meester van de wijk. Ik raakte al snel in de ban van de oed, de Arabische luit," vertelt Adhoum. "Nadien ging ik naar het conservatorium en trad ik toe tot het Ensemble de Jeunesse Musicale, een nationale selectie waarbij ik de eerste oed-speler was. Dat was mijn echte vorming als muzikant en ik kreeg er de smaak voor het improviseren te pakken."

Aan het conservatorium begon Adhoum te componeren voor zijn eigen ensemble waarmee hij op verschillende Tunesische festivals optrad. "Maar ik wou verandering, ik wou de wereld verkennen. Via een kennis kwam ik in 1989 in Brussel terecht, waar ik mijn studie binnenhuisarchitectuur verderzette. Ik ben hier veeleer toevallig beland, een leuk toeval, want ik heb het hier echt naar mijn zin. Ik hou van het rustige leven zonder stress, en van de vrijheid. Je mag hier je ding doen zolang je je medemens maar respecteert."
(Brussel deze Week)

Hijaz treedt woensdag 29 oktober om 20.30 uur op in JazzStation, Leuvensesteenweg 193A, 1210 Sint-Joost-ten-Node. Kaartjes kosten 6 of 4 euro. Al'Chimie op zaterdag 13 december om 20.15 uur in De Pianofabriek, Fortstraat 35, 1060 Sint-Gillis. Kaartjes kosten 8 of 6 euro. Meer info op www.jazzsta­tion.be, www.moufadhel-adhoum.com en www.hijaz.be

lundi 27 octobre 2008

La communauté noire très mobilisée pour la présidentielle aux USA


La participation de la communauté noire pourrait atteindre un niveau record le 4 novembre, et aider le candidat démocrate Barack Obama à remporter certains Etats âprement disputés avec son rival républicain John McCain.

Les Noirs représentent environ 12% de l'électorat américain, et forment le réservoir de votes le plus sûr du parti démocrate, malgré leur participation plus faible que dans les autres communautés.

Les sondages montrent cette année que 90% des électeurs noirs qui iront voter accorderont leur voix à Obama, la solidarité avec un candidat qui pourrait devenir le premier président métis du pays n'étant pas la moindre de leurs motivations.

"Tout indique que le vote noir atteindra une participation record en 2008, à la fois au plan national et dans les Etats", indique un rapport du Centre d'études politiques et économiques.

L'impact du phénomène sera naturellement plus marqué dans les Etats où la minorité noire est davantage représentée, comme la Floride, la Virginie, la Caroline du Nord ou l'Indiana. Les politologues sont toutefois réservés sur la possibilité de voir ces Etats basculer pour cette seule raison dans le camp démocrate.

Le message de changement diffusé par Obama est devenu d'autant plus symbolique que le sénateur de l'Illinois est le fils d'un Kényan noir et d'une Américaine blanche.

"Nous allons vers le premier président noir que ce pays ait jamais eu. C'est positif, il va marquer l'histoire", s'enthousiasme Bill Craven, qui dirige à 51 ans une entreprise de fournitures de bureau à Norcross, en Géorgie.

Craven se décrit comme un républicain déçu ayant voté pour Bush. Il dit vouloir voter pour Obama, en partie parce qu'il craint de voir McCain poursuivre la même politique que l'actuel président. La couleur de peau, assure-t-il, ne motive en rien, ou presque, sa décision.

L'EFFET BRADLEY
Certains démocrates soulignent cependant que vu les fortes disparités entre Noirs et Blancs en matière de revenus et d'accès à la santé et à l'éducation, la question raciale pourrait jouer en défaveur d'Obama.

Ils rappellent "l'effet Bradley", du nom d'un candidat noir au poste de gouverneur de Californie, battu en 1982 alors que les sondages annonçaient sa victoire. De nombreux électeurs avaient alors semble-t-il dissimulé leurs intentions aux instituts de sondage.

Les candidats aux élections présidentielles ciblent rarement leurs discours en direction d'une communauté particulière, et choisissent des thèmes qui traversent les ethnies, les classes sociales et les religions.

Les Noirs sont toutefois nombreux à préférer le Parti démocrate, car ils s'identifient à sa politique sociale et lui attribuent l'adoption dans les années 1960 des lois sur les droits civiques, qui ont mis fin à la ségrégation.

"C'est la principale façon dont la question raciale pourrait aider Obama, en agissant comme un facteur de mobilisation de la communauté afro-américaine", estime Michael Dimock, directeur adjoint du Centre de recherche Pew.

Déjà, le vote anticipé montre une forte participation des Noirs américains. En Géorgie, Etat généralement remporté par les candidats républicains, les Noirs représentent quelque 35% des personnes ayant déjà voté, soit légèrement plus que leur représentation dans l'électorat de l'Etat.

Cet écart révèle une stratégie visant à inciter les gens à voter à l'avance dans les Etats où c'est possible, assure Jon Carson, l'un des responsables de la campagne d'Obama. La communauté noire n'a pas été particulièrement visée par cette stratégie, ajoute-t-il.

Selon David Bositis, du Centre d'études politiques et économiques, les Noirs sont les électeurs les plus susceptibles d'être confrontés à des difficultés le jour du scrutin.

Plusieurs cas d'intimidation d'électeurs ont été rapportés en 2004, ainsi que l'existence de bureaux de vote insuffisamment équipés dans les quartiers à majorité noire. De tels obstacles sont de ce fait de nature à inciter les Noirs à venir voter à l'avance.

"Par rapport à la dernière fois, il y a nettement plus d'Afro-Américains qui votent de façon anticipée", note Bositis, qui évoque la "signification particulière" du scrutin 2008.
(Reuter)

Discrimination : trois écoles schaerbeekoises déclassées


Mécontent, l’échevin de l’Instruction publique Georges Verzin. Chaque année, le ministre de l’Enseignement obligatoire publie la liste des écoles fondamentales et primaires « relativement moins favorisées ». Et là, surprise : les écoles communales 13, 16 et 17 n’y figurent plus.

L’échevin ne comprend pas cette mise à l’écart : « Il m’apparaît profondément injuste de voir des écoles, situées dans le même périmètre géographique et comportant au moins autant sinon beaucoup plus d’élèves défavorisés, exclues de la liste alors que d’autres sont élues. »

Ainsi, l’Institut Saint-Dominique (rue Caporal Claes) est élu alors qu’à moins de 300 m, l’école primaire communale 17 ne l’est pas. « Une simple visite des populations scolaires fréquentant ces deux établissements vous permet de considérer que si l’un était inclus dans la liste, l’autre devrait l’être aussi », ajoute Georges Verzin. Même argumentation pour l’école Louise de Marillac (avenue Eugène Plasky), retenue alors que l’école communale 13 (avenue de Roodebeek) ne l’est pas. Et pour l’école communale everoise Clair-Vivre élue contrairement à l’école schaerbeekoise nº16.

Georges Verzin a pris sa plume pour exprimer au ministre sa mauvaise humeur et lui suggérer de réétudier les trois dossiers.

Conséquence directe de l’exclusion des trois écoles de cette liste ? Les élèves de 6e primaire de ces écoles ne seront plus prioritaires pour entrer dans une école secondaire du réseau communal schaerbeekois, au regard du critère de « mixité sociale » du décret Dupont qui impose un pourcentage précis d’enfants issus desdites écoles moins favorisées. A contrario, les enfants issus de Louise de Marillac et de Saint-Dominique (réseau libre) seront, eux, considérés comme disposant d’une priorité au sein du réseau communal de Schaerbeek. « Une aberration », estime l’échevin.
(FRANCOIS ROBERT)

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
DICRIMINATION DISCRIMINATOIRE

Une aberration en effet ! Georges Verzin a entièrement raison, du moins en ce qui concerne les écoles 13 et 17 (« plus populaire que ça tu meurs », qu’on interroge les directrices !), pour seize on pourrait nuancer. Nous avons écrit plus d’une fois sur ce blog et davantage encore sur le blog Reflets combien il était impératif, désormais d’assurer un supplément de mixité sociale dans les écoles. Mais pas n’importe comment ! L’«apartheid scolaire» existe, nous l’avons rencontré, à Schaerbeek, précisément. Il fut un temps, pas si lointain ou Roger Nols exigea qu’au sein du groupe scolaire 9/10 de sa commune, les élèves d’origine belge sortent par le 9 avenue Dailly et les allochtones par le dix, Grande rue au bois. Cependant, les enseignants on résisté et jamais la mesure ne fut appliquée. Les écoles 13 et 17 sont des deux écoles qui correspondent parfaitement à la définition d’école de quartier, la communale comme on la désignait autrefois. On s’étonnera de constater qu’elles étaient encore considérées comme «défavorisées» jusqu’il y a à peine deux ou trois ans. Qu’est ce qui a bien pu changer depuis ? La population scolaire est exactement la même, le corps enseignant aussi, le Pouvoir Organisateur également. Mais attention, l’échevin a changé ! Elles sont demeurées sur la liste des défavorisées tant que l’échevin était socialiste (Mohamed Lahlali) désormais il est libéral (Georges Verzin).

Cherchez l’erreur… Il y a fort à parier qu’il s’agisse tout simplement d’un coup bas de nature bassement politicienne. Je veux bien parier un bac de schaerbeekoise (la bière qui se sert au musée de la bière) que les écoles 13,17 et même 16 retrouveront leur statut d’écoles défavorisées (donnant droit à des subsides dits de discrimination positive) à l’issue des prochaines élections où, selon toute vraisemblance, PS et MR se partageront à nouveau le pouvoir à Schaerbeek en 2012. Cette affaire est grave et discrédite toute la politique de promotion de la mixité du ministre Dupont, un homme solide, discret, intelligent et de bonne volonté. On aimerait connaître son avis sur la question. Cette affaire révèle un malaise qui va bien au-delà de sa dimension purement locale. Le problème est global ! En effet, les pouvoirs organisateurs locaux, tels que Schaerbeek, Bruxelles-Ville et Anderlecht, pour citer les trois plus «gros», sont de plus en plus limités dans leur marge de manœuvre et d’initiative. Tout est boulonné par la Communauté Française qui fait pleuvoir les circulaires à torrent et démotive de la sorte, les PO locaux, les directions et, en finale, les enseignants. Le Collège échevinal de Schaerbeek consent un effort financier considérable pour son beau réseau d’écoles, depuis le départ de Nols et du mollah de l’IP Bosquet (François Robert). Il est révoltant que cet effort soit brisé par cette intervention à nos yeux parfaitement arbitraire de la part de la Communauté française. On s’étonnera que les petits PO (pouvoirs organisateurs) n’organisent pas ensemble une fronde contre cet abus de pouvoir qui vise à absorber les petits réseaux communaux (proche du citoyen, souples, attentifs à la demande des parents et des quartiers) dans le mammouth qu’est le réseau de l’enseignement de Communauté française dont on ne peut vraiment pas dire qu’il brille par son excellence. C’est encore François Robert qui écrivit en 2000 que Schaerbeek désormais serait le laboratoire de tous les possibles. Il ne pouvait alors deviner que ce serait aussi le labo du dr. Frankenstein.
Marc Guiot

L’ECOLE 17 ENRACINEE DANS SON QUARTIER


Extrait d’un article publié dans le Magazine REFLETS en 2007
Au départ, l'école 17 du quartier Terdelt était l'exemple parfait
de la communale bien intégrée au sein du d'un quartier à l'architecture homogène, une cité-jardin construite avant guerre
dont les pavillons sont aujourd'hui encore très recherchés par les
Schaerbeekois. Hormis le nombre d'élèves en croissance exponentielle, les choses ont peu changé par rapport au temps de la
fondation du bâtiment, voire de l'époque où Nadine Schmit, sa
nouvelle directrice était élève, ensuite enseignante, après un
détour par le Lycée Émile Max et l'École normale de Schaerbeek.
C'est que Nadine Schmit est un pur produit de la Cité des Ecoles.

ALI DADDY : Qu’est-ce qui fait le cachet de l’école 17 ?
Nadine Schmidt : Le 17 demeure une implantation de proximité qui reflète la composition sociale du terroir schaerbeekois avec ses mille élèves la plupart issus du quartier. Quelques-uns viennent de plus loin, d'Helmet et au-delà. Les mille, issus de tous les milieux et de toutes les cultures évoluent dans un climat serein, une absence de tension qui se réalise grâce à je ne sais quelle magie. C’est que "L'esprit 17" et le savoir faire de l'équipe y sont pour beaucoup. L'école est assurément victime de son succès avec son nombre
d'élèves en expansion. Les aînés, cinquième et sixième, suivent les cours avenue Renan dans des vastes locaux qu'ils partagent depuis vingt ans avec l'Athénée Fernand Blum. Ça leur permet
de mûrir un peu plus vite sous le regard des grands du secondaire.
Désormais ça représente huit classes. Dans l'ensemble, le climat convivial créé par les équipes enseignantes induit un climat de respect mutuel dans les classes et les cours de récréation.
Parler de véritable dynamique interculturelle me paraîtrait peut-être
excessif. Je préfère le terme multiculturel qui permet à chacun d'épanouir son identité en harmonie avec les autres élèves. Les frictions entre cultures sont exceptionnelles malgré le grand
nombre d'élèves. Donner la parole à tous les enfants, c'est créer un climat de respect de la diversité sociale et culturelle en classe. C'est reconnaître implicitement la diversité, la respecter, l'intégrer et s'en inspirer. On n’apprend pas ces choses à l'École normale
mais l'enseignant est confronté à cette réalité dès qu'il franchit le seuil de sa première classe. Il s'agit d'une dimension de caractère culturel et humain avec laquelle les équipes schaerbeekoises ont été confrontées graduellement au fil des ans. On n'en a jamais fait beaucoup de cas. Chacun s'est adapté avec son style personnel en faisant un effort d'ouverture qui force le respect.

Anciaux zet eerste stap naar boekhandelbeleid

In de Brusselse boekhandel Passa Porta werden vrijdagmiddag de eerste concrete steunmaatregelen voor de kwaliteitsboekhandel voorgesteld.


Boekhandels voelen zich al jaren het kind van de rekening in boekenland. Schrijvers, uitgevers en leesbevorderende organisaties genieten subsidies, maar het enige wat de boekhandel echt wou, de vaste boekenprijs, is als denkspoor afgevoerd.

Dit voorjaar beloofde de Vlaamse minister van Cultuur Bert Anciaux (Vl. Pro) dat hij op korte termijn een ondersteuningsbeleid voor de boekhandel zou uitwerken. Dat beleid staat nu op de sporen. Of beter: het staat in zijn kinderschoenen, want het hele beleid bestaat uit welgeteld twee projecten en een budget van 200.000 euro.

Boekhandels krijgen al dit jaar subsidies voor literaire activiteiten in de winkel. Een maatregel die wel in de smaak zal vallen, want boekhandels organiseren graag lezingen om mensen te lokken, maar de kostprijs daarvan weegt niet op tegen de inkomsten uit de boekverkoop op één avond. Per activiteit kan de boekhandel een subsidie van 350 euro krijgen, met een maximum van tien activiteiten.

De tweede maatregel gaat een stuk verder. De boekhandel krijgt gratis twee exemplaren van elk boek dat eerder productiesteun heeft gekregen. Productiesteun is een subsidie die wordt uitgekeerd aan uitgevers die een commercieel risicovol maar niettemin waardevol boek willen uitbrengen. Die boeken (kinderboeken, strips, non-fictie...) krijgen een sticker en een aparte plaats in de winkel. Dat kan hun zichtbaarheid alleen maar verhogen en als ze verkocht worden, hoeft de boekhandel niets te betalen aan de uitgever. De zaakvoerder van Passa Porta nam de eerste zending boeken in ontvangst; daarmee is zijn zaak officieel de eerste Vlaamse kwaliteitsboekhandel.
(standaard)

dimanche 26 octobre 2008

LA PENSEE DU JOUR


« Par des chemins divers, les hommes peuvent gravir la montagne.

Chaque sentier découvre des vues différentes, sublimes...


Mais quand ils atteignent au fier sommet, c'est la même Lune souriante qui charme leurs regards.»

Dr. Kato

Le coup "destop" de Fadela Amara ?

Marseillaise sifflée: Fadela Amara dément avoir parlé d’«un coup de Destop»


La secrétaire d’Etat à la Ville Fadela Amara a démenti ce vendredi 24 octobre avoir déclaré «qu’il fallait donner un coup de Destop» à propos des sifflements qui ont accompagné la Marseillaise lors du match amical de football

France-Tunisie au stade de France à Paris.

Dans un communiqué, Fadela Amara s’insurge contre «des propos volontairement détournés dans le but de nuire». Dans plusieurs média et blogs, Fadela Amara était en effet citée comme ayant déclaré, lors d’une interview sur France 2 le 15 octobre, au lendemain du match, qu’«il fallait donner un coup de Destop à ces comportements dans les stades».

«Il suffit d’aller voir sur Internet la vidéo du journal de France 2 (….) dit-elle, pour comprendre que j’ai parlé d’un coup d’estoc et non pas d’un coup de Destop»

«Pour m’exprimer, ajoute-t-elle, j’ai utilisé une métaphore sportive désignant un coup porté par la pointe. L’estoc est un terme d’escrime employé pour définir la manière de toucher juste, je l’ai précisément choisi pour montrer que je ne souhaite absolument pas me "débarrasser" du problème comme le laissent entendre certains journalistes».

«Au contraire, je souhaite définir une réponse appropriée et ferme, pour cibler, pour faire face à de tels agissements, qui, je le maintiens, sont condamnables et inacceptables pour la France». «Je le dis et je l’assume, le peuple français a choisi son hymne national, et ceux qui sifflent ce symbole n’ont rien à voir avec les gens de banlieue qui prouvent chaque jour leur appartenance à la Nation», dit encore Fadela Amara.
(Source AFP)

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
Lorsque l'attaque est mauvaise, que le coup soit "d'estoc" ou "destop", c'est bonnet blanc et blanc bonnet !
ALI DADDY

ECRIVAINS COSMOPOLITES : SAADI


Muslah-al-din SAADI (1184-1291) est l'un des plus grands poètes persans. Issu d'une famille de théologiens, il étudia à Baghdad. il voyagea ensuite de l'Irak à la Syrie et au Hedjaz où ilentrprit plusieurs pèlerinages à La Mecque. Il s'installa plus tard à Chiraz où il acheva la rédaction de ses deux recueils de réflexions et d'anecdotes morales : le Bustan (Le verger)

écrit entièrement en vers (1257) et le Gulistan (La Roseraie) qui mêle la prose aux vers (1258).
Il renouvela le genre du ghazal (poème d'amour) en exprimant maintes subtilités dans un style simple. Moraliste indulgent, excellent dans tous les genres poétiques, il reste l'un des poètes les plus populaires en Orient. Son Gulistan, traduit en français dès 1634 fut l'oeuvre qui initia l'Occident à la poésie persane.

LE JARDIN DES ROSES
"Une nuit, ne pouvant dormir, je m'en souviens,
J'entends le papillon dire à la chandelle :
"Je t'aime ! et je comprends que j'en sois consummé.
Mais toi, pourquoi gémir et pourquoi donc brûler"?
"Dérisoire amoureux, répondit la chandelle,
le miel mon doux ami, fut séparé de moi.
Depuis que sa douceur se trouve loin de moi
Comme Farhad, l'amant meurtri, un feu me brûle".
tandis qu'elle parlait, un torrent douloureux de pleurs

se répandait sur son visage pâle.
Elle me dit : "Présomptueux, tu ne sais rien de l'amour,
Tu ne sais ni souffrir ni persévérer.
Car au moindre contact de la flamme tu fuis.
moi je reste pour être par elle consumée.
Si le feu de l'amour br^le un peu de ton aile
Regarde, ose du moins y brûler tout entier".
Et la nuit n'avait pas versé toutes ese heures
Qu'une femme éteignit tout à coup la chandelle.
Tandis que la fumée s'élevait, elle dit :
"C'est l'implacable loi d'amour, ô mon enfant
Voici donc le secret si tu veux le connaître.
De sa flamme nul n'est sauvé que par la mort."