mercredi 14 janvier 2009

Agression de lycéens d’origine maghrébine : une enquête ouverte

Ils auraient été violentés pour avoir refusé un tract distribué par des militants de la Ligue de défense juive. Plusieurs plaintes ont été déposées. Le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire, qui «est en cours mais n’a pour l’instant rien donné», après l’agression jeudi de jeunes Français d’origine maghrébine à la sortie du lycée Janson-de-Sailly (XVIe arrondissement), a-t-on appris aujourd’hui.

Il s'agit de deux lycéens de Janson-de-Sailly et un autre jeune présent devant ce lycée. Ils ont été agressés lors d’une distribution de tracts, et légèrement blessés. Selon une source judiciaire, les trois seraient d'origine maghrébine. Une proche des deux victimes, qui a joint Libération, affirme en revanche que seuls deux des jeunes agressés, les deux lycéens, sont d'origine maghrébine.

Selon l’association d’Aide aux victimes des injustices (AVI), ces jeunes «ont été victimes d’une agression raciste» jeudi vers 16h30 «par sept militants de la LDJ» (Ligue de Défense Juive) qui distribuaient des tracts. Plusieurs plaintes ont été déposées à l’issue de cette agression.

Une porte-parole du rectorat explique que «l'un des deux a eu l'arcade sourcilière ouverte. L'autre a eu le nez fracturé». Elle ajoute que «les distributeurs de tracts, qui étaient 5 ou 6, ont tenté de rentrer dans le lycée. Ils ont été repoussés. Le lycée a donc porté plainte pour tentative d’intrusion» alors que les familles ont déposé plainte pour «agression» après les violences dont ont été victimes leurs enfants. «Le recteur rappelle que le respect d’autrui est une valeur fondamentale de l’école républicaine», a ajouté cette porte-parole.
Selon l’AVI, que préside Rachid Nekkaz, Sami, 15 ans, élève de seconde et Moez, 17 ans, élève de terminale, «ont été victimes d’une agression raciste» jeudi vers 16h30 «par sept militants de la LDJ» qui distribuaient des tracts à la sortie du lycée. Ils ont été conduits à l’Hôtel Dieu pour y recevoir des soins et sont arrêtés jusqu’au 17 janvier, selon l’association.

Moez a confirmé à l’AFP l’agression dont il a été l’objet, pour avoir simplement, dit-il, «refusé le tract» qui lui était tendu. Nekkaz s’est insurgé contre «une inégalité de traitement marquante selon qu’on a affaire à des agressions contre des personnes d’origine maghrébine ou des juifs».

«Les agissements antisémites, et nous les condamnons fermement, sont immédiatement dénoncés publiquement par les autorités. Or ce n’est pas le cas lorsqu’il s’agit de maghrébins», a affirmé Rachid Nekkaz selon qui, malgré «cinq fax adressés lundi au ministère de l’Intérieur et des contacts téléphoniques avec le cabinet de la ministre» il n’a pu obtenir «la moindre condamnation publique des faits révélés qui remontent à cinq jours».

Au ministère de l’Intérieur, on précise que Rachid Nekkaz s’est entretenu «longuement au téléphone» lundi soir «avec un membre du cabinet» de Michèle Alliot-Marie. On ajoute que celle-ci «a dénoncé ces dernières heures» les actes à caractère antisémite ou racistes, «sans tous les citer» mais «en ayant à l’esprit» les faits dénoncés par Rachid Nekkaz.

Samy Ghozlan, le président du Bureau national de vigilance contre l’antisemitisme (BNVCA), qui a dénombré «62 actes antisémites dans toute la France» depuis le début des événements au Proche-Orient, a condamné «fermement l’agression dont ces deux jeunes gens ont été victimes».
(Libération.fr avec source AFP)

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
Douce France oh pays de mon enfance...

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