mardi 20 janvier 2009

Barack Obama poussera-t-il Israël à oser la paix?

BAUDOUIN LOOS
Les autorités israéliennes ont tenu à mettre un terme à leurs terribles opérations militaires dans la bande de Gaza avant la prestation de serment de Barack Obama ce mardi à Washington. Histoire, sans doute, de ne pas l'accueillir avec un dossier international trop brûlant.
Barack Obama ! Il ne se trouve guère d'Arabes à penser que le nouveau pensionnaire de la Maison-Blanche aura à cœur de régler la question palestinienne. Pourtant, on ne peut manquer de remarquer que le nouveau président américain s'est jusqu'ici refusé à faire des déclarations substantielles sur le sujet. Ce constat se révèle un peu maigre pour en déduire que les États-Unis se dirigent vers une politique plus équilibrée, moins pro-israélienne. Ce serait pourtant dans l'intérêt des Américains et aussi… des Israéliens.
Jusqu'à présent, en effet, Israël, soutenu par Washington et Bruxelles, a combattu pendant quinze mois la mainmise du Hamas islamiste à Gaza par la technique du blocus économique (avant les opérations militaires des trois dernières semaines). Ce faisant, on assistait à un curieux spectacle, celui de la seule population occupée (ici encerclée) au monde à subir un siège en bonne et due forme de la part de la communauté internationale.
La guerre et les massacres auxquels elle a donné lieu le montrent : cette méthode a échoué.
Tout en partageant la volonté israélienne de faire cesser la contrebande d'armes du Hamas, la communauté internationale réclame maintenant d'Israël qu'il rouvre les points de passage. Pour que Gaza puisse enfin revivre. Faut-il rappeler que cette revendication se trouvait être la principale requête du Hamas avant la guerre ? Que de vies eût-on pu épargner, que de destructions eût-on pu économiser si on s'était avisé plus tôt que punir une population pour les fautes de ses maîtres ne la mènera pas à choisir la modération.
Obama avait déjà inquiété plus d'un Israélien en estimant, en campagne électorale, que le dialogue était peut-être préférable avec l'Iran plutôt que l'option de la confrontation. Saura-t-il convaincre les Israéliens que leur propre intérêt exige une paix qu'ils ont jusqu'ici refusée, même au très modéré président palestinien Mahmoud Abbas?
(Le Soir)

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