lundi 12 janvier 2009

Bruxelles, un modèle pour la Belgique

Charles Picqué (PS), actuel ministre-Président bruxellois, a été l’une des chevilles ouvrières de la Région bruxelloise. En 20 ans d’existence de l’institution, il en a été à la tête pendant 15 ans, soit trois législatures de cinq ans.
Vingt ans... on dit que c'est l'âge de la maturité. Quel est votre bilan au terme de ces deux décennies de pouvoir régional bruxellois ?
On peut faire aussi bien un bilan positif que négatif Après 20 ans, une certitude : on a évité de faire de Bruxelles une pomme de discorde intra-belge et on a aussi assuré la stabilité d’une institution à laquelle on ne donnait pas beaucoup de chances de succès. A l’époque, la Région bruxelloise avait été le fruit d’un compromis qui, aux yeux de certains, était trop complexe pour survivre. Et pourtant on a assuré l’affirmation économique et internationale de Bruxelles. L’on n’a jamais créé autant de nouveaux emplois qu’aujourd’hui mais paradoxalement on reste avec un taux de chômage trop important. En même temps, la création de la Région a également permis de conforter la place de Bruxelles comme capitale européenne qui avait été très fragilisée. Autre acquis : il y avait un réel déficit démographique et aujourd’hui, on a repassé le cap du million d’habitants. Pour ce qui est des avantages créés pour les citoyens, on a maintenu et renforcé à un très bon niveau les services à la population : les services communaux ont pu être améliorés, les hôpitaux publics ont été développés. Et, ce n’est pas mineur, on a pu gérer, sans trop de tensions et avec peu de moyens, une multiculaturalité qui pose pas mal d’interrogations dans beaucoup de villes d’Europe. Nous avons également mené une politique active de rénovation urbaine, surtout dans la zone fragilisée de part et d’autre du canal.
Voilà pour le positif...
Dans la colonne de ce qui n’a pas répondu aux attentes, on dira d’abord que le financement structurel de Bruxelles n’est pas du tout adapté ni aux missions de capitale internationale de Bruxelles ni aux attentes en matière sociale, notamment. Mais 2009 sera une année charnière pour la survie de la Région bruxelloise dans de bonnes conditions
...Parce que c'est aussi l'année d'une nouvelle réforme de l'Etat ?
Le 20ème anniversaire de la Région arrive précisément au moment où il est devenu inéluctable que seuls des financements nouveaux pourront garantir la réussite des ambitions futures de Bruxelles. Par contre, si rien ne se passe, nous allons au-devant de très sérieux problèmes, en matière de dynamique économique, de résorption des problèmes sociaux, etc.
Voilà ce qui s'apparente à un coup de semonce...
Je vis ce 20ème anniversaire dans une relative satisfaction et en même temps je suis dans un grand état de colère par rapport à l’injustice faite à Bruxelles. La véritable cause des problèmes de qualité de la vie de nos concitoyens nous vient de l’inadéquation des institutions. Je suis irrité par cette obstination chez certains, en Flandre, à nourrir l’ambiguïté selon laquelle Bruxelles n’est pas une Région tout à fait comme les autres ! C’est particulièrement énervant à un moment où l’on a pourtant prouvé notre maturité. C’est encore plus énervant de voir qu’on ne nous accorderait que des strapontins pour participer aux négociations institutionnelles. En 20 ans, nous ne sommes pas parvenus à aborder objectivement, sereinement et suffisamment le problème des relations de Bruxelles avec son hinterland. Néanmoins, et c’est une réelle avancée, je crois que les deux autres Régions sont convaincues de l’importance stratégique de Bruxelles pour leur propre dynamique économique.

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
BRUXELLES TENTACULAIRE
La Belgique a son avenir derrière elle. Bruxelles c'est l'inverse. Qu'on le veuille ou non, Bruxelles tentaculaire finira par devenir cette mégapole, cette communauté urbaine qui un jour touchera le grand Lille, le randstad hollandais (Rotterdam, Amsterdam, Den Haag) et Cologne. L'avenir est aux villes et aux régions, pas aux états nation mais à l'Europe. Bruxelles tentaculaire, est en puissance la Belgique de demain. Flamands et Wallons la regardent Bruxelles comme une ville de province que les premiers méprisent et les seconds courtisent. Qu’ils le veillent ou non, Bruxelles,à terme, est leur avenir. Que Bruxelles s’inspire donc enfin de l’exemple de Lille !

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