mardi 27 janvier 2009

L'homme qui voulait tuer Adolf Hitler

Le film "Valkyrie" sera sur nos écrans ce mercredi. Il retrace une page d'histoire peu connue. Tom Cruise y interprète Claus Von Stauffenberg, le militaire allemand qui tenta de tuer Hitler en juillet 44. Rencontre à Berlin avec le comédien.

La sortie de Valkyrie, ce mercredi sur nos écrans, ne passera pas inaperçue. Le rôle principal de ce film évoquant l'attentat raté contre Hitler, mis sur pied par Claus von Stauffenberg en juillet 44, a été confié à Tom Cruise. Lèvres serrées, bandeau noir sur l'œil gauche, on ne voit que lui, sur les affiches. À Berlin, où a eu lieu le tournage et où devait se tenir la première européenne, la plupart des acteurs principaux l'encadraient, le temps d'une conférence de presse au cours de laquelle il a eu droit à la plupart des questions. Petit florilège…
Quel est le premier souvenir qui vous vient à l'esprit à propos du tournage à Berlin ?
Je me suis senti privilégié de pouvoir tourner dans le Bendlerblock (NDLR : l'immeuble où les conjurés s'étaient réunis et où certains d'entre eux ont été exécutés, la rue adjacente a d'ailleurs été rebaptisée Stauffenbergstrasse). J'ai aussi été me balader en bateau sur le Wannsee : on s'y sent vraiment environné par l'Histoire. Ce film a été un challenge, notamment parce que nous avions la responsabilité de raconter l'histoire, de restituer l'esprit de ces résistants, de la manière la plus fidèle qui soit. En même temps, nous voulions que ce film soit aussi un spectacle.
Avez-vous vu d'autres films consacrés à ce sujet, comme « Stauffenberg » de Sebastian Koch, pour vous préparer ?
Nous avons vu beaucoup de films et de documentaires consacrés à ce sujet. Quand j'ai rejoint le projet, sept mois avant le début du tournage, Chris (NDLR : McQuarrie, le scénariste) et Bryan avaient déjà fait une grosse partie du travail de recherche et de tri. J'en avais fait quelques-unes de mon côté. À partir de là, nous sommes devenus inséparables, nous avons étudié et travaillé ensemble.
La controverse sur la scientologie dont vous avez fait l'objet a-t-elle eu une influence sur le tournage ?
Je m'aperçois d'une controverse quand il y en a une, rassurez-vous. Mais ça n'a rien changé au travail effectué sur ce film. Nous étions là pour faire un film, nous avons essayé de rester fidèles à l'histoire, de nous y consacrer pleinement. Le scénario est incroyable, l'équipe, les gens de Babelsberg et les acteurs l'ont été aussi. La controverse est quelque chose qui a pris place sur un autre plan que celui du film. Je crois juste que ça nous a soudés un peu plus encore autour du projet. C'est mon sentiment, en tout cas.
Vous avez assuré, lors d'une précédente interview, que vous auriez réussi à tuer Hitler. Si vous aviez été von Stauffenberg, qu'auriez-vous fait ?
J'ai surtout dit que j'aurais aimé penser faire mieux. Mais, enfant, je voulais tuer Hitler. Pour avoir assisté à des projections du film aux Etats-Unis et ailleurs, je me suis rendu compte que personne ne connaissait cette histoire. Les discussions qui naissent du film sont passionnées, les gens se demandent effectivement ce qu'ils auraient fait. Je ne connaissais pas cette histoire non plus, avant de la lire. On change évidemment de point de vue, après. Le fait qu'on en reparle, près de 70 ans plus tard, qu'on veuille lui consacrer un film, c'est aussi le signe pour moi qu'ils ont réussi, ces résistants. Pas comme on l'entendrait… Mais le symbole que représente leur action, et l'inspiration qu'elle peut procurer, c'est inestimable.

Le piège von Stauffenberg

© GENDEKSTAETTE DEUTSCHER WIDERSTA/AFP ET D. R. (La libre)
Walkyrie ? Valkyrie ? Walküre ?
Avec V ou W ? En anglais, le film s'intitule Valkyrie. Chez nous, des affiches mentionnent Valkyrie aussi. Dans l'Hexagone, c'est Walkyrie. Les Allemands, eux, ont opté pour Operation Walküre – Das Stauffenberg-Attentat. Comme le titre fait référence au plan qui devait permettre aux nazis de garder la main en Allemagne en cas d'insurrection populaire, on aurait plutôt tendance à préférer le W teuton. D'autant que les divinités féminines chères à la mythologie germanique sont bel et bien des Walkyries et non des Valkyries. Est-ce plus clair comme ça ?
Ce 20 juillet 1944 est un autre jour «J». Le jour choisi pour tuer Hitler. L'attentat doit avoir lieu à la Tanière du loup (Wolfsschanze), près de Rastenburg – alors en Prusse orientale. C'est là que le Führer dirige les opérations militaires. Le lieutenant-colonel Claus von Stauffenberg est au centre de ce stratagème. Depuis des mois, il rassemble autour de lui ceux qui veulent en finir avec le dictateur, dont le général Beck et le maréchal Rommel. Nommé chef d'état-major de l'armée de réserve du général Fromm, von Stauffenberg côtoie Hitler lors des réunions que celui-ci dirige à la Wolfsschanze.
Au matin du 20, von Stauffenberg retrouve à l'aéroport de Berlin-Rangsdorf son frère Berthold et son aide de camp, le lieutenant von Haeften. Ils embarquent à bord du Heinkel 111 qui doit les emmener à Rastenburg. Dans une serviette : les deux bombes de type « Plastit W » qui doivent tuer Hitler. Auparavant, elles devront être amorcées.
Premier contretemps : le point quotidien du Führer est avancé d'une demi-heure. À 12h30 précisément. Mussolini a voulu subitement rencontrer Hitler et discuter du renforcement du front italien. L'ordre du jour a été adapté dare-dare. Le temps pour amorcer les bombes s'en trouve donc dangereusement réduit.
Un subterfuge s'impose. Claus von Stauffenberg a perdu un œil, la main droite et une partie de la gauche en Afrique du nord. C'est en grand blessé de guerre qu'il demande à se rafraîchir et à changer de chemise. On lui offre de s'installer pour quelques instants dans le bureau du général Keitel. Il faut faire vite : se dévêtir pour donner le change, déballer les bombes, les amorcer.
Von Stauffenberg percute un premier détonateur avec une pince spécialement adaptée à sa main handicapée et la glisse dans le pain de plastique. Il essaie d'en faire de même avec le second engin, mais pris de tremblements, suant abondamment, il ne peut y arriver. Dehors on s'impatiente. La réunion va commencer. Le ton monte. Claus von Stauffenberg décide de se contenter d'une seule bombe. Et commet là une énorme erreur.
Autour de la table de réunion, von Stauffenberg demande d'être installé auprès d'Adolf Hitler. Il invoque une surdité consécutive à ses blessures. Seul un officier le sépare encore de sa cible. Il dépose la serviette piégée à ses pieds, contre le support en béton de la lourde table de chêne. Puis von Stauffenberg demande à se retirer. Un coup de fil à donner. Il quitte la pièce alors qu'un autre officier prend sa place et… pousse la mallette piégée. Le temps de retrouver son aide de camp et la bombe explose. Le toit du baraquement où se tenait la réunion est soufflé. Les SS se précipitent pour porter secours. Une première civière apparaît, portant un homme recouvert de la gabardine de Hitler. Fébrile, von Stauffenberg croit reconnaître le Führer. C'est sa seconde erreur.
Mais pour l'heure, Claus von Stauffenberg et le lieutenant von Haeften ont réussi à franchir l'enceinte qui protège la Tanière du loup. Sur le chemin, ils se sont débarrassés de l'autre bombe. La suite de l'opération « Valkyrie » – qui doit organiser la transition armée en attendant de faire la paix avec les Anglo-Américains tout en poursuivant la guerre contre les Russes – n'est plus qu'une question de minutes. Mais la confirmation de la mort d'Adolf Hitler se fait attendre. Elle ne viendra pas. L'opération « Valkyrie » tourne à la catastrophe.
Parmi les morts et les blessés, Hitler est toujours vivant. C'est avec un bras partiellement paralysé qu'il va recevoir Mussolini. Le pied de la lourde table l'a protégé. Il s'était de surcroît éloigné de l'engin. Le fait que la réunion ait eu lieu dans un chalet de bois en raison de la chaleur, et non dans le bunker, a permis d'atténuer la puissance de l'explosion. Mais peut-être eût-il suffi de ranger dans la serviette piégée la seconde bombe pour qu'elle tue le Führer. Même non amorcée, elle aurait renforcé l'explosion.
Au cours de la nuit suivante, Adolf Hitler annoncera à la radio la répression des semaines à venir. Elle sera terrible.
Les pans d'histoire dont on est fier… ou non

Qu'est-ce qui a bien pu pousser les gens de la Fox à concevoir une conférence de presse avec autant de « talents », comme disent les Anglo-Saxons pour désigner les acteurs ? Ils sont onze, dans la salle de bal d'un grand hôtel de Berlin. Onze, flanqués pour faire bonne mesure de Bryan Singer, Christopher McQuarrie et Nathan Alexander, respectivement réalisateur et producteur, scénariste et producteur, et scénariste tout court de ce Valkyrie appelé au minimum à redorer le blason de Tom Cruise. Le gros de la troupe n'a le temps que d'un bref commentaire. Tantôt humoristique pour certains, comme Eddie Izzard qui joue le général Erich Fellgiebel. Ému pour d'autres, comme Terence Stamp qui est Ludwig Beck : «J'ai été présenté à la fille de von Stauffenberg, née peu de temps après l'exécution de son père. Elle m'expliquait qu'il pensait ne pas réussir, mais que pour sauver l'Allemagne, il fallait au moins qu'on sache dans le monde que Hitler avait des opposants.» Une plaque commémore l'exécution des principaux conjurés à proximité de l'immeuble où ils se réunissaient.
D'émotion, il en a souvent été question, lors de cette conférence de presse. Difficile, quand on tourne sur les lieux où les événements ont pris place, de ne pas se sentir portés par quelque chose. Pour Chris McQuarrie, c'est par une visite au Bendlerblock en 2002 que l'aventure et le voyage ont commencé. « Venir travailler sur les lieux de l'époque constitue une intense source d'inspiration. Nous tournions depuis quelques jours quand la grand-mère d'un des techniciens est venue nous voir avec un album de photos. Elle nous a décrit sa vie de jeune fille à l'époque, comment son père, qui avait pris part à cette conspiration, avait été exécuté… C'est à ce moment-là que nous avons commencé à percevoir l'esprit de ces gens que nous allions montrer à l'écran.»

Humour et sensibilité
En guise de premier souvenir du tournage berlinois, Bryan Singer évoque la scène au cours de laquelle Stauffenberg quitte le QG de Hitler pour l'aéroport. « Nous étions dans cette voiture d'époque qui tombait sans cesse en panne. Je n'avais jamais réalisé de film historique (NDLR : à 43 ans, il a notamment concocté deux X-Men et le retour de Superman, en 2006). Je me suis retrouvé face à un challenge, et j'ai réalisé ce que ça devait être de vivre à l'époque, sans toutes les facilités technologiques dont nous disposons aujourd'hui. » L'enthousiasme des techniciens et des acteurs allemands (dont Philipp von Schulthess, petit-fils de Stauffenberg) n'a pas réellement surpris le réalisateur : « J'ai autant pu apprécier leur sens de l'humour, malgré le sujet dont nous traitions, que leur sensibilité. Von Stauffenberg devait être quelqu'un de cette sorte. »
Difficile, en ce début d'année, de ne pas évoquer le nouveau président américain quand on croise un de ses concitoyens. Bryan Singer ne coupe pas à la question : « J'ai eu le plaisir de rencontrer Barack Obama il y a quelques années, dans l'intimité d'un restaurant. Je suis sidéré aujourd'hui quand j'y repense, qu'il soit devenu président… Vous savez, chaque pays a ses pans d'histoire dont il n'est pas fier. Pour nous, c'est l'esclavagisme et la ségrégation raciale. Voilà aussi pourquoi il est très important qu'il soit devenu président. »

Un historien allemand de renom compare le scientologue Tom Cruise à Goebbels le ministre de la propagange des nazis
(Libé)

Après la diffusion d'une vidéo où l'acteur fait un discours devant des membres de la scientologie, l'historien allemand de renom Guido Knopp l'a comparé au ministre nazi de la propagande.
L'historien allemand de renom Guido Knopp a comparé l'acteur et membre de l'église de la scientologie Tom Cruise au ministre nazi de la propagande Joseph Goebbels, dans un article paru dimanche. "Tom Cruise se met en scène comme Goebbels", a dit à la Bild am Sonntag l'expert de la Deuxième Guerre mondiale après avoir visionné une vidéo où la vedette hollywoodienne fait un discours devant des membres de la scientologie.

Dans cette vidéo qui remonte à quatre ans, visible sur l'internet et dont Bild publie des photos, Tom Cruise en costume, chemise et cravate noirs, adossé à un pupitre en marbre et dorures orné du symbole de la scientologie et avec derrière lui une énorme carte du monde, lance : "Should we clean this place up?" ("Devons-nous nettoyer ce monde ?"). Une foule l'accueille avec un "Yes" ("Oui") massif.

"Il est possible que la manière de parler de Cruise soit assez courante dans nombreux “mouvements d'éveil” aux Etats-Unis," mais "par la force des choses, cette scène rappelle pour chaque Allemand qui s'intéresse à l'Histoire le tristement célèbre discours de Goebbels au Palais des sports," souligne Knopp dans le journal. Le 18 février 1943, Goebbels avait hurlé dans le Palais des sports de Berlin : "Voulez-vous la guerre totale ?", approuvé à l'unanimité par une foule en délire.
(Extrait - liberation.fr du 20 janvier 2008)
La récente présence à Berlin de l'acteur hollywoodien Tom Cruise, venu incarner pour un tournage le héros anti-nazi Claus von Stauffenberg, avait fait polémique, en raison de son appartenance notoire à la scientologie.
Depuis plus de dix ans, l'Allemagne est engagée dans un bras de fer avec l'organisation fondée en 1954 par l'auteur de science-fiction américain Ron Hubbard. Très controversée, elle n'est pas reconnue comme une église, contrairement aux Etats-Unis, et est régulièrement accusée d'être une secte dangereuse par des experts et services de renseignements intérieurs internationaux.

Selon une biographie explosive de Tom Cruise venant de paraître aux Etats-Unis, mais non autorisée et dont la plupart des informations ont été démenties par la scientologie, l'acteur serait le numéro deux de l'organisation.

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
OPERATION SCIENTOLOGY
Valkyrie sort demain sur les écrans bruxellois. Il a pour sujet le célèbre attentat raté contre Hitler perpétré par l’officier aristocrate Claus von Stauffenberg du 20 juillet 1944, dont le courage, sauva symboliquement l’honneur perdu de l’Allemagne », est célébré en Allemagne par un jour de congé légal.
Le rôle est interprété par le très controversé tom Cruise dont les critiques qui ont vu le film disent dès à présent qu’il n’a pas le génie de comédien qu’il aurait fallu pour incarner ce personnage d’exception. C’est que l’ « opération Valkyrie » semble bien cacher une « opération scientologie » dont Cruise est un représentant emblématique ainsi qu’en témoigne un surprenant article de Libération. Cette vaste opération de propagande en faveur de cette secte qui a pignon sur rue à Bruxelles (elle occupe(ra) un élégant immeuble de boulevard de Waterloo) digne de Goebbels est dénoncée par certains médias en Allemagne. Une occasion intéressante de se pencher sur un double problème, celui de la résistance allemande pendant la guerre et celui de l’impact de la très inquiétante « scientologie »

Aucun commentaire: