vendredi 16 janvier 2009

Sont-ils devenus fous ?

(AFP)
Sont-ils devenus fous ? Quand, donc, les Israéliens comprendront-ils que leur folie meurtrière ne leur vaudra que plus de haine, plus de terrorisme ? On aimerait utiliser l'expression « nous restons sans voix » devant de telles horreurs, mais non, notre devoir de citoyen du monde nous impose de parler, de crier, notre opposition, notre hostilité aux méthodes de guerre israéliennes.

Chaque jour apporte son lot d'informations plus consternantes les unes que les autres. Ce jeudi matin, on apprenait que le siège de l'Unrwa, l'agence de l'ONU qui aide les réfugiés palestiniens (deux tiers de la population gazaouie), avait été bombardé. Au moment où arrivait à Jérusalem le secrétaire général Ban Ki-moon, qui n'a pu que se dire « scandalisé »… !

L'immeuble bien identifié abritant les agences de presse internationale a lui aussi été bombardé hier, faisant des blessés. Et un hôpital a pris feu après avoir été bombardé. Cela alors que l'offensive terrestre progressait encore, provoquant de nouveaux morts et l'exode – mais vers où ? – de milliers de civils. Le nombre de tués approche les 1.100, les blessés 5.000. Un tiers des victimes sont des enfants. Des chiffres que Ban Ki-moon a qualifiés d'« insupportables ».

La prestigieuse revue médicale britannique Lancet, qui n'a pas pour coutume de se mêler de politique, n'a pas pu s'empêcher de publier un éditorial cinglant mercredi, sur les « atrocités » israéliennes, et affirme entre autres que « les normes internationales du comportement humanitaire en situation de conflit ont été foulées au pied ».

Neuf des principales organisations israéliennes défendant les droits humains ont émis mercredi une protestation contre « les graves violations du droit humanitaire international commises par les forces israéliennes », osant braver le consensus national israélien.

Ce consensus choque. Les images de ces touristes israéliens venant sur les hauteurs de Sderot assister, la mine satisfaite, aux « exploits » de leur armée mettent mal à l'aise. Les organisations mentionnées sauvent l'honneur d'Israël. Comme quelques journalistes et intellectuels israéliens.

Les accusations des Israéliens et de leurs défenseurs concernant l'« indignation sélective » d'un monde qui se serait tu pour la Tchétchénie, le Darfour ou le Congo en disent long. Des Omar el-Béchir, président du Soudan, ou Jean-Pierre Bemba, chef de parti congolais, sont tous deux accusés à La Haye de crimes contre l'humanité. Les responsables israéliens de la boucherie de Gaza pourraient bien se retrouver un jour sur le même banc d'infamie.
(Baudouin Loos, Le Soir)

1 commentaire:

Anonyme a dit…

OUI, OUI ils sont devenus fous!

Et ils nous rendent fous. Sous nos yeux, en direct, un peuple est massacré. Des enfants, des femmes, par centaines, déchiquetés, mutilés. Des familles, des civils, vous et moi, cibles d'armes crapuleusement meurtrières. Des écoles, des hôpitaux, des mosquées, l'université, ... et même un cimetière. Que d'erreurs ... chirurgicales, disaient-ils.

Il est facile de se lamenter sur les génocides, les crimes de guerre, les infamies d’hier. Ils sont les lâchetés de nos Pères. Un autre temps, brutal, inhumain.
On pleurera plus tard. Aujourd’hui, on se tait. On donne du temps « pour accomplir des objectifs ». Quels objectifs ?

Et voilà un demain possible :
Le présent des Indiens d’Amérique
Ou des Aborigènes, en Australie,
L’avenir des … :

Mon grand père est mort ce matin.
Il avait cent ans.
Il a traversé le siècle.
Il était né en 1993, le 13 septembre.
Il n’a pas voulu mourir à Gaza en janvier 2009.
Il a choisi de vivre.
Il l’a crié et écrit à Hanieh.
Ils étaient nombreux à vouloir la vie.
Le Hamas a levé le drapeau blanc.
Tous les Palestiniens ont levé le drapeau blanc.
Tous les Palestiniens ont reconnu la défaite … militaire.
Tous les Palestiniens ont reconnu Israël.
Tous les Palestiniens ont voulu vivre en paix.
La Communauté internationale s’est engagée:
Nous aurons un état.
Négociez et vous aurez un état.
Renoncez à la violence et vous aurez un état.
Nous avons renoncé à la violence et nous avons négocié.
Ils ont dit: ce sera un processus long et lent, mais vous aurez un état.
Ils avaient raison: le processus fut long et lent, tellement lent … qu’il n’est pas encore terminé, mais on négocie encore.
Il nous reste deux, trois villes et quelques villages.
Nous avons beaucoup de voisins … israéliens.
Ils habitent des colonies,
De vrais démocrates.
Les seuls démocrates du Moyen Orient.
On les aime bien.
Ils nous aiment, car on est paisible.
On est devenu paisible.
Ils nous promettent, chaque année, un peu de terre.
Pour nous, aussi, c’est le Terre Promise.
Et oui “Un tiens, c’est moins bien que DEUX tu l’auras”:
Notre nouvelle devise nationale!
Mon grand père, après un autre bombardement massif, en 2018, a été soigné en Belgique, où il est resté. Blessé par des armes belges. Soigné par des médecins belges. On te fauche d’une main, on te soigne de l’autre.
Il a failli mourir à Gaza.
Il ne voulait plus vivre à Gaza.
Il ne voulait surtout pas y mourir.
D’autres aussi sont partis.
Ils ont refusé de vivre en Cisjordanie.
Ils ne voulaient surtout pas mourir en Cisjordanie.

Ce matin, j’ai fait des démarches auprès de l’Ambassade d’Israël à Bruxelles.
Dernière volonté de mon grand père: être enterré à Gaza.
Ils ont refusé que je rapatrie le corps.
Il aurait aimé être enterré, de préférence, dans la réserve Mechaal-Hanieh (Ex-Gaza), ou même dans la réserve Arafat-Abbas (Ex-Cisjordanie).
Il n’avait qu’à mourir à Gaza! m’a lancé l’employé de l’Ambassade.

Non, mon grand père n’a pas voulu mourir à Gaza.
Il a voulu vivre à Gaza,
Entouré des oliviers de son grand père.
Il ne pouvait plus vivre à Gaza.
Il n’est pas mort à Gaza.
Il ne peut pas être enterré à Gaza.
Nous n’avons plus de cimetière à Gaza.
On n’a plus le droit de mourir à Gaza.
A la mort, on expulse les corps.
Il n’y a plus de place pour les Arabes dans l’ex-Gaza.
Il faut attendre la fin des négociations.
Et il y aura un … parking humanitaire,
L’Obama Refugee Camp,
Pour les 129 871 Palarabes qui restent.

AA