samedi 31 janvier 2009

Un journalisme mis au pas ?

Pascal Durand (ULg) , Benoit Grevisse (UCL) , François Heinderyckx (ULB) , Claude Javeau (ULB) , Jean-Jacques jespers (ULB), Hugues le Paige (revue politique), Gabriel Ringlet (UCL), Martine Simonis (AJP), Marc Sinnaeve (Ihecs).

Le brutal licenciement signifié sans motif, le jeudi 22 janvier, à quatre journalistes chevronnées de l’hebdomadaire "Le Vif /L’Express" n’est pas qu’une péripétie douloureuse au sein d’une grande entreprise, comme il s’en déroule hélas chaque jour dans le pays. La mise à l’écart de collaboratrices qui comptent jusqu’à vingt ans d’ancienneté au sein du magazine, et qui en ont forgé les valeurs autant que la réputation, relève en l’occurrence d’une épuration dont les intentions manifestes sont inquiétantes pour la liberté rédactionnelle du "Vif" en particulier et pour le journalisme en général.

Le directeur du "Vif/L’Express", qui s’était déjà signalé antérieurement à "Trends/Tendances" par une propension à distribuer des C4, et qui en est, au "Vif", à 6 licenciements, 2 départs et 2 déplacements imposés, l’a précisé lui-même : aucune raison économique ne l’a poussé à congédier la rédactrice en chef et trois rédactrices spécialisées l’une en politique intérieure, l’autre en sciences, la troisième en culture. Invoquant des relations dégradées entre l’équipe de rédaction et la rédactrice en chef, la direction - qui n’a pas réussi à résoudre ces problèmes - a choisi la manière la plus radicale d’y mettre fin. Le prétexte est non seulement léger mais, en outre, il ne concerne pas toutes les journalistes concernées. La valse des licenciements, entamée au "Vif" voici bientôt trois ans, traduit en réalité une obsession constante : mettre au pas la rédaction du premier magazine d’information générale de la Communauté française, qui avait précisément fondé sa crédibilité sur une totale indépendance d’analyse et de jugement, tant à l’ égard de ses propres actionnaires - le groupe flamand Roularta - que vis-à-vis des différents pouvoirs, politiques comme économiques, de la société belge.

Durant plus de deux décennies, "Le Vif/L’Express" a pu défendre un journalisme exigeant, soucieux d’abord de la pertinence et de l’utilité, pour ses lecteurs, des sujets qu’il abordait. Au nom de cette éthique, il pouvait parfois estimer nécessaire de fâcher un annonceur, de heurter un ministre ou de consacrer une couverture à un thème moins vendeur. Tout cela n’est plus allé de soi dès l’instant où, inquiétée par une légère érosion des ventes, la haute direction de Roularta s’est laissée convaincre qu’il fallait remplacer les journalistes expérimentés, couper les têtes qui dépassent, et faire de la docilité aux impératifs économiques de l’entreprise un credo admissible.

L’éditeur du "Vif" n’est pas le seul à déposséder ainsi la rédaction de sa capacité à penser ses priorités et à définir ses champs d’action. En Belgique comme à l’étranger, trop d’entrepreneurs de presse choisissent, parfois sous le prétexte des difficultés économiques, d’appauvrir les contenus, de réduire les effectifs, de se priver de plumes critiques et d’esprits libres, de mettre au placard des talents fougueux, et de préférer des chefs et sous - chefs soumis.

"Le Vif" n’est pas le seul, mais il est l’unique hebdomadaire d’information générale largement diffusé en Communauté française. Ceux qui l’épuisent aujourd’hui de l’intérieur portent à cet égard une responsabilité devant l’ensemble de l’opinion.

A l’inquiétude pour l’avenir de ses journalistes chassés, mais aussi de ceux qui restent, s’ajoute la stupéfaction face à la brutalité sociale : convoquées un soir par un SMS sur leur portable, les quatre licenciées ont été renvoyées sur le champ de grand matin, avec interdiction formelle de repasser par la rédaction pour emporter des effets personnels. Deux heures sous surveillance leur ont été concédées, le samedi suivant, pour cette besogne. De quelle faute gravissime, de quel délit, ces quatre là étaient-elles donc coupables pour mériter un tel mépris ? Rien ne justifie une telle violence dans les relations sociales, qui en l’occurrence se double d’un réel mépris pour le droit du travail et contraste avec l’image de la paisible entreprise familiale qu’aime à se donner Roularta. La réaction de la Société des Journalistes du "Vif" - qui observait dès jeudi un arrêt de travail - comme le soutien inconditionnel de l’Association des Journalistes Professionnels et des syndicats, indiquent que la limite de l’acceptable a été franchie.

La crise financière, la chute des revenus publicitaires, la diversification technologique des médias et les investissements qu’elle réclame ne pourront jamais justifier à nos yeux que le journalisme soit réduit à sa seule valeur économique, que les journalistes ne soient plus les chiens de garde de la démocratie mais seulement des petits soldats zélés chargés de vendre des contenus formatés pour les impératifs commerciaux à court terme. Nous avons besoin de rédactions expérimentées, en effectif suffisant, libres et indépendantes. Comme nous avons davantage besoin de matière grise, d’expertise, de culture et de réflexion journalistique étayée que de mise en scène spectaculaire de papiers consensuels et vulgarisés à l’extrême pour plaire au plus grand nombre. Les comportements de certains managers et les plans d’économie concoctés au nord comme au sud du pays ne vont pas dans ce sens. Maintenons à nos médias leurs capacités intellectuelles : respectons les journalistes !

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
LE RETOUR INATTENDU DE LA PRESSE D’OPINION
«La Libre (comme le Soir d'ailleurs) avait commencé par refuser de publier cette Carte blanche, qui a donc circulé sur la Toile. Rien de bien subversif pourtant ! On aimerait avoir une explication de ce refus... puis du revirement ! » lance un lecteur faisant un écho à un billet circulant sur la toile depuis quelques jours :

«Les auteurs de ce texte sont tout aussi consternés par cette dérobade que par les faits qui ont motivé la rédaction de cette carte blanche ont entrepris de la faire circuler par tous les moyens disponibles. » Motif ?« Sa circulation démontrera la vanité de toute tentative d’étouffer le débat sur l’avenir du journalisme dans notre société. » Le mot est fort ! On peut se demander s’il est vraiment pertinent de faire tant de vagues autour d’une affaire de « refus de cartes blanche » qui semble avoir mis la blogosphère en grande émoi à en juger par la teneur de divers commentaires, notamment dans la Libre ou les dénégateurs de la RTBF se sont déchaînés.

«Tout mon soutien aux journalistes virées. Tant sur la forme que sur le fond, je regrette cette décision incompréhensible.» lance un lecteur dont nous partageons l’indignation tout en la nuançant.

En effet, à l’occasion de la parution dans le Vif d’un dossier au titre inutilement provocateur («l’islam gangrène l’école») Divercity avait réagi assez «vivement» contre ce titre aussi racoleur que scandaleux. Il avait suscité une réaction forte de ALI DADDY sous forme d’une carte blanche publiée par Libre Belgique. A la suite de celle-ci, ALI DADDY avait tenté, sans succès d’inviter la directrice du vif et son équipe à participer à un dialogue à l'occasion d'une rupture de jeune paisible et sereine. Il essuya un refus sec, assimilant cette rupture du jeûne à "une orgie romaine" et surtout une fin de non dialoguer. Au cours de sa conférence sur le thème de Islam et la laïcité, à la maison communale de Schaerbeek, Abdelaziz Kacem intellectuel tunisien lettré et modéré et laïc de conviction s’insurgea à nouveau contre ce titre et ce dossier faisant valoir qu’il eut fallu titrer le cas échéant «l’islamisme gangrène l’école» ce qui est tout à fait différent. En l’occurrence, Divercity avait dénoncé une attitude journalistique participant de ce goût de la «mise en scène spectaculaire de papiers consensuels et vulgarisés à l’extrême pour plaire au plus grand nombre.»

Il nous avait semblé qu’à cette occasion bien précise, soulignons-le, que l’équipe rédactionnelle du Vif n’était pas précisément composées de « chiens de garde de la démocratie mais seulement des petits soldats zélés chargés de vendre des contenus formatés pour les impératifs commerciaux à court terme».

Nous l’avons écrit, en toute liberté et en nous insurgeant précisément contre un manque d’éthique et de déontologie.

Revenant sur cette affaire, un lecteur écrit : « Dorothée Klein avait autorisé et approuvé, il y a peu, un article très critique sur les dérives de l'islam dans notre pays. Le fait que le directeur de Roularta s'appelle Amid Faljaoui n'est peut-être pas tout-à-fait étranger à ces licenciements.»

Le raccourci nous paraît excessif comme beaucoup de choses d’ailleurs exprimées par les lecteurs du quotidien dans lequel la page blanche fut finalement publiée après que beaucoup l’eurent lue sur la toile.

Cela dit les avis des lecteurs de ce grand quotidien sur la rédaction du Vif sont assez divergents :

Une lectrice habitant a Anvers écrit : « j'étais très curieuse et impatiente de lire tous les vendredis l'éditorial de Dorothée Klein qui donnait enfin l'impression que quelqu'un de l'autre côté de la frontière linguistique comprenait les problèmes belgo-belges et s'intéressait à trouver une véritables solution.» Une autre de surenchérir :

«Elles ont été licenciées par leur patron flamand parce qu'elles avaient le courage de dénoncer les exactions flamandes contre la minorité francophone. C'est la résistance francophone qui est attaquée. La Flandre veut mettre la Wallonie et Bruxelles au pas en muselant la presse indépendante. » En revanche, un autre correspondant lance «En même temps, on ne va pas regretter Dorothée Klein qui chaque semaine déverse son fiel sur la Belgique qu'elle désire ardemment voir disparaître pour avancer les "frontières naturelles" (de triste mémoire) de la France.»

Et quelqu’un de lancer sans nuance: «Il doit en être de même pour les trois autres, tant ce magazine est un torchon francolâtre et liberticide.»

Un autre précise «Depuis un certain temps, le Vif emploie un ton moins convenu et ose traiter des sujets tabous (pour qui ?), ce qui me convient parfaitement.»

«Je crois que les journalistes ont été virées en raison de leurs prises de positions relatives à la politique intérieure belge. Il me semble que la vraie question est de savoir comment et par qui l'hebdomadaire est arrivé dans le patrimoine du groupe flamand roularta. »

«Liberté d'expression, liberté de la presse, il y a trop de gens qui en abusent pour aller pondre de véritable torchon totalement irrespectueux simplement pour chercher le scandale. Ca vend tellement bien.»

«Ouimaisnon» omniprésent sur les forums de la Libre saisit une nouvelle occasion pour décocher une flèche vénéneuse, une de plus : «Quand l’ULB organise une campagne comme celle-ci (voir les signataires), je ne vois pas ce qu’il y a de mal à en déduire que c’est une campagne franc maçonne. Quant au fait de constater que la franc maçonnerie est un mouvement occulte, élitiste, non démocratique, infiltré partout dans les rouages en Belgique, et que c’est donc quelque chose de très dangereux pour une démocratie, expliquez-moi en quoi ce discours serait d’extrême droite ? En me définissant, si vous le pouvez, ce terme d’extrême droite. Les francs maçons de l’ULB ont encore réussi à embrigader Ringlet dans leur croisade, pour faire croire qu’ils ne seraient pas trop marqués idéologiquement dans cette démarche. Espérons alors que leur prochaine cible sera la RTBF, média officiel de la Belgique francophone, mais infiniment plus concerné par l’absence de neutralité et de diversité d’opinions journalistiques. Le plus scandaleux, en Belgique francophone, c’est que le média public, payé par tous les citoyens, ne respecte pas du tout une neutralité, mais propage largement le point de vue d’une seule partie de la population. Tout en caricaturant ce que pensent d’autres citoyens. Pour les cathos, se faire critiquer ou caricaturer, semble devenu un véritable sport national en Belgique, une chasse ouverte toute l’année. Mais devoir en plus payer pour cela, vous avouerez que c’est fort de bouchon.» et un autre lecteur de surenchérir : «Tout à fait d’accord avec vous. Et la cathophobie ambiante en Belgique, relève du vrai déni de démocratie dans le cas de la RTBF. Je vous suggère de chercher, sur un mois d’émissions de ce média, les rares moments, présentant de manière favorable ou simplement objective, la religion ou l’Église catholique.» et le premier d’ajouter « Je n’aime pas les régimes qui imposent leur pensée, via un service public. Je n’ai pas besoin d’un ‘service public’ pour m’informer sur ce qui se passe en Belgique ou dans le monde, ni surtout pour me dire ce que je ‘dois’ en penser. En tout cas, j’attends toujours l’opinion de ces profs d’univ’ sur ce système d’information publique, tel que pratiqué en communauté française. Comme nous sommes obligés de payer très cher pour cela, je crois sincèrement que cela intéresse plus de monde que ce que peut faire le Vif, librement. J’achète le Vif si je le veux. Je dois payer pour la RTBF, même si je n’en veux pas. C’est cela votre liberté ? » Quelqu’un corrige « La RTBF a fait de toute façon beaucoup de progrès. Vous ne dîtes rien de BEL-RTL et surtout RTL-TVi qui elle fait du matraquage Libéral à tout crin! Indignation sélective?»

Excédé par cette prose à relents franchement «rexistes», un lecteur mouche «Ouimaisnon» et ses laudateurs de belle façon : «Les francs maçons!! cause de tout et les gauchistes, cause de tout! langage typiquement d'extrême droite. Je comprends un peu mieux votre idéologie. Dommage que tout le monde ne s'en rende pas compte. Question totalitarisme, vous vous y connaissez, y compris dans le langage. Vous tapez sur le même clou, il en restera toujours quelque chose! tactique simpliste mais qui fonctionne. Bravo… Mais exprimez-vous, vous vous avez le droit d'envahir tous les forums de vos analyses de haute voltige et parfaitement excessives donc vaines.»

Et «ouimaisnon» infatigable de riposter :

«Le Vif est une entreprise privée et commerciale qui n’a rien à voir avec par exemple le service public qu’est la RTBF. À propos d’indépendance, selon certaines sources, Mr Faljaoui serait très proche d'Elio Di Rupo et Mme Laurent serait également étiquetée socialiste (son mari ayant été le porte-parole de Guy Spitaels). Selon certains, le Vif n’aurait pas été tendre avec le PS à propos des affaires ces dernières années et aurait été trop critique vis-à-vis de la Flandre. Ceci expliquerait cela.»

«S'il est évident que la rédaction garde la mainmise sur la publication ou non de "Cartes blanches", le refus de Michel Konen dans ce cas-ci apparaît tout de même nébuleux, et surtout sa justification!Une "Carte blanche", par définition, n'engage pas la rédaction. »

Il n’en demeure pas moins que, sans engager la rédaction des prises de position extrêmes comme celles que nous avons reprises donnent désormais le ton d’un journal. Si dénégateur de service « Ouimaisnon », cet « esprit qui toujours nie» à l’instar du Mephisto de Goethe « gangrène » les forums à tort et à travers, cela n’est pas sans ternir indirectement l’image du journal qui n’a aucun moyen de le « virer ». A moins d’instaurer, comme le fit Libération une modératrice qui arbitre les débats sur les forums en y faisant régner les bonne règles de la déontologie journalistique.

«Cette "carte blanche" publiée manifestement à contrecoeur pose quand même les bonnes questions, non? » Assurément et c’est en effet un mérite non négligeable et un coup de semonce qui surgit à point nommé face à la montée des périls résultant d’une crise qui par son ampleur, plus que par sa nature rappelle celle qui a suivi la crise de 29 en Europe.

« La publier un jour plus tard, en arguant du fait qu'elle a fait le tour d'Internet, m'apparaît comme une occasion franchement ratée. C'est reconnaître que c'est Internet qui fait l'info, le débat et l'actualité!!! C'est donc dévaloriser son propre organe de presse et rater une belle occasion de susciter le débat. Décidément, la presse est vraiment mal à l'aise avec elle-même!»

«Pour une "gazette libre" sur internet, je m'abonne. » lance un lecteur. Mais c’est qu’elle est tellement libre, la gazette internet que toutes les outrances y sont permises à telle enseigne qu’à plus ‘une reprise « le sommeil de la raison engendre des monstres »(Goya)

"journalisme mis au pas" ... ça donne plus vraiment envie de s'insurger».

«Il faut défendre tous les médias car en les défendant vous défendez la liberté d'expression et votre liberté "tout court". Le droit de s'exprimer librement n'a pas été facile à obtenir et du coup il est devenu un droit fondamental reconnu au peuple belge et repris dans sa constitution. »

«Sachez que les oppresseurs commencent toujours par "casser les rotatives"...»

«Face à l'évènement du VIF/L'EXPRESS, soyons vigilants.»

Que conclure de tout ceci ? Que de toute évidence, la presse d’opinion est de retour par le biais des forums virtuels et des courriers de lecteurs.

Si, de manière, les rédactions adoptent de manière générale un ton assez « neutre », tant dans les feuilles de qualités que dans la presse populaire, en revanche les opinions les plus tranchées s’affrontent, souvent avec violence sur les forums de lecteurs. Le citoyen critique et indépendant qui veut comprendre l’évolution de ce pays a grand intérêt à les consulter régulièrement. Que les rédactions prennent garde : la version virtuelle a en effet désormais cette « supériorité » sur la version papier qui en perd une partie de son intérêt. On a souvent fait remarquer, par exemple, que de De Standaard et De Morgen se distinguaient moins par les contributions journalistiques (celles de journalistes souvent jeunes formés dans les mêmes écoles partageant les mêmes valeurs et les mêmes idées) que par l’orientation des cartes blanches et les outrances de leur lectorat. C’est ainsi que la Libre en est venue à fermer son forum sur Gaza pour éviter les procès en diffamation. On comprend que Libé ait engagé une médiatrice pour arbitrer les pugilats verbaux entre lecteurs. C’est que de par les outrances de leur lectorat, nos quotidiens redeviennent des feuilles d’opinion où se déchaînent les passions les plus outrancières.

On entend dire aussi que beaucoup de journalistes, pour éviter de déplaire à la direction pratiquent une forme de retenue qui frise l’autocensure. C’est une dérive redoutable qui donne envie de plagier le mot que l’on dit apocryphe de Voltaire. Non Madame Klein, je ne me bats pas pour défendre vos idées que je ne partage pas mais pour que vous puissiez, librement les exprimer l Combien de bloggeurs et d’internautes ont-ils l’esprit voltairien ?
Combien souscrivent à la devise du Figaro «Sans la liberté de blâmer il n’est d’éloge flatteur». (Beaumarchais)

C’est pour cette raison et aucune autre que Divercity s’insurge contre toute mise au pas de journalistes mais estime que toute dérive populiste voire raciste ou xnophobe mérite d'être sanctionnée.
MG

5 commentaires:

Alain Verse a dit…

Oui, mais,

Le monde du journalisme est un nid éternellement bouillonnant. Et les sujets tabous sont...tabous parce qu'ils fâchent. C'est bien là leur but.

Un constat m'alarme : la blogosphère refait version web la même erreur qu'il y a 60-70 ans. A cette époque, le catholiscisme était réputé intouchable et une certaine gauche caviar n'en finissait pas de tirer dessus. Aujourd'hui, rebelote avec une religion d'Orient que l'on tente de déclarer intouchable sous prétexte de racisme. Démonstration avec le peu recommandable MRAX qui est manifestement aux antipodes de la neutralité, loin s'en faut.

Et quand la presse s'en mêle, du coup cela devient du racisme. C'est court et dramatiquement injurieux pour le pays. Il va falloir être très vigilant pour conserver nos aptitudes critiques.

Il est temps de revoir notre démocratie. Si il y a des adeptes du multiculturel, excellent. Mais il est hautement souhaitable et davantage démocratique de ne pas IMPOSER des idéologies dites "nouvelles" et surtout venues d'ailleurs, à ceux qui n'en veulent pas. Trop lourd pour certains militants...

DiverCity semble légèrement nuancé. Mais que faites vous des "autres" belges ?

Alain VERSE
Valmont

Anonyme a dit…

@ Alain Verse

Quels sont les "autres" Belges?

Y aurait-il plusieurs catégories de citoyens dans notre pays?

Ahmed Adrioueche
Un Belge "autre"?

Alain VERSE a dit…

Monsieur Adrioueche,

A voir certaines associations ou mouvements, je crains hélas qu'il y ait effectivement un militantisme appuyé pour cataloguer les citoyens et créer des ghettos, électoralement porteurs. Pensons aux derniers évèments turco-arméniens, pour ne citer qu'un infime exemple, où la ghettoïsation est particulièrement affirmée, rue par rue...

Ces associations restent très éloignées de la "DiverCity" telle que vous la prônez avec justesse. Elle rejette en fait cette diversité au profit d'un militantisme politique trop souvent éloigné des valeurs occidentales. Que pensez-vous des "crimes d'honneur", du clanisme albanais, et à la chaude ambiance inter-ethnique qui règne sur la mosaïque africaine (Rwanda & Co)?

Par bonheur, tout le monde n'y adhère pas et de louables efforts sont fournis pour gérer au mieux cette difficile diversité. C'est déjà cela de pris.

Quant aux belges n'ayant rien à voir avec le reste du monde, ils sont là au milieu du gué et doivent contempler un spectacle qui leur échappe. Il n'existe curieusement pas beaucoup d'associations pour leur donner du moral. Un militant m'a déjà affirmé que, des "gens comme nous, les occidentaux", n'avons besoin de rien, car "on est riche et on a tout". En clair, nous avons le tort d'être là où on est né. Est-ce cela l'acceptation de la diversité ?

Cordialement
Alain VERSE
Valmont

Anonyme a dit…

REPONSE DE DIVERCITY
Beaucoup de partis ont un discours volontiers interculturel et cosmopolite mais pratiquent sur le terrain une politique outrancièrement communautariste. C’est à dire qu’ils attirent sur leurs listes électorales, singulièrement au niveau des scrutins communaux, des candidats dits ethniques susceptibles de racoler des voix dans leurs communautés respectives. Les Turcs vont à la chasse aux voix turques les Marocains à la chasse aux voix marocaines et ce avec la bénédiction de Rabat et d’Ankara. Il est arrivé que, ce faisant, des candidats défendant des thèses islamistes figurent en place éligible. C’est une politique à court terme qui risque d’avoir à long terme des conséquences désastreuses. Divercity s’insurge contre de telles politiques et ne manque pas de le proclamer contre vents et marées, de même que nous nous insurgeons contre toute dérive de caractère islamiste niant la séparation entre la politique et la religion, fondement de la laïcité, niant l’égalité homme femme et les valeurs du pluralisme et du dialogue. Notre position n’est pas la plus confortable mais nous somme persuadés que la seule qui permettra à Bruxelles de surmonter ses innombrables contradictions. Nous soutenons donc tous les hommes et toutes les femmes politiques qui prônent un discours interculturel et le concrétisent pas des actes de terrain tels que Bert Anciaux ou Afaf Hemamou . L’exposé musclé de Eric Corrijn à l’occasion de la célébration de 20ème anniversaire de la région Bruxelles capitale et l’enquête de City Marketing consacrée à Bruxelles révèlent qu’une nouvelle identité bruxelloise est en train de se construire autour des thèmes de la "diversité, de l’échange, de la qualité de vie" et du pluralisme à la bruxelloise. Nous ne cessons de le proclamer la capitale de l’Europe sera cosmopolite ou ne sera pas. Les Bruxellois de souche et d’adoption qu’ils viennent du bassin méditerranéen ou du bassin de la Baltique sont en train de vivre une expérience interculturelle fascinante au sein du laboratoire de la diversité qu’est Bruxelles. Demain, Bruxelles interculturelle sera la capitale d’un impérium nouveau ou se pratiquera une forme neuve de démocratie cosmopolitique. Oui « les occidentaux pensent que riches de tout, ils n’ont besoin de rien ». Ils se trompent. Le modèle occidental est à bout de souffle et a tout à apprendre des sagesses millénaires de l’orient si on espère survivre aux cataclysmes climatiques, économiques et sociaux qui nous attendent.

MG

Anonyme a dit…

@ Mosieur A. Verse

La diversité se GERE. On ne peut pas laisser des communautés entières dans des quartiers où l'on est mal logé, mal éduqué, mal encadré, mal 'employé' et croire que mère démocratie a déjà fait tout ce qu'elle devait.

On entre dans une société par les portes principales que sont l'éducation, pour l'enfant et le travail, pour l'adulte. Et le reste, progressivement, se met en place.

L'école est en panne et elle n'a pas équipé des pans de la société d'aptitudes et de compétences aujourd'hui nécessaires sur la marché de l'emploi, sans cesse plus exigeant, sans cesse plus complexe, reflet la société qui le porte.

Alors croire que l'on aime rester entre soi parce que cela permet de faire la fête plus chaudement ou encore de mieux laver son honneur à coups de couteaux me semble un peu court.

La majorité des gens ne demandent pas mieux que de voir leurs enfants, citoyens libres d'une démocratie plurielle, s'épanouir dans une société basée sur le respect des défférences et jalouse de son cosmopolitisme riche, respectueux et solidaire.

Le dialogue et l'ouverture sont posssibles; ils sont l'alternative au ghetto, au repli, au communautarisme. Et je peux vous affirmer, pour en avoir bénéficié tout le long, que l'équilibre, l'épanouissement, la richesse culturelle, le respect, le sens des Autres, ... qu'ils produisent en valent l'effort.

Mais là, comme le signale très justemnt MG, il faut aller au-delà des mots, des discours et des programmes et lancer, une vague active, efficace et déterminée qui cible des domaines particuliers en vue de produire un mieux vivre pour tous et, partant, un mieux vivre ensemble.

Une bonne journée et au plaisir de nous recroiser entre les lignes de DiverCity, une ligne sur laquelle je voyage souvent parce que j'y habite.

Ahmed Adrioueche