mercredi 4 mars 2009

Le «retour» de Bush divise le Canada

Si les organisateurs de l'événement refusent de dévoiler le cachet de Bush, celui-ci est évalué par plusieurs sources à 150 000 dollars. Crédits photo : AP

L'ancien président américain prononcera le 17 mars à Calgary sa première conférence à l'étranger. Des Canadiens s'opposent à sa venue.

«Une conversation avec Geor ge W. Bush» : tel est le thème du premier discours d'une série de dix allocutions que l'ancien chef de la Maison-Blanche donnera au Ca nada, en Europe et en Asie à compter du 17 mars. Le palais des congrès de Calgary, la métropole de l'Alberta, attend 1 500 convives pour un déjeuner-conférence pendant lequel l'ancien président évoquera «ses huit importantes années passées à la Maison-Blanche et donnera son opinion sur les défis de la planète au XXIe siècle».


150 000 dollars de cachet
«L'Alberta est une province très conservatrice et Bush y est considéré comme quelqu'un de très proche de l'industrie pétrolière. Il a choisi un lieu sûr pour tester son image», explique au quotidien Calgary Herald l'analyste politique David Taras, tout en précisant que l'ex-dirigeant des États-Unis est perçu au Canada comme un «président raté».

Si les organisateurs de l'événement refusent de dévoiler le cachet de Bush, celui-ci est évalué par plusieurs sources à 150 000 dollars. Dans son livre Dead Certain («Sans l'ombre d'un doute»), le journaliste Robert Draper rapporte ces propos de l'ex-chef de l'État américain : «Je ne sais pas combien gagne mon père, mais c'est plus de 50 000 ou 75 000 dollars par discours. Clinton gagne aussi beaucoup d'argent.»

La visite de George Bush devrait être perturbée par de nombreux manifestants. Depuis l'invasion de l'Irak en 2003, la population canadienne a montré de l'hostilité envers le prédécesseur de Barack Obama.

Un collectif de 90 avocats et pacifistes, Lawyers Against War (LAW), s'oppose légalement à sa venue. Selon les juristes, l'ex-président, coupable de crimes de guerre en Irak et à Guantanamo en tant que commandant en chef de l'armée américaine, ne peut pas entrer sur le territoire canadien. «Nous avons prévenu le premier ministre (du Canada), le procureur général et le ministre de l'Immigration que la venue de George W. Bush contrevient à la loi sur l'immigration», a déclaré la porte-parole de LAW, l'avocate Gail Davidson. Le gouvernement canadien fait la sourde oreille et le premier ministre de l'Alberta, Ed Stelmach, a déclaré que Bush «est un homme libre. Il peut voyager où bon lui semble».
(Ludovic Hirtzmann)

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