lundi 9 mars 2009

Nouvelle vague verte aux régionales ?

ÉCOLO DEVIENDRAIT LE DEUXIÈME PARTI À BRUXELLES, avec 20,4 % des suffrages, selon un sondage. Une majorité avec le MR est mathématiquement possible. Le feu à la campagne…

Dix ans plus tard, la nouvelle vague verte ? Mai 1999 : Ecolo avait déferlé aux législatives, et s'était hissé au pouvoir, dans la majorité arc-en-ciel. Juin 2009 : à trois mois des élections régionales et européennes, un sondage réalisé par Dedicated Research, dont nous avons pu prendre connaissance, propulse les écologistes à la deuxième position à Bruxelles, au-dessus des 20 % des voix – plutôt, pour rappel, des « intentions de vote ».

Une vague pas floue, insiste Marc Dumoulin, directeur de l'institut de sondages, tant elle résisterait au filtre des « coefficients correctifs », employés traditionnellement dans les techniques d'enquête, qui permettent d'ajuster les résultats en fonction d'une série de paramètres empiriques, comme la confrontation a posteriori entre les intentions de vote et les résultats électoraux effectifs. Or, Ecolo est, en général, surestimé dans les sondages. Cela étant, pour ce qui concerne celui-ci, en données brutes (non « corrigées »), le parti vert vogue plus haut encore ; il aurait donc une réserve devant lui.

Bref : à trois mois des urnes, le vert est vif – comme nulle part ailleurs en Europe –, le paysage politique bruxellois en est tout retourné, et les scénarios de coalitions régionales vont agiter les états-majors des partis : voyez, pour en juger, les extrapolations en sièges (au parlement bruxellois) réalisées toujours par Dedicated Research, qui ouvrent différentes hypothèses.

Faites vos jeux. Sachant que la majorité requiert 37 sièges au parlement bruxellois. Deux remarques : la tripartite PS-CDH-Ecolo, aux affaires actuellement, pourrait être reconduite (en faisant l'impasse sur le MR, première formation de la Région-Capitale), et c'est ce dont « on » parle le plus en ville ; mais une majorité MR-Ecolo devient possible mathématiquement, ce qui va alimenter les commentaires, et les stratégies préélectorales.

Installé solidement à la première place, le Mouvement réformateur, toujours à en croire ces intentions de vote, effectue à Bruxelles le gros score après lequel il court toujours en Wallonie : les derniers sondages (ci-dessous, en février) indiquant en effet qu'après les avoir détrônés aux législatives de juin 2007, les bleus repasseraient derrière les rouges au sud du pays.

Conclusion : MR et PS sont au coude-à-coude à l'échelle de la Communauté française. En témoignent spectaculairement les projections en nombre de sièges (bémol : elles ne tiennent pas compte des poids relatifs des arrondissements en Wallonie, ni des apparentements – prudence donc), qui donnent un… 29 partout entre MR et PS, en termes de strapontins à l'assemblée francophone ! Une égalité parfaite qui ne fera pas baisser la tension entre les deux partis qui briguent le leadership le 7 juin. Une course folle.

Où le PS, en reprise en Wallonie dans notre sondage de février, est plombé cette fois par sa contre-performance bruxelloise, alors que le MR a une marge de progression dans la Région-Capitale, nous confie Marc Dumoulin : « Nous avons noté dans nos enquêtes un capital de sympathie pour le FDF en particulier, et nous l'estimons à 2 % supplémentaires si l'on avait testé le MR en citant les composantes, dans une formule “MR-FDF”. »

Un FDF porté probablement par les antagonismes communautaires (comme la non-nomination des bourgmestres en périphérie), et peut-être primé pour sa « résistance » aux choix de la famille libérale dans la saga Rudy Aernoudt. Ce dont le MR profiterait en définitive, et contre toute attente. Tandis que LiDé, avec 2,3 % des intentions de vote à Bruxelles (0,4 % en Wallonie), ne décrocherait pas de sièges.

A côté de ce jeu politique haletant en Wallonie et à Bruxelles, la politique n'est plus du tout un jeu en Flandre, où les nationaliste-populistes-extrémistes de droite (on ne sait plus comment les appeler) de Dedecker, de la N-VA et du Vlaams Belang opèrent, toujours davantage à chaque scrutin, en agents destructeurs. La Flandre en souffre. Le pays aussi. Qui n'est pas loin de devenir ingérable tant le déséquilibre entre les deux paysages, au Nord et au Sud, se fait abyssal.

Un trou noir pour la Belgique. 7 juin, attention, danger.
(le soir)

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