jeudi 9 avril 2009

Mekhitar Garabedian: Leren om niet te vergeten

Mekhitar Garabedian © nc

Brussel-Stad - In de marge van de tentoonstelling van Vito Acconci, brengt Argos de korte film 'Learning piece.be patient, my soul' van de Belgische kunstenaar van Armeense afkomst, Mekhitar Garabedian. Niet toevallig. Het werk is een verwijzing naar 'Learning piece' van Vito Acconci uit 1970, een performance waarin hij met behulp van een bandrecorder het lied 'Black Betty' van Leadbelly leert. Stukje bij beetje memoriseert hij het nummer om het na twee uur helemaal beet te hebben.

De retake van Garabedian legt andere accenten. Hij gebruikt geen bandopnemer maar een tweede protagonist die hem het lied aanleert. Tigran Atanesian, een oudere Armeen leert de jongere generatie een Armeens revolutionair lied. De oudere leert hem niet alleen de tekst, maar brengt hem ook bij hoe hij dit lied van zijn volk met dezelfde passie ten gehore kan brengen. Voor de jongere beperkt dit leerproces zich niet tot het lied alleen, maar geeft het ook een deel van zijn geschiedenis prijs.

Garabedian wordt in 1977 in Syrië geboren en migreert samen met zijn familie op vierjarige leeftijd naar België. Net als honderdduizenden andere Armeniërs verspreid over de hele wereld komt Garabedian terecht in een vreemd land waar hij zijn eigen taal alleen maar spreekt in de beslotenheid van het gezin. Meer nog dan een aanklacht tegen de Turkse gruweldaden van 1914 waarbij vele Armeniërs hun land moesten ontvluchten, bevraagt Garabedian zich met dit werk over de gevolgen van de grote ramp. "De Armeense geschiedenis kent een buitengewone catastrofe: een genocide die is vergeten of wordt ontkend. Behalve voor verlies (of het uitdoven) van traditie zorgt een buitengewone ramp er ook voor dat de slachtoffers noch vergeten, noch begraven kunnen worden. In de huizen van Armeniërs over de hele wereld keren de doden terug op kalenders, posters, in boeken of liederen, op artefacten zoals wandtapijten of bij jaarlijkse herdenkingen," vertelt de kunstenaar.

Taal is voor Garabedian een wederkerend thema. Zijn eigen naam wordt in het Armeens anders uitgesproken dan in het Nederlands. Je naam is wie je bent en wie ben je eigenlijk wanneer hij hier zus is en ginds zo? Het Armeense volk dat in ballingschap leeft is zich heel erg bewust van het verdwijnen van zijn eigen geschiedenis, taal en cultuur. “Het leven in ballingschap herleidt het oude lichaam, de oude taal tot een lijk,” stelt Garabedian. Zijn werk is alleszins het perfecte medicijn tegen het vergeten.
Mekhitar Garabedian
wanneer: >11.4.2009 - dinsdag > zaterdag van 12 > 19.00 uur — €3
waar: ARGOS Werfstraat 13, Brussel, 02-229.00.03, info@argosarts.org, www.argosarts.org

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
LES PASSEURS DE CULTURE ET LA MEMOIRE COLLECTIVE
Quand voudra-t-on bien comprendre et admettre que l’histoire de Belgique n’est pas qu’un long récit d’invasions et d’occupations (romaine, bourguignonne, autrichienne, française, hollandaise et allemande) mais aussi une suite ininterrompue d’immigrations diverses. L’histoire belge (pour autant qu’elle ne soit pas un mythe), l’histoire européenne, (qui est à peine écrite) l’histoire mondiale n’est qu’un long récit de déplacement des peuples et par conséquent une longue succession d’immigrations diverses. Anne Morelli fut sans doute la première à attirer notre attention sur le devoir de mémoire collectif à l’égard de l’immigration italienne d’après guerre qu’elle a étudiée avec soin. Guido Fonteyn a de son côté exploré la diaspora d’un million de Flamands vers les mines et la sidérurgie wallonnes. Les immigrations maghrébines et turques sont moins connues et méritent d’être explorées et conservées. Quant à la mémoire arménienne la Fondation Boghossian a largement contribué à la réactiver au cours de trois journées organisées il y a à peu près un an à Flagey et que nous avons largement commentées sur ce blog. Jean Boghossian, comme chaque membre de la diaspora arménienne est à la fois un passeur et un ambassadeur distingué de la culture de ses ancêtres qu’il incarne au fond de son cœur et de sa mémoire. Les esprits cosmopolites de sa qualité sont ceux qui « à cheval » sur deux ou plusieurs cultures annoncent ce que sera la culture de demain: un hybride issu du dialogue des sensibilités, des éthiques et des esthétiques, un peu comme le jazz est né d’une rencontre entre la « brass band » des blancs et la musique des esclaves noirs importée leur lointain continent. On oublie qu’il en fut toujours ainsi, les Romains ont emrunté aux Grecs qui ont emprunté aux Crétois et aux Egyptiens ; les chrétiens européens ont emprunté aux Chinois( boussole, imprimerie, papier, poudre à canon, gouvernail) aux arabes (l’algèbre et les chiffres que les arabes ont empruntés aux Indiens), le tabac aux Indiens d’Amérique de même que diverses plantes)…La mondialisation avant d’être un phénomène commercial est le résultat d’échanges culturels. In n'égiste pas de génération spontanée en matière de culture!

On parle depuis longtemps de créer un musée de l’immigration à Bruxelles. Une idée brillante qui mérite d’être concrétisée sans tarder. Quand comprendra-t-on que chaque immigré est un passeur de culture qui emporte sinon dans ses bagages du moins dans sa mémoire consciente et inconsciente des bribes de culture, (littéraire, culinaires, musicales) de spiritualité, de formes artistiques diverses, de valeurs éthiques et spirituelles. Ainsi se construit par hybridations successives, par invasions, occupations et immigration une culture monde qui sera l’horizon des humains de demain.

Musée de l’immigration veut dire musée de la diversité, de l’échange mais surtout musée de la mémoire. Alors attention à ne rien faire disparaître par négligence ou simple mépris pour ce qu’on ne connait pas ou mal ou simplement qu’on n’aime pas trop. Demain on regardera toutes ces archives avec d’autres yeux.
MG

COMPLEMENT D’INFORMATION
LA FONDATION BOGHOSIAN
Constituée en 1992, cette fondation de droit privé s'est engagée depuis quinze ans à contribuer à l'amélioration des conditions de vie des jeunes, spécialement au Liban et en Arménie, par le financement de nombreux projets pédagogiques (orphelinats, écoles, académies), urbanistiques (espaces publics, installation de réseaux d'eau potable) et culturels (théâtres et centres d'art).
En 2006, la Fondation Boghossian a acquis la célèbre Villa Empain, joyau de l'architecture Art déco bruxelloise, dans le but d'y créer un Centre de création et de dialogue entre les cultures d'Orient et d'Occident. La restauration de la Villa Empain, prévue entre le printemps 2008 et l'automne 2009, permettra la redécouverte de son éclat d'origine.
Avant la fin des travaux de restauration de la Villa Empain, la Fondation Boghossian a pris l'initiative d'organiser différentes activités dont l'objectif est d'enrichir le dialogue entre les cultures d'Orient et d'Occident. Ces rencontres internationales participent à cette volonté.

L'échange des valeurs entre l'Orient et l'Occident, qui est au cœur de l'esprit de la Fondation Boghossian, confronte notamment les temporalités contradictoires de la modernité que l'Orient s'approprie désormais de manière accélérée. Au-delà des paradoxes de cette modernité et des résistances qu'elle suscite, les échanges entre les différentes cultures concernées ne cessent de se développer, postulant ainsi de nouveaux équilibres dont il convient d'analyser les enjeux.
Dans le cadre des rencontres internationales Temps long / Temps court ont été abordés plusieurs sujets de réflexion, dont la coexistence des identités soumises aux multiples influences de la tradition, de la mémoire et de la modernité; les vertus du dialogue interculturel, ses conditions et ses difficultés; l'accélération des progrès techniques et leurs conséquences identitaires; le développement urbain et ses enjeux sur l'environnement.
En invitant des penseurs, créateurs et responsables issus de différentes cultures et horizons à proposer et confronter leurs points de vues, la Fondation Boghossian espérait ouvrir quelques pistes de reconnaissance mutuelle, d'émotions partagées, de nouvelles complicités

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