samedi 9 mai 2009

Au-delà des clivages

Zakia Khattabi, sur la liste Ecolo à Bruxelles : "Le socialisme, c'est has been".

Portrait
Zakia Khattabi, 33 ans, est une nouvelle venue dans le champ électoral. Elle découvre. Et se découvre. Elle se définit elle-même comme "un pur produit de la ville, et un peu de l’immigration". Née en Belgique dans une famille de 5 enfants dont une sœur jumelle avec qui on la confond parfois, elle aura ce qu’elle appelle "un parcours classique". Ses parents, originaires du Maroc et de tradition ouvrière, l’inscrivent dans un collège catholique réputé, un de ces collèges devant lequel une file d’un ou deux jours s’était formée en novembre 2007. "Cela m’a permis de transcender mes origines, confie-t-elle. J’y ai appris les codes de la société."

Après ses humanités, elle décroche un diplôme d’assistante sociale. Puis elle s’inscrit à l’ULB pour une licence en travail social. L’occasion d’une double révélation. La première, c’est le libre examen. "Le fait religieux était très prégnant à l’école secondaire. Mais c’est seulement à l’ULB que je m’en suis rendu compte. C’est la première fois que j’ai pu imaginer un monde qui ne serait pas animé par un être supérieur. Après avoir transcendé mes origines, je transcendais mes appartenances. C’est d’ailleurs pourquoi je me suis tourné assez naturellement vers Ecolo. Parce que ce parti se situe au-delà des clivages traditionnels."

L’autre révélation, Zakia Khattabi la doit à Claude Javaux et à son cours sur la sociologie du quotidien. "Claude Javaux nous a appris que, dans le quotidien, rien n’est original, que tout est construit. Cela a été un choc pour moi. J’ai pris conscience qu’on peut avoir une prise sur le réel. Le tout, c’est de pouvoir le décoder." Cette révélation guidera alors ses choix. Devenue chercheuse, elle mènera des études sur l’accueil extrascolaire, l’aide à la jeunesse, l’immigration. Elle se lance aussi ans la militance. On la croise au Mrax, à la Ligue des Droits de l’homme. Puis au Centre pour l’égalité des chances où elle est engagée. Mais un jour, elle voit la limite. "La décision finale n’appartient pas au monde associatif." Elle choisit alors de franchir le pas qui la sépare du monde politique. Et c’est vers Ecolo qu’elle se dirige. "L’écologie politique, c’est un projet de société global. Global et progressiste. Et c’est Ecolo qui le porte le mieux. Le socialisme, c’est has been. Cette façon de partager le monde entre dominants et dominés ne fonctionne plus. C’est trop simple."

Zakia Khattabi figure à la onzième place sur la liste Ecolo à Bruxelles. Une place de combat. "On m’a dit : "Tu es une femme et d’origine maghrébine. Pour toi, c’est le jackpot". Je sais que cela a joué. Mais j’espère que ce n’est pas pour cela que ma candidature a été retenue. Moi, ce qui m’intéresse, c’est l’évaluation des politiques publiques ."

COMMENTAIRE
UN INTERNAUTE COMMENTE
«Je trouve important, essentiel meme, que les Belges issus de l'immigration maghrebine cessent d'etre sytematiquement etiquetes comme musulmans. En tout cas, Madame Khattabi ne se presente pas comme telle. Je n'en demande pas plus, pour moi ses convictions ne regardent qu'elle. Je suis totalement oppose à ce communautarisme imbécile et rétrograde qui a conduit les autorités publiques belges a organiser des élections dans cette prétendue "communauté musulmane" abusivement perçue comme représentative des immigrés maghrébins. »

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