mardi 19 mai 2009

"Charles, je suis avec toi !"

Freddy Thielemans pousse la liste PS et est déterminé, s'il est élu, à siéger au parlement bruxellois. Pour le maïeur bruxellois, il faut un lieu où débattre.

Au départ, je me disais "bof", mais nous en avons débattu au sein du Parti socialiste (PS) et l’on m’a convaincu qu’il était intéressant d’avoir des municipalistes au sein du parlement régional bruxellois", déclare Freddy Thielemans. De fait, si le bourgmestre de la Ville de Bruxelles était à l’origine assez dubitatif pour intégrer la liste socialiste en vue des élections régionales du 7 juin prochain, il a finalement accepté de pousser la liste. Pourquoi ? "On sent bien dans ce pays tout entier, mais dans la région bruxelloise en particulier, qu’on arrive à une croisée de chemins sur l’institutionnel, l’emploi, la qualité de vie des citoyens, le développement durable, etc.", explique Freddy Thielemans. "Ces élections viennent à un moment où les municipalistes et les régionalistes doivent parvenir à s’entendre", poursuit-il.

Pour le maïeur socialiste, en effet, "aujourd’hui, quand on essaie de faire des débats, on ne les fait pas de manière transversale, mais bien verticale : c’est la Région avec telle ou telle autre municipalité. Or, il n’est pas évident que la commune d’Uccle ait la même vision des grands boulevards que la Ville de Bruxelles. De même, une cité-jardin de Watermael-Boitsfort ne va pas correspondre à la cité de la Marolle". C’est que Freddy Thielemans se trouve de fait "dans une situation un peu particulière" étant donné que la Ville de Bruxelles est la capitale. "Toutes les institutions à navetteurs, ou presque, sont implantées sur le territoire de la Ville; les grandes manifestations et les sommets européens s’y déroulent également", rappelle-t-il. Une expertise et une expérience qu’il a à cœur de faire partager afin de pouvoir dire, par exemple, "Attention, il y a peut-être à réfléchir sur tous les financements possibles de certaines activités de sécurité et autres".

Or, bien que les 19 maïeurs bruxellois puissent se réunir au sein de la Conférence des bourgmestres, "il ne s’agit que d’un organe d’avis", regrette Freddy Thielemans. "Il faut", estime-t-il dès lors, "des lieux de contrainte, des lieux où après un débat fort sur un sujet, on puisse déboucher sur une forme de compromis et arriver à un accord acceptable par le plus grand nombre. Et je crois que cela doit se faire au sein d’une structure de type parlementaire". Ainsi, "dans le débat global sur la gestion de la Région", les municipalistes doivent pouvoir, selon lui, au sein du parlement bruxellois, "rappeler ce que sont leurs problèmes et leurs solutions".

Freddy Thielemans se plaît d’ailleurs à se présenter à la fois comme un municipaliste - "car le 1er niveau de pouvoir c’est la commune" - et un régionaliste - "car j’ai besoin que des communes comme Uccle, Berchem, etc. puissent avec moi discuter d’un certain nombre de problèmes qui nous sont propres".

Outre la défense des intérêts locaux, cette montée au créneau de Freddy Thielemans est loin d’être anodine. "Si je suis élu, je siégerai en tant que député, tout en restant bourgmestre (NdlR : Freddy Thielemans avait refusé son mandat de parlementaire en 2004)", assure-t-il. "J’ai le sentiment que si je ne vais pas à la Région cette fois-ci, je laisse tomber Charles (NdlR : Picqué, ministre-président PS bruxellois) qui est devant une bagarre qui s’annonce très dure, plus dure qu’en 2004". Pourquoi ? "Parce qu’en Flandre, on est beaucoup plus près de l’éclatement qu’on ne l’a jamais été", déclare-t-il gravement. "Je crois donc qu’il faut se serrer les coudes et montrer un sentiment unitaire de la Région".

Le volet institutionnel, dont les négociations devront reprendre après les élections, pèse en effet très lourd dans le devenir de la Région bruxelloise. "L’institutionnel, c’est la réponse à des phénomènes identitaires. Certes, c’est vrai, mais c’est aussi une réponse au phénomène des financements", juge Freddy Thielemans. Qui repose sur la table le débat sur l’Impôt des personnes physiques (IPP). "Ne serait-il pas sain qu’une partie de l’IPP produit par ceux qui travaillent ailleurs que sur le territoire de leur municipalité soit payée dans la municipalité où ils travaillent ?", s’interroge-t-il. "Cela aiderait aussi la Région, car si, par exemple, la Ville retouche une partie de l’IPP, la Région pourrait lui retirer un certain nombre de subsides ou d’aides qu’elle lui alloue "

Par ailleurs, pour ce diplômé en Langues modernes, la représentation flamande à Bruxelles est "totalement factice", ce qui est "malsain car nous sommes arrivés à un système pervers où certains Flamands sont presque certains a priori d’être ministres". Conséquences : 1° "Ils finissent, qu’ils le veuillent ou non, parfois sans s’en rendre compte, par devenir arrogants", et 2° "Ils perdent toute forme de légitimité aux yeux des citoyens". Voilà pourquoi il défend l’idée d’instaurer "des listes bilingues au niveau régional" car, insiste-t-il, "quand je regarde ce qui se passe au niveau régional, 99 % des dossiers n’ont strictement aucun contenu communautaire".

Enfin, selon Freddy Thielemans, il est grand temps de "dépasser la dimension un peu "gamine" de croire que les frontières sont soit linguistiques soit historiques". Et de soutenir que "les vraies frontières sont celles qui correspondent à la zone économique de Bruxelles qui comprend près de 2,5 millions d’habitants", ce qui, selon lui, assurerait nécessairement aux Flamands d’être représentés au sein de l’hémicycle régional.

A trois semaines du scrutin régional, Freddy Thielemans confie : "Mon parti pourrait peut-être prendre une tripotée " - et ce d’autant plus que "les socialistes bruxellois vont payer les erreurs des socialistes wallons " -, mais face aux lourds défis qui attendent Bruxelles-Capitale, "je veux dire "Charles, je suis avec toi !".

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
FREDDY LE MUNICIPALISTE VEUT UN SIEGE AU PARLEMENT BRUXELLOIS
La campagne bat son plein ; les scandales succèdent aux révélations. Au moment où le PS commence à battre en retraite et à envisager une Bérézina en Wallonie, onze Freddy joue les Cambronne et plaide prêche contre le bon sens en préconisant la présence d’un maximum de municipalistes au parlement bruxellois. Les discussions au sein des Etats Généraux bruxellois a précisément montré que c’est justement la présence d’un trop grand nombre d’échevins et de bourgmestre au parlement bruxellois qui paralyse la région et la rend inopérante Quant à sa suggestion d’élargir les frontières de Bruxelles jusqu’à ce qu’elle englobe 2,5 millions d’habitants elle est totalement irréaliste et digne d’une conversation de café du commerce. On sent que petit à petit la panique gagne le PS à l’approche du scrutin ! Quid du débat d'idées sur les grands enjeux:enseignement, logement, emloi et cohésion sociale par l'interculturel?

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