mercredi 6 mai 2009

A DEFAUT DES 50 THESES : 20 ANS DE LA REGION BRUXELLOISE

Voilà donc 20 ans que notre Région bruxelloise existe, fonctionne, débat, propose, remplit ses missions à l'égard des Bruxellois et assume son rôle de capitale européenne, fédérale et régionale. Cela n’a pas toujours été facile, c’est souvent long et lent. Mais c’est à l’image de la vie : avec patience, en dépassant ses peurs et ses échecs, l’ensemble de ses forces vives façonne celle que nous aimons tous tant.

Partis de quasi rien, ses pionniers ont construit cette improbable “Tour de Babel” dans un enthousiasme qui a permis à notre Région de trouver sa place en tant qu’entité à part entière, avec ses spécificités propres, aux côtés des autres institutions de la Belgique fédérale.

De ces 20 années, retenons tout particulièrement la politique novatrice en matière environnementale, un budget qui année après année tient la route, des quartiers rénovés, le formidable outil de développement urbanistique que fut le PRD, un dialogue permanent avec les acteurs de terrain, une richesse et diversité culturelle, un Parlement et des bâtiments qui nous appartiennent. Cet ensemble de réalisations démontre que les clivages partisans peuvent être transcendés au profit de l’ensemble des Bruxellois.

Voilà donc 20 ans que nous incarnons avec un certain succès une forme particulière mais emblématique de notre devise nationale : “l’Union fait la force”, un vivre ensemble harmonieux des francophones et des néerlandophones qui se sentent avant tout Bruxellois.

La Région bruxelloise constitue aussi un des principaux moteurs de l'économie du pays, une Région attractive pour les investissements étrangers en Europe. Avec près d'un cinquième du produit intérieur brut national, Bruxelles est également le premier bassin d'emploi du pays dont bénéficient la Flandre et la Wallonie.

Les années à venir marqueront pour Bruxelles un tournant majeur qui, nous l’espérons tous et toutes, lui permettra de contribuer plus encore à la prospérité de ses habitants et du pays.

Notre «Tour de Babel» en élévation constante avec ses nationalités, ses cultures, ses philosophies, ses religions et, bien évidemment, son rajeunissement de la population, nous rappelle combien les défis et les enjeux ne manqueront pas dans les années à venir. Il est incontestable que la sociologie bruxelloise a profondément évolué ces dernières années et ce mouvement ne s’arrêtera pas. Avec un accroissement spectaculaire, notre population est non seulement la plus jeune mais aussi la plus diversifiée du pays.

Or, tout l’enjeu à venir est celui d’un projet inachevé, celui de l’unité et de la prospérité de notre mosaïque urbaine.

Comme le dit le célèbre entrepreneur américain Bill Gates, ce sont les grands centres urbains internationaux, alliant qualité de vie et sécurité, qui seront les grands moteurs du développement au cœur de la mondialisation.

Pour autant, tout n’est pas bleu. Regardons notre société en face, penchons-nous sur l’exode continu des classes moyennes, le manque de formation de nos jeunes, les chiffres insupportables du chômage, la déliquescence de certains quartiers, l’insécurité et les replis communautaristes.

Il nous reste encore un long chemin à parcourir même s’il n’y a heureusement pas de fatalité. Bruxelles a toutes les cartes pour prendre sa véritable dimension, celle d’une capitale belge et européenne, ambitieuse, dynamique, prospère, qui prend elle-même son sort en mains dans l’intérêt de tous.

Pour illustrer ce propos, plusieurs enjeux pourraient être abordés aujourd’hui mais je me limiterai toutefois à trois grands axes.

En premier, je citerai «une citoyenneté unique pour nombre de nationalités»: 50% de notre population est originaire de l’étranger ou née de parents migrants.

Les flux migratoires sont une réalité quotidienne, ne serait-ce qu’avec les regroupements familiaux et les régularisations opérées chaque mois.

Si nous voulons mieux gérer ce phénomène global, il faudra repenser et remodeler les politiques d’accueil qui n’ont jusqu’à présent pas été réellement menées. Il ne nous faut pas pêcher par conservatisme frileux mais bien oser la réforme. Les logiques et les cadres actuels sont trop figés face à l’évolution de la réalité. Comment pourrions-nous seulement privilégier le statu quo alors qu’il n’existe même pas de véritable stratégie coordonnée entre les différentes institutions régionales ? Le défi est pourtant majeur.

En ce sens et comme le demande, du reste, les associations, il faudra développer des dispositifs d’accueil structurés et basés sur un réel «contrat d’intégration». Chacunes des institutions bruxelloises devra prendre ses responsabilités et ce, dans le champ de ses compétences.

En misant sur l’apprentissage des langues, en expliquant les valeurs de notre société et, en ne faisant aucune concession sur les droits et devoirs de toutes personnes voulant vivre dans notre Région Capitale, nous gagnerons le pari d’une mondialisation positive pour tous.

Je souhaiterais aborder maintenant une deuxième problématique qui est celle de la question du départ des classes moyennes. Il est nécessaire de mener une stratégie globale pour maintenir et faire revenir les «salariés» à Bruxelles. Ces derniers doivent rejouer leur rôle de levier de développement social, économique et culturel.

Ce problème ne relève pas d’une équation à multiples inconnues. Pour lutter contre le phénomène de péri-urbanisation et créer réellement les conditions de la qualité de vie, les investissements doivent notamment porter sur:

l’amélioration de la mobilité vers et dans la Région
l’accroissement de l’offre de logements en favorisant les partenariats public-privé et la propriété privée;
la sécurité et la propreté par le recours aux méthodes de techno-prévention et une législation forte et appliquée contre les incivilités.
Enfin, je terminerai mon intervention sur la lutte contre la situation désastreuse du chômage et la nécessaire revalorisation de l’enseignement. Alors que nous sommes le premier pôle économique du pays, plus d’un jeune bruxellois sur trois est sans emploi et, en amont du problème, nous battons tous les records du manque de formation, d’absentéisme et de décrochage scolaire.

A nouveau, il n’y a pas de fatalité et il ne tient qu’à nous de prendre les mesures qui s’imposent pour redonner de l’espoir aux générations futures, celles et ceux qui comme notre Région ont aujourd’hui 20 ans!

En partenariat avec tous les niveaux de pouvoirs concernés, il faut lancer un plan d’urgence portant entre autre sur les apprentissages de base, la lutte contre le décrochage scolaire, la remédiation immédiate, l’immersion linguistique, la revalorisation et modernisation de l’enseignement technique et professionnel et surtout une refonte complète d’ACTIRIS.

Ce chantier ne peut se départir d’une meilleure collaboration entre les différents acteurs concernés pour augmenter le taux de qualification des Bruxellois.

Il n’y a pas de fatalité : après 20 ans d’existence, Bruxelles doit prendre sa véritable dimension : celle d’une capitale belge et européenne ambitieuse qui prend elle-même son sort en mains, dans l’intérêt de tous les Bruxellois et les Bruxelloises.
(Françoise Schepmans, Chef du Groupe MR au Parlement bruxellois)

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
MAIS OÚ SONT DONC PASÉES LES 50 THESES DU MR
Nous avons en vain cherché les cinquante thèses confidentielles du MR sur Bruxelles. A défaut, nous sommes tombés sur un texte mis chèvre mi chou avec quelques idées intéressantes mais rien de transcendant en matuère de développement de l’interculturel.

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