dimanche 10 mai 2009

Elections iraniennes : la course est ouverte.

Top chrono, à un peu plus d'un mois des élections iraniennes...

Alors que l'inscription des prétendants à la présidence vient de s'achever, ce samedi soir, quatre principaux candidats sont en lice.

A côté de Mahmoud Ahmadinejad, candidat à sa ré-élection, on trouve Mehdi Karoubi, l'ex-président du Parlement, Mohsen Rezaï, l'ancien chef des Gardiens de la révolution, et Mir Hossein Moussavi, Premier Ministre à l'époque de la guerre Iran-Irak.

Des dizaines d'autres candidats, plus ou moins inconnus, se sont également inscrits. Mais leurs chances de l'emporter sont quasi inexistantes.

Difficile, pour l'heure, d'établir des pronostics, sachant que les trois adversaires de l'actuel président font partie d'un éventail politique assez flou allant du réformisme au conservatisme. Leur seul vrai point commun : mener une rude campagne contre Ahmadinejad, qu'ils ne se gênent pas pour critiquer.

Mehdi Karoubi, qui fait partie du camp réformiste ne mâche pas ses mots. Candidat malheureux aux présidentielles de 2005 - dont il avait dénoncé le résultat, comme étant « fraudé » - il assure qu'il se présente « pour le changement ». Selon lui, le gouvernement actuel est « incapable de faire son travail ».

Mir Hossein Moussavi, Premier Ministre pendant la guerre Iran-Irak (1980-88), à l'époque où l'actuel guide religieux occupait le poste de Président, fait, lui, sa rentrée sur la scène politique après une éclipse de 20 ans. Ce conservateur pragmatique se présente comme un « réformateur attaché aux principes » de la révolution islamique de 1979. Il bénéficie du soutien de l'ancien président Khatami, qui aurait renoncé à sa candidature en sa faveur. Il assure vouloir défendre " la liberté de pensée et d'expression", et améliorer les relations entre l'Iran et le reste du monde.

Mohsen Rezaï, 54 ans, a été le chef des Gardiens de la révolution durant seize ans (1981-1997). Il est actuellement membre du Conseil de discernement du régime. Au cours de ces dernières années, ce conservateur modéré n'a cessé de dénoncer la politique de l'actuel chef de l'Etat.

Petit homme aux allures de Monsieur Tout le Monde, Mahmoud Ahmadinejad se trouve aujourd'hui sous le feu de nombreuses critiques. Ses adversaires - parmi lesquels des réformateurs, mais également des conservateurs - reprochent à son gouvernement d'avoir gaspillé l'argent du pétrole, d'avoir mené le pays vers des sanctions internationales à force de provoquer l'Occident, à coup de diatribes contre Israël, et d'avoir porté atteinte à la libre expression (fermeture de journaux, arrestations, renforcement de la censure, etc).

Ahmadinejad reste néanmoins largement adulé dans les campagnes, où ses nombreuses tournées lui ont permis de se rapprocher du petit peuple, et de faire de nombreuses promesses (construction de routes, aides financières, aides sociales en tout genre, etc). Aux yeux des laissés pour compte de l'époque Khatami, il continue à incarner l'homme de la « justice ».

La course est donc ouverte. Et le suspens est au rendez-vous. Même si, en Iran, une pré-selection élimine d'office les candidats qui sortent des normes en vigueur. Car, rappelons-le, selon la loi iranienne, la liste des candidats doit d'abord être envoyé au Conseil des Gardiens de la constitution pour examen et validation.

Ce Conseil, contrôlé par les conservateurs, annoncera la liste finale des candidats approuvés les 20 et 21 mai.

La campagne électorale commencera officiellement le 22 mai. Et les Iraniens sont appelés aux urnes le 12 juin.

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