mardi 19 mai 2009

Face à Nétanyahou, Obama répète son soutien à la création d'un Etat palestinien

Sans surprise, Barack Obama a réaffirmé, lundi 18 mai, son soutien à la création d'un Etat palestinien à l'issue d'un entretien avec le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou. "Nous avons parlé des moyens de relancer des négociations sérieuses sur les questions d'Israël et des Palestiniens", a dit le président américain, ajoutant que la "solution à deux Etats" servait les intérêts des deux camps.

Obama s'exprimait à l'issue d'un entretien à la Maison Blanche avec Nétanyahou, qui effectuait son premier déplacement à Washington depuis son retour à la tête du gouvernement israélien, le 31 mars. Il a également rappelé que la "feuille de route" de 2003 soutenue par les médiateurs internationaux fixait à Israël la nécessité de geler toute activité de colonisation dans les territoires palestiniens.

Nétanyahou, dont la coalition intègre des partis hostiles à cette solution à deux Etats, a estimé pour sa part que les Palestiniens devaient s'administrer eux-mêmes mais n'a fait nulle mention d'un Etat palestinien proprement dit. "Nous ne voulons pas gouverner les Palestiniens. Nous voulons qu'ils se gouvernent eux-mêmes", a-t-il dit.

L'objectif de créer un Etat palestinien avait été réaffirmé fin 2007 à Annapolis par le prédécesseur de Nétanyahou, Ehoud Olmert, et le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, réunis dans le Maryland par George Bush. Nétanyahou prône pour sa part une approche combinant développement économique des territoires et renforcement de la sécurité d'Israël. Il veut aussi que les Palestiniens reconnaissent le caractère juif de l'Etat d'Israël, condition inacceptable pour l'Autorité palestinienne qui en redoute les conséquences sur le dossier du retour des réfugiés de 1948. "Les déclarations de M. Obama sont encourageantes, tandis que celles du premier ministre Nétanyahou sont une déception", a réagi Nabil Abou Rdainah, proche conseiller d'Abbas, à Ramallah.

Par ailleurs, comme le souhaitait Nétanyahou, l'Iran a occupé une large part des entretiens entre les deux hommes dans le Bureau ovale. Obama, qui a adopté une approche diamétralement opposée de celle que suivait l'administration Bush, a dit ne pas voir de justification à fixer un "calendrier artificiel" à la politique d'engagement qu'il tente de mettre en œuvre avec Téhéran.

Il a indiqué toutefois son souhait d'enregistrer des progrès avant la fin de l'année et qu'il ne se priverait pas d'une "gamme de mesures", y compris des sanctions, si Téhéran poursuivait son programme nucléaire, dont Américains et Israéliens sont persuadés qu'il vise à doter la République islamique de l'arme atomique.

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
OBAMA TIENT PAROLE
Décidément cet homme a du cran et fait ce qu’il a annoncé et que personne n’a fait avant lui.
Précisons pour l’anecdote que même le pape a préconisé la solution de création de deux Etats.

ISRAËL FACE A LA DONNE OBAMA
A l’inquiétude du gouvernement Netanyahou, Israël a perdu son statut préférentiel auprès de Washington. Fini le dialogue intime et privilégié entre les deux administrations.
Selon toute vraisemblance, le président Obama insistera pour un règlement rapide avec les Palestiniens, avec intention déclarée d’aboutir à une Palestine souveraine. Et cela, en première priorité, comme atout stratégique pour désamorcer la menace nucléaire iranienne. Une menace que Washington demeure résolu à aborder par voie diplomatique, sans calendrier contraignant. Pour commencer, M. Obama exigera qu’Israël ne se soustraie plus à son engagement de geler l’extension juive en territoire palestinien. Les Etats-Unis ne croient pas, en effet, que celle-ci soit justifiée par la "croissance naturelle" des colons sur place, comme argue Israël. De récentes statistiques indiquent qu’un tiers de l’extension émane ces dernières années de l’arrivée de nouvelles familles, venues de l’intérieur d’Israël, et même d’immigrants juifs venus de l’étranger.
M. Netanyahou, par contre, veut donner la priorité à la question iranienne. Et insister notamment pour que les Etats-Unis écourtent bel et bien leur dialogue avec Téhéran et en fixent l’échéance au mois d’octobre prochain. Selon M. Netanyahou, si le danger iranien n’est pas écarté, Israël pourra difficilement avancer dans le processus de paix avec les Palestiniens. Il se dit néanmoins prêt à entamer des négociations avec ces deniers sur trois plans : politique, sécuritaire et économique. Et si les Palestiniens sont disposés à accepter les exigences de sécurité d’Israël, se priver d’armée et d’armes lourdes et reconnaître Israël comme "Etat du peuple juif, M. Netanyahou sera prêt à parler indépendance. Une indépendance toutefois limitée, c’est-à-dire une "autonomie améliorée" ou un Etat "allégé" . Car, dans l’analyse israélienne, un Etat pleinement souverain se transformera rapidement en satellite islamiste iranien.

Notons que la majorité de la population juive d’Israël est favorable à l’idée de "deux Etats pour deux nations". Mais lorsque les sondages approfondissent et demandent s’ils sont prêts à accepter concrètement une Palestine indépendante, avec armée, aéroport et autres attributs de souveraineté, plus de 70 % des Israéliens disent "non" . Par ailleurs, la majorité ne se fie pas aux Etats-Unis pour éliminer la menace iranienne et table uniquement sur une solution israélienne.
(La libre Belgique, extraits)

OBAMA ET NETHANYAHOU DIVERGENT SUR LA PAIX
Le président américain Barack Obama et le PM israélien Benyamin Nétanyahou ont exposé, lundi, au grand jour leurs divergences sur la paix au Proche-Orient et l'Iran. M. Nétanyahou a résisté aux appels de M. Obama en faveur de la création d'un Etat palestinien, tout en disant pouvoir envisager un "arrangement" dans lequel Israéliens et Palestiniens vivraient côte à côte. M. Obama, quant à lui, s'est montré déterminé à donner sa chance à la diplomatie avec l'Iran, malgré les inquiétudes israéliennes, tout en fixant la fin 2009 pour juger du succès ou de l'échec de cette entreprise. Le président palestinien Mahmoud Abbas, qui sera reçu le 28 mai par M. Obama, a jugé les propos de ce dernier "encourageants" mais ceux de M. Nétanyahou "décevants".

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