dimanche 10 mai 2009

Morne campagne ?

A entendre certains citoyens, le vote du 7 juin serait inutile. Ils citent cette phrase de Coluche : "Si le vote servait à quelque chose, il y a longtemps qu’il serait interdit "

Aux abstentionnistes, aux blasés, aux "à-quoi-bonistes", on peut pourtant affirmer que le vote du 7 juin déterminera vraiment les couleurs des futures majorités régionales et communautaires. Car il faudra, à coup sûr, trois partis, côté francophone, pour installer des majorités stables. Les choses seront forcément différentes si le PS ou le MR arrive en tête, si le CDH garde sa place de troisième parti ou se fait doubler par Ecolo. Ce sera le choix de l’électeur, la force d’un crayon ou d’une souris.
Pourtant, les partis politiques semblent hésiter à se jeter dans la campagne. Si c’est par souci d’économie, tant mieux. Mais on devine d’autres motifs à cette retenue. D’après les très nombreux sondages, les quatre principaux partis sont quasiment dans un mouchoir : Jean-Michel, Joëlle, Didier et Elio semblent se ménager pour éviter de fâcher un partenaire potentiel.

Cette campagne policée, où chacun cherche à plaire au plus grand nombre, n’est pas de nature à éclairer l’électeur. Il ne s’agit pas de plaider ici pour une campagne musclée et violente - car trop souvent, même les hommes politiques les plus brillants deviennent en campagne de grotesques bonimenteurs - mais pour des engagements clairs.
Que la campagne commence donc, qu’elle soit propre, digne et éclairante.

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
ÉLECTORAT DÉSABUSÉ
Pointons quelques réactions d’internautes à l’édito de la Libre :
· «Une campagne ? Mais quelle campagne ? S'il n'y avait pas les affiches électorales on ne serait même pas au courant. Aucun débat, aucune idée nouvelle.»

· «Les médias passent leur temps à rechercher la pourriture plutôt que de débattre d'idées... à force de voir les magouilles du CDH, du MR ou du PS et de se souvenir de l'incurie d'écolo.... les électeurs sont écoeurés.»

· «Les élections du 7 juin n'auront d'importance qu'en Flandre : NVA, LDD et VB seront autour de 40%. Un CDV divisé entre radicaux et consensuels hypocrites seront à 20%. Soit les francophones iront à Munich après le 7 juin, soit ils tireront les conclusions (ce que je ne pense pas, car il y a trop de fromages à se partager) : la séparation de velours.»

«Le vrai changement, c'est de préparer l'avenir avec la France et donc de mettre fin au cauchemar belge : inefficacité d'un système complexe et particratique, sans réelle alternance et miné par les contradictions Nord-Sud.»

«Bien sûr que nous sommes dégoûtés de voir comme ce pays a été cochonné par les sordides débats communautaires, cochonné par les affaires à Charleroi, Huy et ailleurs, cochonné par la particratie, le népotisme et le clientélisme.»

«Pour le dire franchement, plus grand monde n'a encore confiance dans le système politique actuel. Le personnel politique belge, pléthorique et surpayé, n'a pas prouvé son utilité vu le blocage amené par l'imbroglio des institutions verticales, horizontales, parallèles et rarement convergentes.»

«Les élus ne semblent travailler que pour leur carrière personnelle, et, pour réactiver la machine électorale branlante, lancent, de temps à autre, un "truc" susceptible d'allumer le feu des projecteurs médiatiques sur leur ego. Sinon ils se contentent de gérer le déclin de notre société (déjà) bien délabrée.»
Il semble qu’en Flandre, l’ensemble des « fourtstemmen », soit 40% de mécontents (« malcontenten ») bénéficie aux NVA, LDD et VB au détriment des partis traditionnels décrédibilisés. En Wallonie en revanche, le courrant protestataire qui se manifeste de façon de plus en plus véhémente sur les forums des quotidiens (Le Soir, DH, La Libre ) se tournerait massivement vers écolo et de plus en plus vers les rattachistes, surtout dans les milieux académiques. Et si tout cela se terminait par une violette à la région Wallonne et à Bruxelles ?
MG

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