vendredi 22 mai 2009

Obama peine à liquider l'héritage de Bush

Barack Obama lors de son discours sur la sécurité nationale, hier aux Archives nationales de Washington. Crédits photo : AFP

Dans un discours solennel, le président américain a cherché jeudi à convaincre les parlementaires, majoritairement opposés à la fermeture du centre de détention de Guantanamo.

La Maison-Blanche ne pouvait pas trouver de cadre plus solennel que le bâtiment des Archives nationales pour le grand discours présidentiel sur la Sécurité nationale. C'est là que sont en effet conservés les grands textes fondateurs de la démocratie américaine, la Déclaration d'Indépendance, la Constitution, la «Bill of Rights» (la grande loi sur les libertés publiques).

Au début d'un discours qui durera plus d'une heure, Barack Obama s'est référé à ces grands textes qu'il connaît par cœur, que sa mère et ses grands-parents lui ont appris à révérer dès l'enfance, qu'il a lui-même étudiés à la Harvard Law School, qu'il a ensuite enseignés comme professeur de droit constitutionnel, auxquels, enfin, il a prêté serment, d'abord comme sénateur, puis comme président des États-Unis.

En choisissant ce moment pour s'exprimer, Obama a agi en fin politique : il s'agissait pour lui de mettre fin à la polémique naissante sur l'affaire du camp de détention de Guantanamo, et de contrer une offensive naissante de l'opposition républicaine la plus conservatrice - incarnée par l'ancien vice-président Dick Cheney - tendant à présenter la nouvelle administration comme naïve et laxiste en matière de protection de la sécurité nationale. Mais, sur le fond, Obama a parlé en homme d'État, en visionnaire, capable de rappeler à la nation américaine les principes qui ont fait sa force, et de fixer les grandes lignes qui vont conduire son action future.

Premier grand principe : dans la guerre contre le terrorisme islamiste, la fin ne justifie pas tous les moyens. Aux yeux du président, l'usage de la torture est triplement contre-productif : elle déshonore et avilit ceux qui la pratiquent, elle n'apporte aucune fiabilité dans les «informations» qu'elle arrache aux prisonniers, elle nourrit la haine de l'Amérique et lui suscite sans cesse de nouveaux ennemis. «Nos valeurs représentent notre meilleur capital pour défendre notre sécurité», a déclaré Obama, qui a fait allusion aux derniers mois de la seconde guerre mondiale, qui virent de nombreux soldats allemands se rendre à l'armée américaine, sachant qu'ils seraient humainement traités.

Deuxième grand principe : c'est seulement en s'affirmant comme un État de droit que l'Amérique peut prétendre conserver son «leadership» mondial. En violant ses principes, en prenant des «mesures expéditives» inspirées par la peur, l'Amérique est tombée dans le piège de «l'idéologie haineuse» propagée par Al Qaida. Jamais plus, l'usage de la torture ne sera toléré dans les armées américaines, a promis Obama.

Inefficacité
Le président a confirmé sa décision de fermeture du centre de détention de Guantanamo, en développant une double argumentation. Premièrement, ce système extrajudiciaire a été invalidé par une décision de 2006 de la Cour Suprême. Deuxièmement, il a fait preuve de son inefficacité : en sept ans, il n'a produit que trois condamnations. Sur quelque 800 prisonniers, l'administration Bush en avait déjà relâché plus de 550. «Par l'image qu'il a véhiculée à travers le monde, Guantanamo a créé plus de terroristes qu'il n'en a jamais enfermés !», s'est exclamé Obama.

Quelle sera la destination des 240 prisonniers qui y demeurent ? Depuis la décision de la Cour suprême de 2006, les tribunaux fédéraux de Washington ont ordonné la relaxe de 21 détenus : le pouvoir exécutif appliquera ces décisions de justice. Les autres seront transférés dans des prisons de haute sécurité sur le sol des États-Unis, les mêmes que celles qui gardent les terroristes condamnés à la prison à vie, comme Ramsi Youssef ou Zacharias Moussawi. Obama a qualifié d'«irrationnelle» la peur selon laquelle les prisons américaines ne seraient pas capables de s'acquitter de leur tache sécuritaire.

Le président a confirmé que la justice militaire restera saisie des cas des militants islamistes ayant été arrêtés en zone de guerre, comme l'Afghanistan.

Mais que faire des militants qui ne pourraient, faute de preuves formelles, être condamnés régulièrement ? Obama - qui connaît l'estimation d'un rapport secret du Pentagone selon laquelle un militant sur 7 de ceux qu'a relâchés l'administration Bush a repris le djihad - a annoncé qu'aucun militant dangereux ne serait jamais relâché. Mais le président a dit qu'il soumettrait le pouvoir de l'Exécutif de maintenir indéfiniment en détention des suspects de terrorisme (accordé par une loi du Congrès postérieure aux attentats du 11 septembre) au contrôle d'une commission parlementaire créée à cet effet.

Obama a souligné que la force de la démocratie américaine résidait dans l'existence de contre-pouvoirs («check and balances») : il appliquera donc ce principe à lui-même, dans ses capacités de défenseur suprême de la sécurité de la nation.
(le figaro)

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
VIVA OBAMA
Que les médias cessent de diaboliser Obama après l’avoir divinisé.
Il n’est ni le prophète de l’apocalypse ni le messie mais un homme qui fait face seul au destin des hommes qui vacille. En photo on le voit avec en arrière plan les pères fondateurs de la République américaine qui plus de dix ans avant la révolution française ont proclamé les droits de l’Homme. Il est de ceux qui mettent l’éthique avant la charrue et qui plus encore qu’ils disent ce qu’ils vont faire, en vérité le font et sans tarder. Plus qu’une bonne nouvelle, son plaidoyer pour la création de deux Etats en Palestine est une prophétie qui se réalisera car il en a la volonté pugnace.
Il a réussi ce que personne n’a fait depuis Kennedy : incarner le rêve américain.
Mieux, il incarne la réalité américaine d’aujourd’hui y compris les cauchemars laissés par l’ère Bush en héritage.

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