mercredi 27 mai 2009

Première pierre pour le «Louvre des sables»

Vue en image de synthèse du projet du Louvre Abu Dhabi par l'architecte Jean Nouvel.

Le prince héritier d'Abu Dhabi et Nicolas Sarkozy lancent mardi le chantier du gigantesque projet d'île culturelle Saadiyat.

Abu Dhabi se rêvait en capitale culturelle des monarchies du golfe Persique. À partir de mardi, ce rêve hors normes commence à devenir concret. Nicolas Sarkozy devrait poser la pre mière pierre du «Louvre des sables», à l'invitation du cheikh Mohammed Bin Zayed al-Nayhan, le prince héritier d'Abu Dhabi.

La construction s'inscrit dans un gigantesque projet d'île culturelle, d'une surface de 24 000 m², qui accueillera le Louvre, mais aussi un musée consacré à l'histoire des Émirats, un Musée de la marine, une extension du Guggenheim de New York, un centre de spectacles, 19 pavillons spécialisés, et un district touristique. Les plus grands architectes du monde ont été appelés pour la conception. Jean Nouvel devait d'ailleurs, au titre de la France, accompagner le président de la République.

Il aura fallu des années de pourparlers, sur fond de polémiques récurrentes, pour en arriver à cette première pierre. En principe, l'accord qui a été passé entre les Émirats et la France prévoit une coopération sur trente ans. Près d'un milliard d'euros devrait être versé à la France et au Louvre, en contrepartie de l'utilisation du nom du prestigieux musée, d'assistance technique et d'expertise et, surtout, de prêts d'œuvres. Selon le contrat, le Louvre s'est engagé à prêter une partie de sa collection, à raison de 300 œuvres au maximum, pour une durée de trois mois à deux ans. Au bout de dix ans, le Louvre Abu Dhabi devrait mener sa propre politique d'acquisition.

«Pas de tabou»
À peine connu, l'accord a créé une vague de protestation en France sur le thème de la «marchandisation de la culture». Une pétition a recueilli plusieurs milliers de signatures et bon nombre de spécialistes, dont l'ancien directeur des musées de France, ont soulevé la question de l'absence des œuvres durant les périodes de prêts.

Le Louvre reçoit chaque année 8,5 millions de visiteurs, qui s'attendent à voir les plus belles pièces à Paris. Enfin, la rumeur fait craindre que les Émirats ne montreraient ni nus ni objets chrétiens. Sur ce dernier point au moins, le ministre de la Culture et du tourisme d'Abu Dhabi, le cheikh sultan Bin Tahnoun al Nahyan, a cherché à rassurer : «Tout ne peut pas se faire brutalement, nous avons une histoire et une culture» a-t-il indiqué début 2008, ajoutant qu'il n'y avait, pour lui «pas de tabou» et que peu à peu, «le marché triomphera».

De son côté, le président du Louvre, Henri Loyrette, n'a cessé de mettre en avant le «rôle central du Louvre dans la diplomatie culturelle de la France». Il est «sain et normal, a -t-il expliqué, qu'en tant que premier musée national, le Louvre serve les intérêts de la France et contribue à son rayonnement». C'est dans ce sens que Nicolas Sarkozy avec le cheik Mohammed Bin Zayed al-Nayhan lancent aujourd'hui un programme intitulé «Talking Arts», qui comprend des symposiums ainsi que la présentation d'œuvres provenant des musées français et du Louvre. Cette programmation qui se veut préfiguratrice est prévue pour durer jusqu'au 2 juillet. Le «Louvre des sables» devrait être achevé en 2012-2013. Près de 3 millions de visiteurs, en provenance du Moyen-Orient, d'Afrique et d'Asie du Sud-Est, sont, à terme, attendus sur cette île.
(le figaro)

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