vendredi 8 mai 2009

Toi Wallon, moi Bruxellois. Et puis ?

BEATRICE DELVAUX
Rédactrice en chef

Wallons et Bruxellois : ils seront le 7 juin – dans un mois – appelés à fixer le cadre politique de leur destin propre. C'est la seule élection où ils sont ainsi sollicités sur base de leurs identités. D'où notre volonté de mieux cerner ces deux groupes d'individus, tant sur leurs perceptions réciproques que sur les enjeux de cette élection régionale : se connaissent-ils bien ?

Ont-ils les mêmes priorités ? Ont-ils une capacité voire une volonté de vivre ensemble plus étroitement ? Un dernier élément crucial lui, en vue du débat institutionnel qui ressortira en septembre du frigo où il est tactiquement enfermé depuis des mois.

Et donc ? Il y a dans ce sondage, une bonne nouvelle. Alors que les clichés régnaient en maître il y a 2 ans lors de notre «Face à face» entre Flamands et francophones, aucun schisme comparable ne divise Wallons et Bruxellois. Il ressort clairement en effet que le cliché du Wallon paresseux ne domine absolument pas l'inconscient des Bruxellois. De même pour les Wallons qui, s'ils considèrent que le Bruxellois est un rien plus dikkenek que modeste, c'est loin après avoir listé des qualités majeures. Ils se connaissent donc bien et s'accordent aussi sur leur priorité – l'école – et la matière qui peut être régionalisée – l'emploi.

La vraie mauvaise nouvelle est ailleurs : s'ils s'apprécient, Wallons et Bruxellois n'envisagent pas du tout leur devenir de la même façon en cas d'indépendance flamande : les Bruxellois se voient seuls en district européen, les Wallons se voient unis à Bruxelles. Pas très grave à court terme, mais dès septembre, lorsque la discussion sur la réforme de l'Etat reprendra, il sera à nouveau clair qu'il n'y a pas de projet francophone commun clair à opposer aux exigences d'une Flandre qui se voudra, c'est certain, davantage autonome et identifiée.

Ce sondage pourrait – à nouveau ! – servir d'avertissement aux politiques francophones : ils doivent, au-delà des positions partisanes, prendre rapidement leurs responsabilités et créer enfin ce projet commun ; sous peine d'arriver divisé et donc affaibli face à un front flamand qui sera lui, sur ces questions, très uni quel que soit le résultat des élections régionales.

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