mercredi 17 juin 2009

Des chrétiens s’interrogent

Nous sommes tristes et inquiets face au virage ultraconservateur de l'Eglise en tant qu'institution. A côté de ceux qui claquent la porte ou s'en vont sur la pointe des pieds, il faut agir de l'intérieur.
Nous sommes profondément tristes et désemparés devant l’évolution actuelle de l’Eglise catholique romaine. Des évènements récents nous interrogent sur notre place de chrétiens dans l’Eglise. Suite au drame, au Brésil, de cette fillette de 9 ans, enceinte de jumeaux après avoir été violée par son beau-père, le président de l’Académie pontificale pour la Vie , l’archevêque Rino Fisichella, écrit dans l’Osservatore Romano : "Avant de penser à l’excommunication, il était nécessaire et urgent de sauvegarder sa vie innocente et de la ramener à un niveau d’humanité dont nous, hommes d’Eglise, devrions être experts et maîtres. Cela n’a malheureusement pas été le cas, et la crédibilité de notre enseignement s’en ressent, qui apparaît aux yeux de beaucoup comme insensible, incompréhensible et sans aucune miséricorde". Par ailleurs, comment comprendre le décret levant l’excommunication des évêques de la Fraternité Saint Pie X, parmi lesquels l’évêque négationniste Richard Williamson, alors qu’ils persistent à refuser les conclusions du concile VaticanII et qu’ils déclarent vouloir convertir l’Eglise à un retour à la vraie foi d’avant Jean XXIII ? Enfin, au-delà d’une vaine polémique sur ce que le Pape a dit, n’a pas dit ou a voulu dire sur le rôle du préservatif dans la lutte contre le sida, lors de son interview dans l’avion le conduisant en Afrique, il n’en reste pas moins que Benoît XVI a encore rappelé, en octobre 2008, la condamnation par l’Église catholique de toute contraception. Il l’a fait à l’occasion du quarantième anniversaire de l’encyclique "Humanae Vitae" de Paul VI, sur la question de la régulation des naissances, qui affirme : "Est exclue également toute action qui, soit en prévision de l’acte conjugal, soit dans son déroulement, soit dans le développement de ses conséquences naturelles, se proposerait comme but ou comme moyen de rendre impossible la procréation. [ ] C’est donc une erreur de penser qu’un acte conjugal rendu volontairement infécond et, par conséquent, intrinsèquement déshonnête, puisse être rendu honnête par l’ensemble d’une vie conjugale féconde".
Sans vouloir juger ici ces évènements, nous avons l’impression très nette qu’ils participent d’un virage ultraconservateur à l’intérieur de l’institution catholique romaine, que son récent "Catéchisme" et surtout son "Abrégé" avaient déjà démontré. Y sont clairement condamnés les couples engagés en dehors des liens du mariage, les divorcés remariés, ceux qui vivent une relation homosexuelle, qui utilisent des moyens contraceptifs ou la stérilisation directe et ceux qui font appel à l’insémination ou à la fécondation artificielles , soit une part très importante de chrétiens engagés dans leur foi, qui se voient ainsi rejetés par une hiérarchie insensible et inhumaine, loin de l’invitation évangélique à l’amour mutuel.
Alors que l’Eglise se veut être "le visage du Christ", celui-ci n’a pas condamné la femme adultère. Il s’est à plusieurs reprises opposé aux scribes et pharisiens qui imposaient au peuple des lois trop lourdes à porter et leur a dit : "Vous jugez de façon purement humaine. Moi je ne juge personne et s’il m’arrive de juger, mon jugement est conforme à la vérité parce que je ne suis pas seul : il y a aussi celui qui m’a envoyé" (Jean 8, 15-16).
Faut-il réellement que le Pape soit encore un chef d’Etat, soumis à toutes les limites, prudences et critiques que cela implique ? Il ne peut en même temps délivrer des messages spirituels et politiques difficilement compatibles. Dans sa structure actuelle, héritée de l’organisation de l’Empire romain de Constantin, les cardinaux sont des princes de l’Eglise, les évêques et les prêtres identifiés comme les agents d’une institution hiérarchisée entièrement soumise à l’autorité de son chef, le Pape. Les curés ne sont pas issus de leur communauté et certains ont toutes les difficultés à vivre en harmonie avec elle. Les prêtres de demain risquent de se réduire à quelques traditionalistes rassemblant un petit nombre d’élus.
Les chrétiens d’aujourd’hui demandent que l’Église catholique réfléchisse à de nouvelles formes de sacerdoce. "Le sacerdoce commun des fidèles et le sacerdoce ministériel ou hiérarchique, s’ils diffèrent essentiellement et non pas seulement en degré, sont cependant ordonnés l’un à l’autre puisque l’un comme l’autre participe à sa façon de l’unique sacerdoce du Christ" (Vatican II, Lumen Gentium, 10). Indépendamment de notre souhait d’ordinations d’hommes ou de femmes, mariés ou qui ont librement choisi le célibat, il nous semble que la diversification et une redéfinition des ministères sont les seules réponses possibles à la diminution inéluctable du nombre de prêtres.
Depuis des siècles, l’Eglise institutionnelle délivre des prescriptions morales, essentiellement en matière sexuelle, alors qu’elle a pour mission de rappeler sans cesse les messages évangéliques d’amour, de miséricorde, d’espoir et de foi. Elle ne doit pas édicter des règles de comportement, mais pousser à faire vivre ce que chacun a de mieux en lui et à approfondir nos relations aux autres. Les condamnations successives de ceux qui sont censés vivre "en état de péché mortel", celles des prêtres ouvriers, des théologiens de la libération, des intellectuels en recherche et à la marge de l’enseignement du magistère, de ceux qui veulent briser les frontières entre confessions chrétiennes et arriver à l’unité réclamée avec insistance par le Christ, nous paraissent paralyser la vie de l’Eglise.
Nous craignons que l’évolution de cette lourde institution ne soit trop lente avec le système de cooptation du Pape par les cardinaux nommés par ceux qui l’ont précédé et qui ont choisi de préférence des candidats ayant les mêmes options que les leurs.
Devant la situation actuelle, à côté de l’hémorragie de ceux qui claquent la porte avec fracas ou qui s’en vont sur la pointe des pieds, des chrétiens catholiques engagés pensent qu’il faut agir de l’intérieur. Ils aspirent à un nouveau concile qui invente d’autres sacerdoces et ministères et ouvre les portes d’une Eglise chrétienne œcuménique, en dialogue avec les autres religions et la laïcité. Un concile qui renouvelle fondamentalement l’Eglise pour que chacun puisse y vivre sa foi. Nous attendons l’avènement d’une Eglise rassemblant tous les chrétiens dans une unité de foi et d’amour qui ne soit pas une uniformité centralisée et où la diversité soit respectée et vécue comme une richesse. Cela implique que l’institution hiérarchique abandonne une fois pour toutes ses crispations sur son pouvoir et ses discours sur les interdits et condamnations morales qu’elle prononce sans nuance.
Nous sommes à la fois tristes devant l’évolution actuelle de notre Eglise et inquiets devant l’immobilisme de sa hiérarchie.

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
UNE MAIN TENDUE
Il est intéressant de lire sous la plume de chrétiens engagés une critique aussi dure de l’évolution du Vatican. De toute évidence et nous ne cessons de le répéter, la ligne de partage n’est plus depuis longtemps entre croyants et non croyants mais entre esprits libres, ouverts, tolérants et esprits intégristes, fermés, obtus entre partisans de le tension et partisans du dialogue. Qui ne l’aurait toujours pas compris s’en persuade en lisant la prose délétère du plus obtus des intégristes catholiques qui sévit depuis des mois sur les forums de la libre Belgique en toute impunité, à savoir le tristement fameux « ouimaisnon » ennemi juré de Voltaire Nietzsche et des esprits libres.
OUIMAISNON A ECRIT
« LLB nous livre encore la prose polémiste de ‘chrétiens catholiques engagés’, ces cathos qui se considèrent les meilleurs, et s’érigent en donneurs de leçons aux autres. Ils refusent la diversité qui est la richesse de l’Église. Tout catho qui ne pense pas comme eux serait dans l’erreur.
Alors même qu’ils déblatèrent contre les autres cathos, ils se plaisent à parler d'ouverture et dialogue avec ceux qui combattent l’Église. Bien sûr qu’il faut aimer ses ennemis, et leur pardonner
En agissant ainsi, ces ‘chrétiens catholique engagés’ ne sont-ils pas les plus pharisiens, sectaires et intégristes qui soient ? Et cette attitude si peu chrétienne, n’explique-t-elle pas la désaffection de notre société pour le message d’amour du Christ, et son attrait pour le message de cynisme d’un Voltaire ou d’un Nietzsche ? »
Construisons une humanité nouvelle
La course à la croissance matérielle est scandaleuse et suicidaire. Prise de conscience avec "Home".
Après le film d’Al Gore sur le réchauffement climatique, "Home" contribue à cette prise de conscience généralisée de la menace planétaire. Nous percevons en quelques dizaines de minutes l’histoire de ces quatre milliards d’années qui a produit cette planète extraordinaire, cet immense univers végétal et animal : quel trésor fabuleux a reçu en héritage "l’Homo sapiens" apparu il y a environ 200 000 ans et devenu progressivement le maître de cet univers.
Mais que se passe-t-il depuis un ou deux siècles ? Que s’est-il passé durant ces 50 dernières années surtout ? Cette espèce humaine a triplé, des villages sont devenus des villes immenses aux gratte-ciel montant jusqu’aux nuages, le trafic routier, maritime, aérien a été multiplié par vingt, etc. "Tout s’accélère !", scande le film comme un refrain. C’est le grand problème justement. Ce qui s’accélère en même temps, c’est l’effet de serre, la fonte des glaciers, l’assèchement des fleuves et de la nappe phréatique, la misère des bidonvilles, l’érosion et la désertification des sols, etc.
Disparition des forêts au profit notamment de la production de soja et d’huile de palme pour le bétail ou d’eucalyptus pour le papier, raréfaction accélérée des poissons, disparition quotidienne et à jamais de multiples espèces animales et végétales, disparition progressive de ces éléments naturels équilibrants et protecteurs que sont les mangroves, les massifs de corail, les marais, sans parler des glaces du Groenland qui sont en train de glisser vers l’océan où elles feront monter le niveau des mers.
Le film montre bien une série de facteurs d’accélération de toutes ces destructions et du réchauffement : notamment la fonte du permafrost sibérien qui dégagera une grande quantité de méthane, un gaz qui provoque l’effet de serre vingt fois plus fort que le dioxyde de carbone, la fonte de la banquise qui protégeait l’océan du réchauffement par les rayons du soleil.
Saisissante aussi est l’exploitation éhontée et complètement folle des ressources minières : le pétrole, en particulier, qui est devenu l’élément-clé de tout ce "développement" et notamment de l’agriculture (transports, tracteurs, engrais, pesticides, arrosages qui utilisent aussi 70 % de l’eau douce disponible, mais de plus en plus rare : beaucoup de fleuves et des milliers de puits, en Inde par exemple, sont à sec et partout la nappe phréatique descend).
Le film, heureusement, nous montre en finale une série d’initiatives qui sont en train de surgir pour faire face à ces énormes défis planétaires (il aurait pu en montrer davantage, souhaitons que Yann Arthus-Bertrand y consacre tout un prochain film). Chacun est invité à devenir un être responsable : oui, nous aurons à répondre devant nos enfants et petits-enfants, mais aussi devant toutes les victimes actuelles et futures de cette frénésie de consommation et de confort qui a marqué ces cinquante dernières années.
Car c’est bien là le problème : nous sommes un milliard d’humains (sur 6,5, bientôt 7) à avoir adopté un mode de vie dont nous voyons clairement aujourd’hui qu’il détruit notre belle planète, qu’il viole la justice élémentaire pour les autres, contredit gravement notre respect prétendu de la vie, végétale, animale, humaine. On estime déjà aujourd’hui à 300 000 par an le nombre de nos "prochains" qui meurent chaque année des diverses conséquences de ce système mondial qui enrichit toujours plus les riches et appauvrit toujours plus les pauvres.
C’est une réalité écrasante, mais on peut la voir aussi comme une tâche enthousiasmante, la construction d’une humanité nouvelle. Une très large prise de conscience a lieu partout, c’est le premier pas. Une minorité est déjà en train de changer son mode de vie, par exemple sa consommation de viande ou d’énergie (chauffage, voiture, voyages) et de plus en plus de gens se mettent à réexaminer leurs habitudes, à comprendre que le bonheur n’est pas dans toutes ces facilités. Collectivement, nous voyons déjà le "boomerang" annoncé par Susan George depuis des années : pression migratoire incontrôlable, révolte des pays pauvres, "haine de l’Occident" (Jean Ziegler), délocalisations et chômage, déprimes et solitudes, violence ou désespoir d’une partie des jeunes, etc. Il est grand temps d’arrêter cette course absurde et scandaleuse à la croissance matérielle ! ( La Libre )

COMMENTAIRE DE OUIMAISNON
« Il est nécessaire d’identifier l’origine de cette situation. À savoir l’idéologie des Lumières, au XVIIIè s. Cette idéologie a développé une conception scientiste, utilitariste et athéiste du monde. Pour un athée, ce que ce monde contient n’est pas respectable en soi, ce n’est qu’éventuellement UTILE. Ce n’est donc pas ‘bon’ du seul fait que cela existe.

Un athée n’AIME pas le monde, il l’EXPLOITE. Il rejette donc aussi l’idée que ce monde ait un sens transcendant, dont il devrait tenir compte. L’athée est égocentriste. Pour lui, le monde est comme un esclave. Il l’exploite, mais ne l’aime pas. Mais s’il l’exploite trop, l’esclave risque de mourir. Il peut donc se mettre à ménager la planète, non parce qu’il l’aime, mais pour son bien à lui.

L’athée sacrifie tout au progrès scientifique et technologique. Or, c’est ce ‘progrès’ qui a mis la planète dans l’état où elle est. Le cancer qui ronge la planète, c’est donc l’athéisme. »

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
DEMONSTRATION PAR L’ABSURDE
Il est surprenant que la Libre Belgique , journal pratiquant l’ouverture d’esprit et très accessible à l’esprit critique tolère l’omniprésence de ce personnage réactionnaire et obscurantiste au risque de donner du catholicisme une image franchement caricaturale. Il hante en effet depuis des mois impunément les forums de cet excellent quotidien de sa prose rétrograde digne des tribunaux de l’inquisition d’autrefois.
Les internautes on beau protester et ruer dans les brancards, il persiste et signe contre vents et marées. C’est franchement surprenant.
MG

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