jeudi 11 juin 2009

Flamands de Bruxelles et du Nord

Le langage de guerre communautaire ne marche plus dans la capitale.
Les élections du 7 juin 2009 resteront dans la mémoire flamande comme la consécration du cordon sanitaire par une défaite cinglante de l’extrême droite. Après avoir influencé de façon considérable la politique flamande pendant 25 ans, l’extrême droite a reçu, ce dimanche, un coup de grâce et on ne voit pas très bien où le parti raciste du Nord ira chercher son deuxième souffle.
Pour la première fois à Bruxelles, les partis flamands ne sont plus condamnés à se mettre tous ensemble pour contenir le danger xénophobe au sein des institutions bruxelloises. D’autres facteurs - la composition de la coalition en Flandre et celle entre francophones à Bruxelles - détermineront la majorité au sein du groupe flamand à Bruxelles.
On a d’ailleurs pu constater, une fois de plus, que les Flamands de Bruxelles et les Flamands du Nord n’ont plus la même vision des choses. Alors que les libéraux flamands ont reçu une raclée, Guy Vanhengel sort victorieux du scrutin. Il est même cité comme successeur à Bart Somers pour diriger l’Open VLD. Son collègue Pascal Smet, sur la base d’une vision audacieuse de la ville, a augmenté le nombre d’élus socialistes, alors que la gauche flamande est en pleine crise. Et le succès du CD & V en Flandre n’a pas trouvé d’écho à Bruxelles, malgré le renfort offert par la grande pointure politique qu’est le vice-premier fédéral Steven Vanackere.
Tandis que la combativité communautaire bat son plein au Nord avec la montée de la N-VA , le langage de guerre communautaire ne semble plus une garantie de succès dans la capitale. Olivier Maingain, qui avait obtenu aux élections fédérales de 2007 plus de 34 000 votes de préférence, n’en a engrangé ce dimanche que 13 299. Bien que ces résultats ne soient pas comparables, puisque l’homme fort du FDF était tête de liste en 2007, son résultat de 2009 laisse penser que beaucoup de Bruxellois n’ont plus l’esprit de conflit communautaire.
En Flandre par contre, la montée de la combativité communautaire a surpris tout le monde. Comment expliquer le succès de la N-VA en pleine crise économique ? Il doit être attribué en large partie à la personnalité de Bart De Wever. Il a pu charmer une grande audience au cours du quiz "De Slimste Mens" par son intelligence et par son humour. En outre, il développe une vision consistante et il colle à ses principes.
Et il a été aidé, une semaine avant les élections par Didier Reynders. Il est vrai que le nombre de votes flamands à Bruxelles est tombé à 51 818. Louis Tobback a déjà lancé la boutade que la Flandre aura une capitale sans Flamands. Mais en affirmant hardiment que la représentation flamande à Bruxelles est hors proportion - sans mentionner la surreprésentation flagrante des francophones au niveau fédéral - Didier Reynders a démontré "le caractère déraisonnable des hommes politiques francophones" dont Bart De Wever aime parler.

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
CES ELECTIONS BRUXELLOISES SONT UNE MASCARADE
Hormis Charles Picqué qui a une vision pour Bruxelles mais qui paraît bien fatigué pour le mettre en oeuvre ses challengers semblent tâter dans le brouillard entre un carriérisme personnel de plus en plus affiché (près de la moitié des élus sont des municipalistes soit échevins, soit bourgmestres) et un communautarisme de plus en plus affirmé « Marco Martinello n’hésite pas à pointer dans Le soir « l’ambiguité des formations traditionnelles, qui dénoncent officiellement le vote ethnique mais se servent de candidats qui jouent la carte de l’ethnicisation larvée ». Enfin, les marivaudage orchestrés par écolo autour des agenda et des rendez vous divers ressemblent de plus en plus à une mascarade dans les jardins de Versailles en 1787…
MG

Aucun commentaire: