mercredi 24 juin 2009

Iran : Obama a raison de ne pas en faire plus

Par Pierre Rousselin (Blog géopolitique)

Barack Obama a répondu à ceux qui lui reprochent de ne pas avoir assez pris fait et cause pour l'opposition iranienne en affirmant que les Etats-unis étaient "horrifiés et indignés" par la répression. Mais il a maintenu sa ligne de conduite qui consiste à:
éviter de prêter le flanc aux accusations d'ingérence étrangère qui permettent au régime de se dédouanner. Ce qui importe, a-t-il dit, est "la légitimité" des dirigeants iraniens "aux yeux de leur propre peuple".
mettre le régime iranien devant ses responsabilités en l'invitant à adopter une ligne de conduite conforme aux règles internationales. "Il n'est pas trop tard...", a-t-il dit. Il ne pouvait pas mieux encourager les réformistes.
Obama n'a pas besoin de jeter de l'huile sur le feu. Pour plusieurs raisons:
La révolution iranienne, le Guide suprême et le président Ahmadinejad ont perdu leur légitimité d'abord en truquant la présidentielle et ensuite en tirant sur la foule. A court terme, le pouvoir s'est maintenu par la force. Mais à long terme, ses bases sont indiscutablement ébranlées.
La répression a découragé les manifestants mais l'opposition n'est pas vaincue. La contestation demeure et va changer de forme. Les divisions au sein de la hiérarchie ne vont pas disparaître. Obama a raison de rester prudent et de dire que l'on ignore encore comment tout cela va se terminer. Décréter des sanctions aujourd'hui reviendrait à aider les ultras en leur permettant de mobiliser contre le "Grand Satan"
L'ouverture créée par l'élection d'Obama -sa main tendue- n'est pas étrangère à la soif de changement qui s'exprime en Iran. Elle affaiblit les radicaux et encourage les modérés. Le président américain reste sur la même ligne, il se félicite du "débat extraordinaire" ouvert en Iran et fait comme si les dirigeants iraniens étaient capables de canaliser ce débat. Il sait que c'est impossible et attend de voir ce qui va suivre. Les Iraniens l'ont bien compris: ils se rappellent qu'il a fallu plus d'un an de manifestations avant d'aboutir à la chute du Shah, il y a trente ans.

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
UN AN POUR RENVERSER LE SHAH!
Voilà qui recadre magnifiquement la sage politique de Obama qui impressionne par son calme et sa maîtrise de soi.
H. Clinton se tait, est-ce pour mieux calmer le jeu en Israël? Le monde a beaucoup changé depuis le départ de Bush.
Ce n'est encore que le début. L'imprévisible est au rendez-vous.

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