jeudi 11 juin 2009

La mélancolie du blogueur

Parfois, alors qu’il divague en suivant le fil capricieux de sa lettre ouverte, le Blogueur doute. A quoi bon? Pour qui donc? Il oscille de la parano («il me haïssent tous») à l’autisme («je veux voir personne»). On le comprend. C’est vrai, pourquoi s’échiner à célébrer Hubert Lucot ou Robert Giraud? Et tout ce sucre qu’il casse sur les vaches sacrées («les coups de cœur»), ne serait-il pas mieux employé autrement?

ET SA CONSOLATION
Que mes jeunes collègues blogueurs lisent ceci: «Si la tenue d’un blog peut sembler vaine (au double sens de l’inutilité et de la prétention vaniteuse) à un littérateur ou à un lecteur-qui-se-respecte, l’expérience personnelle de la chose m’a prouvé qu’il pouvait prolonger, de manière stimulante et enrichissante, voire libératrice du point de vue du jaillissement des idées et des formes, une activité littéraire partagée entre l’écriture continue et la lecture, l’ensemble relevant du même atelier virtuel, avec cette ouverture "interactive" de plus.»
L’envie de continuer à divaguer, entre blagueur et blogueur.

BONUS
Kuffer m’a fait comprendre (mais je m’en doutais) que le blogueur est surtout un vieux et incorrigible lecteur..
(Raphaël Sorin, Libération)

COMMENTAIRE DE BLOGUEURS
« Grand merci, cher Raphaël Sorin, pour ces propos si fraternels. C'est vrai que le blog ne change rien à nos façons de lire et d'écrire ou presque. C’est le bilan que je tire de mes quatre ans à sévir on ze blogue... »
« les bons blogs continuent l'envie de lire de dire le lire »
«... J'ai eu du plaisir à lire ces quelques lignes, en effet les blogs nous obligent à écrire et donc à lire tous les jours que Dieu fait, les bons comme les mauvais...»

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
LE BLUES DU BLOGUEUR
Que de fois n’ai-je eu envie d’accrocher ce blog au clou pour une sieste au jardin, un capuccino chez Giovanni une promenade au Parc Josaphat ou dans les Galeries saint Hubert, une pizza au Mano Mano en agréable compagnie ou une expédition chez filigrane. Qui sont-ils, qui sont-elles ces visiteurs du soir du matin ou de la nuit ? Bientôt 200.000 passages ? C’est beaucoup, c’est peu, c’est trop ou pas assez, selon les humeurs, les états de grâce ou de déprime.
Mais qui sont donc tous ces gens. Une amie rassurante « Ne te fais aucune illusion, c’est tout au plus quarante ou cinquante addicts, des cinglés des paumés qui passent leur temps à griller des sèches derrière leur PC. Son propos est amer, elle vient de rater une élection, malgré ses efforts à courir les meetings et les marchés, les cafés, les espaces publics et privés. Elle n’a guère rassemblé plus de voix sous son nom que son adversaire blogueur de talent, champion des visites quotidiennes. N’est pas Obama qui veut ni même « papa » grands surfeurs sur Face Book et autre blogs innombrables.
Le blogueur est seul, quand bien même il s’installe le matin au Belga ou au Central Park quand Bruxelles s’éveille au milieu des gens du cauchemar de la nuit. Il boit son café brûlant, mâche son croissant, sort son PC portable (il épie les places pourvue d'une prise électrique) et il s’y remet, tout naturellement. « Je blogue, tu blogues, je bloguais, bloguerai-je longtemps encore »
Tiens à propos quelqu’un a-t-il réussi à mettre la main sur le Regard d'Orphée", d'Adonis le dissident. En vain je le cherche en flânant dans Bruxelles sous la pluie. Fringale de lecture, d’échngesinterculturels en face à face et aussi virtuels.
MG

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