dimanche 21 juin 2009

Moussavi lance une critique sans précédent contre le guide suprême

Aucun personnage politique iranien n'avait osé émettre une telle critique envers l'ayatollah Khamenei depuis qu'il a pris ses fonctions en 1989.
Le chef du mouvement de contestation en Iran Mir Hussein Moussavi a lancé samedi une critique sans précédent contre le guide suprême Ali Khamenei qui a validé la réélection du président Mahmoud Ahmadinejad, selon son site internet. M. Moussavi, un conservateur modéré, a accusé, sans le nommer, l'ayatollah Khamenei de menacer le caractère républicain de la République islamique et de viser l'imposition d'un nouveau système politique. Aucun personnage politique iranien n'avait osé émettre une telle critique envers l'ayatollah Khamenei depuis qu'il a pris ses fonctions en 1989.
M. Moussavi, principal rival de M. Ahmadinejad à la présidentielle du 12 juin, a dénoncé "un projet qui va au delà de l'imposition au peuple d'un gouvernement non voulu, l'imposition d'une nouvelle vie politique au pays".
Il réserve son accusation la plus grave envers le guide en évoquant l'argument que ce dernier avait présenté vendredi pour considérer valide la réélection de M. Ahmadinejad qui a obtenu 62,63% de voix dès le premier tour contre 33,75% à M. Moussavi.
L'ayatollah Khamenei a dit que "les mécanismes de notre pays ne permettent pas de tricher avec une marge de 11 millions (celle séparant M. Ahmadinejad de M. Moussavi). Comment peut-on tricher avec une marge de 11 millions? " M. Moussavi a rétorqué: "si cette énorme taille de la fraude (...) est présentée comme la preuve d'une absence de fraude, alors l'aspect républicain du système sera massacré et cela prouverait que l'islam est incompatible avec la République".
Il n'a cessé depuis l'annonce le 13 juin de la victoire de l'ultraconservateur Ahmadinejad de prendre à contre-pied le guide suprême, en défiant à chaque fois ses injonctions. Quand ce dernier a qualifié le 13 juin de "grande fête" la réélection de M. Ahmadinejad, le chef de l'opposition en a contesté les résultats. Quand l'ayatollah Khamenei l'a enjoint de poursuivre sa contestation uniquement par des voies légales, M. Moussavi a mis un point d'honneur le lendemain à se rendre à une manifestation monstre dans le centre de la capitale. Enfin, quand Ali Khamenei a déclaré mardi qu'un recomptage partiel du scrutin pouvait être envisagé si nécessaire, M. Moussavi a répété le lendemain qu'il n'attendait rien moins que son annulation.
Les dernières déclarations de M. Moussavi représentent le défi le plus sérieux à l'autorité du guide suprême. Ce dernier était apparu vendredi à la prière du vendredi avec une foule de plusieurs dizaines de milliers de fidèles. Il avait notamment exigé la fin des manifestations, en assurant qu'il ne "céderait pas à la rue". Là encore M. Moussavi a ignoré cette demande en "recommandant aux responsables de non seulement préparer le terrain pour des réunions pacifiques afin d'établir le calme, mais d'encourager de tels rassemblements". M. Moussavi a estimé que la demande d'annulation des résultats de la présidentielle était "un droit inaliénable" et affirmé qu'il serait "toujours aux côtés" des Iraniens pour défendre leurs droits légitimes, selon ses sites.

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