vendredi 26 juin 2009

Moussavi ne renoncera pas malgré les "pressions"

"Je ne me retiendrai pas d'obtenir des droits pour le peuple iranien (...) à cause d'intérêts person-
nels ou par peur des menaces", rapporte Mir Hossein Moussavi sur son site internet.

Après que Mir Hossein Moussavi, chef du mouvement de contestation de la réélection de Mahmoud Ahmadinejad, a affirmé jeudi 25 juin sur sont site internet Kalemeh qu'il était "sous pression" pour retirer sa demande d'annulation de la présidentielle du 12 juin, le leader a ajouté qu'il ne renoncera pas à "obtenir des droits pour le peuple iranien". " Je ne me retiendrai pas d'obtenir des droits pour le peuple iranien (...) à cause d'intérêts personnels ou la peur des menaces", a-t-il déclaré. Peu de temps avant il avait affirmé : "de récentes pressions visent à me faire renoncer à ma demande d'annulation de l'élection".

Une "commission vérité"
Le 23 juin, le bureau de campagne de Moussavi a fait état dans un rapport de fraudes et d'irrégularités présumées commises lors du scrutin, réclamant la création d'une "commission vérité" pour réexaminer le processus électoral.
Le rapport dénonce "l'utilisation à une large échelle des moyens du gouvernement en faveur de son candidat", le président sortant Mahmoud Ahmadinejad, largement vainqueur du scrutin du 12 juin avec 63% des voix. Il critique également le choix des membres des comités chargés d'organiser les élections, sélectionnés parmi des partisans de Mahmoud Ahmadinejad.
Le pouvoir iranien a exclu l'annulation de la présidentielle contestée du 12 juin et annoncé que le nouveau président et son gouvernement allaient être investis entre le 26 juillet et 19 août.

Un "accès à la population complètement limité"
Mir Hossein Moussavi a expliqué que son "accès à la population est complètement limité" par les autorités. "Nos deux sites internet ont beaucoup de problèmes. La publication de (son journal de campagne) Kalameh Sabz a été interdite et les membres de la rédaction ont été arrêtés. D'autres journaux [réformateurs, NDLR] sont aussi confrontés à de sévères restrictions", ajoute-t-il.
Selon lui, ce muselage des voix de l'opposition est dangereux car il empêche celle-ci de s'exprimer d'une façon pacifique. "Tout cela n'améliore pas l'atmosphère dans la nation et va la conduire à plus de violence", a averti le candidat contestataire.

Arrestations
Le candidat conservateur Mohsen Rezaï a pour sa part déjà retiré sa plainte.
Le site internet de Moussavi rapporte aussi que 70 universitaires et membres d'associations islamiques d'étudiants ont été arrêtés après avoir rencontré l'ex-candidat, mercredi. La plupart de ses conseillers et proches collaborateurs ont aussi été interpellés, alors que la presse ultra-conservatrice a demandé à ce qu'il soit traduit en justice pour avoir incité aux manifestations de l'opposition.
Au total, plusieurs centaines de personnes, dont 140 politiques, journalistes et intellectuels, ont été arrêtés depuis le début des troubles qui ont suivi l'élection présidentielle.

"La montée des frustrations"
Pour l'ayatollah dissident Montazeri, "si le peuple ne peut pas revendiquer ses droits légitimes dans des manifestations pacifiques et est réprimé, la montée de la frustration pourrait détruire les fondations de n'importe quel gouvernement, aussi fort soit-il". Il appelle, dans un communiqué, ses compatriotes à poursuivre la contestation.
Le Conseil des gardiens, chargé de valider les résultats, s'est donné jusqu'à lundi pour examiner les plaintes mais a clairement indiqué que cela ne remettrait pas en cause le résultat final.
La légalité du scrutin ne semble pas faire non plus l'unanimité chez les conservateurs. Le maire de Téhéran, Mohammad Baqer Qalibaf, un ex-général des Gardiens de la révolution, a remarqué qu'"une partie de la population se pose des questions sur le scrutin et cela (...) ne peut être résolu par la force".
(Nouvelobs.com)

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