vendredi 31 juillet 2009

Téhéran s’embrase à nouvea

Deux manifestations ont été organisées en hommage aux victimes des troubles postélectoraux. Des heurts ont opposé protestataires et policiers.
L’heure n’est pas encore à l’apaisement en Iran. De violents heurts - les premiers depuis le 9 juillet dernier - ont en effet opposé la police, jeudi, aux manifestants rassemblés dans un cimetière de Téhéran et à ceux réunis devant le Grand Mossala, lieu de prière à ciel ouvert du centre de la capitale. Les manifestants avaient rejoint ces deux endroits pour rendre hommage aux victimes des troubles consécutifs à la réélection contestée du président Mahmoud Ahmadinejad.
Plus de 2 000 personnes, d’après le récit de témoins, s’étaient rassemblées au cimetière de Beheshte Zahra, où sont enterrés la plupart des manifestants tués dans les troubles engendrés par le scrutin du 12 juin - une trentaine selon une commission parlementaire.
Les manifestants ont scandé des slogans de soutien au chef de l’opposition Mir Hussein Moussavi, contraint de rebrousser chemin par les centaines de policiers anti-émeutes déployés pour l’occasion. D’autres ont lancé des pierres contre les policiers qui encerclaient Mehdi Karoubi, un autre chef de l’opposition, tandis que d’autres encore criaient: "A mort le dictateur", "Gouvernement du coup d’Etat, démission !" Les policiers ont fait usage de matraques, de ceintures et de gaz lacrymogènes pour disperser ceux qui souhaitaient se recueillir. Plusieurs personnes ont en outre été arrêtées, ont raconté des témoins, dont le réalisateur Jafar Panahi, représentant de la Nouvelle vague du cinéma iranien, sa femme et sa fille.
M. Moussavi a tenté de s’approcher de la tombe de Neda Agha-Soltan, cette jeune femme tuée par balle le 20 juin devenue le symbole de la contestation de la réélection du président Ahmadinejad. Mais il n’a "pas été autorisé à réciter les versets du Coran habituellement prononcés en de telles circonstances et il a été immédiatement encerclé par la police anti-émeutes qui l’a reconduit vers sa voiture", a expliqué un témoin.
Mehdi Karoubi a en revanche pu se recueillir sur les tombes. "Nous avons demandé une autorisation pour une cérémonie silencieuse au Grand Mossala, mais le ministère de l’Intérieur l’a refusée. Nous avons alors pensé que le meilleur endroit pour faire cela et lire le Coran était Beheshte Zahra, sur la tombe des martyrs. Je ne comprends pas ce déploiement policier", a lancé M. Karoubi.
Malgré l’interdiction formulée par le pouvoir, environ 3 000 manifestants ont choisi de braver les autorités en se rassemblant au Grand Mossala. "Les manifestants levaient les bras en l’air, faisant le signe de la victoire, tandis que la police tentait de les disperser", a déclaré un témoin. "Certains manifestants ont incendié des poubelles tandis que des policiers anti-émeutes à moto traversaient la foule pour essayer de disperser les manifestants", selon un autre témoin. Des centaines d’automobilistes faisaient retentir leur klaxon, signe de ralliement des partisans de M. Moussavi.
Pendant ce temps, le porte-parole de la commission parlementaire sur les prisonniers, Kazem Jalali, a annoncé qu’il restait 250 personnes en prison dont 50 personnalités politiques. Le procureur général de l’Iran, Ghorbanali Dori-Najafabadi, avait indiqué mercredi qu’une grande partie des centaines de prisonniers seraient libérée d’ici à vendredi. Ainsi, Saeed Hajarian, célèbre militant de la cause réformatrice interpellé le mois dernier, a quitté la prison jeudi et a été placé en résidence surveillée. Cette libération, ordonnée par l’ayatollah Mahmoud Hachemi-Shahroudi, premier magistrat de la République islamique, constitue la dernière manifestation en date du malaise provoqué dans la hiérarchie politique et religieuse par des informations faisant état de mauvais traitements infligés aux manifestants incarcérés.
(AFP et Reuters)

Sarajevo renaît de ses cendres

Une façade criblée d'impacts de balles. Des fenêtres aveugles, condamnées par des planches de bois. Au coeur du vieux quartier ottoman de Sarajevo, la Vijecnica n'a pas fière allure. Autour de cet imposant bâtiment de style mauresque construit à la fin du XIXe siècle, la vie a repris son cours depuis longtemps, les cafés ont colonisé les trottoirs et les quais de la Miljacka sont redevenus un paradis pour les promeneurs.

Ici, au contraire, le temps semble s'être arrêté. C'était dans la nuit du 25 au 26 août 1992. Une nuit de cauchemar durant laquelle deux millions d'ouvrages ont été dévorés par les flammes provoquées par les bombes au phosphore lancées depuis la colline d'en face par l'artillerie serbe. Des siècles de mémoire anéantis en quelques heures, comme à Strasbourg en 1870, à Louvain en 1914 et en 1940, à Leipzig ou à Varsovie pendant la seconde guerre mondiale, ou, plus récemment, à Phnom Penh, Kaboul et Bagdad.

Dix-sept ans plus tard, les vieux réflexes n'ont pas disparu. Et c'est toujours devant la Vijecnica que s'arrêtent les taxis quand vous leur demandez de vous conduire à la grande biblioteka. Celle-ci, pourtant, se trouve depuis 1998 de l'autre côté de la ville. L'adresse ? L'ancienne caserne du Maréchal-Tito. Un édifice austère, situé sur une large artère de sinistre mémoire, baptisée pendant la guerre "Sniper Alley" en raison des tireurs isolés qui y semaient la terreur.

Travailler dans cette caserne, Ismet Ovcina ne s'y est jamais fait. Ce politologue de 52 ans, qui dirige depuis 2005 la Bibliothèque nationale et universitaire de Bosnie-Herzégovine, espère bien réinvestir un jour le bâtiment du centre-ville, dont une gravure est d'ailleurs accrochée en évidence sur l'un des murs de son bureau. Mais la partie n'est pas gagnée. Car la ville de Sarajevo est bien décidée à y installer les bureaux du maire - pour ne réserver tout au mieux qu'un petit espace à la bibliothèque.

Pour justifier son projet, la mairie se fonde sur l'histoire du bâtiment. Inaugurée en 1896, la Vijecnica abrita d'abord le conseil municipal, et ce n'est qu'après la seconde guerre mondiale qu'elle fut transformée en bibliothèque. "La ville de Sarajevo fait comme si elle était la propriétaire des murs, alors que c'est au gouvernement de décider ce qu'il veut faire de la bibliothèque nationale", s'emporte, dans un français parfait, M. Ovcina. Intarissable sur la "bataille" qui l'oppose à la municipalité, l'actuel directeur n'a pas de mots assez durs pour fustiger les "politiciens" qui, selon lui, n'ont que "mépris" pour l'avenir des institutions culturelles du pays. Il craint surtout que l'installation de la bibliothèque dans l'ancienne caserne, présentée au départ comme une solution temporaire, ne devienne définitive.

Des conditions de stockage ubuesques, un personnel sous-payé, un manque de place criant : la bibliothèque de Sarajevo cumule les handicaps. La situation actuelle, pourtant, paraît presque miraculeuse quand on se replace quelques années en arrière. Il suffit d'écouter Zilka Osmanovic pour s'en rendre compte. Cette femme timide, qui passe ses journées à accueillir les visiteurs et à répondre au téléphone dans une pièce monacale, a encore les larmes aux yeux quand elle se souvient du matin du 26 août 1992.

"Lorsque le bombardement a commencé, la veille, nous sommes immédiatement descendus dans le sous-sol. La nuit a été infernale. La fumée rendait l'air irrespirable. Et puis il y a eu l'eau versée par les pompiers. Nous en avions jusqu'à la taille. Nous avons attendu comme ça, dans le noir, jusqu'à ce que les tirs cessent, vers 9 h 30 du matin. Ce que j'ai vu en remontant est indescriptible. Il ne restait plus que des cendres", raconte Mme Osmanovic, dont le mari a été tué cette nuit-là.

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
LES ECRIVAINS MEURENT DEUX FOIS
L’anéantissement sous les bombes serbes de la fabuleuse bibliothèque de Sarajévo, ancienne capitale interculturelle est une métaphore d’un vingtième siècle barbare et dominé par la technique. Hitler n’hésita pas, lui non plus, à brûler des milliers de livres rédigé par des écrivains juifs ou assimilés. Le sac de la bibliothèque d’Alexandrie demeure un souvenir traumatique dans l’inconscient collectif. Assurément la destruction de la bibliothèque de Sarajévo n’inspire qu’indifférence à nos contemporains. Quand brûlent les livres, les écrivains disparus meurent une seconde fois et c’est une grande défaite pour l’humanité et pour l’esprit.
MG

De zomertip van Véronique Lamquin

Véronique Lamquin ©

Een koele fles witte wijn, een picknickmand en de vijvers van het Rood Klooster. Meer heeft Véronique Lamquin (37), chef politiek bij Le Soir, niet nodig op een zwoele zomeravond.

Véronique Lamquin woont in Elsene, niet ver van het Flageyplein. Op warme zomeravonden volgt ze de lokroep van het het Rood Klooster in Oudergem.

"Zeker 's avonds is het daar tout tout calme, je ziet er niemand. We gaan er dan met zijn tweeën naar de vijvers. Helemaal op het einde van de tweede vijver staan picknickbanken. Door de reflectie van het water is het licht er bovendien fantastisch. En als het donker wordt kan je er gewoon kaarsen aansteken."

Lamquin houdt van de site van het Rood Klooster. "Plots lijkt het alsof je niet meer in de stad bent, maar op één of ander landgoed. Een ander ideetje daar is trouwens om bij valavond door het bos te gaan fietsen, terwijl de duisternis langzaam doorsijpelt."

Het ideale zomerplein
Lamquin is ook verliefd op de buurt rond het Flageyplein. "je hebt er alles. De Malibranstraat om je boodschappen te doen, Mama Roma voor de schitterende pizza, de vijvers om wat te gaan joggen, de Portugezen om goede koffie te gaan drinken. En doodgewoon op de banken gaan zitten kijken naar de spelende kinderen, dat is toch fantastisch? Het is echt het ideale zomerplein."

En ook met een dik boek weet Lamquin wel raad. "Om te lezen trek ik naar het Happark vlakbij ons huis in de Kroonlaan. Het is zo'n voormalige tuin, die niet zoveel mensen kennen en waar je ook niet per toeval belandt. Dat zorgt voor een intieme sfeer."

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
BRUXELLES EN JUILLET
Hélas le mois de juillet s’achève. Bruxelles en juillet, c’est paradisiaque : circulation réduite, parking facile, terrasses de café innombrables et ralentissement de la vie sociale. Le rêve, il faut être bien mal inspiré pour partir sur les routes bondées à ce moment précis de l’année ou s’engouffrer dans des aéroports envahis par des millions de vacanciers. Le temps me direz-vous. De tout temps juillet fut le mois le plus pluvieux de l’année avec ses célèbres draches nationales du 21 juillet. Comme la place du Luxembourg, Flagey est en effet devenue, the place to be. Dommage qu’on ne s’efforce pas de souligner davantage sa vocation interculturelle.

jeudi 30 juillet 2009

Les ménages belges sont de plus en plus petits

©DR

Les ménages belges sont de plus en plus nombreux, mais de plus en plus petits. Les ménages flamands sont plus grands et c’est à Bruxelles qu’ils sont les plus petits. Mais les différences de taille entre régions tendent à s’aplanir. Autre enseignement : la cohabitation a la cote.

Les ménages belges ? De plus en plus nombreux, mais de plus en plus petits (2,39 membres, en moyenne)… Du moins si la tendance observée il y a huit ans est toujours d’actualité. Et ça, pour en être sûr, il faudrait réformer la science statistique belge, rien moins. La monographie « Ménages et familles » que vient de publier le service de politique scientifique fédérale s’appuie en effet sur des données collectées lors de la vaste enquête socio-économique de… 2001 (la dernière disponible). Les chiffres sont donc connus depuis belle lurette ; les auteurs de l’étude ont toutefois pris soin d’actualiser leurs analyses, en puisant dans les ressources du Registre national. Les grandes tendances ?

Des ménages de plus en plus petits. En 1970, on comptait encore presque trois (2,98) personnes par ménage, en moyenne ; en 2001, 2,39 « seulement ». Derrière ce chiffre, quelques disparités régionales : les ménages flamands sont plus grands (2,46 personnes) et c’est à Bruxelles qu’ils sont les plus petits (2,06). D’une manière générale, on constate toutefois que les différences de taille moyenne selon les régions sont en train de s’aplanir.

La cohabitation a la cote. L’une des évolutions les plus nettes, dans les courbes statistiques, concerne la cohabitation hors mariage. La hausse est constante, au gré des recensements. Là aussi, les réalités prennent des accents différents en Flandre et en Wallonie. « Au sud du pays, la cohabitation est répandue depuis longtemps dans le Borinage et dans le bassin industriel jusque Liège », souligne l’étude. Précisant au passage qu’il s’agissait bien d’une alternative officielle au mariage. « Idem à Bruxelles. En revanche, en Flandre, la cohabitation hors mariage, surtout lorsque le couple a des enfants, était nettement plus rare et restait cantonnée à Anvers, Gand et certains quartiers ouvriers de quelques villes. » Et surtout, vivre ensemble était considéré, au nord du pays, comme une étape préalable au mariage. Ces quinze dernières années, toutefois, la tendance s’est inversée : être parent sans être marié n’a plus rien d’un comportement marginal en Flandre. Sans surprise, ce sont principalement les 25-34 ans qui changent la donne.

Single
Het aantal alleenstaanden in België blijft stijgen, meldt de Federale Overheidsdienst Economie. Het grootste aantal singles is te vinden in de leeftijdsgroep van 25 tot 29, waarin 21,5 procent van de mannen geen partner had.

Bij het begin van de jaren 1980 was dat nog 8,2 procent. Bij de vrouwen gaat het om 14,9 procent in 2006 tegen 5,8 procent in 1981. Kinderen blijken ook vaker door één ouder te worden opgevoed. In de leeftijdscategorie van 40 tot 44 jaar steeg het aantal alleenstaande moeders van 6,4 procent in 1981 tot liefst 15,2 procent in 2006.

Eerdere studies toonden al aan dat het aantal alleenstaanden, zeker in de steden, stilaan het aantal mensen dat in een gezin leeft, dreigt te overvleugelen. In het Brussels Gewest is het al zo, met 51 procent, in Antwerpen zitten ze al vlak bij de 45 procent. Dat is erg veel en toont pijnlijk duidelijk aan dat de vermeende sociologische standaard - vader, moeder en twee kindjes - stilaan een minderheidstype wordt.

De overgrote meerderheid van de alleenstaanden heeft daar niet expliciet voor gekozen. Eenmaal over de dertig zijn alleenstaanden meestal het gevolg van echtscheidingen en de onwil of het onvermogen om een nieuwe partner te vinden. Dat schept voor velen een economisch precaire toestand. Vrouwen die door hun partner verlaten worden en aan het werk moeten, zien hun inkomen dalen.

Mannen met onderhoudsplicht ook. En dat terwijl de vaste kosten voor woning, huur en elektriciteit op constant blijven. Om nog te zwijgen over de belastingvoeten, die voor alleenstaanden vaak zwaarder uitvallen dan voor koppels.

De problemen van de alleenstaande beperken zich ook lang niet altijd tot het zuiver materiële. Fenomenen als vereenzaming en isolement komen logischerwijze bij hen vaker voor dan bij de leden van een koppel of een gezin. Uit de geluksstudie van Mark Elchardus bleek niet zo lang geleden nog dat er wel degelijk een causaal verband bestaat tussen het hebben van een relatie en het beleven van een geluksgevoel.

Daarom wekt het ook verwondering dat in een tijd waarin zowat voor iedere minoritaire probleemgroep wel een hulpverlener of een beleidsprogramma voorhanden is, er vanuit het beleid een oorverdovende stilte klinkt over de problematiek van de alleenstaanden, die stilaan maar zeker de helft van de bevolking van onze grootsteden uitmaken.
(Yves Desmet)

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
SINGLE IS BEAUTIFUL!
NOT ALWAYS
51% des Bruxellois vivent seul. Autrement dit, le modèle dit de la famille nucléaire (papa, maman bébé) est en net recul jusqu’à devenir franchement monoritaire au point qu’on peut désormais parler d’une véritable mutation sociale. Yves Desmedt souligne avec pertinence que la majorité des “singles” n’ont pas vraiment choisi leur situation mais y ont en quelque sorte été contraints par les circonstances de la vie. (divorce, difficulté ou réticence à chercher, à trouver un(e) nouveau partenaire de vie)

Pour beaucoup, cela entraîne une précarisation sociale, surtout pour les femmes qui, abandonnées par leur partenaire se trouvent soudain confrontées avec l’obligation de travailler pour vivre. Pour toutes et pour tous, cette évolution est synonyme de chute des revenus. Aussi pour un grand nombre d’hommes qui se sont vu confier la garde de leurs enfants.

Financièrement, l’isolement est lourd à supporter mais également psychologiquement.

A l’évidence, les société de grande distribution n’ont pas tardé à exploiter ce phénomène notamment en proposant à sa clientèle toutes sortes de solutions dont les petits plats préparés à réchauffer au micro onde. Les snacks et les lieux de petites restaurations se sont multiplés comme champignons sous la voute.

Les petits logements à prix modérés sont très recherchés mais l’explosion de la demande fait dangereusement monter les prix des loyers.

A l’évidence, les politiques régionales de logement ont beaucoup de mal à suivre cette évolution à Bruxelles.
MG

Villo! komt naar Molenbeek

Cyclocity wordt 'Villo' © tvb

Sint-Jans-Molenbeek - Vanaf eind augustus komen er vijftien Villo!-fietsstations in Sint-Jans-Molenbeek. In het hele gewest telt het fietsverhuursysteem tot nu toe 56 stations met 825 fietsen.

Na de 15 stations in Molenbeek volgen er nog nieuwe fietsverhuurpunten in Vorst, Koekelberg en Sint-Agatha-Berchem. Schaarbeek onderzoekt waar er stations kunnen komen.

Brussel, Sint-Gillis, Anderlecht en Sint-Joost-ten-Node hebben al stations. Tegen de lente hoopt Villo! 180 stations en 2.500 fietsen aan te bieden.

Dagelijks maken vijf- à zeshonderd mensen gebruik van Villo!, met pieken tot duizend. Al drieduizend mensen hebben een jaarabonnement van Villo!. Er werden tot nu toe zesduizend abonnementen van korte duur verkocht.(BDW)

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
VÉLO MOLLO
Le moins qu’on puisse dire c’est que Villo ne fait pas un tabac à Bruxelles.
Pourtant, malgré les embarras de la circulation (ou à cause d’eux) on croise de plus en plus de cyclistes dans les rues bruxelloise et cela en dépit du relief accidenté de la capitale. Si le vélo est une mayonnaise qui semble prendre dans la capitale de l’Europe en revanche la formule Villo a l’air de marquer le pas pour l’instant.
Toute chose étant égale, constatons que la même chose fut observée au moment de l’apparition de la Smart sur le marché. Ce fut un bide total au début alors qu’aujourd’hui ce mini véhicule fait un malheur dans toutes les grandes villes malgré son prix exorbitant.
Assurément les mentalités changent. Rares sont les innovations qui d’emblée s’imposent, songeons au PC portable au GSM, à la télévision et aussi au vélo pliable.
MG

mercredi 29 juillet 2009

La mort du Socrate polonais

Philosophe de renommée mondiale, Leszek Kolakowski faisait partie de ces moralistes et sages qui essayent d'attirer notre attention vers quelque chose de plus élevé.

Une personne importante dont vous n’avez sans doute jamais entendu parler est morte vendredi dernier. Noyées dans le flot d’événements que tout le monde aura oubliés le lendemain, nous ne portons guère attention aux personnes qui traitent des questions d’éternité - les philosophes, les moralistes et les sages qui essayent d’attirer notre attention vers quelque chose de plus élevé. Pourtant, à long terme, ce sont elles qui comptent le plus, qui gardent toute leur importance, tandis que d’autres préoccupations ne sont que passagères. Ces hommes et ces femmes transforment le monde autour d’eux, même si l’on ne s’en rend compte que beaucoup plus tard.
Ce n’était pas un philosophe au sens technique, quelqu’un qui écrit pour un cercle de spécialistes. Il était philosophe au sens où Socrate était philosophe : un penseur qui remettait en question ce que les autres tenaient pour établi et sondait les actions et les sentiments humains pour nous aider à comprendre comment nous pouvons nous améliorer et mener une vie moralement plus satisfaisante et plus épanouissante.
Dans sa magistrale "Histoire du marxisme" en trois volumes, Kolakowski montre comment cette théorie politique a évolué dans le temps et analyse les épreuves endurées par le continent européen lors des deux siècles marqués par les croyances marxistes. Dans ses "Entretiens avec le diable", il crée un monde assez amusant qui fait contrepoint aux narrations à contenu moral de la chrétienté, il y déploie son sens de l’humour pour remettre en question les clichés rebattus de la religion et de ses adversaires, les vidant de leur enveloppe philistine, tout en défendant la véritable signification morale qui sous-tend les croyances traditionnelles.
C’était son sort - une malédiction si l’on en croit le proverbe chinois - que de vivre dans "une période intéressante". Dans sa prime jeunesse, dans sa Pologne natale, il a été témoin des atrocités de la Deuxième Guerre mondiale. Il est ressorti de la guerre avec le désir idéaliste de réformer radicalement un monde "pourri" qui avait laissé prospérer le nazisme. Dans sa naïveté, il a rejoint le Parti communiste, car il voyait un espoir de changement dans son programme.
Mais s’il a été aux côtés des communistes pendant quelques années, il n’a jamais été un "bon camarade", parce qu’il ne s’est jamais interdit de penser par lui-même. Il a refusé d’aller au-delà de ce que lui dictait sa conscience. Il a été l’un des premiers "révisionnistes" à avoir contesté l’orthodoxie stalinienne et ouvert la voie aux grands changements qui ont ébranlé le monde communiste en 1956, quand la Pologne a acquis durant une période courte mais néanmoins importante une certaine indépendance par rapport au Kremlin.
Mais une fois qu’il a commencé à remettre en question le dogme marxiste, il ne s’est plus arrêté, jusqu’au moment où il a quitté le mouvement pour devenir l’un de ses critiques et adversaires majeurs. Je me souviens avoir assisté alors que j’étais jeune étudiant à Varsovie, à un meeting illégal à l’université pour commémorer le 10e anniversaire du mouvement de réformes de 1956, au cours duquel Kolakowski a rompu ses derniers liens alors bien fragiles avec le Parti communiste.
Je me souviens l’avoir entendu dire en 1956 : "NOUS AVONS COMPRIS QUE L’ESCLAVAGE NE CONDUIT PAS A LA LIBERTE , QUE LE MENSONGE NE CONDUIT PAS A LA VERITE , QUE L’OPPRESSION NE CONDUIT PAS A L’EGALITE". Il disait des choses simples, des vérités que l’on ne sous-estime pas quand l’on a en face de soi les mensonges alambiqués de la propagande officielle. Grâce à des phrases telles que celles-ci, Kolakowski, avec Soljenitsyne, Sakharov et d’autres hommes de cette trempe, ont fait autant que les milliers de milliards dépensés dans l’armement pour hâter l’écroulement de l’empire soviétique et de son totalitarisme.
Kolakowski a payé cher sa liberté de pensée. Moins de deux ans après son discours de Varsovie, il a été chassé de son poste d’enseignant et contraint à un exil qui allait durer 20 ans. D’Oxford, où il est devenu membre de l’All Souls College, il a continué à formuler des vérités qui dérangent tout en restant présent intellectuellement et moralement dans son pays lors de son combat contre la dictature, pendant ses révoltes ouvrières, la montée de Solidarnosc et l’écroulement final du régime en 1989.
Au cours des dernières années, il est revenu plusieurs fois en Pologne, sans toutefois s’y réinstaller. Il était devenu une icône aux yeux de ses compatriotes. Au point que pour son 70e anniversaire, le plus grand quotidien du pays avait organisé une célébration au cours de laquelle il avait été couronné (d’une couronne de feuilles de lauriers évidemment) roi d’Europe. Quand il est mort, le Parlement polonais a observé une minute de silence. La Pologne était en deuil.
L’homme lui-même n’a jamais été un monument. Ayant attrapé le virus de Hegel, il était devenu une fois pour toutes sensible à tous les élans et tous les credos de dimension universelle. Il préférait l’humour aux déclarations péremptoires, se moquant gentiment de ceux qu’il critiquait, tout en veillant à ne pas nier l’humanité de ses adversaires, même dans ses critiques intellectuelles les plus acerbes. REFUSANT DE CROIRE INCONDITIONNELLEMENT A QUOI QUE CE SOIT, IL A CONSERVE LE TRAIT LE PLUS IMPORTANT DES GRANDS HOMMES : NE JAMAIS CROIRE INCONDITIONNELLEMENT EN SOI-MEME. Encore une qualité qu’il partage avec Socrate.
(Project Syndicate, 2009. www.project-syndicate.org. Traduit de l’anglais par Patrice Horovitz)

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
LE ROI D’EUROPE EST MORT, VIVE LE ROI
Socrate ne meurt jamais. Il est la mauvaise conscience de l’occident et toujours renaît sous l’apparence d’un nouvel empêcheur de penser en rond. Les Socrate nouveaux sont certes parmi nous mais ils sont aussi rares que les vrais chrétiens, les vrais musulmans, les vrais juifs, les vrai bouddhistes, les vrais athées…Nous les croisons, nous les lisons quelquefois mais rarement nous les imitons, tellement nous sommes conditionnés à suivre les troupeaux, les faux prophètes, les intellectuels bling bling et les penseurs bobos à la mode et grands producteurs de best sellers.
« Il ne s’est jamais interdit de penser par lui-même. » Qui peut en dire autant ? « Refusant de croire inconditionnellement en quoi que ce soit, il a conservé le trait le plus important des grands hommes : ne jamais croire inconditionnellement en soi-même. » Qui oserait affirmer cela de soi ? Edgar Morin, Jean Daniel, F. Perin, Christian de Duve, Mandela, Jacques Delors peut-être et sans doute beaucoup, beaucoup d’autres qu’il faudrait débusquer et interviewer longuement.
Certes, de leur côté, Reflets et Divercity modestement « Refusent de croire inconditionnellement en quoi que ce soit » aveuglement et s'efforcent de penser le plus souvent à contre courant en se défiant surtout de soi.
C'est que l'interculturel et le cosmopolitisme sont avant tout des volontarismes!
MG

Ecrivains cosmopolites : Joseph Roth exilé, mais d’où?

Il y a quelques jours, mes pas m’ont mené sur les pavés disjoints de l’hôtel de Saint-Aignan qui abrite le MAHJ, dans le quartier du Marais à Paris. Une petite exposition s’y tient jusqu’au 4 octobre, consacrée à l’écrivain autrichien Joseph Roth (1894-1939). Petite par manque de place et de moyens mais l’atmosphère du monde englouti de Joseph Roth est bien là et on en ressort imprégné. Conçue par deux intellectuels viennois, elle est axée sur les années d’exil entre 1933 et 1939. L’affiche de l’exposition reproduit d’ailleurs une photo emblématique de Roth, un verre devant lui, une cigarette entre les doigts, attablé au Tournon, le café de la rue du même nom tout près du Sénat, établissement où il vivait lorsqu’il n’était pas à l’hôtel Foyot en face. De ce café, il fit la petite capitale des exilés. Il en fut, et parmi les premiers, puisqu’il quitta l’Allemagne très exactement le jour où Adolf Hitler devint chancelier, le 30 janvier 1933. Il ne se faisait aucune illusion et s’employa à transmettre son implacable lucidité à ceux qu’il jugeait trop chancelants. Ainsi dans cette lettre à Stefan Zweig non datée mais que ses biographes situent à la mi-février 1933 :” A présent il vous sera évident que nous allons vers de grandes catastrophes. Abstraction faite du privé – notre existence littéraire et matérielle est déjà anéantie - l’ensemble conduit à une nouvelle guerre. Je ne donne pas cher de notre vie. On a réussi à laisser la Barbarie prendre le pouvoir. Ne vous faites pas d’illusions. C’est l’Enfer qui prend le pouvoir.” L’exposition du MAHJ présente naturellement des correspondances, des éditions originales, des photos, des dessins, des affiches, des extraits de films, sans oublier quelques unes des innombrables chroniques qu’il donna à la Frankfurter Zeitung, le plus influent quotidien de l’Allemagne de la république de Weimar, propres à restituer une ambiance. Toutes choses qui témoignent de l’engagement politique d’un écrivain qui jugeait indigne de ne pas s’engager contre l’inhumanité du monde qui s’annonçait. L’écoute de certains témoignages, notamment celui de sa traductrice Blanche Gidon qui fit tant pour le sortir de sa misère morale et matérielle, est particulièrement éclairante. Après de nombreux voyages en Europe, Joseph Roth est mort à Paris, épuisé et rongé par l’alcool, pratiquement dans ce coin du Tournon qui était le sien, celui où ce mythomane inspiré s’inventait des vies. Mort au loin, comme tout individu qui a choisi l’exil, mais loin d’où au juste ? Sur un mur, agrandi à taille humaine, un portrait-interview de Roth par Frédéric Lefèvre dans Les Nouvelles littéraires. Il y dit sa haine des Prussiens et combien le national-socialisme lui est odieux comme toute mystique collectiviste, celle-ci ayant la particularité de l’obliger à cracher sur la tombe de sa mère. J’ai quitté l’exposition et le musée hanté par ses paroles et attaché à la figure de cet homme comme on l’est à quelqu’un de profondément attachant, qui se sera construit autour des sentiments de l’absence, de la disparition, de la perte. J’avais déjà lu et relu La Marche de Radetzky, discret chef d’oeuvre sur la fin d’un monde, auquel on rendrait justice en le rangeant dans nos bibliothèques entre A la recherche du temps perdu et Le Guépard ; j’avais lu son prolongement dans La Crypte des Capucins ainsi que Hôtel Savoy, ses Lettres et un certain nombre de ses articles ; et je m’apprêtais à lire Le Poids de la grâce, son roman sur Job que je venais d’acheter à la librairie du musée. Dans le métro, je ne pouvais m’empêcher de siffloter la marche militaire composée par Strauss père pour le maréchal Radetzky, avec le même air de ravi de la crèche que les pingouins tapant dans leurs mains au concert du nouvel an de la Goldener Saal du Musikverein à Vienne, c’est dire. Chez moi, dans le courrier, quelques livres de la rentrée m’attendaient. Ils pouvaient attendre davantage encore. Un paquet tomba du lot : les épreuves du nouveau Claudio Magris Loin d’où ? (Lontano da dove, traduit de l’italien par Jean et Marie-Noëlle Pastureau, 467 pages, Seuil) à paraître le 3 septembre. Un essai éblouissant sur l’oeuvre de… Joseph Roth. Je m’y suis aussitôt immergé, car c’est bien une plongée dans le monde d’avant que propose l’auteur, lequel n’est pas seulement l’inoubliable écrivain de Danube mais l’un des meilleurs spécialistes des littératures allemandes et mitteleuropéennes. Le titre annonce déjà une méditation sur l’exil, mais d’où est-il loin, celui qui s’est éloigné ? Après avoir disséqué tous les écrits de Joseph Roth, mais à sa façon, en les ruminant, en les mâchant et surtout en les croisant avec ceux d’autres auteurs issus d’un même humus, Magris a centré sa réflexion sur cette conviction : tout ce qui est sorti de la main de Roth prend sa source dans la conscience douloureuse d’une double perte : celle de l’Empire et celle du shtetl. La Maison des Habsbourg et le village natal. Demeuré patriote de feue l’Autriche-Hongrie, il ne s’est jamais remis non plus de la disparition du noyau familial. Comment se définir lorsqu’on est né et que l’on a grandi dans une famille juive de langue allemande, à Brody, un coin de Galicie qui sera d’Ukraine après avoir appartenu à l’Autriche-Hongrie ? C’est peu dire que Roth a fantasmé sur ses origines ; plus encore que le film La Marche de Radetzky, celui d’Ivan Szabo Colonel Redl, sans rapport avec lui, en donne un bon reflet. Claudio Magris, qui tient que l’épique juif-oriental est “le dernier véritable épique connu par la littérature”, s’empare évidemment de son arbre généalogique et de tous ses rameaux, la famille étant considérée comme la cellule de l’individuel et la dépositaire de l’universel ; mais en bon critique, il s’attache surtout aux textes. (…)Il faut rendre hommage à Magris pour avoir débroussaillé la forêt de cette oeuvre afin d’y mettre un peu d’ordre, même s’il vient après d’autres (Roth est très étudié en Allemagne et en Autriche). Trois périodes donc : anarchiste, socialisante et de ton assez polémique (Gauche et droite), puis celle constituée par le moment religieux autour de la figure de Job, enfin la phase légitimiste (après La Marche de Radetzky), avec le rapport père-fils comme fil rouge reliant secrètement les parties entre elles. Ce que montre très bien Claudio Magris, c’est que la nostalgie de Joseph Roth le poussait à ressusciter un monde dans lequel la Heimat , la patrie intégrait un imperium aussi bien qu’un shtetl, le plus grand et le plus petit, dont il réalisait l’unité remarquable par la magie de la fiction. C’est de ce tout dont il se sentait loin. Exilé, il vécut un écartèlement en prenant conscience qu’il avait renoncé à un vécu doublement vertical et religieux (Dieu et l’Empereur) pour s’insérer dans un vécu horizontal historique où l’individu en lui s’était certes affranchi de toute contrainte mais où il se retrouvait dans une société dépourvue de sens du sacré, exposé comme jamais à la solitude, à la marchandisation, à la dépersonnalisation. Claudio Magris est un guide exceptionnel pour qui veut (re)visiter l’Atlantide ostjüdisch de Joseph Roth. Patientez jusqu’au 3 septembre. En attendant, on peut lire et visiter Roth dans ses exils, y compris le moins spectaculaire mais pas le moins authentique de tous, l’exil intérieur. La dernière fois que Joseph Roth eut le sentiment oppressant de la perte de sa patrie, c’était en 1937, lorsque fut démoli l’hôtel Foyot, rue de Tournon.
(”Portrait de Joseph Roth” et “Joseph Roth et Stefan Zweig en 1936″, photos D.R. ; “Exposition du MAHJ, liste des auteurs victimes d’autodafés, photos Passou)

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
ANATOMIE D’UN ECRIVAIN ET D’UN EMPIRE COSMOPOLITES
Ayant très peu lu Roth, nous renvoyons aux commentaires savants des internautes subtils qui sur le blog de Pierre Assouline analysent, dans le sillon du grand germaniste italien Claudio Magris (Danube) de la manière la plus subtile et rigoureuse la dynamique du dernier grand empire cosmopolite que fut l’Autriche Hongrie de François Joseph.
Beaucoup, et nous sommes de ceux, là ont rêvé que l’Union Européenne deviendrait, à terme, un nouvel empire cosmopolite ou plus exactement une grande République cosmopolite autrement dit et pour parler comme Jean marc Ferry une vaste démocratie cosmopolitique, prélude de la grande république mondiale. Ce rêve encouragé par la dynamique de dialogue des civilisations de Hussein Barack Obama n’est pas perdu même s’il nous semble aujourd’hui compromis par la montée des périls nationalistes, communautaristes et autres fondamentalismes qui rappellent ceux de Hitler ou de Staline. Espérons de tout notre cœur et de toutes nos forces que les périls qui partout s’annoncent sous les visages grimaçants de l’hydre intégriste à têtes multiples ne sont pas les signes avant coureurs d’une nouvelle «inhumanité du monde qui s’annonce».
MG

COMMENTAIRES DES INTERNAUTES DE LA REPUBLIQUE DES LIVRES
1.«Par le démantèlement de l’Empire Austro-Hongrois, en vertu des délires utopistes de Wilson, on précipita la cristallisation des cinq nouveaux pays dans le nazisme. Joseph Roth et d’autres moquaient la Kakanie , mais avec la préscience qu’on ressent dans la “Radetzkymarsch” et surtout dans le sublime Max Von Sydow, de l’effondrement d’un ensemble cahotant, mais qui avait résisté à tout pendant 300 ans et qui se fût remis de la Première Guerre Mondiale sans peine. Je pense vraiment que le démantèlement de l’Autriche-Hongrie fut une catastrophe sans nom. Parce qu’au fond, les cinq religions, les onze langues et les douze nationalités avaient fini en gros, grâce au chemin de fer, à la Poste Impériale et au traité de 1867, par se faire à l’idée d’être sujet de ce curieux assemblage. S’il n’y avait eu l’attentat de Sarajevo, l’Empire d’Autriche fût devenu-il l’était déjà presque- une monarchie constitutionnelle multiculturelle.
C’est la bêtise des signataires des traités de Paix de 1919 qui provoqua l’éclatement de l’empire. L’Archiduc Charles, dès 1917 avait bien tenté de mettre les Alliés en garde contre quelque chose d’aussi funeste…d’autant que les 5 nouveaux pays q’on créa en s’inspirant des principes de boy-scout de Wilson étaient fragiles et destinés à devenir la proie de régimes forts .Ce qui fut le cas. »
2.“Roth est un peu le gentil rêveur idéalisant la monarchie mais les vrais grands analystes de la société sont Musil et Doderer”
3.«Roth, c’est “l’Apocalypse joyeuse”. “Radetzky-Marsch” n’est pas seulement le roman du crépuscule d’un empire, c’est aussi celui de ce que Klemperer résumera magistralement, la mort d’une “koïnè” d’une langue commune, d’une façon rondouillarde et affable d’être kakanien…Tout change en Autriche , en Hongrie, et ailleurs, au tournant des années 30. Les Autrichiens, désormais parlent “cochon” comme disait Jankelevitch. Ils utilisent cet allemand nasillard et nazillon, cet allemand de caserne, qui aboie, qui jappe. En fait, la présence de l’Autriche-Hongrie avait un avantage: elle bridait la folie allemande. Elle était un double mollasson et déjà méridional. D’ailleurs, c’est de Guillaume II et pas de François-Joseph que vint la guerre de 14. Je me permets, humblement de suggérer et je ne suis pas le seul à le penser, qu’à Trianon, on eût dû suivre la proposition de Charles, le successeur de FJ: maintenir les Habsbourg. Les nazis n’eussent alors pas pu accomplir leur crime. Mais c’était trop tard…Masaryk avait convaincu Wilson de la viabilité de son programme “de chaque peuple devant jouir de son indépendance”. Et là encore, le dogmatisme nationaliste et chauvin a aveuglé cet esprit remarquable, qui ne comprit jamais que c’était précisément l’éclatement de l’Autriche°Hongrie qui conduirait son propre pays, la Tchécoslovaquie au désastre de 1938. »
4.« Mourant noyé dans l’alcool à Paris, trois mois avant le déclenchement de la Seconde Guerre Mondiale, Joseph Roth “mahnt” comme on dit en allemand “nous avertit”. Sa mort est celle d’un Occident n’ayant pas encore commis la faute irréparable dont il ne se remettra jamais, la Shoah. »
5.« Les 5 petites démocraties fragiles qui remplacèrent l’Autriche-Hongrie, pour démocratiques qu’elles soient, étaient tentées de se trouver un protecteur. Et comme La France et l’Angleterre ne faisaient que parler, en fait, après l’avènement d’Hitler, la Tchécoslovaquie , la Hongrie , l’Autriche, la Yougoslavie et la Roumaniie se retrouvèrent seules, prises en tenailles entre Hitler et Mussolini. D’où la floraison des petits Hitlers. Tiso à Bratislava, Horthy à Budapest, Pavelic en Croatie, Antonescu en Roumanie…et du coup,, le sort des Juifs et des Manouches que l’Empire protégeait fut une abomination. Et mettant comme d’habitude à côté de la plaque, les Américains choisirent -dans leur propre intérêt économique- de fragmenter l’espace de l’Europe Centrale, plutôt que de reconstruire un Empire constitutionnel , démocratique, ce à quoi Otto von Habsbourg était disposé….»
6.« Pour ce qui est des Habsbourgs, une famille qui n’avait pas, au contraire des Russes, mis une fortune colossale dans les banques anglaises. Aujourd’hui, tous les Habsbourgs ont fait des études et travaillent et ceci depuis 3 générations. Otto von Habsburg-Lothringen eut fait un empereur de bonne tenue. Depuis 1918, Vienne est devenue une capitale régionale, une sorte de Versailles en plus grand et quand même en cosmopolite, ce que Versailles ne saurait être. Les malheurs de l’Europe, on les doit à Bismarck et aux Hohenzollern, une famille pas très intéressante.
En Europe, les pays les plus progressistes, sont les monarchies constitutionnelles du nord.»
7.« Je rajoute une couche à celle de Pierre Assouline : Joseph Roth n’a jamais idéalisé la monarchie K&K ; son oeuvre romanesque est imprégnée du sentiment de la perte d’un monde ayant les apparences du plein, de l’unifié, de la cohérence, du sens - mais inextricablement mêlé à la conscience de l’absurdité d’un tel sentiment. Le “monde d’hier” (sz) n’acquiert sa fausse séduction que parce qu’il est détruit, et l’évocation par Joseph Roth de la maison des peuples austro-hongrois (-tziganes-tcheques-houzoules-galiciens-souabes-slovaques-podoles-slovenes-moraves-bosniaques-croates-…-…) est grinçante. »

8.« Et puis les Austricos , ils ne manquent pas d’air !!! Quel pays dégueulasse!!! Les Allemands ont fait le gigantesque travail de résipiscence qu’on sait, proportionnel à l’immensité de la faute commise. Mais les Austricos, rien!!! pollope!!! nib de nib!!! nix contrition. Ils se sont toujours fait passer pour des “victimes ” de l’Anschluss. Salopards. Il suffit de regarder, je sais pas moi ,”DE NUREMBERG A NUREMBERG” par exemple, le meilleur docu sur cette période, pour comprendre. Les Autrichiens furent encore plus nazis que les Allemands. Fanatiquement nazis. Le Führer autrichien, Arthur Seiss-Inquart fut l’un des plus grands criminels de ce temps. Et même avant Hitler, les Autrichiens avaient déjà choisi un dictateur, mais de type mussolinien; Dollfuss. Heil Hitler, donc, partout dans ce pays catholique, gras, antisémite et…Viennois. Ils ont un tel sens de la diplomatie que
a) ils ont réussi à se faire passer pour des victimes et faire croire au monde entier que Beethoven était autrichien et Hitler allemand
b) à foutre le Wehrmacht- Oberleutnant Kurt Waldheim d’abord à l’ONU…un nazi pour propager la bonne parole puis à le bombarder Président Fédéral de l’Autriche, de 1986 à 1992.
Ensuite il y eut certes le SPÖ , les socio-démocrates, mais qui ne se cassèrent pas la binette pour dénazifier, puis il y eut Haider. Le pompon. Le nazi de province. Le nazi Milka. Dents blanches, culottes de cuir, edelweiss…Le fascisme alpin.
On mesure donc l’importance de l’oeuvre de Jelinek , de Bernhard et de Handke, qui sauvent l’honneur de ce pays pourri.
Et JC a raison,Vienne, cette ville , la seule métropole à tourner le dos à son fleuve, sorte de refus psychanalytique de la fluidité est une ville oppressante au possible. Détestable. Les Viennois sont des Parisiens propres. Aussi méprisants, cassants, égoïstes, mais en plus imbus d’une sorte de supériorité raciale. Qui perdure.
L’Autriche ne devient vraiment sympathique que dans le Burgenland, cette région frontalière avec la Hongrie. On est là-bas, déjà dans le midi. Une sorte de Toscane. Vignes en treilles, piments qui sèchent…une nonchalance…mais trompeuse, car autour d’Ebenfurt, Judenburg, etc, on imagine bien les chasses aux déviants. Bouseux, curetons , boutiquiers, coiffeurs, notaires, profs en train de traquer des Manouches, des Juifs, des Slovènes, des homos…froid dans le dos… »
9.«Imaginez ce gros morceau impérial au coeur de l’Europe, resté intact, pas de guerres, pas de Shoah, pas d’axe franco-allemand. A quoi donc ressemblerait du point de vue géo-politique notre continent actuel ? »
10.«Bien sûr joseph Roth est intéressant à lire, mais son grand numéro sur la vienne impériale est assez exotique
les vrais grands analystes ce sont “les démons” de Doderer”-(Gallimard, 1000 pages) et Musil et son “homme sans qualités”autrement profond. »
11.«C’est un paradoxe bien français que d’avoir consacré tant d’énergie à abaisser la Maison d’Autriche pour ensuite porter aux nues un auteur qui l’idéalise. »
12.«Ce qui me coûte, c’est le décalage effroyable entre l’Autriche d’aujourd’hui, ah ! cette Marche de Radetzky jouée impitoyablement tous les ans et applaudie à deux mains par des marionnettes ravies, et ce qui sort de l’étude historique, des récits de Roth, Zweig et autres Musil ou Mann, de la vie et des écrits de Freud …
Je croyais trouver traces de ce passé réel en me rendant à Vienne. Je n’ai pas aimé cette ville, ni ses habitants … Rien retrouvé de ce passé impérial pourtant récent. Autriche disparue … Passé recréé par les Autrichiens comme une icône d’un culte oublié»
«ON A REUSSI A LAISSER LA BARBARIE PRENDRE LE POUVOIR. NE VOUS FAITES PAS D’ILLUSIONS. C’EST L’ENFER QUI PREND LE POUVOIR. » (Joseph Roth, lettre à Stefan Zweig, février 1933)

lundi 27 juillet 2009

Un grand chanteur cosmopolite qui «ne regrette rien»

LEVEN, LIEFDE EN DOOD VOLGENS LEONARD COHEN
Koen Bauters

Geen comeback wekte de voorbije jaren meer enthousiasme op bij jong en oud dan de terugkeer op de podia van Leonard Cohen. De Canadese singer-songwriter vertelt in een zeldzaam interview over leven in een nieuwe eeuw.

IN 2001 ZEI U DAT U IN UW LEVEN IN DE DERDE FASE GEKOMEN WAS. U WAS TOEN 67, NU 74. HERINNERT U ZICH DIE UITSPRAAK?
'Wel, ze oogt mooi. “Het begin van de derde fase,; maar op het einde van die fase sterft de held wel. Mijn vriend Irving Layton zei over de dood dat hij niet bezorgd is over de dood zelf, wel over wat ertoe leidt.'

DEELT U DIE BEZORGDHEID?
'Natuurlijk. Dat moet iedereen doen.'

HOE GAAT U OM MET UW STERFELIJKHEID?
'Ik heb er steeds meer contact mee. Het lichaam stuurt een aantal boodschappen uit naarmate je ouder wordt. Ik weet eigenlijk niet of ik er daardoor meer ga over nadenken, dan wel of het leidt tot een vredige erkenning van de toestand.'

BESTAAT ER EEN MANIER OM JE VOOR TE BEREIDEN?
'Tot op zekere hoogte. Er bestaan religieuze en spirituele methodes om je voor te bereiden op je dood. Je kan ze ook omarmen en jezelf overgeven, maar ik geloof niet dat er een garantie is dat iets werkt. Niemand weet wat er te gebeuren staat in wat volgt.'

'We moeten onze levens leiden vanuit de idee dat ze niet ineens zullen stoppen. Dus leven we onder die... illusies, zoals sommigen ze noemen.'

TOEN U EEN DERTIGER WAS, BEGON U ALS DICHTER EEN NIEUWE CARRIÈRE: U WERD ZANGER. WAS U BANG OM DIE STAP TE ZETTEN?
'Ik ben altijd bang geweest voor alles. Die angst heeft een plaats in een algemeen gevoel van onrust dat ik al sinds mijn vroege jaren voel.'

'Mijn carrière als dichter was in het begin overigens erg bescheiden hoor. Een uitgave van 200 dichtbundels werd in Canada al als een bestseller beschouwd. Maar op een bepaald moment begreep ik dat ik ook moest kunnen leven. Ik had wel een paar romans geschreven waarvan een goede 3.000 stuks verkocht waren. Dat was niet slecht, maar het bood geen toekomst.'

'Het enige wat ik kon, behalve schrijven, was gitaar spelen. Dus ging ik naar Nashville in de hoop er een job te vinden als gitarist, maar onderweg in New York botste ik op de zogenaamde folk-renaissance. Met mensen als Bob Dylan, Joan Baez en Judy Collins.'

'Hun werk raakte me en ik had ook zelf wat kleine liedjes gemaakt - zonder er eigenlijk rekening mee te houden dat daar een publiek voor was.'

DUS: U GING MUZIEK MAKEN OM UW BROOD TE VERDIENEN, MAAR U WIST NIET OF ER EEN PUBLIEK VOOR BESTOND?
'Ja, het lijkt nogal idioot om je economische problemen op te lossen door een folkzanger te worden. En ik had ook geen speciale stem, niet? Ik kon niet eens goed gitaar spelen. Maar het is dus allemaal goed uitgedraaid. Vraag me niet waarom, ik weet niet hoe zulke dingen gebeuren. De factor geluk speelt een grote rol in succes en falen.'

'Ik heb wel altijd geweten dat ik een kleine tuin te onderhouden had. Ik vond mezelf nooit tot de grote jongens behoren. Zo zag ik dat: ik had een klein hoekje van het veld en ik moest dat netjes houden. En dat heb ik gedaan, door mezelf te analyseren zonder me aan mezelf over te geven. Ik vond het nooit boeiend om zomaar wat op te biechten. Maar als je die biecht ambachtelijk uitwerkt, wordt het interessant.'

'Zo had ik dus mijn hoekje, en ik schreef over de dingen die ik kende, of die ik wilde leren kennen. Al mijn songs moesten klinken alsof ze van iemand anders waren.'

WANNEER HEBT U ZICHZELF VOOR HET EERST ALS EEN VOLWAARDIGE ZANGER EN MUZIKANT AANVAARD?
'Je doorloopt een cyclus van gevoelens van angst en vertrouwen. Als het goed gaat in je leven, proef je de voordelen van het succes. Als iets niet goed gaat, voel je spijt. En dat gaat je hele leven zo door, tot vandaag.'

HEBBEN DE VROUWEN IN UW LEVEN U STERK GEMAAKT OF VEELEER ZWAK?
'Dat is een goede vraag. De grootste uitdaging waaraan mensen zich overgeven is de liefde. Je weet wel, het gevoel dat je zonder liefde niet kan leven; dat het leven zonder liefde weinig betekenis heeft. Maar het speelveld is voor de man, noch voor de vrouw op gelijke leest geschoeid. We begeven ons in een arena die gevaarlijk is en waar de mogelijkheden tot vernedering en falen ruim aanwezig zijn.'

'Geen enkele les kan je voorbereiden op wat komt, want het hart gaat steeds open en sluit zich daarna weer. Het hart verzacht en verhardt, steeds opnieuw. We pendelen tussen vreugde en verdriet. En veel mensen hebben zich gesloten. Op sommige momenten in je leven móet je je trouwens ook sluiten om jezelf terug te vinden.'

HEBT U DE INVLOED VAN VROUWEN OP UW LEVEN SOMS ALS EEN HINDERNIS ERVAREN?
'Zo heb ik het nooit bekeken. Soms heb ik ze me beklaagd, soms heb ik er veel vreugde bij gevoeld, en soms lieten ze me diep onverschillig. Je leeft door een parcours van ervaringen.'

'De meeste mannen hebben een vrouw in hun hart en de meeste vrouwen hebben een man in hun hart. Sommigen hebben dat dan weer niet. De meesten van ons koesteren de droom van de overgave, maar dat zijn dromen en die worden soms tenietgedaan, en soms worden ze waar.'

IS DE LIEFDE ALLES?
'De liefde is wreed. Je verliest, je leert te aanvaarden, je ervaart verrukking. En door alle ideeën die eraan vasthangen, zal je zeker lijden. Wie denkt dat het een makkelijke rit is, zal ontgoocheld zijn. Maar als je denkt dat het de hele tijd hels is, zal je verrassingen beleven.'

VINDT U HET NIET JAMMER DAT U GEEN PARTNER-VOOR-HET-LEVEN HAD?
'Non, je ne regrette rien. Ik ben gezegend met een gezonde dosis geheugenverlies, ik herinner me echt niet wat er allemaal gebeurd is. Ik recenseer mijn leven niet op die manier.'

DENKT U DAT UW GEVECHT MET DEPRESSIES, ZELFS TOEN U IN 1992 ZOVEEL SUCCES HAD MET HET ALBUM 'THE FUTURE', BELANGRIJK WAS VOOR UW CREATIEVE PROCES?
'Het maakte deel uit van élk proces. Het voornaamste deel van mijn dagen en nachten was de omgang met een overheersend gevoel van angst, kwelling en droefheid. Die kwellende achtergrond was dominant.'

HEEFT HET SCHRIJVEN U GERED?
'Schrijven biedt een aantal voordelen, vooral economisch. Voor mij was het geen luxe om te schrijven, maar een noodzaak. Maar het is moeilijk om in deze tijd te schrijven omdat onze maatschappij volgepompt wordt met slogans. Dat gaat veel verder dan de vloek van de politieke correctheid. Het is een soort tirannie: al die ideeën zwermen door de lucht als sprinkhanen, en het is moeilijk voor een schrijver om te bepalen wat hij écht denkt over de dingen.'

'In mijn geval is het belangrijk om in verzen te schrijven en dan te bepalen of iets een slogan is of niet, en het heen en weer te gooien. Maar ik kan dat niet doen voor ik eraan gewerkt heb en gezien heb wat het écht is.'

WAT WAS UW DONKERSTE UUR?
'Wel, als ik het zou weten, zou ik het u niet vertellen. Het is een ongezonde luxe om in deze tijd over jezelf te kunnen vertellen. Ik denk niet dat ik een donkerste uur gekend heb in vergelijking met de donkere uren die zoveel mensen vandaag ervaren. Grote aantallen mensen moeten bommen ontwijken, worden hun nagels uitgetrokken in kerkers, vechten tegen de hongersnood en tegen ziektes. En ik bedoel gróte groepen mensen.'

'HALLELUJAH' SCHREEF U IN 1984, EN EIND 2008 WERD HET EEN HIT IN LIEFST DRIE VERSIES. HOE KEEK U DAAR TEGENAAN?
'Ik was natuurlijk blij dat de song gebruikt werd. En het amuseerde me omdat het liedje afkomstig is uit Various positions, een plaat die de platenfirma Sony destijds niet wilde releasen, omdat ze de songs niet goed genoeg vonden. Daar stonden dus “Dance me to the end of love,, “Hallelujah, en “If it be your will, op. Toegegeven: in mijn hart voelde ik een zoet wraakgevoel.'

'Anderzijds las ik zonet een recensie van de film Watchmen, waarin die song gebruikt wordt, en de recensent vraagt een moratorium op “Hallelujah, in films en tv-series. Zo voel ik dat ook wel aan. Het is een goede song, denk ik, maar te veel mensen hebben hem intussen gezongen.' © The Guardian

Dit interview is een transcript van de Canadese omroep CBC.
(Jian Ghomeshi, © The Guardian)

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
A MAN FOR ALL SEASONS: « FORSAKEN, ALMOST HUMAN »
On ne e dira jamais assez, ce sont les artistes qui font avancer le dialogue interculturel le plus hardiment. Son dialogue permanent entre judaïsme, christianisme et bouddhisme, entre poésie et chanson entre fiction et réalité, entre amour de l’autre et haine de soi, entre mystique et détachement, entre Eros et Thanatos sont une invitation permanente à la méditation. Nous l’avons entendu pour la première fois à Angel, faubourg de Londres en 1968 et jamais nous ne nous sommes lassé de ses chansons sublimes au rythme lent.
MG
“And where, where, where is my Gypsy wife tonight
I've heard all the wild reports, they can't be right
But whose head is this she's dancing with on the threshing floor
whose darkness deepens in her arms a little more

And where, where is my Gypsy wife tonight?
Where, where is my Gypsy wife tonight?

Ah the silver knives are flashing in the tired old cafe
A ghost climbs on the table in a bridal negligee
She says, "My body is the light, my body is the way"
I raise my arm against it all and I catch the bride's bouquet

And where, where is my Gypsy wife tonight?...

Too early for the rainbow, too early for the dove
These are the final days, this is the darkness, this is the flood
And there is no man or woman who can't be touched
But you who come between them will be judged

And where, where is my Gypsy wife tonight?...”

SUZANNE
“Suzanne takes you down to her place near the river
You can hear the boats go by
You can spend the night beside her
And you know that she's half crazy
But that's why you want to be there
And she feeds you tea and oranges
That come all the way from China
And just when you mean to tell her
That you have no love to give her
Then she gets you on her wavelength
And she lets the river answer
That you've always been her lover
And you want to travel with her
And you want to travel blind
And you know that she will trust you
For you've touched her perfect body with your mind.
And Jesus was a sailor
When he walked upon the water
And he spent a long time watching
From his lonely wooden tower
And when he knew for certain
Only drowning men could see him
He said "All men will be sailors then
Until the sea shall free them"
But he himself was broken “
Long before the sky would open
Forsaken, almost human
He sank beneath your wisdom like a stone
And you want to travel with him
And you want to travel blind
And you think maybe you'll trust him
For he's touched your perfect body with his mind.

Now Suzanne takes your hand
And she leads you to the river
She is wearing rags and feathers
From Salvation Army counters
And the sun pours down like honey
On our lady of the harbour
And she shows you where to look
Among the garbage and the flowers
There are heroes in the seaweed
There are children in the morning
They are leaning out for love
And they will lean that way forever
While Suzanne holds the mirror
And you want to travel with her
And you want to travel blind
And you know that you can trust her
For she's touched your perfect body with her mind

BIOGRAPHIE
Leonard Cohen voit le jour le 21 septembre 1934 dans un quartier bourgeois et anglophone de Montréal d’une famille juive d’origine russo-polonaise. Il est très tôt passionné par la littérature et la poésie mais aussi par la musique. A 17 ans il forme les Buckskin Boys, un trio spécialisé dans le country music. Mais c’est la littérature qui le révèlera. Il se lance dans l’écriture une fois ses études achevées et publie plusieurs ouvrages dont Let us compare Mythologies en 1956 et The spice box of Earth. Leonard est tellement inspiré par la mythologie qu’il s’exile sur l’île d’Hydra en Grèce pendant sept ans. Il en ramène deux romans The favourite game (1963) et Beautiful losers trois ans plus tard.

En 1967, il retraverse l’Atlantique pour s’établir aux Etats-Unis, à Nashville. Là il se replonge dans la musique et notamment dans la folk quand il découvre Joan Baez, Bob Dylan ou Tim Buckley. Leonard Cohen émigre à New York et a la chance de rencontrer en personne l’artiste Judy Collins, à qui il offre la magnifique chanson Suzanne. Judy Collins, convaincue de son talent pour la musique introduit Leonard dans le milieu pendant que le morceau "Suzanne" lui permet de se faire un nom sur la scène New Yorkaise. Rapidement un producteur se manifeste, il s’agit de John Hammon. Ce dernier lui permet d’enregistrer son premier album sur CBS The Songs of Leonard Cohen qui paraît en 1968. Les Américains qui connaissent déjà Leonard Cohen en tant qu’écrivain ne font que constater qu’il est également très doué pour la musique tandis que les européens eux, le découvrent. The Songs of Leonard Cohen est une vraie réussite et accumule les morceaux brillants tels "Suzanne" qu’il reprend à son compte, "So Long Marianne" ou "Sisters Of Mercy".

Le succès du premier opus lance de fort belle manière la carrière de chanteur de Leonard qui enchaîne les disques en même que temps que grandit son aura, il sort successivement Songs From A Room en 1969, Songs Of Love en 1971 et Live Songs, enregistré lors d’un concert à Paris. Après deux albums dont un contenant l’hommage à Janis Joplin récemment disparue "Chelsea Hotel" (1974), celui qui est désormais l’un des piliers de la folk connaît un passage à vide. Après plusieurs années de silence, son album Death Of a Ladies’Man (1977) pourtant réalisé avec le mythique Phil Spector est une déception. Sans doute échaudé par ce semi échec, Leonard Cohen se met à sortir des disques de façon plus sporadique, après I'm your man et son tube du même nom en 1988, il ne revient sur le devant de la scène qu’en 1992 avec The Future. Tant d’années entre chaque album, c’est long mais le public est à chaque fois récompensé de sa patience, tant le génie de Cohen est grand pour faire du beau avec du triste. En 1994, Leonard Cohen décide de s’isoler pour se plonger dans la méditation bouddhiste. Après plusieurs albums où de grands artistes comme Elton John et Joe Cocker lui rendent hommage de son vivant, le roi Montréalais de la folk s’extirpe enfin de sa méditation pour sortir Ten New Songs en 2001 et Dear Heather (2004) où sa voix grave et chaleureuse nous ensorcelle encore.

Courant 2008, l 'immense Leonard Cohen retrouve le chemin de la scène pour une série de concerts à travers le monde. Cette tournée, bien qu'affichant des dates à des pris très élévés, est largement couverte et relayée par la presse, qui fait de cet événement le grand retour du compositeur alors âgé de 73 ans.

Contador a marché sur Armstrong

Le Valais fut le théâtre du roman œdipien que le Tour 2009 attendait, mais sans trop y croire. En tuant le père Lance Armstrong, qui finit 9e de l’étape à 1’35’’ du vainqueur du jour, Alberto Contador, ce dernier, par la même occasion, s’est marié au maillot jaune qu’il convoitait : «On était cinq dans la montée, et je devais attaquer pour creuser l’écart. Je suis tellement heureux !» Ça, c’est pour la barbe de Freud.
La vacuité des plans de LanceArmstrong s’est effondrée dans un nuage de poussière, malgré les efforts de son coéquipier Klöden, qui l’a aidé à ne pas périr enseveli sous les minutes. Pour tout dire, c’était presque poignant de voir cet homme incombustible se consumer dans la montée : «J’étais vraiment à la limite, dès le départ, à la limite», dira le masque de cire.
Lance ? On ne lui connaissait pas cet air de mouflon borné, qui freine pour monter dans la bétaillère de l’histoire du Tour. Doit-on considérer, justement, que l’histoire de Lance Armstrong en route pour une huitième ascension en ballon sur le Tour de France s’est achevée en Suisse «Il faut s’incliner devant meilleur que soi. Je me mettrai à son service.»
SAPINS. Inclinons-nous devant cette noblesse d’épée. Hier, que restera-il de Lance ? Sa canne à pommeau d’argent, qui ne fut pas d’une grande utilité. Cela dit, il faut toujours se méfier de la canne-épée.

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
LE TOUR : UN GRAND ÉVÉNEMENT INTERCULTUREL DE L’ANNÉE ?
Le Tour, honni par les uns, vénéré par les autres est une tour de Babel ambulante, un immense événement médiatique qui rassemble près de deux cent coureurs venus du monde entier, une caravane cosmopolite de reporters étrangers, des milliers de spectateurs le long des routes accourus de l’Europe entière pour ne pas manquer ça et des millions de téléspectateurs du monde entier vissés à leur écran. Le Tour est un grand spectacle cosmopolite avec ses règles et son éthique, souvent violée, ses tricheurs et ses vertueux, ses seigneurs et ses domestiques, ses candides et ses requins. D’abord, le tour est une épopée avec ses héros du macadam, ses grimpeurs et ses sprinters, ses rouleurs et ses poursuiveurs. Le Tour est aussi une Odyssée avec son Olympe peuplé d’immortels, Fausto Coppi, Merckx, Anquetil et bien d’autres encore. Bref le tour est une légende vivante avec ses immenses déceptions et ses rebondissements, ses magnifiques paysages qui nous rappellent combien la France est belle.
Le Tour a vécu cette année un de ces dramatiques tournant qui lui donnent tout son prix. Le père Armstrong, roi déchu est poignardé en pleine course par un nouvel Œdipe, le jeune Espagnol Alberto Contador. Il finira en jaune après avoir parcouru en vainqueur incontesté les Champs Elyséens.
Sic transit gloria mundi.
Le roi Lance du Tour se meurt. Vive le roi Alberto.
MG

dimanche 26 juillet 2009

Anatomie d’une révolution ajournée

Mansoor Moadell (La Libre Belgique)
Trente ans après la révolution islamique, les Iraniens sont indéniablement moins religieux et plus ouverts.
Le conflit qui perdure en Iran, entre les dirigeants et le peuple, répond en écho à l’entrechoquement de deux poussées contradictoires. Ces dernières années ont vu s’épanouir la libéralisation des comportements sociaux, et le pouvoir se défaire peu à peu de son statut de conservateur pragmatique pour revêtir celui de militant fondamentaliste. L’appel à rejeter le résultat de l’élection par les membres les plus importants du clergé n’est qu’une manifestation de plus de la réaction qui s’est produite à la fois chez les réformateurs et les conservateurs.
Trente ans après la révolution islamique, les Iraniens sont indéniablement moins religieux et plus ouverts. La mise en regard de deux enquêtes menées auprès de 2 500 adultes, en 2000 et en 2005, confirme cette tendance. Le pourcentage de ceux qui sont "très favorables" à la démocratie, comme mode de gouvernement souhaitable, est passé de 20 à 31 %.
Sur une série de questions ayant trait à l’égalité des sexes - exercice des responsabilités politiques, accès à l’enseignement supérieur et devoir d’obéissance à l’époux - les chiffres confirment cette tendance. Ceux qui considèrent que l’amour doit présider au mariage passent de 49 à 69 %, et ceux qui s’en remettent aux vœux des parents, de 41 à 24 %. Et le pourcentage de ceux qui se proclamaient "iraniens avant tout," plutôt que "islamistes avant tout," est monté en flèche.
Cette évolution est assez simple à comprendre. Plus le discours religieux monolithique a pesé sur la société iranienne, plus les valeurs d’ouverture ont exercé leurs attraits. Mais, tandis que, dans la vie politique du pays, cela s’est traduit par une tendance au réformisme, le régime a incliné, jusqu’à sa structure, au fondamentalisme militant. Le camp réformateur est en partie responsable de ce changement. Loin de s’attaquer au pouvoir absolutiste comme à l’obstacle à une démocratie religieuse, il a tenté de convaincre le guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, des vertus de la réforme.
Or Khamenei n’a aucun goût pour la réforme. Son démantèlement du mouvement réformateur le montre assez. Les huit années que Mohammad Khatami, réformateur déclaré élu en 1997, a passées à la tête du pays ont achevé de convaincre le guide suprême que son autorité ne serait garantie qu’en confiant la fonction à un fondamentaliste servile comme le Président actuel, Mahmoud Ahmadinejad. Sur ce plan-là, Khamenei ne se distingue pas du Shah, qui a gardé, de 1965 jusqu’à son renversement en 1979, son fidèle Premier ministre Amir Abbas Hoveyda.
Mais c’est un mauvais calcul que celui du guide suprême, car Ahmadinejad est un élément incontrôlable. Sa rhétorique populiste et son fondamentalisme ont provoqué une grande partie du clergé conservateur pragmatique et ses adeptes à la défection.
La propriété privée est vue comme un droit sacré par beaucoup au sein de ce groupe, et la redistribution des richesses qu’évoque Ahmadinejad n’est pas trop pour leur plaire. Sa mystique apocalyptique sur l’imminence du retour du Mahdi, l’imam caché, dont l’apparition est censée précipiter la destruction du monde et marquer la fin des temps, encore moins. Ahmadinejad a pour habitude de faire précéder ses discours publics de prières réclamant instamment le retour du Mahdi.
Les hiérarques chiites ayant coutume de reléguer l’avènement du Mahdi à un avenir éloigné, le penchant millénariste d’Ahmadinejad les agace. Ils ont souvent condamné toute personnalisation des rapports avec l’Imam ou toute supputation sur son arrivée, comme peu orthodoxes, si ce n’est comme hérétiques. Plusieurs ayatollahs ont fait remarquer que de tels propos sur le Mahdi sont inconvenants dans la bouche d’un Président, ou pire, symptomatiques d’un leader déséquilibré.
Ce malaise s’est ressenti dans le fait que l’Association des clercs combattants, un parti conservateur, n’a pas pu soutenir la candidature d’Ahmadinejad.
Le mouvement de défiance envers le guide suprême, par lequel des millions d’Iraniens ont accueilli la nouvelle de son soutien résolu à Ahmadinejad, élu de la veille, a entraîné le pays dans une crise politique. Les passages à tabac et mises à mort de protestataires, filmés et relayés dans le monde entier, ont jeté le discrédit sur les prétentions religieuses qu’affiche le régime.
Cherchant à se ménager une issue de secours, le guide suprême a déclaré que le contentieux électoral devait se régler par la voie légale, pas dans la rue. Etant donné ses démentis de tout délit de fraude électorale, cette parade ne fait que trahir sa volonté de gagner du temps pour vider les rues des manifestants, soumettre les chefs de l’opposition à des pressions physiques et psychologiques et isoler Mir Hossein Mousavi, le vainqueur présumé du vrai vote.
Tout de même, en invoquant la loi, Khamenei reprend ce que demandent de nombreux conservateurs pragmatiques favorables à Mousavi, qui n’est pas en position de défier directement l’autorité de Khamenei. Mousavi doit continuer soigneusement à mener campagne de façon légale, sans compromettre la confiance qu’il a acquise auprès de la majorité des Iraniens. Il doit s’en tenir à ses deux revendications: l’annulation de l’élection et la mise en place d’une commission impartiale chargée de se prononcer sur les violations de la loi électorale par le gouvernement.
Soit Mousavi réussit à faire revenir Khamenei sur ses positions, et il aura ébranlé la mainmise du guide suprême sur le pouvoir, soit Khamenei maintient ses positions, et Mousavi, s’il ne peut pas accéder à la présidence, pourra du moins continuer à représenter les espoirs d’une majorité d’Iraniens qui se sentent étrangers à ce gouvernement. Tout dépend maintenant de la ténacité de Mousavi.
©Project Syndicate, 2009. www.project-syndicate.org. Traduit de l’anglais par Michelle Flamand

Aux Etats-Unis, la révolution éducative des Charter Schools

Les élèves de la «charter school» Haynes, à Washington, travaillent en petits groupes. Ils échangent avec leur enseignant dans une ambiance informelle, l'important n'étant pas la note mais le travail d'équipe. (Stephen Voss pour Le Figaro) Crédits photo-

À Washington, prenons le temps de visiter les écoles. Savoir comment sont formés les petits Américains est le meilleur moyen de comprendre les États-Unis. Au moment où Barack Obama fait du redressement de l'enseignement public une priorité de son mandat, une révolution pédagogique se prépare dans certains établissements.

Je me suis souvent demandé, au cours de ce voyage, ce qui rendait les Américains aussi optimistes, polis, et respectueux les uns envers les autres, même en période de récession économique. J'ai trouvé. L'an prochain, ma fille quittera le système scolaire français pour entrer dans une école américaine. Je sais qu'elle n'apprendra pas autant de choses que dans nos lycées, mais en sortant de sa scolarité, elle sera préparée à une vie sociale harmonieuse et à travailler en équipe. Elle ne sera pas une aigrie, car ses professeurs l'auront investie d'une singulière confiance en elle-même.
J'ai visité de nombreux établissements scolaires aux États-Unis. Je le fais dans tous les pays où je passe, dès que je le peux. Les écoles me semblent être les marqueurs tangibles de la situation véritable d'une nation. Il y a toujours un lien entre l'investissement des États dans les systèmes éducatifs et leur niveau de développement.
Au Pakistan et au Bangladesh, j'ai passé un mois dans les madrasas où l'enseignement n'a pas évolué depuis trois siècles. Les enfants de millions de familles modestes y sont abandonnés aux mains de religieux ignares et obtus. C'est la volonté délibérée des «élites locales», qui investissent leurs ressources nationales dans des armées et des forces de police, c'est-à-dire dans les moyens de faire perdurer leur domination féodale. De l'Indonésie jusqu'en Haïti, on justifie ces forces pour contenir les foules, dès qu'elles se révoltent contre les injustices qu'on leur inflige.
J'ai vu des situations caricaturales, comme celle de la Corée du Nord, où les écoles servent à embrigader les enfants dans un culte à la gloire d'une dynastie de tyrans. Il y a aussi des politiques à courte vue. En Chine, l'investissement de l'État dans l'éducation est minimal. Aux parents de payer. Le résultat est lamentable. Les jeunes Chinois se ruent vers les universités américaines, canadiennes ou australiennes. La Chine offre à l'Occident ses meilleurs étudiants ! Partout, les dirigeants des pays sont obsédés par des objectifs de survie politique à court terme. La qualité des écoles n'est pas leur priorité.

MARGINALISER LES ENSEIGNANTS DEMOTIVES
Denali Lander, reponsable d'un programme fournissant des ordinateurs aux étudiants, s'exprime devant les élèves d'une charter school de la Nouvelle Orléans. Crédits photo : ASSOCIATED PRESS
Aux États-Unis, je découvre avec stupéfaction qu'en ce domaine, les problèmes sont semblables aux nôtres. Les bureaucraties régulant les systèmes scolaires, qu'elles soient locales ou fédérales, sont devenues des «mammouths», pour reprendre l'expression de Claude Allègre. Une révolution balaye cependant l'école publique américaine depuis quinze ans. C'est celle des charter schools.
Le mouvement n'a ni leader charismatique ni réelle structure. Son principe est simple. Il s'agit de marginaliser les enseignants du public qui se contentent de faire du gardiennage ou le service minimum pendant leurs cours, en libérant la créativité des autres profs les dynamiques et les entreprenants du corset de leur administration de tutelle. Le mode de fonctionnement est élémentaire lui aussi : les autorités dépensent entre 12 000 et 50 000 dollars (pour les élèves handicapés) par an et par enfant. Si l'élève change d'école, cette somme le suit. Les charter schools reçoivent cet argent pour chaque élève, à l'égal des écoles publiques.
Pour être subventionnées, elles ont des obligations. Elles doivent être des associations à but non lucratif, gratuites et ouvertes à tous. Elles ne peuvent être que laïques. Pour le reste, elles
organisent leur enseignement comme elles l'entendent. Elles sont dégagées de toute tutelle administrative. On ne les juge que sur les résultats scolaires obtenus.
«Durant les années 1980, explique Malcolm Peabody, président de l'association Les amis du libre choix dans les écoles urbaines, toutes les tentatives pour réformer les écoles ont raté. Elles ont été coulées par la bureaucratie de l'enseignement public et des syndicats de professeurs. Quand la bureaucratie exerce un contrôle sur les écoles, c'est un désastre. En 1991, un groupe de Minneapolis a eu l'idée de détacher les écoles de la bureaucratie. Quarante-trois États sur cinquante ont adopté une législation allant dans ce sens.»

UNE CHANCE DE PROMOTION SOCIALE OFFERTE AUX DEFAVORISES
Bien des fondateurs ou directeurs de ces écoles sortent des universités les plus prestigieuses du pays (Harvard, Princeton, Yale…) ou de l'enseignement public. Je suis impressionné par leur enthousiasme vis-à-vis de leurs quartiers. Anne Herr a fondé l'école Capital City, à Washington. Elle explique : «Des communautés entières ont sombré là où la population est la plus pauvre, parce que les profs campaient sur leurs avantages acquis, ne voulaient pas rallonger leurs horaires de travail, les adapter, ou aller discuter avec les familles. La culture de la rue était devenue plus forte que celle de l'école et de la famille. Les enfants se droguaient parce qu'ils étaient hors de tout contrôle.»
Les Américains les plus aisés échappent à la médiocrité de l'enseignement gratuit en envoyant leurs enfants dans des private schools. Elles sont l'équivalent de nos écoles privées, en beaucoup plus cher (18 000 dollars minimum de droits d'inscription par an et par enfant). Les familles des classes moyennes et défavorisées, ne peuvent pas se les offrir. Ce sont elles qui souffrent le plus de la décomposition de l'école publique.
Elles se ruent donc vers les Charter Schools. Les quelque cinq mille écoles qui se sont créées sur ce modèle accueillent 1,3 million d'enfants aux États-Unis. À Washington DC, les Charter Schools ont déjà raflé 28 033 des 73 120 élèves du secteur public. Leurs classes ne comportent jamais plus de dix-huit élèves, les établissements sont de petite taille (250 élèves en moyenne). Leurs résultats scolaires sont infiniment supérieurs à ceux des écoles publiques. À Washington, les jeunes Noirs ou les Latinos qui constituent 91 % des recrues des Charter sortent du secondaire avec des taux de réussite en lecture et en mathématiques deux fois supérieurs à ceux des écoles publiques. Les élus sont ravis. L'État, sans dépenser un sou de plus qu'ailleurs, offre aux minorités défavorisées de meilleures chances de promotion sociale.
Un enthousiasme communicatif

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
"CHARTER SCHOOL: LA SEULE ECOLE QUI EXIGE QUE VOUS ECHOUIEZ POUR POUVOIR ETRE ADMIS".
Puisse Marie Dominique Simonet lire cet article et s’en inspirer
Barack Obama, encore lui, décidément il ne cessera de nous épater, a fait « du redressement des écoles publiques une priorité absolue de son mandat. Les minorités sont le socle de son électorat. Il encourage les Charter Schools, même si les démocrates y sont généralement opposés »
On se demande sur quoi repose cette opposition du camp de Obama.
Comme on comprend assez mal que la « la rage des lobby de l'enseignement public contre les charter soit extrême ». A moins que les enseignants du public ne répugnent à enseigner « samedi compris. » et à se passer de leurs « longues vacances, même en été. »
Ce qui nous frappe c’est que les élèves dans ce système « soient rarement laissés à eux-mêmes. »
Gabriel Ringlet fit un jour remarquer (au carrefour des convictions, à l’hôtel de vile de Bruxelles en décembre dernier) que les écoles primaires multiculturelles qui fonctionnaient le mieux étaient celles où on célèbre en commun toutes les fêtes religieuses et culturelles. C’est précisément ce qui se fait dans les Charter Schools
« J'arrive dans un gymnase très gai, en pleine célébration de la communauté asiatiqu. Parents et enfants sont déguisés en Japonais, en Indiens, en Chinois… L'ambiance est chaleureuse. »(…) «Nous faisons cela une fois par mois, toujours pour une communauté différente, car nos élèves sont pour moitié des Noirs, pour un quart des Latinos, et le reste ce sont des Blancs, des Asiatiques, ils viennent de tous les pays du monde»
En plus de cela, la charte, puisque c’est d’une école à Charte qu’il s’agit préconise : «Be kind, Work hard, Get smart !» (soyez aimable, travaillez dur, et devenez intelligents).
Il s’agit d’écoles en milieu populaire, à discrimination positive comme on les appelle chez nous. «60 % des parents ici sont au-dessous du niveau de pauvreté, leurs enfants bénéficient des programmes de repas gratuits à l'école».
Mais ce qui surtout retient notre attention c’est que « les enfants travaillent en petits groupes de trois à cinq élèves, réunis autour de tables communes. Ils discutent, l'ambiance est aussi informelle que dans la cuisine d'une maison de banlieue à l'heure du repas. L'important n'est pas la note, mais le travail d'équipe. »
Contrairement à ce qui se passe généralement dans nos écoles européennes, « dans l'école américaine, on positive, c'est la norme. On donne confiance aux enfants, cette confiance est primordiale pour devenir un sportif ou un entrepreneur ». Commentaire du reporter du Figaro : « « L'école américaine fabrique des individus sûrs d'eux-mêmes et des orateurs habiles. Les défauts de la méthode, c'est qu'elle fabrique des gens assez incultes, et aussi des menteurs et des bonimenteurs. «
Reflets qui ne connaît pas ce système mais le devine intéressant pour la stimulation d’une dynamique interculturelle a voulu en savoir plus en consultant Internet, voici le résultat de nos investigations :

L’INTERNATIONAL HIGH SCHOOL DANS LE QUEENS
Un extrait du « The Charter Conundrum»
Leo Casey
L’ International High School se situe dans le Queens, dans un quartier d’entrepôts commerciaux, d’usines de fabrications, et d’un grand nombre d’immigrants latino-américains, d’immigrants des Caraïbes et d’Asie. L’école fut fondée il y a 15 ans comme une collaboration entre la City University et le Board of Education, dans le but de fournir un environnement scolaire multiculturel pour des élèves nouveaux immigrants et des élèves apprenant l’anglais. Le seul critère d’admission est que les futurs élèves soient aux USA depuis moins de 4 ans et qu’ils soient dans les 20 derniers en pourcentage lors de l’examen d’aptitude de langue organisé dans toute la ville. Comme plaisante Claire Sylvan, enseignante à l’ International High School : "Nous sommes la seule école qui exige que vous échouiez pour pouvoir être admis".

DES CLASSES COMPLETEMENT HETEROGENES
Les enseignants de l’ International High School furent les premiers à organiser leur école en des classes complètement hétérogènes, sans notes ni résultats.
Le personnel de l’ International High School se lassa très vite des nombreuses règles et directives bureaucratiques provenant du conseil central de l’enseignement et du Ministère de l’Enseignement ( State Education Department). Ils considéraient la loi de 1998 de New York établissant les "Charter Schools" comme une occasion de se focaliser sur l’enseignement en dehors de toute bureaucratie. Selon les paroles du principal Eric Nadelstern, il faut " être responsable de l’enseignement, et non des formulaires et des paperasseries. "
Le personnel des écoles converties en "Charter Schools" reçoivent les mêmes droits élémentaires, les mêmes salaires, les pensions et les soins de santé, qu’ils recevraient sous leur ancien statut.
En mettant sur pied cette "Charter school" conformément à la loi, l’ International High School a formalisé ses traditions de démocratie et de collaboration. Par exemple, un Conseil des Directeurs de la "Charter school" a été constitué entièrement à partir d’individus qui y sont directement affiliés, en tant que membre du personnel, étudiants, et parents, avec une majorité d’enseignants. Toutes les décisions du conseil sont prises par consensus. elle.
Par essence, l’école a un passé bien établi d’innovations et de collaborations et a su prouver avec le temps que son premier objectif est de servir les étudiants. Elle croit que le statut de ’"Charter school" va lui permettre de prolonger cette tradition au mieux.

UNE CHARTER SCHOOL NOMMÉE BARACK OBAMA
COMPTON SCHOOL IS NAMED FOR BARACK OBAMA, A FIRST IN CALIFORNIA
there were Obama T-shirts and bumper stickers. Now there's a Compton charter school named after the president-elect.
The former Qued Charter Elementary School changed its name to the Barack Obama Charter School earlier this week. The original name was always intended as a placeholder -- "Qued" is a mash-up of "quality" and "education" -- and parents at the school overwhelmingly wanted the school to be named after Obama.
The board approved the change unanimously, said Glenn Noreen, the executive director of Ingenium Schools, the group that operates the campus.
"Nobody really liked the Qued name," Noreen said.
It's apparently the first school in California to be named after Obama, although campuses in Missouri and New York have already done so. The campus plans to open its doors this fall and enroll 316 students. Enrollment has already begun.

COMMENTS
I would like to apply as a student in the Compton School (Barack Obama)
“This school is a charter school. As with most Charters, they have a group of parents who want something new, they recruit students and parents to participate. The school must have obligated, engaged concerned parents before they can open their doors. Those are the parents the Times is referring to. I live in Alaska and had the great fortune to meet these students and administrators at a Reinventing Schools Coalition, they are motivated to teach students a standards based model. This model by the way is being used in Colorado , UK , Maine , Washington DC , Australia and Alaska and has a no fail rate, it is the school of the future. So concerned taxpayer, no money out of your pocket”

samedi 25 juillet 2009

Obama fait amende honorable pour apaiser sa première querelle raciale

Barack Obama est vite intervenu vendredi pour éteindre l'incendie qu'il avait lui-même allumé en qualifiant de "stupide" l'arrestation d'un ami noir par la police, regrettant publiquement le choix de ses mots dans la première controverse raciale de sa présidence.
Au moment où la polémique enflait dangeureusement, M. Obama a fait une apparition inopinée devant la presse pour annoncer qu'il avait appelé le policier impliqué dans l'affaire et pour concéder qu'il aurait dû mieux peser ses mots mercredi quand il s'en est pris, devant des millions de téléspectateurs, à la police de la ville de Cambridge (Massachusetts, nord-est).
M. Obama a jugé que le choix de ses mots avait été "malheureux" et n'avait fait que causer "davantage de frénésie médiatique" autour de l'arrestation de l'éminent universitaire Henry Louis Gates Jr.
"Je crois que, malheureusement, j'ai donné l'impression de vilipender la police de Cambridge ou le sergent Crowley, et j'aurais pu mieux choisir mes mots", a-t-il déclaré.
M. Obama faisait face à l'un de ces accès de fièvre auxquels peut donner lieu la confrontation d'un policier blanc et d'un Noir, mais qui n'aurait pas atteint une telle intensité si l'universitaire n'avait pas été un ami de longue date du président et si ce dernier ne s'en était pas mêlé.
M. Gates, de l'université Harvard, a été arrêté le 16 juillet après avoir enfoncé sa porte parce qu'il ne retrouvait pas ses clés. La police avait été alertée par une voisine croyant à un cambriolage.
Les faits varient sensiblement selon qu'ils sont rapportés par l'universitaire ou le policier. Le premier juge l'incident révélateur de la manière dont la police traite les Noirs: le policier est entré chez lui sans sa permission, il n'a décliné son identité que sur l'insistance de M. Gates.
M. Gates s'est répandu en invectives, il a traité le policier de raciste, il a insulté sa mère, répond le sergent Crowley.
M. Gates a été arrêté pour trouble à l'ordre public, charges abandonnées cette semaine.
M. Obama avait admis mercredi qu'il avait peut-être un parti pris puisque M. Gates est son ami et qu'il ne connaissait pas tous les éléments du dossier. Cela ne l'a pas empêché de dire que la police s'était conduite de manière "stupide" et que l'affaire illustrait l'importance que continue à revêtir le facteur racial.
Ces déclarations ont ranimé les tensions raciales que M. Obama s'emploie constamment à contenir. Elles ont provoqué l'indignation de maints policiers, d'autant que le sergent Crowley est apparu dans les médias comme un officier estimé, dépourvu de préjugé racial.
Vendredi, les syndicats de policiers de Cambridge allaient jusqu'à exiger des excuses de M. Obama devant toute la presse rassemblée.
M. Obama n'a pas parlé d'excuses. Cependant sa conversation avec le sergent lui a confirmé qu'il s'agissait d'un policier "remarquable" et d'un "homme bien", a-t-il dit.
Mais il a dit continuer à croire que la réaction du sergent avait été disproportionnée, comme celle de l'universitaire. Il pense aussi avoir bien fait d'intervenir parce que le "fait que ceci a pris de telles proportions indique que le facteur racial reste un motif de préoccupation dans notre société".
M. Obama a tenté de décrisper l'atmosphère: au cours de sa conversation avec le policier, il a été question d'une bière que le président, le sergent et l'universitaire partageraient à la Maison Blanche.
M. Obama a appelé M. Gates plus tard et l'a invité à une telle rencontre, a expliqué la Maison Blanche.
Comme pour mieux faire taire la querelle, M. Obama a relayé plaisamment un appel du policier à la presse: "Le sergent Crowley serait heureux si vous arrêtiez de piétiner sa pelouse".
(AFP)

La mésaventure d'un professeur noir ravive la question raciale aux Etats-Unis

Les Américains n'ont pas fini d'entendre parler du 16 juillet, jour où Henry Louis Gates Jr., l'un de leurs professeurs les plus connus, titulaire de la chaire d'études africaines-américaines à Harvard, grand spécialiste de l'histoire du racisme et de la ségrégation, a été arrêté chez lui comme un vulgaire malfrat par un policier blanc du commissariat de Cambridge, dans le Massachusetts. La victime a promis d'en tirer toutes les leçons. "J'en ferai un documentaire, a-t-il juré. Le système de justice pénale est vraiment pourri."

Le professeur revenait d'un séjour en Chine, où il était allé enquêter sur les origines familiales du violoncelliste Yo-Yo Ma. Depuis que le recours à l'ADN s'est banalisé, Henry Louis Gates s'est spécialisé dans les recherches généalogiques. Avec l'écrivain Maya Angelou, il est remonté jusqu'en Sierra Leone. Avec l'acteur Don Cheadle, jusqu'à la tribu indienne des Chikasaw. A chaque fois, il en rapporte un documentaire vu par des millions de téléspectateurs. Il a aussi fondé un site Internet "black", financé par le Washington Post, The Root. A Cambridge, où il habite sur Ware Street, dans une maison à quelques blocs de l'université, les gens le saluent dans la rue.

Ce 16 juillet, la serrure de la porte de sa maison était un peu grippée, la clef tournait mal. Avec son chauffeur de taxi, M. Gates a forcé la porte. Voyant deux Noirs à l'ouvrage de ce quartier bourgeois, une femme (dont l'identité n'a pas été révélée) a appelé la police. C'était le début de l'après-midi. L'appel fait mention de "deux grands Noirs" munis de sacs à dos.

A ce stade, les versions divergent. Le professeur Gates a montré ses papiers, prouvé qu'il était chez lui, et à son tour, a demandé à son interlocuteur de justifier de son identité. Le sergent James Crowley, onze ans de métier, aurait refusé et le professeur Gates aurait dénoncé un délit de faciès.

La discussion s'est terminée au poste, où l'universitaire, un homme de 58 ans et d'allure plutôt chétive, est arrivé menotté. Il n'est ressorti qu'au bout de quatre heures et après l'intervention de Charles Ogletree, alias "Tree", célèbre professeur de droit de Harvard et mentor du président Barack Obama au début de sa campagne.

L'incident, qui s'est déroulé suivant un scénario bien connu des Noirs américains, a réveillé les réflexes classiques. "Les seules personnes qui vivent dans un monde post-racial sont les quatre habitants" de la Maison Blanche, a commenté M. Gates, amer. Dans le Washington Post, le journaliste Wil Haygood a raconté d'expérience ce moment où, quel que soit le statut social, les individus reproduisent des comportements qui les dépassent : "Oubliez Harvard, (M. Gates) est dans cette zone délicate où se rencontrent la peau noire et les forces de l'ordre (...) Ce moment où l'homme noir porte une éternité pour bagage."

Le sergent Crowley a refusé de présenter ses excuses. Il n'a probablement pas fini non plus d'entendre parler de l'incident. Le professeur Gates compte en faire l'emblème des contradictions de l'Amérique à l'heure de son premier président noir. L'élection de novembre 2008 n'a pas été suivie de "changements structurels", a-t-il constaté. Vu la popularité des démocrates à Cambridge, le policier a "probablement voté pour Barack. Cela ne m'a pas été d'un grand secours".

Pendant sa conférence de presse, mercredi à la Maison Blanche, le président Obama a été interrogé sur l'incident. "Skip est un ami, a-t-il dit, en utilisant le surnom du professeur. Je risque d'être partial." Toujours extrêmement prudent dès qu'il aborde la question raciale, pour ne pas apparaître comme l'homme d'une communauté, il a cette fois-ci pris parti. "D'abord, je crois qu'on peut dire, que nous serions tous assez en colère (dans cette situation). Deuxièmement, la police de Cambridge a été stupide d'arrêter quelqu'un alors que la preuve était établie qu'il était dans sa propre maison. Troisièmement, cet incident nous rappelle qu'il y a une longue habitude dans ce pays de contrôler les Africains-américains et les latinos de manière disproportionnée."

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
LES DÉMON AMÉRICAINS
«Le Monde Stupide", commente un internaute et il s’explique comme suit :
«Quelle partialité dans la narration de ce fait divers de la part du Monde. Le méchant cop Blanc et la pauvre victime noire. En fait, le flic n’a fait que son boulot, en procédant a une vérification puis une arrestation âpres avoir été insulte de raciste. Aux US, on n’insulte pas les flics et on leur obéit quand ils vous "Check" , qui que ce soit!! Le prof s’est cru au dessus de cette procédure, et hurle maintenant au racisme ... lamentable! Stupide également d’Obama d’avoir pris parti . »

Certes, il faut être capable d’entendre ce type d’argument sans y adhérer nécessairement. Nous vivons en démocratie et toutes les opinions sont autorisées à s’y exprimer. Mais, en tout état de cause, Reflets–DiverCity n’est pas vraiement surpris par cet incident révélant un surcroît de crispation raciale aux Etats Unis. Seul l’école peut contribuer à changer les mentatlités en profondeur. Nous y reviendrons demain avec un long article sur les « Charter Schools » qui entendent réformer en profondeur l’enseignement public dans un sens interculturel et sont un des grands chantiers de Obama, son plus grand défi selon certains, celui qui lui tiendrait le plus à cœur. Plus le temps passe, plus il nous semble que le dialogue entre les cultures, les éthnies, les idéologies, les philosophie et les religions est d’une difficulté surhumaine.

Mais ou bien l’homme apprendra à devenir surhumain, c'est-à-dire à aller contre sa pente et ses penchants communautaristes ou bien l’homme périra de sa propre main et de ses propres contradictions et dans un horizon pas très lointain.
MG

LE MOMENT DE VERITE D'OBAMA
L'éditorial de Pierre Rousselin. Le Figaro

Pour Barack Obama, le moment de vérité approche. La bataille qu'il a engagée à propos de la réforme du système de santé est déterminante pour le reste de sa présidence.

Étendre la couverture médicale à tous les Américains, alors qu'ils sont 47 millions à en être privés, constitue un projet phare qui doit donner le ton des années Obama. C'était une des grandes promesses de sa campagne. Cela doit être, sur le plan intérieur, le principal résultat de son premier mandat.

Pour réussir, le président ne peut attendre. Six mois après son arrivée à la Maison-Blanche, il a promis de faire voter la réforme avant les vacances parlementaires de l'été, début août. S'il est aussi pressé, c'est parce que le calendrier politique est très serré au Congrès, où la fenêtre de tir pour le passage des grandes réformes va vite se refermer. Dès l'automne, les représentants ne vont plus penser qu'à leur réélection, un an après. Quant au président, sa «lune de miel» est en train de se terminer.

La crise économique n'aide en rien. Il a fallu jusqu'ici parer au plus pressé et faire passer des plans de relance. Les réformes ont dû attendre. Et le déficit s'est tellement creusé qu'il n'y a plus la moindre marge de manœuvre.

Barack Obama a beau être encore très populaire - davantage que ses politiques -, son parti a beau dominer largement les deux Chambres du Congrès, l'adoption de la réforme est loin d'être acquise.

Mercredi soir, lors de sa conférence de presse, Barack Obama était sur la défensive, ne réussissant pas à expliquer clairement comment la réforme serait financée sans peser sur les comptes publics.

La cohésion du Parti démocrate est à dure épreuve. Taxer les riches est évidemment la recette de l'aile gauche pour une réforme aux accents très progressistes. C'est la solution retenue par Nancy Pelosi, la présidente de la Chambre des représentants. Mais il y a dans le parti du président un courant très important, celui des démocrates fiscalement conservateurs. Ces derniers ne veulent pas entendre parler d'un impôt sur les hauts revenus. Au Congrès, les uns et les autres se déchirent. Barack Obama tarde à trancher alors qu'il devrait imposer ses vues à ses propres troupes.

Les républicains ne se sont pas encore remis de leur déroute à la présidentielle, mais ils savent qu'ils tiennent là l'occasion de préparer leur revanche. La même stratégie leur avait souri au début du mandat de Bill Clinton lorsqu'ils étaient venus à bout de la réforme du système de santé préparée par Hillary.

S'ils parviennent à faire trébucher le président maintenant, sur une question aussi symbolique, la campagne pour les élections de mi-mandat sera très ouverte.

Barack Obama doit faire attention. C'est maintenant que se joue son premier mandat. S'il perd cette bataille, son autorité politique sera entamée.

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
OBAMA TIENT PAROLE MAIS TIENDRA-IL LE COUP ?
Que n’a-t-on pas écrit sur Obama, au moment de son élection. Qu’à part sa couleur de peau, il ne serait pas fondamentalement différent de Bush ce qui à l’évidence est le contraire de ce que nous pouvons observer de puis un semestre. Que jamais il ne mettrait en question la théorie de Huntington sur choc des civilisations, bible des «néo cons». Son discours hardi du Caire et son intransigeance à l’égard d’Israël de même que toute sa stratégie à l’égard de l’Iran, de l’Afrique et de la Russie démontrent que le contraire est vrai.

Qu’il était soutenu par Wall Street alors que son gros problème aujourd'hui est de plus en plus de passer pour un président nettement orienté à gauche et carrément socialiste aux yeux de ses adversaires républicains les plus coriaces qui semblent reprendre du poil de la bête après leur désastre électoral.

Que jamais il n’imposerait aux Etats Unis un programme de soins de santé accessible à tous, ce qui était déjà au cœur du rêve des Clinton. Il a osé et le voilà dans le collimateur de tous les conservateurs, tant au sein du camp républicain qu’au sein de son propre camp démocrate.

Six mois après son élection Barack Hussein Obama se montre fidèle à lui-même, à son discours de campagne, aux espoirs qu’il a éveillés. Et voilà qu’à cause même de cette fidélité à ses idées, à ses valeurs, à son idéal il commence à être mis en difficulté. C’est que l’Amérique est fidèle à ses démons.

On a craint le jour de son investiture pour sa sécurité et celle de sa famille.

Il n’est pas bon, dans une république telle que celle des Etats Unis où tout le monde ou presque dispose d’une arme à feu, où les mafias sont hyperpuissantes d’avoir trop d’ennemis. DiverCity et Reflets qui soutiennent Barack Hussein Obama depuis le début de sa campagne, surtout depuis le discours de Philadelphie, lui souhaitent longue vie et plein succès dans les épreuves qu’il traverse et toutes celles qui attendent demain le vrai successeur et fils spirituel de Abraham Lincoln. Regrettons âprement que nous n’ayons à la tête de la Commission européenne, voire même de l’église catholique romaine un homme de sa qualité intellectuelle, de son ouverture d’esprit, de sa rigueur éthique et de sa force de caractère.
MG