dimanche 26 juillet 2009

Aux Etats-Unis, la révolution éducative des Charter Schools

Les élèves de la «charter school» Haynes, à Washington, travaillent en petits groupes. Ils échangent avec leur enseignant dans une ambiance informelle, l'important n'étant pas la note mais le travail d'équipe. (Stephen Voss pour Le Figaro) Crédits photo-

À Washington, prenons le temps de visiter les écoles. Savoir comment sont formés les petits Américains est le meilleur moyen de comprendre les États-Unis. Au moment où Barack Obama fait du redressement de l'enseignement public une priorité de son mandat, une révolution pédagogique se prépare dans certains établissements.

Je me suis souvent demandé, au cours de ce voyage, ce qui rendait les Américains aussi optimistes, polis, et respectueux les uns envers les autres, même en période de récession économique. J'ai trouvé. L'an prochain, ma fille quittera le système scolaire français pour entrer dans une école américaine. Je sais qu'elle n'apprendra pas autant de choses que dans nos lycées, mais en sortant de sa scolarité, elle sera préparée à une vie sociale harmonieuse et à travailler en équipe. Elle ne sera pas une aigrie, car ses professeurs l'auront investie d'une singulière confiance en elle-même.
J'ai visité de nombreux établissements scolaires aux États-Unis. Je le fais dans tous les pays où je passe, dès que je le peux. Les écoles me semblent être les marqueurs tangibles de la situation véritable d'une nation. Il y a toujours un lien entre l'investissement des États dans les systèmes éducatifs et leur niveau de développement.
Au Pakistan et au Bangladesh, j'ai passé un mois dans les madrasas où l'enseignement n'a pas évolué depuis trois siècles. Les enfants de millions de familles modestes y sont abandonnés aux mains de religieux ignares et obtus. C'est la volonté délibérée des «élites locales», qui investissent leurs ressources nationales dans des armées et des forces de police, c'est-à-dire dans les moyens de faire perdurer leur domination féodale. De l'Indonésie jusqu'en Haïti, on justifie ces forces pour contenir les foules, dès qu'elles se révoltent contre les injustices qu'on leur inflige.
J'ai vu des situations caricaturales, comme celle de la Corée du Nord, où les écoles servent à embrigader les enfants dans un culte à la gloire d'une dynastie de tyrans. Il y a aussi des politiques à courte vue. En Chine, l'investissement de l'État dans l'éducation est minimal. Aux parents de payer. Le résultat est lamentable. Les jeunes Chinois se ruent vers les universités américaines, canadiennes ou australiennes. La Chine offre à l'Occident ses meilleurs étudiants ! Partout, les dirigeants des pays sont obsédés par des objectifs de survie politique à court terme. La qualité des écoles n'est pas leur priorité.

MARGINALISER LES ENSEIGNANTS DEMOTIVES
Denali Lander, reponsable d'un programme fournissant des ordinateurs aux étudiants, s'exprime devant les élèves d'une charter school de la Nouvelle Orléans. Crédits photo : ASSOCIATED PRESS
Aux États-Unis, je découvre avec stupéfaction qu'en ce domaine, les problèmes sont semblables aux nôtres. Les bureaucraties régulant les systèmes scolaires, qu'elles soient locales ou fédérales, sont devenues des «mammouths», pour reprendre l'expression de Claude Allègre. Une révolution balaye cependant l'école publique américaine depuis quinze ans. C'est celle des charter schools.
Le mouvement n'a ni leader charismatique ni réelle structure. Son principe est simple. Il s'agit de marginaliser les enseignants du public qui se contentent de faire du gardiennage ou le service minimum pendant leurs cours, en libérant la créativité des autres profs les dynamiques et les entreprenants du corset de leur administration de tutelle. Le mode de fonctionnement est élémentaire lui aussi : les autorités dépensent entre 12 000 et 50 000 dollars (pour les élèves handicapés) par an et par enfant. Si l'élève change d'école, cette somme le suit. Les charter schools reçoivent cet argent pour chaque élève, à l'égal des écoles publiques.
Pour être subventionnées, elles ont des obligations. Elles doivent être des associations à but non lucratif, gratuites et ouvertes à tous. Elles ne peuvent être que laïques. Pour le reste, elles
organisent leur enseignement comme elles l'entendent. Elles sont dégagées de toute tutelle administrative. On ne les juge que sur les résultats scolaires obtenus.
«Durant les années 1980, explique Malcolm Peabody, président de l'association Les amis du libre choix dans les écoles urbaines, toutes les tentatives pour réformer les écoles ont raté. Elles ont été coulées par la bureaucratie de l'enseignement public et des syndicats de professeurs. Quand la bureaucratie exerce un contrôle sur les écoles, c'est un désastre. En 1991, un groupe de Minneapolis a eu l'idée de détacher les écoles de la bureaucratie. Quarante-trois États sur cinquante ont adopté une législation allant dans ce sens.»

UNE CHANCE DE PROMOTION SOCIALE OFFERTE AUX DEFAVORISES
Bien des fondateurs ou directeurs de ces écoles sortent des universités les plus prestigieuses du pays (Harvard, Princeton, Yale…) ou de l'enseignement public. Je suis impressionné par leur enthousiasme vis-à-vis de leurs quartiers. Anne Herr a fondé l'école Capital City, à Washington. Elle explique : «Des communautés entières ont sombré là où la population est la plus pauvre, parce que les profs campaient sur leurs avantages acquis, ne voulaient pas rallonger leurs horaires de travail, les adapter, ou aller discuter avec les familles. La culture de la rue était devenue plus forte que celle de l'école et de la famille. Les enfants se droguaient parce qu'ils étaient hors de tout contrôle.»
Les Américains les plus aisés échappent à la médiocrité de l'enseignement gratuit en envoyant leurs enfants dans des private schools. Elles sont l'équivalent de nos écoles privées, en beaucoup plus cher (18 000 dollars minimum de droits d'inscription par an et par enfant). Les familles des classes moyennes et défavorisées, ne peuvent pas se les offrir. Ce sont elles qui souffrent le plus de la décomposition de l'école publique.
Elles se ruent donc vers les Charter Schools. Les quelque cinq mille écoles qui se sont créées sur ce modèle accueillent 1,3 million d'enfants aux États-Unis. À Washington DC, les Charter Schools ont déjà raflé 28 033 des 73 120 élèves du secteur public. Leurs classes ne comportent jamais plus de dix-huit élèves, les établissements sont de petite taille (250 élèves en moyenne). Leurs résultats scolaires sont infiniment supérieurs à ceux des écoles publiques. À Washington, les jeunes Noirs ou les Latinos qui constituent 91 % des recrues des Charter sortent du secondaire avec des taux de réussite en lecture et en mathématiques deux fois supérieurs à ceux des écoles publiques. Les élus sont ravis. L'État, sans dépenser un sou de plus qu'ailleurs, offre aux minorités défavorisées de meilleures chances de promotion sociale.
Un enthousiasme communicatif

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
"CHARTER SCHOOL: LA SEULE ECOLE QUI EXIGE QUE VOUS ECHOUIEZ POUR POUVOIR ETRE ADMIS".
Puisse Marie Dominique Simonet lire cet article et s’en inspirer
Barack Obama, encore lui, décidément il ne cessera de nous épater, a fait « du redressement des écoles publiques une priorité absolue de son mandat. Les minorités sont le socle de son électorat. Il encourage les Charter Schools, même si les démocrates y sont généralement opposés »
On se demande sur quoi repose cette opposition du camp de Obama.
Comme on comprend assez mal que la « la rage des lobby de l'enseignement public contre les charter soit extrême ». A moins que les enseignants du public ne répugnent à enseigner « samedi compris. » et à se passer de leurs « longues vacances, même en été. »
Ce qui nous frappe c’est que les élèves dans ce système « soient rarement laissés à eux-mêmes. »
Gabriel Ringlet fit un jour remarquer (au carrefour des convictions, à l’hôtel de vile de Bruxelles en décembre dernier) que les écoles primaires multiculturelles qui fonctionnaient le mieux étaient celles où on célèbre en commun toutes les fêtes religieuses et culturelles. C’est précisément ce qui se fait dans les Charter Schools
« J'arrive dans un gymnase très gai, en pleine célébration de la communauté asiatiqu. Parents et enfants sont déguisés en Japonais, en Indiens, en Chinois… L'ambiance est chaleureuse. »(…) «Nous faisons cela une fois par mois, toujours pour une communauté différente, car nos élèves sont pour moitié des Noirs, pour un quart des Latinos, et le reste ce sont des Blancs, des Asiatiques, ils viennent de tous les pays du monde»
En plus de cela, la charte, puisque c’est d’une école à Charte qu’il s’agit préconise : «Be kind, Work hard, Get smart !» (soyez aimable, travaillez dur, et devenez intelligents).
Il s’agit d’écoles en milieu populaire, à discrimination positive comme on les appelle chez nous. «60 % des parents ici sont au-dessous du niveau de pauvreté, leurs enfants bénéficient des programmes de repas gratuits à l'école».
Mais ce qui surtout retient notre attention c’est que « les enfants travaillent en petits groupes de trois à cinq élèves, réunis autour de tables communes. Ils discutent, l'ambiance est aussi informelle que dans la cuisine d'une maison de banlieue à l'heure du repas. L'important n'est pas la note, mais le travail d'équipe. »
Contrairement à ce qui se passe généralement dans nos écoles européennes, « dans l'école américaine, on positive, c'est la norme. On donne confiance aux enfants, cette confiance est primordiale pour devenir un sportif ou un entrepreneur ». Commentaire du reporter du Figaro : « « L'école américaine fabrique des individus sûrs d'eux-mêmes et des orateurs habiles. Les défauts de la méthode, c'est qu'elle fabrique des gens assez incultes, et aussi des menteurs et des bonimenteurs. «
Reflets qui ne connaît pas ce système mais le devine intéressant pour la stimulation d’une dynamique interculturelle a voulu en savoir plus en consultant Internet, voici le résultat de nos investigations :

L’INTERNATIONAL HIGH SCHOOL DANS LE QUEENS
Un extrait du « The Charter Conundrum»
Leo Casey
L’ International High School se situe dans le Queens, dans un quartier d’entrepôts commerciaux, d’usines de fabrications, et d’un grand nombre d’immigrants latino-américains, d’immigrants des Caraïbes et d’Asie. L’école fut fondée il y a 15 ans comme une collaboration entre la City University et le Board of Education, dans le but de fournir un environnement scolaire multiculturel pour des élèves nouveaux immigrants et des élèves apprenant l’anglais. Le seul critère d’admission est que les futurs élèves soient aux USA depuis moins de 4 ans et qu’ils soient dans les 20 derniers en pourcentage lors de l’examen d’aptitude de langue organisé dans toute la ville. Comme plaisante Claire Sylvan, enseignante à l’ International High School : "Nous sommes la seule école qui exige que vous échouiez pour pouvoir être admis".

DES CLASSES COMPLETEMENT HETEROGENES
Les enseignants de l’ International High School furent les premiers à organiser leur école en des classes complètement hétérogènes, sans notes ni résultats.
Le personnel de l’ International High School se lassa très vite des nombreuses règles et directives bureaucratiques provenant du conseil central de l’enseignement et du Ministère de l’Enseignement ( State Education Department). Ils considéraient la loi de 1998 de New York établissant les "Charter Schools" comme une occasion de se focaliser sur l’enseignement en dehors de toute bureaucratie. Selon les paroles du principal Eric Nadelstern, il faut " être responsable de l’enseignement, et non des formulaires et des paperasseries. "
Le personnel des écoles converties en "Charter Schools" reçoivent les mêmes droits élémentaires, les mêmes salaires, les pensions et les soins de santé, qu’ils recevraient sous leur ancien statut.
En mettant sur pied cette "Charter school" conformément à la loi, l’ International High School a formalisé ses traditions de démocratie et de collaboration. Par exemple, un Conseil des Directeurs de la "Charter school" a été constitué entièrement à partir d’individus qui y sont directement affiliés, en tant que membre du personnel, étudiants, et parents, avec une majorité d’enseignants. Toutes les décisions du conseil sont prises par consensus. elle.
Par essence, l’école a un passé bien établi d’innovations et de collaborations et a su prouver avec le temps que son premier objectif est de servir les étudiants. Elle croit que le statut de ’"Charter school" va lui permettre de prolonger cette tradition au mieux.

UNE CHARTER SCHOOL NOMMÉE BARACK OBAMA
COMPTON SCHOOL IS NAMED FOR BARACK OBAMA, A FIRST IN CALIFORNIA
there were Obama T-shirts and bumper stickers. Now there's a Compton charter school named after the president-elect.
The former Qued Charter Elementary School changed its name to the Barack Obama Charter School earlier this week. The original name was always intended as a placeholder -- "Qued" is a mash-up of "quality" and "education" -- and parents at the school overwhelmingly wanted the school to be named after Obama.
The board approved the change unanimously, said Glenn Noreen, the executive director of Ingenium Schools, the group that operates the campus.
"Nobody really liked the Qued name," Noreen said.
It's apparently the first school in California to be named after Obama, although campuses in Missouri and New York have already done so. The campus plans to open its doors this fall and enroll 316 students. Enrollment has already begun.

COMMENTS
I would like to apply as a student in the Compton School (Barack Obama)
“This school is a charter school. As with most Charters, they have a group of parents who want something new, they recruit students and parents to participate. The school must have obligated, engaged concerned parents before they can open their doors. Those are the parents the Times is referring to. I live in Alaska and had the great fortune to meet these students and administrators at a Reinventing Schools Coalition, they are motivated to teach students a standards based model. This model by the way is being used in Colorado , UK , Maine , Washington DC , Australia and Alaska and has a no fail rate, it is the school of the future. So concerned taxpayer, no money out of your pocket”

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