lundi 27 juillet 2009

Contador a marché sur Armstrong

Le Valais fut le théâtre du roman œdipien que le Tour 2009 attendait, mais sans trop y croire. En tuant le père Lance Armstrong, qui finit 9e de l’étape à 1’35’’ du vainqueur du jour, Alberto Contador, ce dernier, par la même occasion, s’est marié au maillot jaune qu’il convoitait : «On était cinq dans la montée, et je devais attaquer pour creuser l’écart. Je suis tellement heureux !» Ça, c’est pour la barbe de Freud.
La vacuité des plans de LanceArmstrong s’est effondrée dans un nuage de poussière, malgré les efforts de son coéquipier Klöden, qui l’a aidé à ne pas périr enseveli sous les minutes. Pour tout dire, c’était presque poignant de voir cet homme incombustible se consumer dans la montée : «J’étais vraiment à la limite, dès le départ, à la limite», dira le masque de cire.
Lance ? On ne lui connaissait pas cet air de mouflon borné, qui freine pour monter dans la bétaillère de l’histoire du Tour. Doit-on considérer, justement, que l’histoire de Lance Armstrong en route pour une huitième ascension en ballon sur le Tour de France s’est achevée en Suisse «Il faut s’incliner devant meilleur que soi. Je me mettrai à son service.»
SAPINS. Inclinons-nous devant cette noblesse d’épée. Hier, que restera-il de Lance ? Sa canne à pommeau d’argent, qui ne fut pas d’une grande utilité. Cela dit, il faut toujours se méfier de la canne-épée.

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
LE TOUR : UN GRAND ÉVÉNEMENT INTERCULTUREL DE L’ANNÉE ?
Le Tour, honni par les uns, vénéré par les autres est une tour de Babel ambulante, un immense événement médiatique qui rassemble près de deux cent coureurs venus du monde entier, une caravane cosmopolite de reporters étrangers, des milliers de spectateurs le long des routes accourus de l’Europe entière pour ne pas manquer ça et des millions de téléspectateurs du monde entier vissés à leur écran. Le Tour est un grand spectacle cosmopolite avec ses règles et son éthique, souvent violée, ses tricheurs et ses vertueux, ses seigneurs et ses domestiques, ses candides et ses requins. D’abord, le tour est une épopée avec ses héros du macadam, ses grimpeurs et ses sprinters, ses rouleurs et ses poursuiveurs. Le Tour est aussi une Odyssée avec son Olympe peuplé d’immortels, Fausto Coppi, Merckx, Anquetil et bien d’autres encore. Bref le tour est une légende vivante avec ses immenses déceptions et ses rebondissements, ses magnifiques paysages qui nous rappellent combien la France est belle.
Le Tour a vécu cette année un de ces dramatiques tournant qui lui donnent tout son prix. Le père Armstrong, roi déchu est poignardé en pleine course par un nouvel Œdipe, le jeune Espagnol Alberto Contador. Il finira en jaune après avoir parcouru en vainqueur incontesté les Champs Elyséens.
Sic transit gloria mundi.
Le roi Lance du Tour se meurt. Vive le roi Alberto.
MG

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