mercredi 30 septembre 2009

"Robert Badinter, un juriste en politique"

Il a marqué de son empreinte la justice française. A 81 ans, Robert Badinter est le héros consentant d'une biographie de Paul Cassia, professeur de droit à l'université Paris-I, un collègue. Une biographie "intellectuelle", précise l'auteur, qui s'aventure rarement dans la sphère privée. Une biographie sans complaisance ni a priori, car les deux hommes ne se connaissaient pas. Un défi également, tant Robert Badinter, "juriste touche-à-tout", aura été multiple : avocat, professeur de droit, garde des sceaux, président du Conseil constitutionnel, apôtre infatigable d'une justice supranationale, et aujourd'hui sénateur.

Paul Cassia a compilé les sources écrites et audiovisuelles disponibles, avec un goût prononcé pour le Journal officiel. Il a interrogé les proches - curieusement, son épouse, Elisabeth Badinter, la philosophe, l'inspiratrice parfois, manque à l'appel. Il a sollicité la mémoire et les archives de son interlocuteur, pour aboutir à un livre copieux et méticuleux, jamais avare de détails - ainsi sur le projet du ministre d'améliorer le sort des fonctionnaires des catégories C et D des services judiciaires.

Si l'ouvrage manque parfois de lignes de force, c'est que l'homme ne se laisse pas facilement cerner. Comment au juste le définir ? Cité par Paul Cassia, le professeur de droit Antoine Lyon-Caen parle d'"humanisme juridique". Une autre formule résume l'homme et ses passions : "le droit, la justice et l'histoire". La plus parlante est de Robert Badinter lui-même, qui revendique un triple héritage, "républicain, laïc et juif".

Il avait 15 ans lorsque son père fut arrêté sous ses yeux, à Lyon, par les hommes de Klaus Barbie. Arrivé en 1920 de Bessarabie, pelletier en gros à Paris, Simon Badinter est mort en déportation, à Sobibor. Il avait choisi la France, car "c'était aller à la rencontre des libertés". La précision est de Robert Badinter qui, jamais, ne dévia de la route tracée.

Preuve que le personnage est multiple, le sage qu'il est devenu, à la noblesse janséniste, a été un jeune homme exubérant, fréquentant le Tout-Paris du cinéma, de la politique et de la presse. Ses débuts sous l'aile protectrice d'Henry Torrès, une figure du barreau, puis son association, quelques années plus tard, avec Me Jean-Denis Bredin, tracent le portrait d'un avocat sûr de son art et de son avenir.

Paul Cassia ne cache rien de ses caprices d'enfant gâté, de ses colères mémorables, de sa modestie feinte, alliée à une haute idée de lui-même. Trop orgueilleux pour être vaniteux, Robert Badinter peut donner l'image d'un homme tour à tour hautain et d'une vraie simplicité.

A la lisière de l'appareil
On sait moins que sa vocation première fut la sociologie, à laquelle il s'initia à la Sorbonne et à l'université Columbia (New York). Le barreau vint après. La consécration universitaire - la difficile agrégation de droit privé - plus tard encore. Entre-temps, Badinter était entré en politique, mendésiste fervent, mitterrandien du second cercle quoiqu'inébranlable. S'il fut étroitement mêlé, auprès de François Mitterrand, aux campagnes présidentielles de 1974 et 1981, il resta à la lisière de l'appareil socialiste, hormis sa candidature aux législatives de 1967 dans le quartier du Marais, à Paris, un échec.

Avocat d'affaires, fréquentant peu les assises, il se fit le champion de l'abolition de la peine de mort, échouant à obtenir la grâce de Roger Bontems, sauvant la tête de Patrick Henry, sa plus glorieuse plaidoirie. A l'heure décisive, François Mitterrand lui confia les sceaux, après que l'intéressé lui eut expliqué qu'aucun autre maroquin ne l'intéressait. C'est ainsi qu'il eut l'honneur, presque un droit, de mettre la guillotine au rebut.

Avec le recul - c'est la conclusion la plus intéressante du livre -, Badinter estime que ses cinq années Place Vendôme ont été marquées par un malentendu : il voulait faire de la justice française un modèle de liberté, dans le droit-fil des promesses de la gauche en 1981 ; il découvrit que la société française, alarmée par la montée de la délinquance, aspirait à plus de sécurité.

Il n'empêche qu'il n'a jamais transigé, ou à peine, avec ses convictions. Cette rectitude le classe à part parmi les socialistes - presque une anomalie - et justifie la lecture de cette biographie, comme on s'accorde un remontant.
Bertrand Le Gendre

ROBERT BADINTER, UN JURISTE EN POLITIQUE de Paul Cassia. Fayard, 548 p., 25 €.
Signalons aussi la parution d'une autre biographie consacrée à Robert Badinter, Robert Badinter. L'épreuve de la justice, de Pauline Dreyfus, Ed. du Toucan, 368 p., 20 €

mardi 29 septembre 2009

Neil MacGregor : «Les empires ne sont pas éternels»


Masque en mosaïque de turquoise. (DR)

Le British Museum fête ses 250 ans.Son patron tire les conclusions d'un cycle d'expositions sur quatre périodes clés de l'histoire mondiale et dévoile ses projets.

Intelligence crépitante, soif insatiable de savoir, parlant de nombreuses langues dont un français parfait, cet historien de l'art âgé de 63 ans est un pur esprit des Lumières doublé d'un charmeur so british. Enfant de Glasgow passé par Oxford, l'École normale supérieure de Paris (en Mai 1968 !) et l'université d'Édimbourg, Neil MacGregor a conquis Londres en tant que directeur de la National Gallery de 1987 à 2002 avant de prendre les rênes du British Museum. Depuis, c'est le galop pour rattraper le Louvre et, considérablement modernisée, la vénérable maison magistralement coiffée d'une verrière signée Norman Foster ne cesse de combler son écart. Avec « Moctezuma, dernier chef aztèque » s'achève actuellement une série de quatre expositions très pédagogiques, chacune consacrée à un empereur. L'ensemble a été conçu pour stimuler la réflexion sur le pouvoir et l'avenir de notre société.

Quelles leçons tirez-vous de votre cycle d'expositions sur les grands empires ?
Que ce sont des organismes vivants. Certains ont trouvé une manière de durer comme l'empire de Qin Shi Huang, célèbre pour ses guerriers de terre cuite et surtout pour avoir créé, en 221 avant Jésus-Christ, la plus ancienne entité politique du monde encore vivante : la Chine. Ce qu'a mis en place le Safavide Shah Abbas à la fin du XVIe siècle demeure également. Il s'agit de l'Iran moderne, chiite.

D'autres empires sont morts plus ou moins rapidement…
Comme celui d'Hadrien, le seul qui, pendant vingt ans seulement, aura attaché tout le pourtour méditerranéen à Rome. Serons-nous plus avisés à l'heure de l'Union pour la Méditerranée ? Mon rôle est simplement de poser la question. Quant à l'exposition qui vient de s'ouvrir sur Moctezuma et sa brusque fin dès l'arrivée des conquistadors, c'est un vrai choc de civilisations. Son ter ritoire s'étendait des côtes pacifiques au golfe du Mexique, sa capitale comptait 200 000 ha bitants et soudain, face à un imprévu somme toute mineur, tout se dérègle ! Cela avant même les épidémies qui vont ravager le pays et accélérer l'impérialisme européen et occidental.

Comment expliquer cette fragilité ou au contraire cette longévité ?
Il y a bien des réponses. Le British Museum se contente d'exposer au mieux les faits établis par les archéologues et les historiens, un savoir souvent lacunaire. À chacun ensuite de se faire une idée. Comment trouver un paramètre significatif permettant d'estimer la vitalité de ces royaumes si différents et si éloignés dans le temps et dans l'espace ? Tous furent militairement puissants, disposèrent d'une administration très organisée et d'une structure sociale très hiérarchisée. Chaque chef travaillait pour le présent mais aussi pour l'éternité et l'au-delà. Il était sacré. Toutefois, regarder la manière dont il a choisi d'absorber ou de refuser les sociétés étrangères peut être pertinent. Qin Shi Huang a choisi d'ériger la Grande Muraille, de tourner son vaste territoire sur lui-même. Ses frontières ont tenu. Hadrien a englobé de nombreux peuples différents en très peu de temps. Son œuvre s'est vite délitée. Je ne suis pas protectionniste, je crois seulement qu'il est préférable pour une société qu'elle se pose la question de l'intégration.

Comment avez-vous négocié avec les pays prêteurs ?
L'avantage d'être un musée non soumis à la tutelle de l'État m'a permis, par exemple pour l'exposition sur Shah Abbas, de discuter sans problème avec l'Iran. Le gouvernement de Grande-Bretagne se trouvait pourtant à ce moment-là en plein différend à propos du nucléaire et du British Council, le centre culturel britannique à Téhéran.

Comment se porte le British Museum au moment où il fête son 250e anniversaire ?
Nous n'avons jamais autant reçu de visiteurs qu'en 2008. Même si nous sommes encore loin du Louvre (8,5 millions, NDLR), ici, en Grande-Bretagne, nous sommes devenus l'endroit le plus populaire, dépassant le parc d'attractions de Blackpool beach. Cela stimule les 900 personnes qui travaillent ici, tout comme nos 350 bénévoles et nos 17500 amis.

Quels sont les prochains chantiers ?
Une nouvelle aile de 17 000 m². Dessinée par Richard Rodgers, l'architecte du Centre Pompidou (avec Renzo Piano), elle devrait voir le jour en 2012. Mille mètres carrés seront dédiés aux expositions temporaires et le reste abritera des laboratoires et des réserves. Cette extension coûtera 135 M£ dont plus des deux tiers sont déjà réunis grâce à la générosité de donateurs privés et du département de la Culture (22,5 M£).

Rendrez-vous les marbres du Parthénon maintenant qu'un nouveau musée est ouvert au pied de l'Acropole qui répond à toutes les exigences de sécurité et de conservation ?
J'ai visité le bâtiment alors qu'il était en chantier. Il est très bien. Son directeur et son conservateur sont mes amis. J'ai proposé un prêt à long terme, mais il a été refusé par l'État grec, par principe, car il s'estime propriétaire des pièces. Or, les archives sont claires à ce propos : en 1816, l'ex-ambassadeur britannique à Constantinople, lord Elgin, qui avait fait transporter les marbres en Angleterre avec la permission des autorités légales de l'époque (l'Empire turc ottoman, NDLR), a vendu l'ensemble au gouvernement britannique après un vote du Parlement. Et l'ensemble a été rétrocédé à perpétuité au British. Je déplore que ma solution ne soit pas retenue car, d'une manière générale, je souhaite l'intensification des prêts des musées occidentaux, notamment en direction de l'Afrique. Je me vois autant comme un directeur d'institution que comme un éditeur et un diffuseur.

À quoi travaillez-vous actuellement ?
Je m'apprête à présenter une série en prime time sur la BBC Radio 4. Ce sont des interventions de quinze minutes intitulées « L'histoire du monde en cent objets ». Dans une période s'étendant sur deux millions d'années, j'évoquerai des pièces aussi différentes et significatives que le premier outil de l'homme, trouvé dans la vallée du Rift en Tanzanie, et un bouclier d'écorce donné par un Aborigène au capitaine Cook à Botany Bay, en avril 1770.

Êtes-vous collectionneur ?
Pas du tout ! Pourquoi voudrais-je l'être, alors que le British Museum dispose de tant de richesses accessibles gratuitement.» 400 000 visiteurs pour Moctezuma l'Aztèque
Propos recueillis par Éric Biétry-Rivierre

lundi 28 septembre 2009

Geert van Istendael brengt hulde aan zijn vader

Geert van Istendael: Gesprekken met mijn dode god. ©

Brussel - Geert van Istendael heeft een merkwaardig boek geschreven. Gesprekken met mijn dode god heet het. Een boek over zijn overleden vader August Vanistendael, een monument in de geschiedenis van de (internationale) christelijke arbeidersbeweging, maar evenzeer een vader die bewondering afdwingt. De titel kon niet beter gekozen zijn.

Om misverstanden te vermijden, onderstreepte Geert van Istendael bij de voorstelling van zijn boek (onder het beeld van kardinaal Jozef Cardijn in de gelijknamige zaal van de ACV-lokalen aan de Brusselse Pletinckxstraat) dat hijzelf geen aanleg/talent voor geloven, voor godsdienst heeft.

Een eigenschap die zijn vader, afkomstig uit een rood nest, verdriet deed. Maar, schrijft Geert van Istendael: “Toen ikzelf uit verlate puberale balorigheid bij de socialistische bond ging werken, jaren zeventig gewest Brussel, hoorde ik daar aan het Rouppeplein en aan de Hoogstraat over mijn vaders vakbondsactie spreken, uitsluitend met lof en hoge achting. Ik was trotser dan ik wilde toegeven. Kon toegeven.”

8 september, de dag waarop het boek werd voorgesteld, en ingeleid door ACV-voorman Luc Cortebeeck, was het dag op dag zes jaar geleden dat August Vanistendael (1917) was overleden.

Wie de erudiete Geert van Istendael bezig hoort en bezig ziet, wie hem hoort spreken of voorlezen, zou zweren dat hij uit een geslacht van geletterde mensen stamt, van vele generaties her. Maar ook in de familie Vanistendael is de werkelijkheid minder eenduidig, prozaïscher ook. August Van istendael had zijn schrijftalent een leven lang op de waakvlam – hij schreef altijd, om het even waar, op om het even welk moment, zo nodig op een onooglijk stukje papier, maar hij publiceerde slechts twee dichtbundels, onder meer omdat hij zich als vakbondsman het lot van de allerarmsten aantrok en wereldwijd zestig vakbonden uit de grond stampte.

Dik verke
Deze zeer gelovige man, die toenadering zocht tot moslims, boeddhisten en hindoes, en die als een van de eerste leken toegang kreeg tot het Vaticaan, werd tijdens de Eerste Wereldoorlog geboren in het vluchtelingenkamp Elisabethville in het Engelse Birtley, maar hij groeide op in de Rode Straat in Sint-Truiden, een grauwe arbeiderswijk waar een jonge onderpastoor een rat de kop moest afbijten om de wijk, waar Marx god was, in te mogen en respect af te dwingen. Ironisch genoeg was het die onderpastoor die het talent van ‘Guske’ opmerkte en hem kansen bood, maar het was een andere pastoor die hem die kansen weer ontnam: in 1929 kon Guske naar Don Bosco in Hechtel bij de paters salesianen, waar hij schitterende resultaten behaalde, maar toen hij na de vijfde middelbare naar het noviciaat weigerde te gaan, stuurden de paters hem weg, zonder diploma. Ook een tweede poging om een diploma te halen, mislukte.

Het waren de school van het leven en een schier onuitputtelijke inzet voor de arbeidersklasse en de verwor pe nen der aarde wereldwijd die hem in 1988 een doctorstitel honoris causa aan de Leuvense universiteit opleverden.

Toch heeft hij zich nooit van de kerk afgekeerd, hij is zijn leven lang een overtuigde aanhanger gebleven van Jozef Cardijn, de latere kardinaal, oprichter van de Katholieke Arbeidersjeugd, de KAJ, de kajotters .

Een ding mag duidelijk zijn: Geert van Istendael bewondert zijn vader, die niet een, maar zijn dode god is. Want hoe ontroerend en liefdevol geschreven ook, het is geen hagiografie, daarvoor was de vader te vaak afwezig.

Leest u even mee: “En toch heeft hij de weemoed nooit van zich af kunnen schudden. Altijd reisde die sombere, waakzame gezel mee, de twijfel, de in het diepst verborgen, knagende vraag, wat ben ik hier in ’s hemelsnaam toch allemaal aan het doen, waarom kan ik niet in een bloeiende boomgaard zitten en voor het oog van de goede God spelen met vrouw en kinderen?” En hier , dat kan zowat overal ter wereld zijn, van het Afrikaanse Togo in 1954 tot Chili, waar Don Augusto op handen werd gedragen door verschoppelingen allerhande. Zijn motto? E dik verke weit ni dat e moêger ’oenger ’eit (‘een dik varken weet niet dat een mager honger heeft’). Zijn engagement voor, en kennis van, de derde wereld werden beloond met een lectorschap (zonder diploma) over ontwikkelingshulp aan de KU Leuven.

Geert van Istendael gaat ook moeilijke periodes uit de carrière van zijn vader en de moeilijke gesprekken hierover niet uit de weg. Zo is Geert van Istendael geïntrigeerd door de vraag wat zijn vader wist over de fondsen van de Vlaamse jezuïet Roger Vekemans, die bijna zijn leven lang in Latijns-Amerika werkte. Geert van Istendael is ervan overtuigd dat Vekemans naast vele andere, zeer eerbare sponsors ook geld gekregen heeft van de CIA, die in de jaren 1970 alom tegenwoordig was in Latijns-Amerika. Een aartsmoeilijk onderwerp voor vader én zoon.

Het boek Gesprekken met mijn dode god is een eerbetoon van een (bekende) zoon aan een (bekende) vader. Het is ook het resultaat van hard werken, van uren, dagen doorbrengen in de archieven van het Leuvense Kadoc bijvoorbeeld, van reizen naar Zuid-Amerika tot en met het doornemen van de liefdesbrieven tussen zijn vader en zijn moeder Paula, die acht jaar ouder was. Die liefdesbrieven laten zien wat liefde in het katholieke Vlaanderen van voor de Tweede Wereldoorlog was, maar ook wat klassenverschillen waren (zijn?), want zijn moeder was afkomstig uit de gegoede burgerij, zijn vader kwam – zoals hierboven beschreven – uit het proletariaat.

Van Istendael slaagt erin het levensverhaal van zijn vader vanuit verschillende standpunten te vertellen: af en toe is de zoon de verteller, maar ook zijn grootmoeder, zijn vader zelf uiteraard, en de onderpastoor krijgen de kans hun versie te vertellen. Een boeiend levensverhaal, maar ook een stuk sociale geschiedenis. Om met de woorden van de auteur te eindigen: “En nog steeds geldt, na al die jaren, wie op de vakbond trapt, trapt op mijn ziel. Die kern, zijn kern, heb ik bewaard en wil ik blijven bewaren.” Een bekentenis die anno 2009 nog altijd evenveel betekenis heeft.
(Brussel Deze Week)

Geert van Istendael, Gesprekken met mijn dode god, uitg. Atlas, 304 blz., 19,90 euro

samedi 26 septembre 2009

Pascal Smet wacht hete herfst

BRUSSEL - Alle onderwijsmensen één procent loon aftrekken? Nog voor het idee gelanceerd is, heeft onderwijsminister Pascal Smet (SP.A) het voorstel al weer ingetrokken.
Van onze redacteur

Om de besparingen in het onderwijs voor te bereiden, hebben de Vlaamse ambtenaren in opdracht van minister Smet een lijst gemaakt van alle domeinen die daarvoor eventueel in aanmerking komen. Eén (theoretische) mogelijkheid om te beknibbelen, is de weddes van iedereen - van kleuteronderwijs tot universiteit - met één procent te verlagen.

Dat een dergelijk idee in deze 'catalogus' van de minister van Onderwijs staat, deed vakbonden en andere politieke partijen gisteren steigeren.

'Ik begrijp dat er bespaard moet worden', reageert Luc Van den Bosch, algemeen secretaris van de liberale onderwijsbond VSOA. 'Onderwijs moet net als alle sectoren zijn steentje bijdragen. Maar niet op de corebusiness: mensen en lesuren. Laten we eerder de randdomeinen aanpakken. Er zijn genoeg mogelijkheden, zoals bijvoorbeeld de bedrijfsstages. Er zijn amper leraars die daarop ingaan (zie ook DS 14 september), dan kun je dat beter afbouwen. Er gaat ook veel geld naar instellingen als de Vlir en Vlhora (koepels van universiteiten en hogescholen). Is dat wel nodig?'

Zijn collega van de katholieke onderwijsbond COC, Jos Van Der Hoeven, zit op dezelfde lijn: 'Aan het loon en de omkadering mag niet geraakt worden. De onderwijsmensen hebben de crisis niet veroorzaakt, zij gaan die dan ook niet betalen.'

Volgens Van Der Hoeven zullen er de komende maanden betogingen en stakingen komen. 'De minister wil in 2011 een onderwijsbesparing van 137 miljoen realiseren. Dat zal niet zonder kleerscheuren gaan.'

Volgend jaar moet het Vlaamse onderwijs het met 67 miljoen euro minder doen, in 2011 moet daar nog 70 miljoen euro bijkomen. Precies daarvoor liet Pascal Smet het ministerie van Onderwijs de 'catalogus' maken - zoals hij het zelf noemt. 'Daarin staan alle mogelijke besparingsmaatregelen die theoretisch zouden kunnen genomen worden', laat de minister in een mededeling weten. 'Alle voor- en nadelen worden in kaart gebracht. Er is geen enkele beslissing genomen.'

Eén beslissing is gisteren alvast wel al genomen. Het voorstel van een algemene weddeverlaging is uit de lijst geschrapt. Mogelijkheden die er wel nog in staan, zijn onder andere een verhoogd inschrijvingsgeld in de academies voor muziek, woord en kunst, en de afschaffing van de brusselpremie. Dat is het extraatje voor leraars die in het Brussels onderwijs willen (blijven) werken.

De komende dagen discussiëren de Vlaamse ministers over de globale cijfers (zie hiernaast). De weken en maanden daarna is het aan de minister om te beslissen waar het geld precies vandaan moet komen. Gemakkelijk wordt het in ieder geval niet. De vette jaren van Smets voorganger Frank Vandenbroucke zijn voorbije. Als relatieve jongeling moet de Brusselse socialist de grootste onderwijsbesparing sinds jaren in goede banen leiden.

In zijn interview voor dit schooljaar zei hij daarover: 'Oké, we moeten besparen, maar dat zal niet blindelings gebeuren. Bij de regeringsonderhandelingen zijn we overeengekomen dat er in ons departement niet te veel zal worden bespaard.'
(Pieter Lesaffer)

vendredi 25 septembre 2009

L'extrême-droite fait vaciller à Lyon une expo sur des sans-papiers

L'exposition "Les Chiffres ont un visage" était accrochée depuis une dizaine de jours à la bibliothèque du 4e arrondissement de Lyon. Le vernissage devait avoir lieu ce soir, avec la projection d'un film, et un débat sur le sujet. Mais hier, tout a été annulé. La salle d'exposition a été fermée au public. Motif : le travail du photographe Bertrand Gaudillère, du collectif Item, serait trop "militant", "pas assez neutre" pour avoir sa place dans une bibliothèque municipale. De fait, Bertrand Gaudillère est un photographe militant. Le travail qu'il mène auprès de sans-papiers l'est aussi. Sans ambiguïté aucune. Et sans qu'il ne s'en soit jamais caché. Pourquoi alors cette annulation de dernière minute ? Hier, toute la journée, la bibliothèque et la mairie du 4è arrondissement ont reçu des plaintes "d'habitants", furieux de cette exposition prenant la défense des sans-papiers. Des appels initiés par les Jeunes Identitaires Lyonnais, groupuscule d'extrême-droite qui évolue dans la mouvance du Bloc identitaire (1).

Quelques heures avant les plaintes, dans la nuit, ces "Identitaires" appelaient sur leur site les militants à harceler la bibliothèque et la mairie, pour faire annuler cette expo. Le piège aura fonctionné durant 24 heures. Dans l'après-midi, Patrick Bazin, directeur de la bibliothèque municipale de Lyon, décidait de rouvrir l'expo et de rétablir le vernissage…
"Il y a des soucis sur cette exposition." (…) "C'est sur la bonne voix d'être annulé". (…) "On a déjà reçu un mail qui est remonté". Les Jeunes Identitaires Lyonnais ont mis en ligne la bande son de leur trophée de guerre : un coup de fil à la bibliothèque du 4e arrondissement où l'un d'entre eux s'est fait passer pour un administré choqué par l'exposition et demandant son annulation. En face, l'employé, le rassure, lui explique que l'expo qui pose "souci" va de toute façon être annulée.

Bertrand Gaudillère, le photographe, a en effet été informé de l'annulation de son vernissage dans la journée de mercredi. "Un gars de la bibliothèque m'a appelé, raconte-t-il. Il m'a expliqué que mon travail était trop engagé et trop militant pour avoir sa place dans une bibliothèque. Apparemment, cela aurait pu passer si j'enlevais les textes qui allaient avec les photos." Le photographe est atterré. Et surpris. L'exposition est prévue depuis le mois de juin, accrochée depuis une dizaine de jours. "Si, dès le départ, on m'avait dit que mon travail était trop engagé pour être accroché dans une bibliothèque, je l'aurais compris. Mais, là, cela ne veut rien dire". Bertrand Gaudillère aurait aimé une explication claire.

Patrick Bazin, le directeur de la bibliothèque municipale de Lyon, explique avoir été alerté mercredi matin sur les "questionnements posés en interne" par cette exposition et ce débat. Il n'a jamais soupçonné "une seule seconde" que ces problématiques aient pu être soufflées par des pressions déguisées d'un groupuscule d'extrême-droite. Et, de toute façon, assume. "Effectivement, ce débat, tel qu'il était organisé, ne respectait pas notre devoir de pluralisme. Je ne veux pas que la bibliothèque municipale soit perçue comme un lieu de militance" (…) "Je n'ai rien contre les sans-papiers, ni contre ceux qui les défendent, mais je crois que nous devons, dans notre mission de service public, être soucieux d'un certain équilibre".

Position politique partagée par les élus concernés. A la mairie du 4è arrondissement, on tente d'expliquer que le problème n'est pas lié aux photos de Bertrand Gaudilllère mais au débat organisé ce jeudi soir à l'occasion du vernissage. "Il y avait deux problèmes. Un problème de déséquilibre du débat. N'étaient invitées que des personnes qui défendaient la même position. Le second problème est lié à la présence de sans-papiers à ce débat. Est-ce qu'une bibliothèque peut réellement accueillir des personnes qui sont hors-la-loi et pour qui être là peut représenter un risque ?", explique Dominique Bolliet, le maire socialiste du 4è arrondissement. Il parle de la nécessaire "neutralité". Les mots sonnent curieusement dans la bouche d'un élu socialiste dont la mairie organise des parrainages républicains. D'autant que les deux arguments exposés sont les mêmes que dans le post des Identitaires. "Non seulement cette exposition a une orientation politique assumée mais en plus elle est illégale", écrivent les militants du groupuscule pour justifier leur opération de lobbying.

Les Identitaires sont des habitués de ce genre de pressions en sous-marins. Ils utilisent notamment ce procédé pour tenter de faire annuler des concerts de raps. La plupart du temps, ils échouent.
(Libération)

(1) La mouvance "Identitaire" est née de la dissolution d'Unité radicale, groupe d'extrême-droite ont était issu Maxime Brunerie, auteur de la tentative d'attentat contre Jacques Chirac lors du défilé du 14 juillet 2002. Les Identitaires sont des militants ultra-nationalistes, spécialistes du lobbying et des actions violentes.

Chavez invite Obama à rejoindre «l'Axe du Mal»

Hugo Chavez pendant la visite d'une usine de bus à Minsk le 8 septembre 2008o. (AFP Ho)

Le président vénézuélien a appelé jeudi devant l'Assemblée générale de l'ONU Barack Obama à rejoindre le socialisme.

Le président vénézuélien Hugo Chavez a appelé jeudi son homologue américain Barack Obama à se montrer cohérent avec les idées qu'il défend et à rejoindre "l'axe du mal", lors d'un discours devant l'Assemblée générale de l'ONU à New York.

"Obama, rejoins le socialisme !", a dit Hugo Chavez, un habitué du sarcasme et des tirades antiaméricaines. "Nous t'invitons à rejoindre l'axe du mal !".

La précédente administration américaine de George W. Bush avait introduit cette expression pour désigner des pays comme l'Iran ou la Corée du Nord, soupçonnés de se procurer des armes de destruction massive et de soutenir le terrorisme.

Le président vénézuélien a abordé de nombreux thèmes lors de son discours, depuis le socialisme comme moyen de "sauver" le monde du capitalisme, jusqu'à la crise politique au Honduras.

A chaque fois, il a eu pour le président américain quelques mots, parfois élogieux, parfois ironiques. Il l'a notamment invité à lever l'embargo contre Cuba et à s'abstenir d'utiliser des bases militaires en Colombie.

A propos du Honduras, il a accusé l'armée américaine d'avoir été complice du coup d'Etat du 28 juin, tout en laissant entendre que Barack Obama pouvait aussi avoir été impliqué.

"Y aurait-il deux Obama?", a demandé le chef de file de la gauche en Amérique latine aux représentants des 192 Etats membres de l'ONU. "Who are you, Obama?" ("Qui es-tu Obama?"), a-t-il ajouté en anglais, mi-ironique mi-provocant.

Hugo Chavez a néanmoins souligné que l'opinion qu'il avait de Barack Obama était différente de celle qu'il avait de son prédécesseur George W. Bush, qu'il avait qualifié de "diable" en 2007 à cette même tribune, ajoutant que sa présence faisait que ça sentait le "soufre".

"Hier (M. Obama) a parlé ici, ça ne sent plus le soufre", a dit M. Chavez, riant comme à chaque fois de ses propos. "Ca sent plutôt autre chose: ça sent l'espoir", a-t-il ajouté.

Le discours du président vénézuélien a duré un peu plus d'une heure. "Je ne vais pas parler plus longtemps que (Mouammar) Kadhafi", a-t-il dit, provoquant l'hilarité de la salle. La veille, le leader libyen avait prononcé un discours-fleuve de plus d'une heure et demie dans lequel il s'en était pris à l'Occident.

"Kadhafi a parlé pour nous tous", a ajouté M. Chavez, provoquant de nouveaux rires et des applaudissements. "Je ne vais pas non plus parler moins qu'Obama", a-t-il averti. Le discours du président américain, la veille, avait duré 40 minutes.

Smet wil brutoloon van leerkrachten één procent omlaag

Een brutoloonsverlaging met één procent voor alle leerkrachten. Dat is de grootste besparingsmaatregel die minister van Onderwijs Pascal Smet (sp.a) voorstelt. Het zou de eerste keer zijn dat het onderwijspersoneel zijn loon ziet dalen.

Als alle leerkrachten, directies en secretariaatsmedewerkers één procent van hun brutoloon inleveren, zou dat een besparing van zowat 76 miljoen euro opleveren, zo becijferde het kabinet-Smet. Hoeveel het departement Onderwijs de komende jaren precies zal moeten besparen, is nog steeds onduidelijk. Meer alvast dan afgesproken bij de regeringsonderhandelingen. Het laatst gehoorde bedrag is dat van 137 miljoen in 2011, maar ook dat zou alweer voorbijgestreefd zijn.

Duidelijk is wel dat 76 miljoen in één klap een grote hulp zou zijn. Andere vooropgestelde maatregelen zoals het dichtdraaien van de kraan van het steunpunt Gelijke Onderwijs Kansen, een streep trekken door de Brusselpremie of het afschaffen van de fietsvergoeding leveren bijlange na niet zoveel op. Wat wel nog een grote pot geld zou opleveren, maar op voorhand al door de vakbonden werd bestempeld als zogoed als onbespreekbaar, is een vermindering van de omkadering op alle niveaus.

Uitstel van de verhoging van het vakantiegeld, dat tegen 2011 92 procent van het loon zou moeten bedragen, zou niet meer op de onderhandelingstafel liggen. Want voor alle duidelijkheid: de gesprekken over de besparingen lopen nog. Op dit moment gaat het om een voorstel, zij het een belangrijk. Overigens, zo zou het kabinet redeneren, voelen leerkrachten die loonsverlaging niet eens, want een en ander zou gecompenseerd worden door de index.

De vakbonden - zowel socialistisch als christelijk en liberaal - laten in een reactie weten dat het, wat hen betreft, terug naar de tekentafel is voor de minister. "Wij willen eerst duidelijkheid waarom er meer bespaard moet worden", aldus Jos Van Der Hoeven van het christelijke COC. "Ik begrijp dat onderwijs zijn steentje moet bijdragen, maar ik wil wel weten in hoeverre er bespaard moet worden om meer beleidsruimte te creëren. Daar eindigt mijn goodwill: het wordt moeilijk om bijvoorbeeld weddeverlies te verdedigen als dat niet dient om te besparen maar wel om enkele eerder genomen beslissingen te kunnen uitvoeren."

Die mening wordt gedeeld door Hugo Deckers van het socialistische ACOD. Een loonsverlaging noemt hij daarenboven "ondenkbaar". "Het gaat om het principe: een loonsverlaging is nooit eerder vertoond. Wat als we nu instemmen? Zal er dan in de toekomst nog eens aan het loon geraakt worden? Laten we niet vergeten dat dit ook gevolgen heeft voor de berekening van de pensioenen." Luc Van den Bosch van VSOA ziet het somber in. "Ik begrijp niet hoe we met deze voorstellen tot een vergelijk kunnen komen", zegt hij. "Zowel een loonsverlaging als een vermindering van de omkadering is onbespreekbaar. Het zal erg moeilijk worden."

"Het wordt stilaan duidelijk waar de bulk van het geld vandaan zal komen, maar ik kan niet bevestigen dat dat van een loonsverlaging zal komen", aldus de woordvoerster van minister Smet. "Er is nog niets beslist. Het is te vroeg om nu al te reageren." Vermoedelijk zal de definitieve beslissing pas in de tweede helft van oktober vallen.
(De Morgen)

Moslima's steunen in hun strijd'

‘Moslima's steunen in hun strijd' rr

ANTWERPEN - De Antwerpse universiteit en hogescholen hebben geen plannen om een hoofddoekenverbod in te voeren. ‘We moeten de moslima's steunen in hun strijd voor vrouwenrechten.'
Van onze redacteur

Ook aan de hogescholen en de universiteit van Antwerpen zitten er enkele jonge vrouwen van allochtone herkomst. Sommigen dragen een hoofddoek, anderen niet. ‘Tot nu is er in geen enkele instelling van onze associatie een probleem gemaakt over de hoofddoek', zei professor Walter Nonneman gisteren bij de opening van het academiejaar in Antwerpen.

Nonneman is de voorzitter van de Antwerpse associatie. Hij kant zich fel tegen het hoofddoekenverbod in de scholen van het gemeenschapsonderwijs in Antwerpen. ‘Daardoor wordt de moslima's het recht op onderwijs ontzegd', zei hij tijdens een vlammend betoog. Hij haalde daarbij fel uit naar ‘de onruststoker' Filip Dewinter van het Vlaams Belang.

Jonge moslima's zijn volgens Nonneman verstandig en mondig genoeg om zelf te beslissen of ze al dan niet een hoofddoek dragen. ‘Denkt u nu echt dat ze dat allemaal doen omdat ze onder druk worden gezet door radicalen, door hun ouders, broers of vaders? We kunnen dat alleen maar weten door met die vrouwen te praten.'

Hij vergeleek de moslima's die aan de schoolpoorten actie voeren voor het recht om een hoofddoek te dragen, met seculiere strijders voor vrouwenrechten. ‘De BOEH-vrouwen (van de beweging ‘Baas over eigen hoofd', red.) zijn even strijdvaardig en radicaal als onze Vlaamse feministes', aldus Nonneman. Hij riep op ‘deze moslima's te steunen in hun strijd voor vrouwenrechten in plaats van hen en de moslimgemeenschappen te vervreemden door een blind hoofddoekenverbod ingegeven door onredelijke schrik voor de islam'.

Het hoofddoekenverbod ontneemt jonge allochtone meisjes het recht op onderwijs, zei Nonneman die oproept de discussie over het verbod te heropenen. ‘Angst is een slechte raadgever.'

De associatievoorzitter kreeg na zijn toespraak een luid applaus van de zaal, maar het was muisstil toen hij zei dat ook Antwerpen over één generatie een burgemeester van allochtone afkomst kan krijgen. ‘Wat vandaag in Rotterdam een feit is, is morgen in Antwerpen best mogelijk.'

Die idee moet ons geen schrik inboezemen, verklaarde Nonneman. Integendeel. ‘De meest succesvolle doorstromers in de maatschappij zijn heel dikwijls mensen met een dubbele identiteit. Waarom zou men zijn afkomst en opvattingen dan niet publiekelijk mogen tonen door het dragen van een speldje met een Vlaamse leeuw, of met de stralende A van Antwerpen, of met een fakkeltje of een kruisje, of door het dragen van een keppeltje of een hoofddoek?'

Ook de rector van de universiteit, Alain Verschoren, pleitte voor verdraagzaamheid, niet alleen in Antwerpen maar ook tussen de Vlaamse universiteiten. Net als de Vrije Universiteit van Brussel voelt de UA zich in de hoek gedrumd door de grote Leuvense en Gentse universiteiten.

De concurrentie tussen de Vlaamse universiteiten is nefast, zei Verschoren. ‘We zijn ook niet van plan over ons te laten walsen.' Bovendien is er volgens de Antwerpse rector plaats genoeg onder de zon. Hij verraste velen met de verklaring dat, vergeleken met de situatie in de Verenigde Staten, er in Vlaanderen plaats is voor zes universiteiten en maar liefst zestig hogescholen.

De Antwerpse associatie gaat in elk geval door met de oprichting van een richting Industriële Wetenschappen, waarin opleidingen van de drie hogescholen zijn samengebracht. De Antwerpse haven en industrie zijn daar volgens Verschoren vragende partij voor. Bovendien gaat het om een besparingsoperatie. De Leuvense rector Mark Waer, die op de eerste rij zat, kreeg het verwijt dat zijn KU Leuven zich expansionistisch opstelt en als een olievlek uitdijt.
(De Standaard)

Koning Marokko vliegt auto voor beurt naar Engeland

De Marokkaanse koning Mohammed VI (46) heeft zijn tien jaar oude Aston Martin DB7 in Rabat op een Hercules-vliegtuig gezet en naar Engeland gevlogen voor een reparatie in een garage in Newport Pagnall. De reparatie had ook kunnen gebeuren in Marbella.

De Marokkaanse koning heeft een hele vloot supercars. Het persoonlijke vermogen van koning Mohammed VI wordt door Forbes Magazine geschat op 2 miljard. Dat maakt hem nummer zeven in de lijst met rijkste staatshoofden ter wereld.

M6
De bijnaam van Mohammed VI is overigens M6 want dat model van BMW is één van zijn favoriete wagens. 'M6' heeft nog een duur kantje: hij heeft iets met maatpakken en die moeten allemaal nieuw zijn. Hij weigert een costuum twee keer te dragen.
(De Morgen)-

jeudi 24 septembre 2009

Le MR veut "favoriser le vivre ensemble"

D'autres propositions, de loi, de décret et d'ordonnance viseront par ailleurs à interdire aux prestataires de service public, préposés au guichet ou non, d'exprimer leurs convictions politiques, philosophiques ou religieuses dans l'exercice de leur fonction.

MR propose un nouveau cadre pour "favoriser le vivre ensemble"
Le MR a présenté mercredi, au cours d'une conférence de presse, dix propositions pour "favoriser le vivre ensemble" en Belgique et en Communauté française. Nées d'une réflexion sur le devenir de la société, entamée lors de la prestation de serment de la députée bruxelloise Mahinur Ozdemir (cdH), la première dans l'histoire du pays à porter un voile à l'assemblée, ces propositions visent notamment à interdire le port ostentatoire de signes d'appartenance dans les écoles relevant de la compétence du réseau officiel. Une proposition de décret sera déposée à cet égard au Parlement de la Communauté française. Par respect de l'autonomie des réseaux voulue par le Pacte scolaire, le MR se limite à légiférer pour l'officiel. "Mais nous estimons que chacun doit prendre ses responsabilités, certainement à partir du moment où on prend des mesures dans l'officiel. Il y va de l'intérêt même d'une bonne entente entre les réseaux", a commenté mercredi Daniel Bacquelaine, chef de groupe à la Chambre et président du groupe de travail qui a planché sur ce nouveau projet de société au sein du MR. Dans un premier temps, prônant l'interdiction du voile à l'école officielle, le président du MR Didier Reynders avait évoqué l'âge de 16 ans. "Il s'agissait d'un âge minimum", a souligné M. Bacquelaine. "Concluant nos travaux, nous n'avons pas retenu d'âge, préférant une interdiction pour tout l'enseignement obligatoire. Cela se justifie pour des raisons organisationnelles, il y a des élèves d'âges différents au sein d'une même classe. Par ailleurs, cela aurait pu, paradoxalement, donner, dans le chef de certains, le sentiment que le port du voile puisse avoir un sens émancipateur après 16 ans", a précisé Daniel Bacquelaine. Le MR est également revenu sur l'organisation des cours de religion ou de morale, proposant comme alternative un cours commun des religions et des philosophies auquel s'ajouterait un cours commun d'éveil à la citoyenneté. Des textes légaux estampillés MR porteront également l'interdiction du port ostentatoire de signes convictionnels pour les membres d'exécutifs. Faute de fondement juridique, le MR ne prolongera pas cette proposition pour les membres d'assemblées mais, condamnant l'attitude de certains partis aux comportements "communautaristes" exercés à des fins "électoralistes", il appelle à une prise de responsabilité, qu'il assumera lui-même en précisant ses statuts.

D'autres propositions, de loi, de décret et d'ordonnance viseront par ailleurs à interdire aux prestataires de service public, préposés au guichet ou non, d'exprimer leurs convictions politiques, philosophiques ou religieuses dans l'exercice de leur fonction. Le MR déposera également une proposition de révision de la Constitution de manière à souligner que seul le mariage civil crée des droits et des obligations dans le chef des époux. Actuellement, la Constitution prévoit que le mariage civil doit être célébré avant l'éventuel mariage religieux. Et il n'est pas clair dans l'esprit de tous que ce mariage religieux ne créé par de droits et obligations.

Enfin, une proposition de loi déjà évoquée vise l'interdiction de la burqa et du niqab notamment. Ponctuant deux mois de réflexion en interne, les conclusions du groupe interne au MR ont pour objectif d'alimenter les débats parlementaire de la rentrée. "Et ce travail a été mené non pas selon une logique de tension mais suivant une logique de synthèse", a souligné Didier Gosuin, chef de groupe MR au Parlement bruxellois. Faisant le pari d'une société organisée selon un modèle interculturel prônant l'égalité des droits et des devoirs, d'inspiration française, plutôt que selon un modèle multiculturel communautariste à l'anglo-saxonne, le MR est d'avis que le moment est venu de poser rapidement les actes politiques nécessaires.

Cela ne l'empêchera pas de participer activement aux Assises de l'interculturalité pour faire prévaloir ses engagements en matière d'intégration par l'apprentissage de la langue, par l'éducation et la citoyenneté, par le travail et par le logement. Le MR défend un modèle fait de "valeurs communément partagées", qui n'empêchent pas "l'expression de la diversité", à condition que celle-ci soit "compatible avec des valeurs universelles" telles que l'égalité entre les hommes et les femmes, a dit Daniel Bacquelaine.

Le cdH étonné par la sortie du MR concomitante aux assises
Le cdH a fait connaître son étonnement mercredi à la lecture de propositions du MR sur le vivre ensemble, alors que viennent de s'ouvrir les assises de l'interculturalité.

"Les quatre chefs de groupes du cdH, Christian Brotcorne, Maxime Prévot, Francis Delpérée, André du Bus et Marc Elsen, s'étonnent de l'engouement soudain du MR, membre de la majorité fédérale, qui, au moment même du lancement des Assises de l'interculturalité décidées par le gouvernement dont il est membre, tente de conclure en solitaire la réflexion lancée en déposant soudainement des textes multiples liés à cette thématique", a réagi le cdH dans un communiqué laconique. Les démocrates-humanistes ont invité le MR à "venir s'investir dans les Assises pour y formuler leurs idées", renvoyant aux réformateurs l'anathème électoraliste que le MR avait réservé à d'autres partis pour fustiger en leur sein certaines dérives communautaristes.
(La Libre)

mercredi 23 septembre 2009

La grande distribution a l'appétit halal

C'est une déferlante de produits alimentaires pour les musulmans dans les étals des hypermar-
chés.
Mais certaines enseignes n'assument pas ce positionne-
ment.


C'est une première sur les écrans français. Aux heures de grandes écoutes, les téléspectateurs ont pu visionner sur TF1 et M6 des spots vantant les «plats cuisinés Zakia halal». La marque, issue du groupe Panzani, est la première du genre à accéder à une telle visibilité. Son concurrent, IslaDélice, s'était offert en juillet plusieurs millions d'affiches en France dont certaines sur les Champs-Elysées. Ces deux opérations marketing témoignent de ce que ce marché a changé de dimension. Rappelons que pour être halal (terme qui signifie en arabe «autorisé»), un article ne comporte ni alcool ni porc, et la viande provient d'une bête égorgée par un sacrificateur musulman, sans étourdissement préalable. Selon le cabinet de marketing Solis, le secteur affiche en 2009 un chiffre d'affaires de quatre milliards d'euros (hors restauration collective), porté par un taux de croissance annuel de plus de 10%. Par comparaison, le bio n'atteint que les 2,6 milliards d'euros. Au total, ce sont cinq millions de Français qui consomment régulièrement ces produits.

DU FOIE GRAS ET DU CHAMPAGNE HALAL
Antoine Bonnel a ouvert en 2004 le premier salon «halal, ethnique et kascher». Chaque année, on y trouve toutes les tendances du moment : burgers, lasagnes, nems, yaourts, biscuits, bonbons sans gélatine de porc, foie gras et même du champagne sans alcool. Le business n'est évidemment pas étranger à cette vague : Evian a étonnamment fait certifier «halal» son eau, garantissant que ses bouteilles n'ont pas côtoyé de trop près celles d'alcools. Une précaution notamment destinée au marché malaisien.

La grande distribution n'entend plus rester inerte face à un marché aujourd'hui couvert à 80% par des boucheries traditionnelles. La plupart des hypermarchés disposent de leur rayon dédié. On y trouve Fleury-Michon, Maggi, Herta et Panzani en version halal. Auchan compte au total 80 références en charcuterie, une quarantaine de surgelés et une trentaine de produits traiteur destinés à ses clients musulmans. «98% de nos magasins proposent ces articles», assure Stéphane Renaud, acheteur en produits du monde. Les acteurs du hard discount (Leader Price, ED, Lidl, etc.) ont aussi investi ce créneau. Plus que par enseigne, c'est le critère géographique qui commande la présence ou non de gammes halal dans les étals. «Elle est plus fournie dans les hypermarchés de Marseille où la communauté musulmane est plus importante que dans ceux de Bordeaux», explique Florence Blackler, sociologue à l'unité anthropologique de l'université Aix-Marseille.

LE GRAND ECART DES HYPERMARCHES
Toute la difficulté est d'attirer le client musulman sans déplaire aux autres. Labeyrie a subi une vague de pétitions qui a circulé sur internet lorsque ce producteur de foie gras a commercialisé un produit halal. De la même façon, certains blogs ont promptement réagi aux publicités de Zakia, appelant au boycott des enseignes vendant cette marque. Pour ménager les uns et les autres, les publicitaires font le grand écart, ayant recours à des slogans vantant l'exotisme des produits. Le cœur de cible comprend, les autres tolèrent… «Plutôt que de parler de ramadan, nous communiquons sur l'orient pour toucher le plus grand nombre. Tout le monde mange du couscous en France», plaide Stéphane Renaud. Fondateur d'Al-Kanz, portail des consommateurs musulmans francophones, Fateh Kimouche ne cache pourtant pas son exaspération devant les catalogues portant l'inscription «mille et une saveurs de l'Orient». «Nous ne sommes pas des descendants d'Aladin, fulmine-t-il. Jusqu'ici les enseignes semblaient vouloir profiter du marché sans assumer leur choix». Il est symptomatique de constater que Carrefour n'a pas souhaité répondre à nos questions.

CASINO PRECURSEUR
Ce positionnement pose moins de problème à Casino. «Il y aura toujours un Géant Casino sur la route de vos vacances pour manger halal», expose ainsi avec clarté une affiche publicitaire. Le groupe s'est lancé sur ce créneau en 2007. 400 références évoquent aujourd'hui la cuisine du Maghreb, présentes dans l'ensemble des hypermarchés et la plupart des supermarchés. Ces articles totalisent entre 3 et 4% des ventes du groupe. «Nous sommes arrivés les derniers sur ce marché mais nous serons bientôt les meilleurs», plastronne Abderrahman Bouzid, chargé de mission. «La distribution est dans son rôle de vouloir démocratiser ces produits. C'est comme pour le bio», nous confie le groupe. Pour s'attacher la confiance des consommateurs, le groupe a inauguré Wassila.fr, portail qui permet, pour chaque article, de connaître son origine et l'organisme qui a effectué le contrôle. Wassila est aussi la marque distributeur, déclinée en vingt-cinq produits. «C'est un véritable cataclysme, réagit Fateh Kimouche. Casino va inciter Carrefour, Auchan et Leclerc à faire à leur tour leur ‘coming out'». Selon lui, la suppression des marges arrières et la loi de modernisation de l'économie qui favorise la concurrence entre enseignes vont obliger la grande distribution à trouver de nouveaux relais de croissance, parmi lesquels le halal.
(LE FIGARO)

Les colons, tabou de la politique israélienne

Ni la droite ni la gauche n’osent s’attaquer à la population juive installée en Cisjordanie.

En exigeant d’Israël un gel de la colonisation, comme geste préalable à toute reprise du processus de paix, Barack Obama n’a-t-il pas commis une erreur stratégique ? C’est ce que disent de plus en plus les cercles autorisés et les spécialistes du Proche-Orient. Le président américain aurait en effet sous-estimé la détermination des colons et le soutien dont ils jouissent dans la classe politique israélienne. La méthode, aussi, est critiquée : en imposant le bras de fer à un gouvernement Nétanyahou, aussi extrémiste que faible, Obama s’est condamné à devoir user de moyens de pressions sur Israël, ce qui est toujours délicat pour un président américain, quelle que soit sa couleur politique.

Pourtant, Obama ne s’est pas trompé de cible en concentrant ses efforts sur la colonisation. Pour les Palestiniens, c’est plus qu’un symbole, c’est le principal obstacle, tous les jours grandissant, à la naissance d’un Etat viable jouissant d’une véritable continuité territoriale. Mais ce qui est en train d’apparaître au grand jour, c’est l’importance de la colonisation pour l’establishment politique israélien. Que le gouvernement Nétanyahou, très à droite et élu sur des thèses nationalistes, ne veuille pas fâcher son électorat, ce n’est pas une surprise. Mais depuis la mise en demeure d’Obama, force est de constater que les travaillistes, qui siègent dans la coalition gouvernementale, et Kadima, la formation centriste de Tzipi Livni, ont fait bloc avec Benyamin Nétanyahou.

La colonisation est une constante des politiques publique et sécuritaire israéliennes depuis le milieu des années 70. Et la gauche a été au moins aussi active que la droite : c’est même elle qui a lancé le mouvement. Autre constante de la politique israélienne : c’est pendant les phases de processus de paix et de négociations que la construction repart en flèche. Pendant les années Oslo, de 1993 à 2000, le nombre de colons a doublé. De même, pendant l’année suivant les négociations d’Annapolis fin 2007, la colonisation est repartie de plus belle.

Loin d’être une bande d’illuminés, complètement isolés du reste de la société israélienne, les colons (un demi-million sur 7 millions d’Israéliens) sont de plus en plus représentatifs du «melting-pot» israélien. Quoi de commun entre un jeune couple russe laïque, qui s’est installé à Ariel (une ville en bordure de la ligne verte) pour bénéficier de loyers moins chers qu’à Tel-Aviv, et des ultranationalistes en kippas tricotées portant un revolver à la ceinture ? Quoi de commun entre Maalé Adoumim, en passe de devenir la plus importante banlieue de Jérusalem avec ses crèches, sa piscine, ses cinémas, et les mobile homes occupés par des adolescents exaltés sur les collines entourant Naplouse ? En attendant, la société israélienne préfère un interminable conflit avec ses ennemis étrangers qu’affronter ses propres divisions internes.
(Libération)

Monsieur Nétanyahou, offrez une chance à la paix

Par THÉO KLEIN avocat, ancien président du Crif.
Puis-je me permettre de m’adresser à vous en vous exprimant quelques idées qui pourraient ne pas demeurer celles d’un rêve ou d’une utopie.

Vous êtes à la tête d’un Etat fort et organisé, capable de maîtriser tous les éléments nécessaires à la définition d’un projet politique de nature à apporter la paix dans la région du monde à laquelle Israël appartient ; quelle que soit la dispersion des idées, des projets et des attitudes politiques due à un système électoral idéal et funeste à la fois, il appartient à votre gouvernement de mener une politique et, pour cela, de la définir clairement.

Aujourd’hui, le monde sait plus ou moins vers quoi Israël ne souhaite pas aller, mais ignore encore le projet politique à court et à long terme de votre gouvernement sur la nature des relations qu’il désire établir avec les pays voisins ni, bien sûr, les lignes de frontières et le statut des Palestiniens de Gaza et de Cisjordanie. Israël, en tant qu’Etat confronté à des problèmes de voisinage, doit faire connaître son point de vue et énoncer ses propositions plutôt que d’attendre de puissances extérieures qu’elles le conduisent là où il vaudrait mieux qu’il aille de son propre chef.

La Palestine est un vaste territoire qui couvrait jadis les deux rives du Jourdain. Vous avez, sur la rive est, un partenaire potentiel qui est la Jordanie, pays où la population est en majorité palestinienne comme elle risque de l’être plus tard sur la rive ouest où se trouve l’Etat d’Israël. Inscrire sa politique dans des restrictions imposées aux autres et que l’on refuserait d’accepter soi-même ne mène qu’à l’affrontement ou à la subordination qui maintiennent et approfondissent les litiges plutôt que de les résoudre.

Je sais que votre parti politique a toujours rêvé des deux rives du Jourdain : n’est-ce pas l’occasion de tenter de les réunir pour apporter une solution commune et permettre à cette région du monde, si riche de culture et d’humanité, d’offrir, à nouveau, au monde les bienfaits d’une espérance partagée.

Israël doit s’inscrire définitivement dans le Moyen-Orient auquel cet Etat appartient ; il doit apporter à cette région son dynamisme, sa capacité d’invention et de développement ; Israël doit devenir un acteur d’un jeu commun plutôt que le commun dénominateur d’une hostilité générale.

Menahem Begin, jadis votre maître à penser, avait su capter le message du président Sadate que madame Golda Meir, avant lui, avait négligé : vous avez, vous, aujourd’hui une chance unique, celle de capter les initiatives nouvelles et positives émanant de gouvernements arabes et musulmans, ne passez pas à côté de cette chance.

Israël ignore les pressions et autorise de nouvelles colonies

L'emplacement d'un des futurs immeubles dans la colonie de Maalé Adoumim, près de Jérusalem.

Benyamin Nétanyahou entend ainsi obtenir le soutien de l'aile droite de sa coalition, au risque de se brouiller avec Washington et le reste de la communauté internationale.

Le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou a choisi de privilégier l'aile droite de sa majorité plutôt que de céder aux pressions internationales.

Ehoud Barak, ministre israélien de la Défense, a approuvé lundi la construction de 366 nouveaux logements en Cisjordanie. Une autre vague d'autorisations sera donnée rapidement, pour porter le total à 450 logements. Cette décision va à l'encontre des recommandations de Washington, qui réclamait un gel de la colonisation par Israël des territoires palestiniens afin de relancer le processus de paix.

Louvoiement
Les appartements seront situés dans le bloc de Goush Etzion, près de Bethléem, pour 161 d'entre eux. Quatre-vingt quatre seront construits à Modiin Ilit, à l'ouest de Ramallah, 76 à Givat Zeev au nord de Jérusalem, 89 à Maalé Adoumim près de Jérusalem, 25 dans la colonie proche de Kedar, 20 autres dans l'implantation de Maskiot dans la vallée du Jourdain.

Vendredi, le premier ministre israélien avait prévenu qu'il comptait accélérer la colonisation en Cisjordanie et dans Jérusalem-est, avant de devoir céder dans un second temps à la pression américaine, en imposant un gel de plusieurs nouvelles implantations, durant neuf mois, selon des sources gouvernementales israéliennes. Une décision qui visait à satisfaire aux exigences de l'allié privilégié d'Israël, tout en donnant des gages à l'aile droite de la coalition qui a porté Nétanyahou au pouvoir.

Mais ce louvoiement n'a pas convaincu les colons. Yesha, l'une des principales organisations pro-colonisation, estime que les constructions annoncées par le premier ministre sont des projets «déjà autorisés par le gouvernement Olmert». Selon cette organisation, qui se dit «extrêmement déçue», l'annonce de ces nouveaux logements est une «insulte à l'intelligence».

A contrario, les opposants à la colonisation, comme l'organisation La Paix Maintenant, selon laquelle les constructions de colonies se poursuivent de manière officieuse depuis deux ans, se montrent tout aussi déçus. Selon cette structure, le gouvernement israélien offre «un cadeau de fête aux colons» au risque de transformer «le processus de réglement «du conflit [avec les Palestiniens, NDLR] en farce».

Pression internationale
L'Autorité palestinienne a réagi à cette annonce en estimant qu'elle rend «nul tout éventuel gel ultérieur de la colonisation et sape la confiance dans le processus de paix». Le président palestinien Mahmoud Abbas avait rappelé lors de sa visite à Paris vendredi qu'il exige un gel total de la colonisation avant toute reprise des négociations avec Israël. La France avait profité de cette visite pour donner sa position, en jugeant qu'il s'agissait d'un acte «contraire» aux engagements d'Israël.

Les Etats-Unis avaient expliqué qu'ils «regrettaient» le projet, estimant qu'il n'était «pas conforme à l'engagement d'Israël d'après la Feuille de route» de 2003. L'Union européenne avait appelé un arrêt de «toutes les activités de colonisation». Lundi, le président Mahmoud Abbas a profité d'un déplacement en Arabie saoudite pour appeler à un front «ferme et unifié» des pays arabes sur le sujet.

Les dangereuses pratiques des aiguilleurs du ciel

Des contrôleurs aériens surveillent sur leurs écrans des avions en approche, en août 2005, à l'aéroport de Roissy. Crédits photo : AFP

Travail à mi-temps illégal, sous-effectif dans la tour de contrôle... Les «petits arrangements» se font au détriment de la sécurité. Enquête sur ces pratiques qui mettent en péril les atterrissages et les décollages.

Les contrôleurs aériens français travaillent quasiment à mi-temps dans la plus parfaite illégalité. Le système a été baptisé «clairance». Selon nos informations, c'est devenu un véritable problème de sécurité aérienne. Dans le jargon aéronautique, une clairance est une autorisation de décollage ou d'atterrissage. Mais c'est peu à peu devenu une autorisation de passer la journée chez soi.

«Les contrôleurs aériens sont censés assurer 24 heures à leur poste par semaine, soit l'équivalent de 160 jours de travail par an, explique une source syndicale. Mais dans les faits, ils n'assurent souvent que 12 heures hebdomadaires et 80 jours par an.» En principe, les contrôleurs doivent travailler par équipes tournantes, de quinze personnes à Roissy par exemple. Théoriquement, ces quinze personnes sont toujours à leur poste et sont d'ailleurs payées pour cela. Mais dans la réalité, plusieurs manquent à l'appel. Leur absence est consignée dans un «cahier de clairance» qui organise le temps de travail et la rotation de l'effectif de manière totalement illégale. «Le contrôle aérien est une profession qui s'est beaucoup féminisée, ajoute un spécialiste. Du coup, les clairances sont très pratiquées lors de la rentrée des classes ou des vacances scolaires.»

Aucun commentaire officiel
Officiellement, personne n'a jamais entendu parler de ce système d'autogestion. Contactées par Le Figaro, les directions d'Aéroports de Paris et d'Air France ne font aucun commentaire. Mais sous le sceau de l'anonymat, les langues se délient. «Nous avons à maintes reprises relevé une diminution du nombre de mouvements d'avions sur les pistes alors qu'il n'y avait aucun problème météorologique ou technique, explique un cadre d'Air France. Nous avons alors constaté que les contrôleurs aériens n'étaient pas à l'effectif prévu. Nous restons très en retrait sur ce dossier car nous craignons des représailles telles qu'une grève.» De son côté, la Direction générale de l'aviation civile (DGAC) ne dément pas l'existence de ce système, se contentant de rappeler que «le nombre de positions de contrôle ouvertes à un instant donné ne peut être inférieur au dimensionnement nécessaire pour la sécurité des vols».

Les clairances sont une conséquence de la réforme des autoroutes du ciel de 1999. Celle-ci a permis d'augmenter le trafic aérien en dessinant de nouvelles routes célestes au-dessus de l'Europe. La DGAC a alors recruté de nombreux contrôleurs aériens formés à ces nouvelles autoroutes. D'où un sureffectif qui a réduit la fréquence des vacations en tour de contrôle. En clair, une diminution du temps de travail. «Mais depuis plusieurs années, les embauches ne compensent plus les départs en retraite. Théoriquement, il faudrait que les contrôleurs travaillent plus, explique une source du proche du dossier. Du coup, ils ont mis au point la clairance pour continuer au même rythme.»

Cacophonie sur les ondes
Ce système d'autogestion pose un réel problème de sécurité. Quand un contrôleur doit assurer le poste de plusieurs de ses collègues absents, il doit gérer le trafic et la sécurité de plusieurs zones, par exemple plusieurs pistes à Roissy ou une zone de parking et une zone d'approche de l'aéroport. Pour cela, il doit regrouper des fréquences radio qui, normalement sont couvertes par un seul contrôleur. Par exemple, la «fréquence piste» pour les avions qui rejoignent leur parking peut être regroupée avec la «fréquence d'approche» pour ceux qui vont atterrir. Ces regroupements peuvent entraîner une cacophonie sur les ondes et une situation de stress dans la tour de contrôle propice à l'erreur.

Plusieurs incidents liés à un sous-effectif en tour de contrôle ont ainsi été rapportés par les pilotes d'Air France. L'un d'entre eux, contacté par Le Figaro, raconte être passé près de la catastrophe au-dessus de Paris. «C'était un Airbus A 300 de la Kenyan Airlines dont le système anticollision ne marchait pas, rapporte le pilote. C'est le nôtre qui a assuré la manœuvre : nous avons plongé à 4 000 pieds par minute.» À cette vitesse de descente, l'avion est à une minute de l'impact au sol. «Du cockpit, j'ai entendu l'Airbus me passer juste au-dessus, explique le pilote. Une fois posé, le contrôle me donne l'autorisation de traverser la piste. J'aperçois alors en visu un avion au décollage et je m'arrête net. En quelques minutes, j'ai vécu deux risques d'accidents majeurs.»

Si les contrôleurs aériens reconnaissent à demi-mot l'existence de ce système de RTT occultes, leurs syndicats démentent. «On peut même être en sureffectif, à certains moments de la journée mais tout le monde reste à son poste, explique un porte-parole de l'Ussac-CGT, le syndicat qui représente le personnel de la DGAC. Nous avons davantage recruté que nos homologues européens mais nous sommes le seul prestataire qui n'a aucun délai pour cause de sous-effectif.»

Le fait est avéré, mais l'argument est fallacieux pour les pilotes interrogés par Le Figaro. «Les contrôleurs peuvent demander en amont à Eurocontrol (l'organisme européen de gestion du trafic aérien, NDLR) une baisse de capacité de l'aéroport engendrant une baisse des créneaux de décollage, explique un pilote. Au final, il n'y aura donc jamais de retard sur les pistes du fait d'un sous-effectif en tour de contrôle. Les créneaux sont toujours assurés.» La clairance sera donc très difficile à démontrer le jour où les autorités se pencheront sur le sujet. Tant qu'il n'y aura pas d'accident majeur, cette pratique risque de perdurer dans la plus parfaite illégalité.
(Le Figaro)

mardi 22 septembre 2009

Ook Clerfayt verdedigt stadstol

Bernard Clerfayt (MR-FDF) © Beeld uit reportage tvbrussel

Brussel - Federaal staatsecretaris voor milieufiscaliteit Bernard Clerfayt (FDF) verdedigt het idee van een Brusselse stadstol. Anders dan zijn voorzitter Olivier Maingain schuift Clerfayt vooral mobiliteitsmotieven naar voor.
Clerfayt doet zijn uitspraken vandaag in La Libre Belgique. Zijn voorzitter Olivier Maingain liet in dezelfde krant eerder al weten voorstander te zijn van een stadstol, omdat die het gat in de Brusselse gewestkas kon vullen. Bovendien, benadrukte de FDF-voorzitter, zijn er twee keer zoveel Vlaamse als Franstalige pendelaars.

Ook Clerfayt -naast staatssecretaris ook titelvoerend burgemeester in Schaarbeek- is voorstander van een Brusselse stadstol. Hij hamert echter vooral op de noodzaak om de druk van het autoverkeer te verminderen. "Dit gaat niet over het plaatsen van een muur rond de stad. Het doel is om een einde te maken aan de files. Iedereen die met de auto rijdt in Brussel zou er beter door rijden."

De opbrengst van de stadstol moet voor Clerfayt gebruikt worden voor investeringen in het openbaar vervoer. "Er wordt regelmatig geklaagd over het gebrek aan middelen voor het openbaar vervoer in Brussel. Wel, stadstol is het enige goed financieringsmiddel."

Clerfayt roept de andere partijen op om verantwoordelijkheidszin te tonen. "Ecolo moet geen redenen zoeken om er niet meer voor te gaan. De socialisten vinden de maatregel asociaal. Dat is fout. De gemiddelde Brusselaar is armer dan de gemiddelde Brabander. Een stadstol is dus een erg sociale maatregel."

Le monde selon la CIA

Puissance. Dans son dernier rapport, la CIA détaille sa vision de l'équilibre des forces en 2025.

Les Etats-Unis : une puissance moins dominante
En 2025, les Etats-Unis ne seront plus qu'un des acteurs importants parmi d'autres sur la scène mondiale, même s'ils resteront le plus puissant de tous, y compris dans le domaine militaire, où Washington continuera d'avoir un avantage considérable. [...] Malgré le développement récent de l'antiaméricanisme, les Etats-Unis ne cesseront sans doute pas d'être perçus comme un contrepoids régional indispensable au Moyen-Orient et en Asie.

Ainsi, on attendra toujours de l'Amérique qu'elle joue un grand rôle en usant de sa puissance militaire pour contrer le terrorisme mondial. Sur les nouvelles questions comme le changement climatique, le rôle de Washington sera largement perçu comme majeur, le seul moyen de permettre de dégager des solutions communes entre des points de vue divergents. En même temps, la multiplicité des acteurs influents et la méfiance envers les grandes puissances permettra moins à l'Amérique de trancher, sans l'aide de partenaires puissants [...].

Le déclin du dollar
En dépit de récents afflux vers des actifs libellés en dollars, la devise américaine, d'ici à 2025, est menacée de perdre son statut de monnaie de réserve mondiale sans équivalent et de devenir un primum inter pares au sein d'un panier de devises. Cela pourrait contraindre les Etats-Unis à réfléchir plus attentivement aux conséquences de leur politique étrangère sur leur monnaie.

L'emploi de plus en plus courant de l'euro est déjà une évidence qui, potentiellement, complique à l'avenir l'exploitation par les Etats-Unis du rôle particulier du dollar dans les échanges commerciaux et les investissements internationaux à des fins politiques. Ainsi, le gel d'actifs et l'entrave aux flux financiers de leurs adversaires-comme récemment avec les sanctions financières contre les dirigeants nord-coréens et iraniens-seront plus difficiles. Les incitations à se tenir à l'écart du dollar seront toutefois tempérées par les incertitudes et l'instabilité du système financier international [...].

Chine : une route semée d'ornières
Au cours des vingt à vingt-cinq prochaines années, peu de pays seront en position d'avoir davantage d'impact sur le monde que la Chine. Si la tendance actuelle se confirme, en 2025 l'empire du Milieu sera devenu la deuxième économie mondiale et une puissance militaire majeure. Il pourrait aussi devenir le premier importateur mondial de ressources naturelles et un plus gros pollueur qu'il ne l'est aujourd'hui.

[...] Le rythme de la croissance économique de la Chine va certainement baisser. Même de nouvelles réformes visant à apaiser des tensions sociales croissantes dues au creusement des disparités économiques, aux carences de la protection sociale, à des réglementations insuffisantes dans le monde des affaires, à des importations d'énergie, à une corruption persistante et à la dévastation de son environnement n'y suffiraient pas.

[...] En s'attaquant à ces défis, les dirigeants chinois doivent maintenir l'équilibre entre l'ouverture nécessaire au maintien de la croissance économique-essentielle pour que l'opinion publique tolère le monopole du Parti communiste sur le pouvoir-et les restrictions nécessaires à la protection de ce monopole. Face à tant de bouleversements sociaux et économiques, le Parti communiste risque de connaître de nouvelles transformations. En fait, les dirigeants du Parti évoquent eux-mêmes ouvertement la nécessité de trouver de nouveaux moyens de préserver le rôle dominant du Parti. A ce jour, toutefois, l'ouverture du système à des élections et à une presse libre ne semble pas au programme. En outre, il n'est pas envisageable que la pression sociale impose l'avènement de la démocratie en Chine à l'horizon 2025 [...].

Perte d'influence de l'Europe.
Nous pensons qu'en 2025 l'Europe n'aura que lentement avancé dans la concrétisation du projet de ses élites et de ses dirigeants actuels : celui d'un acteur mondial cohérent, intégré et influent, capable d'user en toute indépendance d'une panoplie complète d'outils politiques, économiques et militaires pour défendre les intérêts européens et occidentaux et les idéaux d'universalité. L'Union européenne devra remédier au sentiment croissant d'un déficit démocratique entre Bruxelles et les électeurs, et dépasser le débat interminable sur ses structures institutionnelles.

L'Union européenne sera en position de soutenir la stabilité politique et la démocratisation à la périphérie de l'Europe en accueillant de nouveaux pays membres des Balkans, et peut-être l'Ukraine et la Turquie. Cependant, l'incapacité persistante de persuader une opinion sceptique des bienfaits d'une intégration économique, politique et sociale approfondie et de s'attaquer au problème d'une population vieillissante et déclinante en mettant en oeuvre des réformes impopulaires pourrait faire de l'Union un géant immobilisé, trop occupé à régler ses querelles internes et ses rivalités nationales, et moins capable de transformer son poids économique en influence planétaire [...].

L'aube de l'après-pétrole ?
En 2025, le monde se trouvera au milieu d'une transition énergétique fondamentale [...]. La production extérieure à l'Opep d'hydrocarbures liquides ne sera pas capable de répondre à l'augmentation de la demande. Les niveaux de production de nombreux pays-le Yémen, la Norvège, Oman, la Colombie, le Royaume-Uni, l'Indonésie, l'Argentine, la Syrie, l'Egypte, le Pérou, la Tunisie-déclinent déjà. D'autres-le Mexique, Brunei, la Malaisie, la Chine, l'Inde, le Qatar-ont touché le fond. Le nombre de ceux capables d'augmenter leur production de façon significative va se réduire. Six pays-l'Arabie saoudite, l'Iran, le Koweït, les Emirats arabes unis, l'Irak (potentiellement) et la Russie-devraient représenter 39 % de la production pétrolière mondiale en 2025. Les producteurs majeurs seront ceux du Moyen-Orient, où se trouvent environ les deux tiers des réserves mondiales.

[...] En 2025, on s'attend à voir la consommation de gaz naturel augmenter d'environ 60 %, selon les projections de l'Energy Information Agency du département de l'Energie. Si les gisements de gaz naturel ne sont pas nécessairement voisins de ceux du pétrole, ils n'en sont pas moins fortement concentrés. Trois pays-la Russie, l'Iran et le Qatar-détiennent plus de 57 % des réserves mondiales. Si l'on considère à la fois le pétrole et le gaz naturel, deux pays-la Russie et l'Iran-sont les pivots de la production énergétique. L'Amérique du Nord (Etats-Unis, Canada et Mexique) assurera quant à elle une part non négligeable-18 %-de la production mondiale en 2025.
(lepoint.fr)

« Le nouveau rapport de la CIA. Comment sera le monde en 2025 ? », présenté par Alexandre Adler Editions Robert Laffont 298 pages, 17 E

Ultieme Hallucinatie gaat dicht

Sint-Joost-ten-Node - De Ultieme Hallucinatie gaat definitief dicht. Eigenaar Frederick Dericks (65) is zwaar ziek. De sluiting is voor 18 december.

De Ultieme Hallucinatie was 28 jaar lang een begrip in de Koningsstraat. Het was een trefpunt voor vele Vlamingen en Vlaamse verenigingen uit de hoofdstad en daarbuiten.

Drie jaar geleden werd het art-nouveaugebouw te koop gezet voor drie miljoen euro. Maar zonder succes. Intussen gaan de zaken weer wat beter.

Fred Dericks hoopt dat de Vlaamse overheid het koopt om er een Vlaams Huis van te maken.

Art Nouveau
Het 19de-eeuwse herenhuis is een aaneenschakeling van luxueus ingerichte kamers in de verschillende Europese art-nouveaustijlen.

Het gebouw werd in 1904 door architect Paul Hamesse verbouwd. Waar nu de brasserie is, was er vroeger een tuin. De rotspartijen tegen de zijmuur getuigen daarvan. En de voormalige serre is nu de toog.

De zitbanken zijn eigenlijk treinbanken, ontworpen door Henry Van de Velde in 1930.
(Brussel Deze Week)

L'ONU manque de fonds contre la faim

Durement touché par la famine, le Guatemala a proclamé «l'état de calamité nationale». Crédits photo : ASSOCIATED PRESS

Le programme alimentaire mondial a besoin de 2,9 milliards de dollars.

Les Nations unies sont en panne de financement pour lutter contre la faim qui tenaille plus d'un milliard d'êtres humains. Dès le mois prochain, le Programme alimentaire mondial (PAM), l'agence de l'ONU chargée d'acheminer les secours aux sinistrés, devra réduire de moitié ses opérations au Kenya, au Guatemala et au Bangladesh, faute de trésorerie. Au Kenya, quelque 3,8 millions de personnes ont besoin d'une aide alimentaire urgente en raison d'une combinaison dramatique de sécheresse et de hausses des prix. «Les denrées alimentaires dans ce pays coûtent aujourd'hui le le double d'il y a un an. Quant à la sécheresse, elle a dévasté terres agricoles et pâturages. C'est un désastre absolu», explique l'Américaine Josette Sheeran, directrice exécutive du PAM.

Pénurie de denrées alimentaires aussi au Guatemala, sixième pays au monde par le nombre d'enfants malnutris. Le PAM y livre des compléments alimentaires à 100 000 enfants et 50 000 femmes enceintes. Devant l'ampleur des besoins, le gouvernement guatémaltèque a proclamé «l'état de calamité nationale». Autre pays durement touché : le Bangladesh, où le PAM parvient à peine à assister un million de personnes sur les cinq millions qui souffrent de grave dénutrition. Sans fonds supplémentaires, c'est par centaines de milliers que femmes et enfants verront leur ratio alimentaire diminuer.

«Maintenir la paix et la sécurité sur la planète»
Le budget prévisionnel du PAM pour 2009 s'élevait à 6,7 milliards de dollars. C'est, du moins, le montant des contributions volontaires que les pays donateurs se sont engagés à verser. Après neuf mois d'exercice, 2,9 milliards de dollars manquent toujours à l'appel. «Cela ne représente que 0,01 % de l'aide que les pays riches ont mis sur la table pour stabiliser la crise financière. Et pourtant ces fonds sont critiques pour aider à maintenir la paix et la sécurité sur la planète» , explique Josette Sheeran.

Kenya, Guatemala et Bangladesh ne sont que trois exemples parmi d'autres. En Somalie, les opérations du PAM ont déjà été revues à la baisse. Sur le milliard d'êtres humains souffrant de la faim dans la planète, 108 millions sont assistés par le PAM. Mais ce dernier sera prochainement contraint de devoir ralentir ses opérations, faute de ressources financières. Aussi la directrice du PAM invite-t-elle la communauté internationale à mettre ses actes en conformité avec ses promesses.

Au G8 de L'Aquila en juillet, les pays riches étaient convenus de débloquer 20 milliards d'euros sur trois ans en faveur de l'Afrique. «On ne peut se limiter à élaborer des programmes de développement à long terme. Ce qu'il faut en priorité, c'est penser à des programmes de secours pour le lendemain. Nous avons besoin de cet argent dès demain», dit Josette Sheeran, en estimant du «devoir» du prochain G20 de Pittsburgh de répondre sans tergiverser à cette attente.

Tractations secrètes autour de Clotilde Reiss

Clotilde Reiss pendant son procès à Téhéran, le 8 août 2009. La jeune universitaire attend toujours, officiellement, le verdict. Crédits photo : ASSOCIATED PRESS

La France étudie la possibilité de renvoyer à Téhéran un Iranien ayant purgé dix-huit ans de prison pour l'assassinat de Chapour Bakhtiar, l'ancien premier ministre du chah. Cette mesure de clémence pourrait hâter le retour à Paris de la jeune universitaire française.

Un mois après sa sortie de prison, Clotilde Reiss reste confinée à l'ambassade de France à Téhéran, dans l'incertitude quant à la date de son retour dans l'Hexagone. Libérée sous caution le 16 août, après 45 jours de détention à Evin, au nord de la capitale iranienne, la jeune universitaire attend, officiellement, le verdict de son procès. «Mais nous sommes toujours dans un clair-obscur typiquement iranien», observe à Paris un diplomate au cœur de cette sombre affaire, sur laquelle ont pesé les mauvaises relations entre l'Iran et la France - cette dernière accusant Téhéran de vouloir se doter de l'arme nucléaire.
Depuis le début, les autorités françaises ont été maintenues dans le brouillard par le régime iranien. C'est un employé local de l'ambassade à Téhéran qui apprit, en écoutant la radio qu'un procès allait se tenir, le même jour, pour juger la chercheuse, accusée d'espionnage par la justice iranienne. Quarante-huit heures après ledit procès, le vice-ministre des Affaires étrangères, Mahdi Safadi, convoqua l'ambassadeur de France, Bernard Poletti, avide d'en savoir plus sur ce qui pouvait se tramer en coulisses. «Mais non, vous n'avez pas compris, il n'y a pas eu de procès, et il n'y aura pas de procès», lui assure alors le responsable iranien, qui ajoute : «Le procès, ce sont les aveux publics de mademoiselle Reiss, retransmis à la télévision!»

Stupeur à l'ambassade, qui transmet immédiatement l'information à Paris. Le lendemain, nouvelle surprise à la chancellerie. Les diplomates reçoivent la visite - sans doute pas vraiment fortuite - de l'avocat commis d'office par le procureur pour défendre Clotilde Reiss. «Je suis un peu étonné que vous ne m'ayez pas contacté», leur lance l'Iranien. «Mais on ne savait pas que vous aviez été commis par la justice», lui répondent les Français. L'avocat leur confirme qu'il n'y eut qu'un pseudo-procès.

Un verre de champagne : sacrilège !
Les diplomates cherchent à comprendre la logique judiciaire persane. «Puisqu'il n'y a pas eu de procès, il ne peut y avoir de verdict», se dit-on à l'ambassade. Et, même si l'on admet qu'un semblant de procès a bien eu lieu, d'après la loi iranienne, son verdict ne peut tomber plus de huit jours après l'audience. Nous sommes aujourd'hui quarante jours après la parodie judiciaire à laquelle se sont livrés les Iraniens. Bref, constatent les diplomates français, «il y a eu un faux procès, mais pas de verdict annoncé en bonne et due forme». On n'exclut pas, toutefois, que «le juge prononce un verdict quand bon lui semblera». L'affaire peut encore durer, comme le redoute Bernard Kouchner. «J'ai le sentiment que les choses vont encore traîner pendant plusieurs semaines», reconnaissait le ministre des Affaires étrangères, fin août, devant la presse.

Une fois Clotilde Reiss hébergée à l'ambassade, les récriminations publiques, de part et d'autre, se font toutefois plus rares. À l'Élysée, on estime désormais que «le plus dur a été fait». «La France et l'Iran ont décidé de ne plus parler à haute voix de l'affaire Reiss, et de la régler au contraire tranquillement», nous affirme, depuis Téhéran, l'ancien activiste libanais Anis Naccache, toujours au fait de la politique iranienne. À froid, on remet en place les pièces du puzzle.

«C'était un coup monté par les Iraniens, qui avaient été mécontents des déclarations de Nicolas Sarkozy, après l'élection présidentielle truquée de juin», explique le diplomate en première ligne dans l'affaire. Il raconte : «Les services de renseignements iraniens avaient deux ou trois de nos ressortissants en ligne de mire, qu'ils surveillaient. Le père de Clotilde travaille au Commissariat à l'énergie atomique, il lui avait trouvé un stage au CEA. Les Iraniens ont donc choisi la plus profitable à leurs desseins. Certes, elle a envoyé un courriel à l'ambassade au moment de l'élection, mais il ne contenait aucune information d'importance. C'était maladroit de sa part, mais sa maladresse est bien la preuve qu'elle n'était pas une espionne. Clotilde avait simplement l'impression de vivre l'histoire».

Un billet Paris-Téhéran pour Ali Vakili Rad
Au brouillard savamment maintenu par Téhéran, ont répondu plusieurs erreurs françaises, comme le laisse entendre le diplomate. Les Iraniens ne souhaitaient pas que l'arrestation de la jeune femme soit médiatisée. Ils ont traité de haut, ensuite, la médiation syrienne, sollicitée par Paris. Enfin, le lendemain de la sortie de prison de Clotilde Reiss, Téhéran était furieux. L'ex-otage apparaît à la une des journaux français un verre de champagne à la main. Sacrilège en République islamique ! Peu après son arrivée à l'ambassade, Clotilde Reiss fête en effet sa liberté quasi recouvrée. Un convive aux agapes immortalise cet instant avec son portable. Et il envoie le cliché au père de l'ex-détenue pour bien lui montrer que sa fille est désormais en mains sûres. Sollicité dans la foulée par la presse, Rémi Reiss transmet la photo à un journaliste. Il s'excusera ensuite auprès des diplomates français, mais le mal était fait. «C'est agiter inutilement un chiffon rouge, alors que tout le monde sait qu'on ne doit surtout pas montrer qu'on consomme de l'alcool en Iran», regrette un homme d'affaires français, joint par téléphone à Téhéran.

Le pouvoir iranien n'a sans doute pas arrêté Clotilde Reiss pour apurer de vieux comptes avec la France, mais Téhéran, en pareille circonstance, sait être opportuniste. Le diplomate cité plus haut lève le voile sur les mystérieuses tractations autour de cette affaire. «Un Iranien, coupable de l'assassinat de l'ancien premier ministre du chah Chapour Bakhtiar ( en 1991 à Suresnes, en banlieue parisienne, NDLR) est encore emprisonné en France. Mais il est sur le point d'être libéré. Je ne serais pas surpris qu'on lui offre un billet Paris-Téhéran, et qu'en contrepartie, nous recevions un billet Téhéran-Paris pour Clotilde Reiss. Cet échange a été évoqué dans les tractations entre l'Iran et la France, mais par d'autres canaux que la voie diplomatique», ajoute-t-il. Sous-entendu par de discrets intermédiaires, ou via les services de renseignements.

L'homme s'appelle Ali Vakili Rad, a révélé la semaine dernière Le Figaro Magazine. En 1994, il a été condamné par une cour d'assises spéciale à la réclusion à perpétuité, assortie d'une peine de sûreté de dix-huit ans, pour avoir égorgé Chapour Bakhtiar. Âgé de 50 ans, Rad est actuellement détenu à la centrale de Poissy dans les Yvelines.

Le 2 juillet, son avocat, maître Sorin Margolis, a obtenu un arrêt de la cour d'appel de Paris mettant fin à sa peine de sûreté. Et, le 14 août, maître Margolis a déposé une requête de mise en liberté conditionnelle, assortie d'une demande d'expulsion du territoire. La demande d'expulsion en urgence absolue, dont peut bénéficier Rad en vertu de l'article 26 D du Code de procédure pénale, est depuis quelques jours sur le bureau du ministre de l'Intérieur, Brice Hortefeux, nous ont indiqué plusieurs sources.

«Ce serait logique qu'il soit expulsé, estime maître Margolis. Pour un homme condamné à la perpétuité, comment voulez-vous que j'obtienne un permis de séjour et un permis de travail s'il doit rester dans un régime de semi-liberté, alors que la préfecture n'en donne pas à des étrangers qui n'ont jamais commis le moindre délit ?», poursuit l'avocat d'Ali Vakili Rad. Il ne minimise pas, pour autant, les obstacles juridiques à surmonter, notamment l'hostilité du parquet antiterroriste.

«Heureuse et discrète concomitance»
En début de semaine dernière, M. Rad aurait reçu de l'ambassade d'Iran un passeport valide pour pouvoir rentrer dans son pays. Mais Brice Hortefeux signera-t-il l'ordre d'expulsion ? Sollicité, son entourage dit ignorer la réponse à cette question. Les Iraniens ne sont pas plus prolixes. Logique : Vakili Rad - et derrière lui le régime de Téhéran - n'ont jamais reconnu les faits.

Officiellement, il n'y a pas de négociations autour de cet échange. «Si, au final, il y a échange, indique un intermédiaire actif en coulisses, ce ne pourra être que le résultat d'une heureuse et discrète concomitance.» Dans le passé, plusieurs Iraniens ont déjà été renvoyés à Téhéran après une mesure de clémence française. Auteur de la première tentative d'assassinat contre Bakhtiar en 1980, qui lui valut d'être condamné à la perpétuité, Anis Naccache fut ainsi libéré, dix ans plus tard, à la suite d'une amnistie décidée par le président François Mitterrand.

«Mademoiselle Reiss mérite une grâce du pouvoir iranien, poursuit l'intermédiaire. Celle-ci peut très bien intervenir à l'issue du ramadan ou de la semaine des fêtes de l'Aïd-el-Fitr», qui a commencé lundi, espère-t-il. Une chose est sûre : le retour à Téhéran d'Ali Vakili Rad serait considéré par l'Iran comme un signal positif de la part de la France. «En relâchant Clotilde Reiss, note Anis Naccache, les Iraniens ont déjà fait un geste.» En clair : aux Français maintenant de renvoyer l'ascenseur.
(Le Figaro)

Les assises de l'interculturalité commencent ce lundi

Crédit photo: (archives belga)

Imaginées en mars 2008, les assises de l'interculturalité vont prendre vie ce lundi. Un large débat d'une année avec des acteurs de terrains devrait aboutir à des recommandations concrètes sur de nombreux thèmes dont le port du voile à l'école.
C'est là tout l'enjeu de ces assises interculturelles: comment vivre ensemble, dans le respect de la démocratie et avec nos différences culturelles, religieuses ou ethniques. Pour Joëlle Milquet, Ministre de l'Egalité des chances, ce dialogue est nécessaire vu l'actualité...

"Il y a eu des émeutes à Molenbeek, il y a eu des problèmes d'acceptation ou pas du voile dans les écoles, il y a les discriminations à l'embauche. Donc tous les jours nous sommes confrontés à des nouvelles problématiques, liées au nouveau visage de la population. On a près d'un million de personnes de confession musulmane, dans le pays. Ca change immanquablement les choses."

A la tête des ces assises, un comité de pilotage composé de personnes de tout horizon. Parmi elles notamment, Guy Harpigny, évêque de Tournai, Albert Guigui, grand rabbin de Bruxelles, Guy Harscher , professeur à l'ULB, et bien d'autres encore, une diversité enrichissante mais qui annonce aussi des débats animés. Christine Kulakowski est directrice du Centre Bruxellois d'Action interculturelle et co-présidente de ce comité. Elle lutte depuis longtemps pour un enjeu qui va être de trouver des compromis et remettre, dans un an (les assises sont prévues pendant un an) des recommandations qui puissent, dans les faits, représenter un peu la pluralité de la société dans le respect de chacun.

Tout l'enjeu sera aussi de faire entendre ces recommandations au monde politique pour qu'un maximum d'entre elles se concrétisent sur le terrain.

Les assises de l'interculturalité font appel à toutes les bonnes volontés.
(M.S. avec Delphine Simon)

lundi 21 septembre 2009

Beyrouth, nid d'espions

Dans une ville de Beyrouth détruite par les bombes (ici en juillet 2006), toutes les communautés ont fourni des agents à Israël, petites mains chargées de glaner des informations, préparer des dossiers d'objectif ou suivre l'adversaire. Crédits photo : ASSOCIATED PRESS

Adrien Jaulmes
La capitale du Liban est au centre de la guerre du renseignement que se livrent les services syriens, le Hezbollah, le Mossad, la CIA et beaucoup d'autres.

La guerre froide avait le Berlin de John Le Carré ou la Vienne du Troisième Homme. La guerre clandestine qui se livre au Moyen-Orient a Beyrouth pour capitale. Espions occidentaux et agents iraniens, services de renseignements syriens et activistes du Hezbollah, Mossad, CIA et autres agences s'y livrent une guerre opaque dans laquelle les victoires sont parfois claironnées. Les défaites jamais.

Dans cette guerre de l'ombre, les services de renseignements israéliens ont subi, cette année au Liban, l'un des plus importants revers de leur histoire. Comme il se doit, ils n'ont pas commenté le démantèlement de leur plus grand réseau d'espionnage dans un pays arabe. Les chiffres sont pourtant sans précédents. Plus de soixante-dix Libanais ont été inculpés d'espionnage au profit d'Israël ces derniers mois. Une quarantaine de suspects ont été placés en détention. Une trentaine d'autres agents supposés sont toujours recherchés par les autorités libanaises. Certains ont réussi à fuir, prenant l'avion vers une destination inconnue, ou ont franchi la frontière entre les deux pays, toujours techniquement en guerre depuis 1949. D'autres ont cessé leurs activités.

À la différence des maîtres espions des romans, les membres de ces réseaux appartiennent à l'univers moins glamour du renseignement de terrain. Celui des petites mains, des cellules anonymes chargées de glaner des informations fragmentaires, de préparer des dossiers d'objectif ou de suivre les mouvements quotidiens de l'adversaire. Parmi ces agents, certains dormants depuis des années, toutes les communautés libanaises sont représentées : chrétiens, sunnites, chiites, originaires du Sud-Liban, de la Bekaa ou de Beyrouth.

«Certains travaillaient pour Israël depuis des années, parfois depuis les années 1980», explique le général Achraf Rifi, directeur général des Forces de sécurité intérieures libanaises, qui ont effectué une bonne partie des arrestations. «Ils ont été recrutés, ajoute-t-il, pour des motifs variés : financiers, idéologiques ou psychologiques. On a même des cas de chantage, sexuels ou autres. Mais le principal facteur de ce recrutement a été la longue occupation israélienne du Sud-Liban, qui a mis en contact des Libanais avec les Israéliens, et qui a, d'une certaine façon, rendu acceptable les relations avec eux».

«Une chose est sûre, c'est un beau coup de filet, commente une source diplomatique occidentale à Beyrouth. Il est possible que, depuis leur semi-échec pendant la guerre de 2006, où ils s'étaient appuyés sur leurs renseignements aériens et technologiques, les Israéliens aient un peu trop demandé à leurs réseaux, leur faisant prendre plus de risques pour reconstituer leurs listes de cibles. Mais ces arrestations sont surtout le fruit d'un travail sans précédent des forces de sécurité libanaises.»

Comme dans toutes ces affaires, l'écheveau est difficile à démêler. Particulièrement au Liban, où le Hezbollah, État dans l'État, entretient ses propres services de contre-espionnage, collaborant parfois avec les agences de l'État encore remplies d'agents et d'officiers pro-syriens, mais dirigés, depuis le retrait de Damas, par des sunnites fidèles à Rafic Hariri, notamment les Forces de sécurité intérieure.

«Un élément déclencheur est certainement la prise de conscience par le Hezbollah de l'ampleur de la pénétration israélienne», souligne le diplomate. Organisation clandestine, opaque et paranoïaque, qui base sa sécurité sur le recrutement chiite de ses cadres, le Hezbollah subit, en février 2008, un coup dur avec l'assassinat à Damas d'Imad Moughniyeh, chef de sa branche militaire. Attribué au Mossad, l'attentat met au travail le contre-espionnage du mouvement.

À la fin de l'année 2008, les premières arrestations commencent. En novembre, deux frères sunnites sont capturés par le Hezbollah. Originaires de la ville d'al-Marj, dans la vallée de la Bekaa, Ali et Youssouf Jarrah sont accusés d'espionner depuis vingt ans pour Israël. On retrouve en leur possession du matériel photographique et vidéo, et un système GPS dissimulé dans leur véhicule. La voiture, équipée pour prendre des photos, aurait été fréquemment garée au poste frontière de Masnaa, sur la route entre Beyrouth et Damas, par laquelle transitent les responsables du Hezbollah. Muni d'un passeport israélien, Ali Jarrah se rendait, via Chypre ou la Jordanie, en Israël pour y être briefé et entraîné. Selon des sources libanaises, il aurait aussi été envoyé en reconnaissance dans le quartier de Damas où Moughniyeh a été assassiné.

Vaste coup de filet
En janvier 2009, le Hezbollah capture deux autres suspects. Joseph Sader, employé à l'aéroport de Beyrouth, est enlevé alors qu'il se rend à son travail. Interrogé, il aurait révélé avoir eu la même fonction de renseignement dans un aéroport par où transitent émissaires et diplomates de tout le Moyen-Orient. Un garagiste de Nabatiyeh, ville chiite du Sud-Liban, est le quatrième agent arrêté par le Hezbollah. Marwan Fakir était un concessionnaire automobile qui fournissait des véhicules au mouvement chiite. Il aurait aussi utilisé ses talents de garagiste pour installer des dispositifs de localisation sur des voitures que le parti lui donnait à réparer. Ces affaires ne sont que le préliminaire du vaste coup de filet qui va suivre, celui qui implique les services libanais.

Un général libanais recruté par Israël
En mai 2009, les arrestations commencent. Le général Adib Alam, officier chrétien à la retraite, ancien de la Direction du renseignement militaire, est interpellé avec sa femme et son neveu. Selon les médias libanais, il aurait reconnu avoir été recruté par les services israéliens en 1998. Ses employeurs l'auraient convaincu de prendre sa retraite pour monter une agence de recrutement de domestiques asiatiques. Grâce à cette couverture, Adib Alam voyageait en Grèce, à Chypre et en Italie, où il rencontrait ses officiers traitants. Il aurait fourni des informations sur le Hezbollah et sur les mouvements internes de l'armée libanaise. Il avait aussi accès au département des passeports, source d'information capitale.

Mansour Diab, un colonel sunnite originaire du Akkar, région du nord du Liban, est à son tour convaincu de liens avec Israël. Ce commando Marine avait été l'un des héros de la prise d'assaut du camp de réfugiés de Nahr el-Bared, blessé à l'épaule au cours de l'attaque à l'été 2007. Il aurait été recruté par le Mossad pendant ses stages aux États-Unis. Un autre colonel, Shahid Toumiyeh, lui aussi originaire du Akkar, est arrêté avec un retraité des douanes. Puis Nasser Nader, suspecté d'avoir organisé la surveillance du quartier de Dahieh, le bastion du Hezbollah dans la banlieue sud de Beyrouth, dévasté par des bombardements israéliens d'une grande précision en 2006.

Cette vague d'arrestations est d'autant plus inhabituelle que les cellules d'espionnage, selon les règles en usage, n'étaient constituées que de deux ou trois personnes au maximum. Elles travaillaient de façon autonome et cloisonnée, et ne se connaissaient pas entre elles. «Nous avons réussi à percer un secret technique, qui nous a permis de détecter ces cellules, se contente d'expliquer le général Rifi. Certains ont envoyé des messages à leurs agents traitants israéliens leur disant qu'ils se sentaient repérés. Ils se sont vu répondre qu'il ne fallait pas s'en faire. Et nous avons commencé les arrestations. D'autres vont suivre. Ceux qui ont réussi à fuir ont en tout cas cessé leurs activités.»

«Un outil d'enquête extraordinaire»
L'histoire de ce «secret technique» semble, quant à elle, liée à une autre affaire. «Le secret en question remonte à l'enquête sur l'assassinant de Rafic Hariri, déclare une source diplomatique à Beyrouth. Les FSI libanaises se sont alors vu confier par des services occidentaux un puissant logiciel capable d'analyser des dizaines de milliers d'appels téléphoniques, et d'en déceler les anomalies. Comme, par exemple, des téléphones portables qui ne s'activent qu'à certains moments. Ou qui ne communiquent qu'avec un ou deux numéros. C'est un outil d'enquête extraordinaire.» Le responsable de ce programme est un brillant officier, spécialiste des systèmes informatiques, le capitaine Wissam Eid. «Il est vraisemblable qu'il a découvert beaucoup de choses grâce à ce logiciel, dit une source libanaise qui souhaite rester anonyme, comme la plupart des interlocuteurs. Notamment sur les communications du Hezbollah…» Le capitaine Eid en savait-il trop ? Avait-il découvert des implications du Hezbollah dans l'attentat contre Rafic Hariri ? Toujours est-il que le 25 janvier 2008, sa voiture blindée est pulvérisée par un véhicule piégé, et le capitaine tué sur le coup. Son système a, depuis, permis un autre coup de filet. Portant un des plus graves coups à Israël dans une guerre sans héros.
(Le Figaro)