lundi 14 septembre 2009

Interdiction du voile : Bert Anciaux rejette la décision

Belga
L’ex-ministre flamand Bert Anciaux (SP.A) est opposé à la décision du Conseil de l’enseignement de la Communauté flamande d’interdire le port du voile dans tous les établissements scolaires qui dépendent de ce réseau. Pour lui, cette initiative alimente l’extrémisme et l’intolérance.

«Une communauté qui prend une telle décision n’est pas la mienne », a écrit Bert Anciaux sur son blog.

«Je pensais et j’espérais vivre dans une communauté qui s’accommodait avec force, en toute conscience et surtout ouvertement, de la diversité comme d’une richesse… La décision du Conseil de l’enseignement de la Communauté va exactement dans le sens inverse».

Pour Bert Anciaux, l’interdiction est perçue par de nombreux musulmans comme un « signe explicite d’exclusion et de mépris» et «agit efficacement contre les forces démocratiques au sein de l’islam en Flandre ».
Le Conseil de l’enseignement de la Communauté flamande a décidé vendredi dernier d’interdire le port du voile dans l’ensemble des établissements de l’enseignement de la Communauté flamande.

Pour l’année scolaire en cours, une mesure transitoire est prévue pour les écoles, centres et établissements qui n’avaient pas annoncé d’interdiction du port de signes distinctifs philosophiques. Une exception est accordée aux enseignants de matières philosophiques, uniquement pendant les cours. Les élèves peuvent également porter ces signes distinctifs durant les cours de philosophie.
(D’après Belga)

1 commentaire:

Anonyme a dit…

L’Ecole est notre maison commune

Je suis un enfant de l’école publique, j’enseigne dans une université catholique et je suis musulman. Je suis surpris, en tant que citoyen et enseignant de tout le bruit que l’on fait autour du voile. A croire que de ces foulards dépend l’avenir de notre pays. Much ado about nothing, dirait Shakespeare.

C’est mon avis et je ne suis pas objectif. Je ne veux pas être objectif. Je veux comprendre en quoi une telle interdiction va contribuer à émanciper toutes ces femmes et jeunes filles qui ont fait le choix de s’habiller autrement que la majorité de la population. En quoi une telle interdiction va-t-elle contribuer à une plus grande harmonie entre les multiples communautés, à une meilleure compréhension de nos cultures respectives et à un mieux vivre ensemble ? En quoi l’école deviendra-t-elle un lieu plus accueillant si certaines et d’aucuns sentent qu’ils n’y sont pas les bienvenus ? En quoi nos écoles deviendront-elles plus performantes si nos têtes sont couvertes ou découvertes ? Le Paraître serait-il devenu plus important que l’Etre ? Sommes devenus incapables d’accepter des signes qui nous différencient pour mieux nous rapprocher ?

Dans un pays où il y a une mutualité chrétienne, un syndicat chrétien, des universités catholiques, un enseignement confessionnel, des mouvements de jeunesse catholiques, … il est paradoxal de passer à la loupe la tenue vestimentaire d’une toute petite partie de la population pour la stigmatiser. Comment peut-on avoir tout un système scolaire traversé par une ligne de démarcation religieuse et en même temps interdire UN signe religieux particulier au sein de l’école ?

Que l’école remplisse sa mission avec MOINS DE DISCRIMINATION et plus de JUSTICE SOCIALE et là, on pourra commencer à débattre, à tête reposée, des détails vestimentaires à y interdire ou autoriser. Je cherche une école VALABLE pour mon enfant de bientôt trois ans sur la commune de Schaerbeek et j’ai beaucoup de mal à être convaincu des choix qui me sont proposés. Voilà le VRAI problème auquel est confrontée une grande partie de la population et là, foulard ou pas foulard, ces petites filles auront une éducation de qualité médiocre. De plus si l’école avait fait et faisait son travail convenablement, cette question ne se serait peut-être même pas posée ! Construisons une maison confortable pour TOUS d’abord avant de penser à la déco.

AA