mercredi 9 septembre 2009

L'autre visage de la jeunesse iranienne

Golshifteh Farahani joue le rôle principal dans À propos d'Elly, de Asghar Farhadi.

Le réalisateur iranien Asghar Farhadi a plongé son actrice Golshifteh Farahani, aujourd'hui en exil à Paris, dans un drame poignant, Ours d'argent au dernier Festival de Berlin.

Une maison louée pour le week-end au bord de la mer Caspienne. Sepideh (Golshifteh Farahani) et son mari y ont réuni des couples amis. Elly, l'institutrice des enfants, a été invitée au dernier moment par Sepideh, pensant que la jeune femme ne laissera pas indifférent son meilleur ami qui vient de divorcer. Lorsque Elly se noie, chacun rejette la faute sur l'autre… Et la maisonnée est envahie par le vent de la discorde…

Cette histoire bouleversante met en scène de jeunes trentenaires iraniens, issus de la classe moyenne, éduqué et qui sont rarement représentés dans le cinéma iranien. «Ils ont fait des études universitaires et leur éducation se nourrit à la fois de tradition et de modernité, souligne Asghar Farhadi au sujet de son cinquième long-métrage. Mais, comme on peut le voir dans le film, la culture n'exclut pas les préjugés…»

Dans la vie, Asghar Farhadi reste très persan dans son discours, prenant de nombreux tours et détours avant de répondre lorsqu'on le questionne sur les manifestations et la répression sanglante survenues après les élections dans son pays. «Il y a des racines profondes à cette explosion. Cela bout depuis longtemps… Si chaque gouvernement respectait l'être humain, beaucoup de problèmes seraient résolus. A priori, le président Ahmadinejad ne respecte pas les gens qui ne pensent pas comme lui. Mais je garde espoir, je crois beaucoup en mes compatriotes. Par ailleurs, je ne dis pas qu'il n'y a pas de problèmes pour tourner un film en Iran. Il y a des difficultés, mais il n'est pas dans ma nature de protester, de faire des déclarations sur la censure. J'ai toujours abordé des sujets délicats. Et de film en film, je creuse finalement toujours le même thème, celui du jugement porté sur autrui.»
(LE FIGARO)

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