samedi 19 septembre 2009

A Téhéran, les cyberjournalistes défient la censure


Par Delphine Minoui A l'heure où les médias occidentaux autorisés à travailler à Téhéran se comptent désormais sur les doigts de la main, ils sont les yeux et les oreilles de la presse internationale. Téléphones portables à bout de bras, ils filment, ils enregistrent, ils racontent, ils relayent l'information au-delà des frontières de leur pays en crise... Cette nouvelle génération de « reporters citoyens » n'a pas fait d'école de journalisme. Elle s'est formée sur le tas, en utilisant les nouveaux outils médiatiques (facebook, twitter, YouTube, etc) pour témoigner et ne pas être oubliée.

Certains argumenteront que leur lecture des événements manque d'objectivité. C'est vrai : ces cyberjournalistes sont à la fois manifestants et reporters. Mais face à la propagande de la télévision d'Etat iranienne (qui ne montre que la partie « officielle » des rassemblements pro-Palestine du jour), ils constituent un contre-poids indispensable à une lecture non biaisée de la situation iranienne actuelle (voir les vidéos du site The Green Wave diffusant les images des manifestations anti-Ahmadinejad qui se tiennent en ce moment même en marge de la parade officielle).

Avec l'expérience, ils ont même fini par s'imposer leurs propres règles de déontologie. Nombreuses sont, par exemple, les vidéos qui démarrent sur la couverture d'un journal (permettant de dater l'événement et d'éviter le bidonnage) ou sur la plaque d'une rue (pour identifier le lieu).

Et voilà quelques liens utiles pour juger de vos propres yeux :

- Sur Twipic, les photos de la contestation affluent, d'heure en heure.
- Pendant ce temps, YouTube est inondé de nouvelles vidéos des manifestations, qui se déroulent à Téhéran, mais également Shiraz, Ispahan, Tabriz. Sur l'une d'elle, on peut apercevoir le réformiste Mehdi Karoubi, candidat malheureux au scrutin du 12 juin dernier, au milieu de la foule.
- De leur côté, les adeptes de twitter pianotent leurs impressions sur le vif, et nous offrent un aperçu des slogans du jour : «Nous ne sommes ni Gaza ni le Liban. Nous nous sacrifions pour l'Iran» , «Libérez les prisonniers politiques !», «Je me battrai, je mourrai mais je retrouverai mon pays !», « Si Karoubi est arrêté, l'Iran va exploser »...On y apprend également que des accrochages ont lieu entre protestataires et miliciens islamistes, tandis que Mohammad Khatami, l'ex-président iranien aurait été attaqué... A suivre.
(Chroniques orientales)

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