jeudi 29 octobre 2009

Marine Le Pen veut rencontrer Nicolas Sarkozy

«Il est des moments dans l'histoire d'une nation où il est possible de choisir clairement le chemin qu'un peuple prend collectivement, le débat sur l'identité peut être celui-là», a déclaré Marine Le Pen. Crédits photo : Le Figaro

La vice-présidente du FN préconise une large consultation de la population et réclame un « Grenelle de l'identité nationale
Marine Le Pen reprend l'initiative. Le débat sur l'identité nationale annoncé dimanche par le ministre de l'Immigration Éric Besson doit devenir à ses yeux un véritable «Grenelle de l'identité nationale». La vice-présidente du Front national est convaincue que l'hôte de l'Élysée engage une offensive médiatique de grand style pour conserver les électeurs frontistes qu'il avait séduits en 2007 et qui semblent aujourd'hui se détacher de lui.

Mais Marine Le Pen veut croire que le charme n'opère plus et que l'initiative de Nicolas Sarkozy aura un effet boomerang. La numéro 2 du FN a assuré mercredi sur Europe 1 que les arrière-pensées du chef de l'État n'avaient «pas d'importance». «L'important, c'est que ce débat s'ouvre», a-t-elle argumenté. «Cela fait vingt-cinq ans que le FN réclame ce débat et qu'on nous le refuse.» Bref, «le président Sarkozy a lancé une proposition de débat, le FN dit “chiche !”», a-t-elle lancé. Et «si M. Sarkozy refusait de me recevoir, ça signifierait que les conclusions sur ce pseudo-débat sont déjà sur son bureau», a-t-elle ajouté.

Marine Le Pen a présenté son parti comme «la seule opposition» à la conception de l'identité nationale prônée par le gouvernement et, selon elle, peu ou prou partagée par la gauche. La vice-présidente du FN a donc réclamé sa place dans le débat qui s'annonce. «Ce débat mérite mieux que des discussions de sous-préfecture encadrées par M. Besson avec quelques emplois-jeunes issus d'associations subventionnées qui ne représentent personne et une poignée de syndicalistes qui ne représentent personne», a affirmé mercredi la députée européenne. Marine Le Pen a dénoncé le risque d'un exercice «univoque et ficelé d'avance». «Notre parti a des convictions fortes et nous allons les défendre», a-t-elle insisté. «À sa proposition loyale, le FN attend une réponse loyale.»

Pour Marine Le Pen, «aujourd'hui, il n'est plus possible de fuir ce type de débat car il y va du maintien de la France en tant que nation, il y va même de la paix civile». «Il est des moments dans l'histoire d'une nation où il est possible de choisir clairement le chemin qu'un peuple prend collectivement, le débat sur l'identité peut être celui-là», a-t-elle déclaré.

La numéro 2 du FN a sollicité une audience auprès du chef de l'État pour lui exposer les thèmes qu'il lui paraît nécessaire d'examiner. Jusqu'alors, c'était Jean-Marie Le Pen, et non sa fille, qui représentait leur parti lors des audiences accordées par le président. La liste des sujets réclamés par l'élue souverainiste est longue : «l'échec patent de l'intégration et la nécessité de revenir à la politique d'assimilation», «le danger de la discrimination positive, qui pénalise les Français qui ne sont pas recensés dans les “communautés” que l'État a décidé de favoriser», «la nécessité pour l'islam de respecter la laïcité» ou encore «le poison de la repentance».

La vice-présidente du FN prône une large participation des Français au moyen de «cahiers de doléances» accessibles dans «les mairies, les postes, les hôpitaux». «Ce débat doit être le débat du peuple français», a-t-elle argumenté. Et le leader frontiste préconise d'organiser un référendum pour donner force contraignante au résultat de ce «Grenelle de l'identité nationale». En somme, Marine Le Pen espère contraindre l'Élysée à un dilemme : organiser un débat sous contrôle, mais convenu, ou consulter le plus grand nombre de Français et ouvrir la boîte de Pandore.
Guillaume Perrault

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