jeudi 22 octobre 2009

Quand Google redessine le monde

Vue de la place de l'Opéra, à Paris, dans Google Street View.

A Zurich, l'essentiel de la recherche porte sur les applications liées à la cartographie et à la géographie. Un domaine où la méthode Google donne sa pleine mesure.
Google veut changer le monde. Il en a déjà changé la représentation. Au centre de recherche européen de la compagnie, à Zurich, des centaines d'ingénieurs travaillent sur les développements des différents produits de géolocalisation de Google : Google Maps, le logiciel Google Earth et leurs déclinaisons mobiles, etc...

Devant une poignée de journalistes venus de toute l'Europe, cinq spécialistes de cinq nationalités différentes se sont succédé pour évoquer le travail de Google : «organiser géographiquement les informations mondiales et les rendre universellement accessibles». Un projet totalement dans la philosophie de Google: investir énormément d'argent pour mettre en place des technologies massivement utilisées, quitte à ne réfléchir qu'ensuite au moyen de rentabiliser, une fois qu'elles sont devenues indispensables.

La carte n'est pas le territoire, disent les géographes. Les cartes de Google visent pourtant à rendre le territoire qu'elle décrivent le plus proche possible de l'utilisateur. Grâce à Panoramio, une start-up qui permet d'afficher des millions de photos géolocalisées de nombre d'endroits, mais aussi à Street view, le titanesque projet de photographies panoramiques de milliers de villes du monde, qui permet de se promener à distance au milieu d'une rue de San Francisco ou Pékin.

Comme souvent avec Google, les chiffres sont impressionnants : pour ses applications géographiques, le groupe fait appel à 300 millions de «data points», de sources de données, un chiffre qui double tous les trois mois.

«Ajouter une couche d'informations sur le monde réel»
Mais lorsqu'il n'est pas possible d'obtenir de données satellite pertinentes, Google a recours aux utilisateurs pour compléter ce travail de cartographie. Comment ? En développant une application qui permet aux internautes de le faire eux-mêmes ou de corriger les cartes existantes.L'Opéra de Sydney, modélisé dans Sketchup.

C'est également aux usagers que Google fait appel lorsqu'il s'agit de modéliser en 3D les immeubles de des grandes villes mondiales. L'interface «sketchup» permet de fabriquer ses immeubles et de les placer. Intéressant pour les fans de modélisation, utile pour tous les internautes et très rentable pour Google, qui n'a pas à faire le travail.

La compagnie a également développé un autre produit pour rentabiliser ses investissements géographiques : petits commerces, restaurants ou bars peuvent désormais se connecter à «Local Business Center», un programme qui leur permet d'indiquer sur les cartes de Google où se trouve leur échoppe et d'y adjoindre un lien vers un site et numéro de téléphone.

Pratique pour ces commerces qui y gagnent en visibilité, ce produit leur offre également de surveiller leur positionnement, de savoir comment les internautes ont cherché leur boutique... et d'acheter éventuellement de la publicité pour mieux se positionner dans les recherches.

Mais Google veut montrer qu'il n'est pas là que pour l'argent. ONG et associations peuvent aussi trouver leur compte dans le programme Outreach, qui leur offre la possibilité d'exposer gratuitement sur Google Earth leurs actions ou des phénomènes qu'elles souhaitent porter à l'attention du public.

Quelle sera la prochaine étape ? Lorsqu'on les interroge sur la réalité augmentée, technologie beaucoup évoquée depuis quelques mois et qui permet de plaquer sur une image du monde réel, comme celle que filmerait la caméra d'un téléphone mobile, des informations virtuelles contextualisées, comme la prochaine station de métro, les ingénieurs de Google répondent qu'évidemment, ils travaillent dans ce sens: «ajouter une couche d'informations directement sur le monde réel». La carte ultime, en somme.

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