vendredi 12 mars 2010

La justice autorise le voile à une prof

La cour d’appel de Mons estime que si elle reste discrète, elle peut le porter.

La cour d’appel de Mons a rendu jeudi un arrêt autorisant une enseignante de Charleroi à donner cours de mathématique en portant le voile. Cette décision va à l’encontre de celle qu’avait rendue en référé le tribunal de Charleroi, en décembre dernier. L’enseignante, qui donnait cours dans plusieurs établissements communaux de Charleroi, avait été interdite de cours par la direction d’un de ces établissements, dès l’instant où elle souhaitait le faire en portant le voile.

Le collège communal avait confirmé cette interdiction alors que, depuis 2007, cette enseignante avait été autorisée à porter le voile en classe. Elle avait alors introduit une procédure en référé. Le tribunal de Charleroi avait jugé qu’on ne pouvait considérer la décision des autorités communales comme une forme de discrimination ou d’atteinte à la liberté religieuse de l’enseignante. Il avait dit que sa demande de pouvoir reprendre les cours était recevable mais non fondée.

Dans l’arrêt rendu jeudi, la cour en a jugé inversement. Elle évoque la liberté de religion, de conscience et de pensée de l’enseignante et souligne que le décret sur l’enseignement de la Communauté française exige une attitude réservée de la part des professeurs qui doivent s’abstenir de tout propos partisan et de tout prosélytisme. Or, constate la cour, si l’intéressée a affiché ce symbole, elle n’a jamais pratiqué de prosélytisme et a toujours observé une attitude discrète, comme l’ont souligné les parents des élèves fréquentant cet établissement.

La Ville de Charleroi est dès lors condamnée réintégrer l’enseignante dans les huit jours de la signification de cette décision. Le dossier sera cependant évoqué au fond devant le tribunal civil, en décembre prochain, et un recours visant à casser la décision du collège communal est toujours pendant devant le Conseil d’Etat.

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
FOULARD ET ESPACE PUBLIC

«Ces derniers mois, la question de l'immixtion du religieux dans l'espace public est revenue avec plus d'acuité : première élue voilée au Parlement bruxellois, recommandation du service du personnel du ministère de la Justice visant à autoriser le port de signes religieux à ses fonctionnaires, projets d'accommodements raisonnables, contestations en justice, multiplications des procès, manifestations en chaîne contre l'interdiction des signes religieux ostentatoires dans les écoles. Le voile est sur toutes les lèvres. La Belgique nage en plein délire à peine voilé.» (Extrait de la lettre ouverte à MD Simonet). De toute évidence, la Belgique , le pouvoir judiciaire en particulier, manque de cohérence dans son attitude. L’arrêt de la cour d’appel de Mons ouvre une brèche dans la stratégie de ceux qui défendent la thèse (à laquelle adhère Diverity) qui est celle de la neutralité nécessaire de l’espace public et de l’école publique en particulier.

«Être musulman est de toute évidence une démarche spirituelle, un choix de caractère éthique et non politique. L’islam, postule une éthique. Et cette éthique, est – ou devrait être – une éthique pacificatrice.

En ma qualité de musulman, j’affirme que mon adhésion à l’islam n’est en aucune façon un engagement de caractère politique mais bien un choix de caractère foncièrement intime et privé. En tant que laïc, en tant que libre-exaministe, j’adhère au principe du libre examen et je revendique le droit d’interpréter le texte fondateur en toute liberté. Le Coran m’en offre et la possibilité et l’invitation. Pour ma part, j’adhère sans la moindre réserve à la conception française de la laïcité selon laquelle l’État est totalement incompétent en matière religieuse et la religion totalement incompétente en matière politique et publique. C’est ce que les Français appellent le principe républicain de la double incompétence. En vertu de ce principe, l’État laïque veille à la liberté des cultes sans en privilégier aucun.»
ALI DADDY

A lire ceci, le philosophe Etienne Vermeersch (voir l’article qui suit) a raison, de caresser l’espoir de voir se développer en Europe un islam pacificateur respectueux des droits de l’homme et de la femme. Reste à savoir si la tendance incarnée par ALI DADDY sera entendue ou pas. C’est là toute la question.

ETIENNE VERMEERSCH PLEIT VOOR HOOFDDOEKENVERBOD IN SECUNDAIR ONDERWIJS
Etienne Vermeersch wordt nog steeds met de dood bedreigd

De Gentse moraalfilosoof Etienne Vermeersch pleit in een studie 'de islam en de hoofddoek in België' voor een algemeen hoofddoekenverbod in openbare scholen en in bepaalde ambten in openbare besturen.

‘De volksvertegenwoordigers moeten dringend het kader schetsen waarbinnen een hoofddoekenverbod toelaatbaar is, met de aanbeveling om zoveel mogelijk naar een uniforme oplossing in de diverse scholen te streven’, aldus Vermeersch.
Vermeersch heeft de islam een lange tijd bestudeerd en analyseert in een document van 29 pagina’s argumenten pro en contra het hoofddoekenverbod. Hij besluit onder meer ‘dat er geen argumentatie bestaat tegen de beslissing van schoolnetten om een hoofddoekenverbod in te voeren’.

'Pacificatie door secularisering’
De maatschappij is volgens hem sinds de jaren ’60 geëvolueerd naar een ‘pacificatie door secularisering’. ‘Het zou een vredevolle maatschappij ten goede komen, mocht iedereen zoveel mogelijk vermijden continu de eigen wereldbeschouwing aan de grote klok te hangen.’ Volgens hem dragen moslima’s een hoofddoek ‘onder internationale fundamentalistische invloed’ en heeft het 'deze pacificerende tendens doorbroken’.

'Niet nauwkeurig'
In de voorbije discussies over het al dan niet verbieden van de islamitische hoofddoek miste Vermeersch vooral ‘nauwkeurigheid en helderheid’, en degenen die het probleem afdoen als een anti-islamreactie, ‘zetten, allicht onnadenkend, de zaken op hun kop’.

De moraalfilosoof blijft ‘hoop koesteren dat een vreedzame islam, die de mensenrechten in hun totaliteit respecteert, zeker in Europa, mogelijk is’.

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