mardi 23 mars 2010

Le problème de la gauche ... c'est le peuple

Au lendemain d’un succès spectaculaire, symétrique d’une déculottée historique de la droite républicaine, l’opposition doit aussi prendre en compte cette amère évidence : si elle domine le «pays légal», il existe, hors les murs, une masse de citoyens qui, sous des formes diverses, disparates, confuses, sont entrés en dissidence. Ces citoyens se recrutent pour l’essentiel dans les classes populaires. Et dimanche, comme chacun a pu le remarquer, ils étaient majoritaires. Ainsi la démocratie française, vote en fait sur un volcan.

La crise endémique qui mine la vie politique française, en dépit d’une élection présidentielle 2007 marquée par une très forte participation, réapparaît à la faveur d’un scrutin local. Le problème se pose à Nicolas Sarkozy, qui avait réussi à rétablir, à droite en tout cas, une certaine confiance dans l’action politique. Mais il heurte tout autant la gauche, qui a trop souvent cru conjurer cette désaffection populaire en la qualifiant de «populiste», mot creux qui a surtout pour fonction de rassurer le bobo. La clé de la présidentielle prochaine se trouve dans la reconquête des classes populaires. Pour la réussir, il faudra trouver, en matière sociale, bien sûr - c’est la priorité - mais aussi dans le domaine de la sécurité et de l’immigration, des projets justes et efficaces. Même sans le dire, le peuple vient de l’exiger.(Libé)

Et puis il y a ce petit paragraphe dans l’édito du Monde :
La question est désormais de savoir quels enseignements Nicolas Sarkozy tirera de ce camouflet. La stratégie électorale qu'il a imposée à la droite est contre-productive..
Quant aux deux dernières années de son mandat, elles vont être tiraillées entre deux tentations : celle de réaffirmer le volontarisme politique qui avait convaincu les Français en 2007, au risque, désormais, de les exaspérer un peu plus ; ou celle de calmer le rythme et l'ampleur des réformes annoncées, au risque de paraître se déjuger et renoncer.

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
DEVOIR CIVIQUE !?
Ce qui manque c’est un vouloir civique.
L’école se doit, dit-on, de former des citoyens. Mais les profs sont fourbus et le spectacle qu’ils offrent devant le tableau noir est aussi pathétique que celui qui se joue dans la chambre des députés généralement aux trois quarts vide.

Rendre le vote obligatoire ne résout rien. En Belgique il l’est et beaucoup envisagent de le supprimer !
Simplement, on a l’impression que la crise atteint le moral civique plus profondément qu’on ne l’imaginait. Les gesticulations du pantin Sarko n’amusent que lui et encore, même Carla, lassée va voir ailleurs, dit-on, s’il n’y est pas. Lui aussi donne des signes de réelle fatigue. Quant aux chamailleries de la gauche gnan gnan elles exaspèrent les Français à juste titre. Raminagrobis embusqué, Dominique Strauss Kahn, attend son heure, tapis dans l’ombre. Martine se donne des allures d’institutrice courroucée, Ségolène minaude et Marine arbitre, derrière le zinc, les discussions de comptoir tout en servant des espressos et des bières pression aux consommateurs mécontents. Quant aux verts, personne ne les prend vraiment au sérieux même si le petit facteur attendrit les dames mûres.

Bref, la politique, tout le monde s’en fout et lui préfère la grosse bouffe, le foot, la pêche à la ligne ou le gros rouge qui tâche.
En Hollande, c’est pareil et Harry Potter, premier ministre falot est démissionnaire. Le bon peuple batave de la plus ancienne démocratie occidentale veut faire confiance à Wilders qui se donne des airs d’Amadeus avec sa tignasse jaune en forme de perruque. Wilders veut déclarer le Coran hors la loi et mettre les mahométans au pas. Hitler n’a pas vraiment commencé autrement. En Belgique c’est le bordel : les trains déraillent, le trafic paralyse la capitale et les routes sont percées comme du gruyère. L’infarctus menace et pas que Jean Luc Dehaene que le Rubrick cube DHL rendra fou. Les Anglais eux se préparent à déloger les caviaro socialos et sortir les conservateurs de la naphtaline. Tout ceci ne serait que folklore si la Grèce ne partait pas en vrille suivie de l’escadrille en feu des endettés ibères et portugais. Pire que tout, le modèle occidental, prônant la consommation à outrance ferait long feu en Allemagne, locomotive du néo libéralisme par excellence. En effet, l’Allemagne, incapable de digérer la RDA serait en train de se faire doucement mais sûrement digérer par elle. Le modèle démocratique occidental, malmené par la mondialisation est partout contesté.

Un spectre hante l’Europe, celui de la mort lente de la démocratie victime non pas du virus de la grippe, somme toute assez inoffensif, mais de celui de la morosité qui génère l’indifférence et le désespoir.
Il faut refonder la politique et pas qu’en France.

UN ALLEMAND SUR QUATRE REGRETTE LE MUR DE BERLIN
Finalement, tant à l'est qu'à l'ouest, beaucoup d'Allemands se verraient bien revenir au socialisme. Pourvu qu'il y ait du travail, de la sécurité et de la solidarité.

Un Allemand sur quatre estime qu'il serait parfois souhaitable que le Mur de Berlin existe encore, selon un sondage publié lundi par le quotidien populaire Bild. Cette proportion est sensiblement la même selon que l'on se trouve à l'ouest (24%) ou à l'est (23%) de la frontière qui séparait la RFA de la RDA jusqu'en 1990. Ils sont même 16% à l'ouest et 15% à l'est à considérer que "rien de mieux ne pourrait arriver".
Quelque 80% des 1001 personnes interrogées par l'institut Emnid accepteraient de vivre dans un régime socialiste, tant qu'on leur assure "un emploi, la solidarité et la sécurité". Même à l'ouest, ils sont 72% à envisager favorablement la vie sous le socialisme. La "liberté" ne constitue un but politique important que pour 28% des sondés à l'est et 42% à l'ouest.
LeVif.be, avec Belga

QUEL TYPE DE BROUTANT ÊTES-VOUS?
Les Américains se comportent de plus en plus comme des « broutants » d’information, qui vont chercher leur pâture à la fois « online » et « offline », indique une nouvelle étude du Pew Research Center sur l’audience des médias. L’internaute aime goûter différentes prairies, mais reste tout de même assez fidèle aux quelques pâturages qu’il connaît, suggère cette étude : 21% seulement des internautes disent ne fréquenter qu’un seul site d’information, mais 57% affirment se limiter à « 2 à 5 sites » d’information.

Le ruminant du web reste aussi toujours peu disposé à payer pour les informations qu’il tire de son ordinateur. 7% des Américains seulement seraient prêts à payer pour l’accès à un site d’information. Les quelques médias, comme le New York Times, qui comptent bientôt tarifer leurs services « ont une rude bataille devant eux» rappelle le Pew Center. Ce à quoi le New York Times répond ce lundi que « même 5 à 10% de lecteurs payant serait un succès».

Les perspectives économiques de l’information online restent en 2010 aussi « troubles » que jamais, conclut le Pew Center. En 2009, pour la première fois depuis 2002, le volume de publicités payées en ligne a même reculé, de 4,6% par rapport à 2008. 79% des lecteurs disent ne jamais, ou pratiquement jamais, cliquer sur les publicités en ligne. En résumé, le lecteur internet est volage mais casanier, et radin : est-ce vraiment nous?

COMMENTAIRES
Broutante effrontée et curieuse, Je malaxe volontiers deux ou trois langues. Peu payeuse mais orgueilleuse, je me suis prise à payer de l'info juste pour avoir le droit de faire goûter le lait de mon petit commentaire. Histoire de se sentir brebis pas galeuse en quelque sorte et cela les journaux l'ont bien compris puisque Libé inclus, la plus part ont réservé leurs enclos à leurs seuls abonnés. Autrement dit, pour payer, il faut que me prenne réellement envie d'y frotter mes petites cornes.... Heureuse de comprendre que le choix des moutons pour les pelouses googleliennes étaient le début d'une allégorie bien choisie.

Je dois être un ruminant conforme au standard de la race.
Pourquoi payer quand l'information est disponible en changeant de site. D'autant plus qu'il est intéressant de comparer les informations et les lignes éditoriales et de découvrir les différentes visions d'un pays ou d'un continent à l'autre.
Ce qui n'interdit pas de brouter par préférence les pâturages les plus proches et les plus habituels.

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