dimanche 7 mars 2010

Les inégalités hommes - femmes perçues avec acuité

Par Constance Jamet

62% des Européens estiment que les inégalités entre les sexes sont fréquentes, révèle l'Eurobaromètre publié vendredi. Une proportion qui monte à 77% dans l'Hexagone. Tour d'horizon des doléances des Français.

Les discriminations hommes-femmes sont encore très répandues. Telle est la conclusion de l'Eurobaromètre, publié vendredi par la Commission européenne. 62% des habitants des 27 estiment ainsi que les inégalités entre les sexes sont fréquentes, même si pour quasiment la même proportion d'entre eux (66%), des améliorations ont été enregistrées depuis ces dix dernières années. C'est en France (77%) et en Espagne (71% ) que les inégalités de traitement entre hommes et femmes sont perçues avec le plus d'acuité. Tour d'horizon des doléances des sondés français.

• Perception de l'inégalité. 77% des Français interrogés par TNS Opinion & Social network en majorité les femmes (81%), principales concernées, contre 68% des hommes-, jugent les inégalités très répandues. Près d'un tiers des sondés disent en avoir été victimes ou témoins. Pour les Français comme les Européens, les inégalités se manifestent en majorité dans la vie quotidienne et sur le lieu de travail. Avec 19,2% de différence entre les hommes et les femmes dans l'Hexagone, les Français estiment urgent de prendre des mesures dans le domaine des salaires mais ils sont encore bien plus préoccupés (75% contre 61%) par les violences faites aux femmes. La difficile répartition des tâches ménagères n'arrive qu'en dernière position avec 16% des voix.

• Recul des inégalités. Malgré ce constat, les Français sont plutôt optimistes. Pour 75% des sondés les discriminations sont moins courantes qu'il y a 10 ans. Une tendance qu'ils voient se poursuivre dans l'avenir. En 2030, 63% d'entre eux estiment que des progrès supplémentaires auront été faits. Ils se montrent plus réservés en ce qui concerne leur futur proche. Une majorité d'entre eux estime que la crise augmentera un temps le fossé.

• Racines des inégalités.Les sondés déplorent la persistance de nombreux stéréotypes sexistes, en particulier dans le monde du travail. Ils aimeraient voir plus d'hommes s'occuper des enfants en travaillant par exemple dans des garderies. Le manque de femmes dans la vie politique entre aussi en ligne de compte pour 46% des personnes interrogées, une proportion au dessus de la moyenne européenne située à 24%. Les clichés véhiculés par les médias et la publicité sont également pointés du doigt. Par ailleurs, des considérations matérielles empêchent les femmes d'être mises sur le même pied que les hommes. Trop peu d'entre elles occupent des postes clef visibles. Le manque de confiance des dirigeants d'entreprises dans les femmes est aussi pointé du doigt par 84% des Français.

• Mesures à prendre. Pour permettre au maximum de femmes d'entrer dans la vie active, les Français sont partisans à 61%- d'augmenter les revenus féminins pour que les femmes gagnent autant que les hommes. 45% voudraient aussi voir progresser le nombre de services qui permettent la garde d'enfant et des personnes dépendantes, même si cela risque d'avaler une partie du salaire des femmes. Ces deux priorités se retrouvent en général chez les 27, qui plébiscitent aussi des horaires de travail plus flexibles notamment en Irlande, en Espagne et aux Pays-Bas.

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
Il est un domaine où l’égalité hommes/ femme est respectée c’est l’enseignement ; du moins aux niveau professeurs, au niveau direction, les hommes continuent occuper un maximum de postes au détriment des femmes mais, à salaire égal, il convient de le souligner.
Il n’en est pas de même dans le secteur privé où les femmes demeurent discriminées, tant du point de vue des salaires que de celui des positions dominantes majoritairement occupées par des hommes. De toute évidence, l’islamisme (on ne dit pas l’islam) plaide pour un retour aux inégalités au profit des males. Il n’est pas question de faire l’impasse sur cette question cruciale.

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