lundi 30 août 2010

Di Rupo : « Un accord ou le chaos »

Le préformateur a insisté : « Nous avons une chance de réussir, si tous les partis autour de la table font preuve de raison ». Faute de quoi, le chaos politique menacera la Belgique.

D’abord en néerlandais puis en français, Elio Di Rupo a rappelé que selon les accords déjà engrangés, des compétences sont susceptibles d’être transférées aux entités fédérées pour un montant de 15 milliards d’euros. “Dans ces conditions, il est clair que le centre de gravité peut se déplacer - de manière déterminante - de l’Etat fédéral vers les entités fédérées”. Outre ces compétences transférables, tous les partis autour de la table ont accepté d’ouvrir le débat sur un nouveau mode de financement entre Etat fédéral, Régions et Communautés, a-t-il ajouté.

Il a rappelé ensuite l’importance des défis socio-économiques qui attendent le prochain gouvernement et la nécessité de trouver 25 milliards d’euros d’ici 2015 pour assainir les finances publiques.

Dans les volets socio-économique et institutionnel, la responsabilité de chacun est « énorme ».

Si la recherche d’une solution institutionnelle est d’une importance capitale, les négociateurs ont aussi « l’obligation morale » de veiller à l’assainissement du budget de l’État, faute de quoi le pays serait laissé « entre les mains des spéculateurs ».

Il a appelé ce lundi les 7 partenaires en négociation à trouver un compromis équilibré, faute de quoi le chaos politique menacera la Belgique.

Il a rappelé qu’une des tâches qui lui avait été assignées par le roi était de rétablir la confiance. « Si la confiance signifie imposer unilatéralement ses vues, alors on entre dans le champ de l’impossible. Si par contre la confiance signifie la recherche d’un accord équilibré, alors nous restons dans le champ du possible

Il a rappelé que ni la N-VA ni le PS, malgré leur victoire électorale, ne peuvent, seuls ou ensemble, imposer leur vue aux autres partenaires.

Il a également rappelé qu’il était nécessaire d’approfondir l’accord sur la révision de la loi de financement et qu’il fallait déterminer comment trouver les 25 milliards d’euros nécessaires pour assainir les finances publiques.

« L’assainissement des finances publiques est certes important mais si nous nous préoccupons depuis deux mois d’institutionnel, c’est parce que certains partis ont dit qu’il fallait d’abord un accord sur les dossiers communautaires et sur Bruxelles-Hal-Vilvorde », a dit M. Di Rupo.

M. Di Rupo a aussi rappelé que le CD&V avec les autres partis flamands membres du gouvernement bruxellois avait approuvé la nécessité de refinancement de la Région bruxelloise.

Dans sa conclusion, M. Di Rupo a estimé qu’un accord était possible si chacun se montrait raisonnable.

De Wever: 'Afspraken op papier'
BRUSSEL - N-VA-voorzitter Bart De Wever eist harde garanties op papier inzake een hervorming van de financieringswet. Hij vindt dat er een akkoord moet komen en blijft geloven in een compromis over de staatshervorming. Dat heeft hij maandagavond gezegd in het Journaal op Eén en Ter Zake op Canvas.

De N-VA-voorzitter blijft bereid om een compromis te sluiten over de staatshervorming. Maar daarvoor wil hij wel zekerheid op 'een cultuur van financiële verantwoordelijkheid' bij alle overheden. Die zekerheid kan er volgens hem slechts komen via 'afspraken op papier die hard zijn'.
De Wever ontkende dat hij het land in chaos zou storten. ‘Helemaal niet. Niks doen, dat is de chaos organiseren’, antwoordde hij.

Hij herhaalde dat hij weigert 'een blanco cheque' uit te schrijven voor Brussel, zonder dat daar harde garanties tegenover staan dat de financieringswet ook effectief hertekend wordt. Hij wil ‘gelijk oversteken’ en het geld voor Brussel koppelen aan de financieringswet.

Hij gaf nog aan dat voor hem de onderhandelingsformule met zeven partijen 'zijn limieten heeft bereikt'.
Zelf zou hij 'de laatste loodjes' liefst 'met de sterkste mensen' - lees de PS - afwerken. Volgens hem wordt het tijd dat Di Rupo met een voorstel op tafel kom, zonder aan elke partij afzonderlijk te vragen of het goed is.
Tot slot werd De Wever nog gevraagd of het vertrouwen rond de tafel nog herstelbaar is. ‘Ik heb geen zeventig dagen rond de tafel gezeten om dan nu uiteindelijk te zeggen dat het niet gaat’. Hij liet weten dat hij al ‘heel veel’ van zijn programmapunten heeft laten vallen.

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
LA PEUR DE L’ECHEC ET LA PEUR DE L’AUTRE
AlbertII craint de perdre son royaume, Di Rupo de ne pas être premier ministre et De Wever de perdre la face.
Les Bruxellois ont peur de régresser, les Wallons ont peur de perdre le bénéfice des transferts venant de Flandre et les Flamands ont une peur bleue de voir leur région rétrograder dans la hiérarchie mondiale. L’ensemble des Belges sont angoissés à l’idée de devenir les Grecs du Nord et donc la cible des spéculateurs financiers.
Jan De Troyer, ex-directeur de TV Brussel est un Flamand de Bruxelles comme DiverCity les aime. Il explique avec beaucoup de talent et de bon sens pédagogique ce qui fait paniquer la Flandre au point de se jeter aujourd’hui dans les bras de De Wever et qui sait demain dans ceux de la droite extrême si Bart qu’on devine angoissé, lui aussi, venait à échouer.
Son analyse mérite d’être lue à la loupe et méditée longuement.
La base du dialogue interculturel n’est elle pas de commencer par prendre connaissance avec empathie du point de vue de l’autre ? Nous invitons les lecteurs francophones de DiverCity à prendre connaissance de ce texte essentiel sans se départir de leur esprit critique.
MG

RASSURER LA FLANDRE
Bart De Wever veut-il démontrer, par une tactique de surenchère, que la Belgique n’est plus gouvernable ? Vincent Slits posait la question dans " La Libre " du 24 août. Au Sud, on est probablement tenté de répondre oui. Pourtant, des études démontrent que la très grande majorité de ceux qui ont voté pour la N-VA aux dernières élections ne sont pas des séparatistes. En accordant à Bart De Wever le poids de la plus grande formation politique flamande, ces électeurs espèrent tout simplement que l’homme fort de la N-VA puisse trancher le nœud gordien qu’est devenu notre pays et qui nous empêche d’adapter notre société aux multiples exigences nécessaires pour survivre dans l’économie mondiale.
Si Bart De Wever ne réussit pas à rassurer la Flandre par une perspective crédible pour l’avenir, la déception de ses électeurs sera énorme. Nul ne peut prédire quelles réactions auront les Flamands après un tel échec. Certains annoncent une radicalisation plus nette encore, mais il est aussi possible que la croyance messianique qui a poussé Bart De Wever à devenir l’homme fort de la Flandre s’effrite au prochain scrutin. Nul ne peut deviner la réaction de l’électorat, puisqu’elle sera nourrie par la peur. De nombreux commentaires sur les sites des journaux flamands semblent l’indiquer : tout comme les francophones sont hantés par cette angoisse de voir leur communauté s’appauvrir, les Flamands ont également une peur bleue de voir leur région (et par conséquent, notre pays) rétrograder dans la hiérarchie mondiale. Ils sont convaincus que l’actuelle solidarité avec le Sud ne garantit plus que la Belgique demeure ce petit paradis de sécurité sociale où une médecine de pointe est accessible à tous, un système à peu près unique au monde.
Les Flamands attendent tout simplement que Bart De Wever puisse élaborer avec Elio Di Rupo un modus vivendi qui permette aux Belges de jouir, à l’avenir, du même niveau de bien-être et de prospérité.
Bart De Wever est conscient du risque de l’échec. De là à dire qu’il est un fervent défenseur de la patrie serait évidemment exagéré. Mais dans l’actuel système de financement des Régions, l’Etat fédéral ne pourra plus, à terme, assainir les finances publiques, la base même des mécanismes de solidarité. Paradoxalement, s’il réussit à mettre au point avec Elio Di Rupo un nouveau système de financement efficace des Régions, Bart De Wever renforcera la Belgique fédérale.
La divergence plus fondamentale entre le Nord et le Sud, qui paraît un abîme infranchissable dans les esprits, concerne le fonctionnement de notre démocratie. Au Nord, on part du principe qu’une démocratie ne peut fonctionner qu’à condition que la volonté majoritaire soit concrétisée de façon crédible. Les Flamands trouvent que leurs ambitions sont, dans le système actuel, trop restreintes par toutes sortes de blocages inscrits dans la Constitution au siècle précédent, avec, d’ailleurs, le consentement des responsables politiques flamands de l’époque. Ils ont l’impression que les centaines de millions servant à la solidarité avec le Sud échappent à tout contrôle. Les francophones y voient, eux, le spectre d’une tutelle flamande. Les Flamands doutent que leur argent soit utilisé à bon escient c'est-à-dire de façon efficace et transparente, et ce sentiment sape la volonté de solidarité, d’où la demande de "responsabilisation" des Régions.
Dans le système actuel, les hommes politiques habilités à investir l’argent issu de la solidarité dans des politiques clientélistes qui les rendent populaire - certains parleront même de populisme - et qui garantissent le soutien d’un certain électorat, mais qui ne résolvent pas les problèmes de terrain, les intérêts de la classe politique et ceux de la population ne coïncidant pas toujours. C’est pourquoi une large majorité de Flamands voudrait que les politiques inefficaces soient sanctionées. L’avenir nous dira si les francophones parviendront à accepter ce principe. Jan De Troyer, ex-directeur de TV Brussel

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