jeudi 19 août 2010

Elio Di Rupo : « L’heure est au choix »

Elio Di Rupo, à qui le Roi a demandé de prolonger sa mission de préformation, a indiqué que les deux parties allaient devoir faire des concessions. Réaction de Bart De Wever : « je compte sur la volonté des Francophones ».
PIERRE-YVES THIENPONT
M. Di Rupo a souligné à plusieurs reprises que l’on disposait d’une « fenêtre d’opportunité » importante pour avancer vers la phase de formation d’un gouvernement.
Selon lui, on ne s’est jamais trouvé devant autant de matières positives. Mais il est temps que les interlocuteurs décident ; ils se sont suffisamment vus, ils se connaissent. Ils doivent à présent atterrir, tout en sachant qu’ils n’obtiendront pas 100 % de leurs revendications, a-t-il commenté.
Il a indiqué que ses propositions de convergences contenaient une liste « considérable » de matières qui pourraient être entièrement ou partiellement transférées du fédéral vers les entités. Elles représentent un montant financier de 15,8 milliards d’euros. Il estime que ses propositions provoqueront un glissement du centre de gravité du fédéral vers les entités. Les matières concernées touchent une longue série de compétences comme l’emploi, la fiscalité, la justice, les allocations familiales, le commerce extérieur, les tarifs de la distribution de l’énergie, le tourisme, etc.
La part des revenus fédéraux transférés aux Communautés et Régions évaluée à 49 %
L’ensemble des nouveaux transferts représente 15,8 milliards d’euros. La réforme de l’Etat menée en 1970 a abouti à transférer 9 % des revenus de l’Etat fédéral vers les Communautés et Régions, la réforme de 1980 a fait monter le pourcentage à 10 %, celle de 1989 à 34 % celle de 1993 à 37 %, celle de 2001 à près de 40 % et les dernières propositions porteraient le chiffre à 49 % ; c’est du jamais vu, a lancé le préformateur.
La loi de financement a été abordée cette semaine par les négociateurs, suscitant de fortes crispations entre partis flamands et francophones. Selon M. Di Rupo, la notion de responsabilisation des entités fédérées ne pose pas de problème mais les paramètres de celle-ci font en revanche débat. En fonction des critères choisis, des différences importantes peuvent surgir. Le préformateur a choisi l’exemple de Bruxelles : la capitale recevrait des montants très fluctuants suivant que les moyens transférés le seraient sur la base de la contribution à l’impôt des personnes physiques ou au Produit Intérieur Brut (PIB), auquel Bruxelles contribue de manière décisive.
Aux yeux de M. Di Rupo, la réforme de l’Etat ne peut mener à l’appauvrissement de personne, ni Flamands, ni Wallons, ni Bruxellois, ni Germanophones, aujourd’hui ou demain.
« Je n’ai pas pensé à abandonner »
C’est le sens de l’Etat qui a poussé Elio Di Rupo à poursuivre sa mission, a-t-il expliqué lors de sa conférence de presse donnée dans les locaux de la Chambre. Il n’a pas pensé à abandonner mais il n’était pas demandeur de poursuivre ; le roi lui a demandé et il a accepté parce que c’était son rôle, a-t-il dit.
De Wever : « débat vital »
Le président de la N-VA, Bart De Wever, a fait part mercredi soir de son espoir que la prolongation de la mission du préformateur Elio Di Rupo « crée l’opportunité de continuer le débat concernant plus d’autonomie pour les entités fédérées, ainsi (que) d’entamer en parallèle un débat concernant la responsabilité financière et la responsabilisation des entités fédérées ».
« La N-VA espère que, parmi les partis francophones, il existe une volonté pour s’engager fondamentalement dans ce débat vital », poursuit M. De Wever dans un communiqué. Le préformateur Elio Di Rupo a vu mercredi sa mission prolongée.
RESPONSABILISERING
Alle partijen rond de tafel zijn het eens over de responsabilisering van de regio's, onderstreept Di Rupo. Maar in de aanpak hiervoor verschillen de meningen.
Sommigen willen responsabilisering beperken tot toekennen van financiële middelen op basis van de personenbelastingen. Anderen vinden dat onaanvaardbaar, want dat zou geen pertinente parameter zijn.
BRUSSEL
De tegenstanders gebruiken Brussel als voorbeeld om die stelling te onderbouwen. Pendelaars komen in Brussel werken maar wonen in een ander gewest. Dat zorgt dat Brussel heel wat inkomsten zou mislopen als die responsabilisering op basis van de persoonbelasting zou gebeuren.
'Ik ben op zoek naar een tussenweg tussen beide visies', zegt Di Rupo.
De responsabilisering moet synoniem voor winst/verlies van de financiële middelen in functie van het beleid dat de deelstaten zullen voeren.'
NIEMAND MAG ARMER WORDEN
Als basisprincipe schuift hij naar voor dat de 'responsabilisering-criteria niet mogen toe leiden dat een deel van de bevolking armer wordt'. Dat is essentieel, zegt Di Rupo.
Als alle partijen dit principe aanvaarden, kunnen de modaliteiten uitgewerkt worden om die responsabilisering concreet te maken, zegt de preformateur.
Maar hij waarschuwt er meteen bij: 'Als dit principe niet wordt aanvaard, wordt het moeilijk de besprekingen verder te zetten.'
Elke politieke partij moet zijn verantwoordelijkheid opnemen, besluit Di Rupo. 'Het is tijd om te kiezen. Elke partij moet aanvaarden dat het niet alles kan bereiken wat het wil (De Standaard)

DE WEVER
N-VA-voorzitter Bart De Wever reageerde vandaag kort op de verlenging van de opdracht van preformateur Elio Di Rupo. Zo hoopt hij dat met die toegevoegde tijd "de mogelijkheid geschapen wordt om het debat over meer autonomie voor de deelstaten voort te zetten en om parallel het debat over de financiële verantwoordelijkheid en de responsabilisering van de deelstaten te voeren". Voorts hoopt de N-VA "dat er bij de Franstalige partijen een fundamentele bereidheid bestaat om dit levensnoodzakelijke debat ten gronde aan te gaan".

ERNSTIG WERK
CD&V-voorzitter Wouter Beke is blij dat preformateur Elio Di Rupo de deur opent om het debat over de responsabilisering van de deelentiteiten uit te diepen. Hij wijst erop dat hij, sinds de eerste bespreking over de staatshervorming, steeds heeft gezegd dat voor zijn partij twee uitgangspunten belangrijk zijn. Enerzijds is er het homogeniseren van de bevoegdheidspakketten om efficiënt bestuur mogelijk te maken. Daar zijn nog een aantal blinde vlekken die moeten worden uitgeklaard, aldus Beke, die toegeeft dat er de voorbije weken op dat domein ernstig werk is geleverd.
FINANCIERINGSWET
Anderzijds is er het responsabiliseren van de verschillende overheden, dus ook de herziening van de financieringswet. "Ik heb dat punt telkens aan bod laten komen, de andere partijen zijn ons nu gevolgd", luidt het. Beke wijst erop dat hij zondagnacht heeft gevraagd om een uitdieping van dat debat en is blij dat de preformateur nu de deur opent om het debat te kunnen voeren.
(De Morgen)

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
ABSENCE DE VISION FRANCOPHONE
On est reparti pour un tour de carrousel avec la bénédiction royale.
Didier Reynders n’a pas tardé à faire savoir qu’il déplorait le manque de vision des négociateurs francophones. Ils sont en effet plus réactifs qu’actifs. Comme les aveugles qui dans le tableau de Bruegel se tiennent par la main ils avancent à tâtons avant de choir tous ensemble dans le trou béant.
« Quand on entend les propos de M. Di Rupo, l’on ne peut que constater qu’il n’y a pas de vision francophone pour une réforme de l’Etat. On nous annonce sans cesse des demandes flamandes sur lesquelles les partis francophones se contentent de réagir alors que l’on souhaiterait qu’ils aient leur vision de la réforme de l’Etat » (D.R.). Et la sienne de vision, c‘est quoi au juste? Les égarements et les provocations de Olivier Maingain?
Autant ils étaient unis pour faire front à Leterme et le faire trébucher, autant ils semblent aujourd’hui tétanisés par Bart De Wever, comme des papillons irrésistiblement attirés par la lumière. Comme aurait dit André Cools dans son langage fleuri « on leur coupe les couilles et ils sont contents »
En vérité, rien n’a changé puisque les problèmes évoqués alors ne diffèrent en rien de ceux discutés aujourd‘hui. La différence? La peur de l’échec et surtout celle de l’électeur.
Rappelons la phrase fatidique: tant qu’il n’y a pas accord sur tout, il n’y a accord sur rien.
Christine Laurent - Rédactrice en chef du Vif/L'Express commente:
« Alors que les francophones tentent encore d'esquisser un compromis pour sauver quelques lambeaux de l'Etat fédéral, les Flamands, eux, ont déjà les yeux braqués sur l'après, l'étape suivante, le démantèlement de la Belgique.
Enfin maître chez soi ! Reste à boucler une avant-dernière négociation, celle dont Di Rupo est censé dessiner les contours ces jours-ci, et qui devrait mettre d'accord provisoirement les amis-ennemis. La Belgique part en capilotade, mais sans faire de bruit. « Un pays sur le fil du rasoir », selon l'expression du politologue Pierre Vercauteren. »

Des Flamands à droite-droite unis à des francophones tendance socialisante, quelle perspective ! Avec, pour corollaire, l'application de deux politiques divergentes pour l'immigration, la sécurité sociale, les soins de santé, la mobilité, la fiscalité... Choisissez votre camp ! Une belle pétaudière en perspective ! Un pays sur le fil du rasoir, oui. Qui, à part un doux utopiste, oserait encore le nier ? »
On ne le niera pas. En vérité; les partis qui négocient actuellement n’ont d’autre choix que de déboucher sur un accord , un compromis « satisfaisant» pour tous.  .
En cas d’échec, c’est la crise de régime.
Impossible de continuer à mettre les problèmes au frigo comme on l’a toujours fait en vertu d’une bonne vieille habitude belgicaine.
Dans deux ou trois ans, l’Etat fédéral, à n’en pas douter, sera exsangue et déclaré en faillite, comme en Grèce.
Il s’agira alors de gérer l’héritage de notre dette colossale.
Les communautés, les régions seront-elles en mesure de faire face à cette éventualité?
C’est clair qu’ils le veillent ou non, Di Rupo et cie n’ont d’autre choix que de poursuivre, volens nolens, dans la voie dans laquelle ils se sont engagés. A l’évidence le Palais est lucide sur ce point: continuer donc à négocier, à toute force, fût-ce sur le fil du rasoir. Au finish!
MG

Aucun commentaire: