mercredi 11 août 2010

Fini la zwanze pour Michiels

© BAUWERAERTS

La plus ancienne maison de prêt-à-porter familiale de Belgique contrainte de baisser le rideau pour cause de faillite
BRUXELLES Quartier vivant par excellence, les Marolles affichaient grise mine hier matin. Si les journalistes s’étaient déplacés, c’est pour un événement bien moins festif que les nombreuses animations qui font la réputation du cœur de Bruxelles. Fondée en 1856 par Barbe Michiels, la plus ancienne maison familiale de prêt-à-porter avait bien triste allure derrière son volet métallique définitivement baissé.
À l’intérieur, sous la houlette de la curatelle, les ouvriers s’affairaient à rassembler les dernières marchandises du magasin. Les trois autres enseignes Michiels de Wemmel, Waterloo et Woluwe subissent le même sort. “La crise est passée par là” , avoue le curateur. “C’est toujours triste de devoir liquider les affaires d’une maison aussi renommée, d’autant que la reprise s’annonçait.”
Un client paniqué interpelle le curateur : “J’ai un costume qui est prêt, je viens voir si je peux le récupérer. C’est pour mon mariage et je l’ai payé d’avance.”
“Pas sûr que je vais le retrouver car on rassemble toute la marchandise en vue de la vendre au plus offrant.”
Les tringles où pendent les commandes passées en revue, aucune trace du costume du marié. À l’étage, les ateliers sont logiquement déserts. Le curateur y emmène le client qui, quelques minutes plus tard, est tout heureux de redescendre avec son costume. “Les retouches n’ont pas été effectuées, mais le principal est d’avoir le costume. Quelques instants plus tard, il serait parti avec l’ensemble des marchandises et cela aurait été la catastrophe…”
Le curateur est actuellement en discussion avec de potentiels repreneurs pour les magasins de Wemmel, Waterloo et Woluwe. “Pour la maison mère, sise rue Haute, nous n’avons guère espoir.” Elle vivra ses dernières heures début septembre, à l’occasion de trois week-ends de vente pour liquider les stocks. Aucune date n’est encore annoncée, mais elles seront communiquées via le site www.makaa.be.
“Ce sera assurément l’occasion de faire de bonnes affaires”, conclut le curateur. Dans le quartier, on regrette la disparition de ce véritable monument. “Déjà que les cafés ferment les uns après les autres , s’inquiète un riverain. Maintenant, c’est l’un des tailleurs les plus réputés qui ferme boutique. Bientôt, il n’y aura plus que les riches antiquaires pour occuper la place. Enfin, heureusement qu’on les a aussi car cela attire beaucoup de monde…”

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