mercredi 4 août 2010

Les affinités électives  

Je m’en reviens du très bon spectacle dans lequel Sam Touzani nous enjoint à pratique en toute liberté l’égalité et la sexualité, loin de tous les -ismes.
Il nous raconte sa vie de ketje maroxellois de la deuxième génération , aux prises avec la méfiance qu’inspire le multiculturel (mot poli pour dire bougnoul), la difficulté de l’éveil de la sexualité dans une culture religieuse où le sexe est péché et l’impossibilité de communiquer avec son père, car « la première génération est trop occupée à travailler que pour pouvoir penser ».
Il préfère le monokini au monothéisme et cite Salman Rushdie plutôt que le Coran que son père récitait par cœur sans avoir jamais pu le lire car il était illettré.
Son adolescence étouffée par les interdits est cependant illuminée par une rencontre déterminante: un professeur de mathématiques qui deviendra son beau-frère et son « re-père ».

Mohamed El Baroudi était un exilé politique marocain en Belgique, un militant de gauche, un syndicaliste, un laïque convaincu, un internationaliste et un homme d’une générosité profonde, porteur de valeurs modernes fortes ,un enseignant de langue arabe et de culture universelle.
Militant de première importance dans l’accueil des travailleurs immigrés et dans l’alphabétisation de ceux-ci, Mohamed fait figure de guide pour celles et ceux qui font aujourd’hui perdurer les luttes qu’il a menées et les associations qu’il a mises sur pieds.
Mohamed El Baroudi a soutenu toute sa vie ses collègues enseignants parce que, ce sont eux qui portent le flambeau du progrès, de la civilisation, partout sur le globe.« Et le Savoir, monsieur, s’il est transmis avec amour, peut faire des miracles ».
« Un enseignant digne de ce nom ne peut être raciste. Un enseignant ne traite pas avec un enfant noir ou blanc, il traite avec une intelligence ».
« Si l’on veut préserver la noblesse du métier d’enseignant, il faut encourager la diversité culturelle de la classe, confronter les talents, permettre aux enfants d’origines diverses de s’enrichir au contact les uns des autres ».
J’ai, moi aussi, eu la chance de rencontrer des professeurs qui ont éveillé mon goût de la langue et de la littérature, qui ont structuré ma pensée et m’ont donné au monde une ouverture que l’ éducation familiale ne me laissait pas entrevoir.
Je sais que l’enseignement n’est pas un sacerdoce mais un métier comme un autre où la lutte syndicale surpasse souvent la vocation. Je sais que les temps sont durs, mais j’aimerais en hommage à mes vieux professeur dire aux jeunes combien leur personnalité, leur pensée, leur exemple peuvent marquer les adolescents qui leur sont confiés.
VDB

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