lundi 16 août 2010

Négociations : tout bloque sur Bruxelles

Le sort de la capitale est la plus grosse épine dans le pied du préformateur Elio Di Rupo. Sur Bruxelles, deux visions s'affrontent.

Un accord acceptable est-il possible ?
De quoi discutent les négociateurs ? Rien ne filtre officiellement. Néanmoins, pour les domaines clés, certains partis flamands (N-VA et CD&V) exigent une communautarisation. Pour la Flandre, l'avenir du pays passe par les communautés. Pour les francophones, ce sont les Régions qui priment. Dans la vision du nord du pays, Bruxelles n'a pas de vie institutionnelle propre. Pour le Sud, la Région bruxelloise est l'égale de ses voisines flamande et wallonne. Et c'est bien là que cela bloque. Totalement. En particulier dans le domaine de la sécurité sociale (communautarisation des soins de santé et des allocations familiales). Et dans le domaine de la Justice, où une communautarisation des cours et tribunaux serait sur la table des négociations. Pour la formation, il en est aussi question.

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
ENTRE ANGOISSE ET FRUSTRATION
« Tout bloque sur Bruxelles » ! Nous le pensons depuis le début mais plus le temps passe, plus cela nous paraît être un alibi, une conséquence bien plus qu’une cause.
Le nœud du problème, la cause des causes c’est l’incompatibilité entre un Ps wallon clientéliste qui s’accroche à une conception maximaliste de l’Etat providence, prenant eau de partout en Europe, générant chez nous un endettement à la grecque et un cartel NVA-CD&V miraculeusement ressoudé, qui n’en veut plus et surtout exige la fin des transferts financiers de la Flandre vers la Wallonie.
Le Ps privilégie de surcroît une vision régionaliste de l’avenir (il dispose de la majorité en région de Bruxelles capitale et en région wallonne) tandis que, le NVA-CD&V se montre communautariste à outrance, libéral par conviction, presque par obligation et populiste par opportunisme). Seul un MR fort et sûr de lui aurait pu négocier un compromis des Belges avec Bart De Wever. Mais le MR a brûlé ses vaisseaux, son amiral est contesté et ses équipages en pleine mutinerie. On est donc loin, très loin de conclure un accord gouvernemental car c’est une révolution copernicienne qui est en cours et d’une ampleur, d’un radicalisme qui n’a d’équivalent dans notre histoire que celle qui donna naissance à l’Etat belge en 1830. A parcourir les forums des journaux francophones, on prend conscience que l’angoisse s’empare de plus en plus du grand public tandis que les forums flamands expriment toujours plus de frustration et d’agressivité. Entre angoisse et frustration agressive, l’optimisme n’est pas de mise.
Marc Guiot

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