samedi 21 août 2010

Roms : l'UE peine à se doter d'une politique d'intégration

Par Thomas Vampouille
Depuis 2008, la Commission chapeaute des actions en faveur des Roms dans toute l'Europe, mais les résultats concrets se font attendre. Le président roumain a accusé jeudi certains États de faire de la résistance.

«Ce qui se passe à Paris prouve que nous devons avoir un programme d'intégration au niveau européen des citoyens d'ethnie rom», a déclaré jeudi le président roumain Traian Basescu, en référence aux expulsions en cours depuis la France vers la Roumanie. «J'invite la Commission européenne à mobiliser son énergie, ses efforts, ses crédits dans des programmes de réinsertion durable et d'intégration effective de la communauté rom», a embrayé le ministre français de l'Intérieur, Brice Hortefeux. Selon le président roumain, Bucarest «a sollicité déjà depuis 2008 la réalisation d'un programme d'intégration des Roms au niveau européen». «Malheureusement, ultérieurement, il y a eu des États qui ont considéré que ce n'était pas nécessaire», a-t-il ajouté sans nommer les États en question.
Le 31 janvier 2008 en effet, le Parlement européen a adopté une résolution sur une stratégie commune à l'égard des Roms. L'élément déclencheur en avait été la vague de violence anti-Roms qu'avait alors connue l'Italie. Dans sa résolution, le Parlement constatait que les Roms, première minorité ethnique d'Europe (environ 10 millions), sont victimes outre les violences de «pauvreté», d'«exclusion sociale», de «ghettoïsation patente», d'«expulsions forcées» et de «conditions de vie déplorables et insalubres».
Éducation, emploi, santé et habitat
Pour remédier à cette «discrimination structurelle grave», le Parlement a réclamé à la Commission «un plan détaillé d'action pour l'intégration des Roms». Une action spécifique qui se justifiait, selon les représentants européens, par la gravité des discriminations dont souffrent les Roms mais aussi par la spécificité des populations concernées. Les Roms, rappelait la résolution, font en effet «traditionnellement partie de la société de nombreux pays européens et y ont apporté leur contribution». Autrement dit, ils ne sont pas des étrangers en Europe et leur cas ne saurait donc être inclus dans les politiques européennes d'immigration.
Par la suite, considérant que l'UE disposait déjà des outils, législatifs et financiers, pour agir en faveur des Roms, la Commission européenne a préconisé de les rendre plus efficaces grâce à une meilleure coordination ainsi qu'à une utilisation plus efficace de l'argent. Quatre domaines d'action prioritaire ont été identifiés : l'éducation, l'emploi, la santé et l'habitat. Puisant dans les fonds structurels de l'Union européenne, des actions ont ainsi été menées pour améliorer l'éducation de la petite enfance, l'accès au microcrédit ou encore la sensibilisation du public aux discriminations subies par les Roms.
Afin d'évaluer les résultats de cette politique, la Commission a prévu d'organiser des «sommets Roms» tous les deux ans, rassemblant les représentants de l'UE, des gouvernements nationaux et des organisations de la société civile de toute l'Europe. Le deuxième de ces sommets, qui a eu lieu en Espagne en avril dernier, a été l'occasion d'un bilan des deux années d'action. Bien que des «progrès significatifs» aient selon elle été réalisés, la Commission a reconnu qu'ils l'ont surtout été au niveau de la prise de conscience des États. La «situation concrète» des communautés Roms, en revanche, n'a de son propre aveu guère évolué. Reste à savoir si ce sont les politiques mises en place qui sont inefficaces ou si, comme l'avance le président roumain, la faute incombe à certains États en particulier.

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
AMBIGUÏTÉ ?
Excellent papier qui pose sobrement le problème des nomades roms se dispersant sur le territoire européen sans se fixer nulle part au grand dam de la majorité des villes et villages où ils installent leurs caravanes pour de brefs séjours.
En les montrant du doigt et en stigmatisant la première minorité ethnique d'Europe Nicolas Sarkozy les désigne comme un bouc émissaire et leur lance cette première pierre qui déclenche la « violence mimétique » ou violence par contagion. La preuve ? Les commentaires incendiaires et xénophobes dignes du « café du commerce » de lecteurs publiés en complément de l’article du Figaro. Un vrai lynchage collectif. La stratégie éditoriale du Figaro qui consiste à autoriser et encourager ce type de texte est parfaitement ambiguë car elle fait dire aux lecteurs ce que ce journal « sarkoziste » s’interdit de publier dans ses colonnes. Jugez donc par vous même :
« victimes outre les violences de «pauvreté», d'«exclusion sociale», de «ghettoïsation patente», d'«expulsions forcées» et de «conditions de vie déplorables et insalubres»": mensonge total! Les Roms sont une ethnie à part, ayant une culture et une mentalité singulières totalement incompatibles avec la culture dominante de l'UE: ils ne s'intègrent pas car ils ne sont pas intégrables. »

« Un Rom qui fait la manche 3 mois en France avec ses enfants repart en Roumanie avec ses 1000 euros de primes de départ et ce qu'il a mis de côté , il arrive à se construire une maison . Au bout de 3 mois il revient et recommence. S'il travaille en Roumanie il gagnera 100 euros par mois, en France on lui donne 300 EUR par adulte et 100EUR par enfant pour repartir, sans travailler et faire la manche peut lui rapporter 2000 EUR chaque mois. »

« La Roumanie ne fait rien pour eux au contraire. Elle espère les voir partir en France. Maintenant elle demande à tous les pays européens de les prendre en charge... Ce pays comme d'autres, sont entrés dans l'UE uniquement pour profiter des subventions importantes réservées aux nouveaux Etats. Il y avait 7 pays à l'origine pour signer le traité de Rome en 1957, nous aurions dû en rester là. Aujourd'hui l'Europe est tombée bien bas. Nous allons vers une paupérisation grandissante. Elle ne s'en relèvera pas... »

«Une politique d'intégration, c'est très bien. Mais je trouve que l'on met peu l'accent sur la réciproque: la responsabilité personnelle des migrants. Certaines communautés s'adaptent très bien, d'autres non. Tout en essayant de leur simplifier les choses et de leur filer un coup de pouce, il ne me semblerait pas anormal de demander en contrepartie un peu de bonne volonté. Actuellement, j'ai l'impression que le fardeau de la responsabilité repose entièrement sur la société d'accueil, et considère les migrants »
« Pourquoi certaines communautés sont rejetées, et pas d'autres? On devrait peut-être se poser la question, mais la question n'est peut être pas politiquement correcte. Les intéressés aussi pourraient (devraient) se poser la question; et les bien pensants qui les soutiennent aussi au passage. »

« Les Etats Unis ( et c´est une de leurs forces ) sont un pays d´immigrants. La France ne l´est pas. Les touristes viennent et s´en vont. Quant au pays de prédilection des immigrants c´est l´Angleterre. Ceci dit nous prétendons être un phare de liberté et solidarité .... Vraiment ? »

« Il faut fonder un Etat-nation Rom. Au Kosovo, par exemple. Ils ne prendront jamais leur destin en main tant qu'ils ne seront pas souverains. »

Tout cela est parfaitement imbuvable. C’est le moment d’aller voir ou revoir au cinéma Arenberg (écran total) le remarquable film de Ingmar Bergman : « L’oeuf du serpent ».
Ce film décrit le climat qui régnait en Allemagne dans les années vingt, dix ans avant l’arrivée au pouvoir du serpent nazi, cette bête immonde dont le ventre est à l’évidence encore chaud aujourd’hui.
MG

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