mercredi 11 août 2010

Vnackere veut un « partenariat stratégique » avec la Turquie

AFP

Le ministre belge des Affaires étrangères, Steven Vanackere (CD&V), a plaidé ce mardi, à l’occasion d’un déplacement à Ankara, en faveur d’un « partenariat stratégique » avec la Turquie , tout en assurant que l’objectif de l’adhésion du pays à l’UE n’était pas remis en cause.

M. Vanackere s’exprimait après un entretien avec son homologue turc, Ahmet Davutoglu. Ce dernier a réaffirmé que son pays misait sur une adhésion pleine et entière à l’Union, à laquelle la formule du « partenariat privilégié » est souvent présentée comme une alternative.

La France et l’Allemagne misent sur cette option, au contraire du Royaume-Uni, qui défend l’adhésion turque. « Je crois que c’est une erreur de dire que la Turquie peut monter la garde devant le camp, mais sans être autorisée à entrer dans la tente », a déclaré récemment le Premier ministre britannique, David Cameron.

M. Vanackere, qui présidera dans les prochains mois les discussions européennes sur le sujet, a affirmé pour sa part ce mardi que « les différentes visions de la candidature turque ne doivent pas être exagérées ».

« Quand le ministre (allemand des Affaires étrangères Guido) Westerwelle dit que la Turquie n’est pas prête pour l’adhésion, on ne peut pas dire que cela soit révolutionnaire. Tout le monde sait que dans de nombreux chapitres (de la négociation), beaucoup de travail doit encore être fourni », a-t-il dit.

M. Vanackera a plaidé pour un « partenariat stratégique » entre l’UE et la Turquie , tout en soulignant que l’adhésion restait l’objectif final. « C’est en ligne avec le destin de la Turquie : une adhésion, basée sur les efforts que le pays doit livrer », a-t-il dit.

LA TURQUIE, UN « ATOUT » POUR L’UE
Le ministre belge a réfuté qu’il existe en Europe « une fatigue de la Turquie » et ne croit pas davantage que les Turcs se lassent du projet européen. « La Turquie est un atout pour l’Union européenne », a-t-il insisté.

Quant à la crainte que la Turquie se tourne davantage vers l’Orient en raison des réticences européennes, M. Vanackere l’a écartée d’un revers de la main.

« La Turquie regarde à 360 degrés autour d’elle et c’est ce que chaque pays devrait faire. Cela la rend encore plus intéressante en tant que partenaire stratégique de l’UE ».

M. Davutoglu a pour sa part exprimé son scepticisme face à la notion de partenariat. « Un partenariat n’est pas plus qu’une relation entre deux États séparés », a-t-il dit.

« Or, le lancement des négociations d’adhésion a été pour nous le début de la préparation à un statut de membre. Dans le passé, en dehors de la Norvège , qui a finalement refusé de rejoindre l’Union, il n’existe aucun pays ayant conclu les négociations d’adhésion qui ne soit pas devenu membre (…). L’adhésion est primordiale pour nous. Nous voulons poursuivre dans cette voie », a-t-il dit.

En marge de ces discussions, M. Davutoglu a par ailleurs annoncé qu’il avait transmis une invitation officielle en vue d’une visite du Roi Albert II en Turquie.

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
AVEC OU SANS LES TURCS ?
Il s’agit d’un vrai problème pour lequel un obscur ministre des affaires étrangères, on aimerait dire des « affaires courantes » belges, n’a pas à proposer sa petite solution afin d’exister médiatiquement.

Il n’en a ni la compétence, ni la légitimité.

C’est à l’Europe à décider de cela collégialement. On sait que les Anglais, éternels valets de Washington, sont partisans d’une entrée de la Turquie au sein de l’Europe dans le dessein, pensent-ils, de l’affaiblir définitivement. Les conservateurs Sarko et Angela sont contre mais sont eux-mêmes très affaiblis.

A court terme, ils ont sans doute raison car la Turquie se cherche encore. A moyen terme ils ont tort car l’Europe qui s’appauvrit irrémédiablement doit devenir une vaste zone non seulement de libre échange mais de liberté de parole, de religion et de pensée. Une zone incarnant le rêve européen où règne le pluralisme, la séparation du politique et du religieux, les droits de l’homme et du citoyen, la stricte égalité entre hommes et femmes. Cette Europe qui est la dernière des utopies a intérêt à s’étendre aussi loin que possible sur les rives de la Méditerranée , ancienne Mare Nostra romaine, et jusqu’aux confins de l’Irak et de la Russie éternelle, elle-même plus européenne qu’asiatique.

Cela mérite un vaste débat d’idée et une réflexion profonde des Européens quant à leur mission et leur destin civilisationnels.
MG

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